• La Sécurité sociale et le socialisme.
     
     
    Arrière plan idéologico-politique de :  "MAINTIEN DE <st1:personname productid="LA SOCIALISATION DE" w:st="on">LA SOCIALISATION DE</st1:personname> <st1:personname productid="LA SECURITE SOCIALE" w:st="on">LA SECURITE SOCIALE </st1:personname>et ETATISATION DES FIRMES PHARMACEUTIQUES ET DES CLINIQUES PRIVEES"
     
    sur ce blog et sur Bellaciao le jeudi 27 mars 2008 (23h47) (2
     
     
    Quelles sont les formes de socialisations concevables qui peuvent tirer le mouvement vers le socialisme à l'aide de revendications transitoires ? D'après Xavier Verner, la première position est celle d'une socialisation intégrale de l'économie, défendue par Ernest Mandel, la seconde est la socialisation de l'investissement au sein des grands moyens de production et d'échange, comme les banques ou les entreprises industrielles. La troisème est la socialisation de la gestion des entreprises, l'autogestion au sens stricte. La quatrième est la socialisation du marché du travail revendiquée par Bernard FRIOT (2)
     
    Quelles sont les formes de socialisation que l'on repère au sein des socitétés dominées par le capital ? La Sécurité sociale manifeste à l'intérieur du mode de production capitaliste dominant une forme de socialisation propre au salariat qu'il importe d'encourager pour qui pense que le capitalisme n'est pas un horizon indépassable et que le socialisme est toujours la perspective de notre temps .
     
    La socialisation directe (en fait via des délégués)n'étant pas possible pour tous les secteurs notamment pour ce qui suppose une importante distribution de biens ou de service égale sur tout le territoire national il est alors necessaire de recourrir aux processus de déprivatisation-socialisation qui passe par l'étatisation qui permet de reprendre la maîtrise politique et citoyenne de d'une partie de l'économie mais il importe de ne pas s'en tenir là . L'éatisation opère une relative démarchandisation ( tarification et non prix de marché, etc.) qu'il faut absolument poursuivre par le refus de la mise en concurrence et surtout une démocratisation multiforme qui fait intervenir le citoyen et l'usager en plus des représentants du personnel.
     
    On peut ici suivre Yves Salesse qui distingue les entreprises autogérées par les travailleurs des services publics qui devraient relever des autorités publiques parce qu'ils relèvent d'un « bien collectif », d'un droit universel. Ce processus pose la question de la nature de l'Etat - qui n'est pas neutre et au-dessus des classes - et de sa transformation au moment du passage au socialisme puis ensuite de son déperrissement complet . Le passage du système capitaliste - ou les rapports sociaux capitalistes sont dominants - à un système socialiste au sein duquel les rapports capital-travail sont devenus marginaux ne se conçoit pas sans une rupture révolutionnaire qui concentre toutes les ruptures partielles et qui change la nature de l'Etat pendant et après la crise révolutionnaire. 
     
     
    Christian DELARUE
     
    1) SOCIALISATION DE LA SECURITE SOCIALE et ETATISATION DES FIRMES PHARMACEUTIQUES...
     
     
    2) Socialisation, capitalisme et socialisme par Xavier Verner in "Le marxisme face au capitalisme contemporain"
     
     
     
     

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  •  LE FETICHISME DE <st1:PersonName productid="LA RENTABILITE FINANCIERE" w:st="on"><st1:PersonName productid="LA RENTABILITE" w:st="on">LA RENTABILITE</st1:PersonName> FINANCIERE</st1:PersonName>

    SURDETERMINE LES AUTRES FORMES DE FETICHISME ECONOMIQUE.

     

     

    Une critique introductive des rapports « hiérarchiques » entre flux économiques et les "flux migratoires".


    Le point 1 vient corriger un exposé précédent (2) qui lui-même annonçait un nécessaire combat en faveur des migrants.

     

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    1) La leçon d'ATTAC : prendre pleine mesure de la financiarisation.

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    Ce passage d'un texte d'ATTAC (non encore publié ce jour) met l'accent sur les deux aspects nécessaires et même impératif à tout processus de fétichisation, à tout fétichisme dominant en période de capitalisme néolibéral:

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    - d'une part la soumission des activités humaines (qui doivent s'agenouiller devant le nouveau dieu-fétiche) ;

    - d'autre part l'importance accordée aux dynamiques économiques (qui exigent la servilité humaine) . Mais ici l'accent est mis – à raison – sur la pleine liberté accordée à la rentabilité du capital financier.

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    Le scénario était écrit : la financiarisation de l'économie mondiale, c'est-à-dire la soumission de toutes les activités humaines à une rentabilité humaine exorbitante, devait mener à la crise. Nous y sommes. La crise financière qui menace de dégénérer en récession économique est le résultat logique des choix opérés depuis trente ans par les gouvernements, les dirigeants des institutions internationales et des grandes firmes, pour le compte des actionnaires. La circulation sans entraves des capitaux et la multiplication des produits financiers a entraîné une spéculation permanente sur les monnaies, les titres financiers et tous les produits dérivés nés de la titrisation, c'est-à-dire de la revente sans fin de tout contrat commercial. Les banques centrales ont laissé courir le crédit qui alimentait cette spéculation pendant que les autorités politiques fermaient les yeux sur la prolifération des paradis fiscaux.

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    L'élévation continuelle de l'exigence de rentabilité des capitaux a contraint les salariés à l'austérité, au point de casser toute dynamique capable de répondre aux besoins sociaux, ne laissant comme échappatoires qu'une consommation ostentatoire des classes riches et qu'un crédit facile mais dévastateurs des classes pauvres comme le montre l'exemple des Etats-Unis. La financiarisation de l'économie se fait à l'avantage des plus riches et au détriment des droits sociaux et des conditions de vie du plus grand nombre. Pire la financiarisation suppose la destruction des droits sociaux.

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    Ce texte, qui met à raison l'accent sur la financiarisation, vient rectifier avantageusement celui ci-dessous qui met trop « à plat » les différentes dynamiques économiques.

     

    Nb : La partie sur le passage nécessaire par une crise révolutionnaire pour le retour à l'application des droits sociaux a été enlevée, car trop explicite (2). Mais le document d'ATTAC cité en est fort proche. J'en reproduis la conclusion : La gravité de la crise sociale, écologique et peut-être économique, est telle que les rafistolages et encore moins les déclarations de bonnes intentions ne suffiront pas pour la résoudre. Il faut aller au cœur d'un système injuste et prédateur qui détruit tous les fondements de nos sociétés.


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    2) Les migrants et le fétichisme du néolibéralisme au plan mondial

    par Christian DELARUE représentant le MRAP comme membre fondateur d'ATTAC

    La phase actuelle de la mondialisation capitaliste renforce ou exacerbe un certains nombre de phénomènes économiques et sociaux :- l'internationalisation et la libéralisation des échanges marchands, - la libéralisation de la finance (qui est la plus mondialisée) - l'augmentation des investissements productifs à l'étranger et donc l'implantation croissante d'entreprises à l'étranger pour bénéficier d'une main d'oeuvre bon marché, - la privatisation des biens publics et des services publics. Il faut y ajouter les migrations humaines qui se sont mondialisées.

