• posté le dimanche 27 mai 2007 (12h13) sur Bellaciao:
    Peux-t-on embrigader Eric FROMM dans l'abstinence sexuelle?

    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=48841

     

    Voici un exemple pris sur doctissimo ou l'abstinence sexuelle ne semble pas signifier absence de masturbation mais chasteté autrement dit absence de rapports sexuel avant le mariage. Ce qui revient à survaloriser à fétichiser l'intitution du mariage et derrière le patriarcat.
    http://www.doctissimo.fr/html/sexua... <http: www.doctissimo.fr="" html="" sexualite="" mag_2002="" mag1011="" se_5987_abstinence_mariage.htm=""></http:>

    Je cite le passage en cause : Dans "L'art d'aimer", le psychiatre américain Erich Fromm ne dit pas autre chose : "Parce que la plupart des gens associent en esprit le désir sexuel et l'idée de l'amour, ils en arrivent facilement à la conclusion erronée qu'ils sont mutuellement amoureux lorsqu'ils se désirent physiquement" (...), or "le désir sexuel peut être stimulé par l'angoisse de la solitude, par l'espoir de conquérir ou d'être conquis, par la vanité, par le souhait de blesser et même de détruire". Préserver sa virginité avant le mariage réserve aux partenaires la découverte commune de l'autre et la construction d'une sexualité épanouie. Fin de citation.

    Les propos d'Eric FROMM dans son ouvrage "l'art d'aimer" prennent il est vrai une tournure rigoriste . Une lecture superficielle pourrait y trouver une apologie des couples simplement cohabitants . C'est qu'Eric FROMM se réclame de Spinoza pour critiquer la passivité du "tomber amoureux" au profit d'une démarche active du "prendre soin" véritable signification de l'amour. S'il distingue assez classiquement l'amour du désir, il ne va pas cependant pas jusqu'à dire que le "prend soin de " ou "avoir de l'attention et de la sollicitude pour" ne doit pas passer par une sexualité épanouie.

    Je crois que le "tomber amoureux" (1) peut avec le temps et une démarche active déboucher sur un réel amour et non sur le clone des cohabitants sans tendresse (2) Reste la question de la sexualité et du désir : le désir est là tant mieux, il est absent tant pis mais le désir et la sexualité fait partie de la vie. Une absente totale et durable de désir et de sexualité peut déboucher - ce n'est pas une fatalité - sur une dépression c'est à dire une forme de vie limitée, rabougrie. Or Eric FROMM a fait l'apologie d'une philosophie de la vie. Il ditingue même dans "le coeur de l'homme" les caractères biophiles - amour de la vie - et nécrophiles - amour de la mort. Se protéger à tout prix de ses désirs sexuels peut entrainer un "durcissement du coeur" que Fromm stigmatise comme d'orientation nécrophile et sadique.

    suite sur Bellaciao


    Christian DELARUE


    Autres références :

    1) Le "tomber amoureux" sur ce blog et sur bellaciao

    2) "Les cohabitants : sans passion et peu d'amour" sur ce blog et sur bellaciao

    Aimer d'amitié. L'amour véritable commence avec l'amitié de Jacqueline KELEN - Robert LAFONT

    "Libres extraits de "Qui est l'autre ?" (de Robert MISRAHI) par Christian Delarue (sur la rencontre amoureuse véritable) http://rennes-info.org/Libres-extraits-de-Qui-est-l-autre



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  • Changer la société : c'est aussi une question de vocabulaire

    http://www.ecologielibidinale.org/fr/miel-vocabulaire-fr.htm


    Jetons à la poubelle de l'histoire les concepts et le vocabulaire
    du patriarcat et de la répression sexuelle

    Notes : certains mots peuvent avoir plusieurs sens, nous ne considérons ici que le sens pertinent par rapport à notre problématique.
    La liste qui suit est loin d'être exhaustive. N'hésitez pas à nous fournir d'autres définitions.

