• Pour l'érotisme et Mai 68 !

    L'amour sur les barricades !

    Oui il faut continuer de vouloir s'admirer, s'embrasser, se caresser et tout le reste comme on peut et comme on veut et ce contre "tous les coincés" de droite ou de gauche. Cela ne signifie pas absence de responsabilité ou mépris de l'autre. Il faut être clair sur ces points : L'érotisme ne va pas sans empathie, sans gentillesse et sensibilité même s'il donne volontier dans la transgression (sur la base du consentement).

    En fait il faut ici défendre le chaud contre le froid. En clair défendre l'érotisme plus coincé que jamais entre l'ordre moral (religieux ou laïc) et la pornographie ou la prostitution, entre l'injonction de la pureté et celle de l'accouplement sans affect et sans parole. L'ordre moral se souffre pas l'érotisme, la pornographie non plus. Malgré leur opposition l'un et l'autre font jeu commun et se complètent pour séparer les êtres et les corps.

    La pornographie est beaucoup plus connue que jadis car en quelques années elle s'est diffusée dans les foyers via le net. Il est très aisé d'y avoir accès. Le marché du sexe livre tous les types de corps, de toutes formes, de tous âges, de tout types de sexualité (hétéro ou homo) et avec tous les types de phantasmes . Chacun peut y reconnaitre les siens... et en découvrir d'autres.

    Problème : cela n'a rien à voir avec l'érotisme, avec la chaleur affective d'une étreinte réelle. Le sexe marchandisé produit comme tous les pudibonds de l'ordre moral de l'isolement, de la séparation d'avec l'autre. L'un et l'autre refusent le contact réel. Ils militent pour la distance entre les corps et les êtres, notamment pour les jeunes.

    Contre l'ordre moral religieux ou pseudo-scientifique (psychologues préconisant l'abstinence) il faut réhabiliter la pleine rencontre de l'autre. Car le contact commence par un regard, une parole, un échange avant de consentir à s'embrasser, se toucher, se donner du plaisir.

    Christian DELARUE

    Les commentaires sont sur le site Bellaciao:
    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=51160

     


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  • Le communisme ne saurait abolir la séduction et l'érotisation.

     

    L'histoire pèse lourd sur le comportement des femmes. Les prescriptions hygiénistes, qui ont complété celles des religieux, et des esprits étroits (1), s'adressaient surtout aux femmes qui devaient se montrer discrètes, afin d'éviter l'érotisation. Un certain féminisme a aussi milité en faveur de l'indifférentiation : le pantalon pour tous , aujourd'hui sorte de voile laïc, mais hier interdit aux femmes et réservé aux hommes.

    Il ne faudrait pas croire que la publicité débridée actuelle a changé profondément cela. La séduction est certes admise et même encouragée par les marchands mais pas l'érotisme (2). Là le mépris régne, le respect de l'altérité est oublié . Du coup c'est dans la publicité que la séduction érotique apparait.

    Le communisme devrait inverser les choses. La séduction et l'érotisme devront quitter l'affiche pour passer dans la réalité de la vie. L'érotisme et le plaisir qui lui est lié ne semble pas aller sans contrainte et sans rituel (3) mais ces codes sont librement adoptés. Ce que le communisme devra par contre éradiquer c'est la prostitution .

    (1) Contre le puritanisme, la pudibonderie et l'ordre moral

    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=50505

    (2) Pour l'érotisme et mai 68 sur ce blog

    (3)A lire Jean-Claude KAUFMANNN dans Corps de femmes, regard d'hommes. Nathan 1995


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  • CONTRE LE PURITANISME, LA PUDIBONDERIE ET L'ORDRE MORAL.

    La police du string ostensible et la chasse aux nombrils visibles...

    ...font dans de nombreux pays les beaux jours de l'ordre moral qui combine l'alliance de la police, des religieux et des esprits étroits. Ce n'est pas un sujet secondaire car il n'y aura pas d'émancipation de tous et toutes sans avancées sur cette question!