    Le regard des néolibéraux porté sur la mondialisation s'intéresse surtout aux aspects économiques de la mondialisation en omettant d'évoquer les aspects sociaux et écologiques. Ainsi les migrations humaines constituent bien "le chaînon manquant" (1) de la mondialisation. Pour être plus précis dans la critique, il importe de souligner la survalorisation des processus économiques abstraits (cités au premier paragraphe) au regard de la dévalorisation des migrations. Ces processus économiques qui ensemble forment le capitalisme contemporain sont sans alternatives pour les dirigeants soumis aux bourgeoisies impérialistes, aux intérêts des grandes firmes multinationales. TINA disait M Thatcher (There is non alternative) Les migrations sont bien moins intouchables. C'est le moins que l'on puisse dire ! Elles ne sont pourtant pas des processus abstraits, ce sont bien des humains qui changent de pays de façon très souvent contrainte soit pour des motifs politiques (menaces sur les libertés) soit pour des motifs économiques (menaces sur les ressources financières) . Les autres processus économiques relatés ne sont pas non plus dégagés du facteur humain mais c'est sans doute moins visible.

    Si nous adoptons le regard dominant sur la mondialisation économique, nous sommes alors au coeur d'un immense fétichisme qui dans un même double mouvement accorde d'une part une importance et une grande valeur aux libertés économiques qui sont surélevées au-dessus des sociétés et des humains, qui sont en quelque sorte déifiées et d'autre part le mépris, l'utilitarisme, la répression contre les migrants.

    Les gouvernements sont pris dans une logique de guerre qui approfondit et renforce la vision dévalorisante et réifiante des migrants transformés en choses, en "flux migratoires". C'est pourquoi le MRAP lutte pour le droit de circulation et le droit d'installation des migrants. Il milite aussi pour le droit de vote des résidents étrangers extracommunautaires. Il milite pour la régularisation des sans papiers.

    Le MRAP est membre d'ATTAC pour s'attaquer aussi à l'autre volet. La dynamique du capital emporte un fétichisme croissant. La crise de rentabilité du capital au plan mondial accroît cette dérive qui rabaisse l'humain et qui survalorise des processus abstraits.

    3) Lutter contre la finance mondialisée c'est aussi garantir le séjour de tous les migrant(e)s

    Lutter contre la finance et le fétichisme économique mondialisé (1) qui en découle c'est garantir le séjour de tous les migrants. Ajoutons en tant que citoyen, et citoyen n'ayant pas à subir le célibat perpétuel ou le racisme et la xénophobie.

    Il ne sert à rien d'exhiber des statistiques de la population mondiale, de la population française et de la population en migration pour soutenir, ainsi que je l'ai entendu à Rennes lors de la semaine de débat sur les migrations, la thèse que <st1:PersonName productid="la France" w:st="on">la France</st1:PersonName> ne peut recevoir tous les migrants du monde. Ce qui a changé, on le voit sur la carte de l'ONU, lors de la dernière décennie c'est la mondialisation des migrations. Quasiment aucun pays n'y échappe. Mais les migrants ne convergent pas depuis les divers pays d'immigrations d'origine ou de transit vers <st1:PersonName productid="la France" w:st="on">la France</st1:PersonName> ! De plus bien des pays beaucoup plus pauvres que <st1:PersonName productid="la France" w:st="on">la France</st1:PersonName>, notamment en Afrique, doivent héberger des migrants de tout type.

    Lutter contre le fétichisme mondialisé - programme de travail commun à ATTAC et au MRAP - tel que proposé (1) c'est non seulement garantir la liberté de circuler avec des papiers mais aussi la liberté d'installation de tous les migrants et avec les droits à la citoyenneté (voter et pouvoir se faire élire).

    Il y a peu cela était considéré comme une utopie au sein du continent européen. Aujourd'hui l'Union européenne déclare : "La citoyenneté de l'Union confère à chaque citoyen de l'Union un droit fondamental et individuel de circuler et de séjourner librement sur le territoire des Etats membres, sous réserve des limitations et des restrictions fixées par le traité et des mesures adoptées en vue de leur application" . Cette règle doit être appliqué et élargie à l'ensemble des migrants, c'est à dire aux migrants extra-communautaires. La préférence communautaire doit cesser ! Les migrants ne sont pas une charge mais une richesse pour un pays ; Quand on dit richesse on ne pense pas qu'à l'utilité pour les entreprises et l'économie.

    A travers des législations affichées de plus en plus répressives, le besoin de main d'oeuvre étrangère est peu à peu reconnu. Ce qui a conduit à passer de " l'immigration zéro " à " l'immigration clandestine zéro " puis à " l'immigration choisie ". Il faut remarquer aussi que c'est un des rares sujets sur lesquels le patronat n'est pas en accord parfait avec le gouvernement. Il connaît les besoins de l'économie. Il profite aussi de cette main d'oeuvre judicieusement stigmatisée et réprimée.

    La liberté d'installation suppose une politique d'insertion sociale et économique valable pour l'ensemble de la famille sauf à vouloir transformer les migrant(e)s en célibataires perpétuels. Un séjour dans de bonnes conditions implique également que l'Etat et les communes mettent fin aux normes discriminatoires sur le marché de l'emploi et du logement. Il faut donc abolir le principe des emplois réservés aux personnes de nationalité française, sauf en ce qui concerne les "emplois de souveraineté". De telles mesures permettraient une sortie du chômage ou des emplois typés ( professions indépendantes du commerce et de l'industrie) ainsi qu'une meilleure mobilité socioprofessionnelle.

    Christian DELARUE

    Membre de la commission mondialisation du MRAP

    Membre du groupe "migrations" d'ATTAC France

    1) Formule d'Antoine PECOUD et Paul de GUCHTENEIRE chercheurs à l'UNESCO

    2) Partie remplacée:

    L'humanisme conséquent est d'abord un anticapitalisme au sens d'un refus de la religion du libéralisme économique et de l'appropriation privée des moyens de production et d'échanges. L'humanisme conséquent vise aussi à créer un "autre monde" que celui-ci, pas un monde plus juste avec deux doigts d'économie sociale et solidaire . Vouloir un autre monde c'est moralement et politiquement ne pas s'accomoder d'une "amélioration" aux marges du coeur capitaliste. Il ne s'agit pas plus de vouloir "brider" une logique capitaliste qui dans sa dynamique profonde va rester telle quelle à savoir la recherche du profit d'abord, la satisfactions des besoins humains après si rentable. En fait l'altermondialisme travaille à la promotion d'une prise en charge des activités humaines par le peuple par les travailleurs salariés. Il s'agit d'aller vers l'alterdémocratie, ce qui ne se fera pas sans crise et même sans révolution tant le chemin à prendre est radicalement contraire à celui du capital et des grands possédants.

     

    Addendum : Crise : J'ai mal à mon capital Jean-Marie HARRIBEY
    http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique1067

     



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  • MAINTIEN DE <st1:PersonName productid="LA SOCIALISATION DE" w:st="on">LA SOCIALISATION DE</st1:PersonName> <st1:PersonName productid="LA SECURITE SOCIALE" w:st="on">LA SECURITE SOCIALE</st1:PersonName>

    et

    ETATISATION DES FIRMES PHARMACEUTIQUES ET DES CLINIQUES PRIVEES.

    %

     

     

    Introduction : Le poids de la finance mondialisée.
     
