• CONTRE LA PROSTITUTION DES IMMIGREES ET DES FRANCAISES.

    Hormis la prostitution vraiment très occasionnelle et non contrainte c'est bien la prostitution de toutes les femmes et de tous les hommes d'ici ou de là-bas qui doit être abolie. Mais la nécessité de mettre à bas le système prostitutionnel ne va pas de soi pour tous.

    Ce n'est pas si souvent que le MRAP aborde la question de la prostitution. A la différence d'ATTAC, il n'a pas vocation à se positionner sur cette question. Il s'occupe occasionnellement de défendre les prostituées immigrées sans papier.

    Néanmoins je lance le débat à peine évoqué il y a quatre ans.

    Depuis la chute du Mur la prostitution a pris de l'ampleur, en France et en Europe. Il y a eu une arrivée massive de prostituées étrangères. Le phénomène a suscité de vives réactions et une loi. Pourquoi ?

    D'abord rappelons en suivant Eric FASSIN (1) trois faits majeurs :

    - c'est d'immigration qu'il s'agit, ce qui réactive les fantasmes sécuritaires,
    - c'est la seule prostitution de rue qui est visée, autrement dit celle qui se voit, d'ou les réactions de riverains,
    - c'est de la prostitution féminine dont il s'agit alors que la prostitution masculine concernerait aujourd'hui 30% des personnes se prostituant.



    I - REPERES DES POSITIONS EN PRESENCE EN 2003 (très brièvement).

    La droite va mener une politique d'ordre public qui ne vise pas à abolir la prostitution mais à la cacher.

    - Pour la gauche féministe « libertaire » :

    Pour Marcela IACUB et d'autres signataires d'un " manifeste " les femmes sont " libres de se prostituer ". (Le Monde du 9 janvier 2003) Il s'agit
    pour elles de défendre au moins deux principes : " le consentement " (contre la " police de la sexualité ") et " la libre disposition de son corps ". Les prostituées ne sont donc " ni coupable ni victime " mais libres.

    - Pour la gauche féministe « morale »

    Les socialistes répondent (Le Monde 15 janvier 2003) que " 'acte de se prostituer n'est pas illégal, qu'il ne nuit pas à autrui " mais que l'on ne saurait " promouvoir la marchandisation des êtres humains ". La proposition débouche sur la sanction des clients. Ils reçoivent le soutien de Christine Boutin.

    - Pour la droite « pragmatique »

    Christian Estrosi rétorque ; " Vous choisissez de punir le client pour supprimer la prostitution. Plus modestement nous choisissons de lutter contre les réseaux qui s'apparentent à l'esclavage ".

    - Pour la gauche féministe abolitionniste

    La « gauche libertaire » et la « gauche morale » s'aveuglent sur l'empire de la norme et ne soulèvent pas la question de la domination qui est à la racine de l'exigence abolitionniste. C'est le proxénétisme qui est à la racine du système qu'il faut alors abattre (cf Marie Victoire Louis).

    J'ai choisi l'abolitionnisme qui lutte contre le proxénétisme. J'ai signé :

    « Des hommes s'engagent : Faire l'amour, pas la haine - Non à la virilité machiste !»

    ">http://encorefeministes.free.fr/actions/action20amour.php3

    Le corps humain est inaliénable ! Pour l'abolition de la prostitution !
    par Collective des luttes pour l'abolition de la prostitution (CLAP) 15 janvier 2006

    http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2208

    Le groupe « genre » d'ATTAC développe aussi l'exigence abolitionniste. « S'en tenir à condamner et combattre le système prostitution pour ses aspects marchands et pour ses affinités avec le capitalisme néo-libéral comporterait le risque d'occulter ce qui fait de la prostitution une des pires manifestations de la violence sociale contre les femmes et de la domination masculine, à la fois
    physique et symbolique. »

    ATTAC France Mondialisation de la prostitution
    http://www.france.attac.org/spip.php?article6979



    II - LES EVOLUTIONS DE LA PROSTITUTION MANIFESTE UN FORT REGAIN DE LA DOMINATION

    L'emploi des termes « temps de la misère sexuelle » (A) et « temps de la libération sexuelle » au sein du couple ont le mérite d'indiquer un changement explicatif de la motivation du client des prostituées depuis quelques années. Il ne faudrait pas croire cependant que la « libération sexuelle
    » et la sexualité épanouie soit le régime dominant dans les couples contemporains (cf Babin). Par ailleurs, je reprends ici les propos d'Eric Fassin in « Liberté, égalité, sexualités »

    A) LA PROSTITUTION TRADITIONNELLE DU TEMPS DE LA « MISERE SEXUELLE »

    Traditionnellement, la prostitution était l'envers du mariage bourgeois: les prostituées compensaient par leur légèreté la « vertu » des épouses. Les hommes venaient chercher dans le bordel, ou dans la rue, ce qu'ils ne trouvaient pas chez eux : une sophistication sexuelle de fille publique qu'ils n'auraient pas aimée chez une femme « honnête ».