    Le reproche de "l'allumeuse" irresponsable est récurrent et inadmissible . Il procède par inversion, celle qui consiste à faire porter sur les femmes "sexy" la responsabilité du harcèlement et des violences "sexuelles" qu'elles peuvent subir de la part de certains hommes . Cette logique est sexiste et profondément réactionnaires mais elle fonctionne y compris chez les femmes. Elle traverse toutes les couches sociales tant chez les "élites" que chez les jeunes des banlieues.

    Et ce qui est arrivé au Congo peut arriver ailleurs pour peu qu'il n'y ait pas d'opposition.

    Par ailleurs, il ne faut pas confondre liberté de s"habiller sexy sans remarque des hommes et... des femmes et acceptation des publicités sexistes. Ici, par exemple, le conseil général des Yvelines ne fait guère preuve d'imagination pour donner du département une image moins sexiste et ringarde que cette « technolologie ». Voir le slogan sur la poitrine de la jeune femme - une femme ordinaire mais en tronc sans tête - sur le site

    http://www.yvelines.fr/actu2007/i_love_techno/

    Il y a bien pire que ce slogan signalé par La Meute. On trouve toujours trop de photos de femmes nues sans rapport avec le produit. Pour vendre des sous-vêtements çà se comprends, pour vendre des biscuits c'est du sexisme.

    Christian DELARUE


    La police du string
    Les Congolaises ne doivent plus laisser dépasser ce sous-vêtement par Habibou Bangré *

    Certains agents de police congolais arrêtent les jeunes femmes qui laissent leur string dépasser de leur pantalon. Une mode, inspirée des Etats-Unis et jugée indécente par Brazzaville. Les policiers qui interpellent les « contrevenantes » utilisent tous les moyens pour les décourager de recommencer. Des plus pédagogues aux plus violents.

    http://www.afrik.com/article7101.html

    Cachez ce string que je ne saurais voir. Depuis plusieurs mois, des agents de police du Congo Brazzaville interpellent les jeunes femmes qui laissent dépasser de leur pantalon ce sous-vêtement sexy. Cette mode n'est pas du goût des autorités, qui la jugent malsaine et potentiellement dangereuse pour l'ordre public. Sans l'interdire légalement, ils s'emploient à chasser cette coquetterie brocardée comme « déplacée ». Tous les moyens sont bons pour dissuader les contrevenantes : des cours d'instruction civique, aux insultes, en passant par les violences physiques.

    *C'est la faute aux Etats-Unis*

    Ceux qui s'opposent au port du string ostensible accusent les vedettes américaines de détourner du droit chemin les Congolaises. « Des jeunes filles de 13 à 18 ans se lancent dans cette mode. Mais pas seulement : des femmes d'une trentaine d'années la suivent aussi », certifie Béatrice, 40 ans. Comme la majorité des parents, elle est scandalisée par la visibilité que prend ce sous-vêtement et n'autoriserait jamais sa fille de 13 ans à adopter un tel style vestimentaire. Toutefois, elle considère que « cela constitue surtout un problème lorsque la fille est majeure. Dans ce cas, c'est un vrai manque de pudeur ».

    Problème moral, donc, mais aussi social. La population estime qu'il y a deux types de femmes qui portent le string de cette façon. D'une part, les jeunes Congolaises qui veulent s'identifier aux chanteuses américaines, comme « Janet Jackson ou Madonna ». Dans ce cas, elles portent surtout la tenue incriminée pour sortir en boite de nuit. L'autre catégorie est celle des prostituées. « Elles rôdent autour des hôtels et des boites de nuits pour attirer et séduire les hommes », explique Célestine Kouakoua, maire de Moungali, quatrième arrondissement de Brazzaville. Et d'ajouter que « les filles de bonne famille ne s'habillent pas de cette façon ».