    Le complexe médico-industriel (1) français subit toujours plus le poids de la mondialisation du capital, ce qui déséquilibre un équilibre déjà fragile entre <st1:PersonName productid="la Sécurité" w:st="on">la Sécurité</st1:PersonName> social comme système socialisé autonome, le capital industriel et l'Etat lui aussi sous influence de la finance mondialisée. La sécurité sociale et les mutuelles gèrent les ressources mais ce sont les firmes industrielles multinationales qui produisent les médicaments et les matériels de santé du plus ordinaire au plus sophistiqué au plan technologique. En fait leur influence va bien au-delà de la stricte production matérielle des moyens de santé. Elles produisent aussi des connaissances et des technologies destinées à être brevetées. Elles ont aussi une emprise forte sur les pratiques des médecins afin d'assurer un débouché commercial à leur production. Le capital industriel s'est diversifié. Certaines entreprises pharmaceutiques ont du se délocaliser pour accroître leurs profits, surtout celles productrices de médicaments et d'appareils simples.
    La tendance lourde de ces dernières années en matière de santé a consisté à attaquer <st1:PersonName productid="la Sécurité" w:st="on">la Sécurité</st1:PersonName> sociale pour soit une étatisation partielle (via la fiscalisation) soit une privatisation partielle (sur le principe de la privatisation des bénéfices et de la socialisation des pertes). Bien entendu ce qui était déjà privé l'est resté et ce qui avait été nationalisé et étatisé a été privatisé. Il y a là une double attaque qu'il faut refuser pour qui veut défendre le droit à la santé pour toutes et tous.
     
    D'une part le maintien et l'amélioration du système socialisé de Sécurité social est la chose la plus essentielle à défendre parmi l'ensemble de nos institutions, d'autre part la privatisation- marchandisation est source de d'inégalité et de gâchis qui indique assez que la nationalisation-étatisation est une alternative à défendre.
     
     
    I - Maintien et l'amélioration du sytème socialisé de Sécurité social
     
    Trois points brièvement, chaque point ayant fait l'objet ici ou là de plus amples développements:
     
    - Avec <st1:PersonName productid="la Sécurité" w:st="on">la Sécurité</st1:PersonName> sociale nous sommes en présence d'une alternative tout à fait spécifique à l'étatisation et à la privatisation. Pour défendre ce bijou il faut maintenir sont unité par réintégration des mécanismes d'aides en périphérie et donc par une double suppression d'une part de <st1:PersonName productid="la CMU" w:st="on">la CMU</st1:PersonName> (pour les « pauvres ») et de l'AME (Aide médicale d'État) donc sans pénaliser les sans-papiers d'autre part des mutuelles (2) et des assurances . En somme il s'agir de retrouver le noyau dur de <st1:PersonName productid="la Sécurité" w:st="on">la Sécurité</st1:PersonName> sociale et de le renforcer.
     
    - Il faut aussi se rapprocher d'un modèle d'autogestion quasiment socialiste. Il faut donc en premier lieu rétablir les élections des délégués syndicaux qui gèrent <st1:PersonName productid="la Sécu" w:st="on">la Sécu</st1:PersonName> - ce qui n'est pas la pleine autogestion - mais aussi dans le même mouvement faire sauter le paritarisme en excluant le patronat (ce qui spécifie le volet socialiste de l'autogestion). Pour aller plus loin vers le socialisme lire Alain NAZIER (3)
     
    - Côté financement Il faut aussi défendre le salaire ainsi que le fait Bernard FRIOT. Ce faisant on s'oppose à l'étatisation du financement tel que préconisé par certains syndicats qui suivent par exemple les préconisations de Jean-Christophe LE DUIGOU. Le financement de <st1:PersonName productid="la Sécurité" w:st="on">la Sécurité </st1:PersonName>sociale doit rester basé sur la cotisation sociale.
     
     
    II - Etatiser, démarchandiser et démocratiser les entreprises privées de santé
     
     
    1 - Etatiser les cliniques (et les mettre en service public )
     
    Il y a deux grandes catégories de cliniques privées: On trouve des cliniques cotées en bourses donc financiarisées et d'autres qui ne le sont pas.
     
    Les cliniques privées commerciales financiarisées fonctionnent prioritairement pour le profit des actionnaires et très secondairement pour la satisfaction des besoins de santé de qualité. Leur taux de rentabilité dépasse les 15% l' an selon une étude du ministère de la santé. Leur obsession est en conséquence immédiate de réduire les personnels au maximum ainsi que les salaires. C'est le plus grand scandale de ces cliniques commerciales financiarisées. Les malades doivent rester le moins possible en clinique. Et les malades les plus prisés sont ceux qui rapportent gros à la fois pour la clinique et pour les chirurgiens spécialisés.
     
    Les cliniques privées commerciales ordinaires marchandisées, ne sont pas soumise à cette logique financière implacable. Une certaine qualité des soins est possible mais du fait de la logique marchande il y a une contradiction forte entre le travail des infirmières et des aides-soignantes mal payées et celui des médecins spécialisés hyper rémunérés. L'étatisation avec un personnel sous statut de fonctionnaire permettrait de régler cette contradiction. Encore faut-il que les hôpitaux publics ne fassent plus les frais de la logique de concurrence et de compétition
     
     
    2 - Sortir les hôpitaux publics de la logique de concurrence.(4)
     
    - Côté implantation géographique: les hôpitaux obéissent à une politique de répartition territoriale équilibrée sur le territoire dès lors qu'une politique volontaire est engagée. Cela permet un accès pour tous, citadins ou non, aux établissements de santé.
     
    - Côté fonctionnement, les hôpitaux publics reçoivent eux 24H/24 tous les patients sans ségrégation d'âge ou de condition sociale. La mise en service public permet déjà une meilleure satisfaction des besoins hors exigences marchandes de solvabilité. De plus, hors logique de concurrence cette satisfaction des besoins seraient meilleures encore.
     
    - Côté personnels, les professions hospitalières n'ont pas été véritablement revalorisées depuis 1988. Aujourd'hui une infirmière (Bac +3) débute à moins de 1500 Euros nets, une aide-soignante à moins de 1150 Euros. Lorsque l'on compare aux rémunérations pharaoniques des chirurgiens et autres spécialistes, les infirmières ne sont que des miséreuses ! Et le médecin généraliste conventionné, pourtant pas à plaindre, un SMICard!
     
     
    3 - Etatiser les entreprises pharmaceutiques
     
    Ces dernières produisent des médicaments conçus pour le profit (4) et non pour les besoins. La logique capitaliste pousse à la satisfaction de la valeur d'échange d'abord et avant tout et très secondairement à la valeur d'usage. Ce n'est pas spécifique eux firmes pharmaceutiques ! Mais les conséquences sont dramatiques pour les pauvres du Sud comme du Nord. De plus cela renforce les inégalités.
     
