• Les migrants et le fétichisme du néolibéralisme au plan mondial


    La phase actuelle de la mondialisation capitaliste renforce ou exacerbe un certains nombre de phénomènes économiques et sociaux :- l'internationalisation et la libéralisation des échanges marchands, - la libéralisation de la finance (qui est la plus mondialisée) - l'augmentation des investissements productifs à l'étranger et donc l'implantation croissante d'entreprises à l'étranger pour bénéficier d'une main d'oeuvre bon marché , - la privatisation des biens publics et des services publics . Il faut y ajouter les migrations humaines qui se sont mondialisées .

    Le regard des néolibéraux porté sur la mondialisation s'intéresse surtout à l'aspect économique de la mondialisation en omettant d'évoquer les aspects sociaux et écologiques. Ainsi les migrations humaines constituent bien "le chaînon manquant" de la mondialisation. Pour être plus précis dans la critique, il importe de souligner la survalorisation des processus écononomiques abstraits (cités au premier paragraphe) au regard de la dévalorisation des migrations. Ces processus économiques qui ensemble forment le capitalisme contemporain sont sans alternatives pour les dirigeants soumis aux bourgeoisies impérialistes, aux intérêts des grandes firmes multinationales. TINA disait M Thatcher (Thère is non alternative)

    Les migrations sont bien moins intouchables. C'est le moins que l'on puisse dire ! Elles ne sont pourtant pas des processus abstraits, ce sont bien des humains qui changent de pays de façon très souvent contrainte soit pour des motifs politiques (menaces sur les libertés) soit pour des motifs économiques (menaces sur les ressources financières) . Les autres processus économiques relatés ne sont pas non plus dégagés du facteur humain mais c'est sans doute moins visible .

    Si nous adoptons le regard dominant sur la mondialisation économique, nous sommes alors au coeur d'un immense fétichisme qui dans un même double mouvement accorde d'une part une importance et une grande valeur aux libertés économiques qui sont surélevèes au-dessus des sociétés et des humains, qui sont déifiées et d'autre part le mépris, l'utilitarisme, la répression contre les migrants. Les gouvernements sont pris dans une logique de guerre qui dépasse la vision dévalorisante et réifiante des migrants transformés en choses, en "flux migratoires". C'est pourquoi le MRAP lutte pour le droit de circulation et le droit d'installation des migrants. Il milite aussi pour le droit de vote des résidents étrangers extracommunautaires. Il milite pour la régularisation des sans papiers.

    Le MRAP est membre d'ATTAC pour s'attaquer aussi à l'autre volet. La dynamique du capital emporte un fétichisme croissant. La crise de rentabilité du capital au plan mondial accroit cette dérive qui rabaisse l'humain et qui survalorise des processus abstraits. L'humanisme conséquent est d'abord un anticapitalisme au sens d'un refus de la religion du libéralisme économique et de l'appropriation privée des moyens de production et d'échanges. L'humanisme conséquent vise aussi à créer un "autre monde" que celui-ci, pas un monde plus juste avec deux doigts d'économie sociale et solidaire . Vouloir un autre monde c'est moralement et politiquement ne pas s'accomoder d'une "amélioration" aux marges du coeur capitaliste. Il ne s'agit pas plus de vouloir "brider" une logique capitaliste qui dans sa dynamique profonde va rester telle quelle à savoir la recherche du profit d'abord, la satisfactions des besoins humains après si rentable. En fait l'altermondialisme travaille à la promotion d'une prise en charge des activités humaines par le peuple par les travailleurs salariés. Il s'agit d'aller vers l'alterdémocratie, ce qui ne se fera pas sans crise etmême sans révolution tant le chemin pris est contraire à celui du capital et des grands possédants.