    *Opération Espoir*

    Afin d'encadrer cette mode jugée indécente, les autorités ont pris les devants. Des agents de police de l'Opération Espoir, lancée il y a quelques mois pour en priorité lutter contre le grand banditisme, peuvent interpeller les Congolaises « en infraction ». Bien que médiatisée, cette nouvelle fonction policière ne semble pas avoir fait grand bruit dans les plus hautes sphères politiques. Au cabinet du ministère de la Sécurité et de la Police, l'une des administrations en charge de l'Opération, on assure ne pas être au courant de ce que des agents de police arrêtent des jeunes filles pour ce motif. Mais on n'exclut pas qu'il puisse exister des cas isolés.

    Des cas isolés, mais qui alimentent certaines conversations dans la rue congolaise. « Depuis que l'Opération espoir est entrée en vigueur, les filles qui portent des strings qui dépassent du pantalon sont parfois sévèrement punies. Elles peuvent être envoyées en prison ou frappées. Les policiers se montrent parfois vraiment méchants et brutaux si les filles protestent contre leur interpellation », commente Rosalie, 41 ans.

    *Retour au « civisme »*

    Célestine Kouakoua n'a pas connaissance de ces méthodes violentes. « Dans mon arrondissement, il n'y a pas beaucoup de jeunes filles qui s'habillent de la sorte. Elles sont surtout aux frontières de ma circonscription. Mais quand les agents de police interviennent, c'est surtout pour les rappeler à l'ordre », explique-t-elle. Un rappel à l'ordre qui peut prendre plusieurs formes. Un simple avertissement verbal, un détour par le commissariat, en passant par une amende ou l'obligation de suivre des cours d'instruction civique.

    Les églises se sont jointes aux efforts des autorités. « Elles refoulent les femmes qui ne sont pas habillées comme il faut », explique Béatrice. Ces mesures semblent être efficaces. « Je vois de moins en moins de filles qui portent le string dépassant de leur pantalon dans la rue », assure Rosalie. A la chasse aux strings ostensibles, pourrait bientôt s'ajouter la chasse aux nombrils visibles. Les ventres trop dénudés sont également perçus comme indécents.


    http://www.afrik.com/article7101.html


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  • posté le dimanche 27 mai 2007 (12h13) sur Bellaciao:
    Peux-t-on embrigader Eric FROMM dans l'abstinence sexuelle?

    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=48841

     

    Voici un exemple pris sur doctissimo ou l'abstinence sexuelle ne semble pas signifier absence de masturbation mais chasteté autrement dit absence de rapports sexuel avant le mariage. Ce qui revient à survaloriser à fétichiser l'intitution du mariage et derrière le patriarcat.
    http://www.doctissimo.fr/html/sexua... <http: www.doctissimo.fr="" html="" sexualite="" mag_2002="" mag1011="" se_5987_abstinence_mariage.htm=""></http:>

    Je cite le passage en cause : Dans "L'art d'aimer", le psychiatre américain Erich Fromm ne dit pas autre chose : "Parce que la plupart des gens associent en esprit le désir sexuel et l'idée de l'amour, ils en arrivent facilement à la conclusion erronée qu'ils sont mutuellement amoureux lorsqu'ils se désirent physiquement" (...), or "le désir sexuel peut être stimulé par l'angoisse de la solitude, par l'espoir de conquérir ou d'être conquis, par la vanité, par le souhait de blesser et même de détruire". Préserver sa virginité avant le mariage réserve aux partenaires la découverte commune de l'autre et la construction d'une sexualité épanouie. Fin de citation.

    Les propos d'Eric FROMM dans son ouvrage "l'art d'aimer" prennent il est vrai une tournure rigoriste . Une lecture superficielle pourrait y trouver une apologie des couples simplement cohabitants . C'est qu'Eric FROMM se réclame de Spinoza pour critiquer la passivité du "tomber amoureux" au profit d'une démarche active du "prendre soin" véritable signification de l'amour. S'il distingue assez classiquement l'amour du désir, il ne va pas cependant pas jusqu'à dire que le "prend soin de " ou "avoir de l'attention et de la sollicitude pour" ne doit pas passer par une sexualité épanouie.

