• DES NOUVELLES DE LA MEUTE N° 123 - 9 janvier 2008

    LES FESSES DES PHILOSOPHES



    The Chiennes de garde ("She-Watch", a feminist watchdog organization) demand respect for women.

    Ce courriel est envoyé à La Meute, l'ensemble des signataires du Manifeste « Non à la pub sexiste ! »

    À ce jour, nous sommes 6 126 personnes et associations, dans 57 pays, à avoir signé le Manifeste « Non à la pub sexiste ! », lancé le 28 septembre 2000.

    Ce courriel porte sur une action de l'association Chiennes de garde que je préside de nouveau, après avoir lancé le mouvement des Chiennes de garde le 8 mars 1999.
    Le site : http://chiennesdegarde.org/ est en cours de restructuration.

    Cette action concerne aussi La Meute puisqu'il s'agit d'une nudité féminine exposée dans l'espace public pour vendre un produit. Si vous souhaitez soutenir les Chiennes de garde qui, comme La Meute, refusent les violences sexistes symboliques, vous pouvez adhérer à l'association (cotisation annuelle : 20 euros, adresse : Maison des associations, boîte n°11, 5 rue Perrée 75003 Paris).

    Il s'agit de la couverture du Nouvel Observateur de cette semaine qui illustre un dossier sur Simone de Beauvoir avec une photo de cette grande philosophe nue, de dos.

    Si vous pouvez venir à Paris, je vous propose de nous retrouver vendredi 11 à 13h devant le siège du journal, 12 place de la Bourse (métro Bourse).

    > Si vous pouvez vous joindre à nous derrière la banderole Chiennes de garde, merci de l'indiquer en retour !<

    Si vous ne pouvez pas vous joindre à nous, je vous invite à écrire (par la poste, c'est plus efficace) à Jean Daniel, directeur de la publication, 12 place de la Bourse 75002 Paris, car des dizaines de lettres de lectrices furieuses sont déjà arrivées et plus il y en aura, mieux ce sera.

    La manifestation durera environ une demi-heure. Je demanderai à être reçue par Jean Daniel, et lui remettrai notre demande d'excuses. Notre texte, de style chiennedegardesque, est en cours d'élaboration, je vous l'enverrai prochainement.

    Chiennement et adelphiquement*,
    Florence cheffedemeute Montreynaud

    *Adelphiquement dérive d'adelphité, mot qui désigne un sentiment entre fraternité et sororité. En français, sour et frère proviennent de deux mots différents. Le mot adelphité est formé sur la racine grecque adelph- qui a donné les mots grecs signifiant sour et frère.

    La Meute contre la publicité sexiste
    Maison des femmes, 163 rue de Charenton 75012 Paris
    site : http://www.lameute.fr/index/


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  • HYPERSEXISME ET SEXISME : UNE EPIDEMIE MONDIALE

    1) Hypersexisme / excision :

    50 000 femmes mutilées sexuellement vivent en France

    LE MONDE | 24.10.07 | 14h37 • Mis à jour le 24.10.07 | 14h37
    50 000 femmes vivant en France ont subi des mutilations sexuelles : c'est la conclusion d'un travail mené par l'Institut national d'études démographiques (Population et sociétés nº438, octobre) rendu public, mardi 23 octobre.
    "Les excisions sont désormais rarement pratiquées sur le sol français, les filles étant excisées lors de séjours temporaires dans le pays d'origine de la famille ou suite à des reconduites", constatent les deux auteures, Armelle Andro et Marie Lesclingand.
    En 1979, la France a été le premier pays européen à intenter des procès : poursuivis pour violences, les parents et les personnes qui pratiquent les mutilations encourent vingt ans de réclusion criminelle. Cette politique pénale a été complétée par des campagnes de prévention menées par les associations. "Récemment, une étape marquante a été franchie avec la mise au point d'un protocole de chirurgie réparatrice remboursée par l'assurance-maladie", souligne l'INED.
    Pratiquées en Afrique subsaharienne ainsi que dans plusieurs régions du Proche-Orient et d'Asie du Sud-Est, les excisions, qui concernent souvent des filles de moins de quinze ans, touchent de 100 à 140 millions de femmes dans le monde. "Le principal facteur du risque de mutilation est l'appartenance ethnique et non la religion", remarquent les auteures. Dans tous les pays, le risque de mutilation décroît avec l'augmentation du niveau d'instruction.
    Anne Chemin
    Article paru dans l'édition du 25.10.07.
    NB Ch Delarue: la religion est le second facteur qui suit de près le prermier.