    - La baisse relative de la « raison prude » entraîne la fin de la soupape sexuelle de la prostitution

    La libération sexuelle, c'est aussi la libération des épouses. Des pratiques sexuelles hier jugées vicieuses sont aujourd'hui légitimes, tous les magazines féminins nous le rappellent, à mesure que le désir féminin s'affirme. Bref, la soupape sexuelle de la prostitution perdait sa raison d'être.



    B) LA PROSTITUTION MODERNE DU TEMPS DE LA « LIBERATION SEXUELLE »

    - L'activité des prostituées ne présente plus les dessous affriolants d'hier : on est loin des raffinements coquins. Bien au contraire, la « consommation sexuelle » semble furtive et sordide, dans les embrasures de portes et sur les banquettes de voitures pareillement inconfortables.

    - Qu'est-ce qui rend désirables ces jeunes femmes réduites en « esclavage » ?

    N'est-ce pas précisément leur condition dominée, leur soumission quasi absolue ? On peut de demander si ce n'est pas justement, parce qu'elles n'ont aucun droit ou presque – même pas le droit à la parole, certaines ne connaissent pas trois mots de français – que ces femmes sont convoitées.

    Dans ce cas, le désir de consommation s'expliquerait comme la contrepartie de l'égalité sexuelle grandissante dans le couple. C'est seulement dans la prostitution que s'affirme aujourd'hui une domination incontestée : elle est le refuge des frustrations modernes de la domination masculine. Au contraire d'une épouse la prostituée n'exige pas d'être séduite ; elle n'attend pas de plaisir. La seule négociation porte sur l'argent, et non sur le désir.

    - La concurrence des victimes et la surdomination contemporaine dans la nouvelle prostitution.

    Il est d'ailleurs significatif que les prostituées étrangères se révèlent pour les « franco-françaises » de dangereuses concurrentes : non seulement elles sont moins chères, mais elles ne refusent personne. Elles acceptent même sans préservatif !


    Christian DELARUE

    Secrétaire national du MRAP

    Délégué membre fondateur d'ATTAC France, élu au CA d'ATTAC France

    « Liberté, égalité, sexualités » Actualité politique des questions
    sexuelles Belfond 2003 Entretien entre Clarisse FABRE et Eric FASSIN


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  • FAIRE RECULER LE MACHISME INSIDIEUX DES "MECS LOURDS"

    Alors que je disais à une amie "j'y vais dare dare" (sans intonation renvoyant à du sexuel), elle me répond : "et pourquoi pas clito clito". Certes ! J'aurais pu dire si j'avais été moins surpris "Tu n'a qu'à dire clito-clito quand je dis "dare dare". Dans un régistre moins soft mais provenant toujours d'une femme, j'ai déjà entendu une remarque stigmatisante d'une féministe à une autre à propos de son décolté pigeonnant.

    Voilà pour l'exception . Le plus souvent ce sont les femmes qui sont surprises d'entendre des propos oppresseurs ou ressentis comme oppresseurs. Un propos vulgaire adressé à cantonade dans une foire agricole sur "le sperme des vaches" n'est pas nécessairement sexiste s'il s'adresse à un public mixte, il reste néanmoins lourd et vulgaire.

    <o:p>Le "machisme insidieux" ou le "paternalisme lubrique" sont les termes théoriques de la réflexion féministe. Cela correspond à ce que les femmes nomment ordinairement "propos de mecs lourds"; du "soft sexisme" qui n'est pas le sexisme résiduel d'une société socialiste qui a vaincu le sexisme historique mais un sexisme léger qui vient s'ajouter au sexisme dominant. La chose est donc sérieuse.</o:p>

     

    I - LES DEGRES DU SEXISME

     

    J'ai parlé ailleurs d'hypersexisme . Certaines de mes amies féministes ont douté de la pertinence du propos. En évoquant l'hypersexisme je précisais pourtant clairement que cette violence supérieure ou extrême à l'encontre des femmes ne saurait faire l'impasse sur le sexisme ordinaire multiforme. Autrement dit l'existence de l'un ne saurait s'accomoder de l'autre. Ici je veux aller plus loin encore avec ce que l'on peut appeler avec Natacha Henri "le paternalisme lubrique".