    Christian DELARUE

    Membre de la commission "mondialisation" du MRAP et Membre du groupe "migrations" d'ATTAC France

    Formule d'Antoine PECOUD et Paul de GUCHTENEIRE chercheurs àl'UNESCO


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  • Les sans-papiers défendus par 400 manifestants devant le Cra

    Rennes Infhonet

    Nouvelle manifestation cet après-midi 8 mars devant le Centre de rétention de Saint-Jacques (Cra). Accompagnés d'élus et de candidats aux Municipales, les opposants aux centres de rétention, venus de tout l'Ouest, ont donné de la voix avant de se lancer dans une opération-escargot sur la rocade.
    Les opposants au centre de rétention ont encore donné de la voix cet après-midi. Ils étaient environ 400 à s'être donnés rendez-vous devant le Cra de Saint-Jacques-de-la-Lande, à l'appel de la coordination régionale Bretagne/Pays de <st1:personname productid="la Loire" w:st="on">la Loire</st1:personname>, solidaire des personnes immigrées.

    Parmi eux, collectif de soutien aux sans-papiers, membres de RESF (Réseau Education Sans Frontière), syndicats, partis politiques et trois candidats aux élections municipales : Daniel Delaveau (PS), Valérie Faucheux (Rennes à Gauche) et Nicole Kiil-Nielsen (Verts).

     

    Vers la rocade à pieds

    Après ce rassemblement devant le Cra et quelques revendications, les manifestants ont mis les voiles vers la piscine de Brequigny, en empruntant la rocade... à pieds.

    L'objectif : manifester jusqu'au centre-ville, en passant notamment par la prison Jacques-Cartier, une agence d'intérim sur le boulevard de la Liberté et la gare. « La prison, c'est l'endroit ou les sans-papiers sont placés en détention quand ils refusent leur expulsion », explique Gabrielle, du Collectif. « Il y aussi plein de gens qui sont arrêtés dans leur agence d'intérim. Ils s'y rendent sous prétexte d'un entretien et se retrouvent face aux forces de l'ordre. La gare, ça se passe de commentaires... ».

    Sur les coups de 16h30, les manifestants quittent la rocade en ayant créé jusqu'à sept kilomètres de bouchon.

    Retrouvez, dans la soirée, plus d'explications sur la fin de ce rassemblement. En attendant, voici la vidéo devant le Cra. Mickaël LOUEDEC

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  • Les bourgeoisies compradores sont-elles aussi "bountys" ?

    Les bourgeoisies compradores ou néo-compradores des pays dominés, notamment des ex-colonies africaines, sont des pièces essentielles de l'impérialisme du centre (ou du "nord"). Les dirigeants politiques et les quelques dirigeants économiques de ces pays de "sud" ne sont pas entièrement "aux ordres" des bourgoisies du nord dans la mesure ou existe une dialectique variable entre soumission et indépendance. Mais bien souvent il s'agit d'une pseudo-indépendance portant sur des éléments secondaires de la domination impériale du nord. Par contre la soumission aux intérêts économiques des firmes multinationales est réel mais moins visible. D'ou le nom de bourgeoisie compradores, classe dominante dans leur pays mais classe d'appui des stratégies impériales du centre au niveau mondial.
     
    Le culturel fait parti des ces éléments secondaires qui peuvent être instrumentalisés dans un sens (maintien)ou dans un autre (folklorisation). Des lors la notion de bourgeoisie bounty peut trouver à s'appliquer de façon pertinente quand l'occidentalisation s'opère dans tous les domaines en ignorant les spécificités culturelles. Ce n'est pas nécessaire ou systèmatique . Mais si telle ou telle bourgoisie compradores se met à imiter les modes de vie et les réflexes socio-culturels de la bourgeoisie occidentale alors elle est aussi un bourgeoisie bounty, ie noir dehors, blanche dedans.
     