    La logique de satisfaction des besoins de santé revient à <st1:PersonName productid="la Sécurité" w:st="on">la Sécurité</st1:PersonName> sociale et pourrait être aussi celle de l'Etat mais un Etat réellement au service de l'intérêt général et de la satisfaction des besoins sociaux du plus grand nombre. Pour cela il doit enclencher une dynamique de réappropriation publique du capital privé pharmaceutique et faire fonctionner les entreprises publiques étatisées sur un mode de service public démocratisé qui respecte la socialisation de <st1:PersonName productid="la Sécurité" w:st="on">la Sécurité</st1:PersonName> sociale
     
     
    Christian DELARUE
     
    Notes:
     
    1) Livret ATTAC sur "Le complexe médico-industriel" par Jean Claude SALOMON Mille et une nuits
     
    2) La sélection par le risque (selon l'age, le sexe, les conditions sociales et sanitaires individuelles, etc.) est consubstantiel à la logique assurancielle chère au néolibéralisme, qui commence à s'installer y compris dans les mutuelles, soumises au nouveau code de la mutualité imposé par l'Union européenne
     
    3) Le contrôle ouvrier et démocratique de <st1:PersonName productid="la Sécu" w:st="on">la Sécu</st1:PersonName> vue par un socialiste révolutionnaire .http://www.lcr94.org/spip.php?article182
     
    La démocratie ce n'est pas seulement l'élection, c'est aussi le contrôle. Des liens réguliers avec les usagers sont à envisager, avec les comités de chômeurs, avec les comités d'hygiène et de sécurité, avec les comités d'entreprise ou les délégués du personnel à propos des conditions de travail, des maladies professionnelles et des accidents du travail. Il faut développer une médecine du travail digne de ce nom, indépendante des entreprises et disposant de véritables moyens. C'est aussi faire une place aux salariés de <st1:PersonName productid="la Sécu" w:st="on">la Sécu</st1:PersonName> eux-mêmes qui doivent disposer d'un droit d'alerte sur les problèmes rencontrés, que ce soit avec les employeurs ou les prestataires de service. De même, un temps de formation rémunéré sur le temps de travail devrait être systématisé pour affronter ces questions. C'est aussi le compte-rendu de mandat régulier qu'il faut instaurer, et pas au seul moment de la réélection, dans les entreprises, dans les quartiers. S'il faut refonder l'institution pour la rendre plus indépendante de la bourgeoisie, c'est bien d'un projet d'ensemble dont nous avons besoin.
     
    Alain NAZIER
     
    4) Silence, on tue l'hôpital public !
     
    5 ) EGSAM : Une nouvelle politique du médicament s'impose pour faire en sorte que l'assurance maladie arrête de servir de vache à lait à l'industrie pharmaceutique. Un réel contrôle public de l'efficacité des médicaments doit être effectué, l'autorisation de mise sur le marché (AMM) ne doit être donné qu'à des médicaments réellement novateurs, utiles et nécessaires, pour être remboursés à 100 %. Le développement de nouvelles molécules, en relation avec les associations de malades, doit être, en prolongement d'une véritable politique de santé publique, l'aboutissement d'une politique volontariste et consciente de progrès sanitaire, et non dépendre de la seule volonté de prospérité des industriels.
     
     
    De Philippe PIGNARD : Notre vrai problème collectif est la sous-estimation des menaces que l'industrie pharmaceutique fait peser sur <st1:PersonName productid="la Sécurité" w:st="on">la Sécurité</st1:PersonName> sociale. Dans le débat qui a lieu depuis un an, beaucoup se sont efforcés de relativiser la dépense en médicaments (plus de 20 %, mais on a entendu Roselyne Bachelot dire, au cours d'une émission de télévision, que c'était 4 % sans que personne ne la contredise) alors que c'est le poste qui augmente le plus vite et de plus en plus vite. On est malheureusement obligé de dire que l'on ne sait pas aujourd'hui si la plupart des nouveaux médicaments qui sont mis sur le marché sont supérieurs aux anciens en termes d'efficacité et de tolérance, alors qu'ils peuvent être de 10 à 35 fois plus chers.
     
    in TRIBUNE LIBRE : Les menaces de l'industrie pharmaceutique par Philippe Pignarre (1), éditeur et chargé de cours sur les psychotropes à l'université de Paris-VIII.
     
    6) Ecart de rémunération
     
    Le schéma ci-dessous montre la montée des salaires des médecins du privé depuis 1999. Or c'est à cette date que l'on trouve les grilles salariales des PH. Elles sont obsolètes. Les rémunérations des médecins ont triplées pour certaines catégories. Cela mériterait une étude fine. Car l'enjeu est énorme en matière de santé pour tous.
     
    Salaire des médecins : une augmentation plus importante que la moyenne
    LEMONDE.FR | 25.09.07 | 15h13 • Mis à jour le 25.09.07 | 15h44



    La consommation des soins face à l'évolution du revenu des médecins | Le Monde

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  • DONNER LA PRIORITE A LA VALEUR D'USAGE SUR LA VALEUR D'ECHANGE

    C'est souvent que j'évoque la nécessité de donner priorité à la valeur d'usage sur la valeur d'échange. Notamment pour renforcer et étendre la logique de service public dégagée de la logique marchande qui la recouvre et pervertie. Voir par exemple:

    - "Réorienter les services publics pour satisfaire les besoins popûlaires dans les quartiers délaissés" par Christian DELARUE plus sous forme de "commentaires" :
    - L'UNIVERSALISATION DES CRITERES FRANÇAIS DU SERVICE PUBLIC EST-ELLE POSSIBLE?
    et:
    - Contribution complémentaire sur les services publics. de Jean-Yves BECHERIE
    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=57185
     

    Ces réflexions s'insère dans "l'économie de la démarchandisation" élaborée notemment par Jean-Marie HARRIBEY, Stéphanie TREILLET et d'autres camarades "économistes critiques" d'ATTAC.

    Pour varier les expressions je laisse la parole à François HOUTART dans l'extrait ci-dessous.

    Extrait de Pour un socialisme du XXle siècle - [Alternatives International] mercredi 12 septembre 2007 par François HOUTART

    http://alternatives-international.net/article1194.html


    DONNER LA PRIORITE A LA VALEUR D'USAGE SUR LA VALEUR D'ECHANGE

    Ces concepts ont été élaborés par Marx et sont passés dans le langage commun. La valeur d'usage est celle qu'ont des produits ou des services pour l'utilisation des personnes et la valeur d'échange est celle que ces éléments acquièrent quand ils entrent dans le marché. Or, la caractéristique du capitalisme est de privilégier la valeur d'échange, comme moteur du développement économique. C'est logique, car seule la valeur d'échange permet de faire du profit et donc de mettre en route un processus d'accumulation.

    Il en résulte une naturalisation du marché, qui n'est plus considéré comme un rapport social. La priorité du marché devient un dogme, dont tout le reste découle automatiquement. Le marché, ou la loi de la valeur, impose sa logique à l'ensemble des rapports humains collectifs et à tous les des secteurs d'activité. Sa loi s'applique y compris dans des secteurs tels que la santé, l'éducation, le sport, la culture. Une telle logique exclut d'autres paramètres, notamment de type qualitatif, telle que la qualité de la vie ou encore ce qu'on appelle des externalités, c'est-à-dire tout ce qui précède ou qui suit le rapport marchand et qui permet à un ensemble de coûts de ne pas être comptabilisés. Donner la priorité à la valeur d'usage signifie donc privilégier l'être humain sur le capital. Une telle priorité comporte une série de conséquences. On peut en citer un certain nombre.