    Le sexisme se compose d'insultes, de propos dévalorisants et autres pratiques clairement sexistes qui, si elles sont répétées, tournent au harcèlement. Lorsqu'elles sont très occasionnelles, elles ne traumatisent pas, elles n'empêchent pas de vivre mais les insultes restent des insultes. Le sexisme ordinaire ne passe d'ailleurs pas nécessairement par des insultes verbales mais il est aisément repérable par les femmes qui le subissent . Il témoigne de l'emprise du sexisme dans la société, dans toutes les sociétés.

     

    II – LE PATERNALISME LUBRIQUE DES « MECS LOURDS »

    <o:p> </o:p>

    Outre l'hypersexisme et le sexisme il y a encore le sexisme plus soft, la zone grise du machisme insidieux, celui qui ne se veut pas nécessairement méchant - dire "ma biche" relève plus d'une familiarité déplacée que de la franche méchanceté - mais qui s'inscrit bel et bien dans la domination masculine contre les femmes. Ceux qui en abusent quotidiennement ou très souvent sont nommés par Natacha Henri "Les mecs lourds" (1). Cela va du regard trop appuyé au commentaire déplacé notamment sur les vêtements des femmes, sur la séduction d'une jolie femme ou sur la laideur d'une autre.

    <o:p> </o:p>

     

    III – SITUER, COMPRENDRE

    <o:p> </o:p>

    Est-ce à dire qu'il ne faille plus plaisanter ? Est à dire que parler de sexualité est interdit. Non mais encore faut-il éviter la vulgarité, du moins la vulgarité unilatérale celle qui systématiquement diminue les femmes. De plus faut-il parler de sexualité à la première venue, celle que l'on croise sur le trottoir? Il ne s'agit pas d'être "coincé" mais simplement de ne pas accroître la domination masculine sur les femmes.

    Il s'agit bien de voir les femmes à qui l'on s'adresse comme des personnes, comme des êtres humains avant de les voir comme femmes . Comme j'imagine la réponse moqueuse alors je précise : on peut dans le même mouvement voir la femme, l'être humain sexué, autrement dit sa séduction, sa beauté (ou le contraire) mais aussi l'être humain non sexué . Du coup c'est sans hypocrisie que dans un même mouvement l'on fait d'une par intervenir un frein qui manifeste la conscience de la nécessaire respectabilité due à tout être humain et d'une part la prise en compte de la différence qui attire les hommes Impossible ? Non la séduction existe et elle doit pouvoir se manifester librement et pour toutes sans exception mais pour cela il lui faut un cadre de respect et de sécurité. Nous n'irons pas vers une société de rencontres authentiques en étant répressif à l'encontre des manifestations de séduction des femmes (que ces dernières soient jugées belles ou non selon les critères du moment) .

    Enfin n'oublions pas que les femmes subissent les viols masculins dans toutes les sociétés et qu'en conséquence cela traumatise non seulement les victimes mais insécurisent aussi toutes femmes.

    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>

    IV - S'ENGAGER ...

     

    A) <st1:PersonName w:st="on" productid="LA PAROLE..">LA PAROLE..</st1:PersonName>.

     

    S'abstenir de remarques sur une jolie fille qui passe, c'est le SMIC de l'homme respectueux. Et c'est quand les hommes sont "entre eux" que la remarque s'applique surtout. Ces abstentions sur le long temps sont remarquées par les adolescents, elles sont donc éducatives à l'égard des fils qui n'entendent jamais de la bouche du père des commentaires de ce type.

     

    B) ...ET LE REGARD

     

    Il faut aller plus loin et s'interroger sur le regard que les hommes portent sur les femmes. C'est évidemment beaucoup plus difficile que de s'abstenir de parler.