    Je crois que le "tomber amoureux" (1) peut avec le temps et une démarche active déboucher sur un réel amour et non sur le clone des cohabitants sans tendresse (2) Reste la question de la sexualité et du désir : le désir est là tant mieux, il est absent tant pis mais le désir et la sexualité fait partie de la vie. Une absente totale et durable de désir et de sexualité peut déboucher - ce n'est pas une fatalité - sur une dépression c'est à dire une forme de vie limitée, rabougrie. Or Eric FROMM a fait l'apologie d'une philosophie de la vie. Il ditingue même dans "le coeur de l'homme" les caractères biophiles - amour de la vie - et nécrophiles - amour de la mort. Se protéger à tout prix de ses désirs sexuels peut entrainer un "durcissement du coeur" que Fromm stigmatise comme d'orientation nécrophile et sadique.

    suite sur Bellaciao


    Christian DELARUE


    Autres références :

    1) Le "tomber amoureux" sur ce blog et sur bellaciao

    2) "Les cohabitants : sans passion et peu d'amour" sur ce blog et sur bellaciao

    Aimer d'amitié. L'amour véritable commence avec l'amitié de Jacqueline KELEN - Robert LAFONT

    "Libres extraits de "Qui est l'autre ?" (de Robert MISRAHI) par Christian Delarue (sur la rencontre amoureuse véritable) http://rennes-info.org/Libres-extraits-de-Qui-est-l-autre



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  • Changer la société : c'est aussi une question de vocabulaire

    http://www.ecologielibidinale.org/fr/miel-vocabulaire-fr.htm


    Jetons à la poubelle de l'histoire les concepts et le vocabulaire
    du patriarcat et de la répression sexuelle

    Notes : certains mots peuvent avoir plusieurs sens, nous ne considérons ici que le sens pertinent par rapport à notre problématique.
    La liste qui suit est loin d'être exhaustive. N'hésitez pas à nous fournir d'autres définitions.

    1 *MARIAGE*, divorce, époux(-se), conjoint(-e), fiancé(e), entremetteur(-teuse), devoir conjugal
    Le mariage est l'institution clé du système patriarcal, capitaliste
    et réactionnaire. C'est l'union de deux personnes de sexe opposé,
    mais aussi l'union de deux familles ou clans.
    Les caractéristiques originales du mariage patriarcal sont les
    suivantes : Les partenaires sont choisis par les familles (on parle de mariage
    arrangé, généralement par le biais d'un ou une entremetteuse). Le
    mariage fait l'objet d'une transaction financière (dot ou achat)
    impliquant les familles.
    Il est un contrat financier (permettant la mise en commun de biens
    et leur transmission, donnant droit à des avantages fiscaux), un
    contrat moral (les époux s'engagent à une exclusivité sexuelle, un
    partenaire ne se peut refuser sexuellement à l'autre, il doit
    accomplir le "devoir conjugal") et un sacrement religieux qui
    renforce l'engagement moral (l'engagement est contracté pour la
    vie). Les futurs époux (les fiancés), au moins la femme, doivent
    être vierges* avant leur mariage. Les enfants portent le nom du père.

    Les règles du mariage se sont parfois assouplies en fonction de
    l'évolution des sociétés (choix des futurs époux, possibilité de
    divorce, de remariage, abandon de la virginité, caractère facultatif
    du sacrement, répression du viol au sein du mariage, transmission du
    nom de la mère, extension à des personnes de même sexe...).
    Toutefois ces aménagements ne peuvent changer la nature
    fondamentalement réactionnaire de cette institution.

