• ELARGIR LE CHAMP DE LA LUTTE DE CLASSE: REPONDRE A LA GUERRE DU CAPITAL CONTRE LES MIGRANTS ET TOUS LES SALARIE(E)S
     

    Contribution au congrès du MRAP de janvier 2008*

    vendredi 11 janvier 2008 (23h57) : sous le titre :
    - Elargir le champ de la lutte des classes : migrants et salariés contre le capital

    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=59237


    Même si l'ancrage du MRAP dans la sphère altermondialiste a modifié la donne, il aisé de remarquer que l'on n'évoque qu'épisodiquement chez nous la « lutte des classes » car nous somme un mouvement citoyen et laïque. Nous défendons les droits humains et le droit des peuples. D'ailleurs pour certains parmi nous les classes n'existent plus, les luttes sont fragmentées et le mouvement ouvrier une vielle histoire.



    I - LE MRAP ET <?xml:namespace prefix = st1 /><st1:PersonName w:st="on" productid="LA LUTTE DE">LA LUTTE DE</st1:PersonName> CLASSE DU CAPITAL

    Pourtant nous mettons tous et toutes les méfaits de la mondialisation néolibérale tant au Sud qu'au Nord sur le compte des grandes entreprises (que certains nomme firmes multinationales et d'autres transnationales), sur le rôle joué par les grandes institutions internationales (FMI, BM notamment) et les gouvernements des Etats les plus puissants et en premier lieu les Etats-Unis d'Amérique. Nous critiquons avec ATTAC le rôle régressif au plan social et écologique de la finance mondialisée, de la marchandisation généralisée, de l'appropriation privée des moyens de production et d'échange, le démantèlement de la forme « Etat social » dans les pays les plus avancés. Finalement, - pour ne pas être long - c'est bien le capital sous ses différentes formes (financier, productif, marchand) qui est à l'offensive depuis plusieurs années contre les peuples. A l'intensification repérée dans le temps s'ajoute l'extension dans l'espace . Le capital se déploie quasiment partout sur la planète, surtout le capital financier. Avec son extension il amène évidemment les rapports sociaux qui lui sont consubstantiels : pas de capital sans travailleurs salariés subordonnés à ses ordres pour générer les profits exigés. Dans ce processus des paysans deviennent travailleurs salariés dans les grandes métropoles comme dans les petites villes. Cette logique d'exploitation de la force de travail ne frappe pas aussi durement tous les salariés mais remarquons aussi qu'elle ne s'arrête pas aux salariés dans la mesure ou d'autres catégories sociales – paysans et autres indépendants notamment – qui sans être à proprement parler « exploitées » se trouvent néanmoins soumises à sa logique « impériale » par des moyens assez complexes que je n'aborde pas ici. Pour aller plus loin que ces quelques lignes je renvoie aux analyses du Conseil scientifique d'ATTAC mais aussi au groupe « migrations » qui lui est lié. Avant d'aller plus loin il me faut signaler une étude de Michel HUSSON qui montre que dans quasiment tous les pays le taux d'exploitation des travailleurs salariés a augmenté.


     II - LE CAPITAL S'ATTAQUE AUSSI AUX MIGRANT(E)S

    Le terme migrant recouvre certes plusieurs catégories que vous connaissez bien allant de l'immigration « de travail » essentiellement masculine à l'immigration « familiale ». On distingue aussi l'immigration « politique » des individus qui fuient car ils craignent pour leur vies de l'immigration « économique » de celles et ceux qui aspirent à une vie moins misérable. De façon directe (immigration de travail) ou indirecte (immigration familiale, sans papiers), de façon ponctuelle ou durable la grande majorité des migrants affrontent tant dans le pays d'origine que dans le pays d'accueil des conditions de travail souvent plus difficiles que les autres salariés. Dés lors pourquoi ne pas intégrer les migrants dans la lutte des salariés pour de meilleures condition de travail et de vie (logement, santé, éducation, etc...) ?


     III – VAINCRE LES OBSTACLES A L'UNITE D'UN COMBAT COMMUN SALARIE(E) ET MIGRANT(E)S)

    Il est bon d'avoir en tête ici une partie du : « Débat : altermondialisme, internationalisme, immigration, République et laïcité KHALFA Pierre LAURENT Matthieu, TEPER Bernard « (sur le site ESSF) 20 décembre 2006

    A) NOTRE REPUBLIQUE ET <st1:PersonName w:st="on" productid="LA LEUR. Pour">LA LEUR.

    Pour
    </st1:PersonName> une partie du mouvement altermondialiste, dont Bernard TEPER est la figure la plus incisive, la lutte en défense des « sans papiers » nous éloignerait du cœur des combats à mener. Il conviendrait de se recentrer sur le cœur de mission du prolétariat : reconquérir <st1:PersonName w:st="on" productid="la République">la République</st1:PersonName> sociale et laïque. Pourquoi pas <st1:PersonName w:st="on" productid="la République">la République</st1:PersonName> socialiste et laïque plutôt que <st1:PersonName w:st="on" productid="la République">la République</st1:PersonName> sociale et laïque ou <st1:PersonName w:st="on" productid="la VI République">la VI République</st1:PersonName> ? Mais laissons cette question pour l'instant. Car même pour une République sociale - ie offrant le plus haut niveau de citoyenneté et de garanties sociales compatibles avec le capitalisme - les migrants durablement installés sur le territoire doivent pouvoir faire cause commune avec les salariés et leurs organisations.

    A chaque fois que c'est possible il faudrait, ne serait-ce que dans le langage, éviter la division de « l'humanité combattante » (salariés nationaux et surnuméraires du sud) contre le dit capital. Camarades, le mouvement féministe nous incite toujours et encore à ne pas oublier de féminiser le vocabulaire. Eh bien je pense très souvent que le vocabulaire antiraciste ne devrait pas oublier d'ajouter des précisions telles que « résidents » ou « français ou non », « européen ou non » en fonction de la situation et à chaque fois que c'est possible.**

    <st1:PersonName w:st="on" productid="la République">La République</st1:PersonName> est un thème avancé de façon progressiste face aux royalistes (jadis) et aux autres anti-républicains (aujourd'hui) mais aussi un thème réactionnaire qui vise à restaurer une république unie sinon mythique camouflant les conflits de classes et les autres conflits. Ce thème est réapparu avec force en France il y a un peu plus de 20 ans au moment de l'invention de l'Etat de droit chez les juristes constitutionnalistes. Il en est ainsi de « Notre République » parue en 1985 dans la revue Enjeu. L' Etat républicain cherche depuis au travers de la mobilisation des idéaux républicains à réhabiliter le sens de l'intérêt général national, de l'unité de la nation. Dans le même temps la forme de l'Etat changeait : nous sommes passés de l'Etat libéral social construit après 1945 à l'Etat libéral policier.