    1 *MARIAGE*, divorce, époux(-se), conjoint(-e), fiancé(e), entremetteur(-teuse), devoir conjugal
    Le mariage est l'institution clé du système patriarcal, capitaliste
    et réactionnaire. C'est l'union de deux personnes de sexe opposé,
    mais aussi l'union de deux familles ou clans.
    Les caractéristiques originales du mariage patriarcal sont les
    suivantes : Les partenaires sont choisis par les familles (on parle de mariage
    arrangé, généralement par le biais d'un ou une entremetteuse). Le
    mariage fait l'objet d'une transaction financière (dot ou achat)
    impliquant les familles.
    Il est un contrat financier (permettant la mise en commun de biens
    et leur transmission, donnant droit à des avantages fiscaux), un
    contrat moral (les époux s'engagent à une exclusivité sexuelle, un
    partenaire ne se peut refuser sexuellement à l'autre, il doit
    accomplir le "devoir conjugal") et un sacrement religieux qui
    renforce l'engagement moral (l'engagement est contracté pour la
    vie). Les futurs époux (les fiancés), au moins la femme, doivent
    être vierges* avant leur mariage. Les enfants portent le nom du père.

    Les règles du mariage se sont parfois assouplies en fonction de
    l'évolution des sociétés (choix des futurs époux, possibilité de
    divorce, de remariage, abandon de la virginité, caractère facultatif
    du sacrement, répression du viol au sein du mariage, transmission du
    nom de la mère, extension à des personnes de même sexe...).
    Toutefois ces aménagements ne peuvent changer la nature
    fondamentalement réactionnaire de cette institution.

    2 MONOGAMIE(-andrie), polygamie(-andrie)
    Ces termes n'ont de sens, pour l'être humain, que dans le cadre du
    mariage*, il définissent les possibilités pour l'un des partenaire
    de contracter plusieurs mariages simultanément. Dans ce cas
    l'exclusivité sexuelle est à sens unique.
    Les défenseurs du mariage hétérosexuel monogamique prétendent que
    l'exclusivité sexuelle à vie est naturelle et s'appuient sur
    l'exemple d'espèces animales ayant ce comportement. Or tous les
    types de comportements sexuels se rencontrent chez les animaux y
    compris l'homosexualité.
    Quand à la polygamie rencontrée dans les sociétés patriarcales, elle
    est l'application d'une domination sexuelle des hommes sur les femmes.

    "La vie sexuelle monogamique exige un dur labeur de préparation.
    Tout le plaisir érotique extra et prégénital est canalisé dans
    les voies de la procréation, c'est à dire de la reproduction de
    la force de travail , nécessaire au capital." Jean-Marie Brohm,
    in l'introduction à "La lutte sexuelle des jeunes" de Wilhelm Reich

    3 FAMILLE

    La famille patriarcale autoritaire est la structure de base du
    système social. Toutes les forces politiques réactionnaires ont pour
    priorité de défendre la "Famille" et la natalité.
    Cette famille se compose d'un couple hétérosexuel marié et de ses
    enfants. Le père est dépositaire de l'autorité, il a parfois droit
    de vie et de mort sur son épouse et ses enfants. Les époux se
    doivent d'avoir des enfants qu'ils devront élever dans le "droit
    chemin", c'est à dire de leur transmettre les règles et les valeurs
    de la société. La famille est le lieu privilégié de la reproduction
    de la structure sociale autoritaire ainsi que de la névrose.

    "Ainsi par la famille se maintient et se perpétue à travers les
    générations la répression sexuelle qui sert de fondement à la
    soumission des masses, à l'anéantissement du sens critique, à
    l'angoisse de transgresser l'ordre établi, à la culpabilité du
    bonheur, toutes choses qui garantissent la solidité de l'état
    capitaliste et de son appareil répressif." Jean-Marie Brohm, in
    l'introduction à "La lutte sexuelle des jeunes" de Wilhelm Reich

    4 FIDELITE, adultère, cocu, tromper, volage

    La fidélité consiste à appliquer l'exclusivité sexuelle au sein d'un
    couple (marié ou non). L'infidélité est en général un élément de
    conflit essentiel au sein des couples. L'infidélité est un fait
    suffisant pour obtenir le divorce dans le cas d'un couple marié, il
    est aussi une circonstance atténuante (permettant parfois
    l'acquittement) dans le cas ou celui qui est trompé (le cocu)
    assassine son conjoint (on parle dans ce cas de "crime d'honneur*").
    Volage est un synonyme d'infidèle en moins péjoratif.
    L'adultère (infidélité dans le cadre du mariage*) n'est pas
    seulement une rupture du contrat moral du mariage, c'est aussi un
    péché* capital et parfois un crime puni de mort pour les femmes.
    L'infidélité de l'homme est généralement une moindre offense que
    celle de la femme et elle peut être même parfaitement admise si elle
    s'exerce avec une prostituée (d'où l'age d'or des bordels européens
    au XIX^ème siècle.) On admet dans ce cas un "besoin" sexuel de
    l'homme qu'il ne peut toujours satisfaire avec son épouse. Ce besoin
    par contre est dénié aux femmes.