    2 MONOGAMIE(-andrie), polygamie(-andrie)
    Ces termes n'ont de sens, pour l'être humain, que dans le cadre du
    mariage*, il définissent les possibilités pour l'un des partenaire
    de contracter plusieurs mariages simultanément. Dans ce cas
    l'exclusivité sexuelle est à sens unique.
    Les défenseurs du mariage hétérosexuel monogamique prétendent que
    l'exclusivité sexuelle à vie est naturelle et s'appuient sur
    l'exemple d'espèces animales ayant ce comportement. Or tous les
    types de comportements sexuels se rencontrent chez les animaux y
    compris l'homosexualité.
    Quand à la polygamie rencontrée dans les sociétés patriarcales, elle
    est l'application d'une domination sexuelle des hommes sur les femmes.

    "La vie sexuelle monogamique exige un dur labeur de préparation.
    Tout le plaisir érotique extra et prégénital est canalisé dans
    les voies de la procréation, c'est à dire de la reproduction de
    la force de travail , nécessaire au capital." Jean-Marie Brohm,
    in l'introduction à "La lutte sexuelle des jeunes" de Wilhelm Reich

    3 FAMILLE

    La famille patriarcale autoritaire est la structure de base du
    système social. Toutes les forces politiques réactionnaires ont pour
    priorité de défendre la "Famille" et la natalité.
    Cette famille se compose d'un couple hétérosexuel marié et de ses
    enfants. Le père est dépositaire de l'autorité, il a parfois droit
    de vie et de mort sur son épouse et ses enfants. Les époux se
    doivent d'avoir des enfants qu'ils devront élever dans le "droit
    chemin", c'est à dire de leur transmettre les règles et les valeurs
    de la société. La famille est le lieu privilégié de la reproduction
    de la structure sociale autoritaire ainsi que de la névrose.

    "Ainsi par la famille se maintient et se perpétue à travers les
    générations la répression sexuelle qui sert de fondement à la
    soumission des masses, à l'anéantissement du sens critique, à
    l'angoisse de transgresser l'ordre établi, à la culpabilité du
    bonheur, toutes choses qui garantissent la solidité de l'état
    capitaliste et de son appareil répressif." Jean-Marie Brohm, in
    l'introduction à "La lutte sexuelle des jeunes" de Wilhelm Reich

    4 FIDELITE, adultère, cocu, tromper, volage

    La fidélité consiste à appliquer l'exclusivité sexuelle au sein d'un
    couple (marié ou non). L'infidélité est en général un élément de
    conflit essentiel au sein des couples. L'infidélité est un fait
    suffisant pour obtenir le divorce dans le cas d'un couple marié, il
    est aussi une circonstance atténuante (permettant parfois
    l'acquittement) dans le cas ou celui qui est trompé (le cocu)
    assassine son conjoint (on parle dans ce cas de "crime d'honneur*").
    Volage est un synonyme d'infidèle en moins péjoratif.
    L'adultère (infidélité dans le cadre du mariage*) n'est pas
    seulement une rupture du contrat moral du mariage, c'est aussi un
    péché* capital et parfois un crime puni de mort pour les femmes.
    L'infidélité de l'homme est généralement une moindre offense que
    celle de la femme et elle peut être même parfaitement admise si elle
    s'exerce avec une prostituée (d'où l'age d'or des bordels européens
    au XIX^ème siècle.) On admet dans ce cas un "besoin" sexuel de
    l'homme qu'il ne peut toujours satisfaire avec son épouse. Ce besoin
    par contre est dénié aux femmes.

    "Le mariage bourgeois et le bordel sont indissociables, ces deux
    institutions sont aussi exécrables l'une que l'autre." Michel
    Leiris, Journal.

    "Le bonheur d'un homme marié dépend des femmes qu'il n'a pas
    épousées." in Une femme sans importance, de Oscar Wilde
    "Les hommes se marient parce qu'ils sont las ; les femmes parce
    qu'elles sont curieuses ; les deux sont déçus." in Le Portrait
    de Doryan Gray, de Oscar Wilde

    5 *AMANT*, maîtresse, concubine
    Désigne un ou une partenaire sexuelle d'une personne vivant en
    couple, en dehors du couple. Cette notion n'a de sens que par
    rapport une notion de couple supposant l'exclusivité sexuelle.