    B) SALARIES ET MIGRANTS CONTRE NATION ET ENTREPRISE !

    Luttes sociales d'en-bas contre mobilisation derrière le chef !

    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=58716

    *Nicolas Sarkozy, PDG de l'Entreprise France, a appelé à une "nation rassemblée derrière ses entreprises"(1).

    Si la démocratie libérale ne peut perdurer que sous couvert d'une certaine hypocrisie (2) alors Sarkozy modifie la donne. Certes certains, peu d'élus, entreprirent de dire la vérité - désagréable - aux français mais avec moins de succès ! A un moment donné il est difficile de cacher pour qui on travaille ! Reste que le plus souvent les Présidents affichaient la défense du peuple dans les discours et les promesses mais assuraient la défense des puissants dans les lois et en coulisse. D'autres le font. A droite comme à gauche c'est un exercice convenu que de s'adonner aux discours variables en fonction de l'auditoire . A quelques exception près, Sarkozy serait donc le premier Président a dire la vérité.

    1 - LES ENTREPRISES A <st1:PersonName w:st="on" productid="LA PLACE DES">LA PLACE DES</st1:PersonName> ARMEES !


    Le peuple ayant disparu des discours de la gauche tout comme les rapports sociaux de production que l'on nomme capitalistes ont été remplacés par l'entreprise dans les années 1980 il n'est guère étonnant qu'un Président de <st1:PersonName w:st="on" productid="la République">la République</st1:PersonName><st1:PersonName w:st="on" productid="la Nation. Ordinairement">la Nation. Ordinairement</st1:PersonName> le rassemblement de <st1:PersonName w:st="on" productid="la Nation">la Nation</st1:PersonName> se fait derrière les armées. Ici ce sont les entreprises qui tiennent le drapeau.

    C'est clair, Sarkozy défend l'entreprise. Il défend l'entreprise comme il aime s'afficher avec les riches c'est à dire par en haut : tous derrière le patronat. Les bons travailleurs doivent courber l'échine et travailler plus sans gagner plus. Car l'entreprise française doit être plus performante. La concurrence éliminera les faibles. C'est ainsi avec la mondialisation ! Mais là, quand c'est l'entreprise qui est en faillite, alors c'est ceux d'en bas, les salariés, qui subiront les restructurations par éjection élimination.

    Si <st1:PersonName w:st="on" productid="la Nation">la Nation</st1:PersonName> doit se rassembler c'est derrière l'Entreprise. Fétichisme oblige, mettez la majuscule à Nation et à Entreprise car l'une et l'autre sont des entités qui représentent beaucoup plus que leurs éléments internes. Pourtant les dits éléments ne sont rien moins que des humains. Il n'ont pourtant qu'à s'agenouiller .

    2 - SALARIES ET MIGRANTS : DEUX GUERRES DIFFERENTES !

    <st1:PersonName w:st="on" productid="la Nation">La Nation</st1:PersonName> sarkozienne est plus que jamais une entité très englobante très unifiante du capital comme du travail mais surtout pas des migrants. Les migrants eux doivent être chassés. Le discours de la mobilisation s'adresse au peuple et plus précisément aux salariés, du privé et du public, de l'employé de base jusqu'au cadre supérieur . La mobilisation des travailleurs salariés est aussi une guerre mais différente, inclusive dans le verbe . Ce discours de guerre est un discours de mobilisation qui n'est pas mené contre eux comme la guerre de Hortefeux contre les migrants. Certes il s'agit de travailler plus longtemps et plus intensément et même - comble du cynisme - pour gagner moins ! Mais c'est pour la bonne cause. C'est pour gagner la "guerre économique" Finalement derrière le fétiche de l'Entreprise et <st1:PersonName w:st="on" productid="la Nation">la Nation</st1:PersonName> il y a une réalité : la "guerre économique" qui serait tout à la fois une guerre entre les entreprises et entre les nations.

    3 - DEUX GUERRES, DEUX CODES A REFONDRE !


    Pour mener cette double guerre - qui n'en forme qu'une seule qui profite au capital - Monsieur Sarkozy s'est employé à défaire deux codes : celui de l'ordonnance de 1945 sur l'entrée et le séjour des étranger et le droit d'asile afin de le plier à l'utilitarisme migratoire et le code du travail. Si les juristes attribuaient majoritairement une nature contradictoire à ce code mi-protecteur des travailleurs salariés et mi-protecteur de la liberté d'entreprendre alors il semble bien que désormais l'on doive évoquer un droit capitaliste du travail. La forme contractuelle doit être souple pour favoriser la marchandisation de la force de travail (embauche/licenciement) et l'exploitation de la force de travail pendant le contrat. . Le contrat de subordination doit permettre une plus grande soumission du travailleur.

    La discipline dans l'usine comme à l'école ou dans les quartiers dit "sensibles" devient un telle nécessité que la prochaine étape n'est rien d'autrre que la suppression des syndicats de classe ou/et leur domestication sous forme de syndicats "libres" dont on connait la couleur. Les exigences toujours plus fotes de soumission aux impératifs de rentabilité du capital vont venir contrecarrer les révoltes à venir, révoltes non contrôlées par les syndicats, il faudra alors encore réduire le droit de grève ! En ce cas Sarkozy et son régime politique ressemblera à celui de Salazar au Portugal, de Franco en Espagne, des colonnels en Grèce et de Pétain sous <st1:PersonName w:st="on" productid="la France">la France</st1:PersonName> de Vichy. Ici mon propos rejoint celui de Badiou (3 ) qui déjà voit des parentés avec le pétainisme.

    4 - <st1:PersonName w:st="on" productid="LA NATION NE"><st1:PersonName w:st="on" productid="la Nation">LA NATION</st1:PersonName> NE</st1:PersonName> PROTEGE PLUS !

    PAS PLUS LES SALARIES QUE LES MIGRANTS !.