    2) UNFPA : LA VIOLENCE SEXISTE EST UNE 'ÉPIDÉMIE MONDIALE'
    New York, Nov 27 2007 5:00PM


    Cette année, la violence domestique en Fédération de Russie, l'esclavage sexuel en Inde, l'immolation en Asie centrale, la violence sexiste et le SIDA, ainsi que les mariages de `compensation´ sont les cinq thèmes mis en exergue par le Fonds des Nations Unies pour la Population à l'occasion de la Campagne de 16 jours contre la violence à l'égard des femmes.

    "UNFPA)">http://www.unfpa.org/news/news.cfm?NewsType=1&Language=3">UNFPA


    En Fédération de Russie, quelque 14.000 femmes meurent chaque année des mains de leur partenaire, un chiffre équivalent au nombre de soldats soviétiques tués lors de la guerre entre l'ancienne République soviétique et l'Afghanistan.
    En Inde, la sélection prénatale a provoqué un déséquilibre entre hommes et femmes, qui a entraîné à son tour une traite des femmes, qui sont ensuite soumises à un esclavage sexuel.

    Des études ont par ailleurs montré le lien entre la violence à l'égard des femmes et le HIV/SIDA. Confrontées au viol, à la violence domestique et à la mutilation génitale, de nombreuses femmes contractent chaque année le virus, et leur nombre dépasse toujours celui des hommes infectés.

    L'UNFPA veut aussi mettre en évidence la pratique de l'immolation en Iraq, en Iran, en Ouzbékistan et au Tadjikistan, un drame souvent lié à la violence familiale et au désespoir de nombreuses femmes et jeunes filles.
    Quant aux mariages forcés `à titre de compensation´, ils sont une pratique courante au Pakistan, en Afghanistan, et dans certaines régions du Moyen-Orient et de l'Afrique subsaharienne. De toutes jeunes filles subissent des mariages forcés afin de payer des dettes ou de régler des disputes entre familles. Ces filles mineures sont très souvent victimes d'abus et condamnées à une vie « d'esclavage virtuel », dénonce l'agence.

    « Depuis l'année dernière, le Fonds a marqué le début des 16 Journées d'activisme contre la violence sexiste avec cinq sujets que les médias ont, selon lui, ignoré ou minimisé, ou dont ils n'ont tout simplement pas eu connaissance », indique un communiqué publié aujourd'hui à New York.

    <" communiqué">http://www.unfpa.org/news/news.cfm?ID=1067&Language=1">communiqué

    A l'occasion des 16 Journées, qui s'étalent symboliquement du 25 novembre, Journée mondiale contre la violence à l'égard des femmes, au 10 décembre, Journée internationale des droits de l'homme, le Fonds souhaite donc dénoncer la violence contre les femmes et offrir des recommandations pour combattre ce qu'il nomme une `épidémie mondiale´.


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  • Horya MEKRELOUF et Christian DELARUE au siège national du MRAP

    SOLIDARITE AVEC LES FEMMES IMMIGREES ET REFUGIEES

    Les contraintes de l'immigration des femmes s'explique pour des motifs socio-économiques qui s'apparentent à ceux des migrants masculins qui recherchent la survie ou une vie meilleure . Mais les femmes migrantes connaissent d'autres raisons qui expliquent leurs migrations.

    DE L'HYPERSEXISME...

    Si l'oppression des femmes est mondiale et qu'aucun pays n'y échappe il importe de souligner la très forte sévérité de la répression sexiste dans les pays du sud. C'est peu de dire que cette violence inouie et quotidienne prive les femmes de liberté, d'égalité et de dignité : viols collectifs ou isolés, excisions, harcèlement sexuel, violence familiale, mariages forcés dans leurs pays, constituent des raisons de leur départ vers les autres pays. On ne s'étonnera pas alors que sur les 94,5 millions de migrants, 49,6% sont des femmes mariées ou célibataires, contraintes à émigrer (1).

    Le calvaire continue lors du périple migratoire car elles s'exposent alors aux viols des passeurs ou des trafiquants. Au bout de leur voyage de nombreuses femmes viennent grossir les rangs de la prostitution . Et les condition d'exercice du "travail du sexe" se sont très fortement détèriorées avec cette nouvelle prostitution (2). Cette prostitution n'est plus celle de jadis.