    <o:p> </o:p>

    Commençons par le plus simple : Ne pas se retourner pour regarder la femme que vous venez de croiser dans la rue, c'est aussi le SMIC du respect des femmes. Si l'on doit le faire pour une bonne raison ne pas le faire de façon visible car cela humilie. Passons au cran au-dessus: Ne pas laisser un regard appuyé sur une femme que l'on juge belle est-ce si difficile? Oui s'il l'on vient de tomber amoureux. Mais on ne tombe pas amoureux à chaque coin de rue. Donc là encore le self contrôle est de rigueur. Quand une femme vous plait vous la regardez et c'est normal mais si certains sont "lourds" selon le langage féminin c'est qu'ils sont incapables soit de ne pas regarder ailleurs soit de ne la regarder que modérément. Autrement dit elle devient femme-objet.

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    C) LE CAFE

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    De nombreux hommes ont la fâcheuse tendance au travail à demander aux femmes de faire le café. Surtout dans les milieux ou les hommes sont majoritaires. Là ou les femmes sont majoritaires une « éducation antisexiste » repousse le machisme insidieux. La tâche de faire le café est un révélateur du niveau de machisme des hommes au travail.

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    Les hommes antisexistes ne le deviennent pas par hasard. Dis moi si tu fréquentes surtout des hommes ou surtout des femmes et je te dirais comment tu te comportes avec les femmes.

     

    Christian DELARUE

    1) Les mecs lourds : c'est aussi le titre de son livre paru en 2003 chez Robert Laffond.

    On peut lire aussi sur le même sujet :

    http://toutpourelles.over-blog.com/article-4123981.html

      Le machisme insidieux des "mecs lourds également sur:
    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54238

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    UN CRAN AU-DESSUS: LE PORNO-SOFT

    Personnellement, je trouve très pédagogique d'aborder le porno-soft ainsi de la part de féministes:

    Christina Aguilera, tout comme Jennifer Lopez, Kylie Minogue, Shakira ou tant d'autres, se contente de se déhancher lacivement dans une tenue de quelques millimètres. On est dans le "peu habillé" devenu extrêmement commun dans la mode et le spectacle. C'est aguichant, mais en soi ça ne dit rien, tout dépend des personnes qui les entourent à l'écran et de ce qui se passe, le fait qu'elles soient habillées légèrement peut avoir des significations très différentes selon le contexte. Quelques exemples pour saisir la nuance.

    la suite sur:
    http://arbobo.over-blog.com/article-2665704.html

    Le texte s'intitule: Ton micro n'est pas une bite (le porno soft comme "genre musical" dans les clips vidéo) - Arbobo

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    4 commentaires
  •  

    DE L 'INFLUENCE PREGNANTE DE L' INTERPRETATION REACTIONNAIRE- PATRIARCALE SUR LES RAPPORTS HOMMES/FEMMES

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    ou UN OUBLI DANS LE DEBAT DU "VOILAGE / DEVOILAGE".

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    Voici deux textes qui se complètent sur les rapports hommes/femmes en lien avec l'interprétation réactionnaire des religions, historiquement dominante de part le monde. Concernant le voile, il s'agit d'un certain islam, mais l'histoire accuse d'autres religions instrumentalisées par le patriarcat, par le pouvoir des hommes. Mais par ailleurs il est important de voir - malgré les critiques ci-dessous - l'islam comme varié, comme divers .

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    Dans le même registre du réel divers mais du côté des individus croyant et non de la religion diffusée, il existe et c'est heureux des musulman(e)s qui se sont dégagées du fatras idéologique décrit ci après . Le fait de pouvoir rencontrer des musulmanes croyantes (arabes ou non) qui étaient aussi laiques (au sens ici de sobre d'apparence sur les signes religieux) et même parfois marxistes (à l'instar de la théologie chrétienne de libération) et surtout libres par rapport aux coutumes religieuses-patriarcales est une chance pour la lutte contre les préjugés.

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    Au total, la certitude de la diversité de l'islam et la présence de ces femmes admirables constituent deux obstacles qui discréditent une islamophobie globale et sans nuance... mais ces deux faits n'empêche pas la critique des courants réactionnaires comme tendance lourde historique. Bien au contraire !

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    Il s'agit d'une version courte d'un texte plus long qui citent les auteurs et reproduit les passages en cause. Ce texte trop long n'était pas lu . Il figure en réponse à Pascal Hilout qui a publié une diatribe sévère sur son site intitulé : LE MRAP ATTAC

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    - Pudeur et concupiscence ou égalité et réciprocité

    - Corps à soi, corps pour soi ou corps à cacher pour les uns, à dénuder pour les autres.