    Il est urgent de défaire la vision du monde de Sarkozy. Un texte à paraitre (4) de Michel HUSSON indique que le taux d'exploitation augmente dans tous les pays corrélativement à la montée des profits d'entreprises. Les entreprises et les nations font le jeu du capital et n'opère pas la redistribution des richesses. La solidarité s'impose pour éviter le pire : "Travailleur de tous les pays unissons-nous !" Ce n'est pas un slogan d'un naif croyant que rien à changer depuis le XIX ème siècle. Non, c'est que le capitalisme néolibéral tend à ressembler sans fard à son propre "concept" (Husson) sous l'effet d'une mondialisation capitaliste qui étend les rapports de production capitaliste sur la planète en même temps qu'elle les intensifie.

    - Pour conclure,

    Il faut combatte <st1:PersonName w:st="on" productid="la Nation">la Nation</st1:PersonName> et l'Entreprise comme le Marché, à qui les libéraux, socio-libéraux et sociaux-démocrates mettent aussi une majuscule ainsi que l'a écrit si bien Jean ROUSSIE (5). Le marché sert à la "guerre économique" via la concurrence sans frein. L'Entreprise ne concerne les salariés que pour la servitude ou l'exclusion car elle fonctionne essentiellement au service du capital. Pourtant le capital a besoin du travail mais du travail compétent, du travail performant et surtout pleinement soumis à sa logique. Mais conservons un double BEMOL :

    - Pourtant <st1:PersonName w:st="on" productid="la Nation">la NATION</st1:PersonName> (6) sans majuscule mystificatrice peut et doit pouvoir servir de cadre de juste répartition des services publics, de cadre aux nationalisations, de cadre à la planification postcapitaliste.

    - Pourtant le MARCHE n'est pas à abolir mais il faut réduire nettement sa place et ce n'est pas l'économie sociale et solidaire qui va accomplir cette tâche

    Arrêtons la "guerre économique" : Répondre à la la luttes de classe du capital par la lutte de classe du "monde du travail" migrants compris c'est aller vers une société pacifiée. C'est sans doute aller vers le socialisme la régulation n'est pas concevable.


    Christian DELARUE

    Secrétaire national du MRAP

    Membre du BE et du CA du MRAP

    Représentant élu à ATTAC France

    NOTES :

    1 Cf Sarkozy ou la dictature du capital

    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=51998

    2 Démocratie libérale et hypocrisie :une combinaison nécessaire

    http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article1339

    3 Vive Le Feu ! : "Badiou Compte Encore Parmi Ce Qu'Il Nous Reste De Plus Lucide"

    http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/archive/2007/12/22/badiou-compte-encore-parmi-ce-qu-il-nous-reste-de-plus-luci.html

    4 La hausse tendancielle du taux d'exploitation
    Michel Husson,
    à paraître dans Inprecor, janvier 2008
    http://hussonet.free.fr/parvainp.pdf

    La caractéristique principale du capitalisme mondialisé depuis le début des années 1980 est la
    baisse de la part salariale, autrement dit de la part du Pib (Produit intérieur brut) qui revient aux
    salariés. Une telle tendance équivaut, en termes marxistes, à une élévation du taux
    d'exploitation. Il s'agit là d'un résultat solidement établi sur des données statistiques
    incontestables et qui s'applique à la majorité des pays, au Nord comme au Sud.

    http://hussonet.free.fr/parvainp.pdf

    5 Le marché comme horizon indépassable ? Jean ROUSSIE

    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=58698#forum211313

    <?xml:namespace prefix = o /><o:p> </o:p>6 ELEMENTS SUR L'ALTER-REPUBLIQUE (Christian Delarue ATTAC)

    http://www.prs12.com/article.php3?id_article=3774

    I - <st1:PersonName w:st="on" productid="LA SEPARATION DES">LA SEPARATION DES</st1:PersonName> POUVOIRS : EN PRENDRE ET EN LAISSER !
    II - DE <st1:PersonName w:st="on" productid="LA NECESSITE DE">LA NECESSITE DE</st1:PersonName> SORTIR DE <st1:PersonName w:st="on" productid="LA CONCEPTION DE">LA CONCEPTION DE</st1:PersonName> L'ETAT-NATION<o:p>
    </o:p> 


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  •  Jean François VIAL de Relais étranger / Christian DELARUE MRAP

    POUR <?xml:namespace prefix = st1 /><st1:PersonName w:st="on" productid="LA RATIFICATION DE">LA RATIFICATION PAR</st1:PersonName> LA FRANCE DE <st1:PersonName w:st="on" productid="LA CONVENTION INTERNATIONALE"><st1:PersonName w:st="on" productid="la Convention">LA CONVENTION</st1:PersonName> INTERNATIONALE</st1:PersonName> SUR LES DROITS DES TRAVAILLEURS MIGRANTS

    <?xml:namespace prefix = o />

    (ONU 18/12/1990)

    Conférence de Jean-François VIAL et Christian DELARUE sur le thème: « Pour une politique d'immigration respectueuse des droits des migrants » dans le cadre de la campagne « Etat d'urgence planétaire, pour une France solidaire » le 29 mars 2007 à Rennes au cinéma ARVOR après le film AFRICA PARADIS.

    Ici figure la seule partie de l'intervention de Christian DELARUE portant sur la nécessité de revendiquer la ratification par <st1:PersonName w:st="on" productid="la France">la France</st1:PersonName> de <st1:PersonName w:st="on" productid="la Convention">la Convention</st1:PersonName> sur les droits des travailleurs migrants (et travailleuses migrantes).

    I - DE QUOI S'AGIT IL ?

    <st1:PersonName w:st="on" productid="la Convention">La Convention</st1:PersonName> internationale sur les droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille fut adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 18 décembre 1990 dans sa résolution 45/158.

    Le texte de 93 articles est disponible sur le site du HCNU aux droits de l'homme au lien suivant :

    http://www.ohchr.org/french/law/cmw.htm

    Génèse : La force de travail des migrants ont été si durement surexploité dans les pays de destination que leur conditions de travail et de vie a été assimilée à de l'esclavage, c'est assez dire que cette surexploitation devait être abolie tout comme l'esclavage par un texte contraignant faisant mondialement autorité. Ce qui explique la durée des travaux préparatoires d'un tel document : de 1980 à 1990 soit dix ans ! Mais il fallu encore 13 ans de plus pour que parvienne la vingtième ratification – celle du Guatémala - permettant l'entrée en vigueur le 1er juillet 2003 du traité (art 87). Aujourd'hui 30 Etats, majoritairement des pays d'origine, y ont adhéré. Les Etats de destination (des migrations) boude toujours ce texte.