    Je lis dans cet extrait de de Mohamed Tahar Bensaada une façon de voir qui confirme mon propos.
    "La dépendance des bourgeoisies libérales et bureaucratiques « néo-compradores » ne relève pas seulement de l'instance économique. Bien entendu, la dépendance politique et militaire de ces bourgeoisies renvoie à leur intégration organique au système capitaliste mondial et ne peut qu'être renforcée par la crainte qu'inspire la montée de la contestation sociale. Cependant l'analyse socio-économique sous-estime le plus souvent le rôle de l'aliénation culturelle des élites dirigeantes dans les pays périphériques dans ce qu'il convient d'appeler une perméabilité structurelle au processus de recolonisation en cours. D'un point de vue culturel et idéologique, l'échec des régimes arabes et musulmans post-coloniaux ne pouvait qu'apparaître comme celui d'une tentative d'occidentalisation ou d'importation d'un schéma de développement étranger au mépris des valeurs morales et culturelles qui assuraient le lien social et ne pouvait dans ces conditions que favoriser l'éclosion de réactions de type fondamentaliste."
     
    Christian DELARUE
     
    "Les théologies islamiques de la libération" de Mohamed Tahar Bensaada sur le site oumma;com
     

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  • Aurélie TROUVE co-présidente d'ATTAC et Christian DELARUE Secrétaire national du MRAP et membre du CA d'ATTAC
     
    LE TRAITE DE LISBONNE : UN TRIPLE SCANDALE

    Le Collectif pour une Europe sociale, solidaire et démocratique du Pays de Rennes a organisé une réunion publique le jeudi 31 janvier à 20h30 en présence d'Aurélie TROUVE co-présidente d' ATTTAC France qui s'est employée à une mise en perspective historique avant d'aborder le contenu de ce traité de Lisbonne.

    Ce dernier est triplement scandaleux : 1) il bafoue la démocratie, celle qui s'est exprimée le 29 mai 2005 ; 2) il est volontairement illisible
    et les médias n'ont pas démenti l'annonce officielle d'un traité "simplifié", 3) alors que son contenu reprend bien le projet refusé en 2005 voire il l'aggrave. C'est donc devant une salle bondée de citoyens mais aussi de divers représentants politiques (de gauche), syndicaux et associatifs expressément invités qu'Aurélie TROUVE a lancé le débat en vue de l'action contre le traité, notamment en exigeant à Versailles le 4 février prochain un nouveau référendum.



    Intervention de Christian DELARUE au nom du MRAP


    LE TRAITE DE LISBONNE EN RAJOUTE CONTRE LES MIGRANTS


    S'agit-il exactement de la copie conforme du TCUE ? La réponse est positive dans beaucoup de domaines (notamment liberté de circulation des capitaux, des marchandises, des travailleurs intra-communautaires...) mais s'agissant des migrants le traité de Lisbonne en rajoute pour durcir les politiques anti-immigration de l'Union européenne. Le MRAP a donc encore plus de raison qu'en 2005 de rejeter ce traité qui opère un :
    - Renforcement des moyens de lutte contre l'immigration illégale
    - Mise en place d'un "système intégré de gestion des frontières
    extérieures"
    - Renforcement des pouvoirs du Frontex
    - Reconnaissance d'Europol Office européen de police


    Les revendications du Ministère IIINCodev de Brice HORTEFEUX auprès des instances européennes ont été partiellement entendues.
    Discours de Brice Hortefeux devant la Délégation de l'Union européenne à l'Assemblée Nationale
    http://www.premier-ministre.gouv.fr/iminidco/salle_presse_832/discours_tribunes_835/discours_brice_hortefeux_devant_59022.html


    Il convient d'user de tous les moyens propres à renverser le processus tant sur le plan démocratique que du contenu social et solidaire. La
    manifestation à Paris le 2, celle à Aubagne (près de Marseille) le 3 et le rassemblement à Versaille le 4 sont des rendez vous cruciaux. Ce qui n'empêche pas les rassemblements locaux de celles et ceux qui ne peuvent se déplacer.


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  • La situation à Gaza s'aggrave, suite au blocus hermétique imposé par Israel depuis quelques jours.
     
    Pour plus de détails , lire  le communiqué de l'Association France Palestine Solidarité : 
     

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