    Si la valeur d'usage est prédominante, on allongera la durée de vie des produits, ce qui, selon Wim Dierckxsens comporte de nombreux avantages. En effet, pour accélérer la rotation du capital et contribuer à l'accumulation, la vie des produits a été réduite. Leur allongement permettrait d'utiliser moins de matières premières et moins d'énergie, de produire moins de déchets et donc de mieux protéger l'environnement naturel. Il permettrait aussi de diminuer l'influence du capital financier.

    La même logique permettrait d'accepter des prix différentiels pour les mêmes produits, industriels ou agricoles, selon les régions du monde. Actuellement, la loi du marché exige que l'on s'aligne mondialement sur les prix les plus bas, notamment en agriculture, c'est-à-dire ceux des régions qui pratiquent une agriculture productiviste de type capitaliste (souvent également subsidiée et donc entrant dans une politique de dumping). En effet, des arguments liés à la valeur d'usage peuvent justifier des prix différents, qui contredisent le dogme du marché. Pourquoi faut-il que le riz ait le même prix aux Etats-Unis ou à Sri Lanka, si dans ce dernier pays le riz fait partie de l'histoire et de la culture et si sa production est une exigence pour la souveraineté alimentaire. De telles considérations n'entrent pas dans la logique du marché, mais bien dans celle de la valeur d'usage.

    On pourra aussi relocaliser les productions et éviter de nombreux coûts de transport, qui sont dommageables pour l'environnement et provoquent dans de nombreux endroits du monde une congestion des voies communication et même une paralysation des routes et autoroutes.

    Valoriser la valeur d'usage permettra également de favoriser l'agriculture paysanne, elle-même pourvoyeuse d'un emploi important. Si nous prenons le secteur des services, on se rend compte que l'éducation sera redéfinie prioritairement en fonction des personnes et non pas du marché et que la production de médicaments devra s'effectuer en rapport avec les maladies existantes dans l'ensemble de l'univers et non pas en fonction de la rentabilité de leur vente.

    Prioriser la valeur d'usage signifie donc se centrer sur la vie humaine. Il sera impossible de laisser pour compte 20 ou 30% de la population mondiale vivant dans l'indigence, parce qu'elles constituent des « foules inutiles », ne contribuant pas à produire une valeur ajoutée et n'ayant pas de pouvoir d'achat. Elle permettra aussi de ne pas vulnérabiliser le reste des populations, en dehors des privilégiés, car ce sont les besoins humains qui deviennent le moteur de l'économie. Inévitablement cela signifie également l'établissement de mécanismes de redistributions de la richesse et la généralisation de la sécurité d'existence.

    Une telle perspective exige évidemment une nouvelle philosophie de l'économie. On ne peut plus définir l'économie simplement comme une activité produisant de la valeur ajoutée, mais on devra revenir à sa définition fondamentale qui est de produire la base matérielle nécessaire à la vie physique, culturelle et spirituelle de tous les êtres humains dans l'ensemble de l'univers. Finalement cela débouche sur une éthique de la vie, c'est-à-dire la nécessité d'assurer la base vitale pour tous. Dans une certaine mesure le socialisme avait réalisé ce changement de perspectives, mais il fut rapidement submergé par le désir d'entrer en compétition avec le capitalisme.

    Lire la suite sur:

    http://alternatives-international.net/article1194.html

    Comme critères d'une autre production : Cf. « Une autre économie orientée vers le développement humain »

    http://rennes-info.org/Une-autre-economie-orientee-vers.html




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  • Stéphanie TREILLET et Jean-Marie HARRIBEY deux économistes critiques d'ATTAC 

    LE TRAVAIL PRODUCTIF DANS LES SERVICES NON MARCHANDS ET L'IMPOT [1]

    Jean-Marie Harribey

    http://www.france.attac.org/spip.php?article7995

    La manière dont s'est conclu le « Grenelle de l'environnement » doit être prise comme un indice supplémentaire d'un commencement de changement de stratégie des classes dominantes dans le monde à l'égard de la dégradation de l'environnement et du changement climatique. Comme le capitalisme se heurte à la barrière de l'énergie et de la nature en général, il va bien lui falloir réagir. Le principe qui se dessine peut être résumé ainsi : il faudra en passer par payer le prix de la raréfaction des ressources et de la dégradation générale, et donc, mettre tôt ou tard en place une fiscalité écologique, à côté d'éventuelles autres mesures. Mais, pour ne pas heurter de plein fouet l'un des dogmes néolibéraux qui s'est imposé depuis trente ans, cette fiscalité spécifique ne devra pas alourdir la fiscalité globale. Au nom de la « neutralité fiscale », elle devra être conçue en remplacement d'autres impôts. On le devine aisément, ce qui est visé, c'est, une fois de plus, la cotisation sociale, considérée comme un coût, une charge. Fiscalité écologique, oui puisque nous y sommes obligés ! Mais en baissant le « coût du travail » ! [2]

    Le mouvement social et en particulier le mouvement altermondialiste – on verra pourquoi plus loin pour celui-ci – se trouvent donc confrontés à un redoutable problème. Comment donner une légitimité nouvelle à l'impôt, à la cotisation, en bref aux mal nommés « prélèvements obligatoires », à une époque où ils sont considérés comme autant de freins au dynamisme économique, à la « réforme » et bien sûr à la compétitivité dans la concurrence mondiale ? Comment disposer des ressources nécessaires pour assurer l'accès universel aux biens communs de l'humanité ainsi qu'à la protection sociale, et non pas l'un à la place de l'autre ? Et cela, d'autant plus que ces besoins, tant sociaux qu'en matière de préservation de l'environnement iront croissant.

    La réponse à ces questions oblige à réexaminer la nature de l'impôt et, au-delà, celle de tout prélèvement. Les interprétations que l'on en donne traditionnellement, à gauche s'entend, ne sont peut-être pas à la hauteur des enjeux. Il s'agit donc d'une réouverture d'une question d'économie politique. Et pas n'importe laquelle : économie politique critique, à vrai dire « critique de l'économie politique ».

    Le premier mot d'ordre du mouvement altermondialiste fut, il y a dix ans : « le monde n'est pas une marchandise », sous-entendu « il ne doit pas l'être ». Comment contrer la délégitimation dont sont l'objet tous les services non marchands, notamment l'éducation publique et l'accès universel aux soins, depuis que le capitalisme a entrepris d'en réduire le champ pour élargir par là même celui de l'accumulation privée ?

    L'enjeu théorique et politique est d'importance au moment où l'altermondialisme s'interroge sur les moyens que les travailleurs et les peuples pourraient mettre en œuvre pour battre en brèche la logique de la rentabilité du capital et de la marchandisation.

    Au sein de la théorie économique libérale, règne la thèse du caractère parasitaire de l'activité publique non marchande financée par prélèvement sur l'activité marchande des agents privés qui, de ce fait, se voit limitée (par l'effet d'éviction et la montée des taux d'intérêt). La conséquence normative de cette approche est de verrouiller la politique monétaire, notamment en interdisant la monétisation des déficits publics, obligeant les États à emprunter sur les marchés financiers.

    Le marxisme traditionnel peut-il aider à dépasser l'aporie précédente ? Malheureusement, il existe un trou noir en son sein. Certes, l'analyse de la marchandise ouverte par Marx au début du Capital donne les outils conceptuels pour critiquer le processus de marchandisation du monde. Mais le marxisme a laissé en jachère ce qui pourrait en constituer le rempart : il n'existe pas d'économie politique critique dont l'objet serait de théoriser une sphère non marchande ayant pour vocation de s'étendre au fur et à mesure que les rapports de forces tourneraient à l'avantage du travail face au capital.