    II - DES DROITS POUR TOUS LES MIGRANTS SANS EXCEPTION

    Des droits intangibles sont posées pour tous les migrants réguliers ou irréguliers (« sans papiers ») sans discrimination : droit à la vie, droit à la liberté d'opinion, interdiction de la torture ou des peines inhumaines ou dégradantes, interdiction du travail forcé,etc...

    - La reconnaissance d'un SOCLE DE DROITS pour les migrants irréguliers s'oppose frontalement au droit international le plus ordinaire qui reconnaît la souveraineté des Etats, au droit des Etats de reconnaître des droits en faveur de leurs seuls ressortissants.

    - Des DROITS PLUS ETENDUS sont attribués aux travailleurs migrants réguliers (cf partie 4 de <st1:PersonName w:st="on" productid="la Convention">la Convention</st1:PersonName> article 36 et suivant). On y retrouve notamment non seulement le droit de circuler librement mais aussi le droit de résidence, les droit de se syndiquer ou de se mettre en association, le droit de vivre en famille donc le droit au regroupement familial et des droits politiques comme le droit de vote.

    Une 5 ème partie prévoie les droits des travailleurs frontaliers, des travailleurs saisonniers, des travailleurs itinérants, des travailleurs admis pour un emploi spécifique

    III – DES SERVICES PUBLICS DES MIGRATIONS

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->pour formuler et mettre en œuvre des politiques concernant les migrations

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->pour les coopérations entre Etats

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->pour renseigner les employeurs et les travailleurs migrants

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->etc..

    IV - DES ENGAGEMENTS CONTRE L'IMMIGRATION CLANDESTINE

    Fournissant un socle de droits aux migrants irréguliers, <st1:PersonName w:st="on" productid="la Convention">la Convention</st1:PersonName> prévoit de mettre fin par engagement réciproque au trafic de main d'œuvre, de sanctionner les employeurs de travailleurs irréguliers, etc...

    V – 24 FEVRIER 2005, LE PARLEMENT EUROPEEN invite dans sa résolution les Etats membres à ratifier <st1:PersonName w:st="on" productid="la Convention">la Convention</st1:PersonName> des Nations unies sur les travailleurs migrants.

    Pour conclure ce thème, « notre campagne » propose que :

    - <st1:PersonName w:st="on" productid="la France">La France</st1:PersonName> ratifie cette Convention onusienne et en fasse la promotion au sein de l'UE.

    - La législation française respecte ces engagements.

    Christian DELARUE secrétaire national du MRAP

    Jean-François VIALE « Relais étranger »

    <!--[endif]-->


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  • LE CADRE DE NOTRE AMITIE ENTRE LES PEUPLES

    CONTRE LE NOUVEAU CAMPISME MONDIAL

     

    <?xml:namespace prefix = o />

    Congrès du MRAP (janv 2008): contribution "orientation" de la commission « mondialisation »

     

    Le campisme est la vision du monde qui divise ce dernier en deux camps irréductiblement opposés. Une telle vision pousse nettement à choisir son camp et à y être fidèle corps et âme.

    I - EST ou OUEST : de 1917 jusqu'en 1989/1991.

    Le campisme a connu son heure de gloire avec l'émergence en 1917 du « camp dit socialiste » soutenu par <?xml:namespace prefix = st1 /><st1:PersonName w:st="on" productid="la III Internationale"><st1:PersonName w:st="on" productid="la III">la III</st1:PersonName> Internationale</st1:PersonName> communiste en opposition au « monde libre », au camp capitaliste incarné par les USA et ses alliés occidentaux. Le « court XX ème siècle » a été marqué par une puissante logique de camp qui s'est achevé entre 1989 et 1991 : la « chute du mur » de Berlin intervient le 9 novembre 1989 mais c'est le putsch communiste raté en URSS du 28 aout 1991 qui symbolise la fin du système soviétique. La dissolution du CAEM (COMECON) et du pacte de Varsovie interviennent aussi en 1991.

    Il a été vraiment très difficile d'échapper à la force binaire du campisme mondial. Mais on ne saurait faire l'impasse sur quelques tentatives ayant eu des succès vartiables. Citons :

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->LE TROTSKYSME dès 1923 mais surtout en 1938 avec la naissance de <st1:PersonName w:st="on" productid="la IV Internationale."><st1:PersonName w:st="on" productid="la IV">la IV</st1:PersonName> Internationale.</st1:PersonName> Il est plus juste de parler des trotskysmes y compris au regard des différents positionnements de « soutien critique » de l'URSS par les différents partis se réclamant du combat de « l'Opposition de gauche » en URSS : tantôt plus en soutien, tantôt plus en critique.

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->LE MAOÏSME, qui malgré ses spécificités s'est difficilement dégagé du stalinisme au point que cette notion a pu englober toutes les expériences autoritaires du socialisme.

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->LE TIERS-MONDISME en 1955 (Conférence de Bandung) avec là-aussi des variantes plus ou moins réussies de non alignement et des références idéologiques variables : arabe ou arabisant, marxiste, chrétien, africain, asiatique, sud-américain... Les références anti-impérialistes et de solidarité entre les peuples remonte à la conférence de Bakou de 1920. En terme de mouvement le tiers-mondisme a très difficilement trouvé une conscience et une unité. Ce qui ne signifie pas absence de réalité effective au-delà de la diversité.

     

    Ainsi, en 1993, deux ans après la chute du système du socialisme bureaucratique, Thomas COUTOT et Michel HUSSON persistent et écrivent (dans "Les destins du Tiers Monde") : Si,"quoi qu'on en dise, le "Tiers-Monde" recouvre une incontestable réalité" car"les pays qui le composent continuent à subir toutes les conséquences de la maturation tardive et incomplète des rapports de production capitaliste en leur sein. Parmi ces conséquences, leur position dominée sur le marché capitaliste mondial". L'année suivante, en 1994, François CHESNAIS publiait "La mondialisation du capital" (Syros), base de la matrice altermondialiste. Aujourd'hui l'usage du mot "Sud" ou de "la périphérie" a remplacé Tiers-Monde. Mais dès lors qu'il s'agit de confronter des « modèles », des auteur(e)s, comme Stéphanie TREILLET (CS d'ATTAC), continue d'user du terme Tiers-Monde dans son ouvrage sur « l'économie du développement : De Bandoung à la mondialisation »

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->L'EUROCOMMUNISME a cherché à se différencier nettement du communisme de <st1:PersonName w:st="on" productid="la III Internationale"><st1:PersonName w:st="on" productid="la III">la III</st1:PersonName> Internationale</st1:PersonName> mais il a sombré dans la social-démocratie. Comme les « nouveaux philosophes » apparus en 1977 (Glucksman, BHL,..) l'euro-communisme n'a fait que changer de camp. Il a abandonné sa référence au socialisme authentique luttant contre le socialisme perverti pour passer du côté de la défense de l'Occident impérialiste.