    "Le mariage bourgeois et le bordel sont indissociables, ces deux
    institutions sont aussi exécrables l'une que l'autre." Michel
    Leiris, Journal.

    "Le bonheur d'un homme marié dépend des femmes qu'il n'a pas
    épousées." in Une femme sans importance, de Oscar Wilde
    "Les hommes se marient parce qu'ils sont las ; les femmes parce
    qu'elles sont curieuses ; les deux sont déçus." in Le Portrait
    de Doryan Gray, de Oscar Wilde

    5 *AMANT*, maîtresse, concubine
    Désigne un ou une partenaire sexuelle d'une personne vivant en
    couple, en dehors du couple. Cette notion n'a de sens que par
    rapport une notion de couple supposant l'exclusivité sexuelle.

    6 *JALOUSIE*
    Sentiment éprouvé par celui ou celle qui ne supporte pas l'idée que
    son partenaire sexuel habituel puisse avoir des relations sexuelles
    ou sentimentales avec une autre personne. Ce sentiment se fonde sur
    le désir d'une exclusivité sexuelle c'est à dire d'une relation de
    possession et de contrôle de l'autre. La jalousie est souvent la
    motivation des meurtres au sein des couples (dits alors "crimes
    passionnels <http: mp1pm.ouvaton.org="" mp1pm-marie.htm=""></http:>" - à propos
    du meurtre de Marie Trintignant, sur le site du MP1PM).
    Lire aussi une petite chanson sur ce thème : "petit propriétaire
    <http: www.ecologielibidinale.org="" fr="" miel-petitproprio-fr.htm=""></http:>."

    7 *HONNEUR*, déshonorer, compromettre la réputation
    La notion patriarcale et puritaine de l'honneur est notamment
    attachée au comportement sexuel de la femme. Une femme qui a une
    relation sexuelle hors mariage* (consentie ou non) se déshonore et
    déshonore également sa famille (parents) et son mari (si elle est
    mariée). Elle s'expose alors a une punition allant de l'exclusion à
    la mort. Il est à noter que dans les sociétés les plus patriarcales, une
    femme violée est non seulement déshonorée mais aussi considérée
    comme responsable (par immodestie*) et donc exécutée comme adultère*.
    Être vue en compagnie d'un homme autre que parent proche ou mari
    peut compromettre la réputation d'une femme, c'est à dire jeter un
    soupçon d'immoralité* sur son comportement. Ceci peut suffire dans
    certaines sociétés à lui faire subir le châtiment réservé aux femmes
    "déshonorées".

    8 **PECHE**, mauvaise vie, impure, immoral
    Une femme de mauvaise vie (qui "vit dans le péché") est une femme
    qui a des relations sexuelles en dehors du mariage (qu'elle soit
    mariée ou non). La notion de péché introduit la morale religieuse
    (le bien , le mal) dans les relations sexuelles.

    9 *FILLE FACILE*, salope, pute
    Insultes et qualificatifs dévalorisant visant toute femme qui
    s'adonne avec plaisir à la sexualité, notamment en variant les
    partenaires sexuels. Une femme ainsi dévalorisée et méprisée (sans
    honneur*) sera alors l'objet privilégiée de sollicitations sexuelles
    violentes de la part des machistes et peut être parfois violée
    impunément.
    Dans les schémas patriarcaux, la femme ne peut être que "mère"
    ("chaste et pure") ou "putain". ("Toutes des salopes sauf maman"
    entends-on répéter dans les cours de récréations.)
    A l'inverse un homme qui multiplie les "conquêtes" féminines sera
    parfois valorisé comme "séducteur".