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    VOILE 1 : PUDEUR ET CONCUPISCENCE ou EGALITE ET RECIPROCITE

     

    Les "modernes" interprètes de l'islam (qui dégage le sens au-dela du texte ) semblent bien plus hypocrite encore que les "classiques" (ceux qui s'en tiennent à la lettre du texte) : le voile islamique peut être enlevé disent-ils... mais il faut pouvoir conserver d'une autre manière sa signification profonde (pudeur, contre la concupiscence, etc...).

    <o:p> </o:p>

    A) UN DISCOURS DE <st1:PersonName productid="LA FATALITE." w:st="on">LA FATALITE.</st1:PersonName>

     

    Avec de telles théologies, qui aboutissent à entériner dans la fatalité l'agression sexuelle et sexiste de certains hommes, l'égalité hommes-femmes n'est pas pour demain. Le désir et la séduction vont donc rester de l'ordre du mal et les mauvais comportements masculins incorrigibles . Les femmes se voient assigner au devoir de non provocation et au respect de la sobriété vestimentaire de pudeur maximale . En cas de non respect de la sobriété, c'est la violence masculine qui survient fatalement .La violence masculine est incoercible. Donc c'est le défaut de sobriété vestimentaire, le défaut de voilage en tout genre qui empêche la "paix entre les sexes". La charge de la responsabilité (et de culpabilité le cas échéant) est renversé et ce faisant le changement est impossible. La manifestation du désir, le droit à la séduction est interdit pour les femmes et les hommes vivent dans la frustration et la culpabilité leur désir à l'égard des femmes car l'idée d'égalité et de réciprocité est exclu.

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    Or pour les hommes et les femmes en recherche de rapports d'égalité et de réciprocité, l'enfermement des femmes contraintes durablement à se cacher des hommes non seulement "concupiscents" (sic) mais potentiellement violeurs est inadmissible . Le combat à mener n'est pas contre la "concupiscence" (et pour la pudeur) mais contre le viol et pour des relations sexuelles librement consenties. Et mêmes pour des relations ou les femmes peuvent être offensive pour manifester leur désir (cf voile 2)

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    B) UN DISCOURS INEGALITAIRE ET PUDIBOND

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    Cette théologie pudibonde, qui n'est pas le propre de l'islam, a d'autres inconvénients : le garçon n'a pas de question à se poser . Si la séduction féminine est de l'ordre du réel et si ce réel n'est pas en soi condamnable alors quelle signification donner à la séduction (pour moi ou pour elle), quel comportement quand telle femme m'attire (question du regard) , quel comportement avec celles que je juge moins attirante ? ect. Il n'y a pas une réponse unique à donner à ces questions ni même des réponses dogmatiques à fournir mais il s'agit d'avoir un cadre égalitaire qui permet de se les poser, de poser les questions sur le rapport du regard des hommes sur les femmes, et de prendre ainsi ses responsabilités.

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    Des personnes de mentalité laïque peuvent aussi partager cette idéologie de la sobriété vestimentaire pudique du corps des femmes mais ce n'est en général pas systématisé comme dans les doctrines religieuses qui sont de façon dominante beaucoup plus rigides. Ce qui ouvre à des souplesses de comportements en fonction des situations. Ce qui permet des évolutions.

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    VOILE 2 : CORPS A SOI / CORPS POUR SOI ou CORPS A CACHER (pour les uns) / CORPS A DENUDER (pour les autres)

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    Je discute ici de la troisième position qui défend le corps à soi des femmes comme s'opposant à la fois à ceux qui veulent voiler les femmes et ceux qui veulent les dénuder (disons les dévoiler).

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    A ) UNE " DOUBLE OBSESSION " A EGALITE ?

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    "Comme le remarquait Samira Bellil quelques mois avant de mourir, l'obsession des uns de nous voiler n'a d'équivalent que l'obsession des autres de nous déshabiller. Or ces deux obsessions sont deux formes en miroir de négation des femmes : l'une veut que les femmes attisent ce désir tout le temps, tandis que l'autre leur enjoint de ne pas le provoquer. Mais dans les deux cas le référent par rapport auquel les femmes doivent penser leur corps reste le désir masculin. Ce que le foulard dévoile, c'est que le corps des femmes n'est pas un corps à soi - un corps pour soi." (cf. Samira Bellil citée par Christine Delphy)

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    Position qui parait juste mais abstraite car oublieuse du contexte et de l'histoire et donc d'un conditionnement profond.