    L'ALTERMONDIALISME constitue pour partie un avatar moderne des luttes anti-impérialiste ou anti-colonialiste, une version des solidarités entre les peuples adaptée au temps de la phase néolibérale de la mondialisation capitaliste. Les économites critiques d'ATTAC posent la perspective du développement d'une société économe et solidaire non capitaliste ( ).

    II - LE NOUVEAU CAMPISME DU « CHOC DES CIVILISATIONS »

    A) LES PREMISSES DES 1991 :

    Les faits : La « guerre du Golf » dite « Désert Storm » (Tempête du désert ») déclenchée en janvier 1991 année de la « chute du mur » de Berlin initie une nouvelle ligne de démarcation. Andre GUNTER FRANK la nomme “Third world war” ou « guerre “tiersmondiale” ce qui signifie à la fois “troisième guerre mondiale” et “guerre du tiers-monde”. L'auteur remarque qu'au cours des dernières années les conflits Est/Ouest se sont estompés alors que ceux entre le Nord et le Sud ont gagné en intensité. Il ajoute que « nombre de conflits Est-Ouest n'ont été qu'apparents et ont fait écran devant les contradictions Nord – Sud toujours à l'œuvre (p25).

    La « théorie » : Le "Choc des civilisations" de Samuel Huntington a été écrit en 1993 deux ans après la chute du mur de Berlin. L'ouvrage a connu un grand succès planétaire a cause de l'attaque des Twin Towers le 11 septembre 2001.

    B) <st1:PersonName w:st="on" productid="LA PLEINE REALISATION">LA PLEINE REALISATION</st1:PersonName> EN 2001 ET 2003:

    Le nouveau campisme est issu de l'interprétation du choc du 11 septembre 2001 soit dix ans après 1991. La guerre contre l'Irak enclenchée le 19 mars 2003 par les USA en constitue la première réalisation.

    Le "Choc des civilisations" de Samuel Huntington voit son contenu vulgarisé et diffusé à l'échelle de la planète : d'un côté Bush, le « Bien », l'Occident démocratique, libéral et civilisé; de l'autre Ben Laden, l'Orient, le Mal , les dictatures, l'islam et la barbarie. La guerre d'Irak en <st1:metricconverter w:st="on" productid="2003 a">2003 a</st1:metricconverter> permis un nouvel élargissement de la thèse dichotomique.

    Proche de Bush, W. Kristol et L Kaplan dans leur livre « Notre route commence à Bagdad » écrivent pour expliquer la guerre en Irak : « Cette cause avait pour enjeu la sécurité de l'Amérique et celle du monde, mais aussi la volonté d'apporter la démocratie dans un pays étouffant sous un système totalitaire". Que les causes réelles soient ailleurs c'est certain, que la cause affichée soit assez peu réalisable pour plusieurs raisons (quel méthode d'apport ? quel modèle démocratique "apporter"?) d'autres l'ont souligné (ex Christian LAZZARI dans Quelle démocratie voulons-nous?). Ce qu'il importe ici pour le MRAP c'est l'affichage quasi-explicitement d'une supériorité institutionnelle s'intégrant dans la compréhension du "Choc des civilisations".

    Au plan idéologique la thèse du « choc des civilisations » s'est répandue sur la planète a eu des effets massifs indéniables que l'on ne peut ignorer, en particulier l'assimilation de tout arabe à un musulman et de tout musulman à un adepte de Ben Laden .

    III – LE MRAP POUR UN ALTERMONDIALISME DE SOLIDARITE CRITIQUE

    Au plan des principes on peut se déclarer « non aligné » ou « non campiste », on peut avancer « ni Bush ni Al Qaida. » ou plus concrètement « l'ennemi de mon ennemi n'est pas toujours mon ami ». Mais il arrive dans la « vrai vie » que la position à prendre soit plus délicate. Par exemple, le CA du MRAP a eu a débattre du soutien au Hezbollah au moment de l'invasion du Liban en 2006 : Le Hezbollah ne pouvait être considéré comme étant des « nôtre » mais avec d'autres forces il a su repousser l'armée israélienne. Le débat collectif a permis de trancher. La commission internationale du MRAP a permis d'actualiser les connaissances utiles sur les forces en présence et les enjeux.

    <!--[if !supportLists]-->A) <!--[endif]-->D'UNE PART L'ANTI-IMPERIALISME PERDURE COMME PREMIER COMBAT DE L'AMITIE ENTRE LES PEUPLES.

    Le monde est un système de domination hiérarchisé complexe. Nous présentons une trame évidemment trop brève pour offrir toute l'ampleur de cette complexité. Mais la complexité du réel, qui devrait introduire les termes et la dynamique historique du « développement inégal et combiné du capitalisme » ne saurait se réduire à de simples rapports d'Etat à Etat (théorie économique classique des "avantages comparatifs"). Nous vivons dans un ordre mondial très inégal et hiérarchisé.

    L'ennemi des peuples est connu : le pouvoir et la domination du monde est le fait des dirigeants économiques, militaires et économiques des USA et de l'Europe. Une petite classe sociale internationale - que l'on nomme bourgeoisie - détient via les firmes multinationales (principalement nord-américaine) et les institutions étatiques, régionales et internationales le pouvoir de dominer le monde.

    Il y a du sud au nord : Le monde c'est aussi bien les peuples occidentaux (USA et Europe) qu'orientaux. Le salariat mondial est de plus en plus exploité (notamment en baisse de salaire global, en intensité de travail, en temps de travail) y compris au Nord. Le grand capital financier, industriel et commercial qu'il soit américain ou européen exige partout une force de travail docile, flexible, mal payée, sans garanti contre une marchandisation complète et contre le chômage. Les fonctionnaires sont devenus les boucs émissaires des politiques néo-libérales.