    10 *VIERGE*, virginité, immaculé, pureté, souillure

    Vierge se dit d'une personne n'ayant jamais eu de relation sexuelle.
    L'usage du terme immaculé indique bien que la sexualité est ici
    considérée comme une tâche, une souillure.

    Voici un fait divers qui s'est déroulé en France dans les années
    80 : un garçon avait réussit à inviter chez lui une jeune fille
    très timide pour prendre le thé. Lorsqu'il essaya de
    l'embrasser, elle paniqua et se mit à crier. Voulant la faire
    taire le garçon eu un geste violent et maladroit de la main qui
    brisa la trachée de la jeune fille. A son enterrement les
    parents de la jeune fille ont disposé une couronne mortuaire sur
    laquelle on lisait /"morte plutôt que d'avoir été souillée"/.

    La virginité est "le bien le plus précieux" d'une jeune fille, son
    honneur* y est attaché (celle qui a conservé sa virginité est dite
    "pure"). Lorsque la virginité est requise pour le mariage, la femme
    qui a eu des relations sexuelles ne peut se marier, elle est rejetée
    par la société et le plus souvent obligée de se prostituer pour
    survivre. Le caractère physiquement vérifiable de la virginité chez
    les femmes (hymen) les place bien évidemment en situation de
    désavantage par rapport aux hommes. A noter que dans ces sociétés il
    existe un métier bien particulier : celui de recouseuse de virginité !

    On peut penser que l'importance accordée à la virginité avant
    mariage, prolongée par l'exclusivité sexuelle dans le mariage, est
    liée à l'incertitude dans laquelle se trouve l'homme par rapport à
    la paternité : cette exclusivité sexuelle lui garanti en effet que
    les enfants nés de sa femme sont bien les siens, ce qui est très
    important pour la transmission du patrimoine.
    De plus cette exclusivité sexuelle assure au mari que sa femme
    n'aura pas de point de comparaison et ne sera pas ainsi tentée de
    chercher un meilleur "amant".

    La survivance de l'importance de la virginité dans certains milieux
    de notre société (exemple : la "bonne société" Versaillaise) conduit
    certaines jeunes filles à avoir des rapports sexuels basés sur la
    sodomie pour préserver leur hymen : l'hypocrisie grotesque de ce
    concept éclate en plein jour !

    11 *PUDEUR*, modestie, honte
    La pudeur consiste à dissimuler ce qui est honteux ou intime : son
    corps et ses sentiments (de nature amoureuse). L'enseignement de la
    pudeur (ou "modestie" pour les jeunes filles) est une des
    principales façon de réprimer durablement les pulsions sexuelles
    (qui sont considérées comme honteuses) des jeunes.
    Les formes les plus extrêmes de pudeur (courantes au XIX^ème siècle
    et jusqu'au milieu du XX^ème siècle dans certains milieux sociaux)
    vont jusqu'à interdire aux femmes la vision de leur propre corps :
    elles se lavent alors vêtues d'une chemise.
    Les puritains désignent généralement les organes génitaux par la
    périphrase "parties honteuses".
    En art, la figure de la "Vénus pudique" est une représentation d'une
    femme nue dissimulant à l'aide de ses mains sa poitrine et son
    entrejambes. *chasteté*, abstinence
    L'abstinence sexuelle est valorisée (au moins lorsqu'elle concerne
    les femmes) dans les milieux patriarcaux et religieux. La chasteté
    est souvent imposée aux représentants de la religion. Les
    perturbations psychiques et corporelles qu'elle entraîne sont
    favorables aux "délires mystiques" mais conduisent aussi aux
    perversions et crimes sexuels.
    Chaste est parfois utilisé comme synonyme de pudique. Est chaste une
    personne ou une relation qui ne donne pas prise aux fantasmes sexuels.

    12 *PLATONIQUE*
    se dit d'une relation amoureuse d'où les contacts sexuels sont
    volontairement absents. Les partenaires s'astreignent à la chasteté
    par timidité (répression intégrée de leur propre sexualité), pour ne
    pas commettre de péché* (adultère ou relations sexuelles avant le
    mariage) ou pour conserver leur virginité*.

    13 *LUXURE*, permissivité
    La luxure est un péché* capital qui consiste à s'adonner aux
    fantasmes ou activités sexuelles sans retenue. Les puritains
    stigmatisent ce qu'ils appellent la "permissivité" (la liberté
    sexuelle) en lui attribuant tous les maux sociaux (crimes et
    perversions sexuels, violence, régression de la "morale"...)