    Au sein de la théorie marxiste, la conviction du caractère improductif des travailleurs fournissant les services non marchands – quand ce n'est pas des services tout court – est solidement enracinée : ils sont financés par prélèvement sur la plus-value capitaliste. Penser dans ces conditions la démarchandisation est impossible puisque la non marchandise dépendrait de l'existence de la marchandise. Quant à l'alliance de classes entre les travailleurs des deux sphères, elle est donc hautement improbable.

    L'objectif est ici de contribuer à construire une économie politique de la démarchandisation de la société en examinant brièvement deux points : comment établir le caractère productif du travail effectué dans les services non marchands ? quels éléments sont controversés ?

    1. Le caractère productif du travail dans les services non marchands

    La définition du travail productif n'a de sens que relativement aux rapports sociaux dominants. Ainsi, la distinction de Marx entre procès de travail en général et procès de travail capitaliste garde toute sa pertinence pour différencier le travail productif de valeurs d'usage et le travail productif de valeur et de plus-value pour le capital. Il est crucial également de rejeter la matérialité ou l'immatérialité du produit comme critère de définition du travail productif. Marx explique : « Le fait, pour le travail, d'être productif n'a absolument rien à voir avec le contenu déterminé du travail, son utilité particulière ou la valeur d'usage particulière dans laquelle il se matérialise. » [Marx, 1968-c, p. 393]. Seuls doivent entrer en ligne de compte la nature du rapport social qui est noué à l'occasion de la production des biens et des services et le caractère ou non de marchandise de ces biens et services. S'il s'agit d'un travail salarié produisant des marchandises, il est productif de capital (et, dans le même temps bien sûr, de valeur et de revenu correspondant). S'il s'agit d'un travail salarié produisant des services non marchands, il ne produit pas de capital. Produit-il le revenu qu'il perçoit ? Non, répondent à l'unisson le libéralisme, le marxisme traditionnel, de même que certains théoriciens du capitalisme cognitif [3] : tous laissent en suspens la question de savoir sur quelle base non réalisée serait prélevé le revenu versé. Nous proposons de montrer que, lorsque les besoins collectifs sont anticipés, le travail qui y est consacré produit les valeurs d'usage désirées, il produit aussi leur valeur monétaire non marchande et le revenu distribué correspondant.

    Au sein du mode de production capitaliste, la plupart des valeurs d'usage se présentent sous la forme monétaire, mais certaines sont marchandes et les autres ne le sont pas. Schématisons une économie de la manière suivante. Les forces productives sont partagées entre un secteur marchand capitaliste produisant des biens de production et des biens de consommation et un secteur non marchand produisant des services collectifs. La présentation habituelle selon laquelle, en termes libéraux, l'État prélève une part du fruit de l'activité privée pour financer ensuite les dépenses collectives, ou, en termes marxistes orthodoxes, il prélève une part de la plus-value produite par les travailleurs salariés du secteur capitaliste, est-elle recevable ou aboutit-elle à une impasse logique ?

    L'anticipation des besoins collectifs

    Il y a dans toute formation sociale dominée par le capitalisme deux catégories d'agents producteurs : les entreprises privées et la collectivité publique. Comme l'expliqua Keynes, les premières décident de produire quand elles anticipent des débouchés – la demande dite effective qui assure un certain niveau d'emploi – pour leurs marchandises qui répondent à des besoins solvables. Elles réalisent alors des investissements et mettent en circulation des salaires. La vente sur le marché valide cette anticipation, la mévente la sanctionnerait. Quant aux administrations publiques, anticipant l'existence de besoins collectifs, elles réalisent des investissements publics et embauchent aussi. Dans ce second cas, la validation est effectuée ex ante par une décision collective et se confond avec l'anticipation. Dans les deux cas, l'injection de monnaie sous forme de salaires et investissements privés et publics lance la machine économique et elle engendre la production de biens privés marchands et de biens publics non marchands. De la même façon que les salaires versés vont ensuite être dépensés pour acheter les biens marchands, le paiement de l'impôt vient, après que les services collectifs sont produits, exprimer l'accord de la population pour que soient assurées de façon pérenne l'éducation, la sécurité, la justice et les tâches d'administration publique. L'anticipation de services non marchands et leur production par les administrations publiques précèdent donc logiquement leur « paiement » de type collectif par les usagers que l'on peut assimiler à un prix socialisé. En termes post-keynésiens, on dirait que de la monnaie reflue à son point de départ.

    Pour appuyer ce raisonnement, effectuons un raisonnement du type « passage à la limite » : imaginons que, dans cette économie, la propriété privée des moyens de production tende à disparaître et où, en conséquence, la proportion de la propriété publique tende vers un. La place des travailleurs productifs de valeur pour le capital se réduit alors jusqu'à disparaître. Ne subsistent que des travailleurs improductifs de capital. Dira-t-on que le travail de ces derniers est échangé contre du revenu prélevé sur la plus-value extorquée aux travailleurs productifs de capital... qui ont disparu ? Ce serait absurde. A cette contradiction logique, il faut donc trouver une solution logique : reconnaître que le travail peut être improductif de capital tout en étant productif de produit et de revenu nouveaux.

    Cependant, il faut encore distinguer, dans ce cas où la production est totalement publique, la part marchande et celle non marchande, cette dernière pouvant être considérée, selon la norme habituelle, comme financée par les surplus prélevés sur la première, l'État accumulant ainsi du capital dont une fraction serait destinée à cet emploi. Le raisonnement à la limite doit être alors appliqué à l'évolution relative des productions marchande et non marchande. Si la collectivité décide de socialiser progressivement le financement de toute la production pour lui donner le caractère non marchand, la production marchande de plus en plus réduite ne peut être tenue pour la source de celle qui n'est pas marchande. Par ailleurs, si la distinction entre production matérielle et production immatérielle était envisagée pour faire de la première la source de la seconde, dans la mesure où l'une tend à décliner relativement à l'autre, cette considération se heurterait à la même objection que précédemment. Aussi, de manière générale, l'idée selon laquelle une part croissante de l'activité de production de valeurs d'usage est financée par une autre activité en régression relative continue est insoutenable.
    Prenons l'hypothèse inverse où l'éducation serait privatisée et soumise à l'exigence de rentabilité du capital. La production pour le capital augmenterait alors que production tout court et revenu seraient inchangés, voire, dans une perspective dynamique, diminueraient à terme si les classes pauvres dont la propension marginale à consommer est plus forte se voyaient privés d'accès aux services éducatifs devenus marchands.

    Une critique radicale des dits « prélèvements obligatoires » devient dès lors possible, non point pour délégitimer les services collectifs à l'instar de la doctrine libérale, mais pour critiquer celle-ci dans la mesure où l'idée même d'un prélèvement préalable à la production des services collectifs non marchands est une aporie, et du même coup critiquer la vision marxiste la plus couramment rencontrée.