    Il y a du nord au sud : Les pays du sud sont gouvernés par une bourgeoisie compradores qui émarge au système capitaliste mondiale et qui répercute plus ou moins docilement les consignes du FMI contre leurs peuples.

    La principale arme du capital est la division et la mise en concurrence au sein du salariat mondial. Il s'agit d'opposer les exclus contre les inclus, les salariés du privé contre les fonctionnaires, les immigrés contre les nationaux, les femmes contre les hommes, les homosexuels contre les hétérosexuels, les basanés contre les blancs, les chrétiens contre les musulmans, les croyants contre les non-croyants. Admettre la diversité « catégorielle » mais dans l'unité supérieur de l'ensemble de ce qui fonde le salariat. Admettre la diversité mais pas les différences oppressives, donc défendre la laïcité et l'égalité des droits tel est la ligne de réponse solidaire.

    Malgré le débat encore vif sur cette question, l'altermondialisme n'ignore pas l'effet « nation » comme cadre territorial pertinent de protection-deconnexion : protection par nationalisation contre la montée de la propriété lucrative, contre l'appropriation privée des principaux moyens de production et d'échanges. Ce qui ne signifie pas absence de volonté d'étendre les services publics au-delà des frontières nationales au sein des pays « régionaux », au sein de l'Europe.

    Par contre la nation comme identité réactivée par les dirigeants à l'égard des nationaux comme outil de fermeture à l'immigration est vivement critiquée comme étant au service de la « guerre aux migrants »

    <!--[if !supportLists]-->B) <!--[endif]-->D'AUTRE PART L'ISLAMISME POLITIQUE EST AUSSI A COMBATTRE

    Il est acquis ici que l'islamisme radical qui n'est pas seulement celui de Ben Laden n'est pas assimilable à l'islam ordinaire pratiqué, de façon diverse d'ailleurs, par les musulmans.

    Ceci dit, notre anti-impérialisme ne saurait s'accommoder d'un certain nombre de traits souvent présents au sein des mouvements politico-religieux radicaux, ceux de l'islam politique. Les dominés et opprimés peuvent être à leur tour dominant et oppresseur. Donc pas d'opportunisme à leur égard. Il arrive cependant que des forces réactionnaires accompagnent un temps un mouvement de lutte de libération populaire. En ce cas, et sous réserve d'une analyse collective de la situation réelle, nous n'avons pas à écarter une solidarité qui nuirait à notre combat contre l'impérialisme.

    Ceci dit, nous sommes :

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Contre la vision englobante multiclassiste qui ignore les conflits sociaux de classes.

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Contre la vision profondément anti-démocratique et anti-individualiste d'un mouvement qui ne reconnaît que Dieu et la loi divine, le seul « droit » du peuple étant d'exprimer son allégeance aux autorités religieuses qui sont ceux qui savent interpréter la loi divine.

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Contre le caractère globalisant mais très hiérarchisé de la famille très fétichisé qui méconnaît le droit des femmes pour survaloriser le pouvoir de l'homme patriarcal.

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Contre l'endoctrinement de la jeunesse via les écoles religieuses et les mosquées

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Contre la répression généralisée de l'armée et de la police qui laisse la société désarmée et impuissante pour se libérer tant en interne qu'en externe.

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Contre la division généralisée du monde entre la communauté des croyants (ouma) et les non croyants persécutés. Ce qui aboutit au fait que les syndicats sous influence de l'islam politique défendront le patronat islamique contre le travailleur athée ou autrement croyant. Ce qui aboutit aussi à la haine généralisée du non croyant ou du autrement croyant.

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Contre le rejet obscurantiste des Lumières au sein des masses populaires, et donc de la raison émancipatrice dès lors que cette dernière ne saurait se limiter à la seule raison instrumentale et technicienne soumise à la loi islamique. Ce qui aboutit à une religiosité fruste sans élaboration enrichie par une relative ouverture intellectuelle notamment à ce qui n'est pas religieux.

    <!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Contre le rejet de la sphère privé par rapport à la sphère publique totalitaire, ce qui aboutit au déni de la société civile, le gouvernement islamique contrôlant tout. Ignorant la société civile par envahissement de l'Etat islamique c'est le clivage en classes sociales antagoniques qui est masqué.

    Cependant le rôle du MRAP n'est pas principalement de lutter contre ses traits qui peuvent par ailleurs se retrouver au nord, notamment dans le bonapartisme de N SARKOZY

    Christian DELARUE

    Commission mondialisation du MRAP

    Rennes le 16/12/2007

    Andre GUNTER FRANK a écrit « La guerre tiermondiale : économie de la guerre du golf » (dans Bush Impérator)

    Le § B s'inspire d'un article d'Ardeshir MEHRDAD et Yasmine MARTHER militants iraniens en exil luttant à la fois contre la perspective guerrière de Bush et contre <st1:PersonName w:st="on" productid="la R←publique">la République</st1:PersonName> islamique. (Texte traduit et publié par Carré Rouge de novembre 2006)

    Livres d'ATTAC: Le développement a-t-il un avenir? et Inégalités, crises, guerres: sortire de l'impasse.

    Développement inégal et combiné du capitalisme :

    "Tous les pays ne se sont pas développés au même rythme, et ne sont pas devenus capitalistes en même temps. Les premiers pays capitalistes (Angleterre, France) ont développé un besoin vital d'expansion : besoin d'envahir de nouveaux pays, pour y introduire le capitalisme, profiter des matières premières et de la main d'œuvre, et pour y écouler leurs marchandises. C'est le stade impérialiste du capitalisme. Mais ce que Trotsky a découvert, c'est que les pays « retardataires » ne suivent pas, en accéléré, le même chemin que les premiers pays capitalistes : développement de l'économie de marché, de la démocratie bourgeoise...(comme l'argumentaient les courants social-démocrate et stalinien). Comme le développement capitaliste de ces pays s'effectue sous pression étrangère, cela perturbe profondément les structures économiques, sociales et politiques du pays. Et le résultat est une combinaison (instable et explosive) entre les maux de la vieille société et l'exploitation capitaliste".