    14 *CONTRE NATURE*
    Est dite "contre-nature" toute forme de sexualité non strictement
    hétérosexuelle. Ce qui est évidemment absurde au regard des
    situations variées rencontrées dans le règne animal.




    Pour en savoir plus sur la déconstruction des catégories de genre, lire le livre de Monique Wittig "La pensée straight", 1992. Fiche de lecture <http: www.mix-cite.org="" bibliotheque="" index.php3?refarticle="203"></http:> sur le site de Mix-cité.

    <http: www.ecologielibidinale.org="" fr="" miel-cadre-fr.htm=""></http:>

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  • mardi 21 mars 2006, 10h58

    Un lycée lance une "Journée de la jupe" pour lutter contre les préjugés

    VITRE (AFP) - Un lycée rural vient de lancer en Bretagne la "Journée de la jupe" pour soutenir les jeunes filles qui n'en portent pas par crainte de remarques déplacées de la part des garçons ou des autres adolescentes, et lutter ainsi contre les préjugés."Se mettre en jupe, c'était un défi à relever. Il y a les remarques négatives, les sifflets, les regards qui font mal, voire les insultes", raconte Tifenn, une élève de la classe de 1ère à l'origine de cette initiative.

    La "Journée de la jupe" est programmée pour jeudi dans son établissement, l'institut privé secondaire, supérieur et agricole (Ipssa) d'Etrelles à une
    quarantaine de km à l'est de Rennes. L'idée a déjà fait des émules en Ille-et-Vilaine: le lycée public de Saint-Aubin-du-Cormier prend le relais vendredi, tandis que l'opération a fait ses preuves jeudi dernier à quelques kilomètres de là dans les Ipssa de Vitré et de La Guerche. Quelques garçons s'y sont même mis.

    Environ la moitié des filles avait troqué le pantalon pour la jupe à La Guerche et un tiers à Vitré, alors que les volants se comptent habituellement sur les doigts de la main dans ces deux établissements.

    "C'est beau une fille en jupe. C'est vraiment bête de leur faire des remarques. C'est galère pour elles", lancent à l'unisson les garçons de 1ère d'Etrelles qui travaillent depuis plusieurs semaines sur le projet. "L'idée est née lors d'ateliers sur la sexualité, au cours desquels les filles ont expliqué qu'il était impensable de mettre une jupe", explique Thomas Guiheneuc, de l'association Liberté Couleur qui encadre l'opération.

    Les organisateurs de la Journée espèrent convaincre des établissements plus urbains. Car les préjugés de type "jupe égale fille facile" ne sont pas propres aux lycées de campagne, assure M. Guiheneuc qui a travaillé depuis six ans avec plusieurs établissements de Rennes.

    "La jupe est un symbole. La journée de la jupe, c'est l'occasion d'instaurer une discussion avec et entre les adolescents dont le vocabulaire est de plus en plus cru et influencé par le porno et qui ne se rendent pas compte à quel point ils blessent", explique M. Guiheneuc.

    Le problème ne se limite pas aux sections où les garçons sont majoritaires. "Les filles sont très dures entre elles. Elles se traitent souvent de prostituées", relève Monique Vivien, directrice de l'Ipssa de La Guerche.

    Mais la peur des insultes ne suffit pas à expliquer que la jupe ait déserté les salles de classe."C'est aussi une question de mode, de confort ou de complexes", rappelle une professeur, observant que les jeunes filles sont beaucoup moins hésitantes sur les décolletés, plus à la mode.

    Gardant en mémoire la bataille menée par les femmes il y a quelque quarante ans pour avoir le droit de porter un pantalon, certaines enseignantes ne cachent pas qu'elles auraient préféré un autre vêtement que la jupe pour symbole.


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  • Horya MERKRELOUF et Christian DELARUE 

    Sexisme et jeunes filles immigrées

    Elément pour un débat.