    ... A LA SUREXPLOITATION SALARIALE...

    Les plus "chanceuses", celles qui ont évitées la prostitution, doivent accepter la surexploitation via le travail saisonnier, non déclaré, souvent comme employées de maison. Même les immigrées qualifiées n'échappent pas à la surexploitation des emplois sous-payés (3) . Leurs salaires sont inférieurs aux hommes immigrés qui sont eux-mêmes sous payés par rapport aux nationaux. A cela il faut ajouter les pratiques discriminatoires et les problèmes liés aux accords bilatéraux concernant le statut juridique familial ou personnel entre la France et certains pays du Maghreb, du Moyen-Orient... où la femme est considérée comme inférieure à l'homme.

    ... LE TOUT AVEC LA BENEDICTION HYPOCRITE DE l'UE !

    Mais que fait l'Union européenne de la reconnaissance de l'égalité hommes-femmes ? Elle a bien pris en 2004 une directive reconnaissant des formes de persécution sexiste, dont la violence sexuelle, avec l'objectif de créer le droit d'asile à toute l'Europe en 2010. Mais comble de l'hypocrisie, seulement 17 des 41 pays européens reconnaissent la violence sexuelle comme forme de persécution et la France se situe parmi les 24 autres...

    Christian DELARUE
    Secrétaire national du MRAP
    Membre du CA d'ATTAC France

    1) Rapport de l'UNFPA - 2006

    2)CONTRE LA PROSTITUTION DES IMMIGREES ET DES FRANCAISES / CONTRE LES PROXENETES
    par Christian DELARUE sur chrismondial et sur bellaciao le undi 19 novembre 2007 (01h03) :
    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=55587


    3) Les immigrés en France, édition 2005 *
    *Un rapport d'activité de la Délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances, présidée par Marie-Jo Zimmermann dresse un constat alarmant des nombreuses discriminations que subissent les femmes issues de l'immigration.
    http://www.larevueparlementaire.fr/pages/RP885/RP885_AN_femmes_immigration_republique.htm


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  • CONTRE LA PROSTITUTION DES IMMIGREES ET DES FRANCAISES.

    Hormis la prostitution vraiment très occasionnelle et non contrainte c'est bien la prostitution de toutes les femmes et de tous les hommes d'ici ou de là-bas qui doit être abolie. Mais la nécessité de mettre à bas le système prostitutionnel ne va pas de soi pour tous.

    Ce n'est pas si souvent que le MRAP aborde la question de la prostitution. A la différence d'ATTAC, il n'a pas vocation à se positionner sur cette question. Il s'occupe occasionnellement de défendre les prostituées immigrées sans papier.

    Néanmoins je lance le débat à peine évoqué il y a quatre ans.

    Depuis la chute du Mur la prostitution a pris de l'ampleur, en France et en Europe. Il y a eu une arrivée massive de prostituées étrangères. Le phénomène a suscité de vives réactions et une loi. Pourquoi ?

    D'abord rappelons en suivant Eric FASSIN (1) trois faits majeurs :

    - c'est d'immigration qu'il s'agit, ce qui réactive les fantasmes sécuritaires,
    - c'est la seule prostitution de rue qui est visée, autrement dit celle qui se voit, d'ou les réactions de riverains,
    - c'est de la prostitution féminine dont il s'agit alors que la prostitution masculine concernerait aujourd'hui 30% des personnes se prostituant.



    I - REPERES DES POSITIONS EN PRESENCE EN 2003 (très brièvement).

    La droite va mener une politique d'ordre public qui ne vise pas à abolir la prostitution mais à la cacher.

    - Pour la gauche féministe « libertaire » :

    Pour Marcela IACUB et d'autres signataires d'un " manifeste " les femmes sont " libres de se prostituer ". (Le Monde du 9 janvier 2003) Il s'agit
    pour elles de défendre au moins deux principes : " le consentement " (contre la " police de la sexualité ") et " la libre disposition de son corps ". Les prostituées ne sont donc " ni coupable ni victime " mais libres.

    - Pour la gauche féministe « morale »

    Les socialistes répondent (Le Monde 15 janvier 2003) que " 'acte de se prostituer n'est pas illégal, qu'il ne nuit pas à autrui " mais que l'on ne saurait " promouvoir la marchandisation des êtres humains ". La proposition débouche sur la sanction des clients. Ils reçoivent le soutien de Christine Boutin.