    Le « cauchemar de Darwin » comme exemple : "Dans <st1:PersonName w:st="on" productid="la Tanzanie">la Tanzanie</st1:PersonName> actuelle décrite par Le cauchemar de Darwin, l'introduction d'une industrie de filets de poissons a complètement détruit l'ancien commerce et l'ancienne société, sans les remplacer par une société bourgeoise démocratique. Cela a créé une classe ouvrière surexploitée dans des usines de conditionnement de poisson, à côté des couches sociales issues de la société traditionnelle (pécheurs, marchands...)"


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  • N SARKOZY - B HORTEFEUX :

    LA GUERRE AUX MIGRANTS SUB-SAHARIENS ET AUX MUSULMANS

     

    Brice Hortefeux est un homme zélé. Il expulse à tour de bras. On ne sait s'il est efficace dans sa politique d'éradication des migrants. En effet, il n'a pas indiqué ce 8 novembre s'il pensait atteindre le seuil de 25.000 éloignements fixé par le chef de l'Etat. Néanmoins voilà qui en dit long de la cynique politique guerrière de N SARKOZY et de son ministre.

    Selon Le Monde (1) il a justifié la baisse observée en métropole - compensée par une hausse dans l'outre-mer - par l'insuffisance de résultats dans les cinq premiers mois de 2007, avant son arrivée, et par l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'Union, ce qui a régularisé de facto ses ressortissants.

    Ce ministère voulu par Nicolas Sarkozy, premier du genre dans l'histoire du pays, est attaqué dans ses fondements (comme dans sa pratique administrative qui en découle) par la gauche et diverses associations, qui considèrent qu'évoquer "l'identité nationale" en lien explicite avec l'immigration renvoie à une idéologie nationaliste qui fait le lit du racisme et de la xénophobie.

     

    I – LA REACTIVATION DU MYTHE DE L' IDENTITE NATIONALE selon N. SARKOZY

     

    A) ENTRE NOUS : LA PROMOTION D'UN "NOUS" MYTHIQUE QUI REMONTE A JEANNE D'ARC !

    Certes, "le peuple français s'est exprimé, il a tranché, il a validé cette initiative (...). Celle de créer un ministère de l'identité « nationale », et donc celle de valoriser à l'extrême une identité particulière parmi tant d'autre pour en faire la doctrine d'un ministère.

    Effectivement on sait désormais que l'intox de Sarkozy a été d'une efficacité redoutable. Elle a effacée la question sociale au profit d'un mélange contradictoire et archaïque d'identité nationale mythique, de références aux "valeurs de la République" remontant paradoxalement du fond des âges par delà 1789, à une "morale laïque ayant incorporée 2000 ans de valeurs chrétiennes", à une conception exigeante de l'intégration à la nation française remontant aux temps des Vikings. Voilà en quelques mots le contenu du discours de Caen tenu le 9 mars 2007 par N SARKOSY candidat.

     »L'identité nationale doit être comprise d'abord comme une boussole, propre à donner un cap » dit Brice HORTEFEUX qui ajoute sans rire " Il n'y a aucune agressivité envers quiconque". D'une part il n'a pas écouté le sermon nationaliste de son chef, N SARKOZY, d'autre part il met en application une politique ministérielle qui blesse, qui tue.

    B) CONTRE EUX : LA STIGMATISATION DES CLANDESTINS ET DES MUSULMANS

    Tout comme l'idéologie raciste qui ne se contente pas de distinguer des races différentuite), l'idéologie nationales (car soit elle mélange racisation et hiérarchisation soit elle racise d'abord et elle exlue ensiste ne se contente pas de contruire un "entre soi", un "pour nous", un "entre nous", il lui faut aussi un volet offensif, "contre eux", "contre l'autre", contre l'étranger.

    1) ICI : LES DEUX BOUCS EMISSAIRES DE LA XENOPHOBIE D' ETAT : le clandestin et le communautarisme.

    LE CLANDESTIN n'est pas un terme axiologiquement neutre . Il est au mieux péjoratif et souvent insultant car le "clandestin" représente la figure du migrant qu'il soit avec ou sans papier. La haine du "clandestin" se construit sur des stigmatisations : le migrant ne respecte pas les valeurs, il ne fait aucun effort. Alors que de nombreux indices laissent à penser que l'immense majorité des migrants installés sur le territoire français se sont bien intégrés N. SARKOZY pense lui que l'intégration des immigrés est un échec. Simplement parceque ses prédécesseurs n'ont pas assez précisé qu'il fallait aussi "aimer la France" et s'intégrer dans sa République.

    LE COMMUNAUTARISME : Sous ce terme jamais défini - si ce n'est que c'est contraire à la République - on trouve la seconde figure honnie de N SARKOZY. Petites phrases après petites phrases on comprend que ce sont les musulmans qui sont visés. Il ne précise pas qu'il s'agit d'extrémistes islamistes. Rien ne laisse entendre que les musulmans et musulmanes ordinaires ressemblent aux français ordinaire. Lequel français ordinaire n'est pas nécessairement aussi amoureux de la France qu'il le laisse entendre.

    2) LA-BAS : L'HYPERSEXISME ISLAMISTE COMME MOTIF D'INTERVENTION « PARTOUT DANS LE MONDE »

    Les pratiques condamnables citées (par exemple dans son discours d'investiture du 14 janvier 2007) sont la polygamie, l'excision, la lapidation, la mise sous voile des musulmanes ne sont pas attribuées explicitement à des extrémistes. N SARKOZY ne semble pas connaître des musulmans et des musulmanes non sexistes, ne pratiquant pas ces horreurs. Il oublie que le viol et le tabassage des femmes qui n'est pas moins horrible est aussi pratiqué par des français.

     

    II - LE MINISTERE DE B HORTEFEUX : UN APPAREIL DE GUERRE CONTRE LES MIGRANTS SUB-SAHARIENS

    Devant un parterre de chefs d'entreprises, de policiers et de diverses personnalités étrangères, il a aussi brandi deux documents portant sur des actions que son ministère va lancer. Il s'agit de la carte "compétence et talents" destinée aux étrangers dotés d'aptitudes jugées "utiles" que la France veut accueillir, et d'un "passeport" symbolique, censé permettre aux étrangers de consigner "étape par étape" leur progression dans la connaissance du français, désormais obligatoire.

    Concernant les expulsions d'étrangers illégaux, le ministre a confirmé qu'il s'agissait d'un des principaux dossiers de son ministère. Plusieurs organes de presse affirment que des objectifs très élevés ont déjà été fixés et que Nicolas Sarkozy a exigé de son ministre des résultats sur ce terrain qu'il juge crucial.