    Le bouclage macro-économique


    A l'aporie dénoncée ci-dessus s'ajoute une autre difficulté non surmontée par la présentation habituelle : celle du bouclage macro-économique que seule une vision marxienne-kaleckienne-keynésienne permet de résoudre. Admettons pour un instant la présentation habituelle : en termes libéraux, l'État prélève une part du fruit de l'activité privée pour financer ensuite les dépenses collectives ; en termes marxistes orthodoxes, il prélève une part de la plus-value produite par les travailleurs salariés du secteur capitaliste. Pour qu'une part de la plus-value soit prélevée, il faut au préalable que la plus-value dans son ensemble ait été réalisée, c'est-à-dire qu'elle ait déjà revêtu la forme du profit monétaire.

    Or, on sait que le profit monétaire n'est pas possible macroéconomiquement sur la seule base des avances monétaires des capitalistes. Cette contradiction n'est résolue que par l'existence d'un système bancaire qui, grâce à la création monétaire, fait l'avance du profit au système productif capitaliste permettant la réalisation de la plus-value sur le plan macroéconomique et, ainsi, l'accumulation du capital. [4] On retrouve dans ce qui précède une idée commune à Marx [1968], Luxemburg [1972], Kalecki [1966, 1971], Keynes [1969] et Schumpeter [1934]. On peut montrer en effet que la reproduction élargie de période en période a lieu si la création de monnaie de banque centrale est supérieure à la thésaurisation des ménages. Dans le cas où il n'y aurait pas de création de monnaie centrale, pour qu'il y ait tout de même accumulation et reproduction élargie, les ménages devraient déthésauriser, ce qui équivaudrait à une réintroduction de monnaie dans le circuit, monnaie qui en avait été soustraite. Alain Barrère [1990, p. 28, souligné par l'auteur] énonçait ainsi ce qu'il appelait une règle du circuit : « Le circuit est un processus circulatoire de flux de liquidités monétaires itératifs, qui peuvent se muer en d'autre formes monétaires mais ne peuvent engendrer de nouvelles richesses liquides. (...) Ce qui signifie qu'en fin de circuit on ne peut trouver plus de richesse qu'il n'en a été introduit en un point quelconque de l'itinéraire. On ne peut donc découvrir, au terme du circuit, un profit monétaire, dont le montant n'aurait pas été intégré, sous une autre forme-monnaie, en un point quelconque du processus circulatoire. » Il y a un corollaire à cette règle que je formule ainsi : aucune forme de monnaie, à prix fixés, ne peut être introduite en un point quelconque du circuit si elle ne correspond pas à une production réalisée ou anticipée, c'est-à-dire à une valeur ou à une valeur pré-validée, ou encore à du travail social déjà reconnu utile ou dont la reconnaissance est anticipée.

    Dès lors, le système bancaire, voire les rentiers potentiels, anticipant la production et la réalisation de la plus-value anticiperaient du même coup la part qui pourrait être prélevée par l'État. Cependant, cette solution, qui permettrait simultanément le profit et la reproduction élargie du système capitaliste, ne résout pas la contradiction propre aux « prélèvements ».

    En effet, dans la problématique du prélèvement de quelque chose existant préalablement, la valeur ajoutée nette (ou produit net) est la même qu'il n'y ait pas d'État ou qu'il y en ait un puisqu'il y a un simple transfert de valeur de la sphère capitaliste considérée comme seule productive vers la sphère non marchande considérée comme improductive. Ainsi, l'intervention de l'État n'aurait aucune action sur le produit net. On est bien en pleine problématique libérale que le multiplicateur keynésien et théorème d'Haavelmo visaient à contredire. Plus récemment, les théoriciens de la croissance endogène ont mis en évidence l'existence d'externalités positives engendrées par l'État. Cependant, l'éducation et la diffusion des connaissances dans lesquelles s'implique l'État sont vues comme créatrices de richesses par les externalités positives qu'elles engendrent mais non par leur apport direct indépendamment de leurs effets externes.

    Anticipation, financement et paiement, trois stades de la dynamique de reproduction


    L'expression « les impôts financent les dépenses publiques » est trompeuse. L'ambiguïté provient de la confusion entre financement et paiement. La production capitaliste est financée par les avances de capital en investissements et salaires, avances dont la croissance sur le plan macro-économique est permise par la création monétaire, et les consommateurs paient. Quel rôle joue l'impôt vis-à-vis de la production non marchande ? Il en est le paiement socialisé. Le contribuable ne « finance » pas plus l'école ou l'hôpital que l'acheteur d'automobile ne « finance » les chaînes de montage d'automobiles. Car le financement est préalable à la production, que celle-ci soit marchande ou non marchande. Et le paiement, privé ou socialisé, lui est postérieur. De plus, l'activité productive supplémentaire engendre un revenu supplémentaire et donc une épargne supplémentaire qui reflue et vient s'ajuster à l'investissement supplémentaire déclencheur, tant privé que public. La confusion entre financement préalable et paiement est du même ordre que celle que critique Franck Van de Velde [2005, p. 99] : « La notion de "fonds prêtables" elle-même procède d'une confusion entre le préfinancement bancaire de la production de biens d'équipement et le financement définitif de l'investissement par l'épargne. »

    On pourrait objecter que les impôts d'une année servent à payer les dépenses publiques de l'année suivante et ainsi de suite. Mais cet argument déplace la discussion du plan logique au plan historique et la recherche d'une chronologie débouche sur une impasse. Il convient donc d'apporter une réponse logique à un problème d'ordre logique : l'économie capitaliste étant une économie monétaire, pourrait-on effectuer des prélèvements sur une base qui n'aurait pas encore été produite et, pis, qui devrait résulter de ces prélèvements ? Puisque c'est logiquement impossible, le retournement s'impose : la production non marchande et les revenus monétaires qui y correspondent précèdent les prélèvements.

    Certes, le paiement de l'impôt permet – tout comme les achats privés des consommateurs – au cycle productif de se reproduire de période en période. Mais il y a deux impensés dans l'idéologie libérale. Premièrement, il faut rappeler que ce sont les travailleurs du secteur capitaliste – et non pas les consommateurs – qui créent la valeur monétaire dont une partie sera accaparée par les capitalistes, et ce sont les travailleurs du secteur non marchand – et non pas les contribuables – qui créent la valeur monétaire, quoique non marchande, des services non marchands. Deuxièmement, au sens propre, le financement désigne l'impulsion monétaire nécessaire à la production capitaliste et à la production non marchande et l'impulsion monétaire doit être donc distinguée du paiement.

    Contrairement à l'opinion dominante, les services publics ne sont donc pas fournis à partir d'un prélèvement sur quelque chose de pré-existant. Leur valeur monétaire, mais non marchande, n'est pas ponctionnée et détournée ; elle est produite. Dès lors, dire que l'investissement public évince l'investissement privé n'a pas plus de sens que dire que l'investissement de Renault évince celui de Peugeot-S.A. ou d'Aventis. Dire que les salaires des fonctionnaires sont payés grâce à une ponction sur les revenus tirés de la seule activité privée n'a pas plus de portée que si l'on affirmait que les salaires du secteur privé sont payés grâce à une ponction sur les consommateurs, car ce serait ignorer que l'économie capitaliste est un circuit dont les deux actes fondateurs sont la décision privée d'investir pour produire des biens et services marchands et la décision publique d'investir pour produire des services non marchands. L'impôt n'est donc pas un prélèvement sur de la richesse déjà existante, c'est le prix socialisé d'une richesse supplémentaire.