    - Pour la droite « pragmatique »

    Christian Estrosi rétorque ; " Vous choisissez de punir le client pour supprimer la prostitution. Plus modestement nous choisissons de lutter contre les réseaux qui s'apparentent à l'esclavage ".

    - Pour la gauche féministe abolitionniste

    La « gauche libertaire » et la « gauche morale » s'aveuglent sur l'empire de la norme et ne soulèvent pas la question de la domination qui est à la racine de l'exigence abolitionniste. C'est le proxénétisme qui est à la racine du système qu'il faut alors abattre (cf Marie Victoire Louis).

    J'ai choisi l'abolitionnisme qui lutte contre le proxénétisme. J'ai signé :

    « Des hommes s'engagent : Faire l'amour, pas la haine - Non à la virilité machiste !»

    ">http://encorefeministes.free.fr/actions/action20amour.php3

    Le corps humain est inaliénable ! Pour l'abolition de la prostitution !
    par Collective des luttes pour l'abolition de la prostitution (CLAP) 15 janvier 2006

    http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2208

    Le groupe « genre » d'ATTAC développe aussi l'exigence abolitionniste. « S'en tenir à condamner et combattre le système prostitution pour ses aspects marchands et pour ses affinités avec le capitalisme néo-libéral comporterait le risque d'occulter ce qui fait de la prostitution une des pires manifestations de la violence sociale contre les femmes et de la domination masculine, à la fois
    physique et symbolique. »

    ATTAC France Mondialisation de la prostitution
    http://www.france.attac.org/spip.php?article6979



    II - LES EVOLUTIONS DE LA PROSTITUTION MANIFESTE UN FORT REGAIN DE LA DOMINATION

    L'emploi des termes « temps de la misère sexuelle » (A) et « temps de la libération sexuelle » au sein du couple ont le mérite d'indiquer un changement explicatif de la motivation du client des prostituées depuis quelques années. Il ne faudrait pas croire cependant que la « libération sexuelle
    » et la sexualité épanouie soit le régime dominant dans les couples contemporains (cf Babin). Par ailleurs, je reprends ici les propos d'Eric Fassin in « Liberté, égalité, sexualités »

    A) LA PROSTITUTION TRADITIONNELLE DU TEMPS DE LA « MISERE SEXUELLE »

    Traditionnellement, la prostitution était l'envers du mariage bourgeois: les prostituées compensaient par leur légèreté la « vertu » des épouses. Les hommes venaient chercher dans le bordel, ou dans la rue, ce qu'ils ne trouvaient pas chez eux : une sophistication sexuelle de fille publique qu'ils n'auraient pas aimée chez une femme « honnête ».

    - La baisse relative de la « raison prude » entraîne la fin de la soupape sexuelle de la prostitution

    La libération sexuelle, c'est aussi la libération des épouses. Des pratiques sexuelles hier jugées vicieuses sont aujourd'hui légitimes, tous les magazines féminins nous le rappellent, à mesure que le désir féminin s'affirme. Bref, la soupape sexuelle de la prostitution perdait sa raison d'être.



    B) LA PROSTITUTION MODERNE DU TEMPS DE LA « LIBERATION SEXUELLE »

    - L'activité des prostituées ne présente plus les dessous affriolants d'hier : on est loin des raffinements coquins. Bien au contraire, la « consommation sexuelle » semble furtive et sordide, dans les embrasures de portes et sur les banquettes de voitures pareillement inconfortables.

    - Qu'est-ce qui rend désirables ces jeunes femmes réduites en « esclavage » ?

    N'est-ce pas précisément leur condition dominée, leur soumission quasi absolue ? On peut de demander si ce n'est pas justement, parce qu'elles n'ont aucun droit ou presque – même pas le droit à la parole, certaines ne connaissent pas trois mots de français – que ces femmes sont convoitées.

    Dans ce cas, le désir de consommation s'expliquerait comme la contrepartie de l'égalité sexuelle grandissante dans le couple. C'est seulement dans la prostitution que s'affirme aujourd'hui une domination incontestée : elle est le refuge des frustrations modernes de la domination masculine. Au contraire d'une épouse la prostituée n'exige pas d'être séduite ; elle n'attend pas de plaisir. La seule négociation porte sur l'argent, et non sur le désir.

    - La concurrence des victimes et la surdomination contemporaine dans la nouvelle prostitution.

    Il est d'ailleurs significatif que les prostituées étrangères se révèlent pour les « franco-françaises » de dangereuses concurrentes : non seulement elles sont moins chères, mais elles ne refusent personne. Elles acceptent même sans préservatif !