    "Par principe, un étranger en situation irrégulière, sauf cas particulier, a vocation à retourner dans son pays d'origine", a réaffirmé le ministre. Il veut ignorer que cette politique nationale tout comme celle initiée par l'Union européenne tue : de nombreuses personnes sont mortes soit en voulant rejoindre l'Europe soit en retournant dans leur pays « non sûr ».

    Pour mettre en oeuvre "l'immigration choisie" voulue par l'Elysée, Brice Hortefeux a aussi confirmé qu'il allait recenser les métiers et les zones géographiques d'immigration jugées "prioritaires" par des discussions avec les branches professionnelles. Il compte ouvrir aux immigrés "de travail" l'accès à 89 métiers nouveaux, ce qui portera l'ouverture à 150 métiers, soit 40% du marché du travail, a-t-il dit.

    Christian DELARUE

    Secrétaire national du MRAP

    1 ) Le Monde.fr : Brice Hortefeux défend son ministère et un bilan controversés

    http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-33145798@7-37,0.html


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  • POUR UNE MANIFESTATION LE 18 DECEMBRE POUR UNE AUTRE POLITIQUE D' IMMIGRATION .

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    Des citoyens s'insurgent et agissent ici ou là pour stopper la spirale infernale des contrôles d'identité et des arrestations massives.

    Sur fond de politiques sécuritaires globales et plus particulièrement à cause de la "politique du chiffre" contre les "sans papiers" les contrôles d'identité se sont multipliés ces derniers mois. Les chiffres manquent encore mais l'on sait néanmoins que si Sarkozy part en vacances pendant l'été l'administration de la police poursuit sans relâche la traque du sans papier. Cette politique n'est pas nouvelle mais nous n'avions pas connu en France depuis très longtemps une telle pression policière. Cela débouche d'abord sur des arrestations massives, de véritables rafles ensuite sur des expulsions de migrants sans-papiers vers leur pays d'origine.

    Si l'on appelle politique d'immigration la politique d'accueil et d'insertion des migrants alors il faut reconnaître qu'aujourd'hui c'est la politique d'émigration forcée qui marque la situation . Et c'est peu de dire qu'une telle politique est inhumaine, non seulement en ce qu'elle charrie de racisme, de mesquineries, d'injustices et de violence diverses contre les familles mais aussi, parce que à l'heure de la mondialisation économique sous toute ces facettes - celle de la finance, celle des échanges marchands, celle des délocalisations des productions, etc; - le droit de circulation et d'installation des migrants n'est pas reconnu. C'est un pan important des besoins élémentaires la vie humaine qui est ainsi ignoré et réprimé alors que dans le même temps la finance domine le monde.

    Face à ce grand écart entre répression d'une humanité innocente et valorisation fétichiste d'une certaine économie qui symbolise l'insignifiance du monde, la perte des repères politiques il faut rappeler que les phénomènes migratoires se développent massivement partout dans le monde mais surtout dans les pays pauvres. Il faut rappeler aussi que ce sont les individus les plus dynamiques qui émigrent loin, dans les pays d'Europe notamment.

    Cela fait peur et les politiques (de droite surtout) jouent sur cette peur pour renforcer leur politique policière et répressive. Car une telle dimension de la politique ne peut plus s'accommoder du goût du secret il lui faut sinon une pleine approbation du moins un "laisser agir" des citoyens occasionnels. C'est pourquoi la diffusion du mensonge et du stigmate devient une spécialité des élites de la politique et de la haute administration : les sans-papiers voleraient le pain des ouvriers, ils seraient des délinquants, etc. Le MRAP comme ATTAC et d'autres associations et réseaux ont réfuté ces inepties. Mais les médias reproduisent et diffusent par petits mots et petites phrases les préjugés qui éteignent le sens critique et solidaire des citoyens et qui font violence aux migrants. Heureusement des citoyens actifs s'insurgent pour stopper ici ou là la spirale infernale des contrôles d'identité et des arrestations massives. C'est avec eux que nous pourrons revendiquer la régularisation des sans-papiers vivant en France et la nécessaire "alterpolitique d'immigration" celle qui intègre le fait que les migrants ne sont pas des "flux", des processus abstraits qui in fine autorise des politiques d'indignité .

    Comme d'autres je trouve ces politiques si insupportables que j'en cracherais sur le drapeau puisqu'il s'agit désormais de revaloriser à bon compte ces politiques sous l'auréole de la nation. Ce recours manipulatoire à l'identité nationale vient compléter la politique du préjugé anti sans-papier . Cette référence floue à l'identité nationale permet de faire diversion par rapport aux responsables véritables de ces politiques car c'est à M Sarkozy et au gouvernement qu'il faut signifier nôtre dégoût le cas échéant et surtout notre détermination au changement.

    Nous pourrions manifester tous ensemble le 18 décembre pour demander la ratification de la convention des Nations Unies sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Simple proposition.

    Christian DELARUE


    A l'appui de ce papier personnel de circonstance (fin de l'été) vous pouvez consulter utilement :

    Site ATTAC:

    Pour une refondation de la politique d'immigration dans le respect des droits des migrants
    Pour le respect des droits des migrants, contre leur criminalisation
    http://www.france.attac.org/spip.php?article6348

    Les droits des étrangers et des migrants

    http://www.france.attac.org/spip.php?article1496

    Site MRAP :

    RESF5962 soutient les sans-papiers grévistes de la faim et proteste
    contre la répression organisée par l'Etat.

    http://www.mrap.fr/campagnes/resf/resfnord/view

    HAlte aux arrestations inhumaines et aux tentative brutales de renvoi de Sans Papiers du Nord grévistes de la faim depuis 68 jours et de tous les Sans papiers, traqués et raflés à travers <?xml:namespace prefix = st1 /><st1:PersonName w:st="on" productid="la France">la France</st1:PersonName>!

    http://www.mrap.fr/communiques/arresta/view

    Les nouvelles mesures de M. Hortefeux en Conseil des Ministres : Une nouvelle étape franchie contre le droit fondamental de mener « une vie familiale normale » et contre le droit d'asile

    http://www.mrap.fr/communiques/conseilmini/view

    Historique et Campagne pour la ratification de la convention des Nations Unies sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille
    http://www.mrap.fr/campagnes/Migrations-immigration-Asile/document.2007-03-08.1737931961/view?

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