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    Notons d'abord le saut qui est opérer entre dévoiler la tête et déshabiller le corps. Opération qui permet de créer une troisième position en forçant le trait. Le débat n'est pas entre deux extrêmes : "voile ou à poil". Mais peu importe ici car il faut admettre qu'il y a effectivement une pression contradictoire des hommes sur les femmes.

     

    Mais il faut ajouter immédiatement que la balance des pressions n'est pas égale. Le patriarcat pèse de tout son poids historique. Un patriarcat qui a investit le religieux contre le plaisir, le désir et surtout contre les femmes. Autrement dit un conditionnement sociohistorique pèse sur les femmes et sur les hommes. Ce conditionnement est loin d'être clairement perçu.

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    B) <st1:PersonName productid="LA PRODUCTION D" w:st="on">LA PRODUCTION D</st1:PersonName>'UNE ECONOMIE LIBIDINALE DE <st1:PersonName productid="LA MISERE ET" w:st="on">LA MISERE ET</st1:PersonName> DE LA VIOLENCE...

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    Les sociétés à forte dominante religieuse se sont accommodés des sexualités violentes (le viol banalisé au quotidien). Cela découle à mon sens d'une contradiction forte bien entretenue pendant des siècles : les hommes désirent les femmes d'un côté et pas qu'en pensée et de l'autre ils "théorisent" via la religion le refus de leur désir légitime. Le drame est que ce n'est pas les uns qui veulent cacher le corps et les autres qui veulent le dénuder ce sont les mêmes hommes qui n'ont pas su longtemps ce qu'ils voulaient. La contradiction était trop dure à vivre. La religion patriarcale ne permettait pas d'intégrer le désir dans l'économie psychique des hommes sauf par la transgression et la violence.

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    Les choses de ce point de vue ne sont pas améliorées partout, même si des progrès se sont relativement stabilisé ici ou là. De fait, "la paix entre les sexes" n'est pas possible en continuant ainsi. Et cette contradiction lourde perdure depuis des siècles ! La solution ne peut advenir que si, à l'échelle d'une société entière, des individus ont en commun la reconnaissance du désir sexuel mutuel et de la rencontre dans le consentement réciproque. Les deux ensemble : pas de " coincées " d'un côté mais aussi pas d'irrespect de l'autre.

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    Du coup, mettre en parallèle et à égalité les deux "obsessions masculines" évoquées par Samira Bellil c'est oublier que les "injonctions" sont forts différentes en poids social et historique : l'une est obligatoire - se couvrir - alors que l'autre n'est qu'une pression toute relative à la fois circonscrite et récente de la publicité et des moeurs contemporaines.

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    C) ... débouche sur UN CONDITIONNEMENT PROFOND OUBLIE .

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    Pour les effets de la misère produite, je cite Isabelle FILLIOZAT : "Sous-informées, culpabilisées et convaincues qu'ils est normale pour une femme d'avoir peu d'envie, la plupart ne recherche même pas l'éveil de leur potentiel. D'autant que c'est bien connu, une femme qui éprouve trop de plaisir est une salope." (L'intelligence du coeur p 233). Je dirais pour le rapporte au sujet qu'une femme qui manifeste ouvertement son désir est vue comme une salope. Il s'agit là d'un conditionnement profond qui influe sur les comportements mais avec des différentiations.

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    - Une fraction des hommes aiment les salopes au sens non seulement de femmes libres mais plus encore de femmes ouvertement offensives sexuellement et sans tabou, qui ce faisant sortent de la contrainte historique et sociale qui pèse sur elles pour manifester leur désir de relations sexuelles libres avec les hommes mais aussi avec d'autres femmes (la religion n'aime pas l'homosexualité).

    <o:p> </o:p>

    - Une autre fraction très importantes des hommes continuent dans la ligne des pesenteurs religieuses historiques de stigmatiser les femmes trop séductrices, pas assez voilées, ouvertement offensives sexuellement sous le terme de " salopes " (ou autres termes de ce genre) . C'est d'ailleurs pour cela que souvent la première catégorie d'hommes n'emploie plus publiquement le terme de salope (au profit d'autres comme " coquine " par exemple) ou avec une autre intonation de voix.