    Christian DELARUE

    Secrétaire national du MRAP

    Délégué membre fondateur d'ATTAC France, élu au CA d'ATTAC France

    « Liberté, égalité, sexualités » Actualité politique des questions
    sexuelles Belfond 2003 Entretien entre Clarisse FABRE et Eric FASSIN


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  • FAIRE RECULER LE MACHISME INSIDIEUX DES "MECS LOURDS"

    Alors que je disais à une amie "j'y vais dare dare" (sans intonation renvoyant à du sexuel), elle me répond : "et pourquoi pas clito clito". Certes ! J'aurais pu dire si j'avais été moins surpris "Tu n'a qu'à dire clito-clito quand je dis "dare dare". Dans un régistre moins soft mais provenant toujours d'une femme, j'ai déjà entendu une remarque stigmatisante d'une féministe à une autre à propos de son décolté pigeonnant.

    Voilà pour l'exception . Le plus souvent ce sont les femmes qui sont surprises d'entendre des propos oppresseurs ou ressentis comme oppresseurs. Un propos vulgaire adressé à cantonade dans une foire agricole sur "le sperme des vaches" n'est pas nécessairement sexiste s'il s'adresse à un public mixte, il reste néanmoins lourd et vulgaire.

    <o:p>Le "machisme insidieux" ou le "paternalisme lubrique" sont les termes théoriques de la réflexion féministe. Cela correspond à ce que les femmes nomment ordinairement "propos de mecs lourds"; du "soft sexisme" qui n'est pas le sexisme résiduel d'une société socialiste qui a vaincu le sexisme historique mais un sexisme léger qui vient s'ajouter au sexisme dominant. La chose est donc sérieuse.</o:p>

     

    I - LES DEGRES DU SEXISME

     

    J'ai parlé ailleurs d'hypersexisme . Certaines de mes amies féministes ont douté de la pertinence du propos. En évoquant l'hypersexisme je précisais pourtant clairement que cette violence supérieure ou extrême à l'encontre des femmes ne saurait faire l'impasse sur le sexisme ordinaire multiforme. Autrement dit l'existence de l'un ne saurait s'accomoder de l'autre. Ici je veux aller plus loin encore avec ce que l'on peut appeler avec Natacha Henri "le paternalisme lubrique".

    Le sexisme se compose d'insultes, de propos dévalorisants et autres pratiques clairement sexistes qui, si elles sont répétées, tournent au harcèlement. Lorsqu'elles sont très occasionnelles, elles ne traumatisent pas, elles n'empêchent pas de vivre mais les insultes restent des insultes. Le sexisme ordinaire ne passe d'ailleurs pas nécessairement par des insultes verbales mais il est aisément repérable par les femmes qui le subissent . Il témoigne de l'emprise du sexisme dans la société, dans toutes les sociétés.

     

    II – LE PATERNALISME LUBRIQUE DES « MECS LOURDS »

    <o:p> </o:p>

    Outre l'hypersexisme et le sexisme il y a encore le sexisme plus soft, la zone grise du machisme insidieux, celui qui ne se veut pas nécessairement méchant - dire "ma biche" relève plus d'une familiarité déplacée que de la franche méchanceté - mais qui s'inscrit bel et bien dans la domination masculine contre les femmes. Ceux qui en abusent quotidiennement ou très souvent sont nommés par Natacha Henri "Les mecs lourds" (1). Cela va du regard trop appuyé au commentaire déplacé notamment sur les vêtements des femmes, sur la séduction d'une jolie femme ou sur la laideur d'une autre.

    <o:p> </o:p>

     

    III – SITUER, COMPRENDRE

    <o:p> </o:p>

    Est-ce à dire qu'il ne faille plus plaisanter ? Est à dire que parler de sexualité est interdit. Non mais encore faut-il éviter la vulgarité, du moins la vulgarité unilatérale celle qui systématiquement diminue les femmes. De plus faut-il parler de sexualité à la première venue, celle que l'on croise sur le trottoir? Il ne s'agit pas d'être "coincé" mais simplement de ne pas accroître la domination masculine sur les femmes.