    En d'autres termes, les prélèvements obligatoires sont des suppléments obligatoires consentis socialement et leur paiement permet qu'ils soient renouvelés de période en période. Mais la pérennité de la production de services collectifs se heurte à une contradiction que seul le débat démocratique peut aider à dépasser : la demande de services collectifs par la société n'est qu'implicite car il existe un écart entre le consentement collectif à leur existence et les réticences individuelles au paiement de l'impôt qui sont nourries à la fois par les profondes inégalités devant celui-ci et par la croyance, entretenue par l'idéologie libérale, que le paiement de l'impôt est contre-productif et spoliateur.

    En rendant explicite la demande implicite de services collectifs et de protection sociale, l'Etat en fait un principe d'action dont la logique avait été posée par Keynes. Pour en asseoir la théorie, il suffit d'élargir son concept d'anticipation aux décisions de dépenses publiques : celles-ci sont prises au nom du principe que nous appelons principe de la demande implicite anticipée des services collectifs.

    A ce stade, il faut sortir d'une analyse purement économique pour intégrer les rapports sociaux au cœur de la compréhension du fonctionnement du circuit capitaliste. Les riches veulent être moins imposés parce qu'ils ne veulent pas payer pour les pauvres. Mais pourquoi la politique monétaire est-elle verrouillée par <?xml:namespace prefix = st1 /><st1:PersonName productid="la Banque" w:st="on">la Banque</st1:PersonName> centrale européenne et le projet de traité constitutionnel européen interdisait-il aux Etats d'emprunter auprès d'elle ? Le projet de traité constitutionnel consacrait – et le nouveau « traité modificatif » conforte – l'interdiction faite aux Etats d'emprunter auprès de <st1:PersonName productid="la Banque" w:st="on">la Banque</st1:PersonName> centrale européenne, non pas pour payer les dépenses publiques mais pour les financer, c'est-à-dire en faire l'avance. L'idéologie libérale est hostile à ce que la création monétaire finance une production qui ne rapporterait pas un profit. Sauf si l'Etat comble ses déficits en empruntant auprès des détenteurs de capitaux qui, en outre, bénéficient de facilités de crédit bancaire pour prêter ensuite. C'est ainsi que l'équivalent de plus de 80% de l'impôt sur le revenu en France part en intérêts aux créanciers.

    .../...

    Le travail de Jean-Marie HARRIBEY se poursuit ici en réponse à trois objections de Jacques BIDET ainsi que par des remarques à un texte de Bernard FRIOT sociologue et économiste spécialiste des retraites, et défenseur du salaire socialisé.

    http://www.france.attac.org/spip.php?article7995

    .../ ...

    Quelle convergence ?

    Le fond de cette affaire est bien dans le type des rapports sociaux qui préside à la production de valeur et à sa validation. L'articulation entre production et validation me paraît résider dans le fait monétaire. La monnaie considérée comme l'institution sociale sans laquelle, premièrement, la vente sur le marché de la marchandise ne pourrait avoir lieu, c'est-à-dire la valeur ne serait pas validée en même temps que l'anticipation capitaliste, et sans laquelle, deuxièmement, l'anticipation et la validation conjointes des besoins collectifs ne pourraient être inaugurées. La monnaie est un opérateur social d'homogénéisation.
    La question de la validation est une question-clé. Aussi bien pour ce qui concerne la marchandise que pour les services non marchands. Pour la première, la validation procurée par la réalisation de la valeur (théorisée par Marx) est une conséquence attendue mais hypothétique de l'anticipation (théorisée par Keynes) ; elle n'obéit qu'à la loi du marché. Parce qu'elle trouve acquéreur pour sa valeur d'usage, la marchandise est validée en tant que valeur. Marx disait que la valeur d'usage était une « porte-valeur ». Pour les services non marchands, l'adéquation entre l'anticipation et la validation pose évidemment les problèmes de la pertinence sociale du choix et de son caractère démocratique, mais ce n'est pas l'objet de la théorie esquissée ici. La question abordée est celle du travail immédiatement social, c'est-à-dire validé ex ante. Le fait que les économistes néo-classiques ne pensent pas la monnaie devrait nous rendre méfiants et nous aider à reprendre un programme de critique de l'économie politique sur la question du non marchand.

    Conclusion : en quoi l'altermondialisme peut-il trouver dans cette discussion une armature théorique ?

    Une économie politique mettant en évidence le caractère productif du travail dans les services non marchands peut contribuer aux clarifications nécessaires parce qu'elle vise à légitimer l'existence et le développement d'une sphère non marchande. On sait à quel point les représentations collectives jouent un rôle dans la transformation des sociétés lorsqu'elles « deviennent des forces matérielles ».
    La défense des services publics et bien davantage encore de ceux fournis sur base non marchande, ne possède pas jusqu'ici de justification autre qu'éthique. La préservation de l'environnement est trop souvent présenté sur un plan moralisateur, au risque d'en dépolitiser l'enjeu. Or on ne construit pas une politique sur une base seulement morale. D'ailleurs, l'argumentaire libéral se garde bien de se placer sur ce terrain. Il entend porter le fer au niveau de la raison en fustigeant le soi-disant caractère parasitaire, contre-productif, ou tout simplement improductif de l'activité humaine sur laquelle le capital n'a pas de prise. C'est donc à ce niveau de discussion qu'il faut nous situer. Et, sur ce plan-là, seule une théorie de la valeur et du travail productif, à partir d'un réexamen des catégories utilisées traditionnellement par le marxisme, est en mesure de proposer une économie politique de la démarchandisation. A condition d'effectuer un retour à Marx pour distinguer le cadre abstrait du modèle capitaliste pur où il n'y a de valeur que pour le capital et l'analyse d'un capitalisme réellement existant, il est possible de fonder une théorie de la socialisation de la richesse. La théorie libérale confond richesse et valeur. La théorie marxiste ne doit pas rester obnubilée par le fait que le capitalisme tend à réduire toute valeur à celle destinée au capital. Ce que nous avons appelé « valeur » des services non marchands représente « ce qui existe aussi, mais sous un autre aspect, dans toutes les autres formes sociales historiques, à savoir le caractère social du travail, pour autant que le travail existe comme dépense de force de travail "sociale" » selon les termes mêmes de Marx [1968, p. 1550]. L'altermondialisme ne pourrait-il trouver là la théorie qui lui manque pour faire des services non marchands un pan essentiel des biens communs à préserver de la convoitise du capital ?

    Notes

    [1] . Ce texte est un extrait de deux articles plus complets [2004-a et 2006] que l'on pourra trouver à : http://harribey.u-bordeaux4.fr et http://harribey.u-bordeaux4.fr.

    Bidet J. [2002], « L'activité non marchande produit de la richesse, non du revenu, Note à propos d'une thèse de Jean-Marie Harribey »,

    http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/valeur/debat-bidet.pdf.

    [2003], « Objections adressées à Jean-Marie Harribey au sujet de sa théorie des services publics », Débat avec J.M. Harribey, séminaire « Hétérodoxies » du MATISSE, 24 septembre, http://perso.wanadoo.fr/jacques.bidet.
    [2004], Explication et reconstruction du Capital, Paris, PUF, Actuel Marx Confrontation.

    Bidet J., Duménil G. [2007], Altermarxisme, Un autre marxisme pour un autre monde, Paris, PUF.

    voir bibliographie sur ATTAC France


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