    (notamment à partir d'un échange "MRAP et NPNS" - 2004)



    * Nous refusons de stigmatiser "le garçon arabe"
    en tant que tel et de considérer que la culture dite "arabe" (ce quisuppose une unicité de ladite culture alors qu'elle est traversée par
    diverses idéologies) serait sexiste par essence et les hommes dits"arabes" sexistes" par nature . (cf. "Le scandale des tournantes" de L
    Mucchielli) . Nous savons que la violence sexiste est partout, dans tous les milieux sociaux .


    Pour autant nous pouvons dénoncer comme eux les violences sexistes dans les quartiers pauvres et abandonnés de
    la République. Le fait d'être arabe ou musulman ne saurait être prétexte pour le silence sur ce point (cf. Josette TRAT contre N
    Guénif-Souilamas).




    * Plus particulièrement, nous pouvons être amené à dénoncer une autre pratique de masse à savoir, le contrôle de la sexualité des filles notamment sur le principe de la virginité . C'est ce que fait aussi l'association NPNS . Mais la façon dont nous aurons à faire cette
    dénonciation sera sans doute différente. Ce contrôle se fait sur les filles et pas sur les garçons. Il y a là certes une discrimination
    choquante et critiquable . Mais le fait de l'attribuer à la religion musulmane, voire à la "culture arabe" peut poser problème au MRAP .
    Pour ma part, je refuse de mettre cela sur la "culture arabe", un mot valise trop englobant . L'attribution à la religion musulmane est plus
    correcte mais là encore attention de ne pas la montrer comme unique et faire de cette religion un ensemble réactionnaire par nature . Je
    préconise l'emploi, si besoin est, du terme d'excès réactionnaire du religieux musulman. Il s'agit alors de préciser qu'il existe bien une
    interprétation réactionnaire et sexiste de cette religion ; cette interprétation donne lieu à des normes condamnables . En fait comme de
    nombreuses religions ont adopté une pratique discriminatoire à la fois sexiste et patriarcale. On pourrait à l'occasion le relater.



    * Concernant le fait de l'émancipation des jeunes filles immigrées .

    C'est plus implicitement qu'explicitement que nous approuvons cette émancipation. Elles ne sont jamais évoquées sur nos listes de débat . Ces jeunes filles émancipées des règles sexistes et patriarcales sont pourtant objet de critiques des indigènes" anti bounty " (*). Elles feraient le jeu de la société dominante et cautionnerait le racisme dominant . Rien moins.
    Cette problématique pose questions:
    .Tout d'abord, doit-on considérer que ces jeunes filles émancipées sont totalement en rupture avec LA culture d'origine de leur famille ou
    doit-on plutôt considérer qu'une même famille immigrée est l'objet d'une "culture mixte", non figée. Cela relève du débat de spécialistes
    mais la tendance va vers le mixage des cultures.

    A un niveau intermédiaire remarquons que ces familles n'échappent pas aux débats idéologiques contemporains et que les jeunes filles adoptent de plus en plus des principes et des pratiques d'émancipation. Cela pose certes souvent des problèmes et génère des conflits dans les familles. Nous avons tendance à ignorer ces effets (parce que nous sommes "blancs", (disons plutôt car nous faisons parti de la société dominante).Soit.
    Mais doit-on pour autant rester neutre afin d'éviter la "manipulation raciste", celle qui à l'occasion stigmatise le "garçon arabe" ? Pire, faut-il les nommer "beurettes émancipées" pour mieux les stigmatiser sous l'étiquette de bounty ? Faut-il refuser l'idée de "l'intégration réussie" sous prétexte d'un possible discours assimilationiste/raciste sous jacent ?

    Ne peut-on penser que l'idée de jeunes filles immigrée assumant une identité musulmane positive - lorsque c'est le cas - est plus à défendre qu'à stigmatiser. Ce n'est pas principalement au MRAP de faire cela . Mais par solidarité nous sommes du coté de l'émancipation.

    Christian Delarue -

    * bounty = friandise au chocolat et à la noix de coco, gâteau blanc à l'intérieur et noir à l'extérieur. La formule souligne pour ceux qui en sent une trahison des individus de
    couleurs qui se comportent comme des blancs. Ils sont dit anti-bounty car ils défendent la culture d'origine y compris le port du voile et mêmes les pratiques sexistes plus graves . La défense de la culture d'origine n'est pas critiquable en soi mais dans toute culture des critiques sont à mener et desdroits sont à défendre.


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