    Il s'agit bien de voir les femmes à qui l'on s'adresse comme des personnes, comme des êtres humains avant de les voir comme femmes . Comme j'imagine la réponse moqueuse alors je précise : on peut dans le même mouvement voir la femme, l'être humain sexué, autrement dit sa séduction, sa beauté (ou le contraire) mais aussi l'être humain non sexué . Du coup c'est sans hypocrisie que dans un même mouvement l'on fait d'une par intervenir un frein qui manifeste la conscience de la nécessaire respectabilité due à tout être humain et d'une part la prise en compte de la différence qui attire les hommes Impossible ? Non la séduction existe et elle doit pouvoir se manifester librement et pour toutes sans exception mais pour cela il lui faut un cadre de respect et de sécurité. Nous n'irons pas vers une société de rencontres authentiques en étant répressif à l'encontre des manifestations de séduction des femmes (que ces dernières soient jugées belles ou non selon les critères du moment) .

    Enfin n'oublions pas que les femmes subissent les viols masculins dans toutes les sociétés et qu'en conséquence cela traumatise non seulement les victimes mais insécurisent aussi toutes femmes.

    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>

    IV - S'ENGAGER ...

     

    A) <st1:PersonName w:st="on" productid="LA PAROLE..">LA PAROLE..</st1:PersonName>.

     

    S'abstenir de remarques sur une jolie fille qui passe, c'est le SMIC de l'homme respectueux. Et c'est quand les hommes sont "entre eux" que la remarque s'applique surtout. Ces abstentions sur le long temps sont remarquées par les adolescents, elles sont donc éducatives à l'égard des fils qui n'entendent jamais de la bouche du père des commentaires de ce type.

     

    B) ...ET LE REGARD

     

    Il faut aller plus loin et s'interroger sur le regard que les hommes portent sur les femmes. C'est évidemment beaucoup plus difficile que de s'abstenir de parler.

    <o:p> </o:p>

    Commençons par le plus simple : Ne pas se retourner pour regarder la femme que vous venez de croiser dans la rue, c'est aussi le SMIC du respect des femmes. Si l'on doit le faire pour une bonne raison ne pas le faire de façon visible car cela humilie. Passons au cran au-dessus: Ne pas laisser un regard appuyé sur une femme que l'on juge belle est-ce si difficile? Oui s'il l'on vient de tomber amoureux. Mais on ne tombe pas amoureux à chaque coin de rue. Donc là encore le self contrôle est de rigueur. Quand une femme vous plait vous la regardez et c'est normal mais si certains sont "lourds" selon le langage féminin c'est qu'ils sont incapables soit de ne pas regarder ailleurs soit de ne la regarder que modérément. Autrement dit elle devient femme-objet.

    <o:p> </o:p>

    C) LE CAFE

    <o:p> </o:p>

    De nombreux hommes ont la fâcheuse tendance au travail à demander aux femmes de faire le café. Surtout dans les milieux ou les hommes sont majoritaires. Là ou les femmes sont majoritaires une « éducation antisexiste » repousse le machisme insidieux. La tâche de faire le café est un révélateur du niveau de machisme des hommes au travail.

    <o:p> </o:p>

    Les hommes antisexistes ne le deviennent pas par hasard. Dis moi si tu fréquentes surtout des hommes ou surtout des femmes et je te dirais comment tu te comportes avec les femmes.

     

    Christian DELARUE

    1) Les mecs lourds : c'est aussi le titre de son livre paru en 2003 chez Robert Laffond.

    On peut lire aussi sur le même sujet :

    http://toutpourelles.over-blog.com/article-4123981.html

      Le machisme insidieux des "mecs lourds également sur:
    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54238

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    UN CRAN AU-DESSUS: LE PORNO-SOFT

    Personnellement, je trouve très pédagogique d'aborder le porno-soft ainsi de la part de féministes:

    Christina Aguilera, tout comme Jennifer Lopez, Kylie Minogue, Shakira ou tant d'autres, se contente de se déhancher lacivement dans une tenue de quelques millimètres. On est dans le "peu habillé" devenu extrêmement commun dans la mode et le spectacle. C'est aguichant, mais en soi ça ne dit rien, tout dépend des personnes qui les entourent à l'écran et de ce qui se passe, le fait qu'elles soient habillées légèrement peut avoir des significations très différentes selon le contexte. Quelques exemples pour saisir la nuance.

    la suite sur:
    http://arbobo.over-blog.com/article-2665704.html

    Le texte s'intitule: Ton micro n'est pas une bite (le porno soft comme "genre musical" dans les clips vidéo) - Arbobo

    <o:p> </o:p>

    4 commentaires


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