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    Mais il reste une différence liée au poids énorme de la pudibonderie religieuse et patriarcale. Un homme qui veut séduire, un homme qui désire n'est pas conçu comme un salop ou une pute. Il désire. Il affirme sa sexualité. C'est vu comme normal. Et sauf absence de considération de l'autre c'est normal. Ce que les femmes demandent à l'homme désirant c'est de tenir compte du consentement et du désir des femmes.

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    Ainsi la plupart des hommes réels ne prennent que rarement leurs "désirs de déshabillage" des femmes - qui n'est pas un fantasme répréhensible en soi, ni d'ailleurs propre qu'aux hommes - pour la réalité . Autrement dit, ils ne passent pas à l'acte sans consentement de l'autre. D'autre part la plupart des femmes s'habillent presque comme elles veulent. Presque car contrairement à ce qui est dit c'est l'exagération du déshabillé qui est réprimé par les forces sociales pudibondes dont le patriarcat et la religion sont les vecteurs historiques lourds.

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    Christian DELARUE


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  • Pour l'érotisme et Mai 68 !

    L'amour sur les barricades !

    Oui il faut continuer de vouloir s'admirer, s'embrasser, se caresser et tout le reste comme on peut et comme on veut et ce contre "tous les coincés" de droite ou de gauche. Cela ne signifie pas absence de responsabilité ou mépris de l'autre. Il faut être clair sur ces points : L'érotisme ne va pas sans empathie, sans gentillesse et sensibilité même s'il donne volontier dans la transgression (sur la base du consentement).

    En fait il faut ici défendre le chaud contre le froid. En clair défendre l'érotisme plus coincé que jamais entre l'ordre moral (religieux ou laïc) et la pornographie ou la prostitution, entre l'injonction de la pureté et celle de l'accouplement sans affect et sans parole. L'ordre moral se souffre pas l'érotisme, la pornographie non plus. Malgré leur opposition l'un et l'autre font jeu commun et se complètent pour séparer les êtres et les corps.

    La pornographie est beaucoup plus connue que jadis car en quelques années elle s'est diffusée dans les foyers via le net. Il est très aisé d'y avoir accès. Le marché du sexe livre tous les types de corps, de toutes formes, de tous âges, de tout types de sexualité (hétéro ou homo) et avec tous les types de phantasmes . Chacun peut y reconnaitre les siens... et en découvrir d'autres.

    Problème : cela n'a rien à voir avec l'érotisme, avec la chaleur affective d'une étreinte réelle. Le sexe marchandisé produit comme tous les pudibonds de l'ordre moral de l'isolement, de la séparation d'avec l'autre. L'un et l'autre refusent le contact réel. Ils militent pour la distance entre les corps et les êtres, notamment pour les jeunes.

    Contre l'ordre moral religieux ou pseudo-scientifique (psychologues préconisant l'abstinence) il faut réhabiliter la pleine rencontre de l'autre. Car le contact commence par un regard, une parole, un échange avant de consentir à s'embrasser, se toucher, se donner du plaisir.

    Christian DELARUE

    Les commentaires sont sur le site Bellaciao:
    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=51160

     


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  • Le communisme ne saurait abolir la séduction et l'érotisation.

     

    L'histoire pèse lourd sur le comportement des femmes. Les prescriptions hygiénistes, qui ont complété celles des religieux, et des esprits étroits (1), s'adressaient surtout aux femmes qui devaient se montrer discrètes, afin d'éviter l'érotisation. Un certain féminisme a aussi milité en faveur de l'indifférentiation : le pantalon pour tous , aujourd'hui sorte de voile laïc, mais hier interdit aux femmes et réservé aux hommes.

    Il ne faudrait pas croire que la publicité débridée actuelle a changé profondément cela. La séduction est certes admise et même encouragée par les marchands mais pas l'érotisme (2). Là le mépris régne, le respect de l'altérité est oublié . Du coup c'est dans la publicité que la séduction érotique apparait.

    Le communisme devrait inverser les choses. La séduction et l'érotisme devront quitter l'affiche pour passer dans la réalité de la vie. L'érotisme et le plaisir qui lui est lié ne semble pas aller sans contrainte et sans rituel (3) mais ces codes sont librement adoptés. Ce que le communisme devra par contre éradiquer c'est la prostitution .

    (1) Contre le puritanisme, la pudibonderie et l'ordre moral

    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=50505

    (2) Pour l'érotisme et mai 68 sur ce blog

    (3)A lire Jean-Claude KAUFMANNN dans Corps de femmes, regard d'hommes. Nathan 1995


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