    6 *JALOUSIE*
    Sentiment éprouvé par celui ou celle qui ne supporte pas l'idée que
    son partenaire sexuel habituel puisse avoir des relations sexuelles
    ou sentimentales avec une autre personne. Ce sentiment se fonde sur
    le désir d'une exclusivité sexuelle c'est à dire d'une relation de
    possession et de contrôle de l'autre. La jalousie est souvent la
    motivation des meurtres au sein des couples (dits alors "crimes
    passionnels <http: mp1pm.ouvaton.org="" mp1pm-marie.htm=""></http:>" - à propos
    du meurtre de Marie Trintignant, sur le site du MP1PM).
    Lire aussi une petite chanson sur ce thème : "petit propriétaire
    <http: www.ecologielibidinale.org="" fr="" miel-petitproprio-fr.htm=""></http:>."

    7 *HONNEUR*, déshonorer, compromettre la réputation
    La notion patriarcale et puritaine de l'honneur est notamment
    attachée au comportement sexuel de la femme. Une femme qui a une
    relation sexuelle hors mariage* (consentie ou non) se déshonore et
    déshonore également sa famille (parents) et son mari (si elle est
    mariée). Elle s'expose alors a une punition allant de l'exclusion à
    la mort. Il est à noter que dans les sociétés les plus patriarcales, une
    femme violée est non seulement déshonorée mais aussi considérée
    comme responsable (par immodestie*) et donc exécutée comme adultère*.
    Être vue en compagnie d'un homme autre que parent proche ou mari
    peut compromettre la réputation d'une femme, c'est à dire jeter un
    soupçon d'immoralité* sur son comportement. Ceci peut suffire dans
    certaines sociétés à lui faire subir le châtiment réservé aux femmes
    "déshonorées".

    8 **PECHE**, mauvaise vie, impure, immoral
    Une femme de mauvaise vie (qui "vit dans le péché") est une femme
    qui a des relations sexuelles en dehors du mariage (qu'elle soit
    mariée ou non). La notion de péché introduit la morale religieuse
    (le bien , le mal) dans les relations sexuelles.

    9 *FILLE FACILE*, salope, pute
    Insultes et qualificatifs dévalorisant visant toute femme qui
    s'adonne avec plaisir à la sexualité, notamment en variant les
    partenaires sexuels. Une femme ainsi dévalorisée et méprisée (sans
    honneur*) sera alors l'objet privilégiée de sollicitations sexuelles
    violentes de la part des machistes et peut être parfois violée
    impunément.
    Dans les schémas patriarcaux, la femme ne peut être que "mère"
    ("chaste et pure") ou "putain". ("Toutes des salopes sauf maman"
    entends-on répéter dans les cours de récréations.)
    A l'inverse un homme qui multiplie les "conquêtes" féminines sera
    parfois valorisé comme "séducteur".

    10 *VIERGE*, virginité, immaculé, pureté, souillure

    Vierge se dit d'une personne n'ayant jamais eu de relation sexuelle.
    L'usage du terme immaculé indique bien que la sexualité est ici
    considérée comme une tâche, une souillure.

    Voici un fait divers qui s'est déroulé en France dans les années
    80 : un garçon avait réussit à inviter chez lui une jeune fille
    très timide pour prendre le thé. Lorsqu'il essaya de
    l'embrasser, elle paniqua et se mit à crier. Voulant la faire
    taire le garçon eu un geste violent et maladroit de la main qui
    brisa la trachée de la jeune fille. A son enterrement les
    parents de la jeune fille ont disposé une couronne mortuaire sur
    laquelle on lisait /"morte plutôt que d'avoir été souillée"/.

    La virginité est "le bien le plus précieux" d'une jeune fille, son
    honneur* y est attaché (celle qui a conservé sa virginité est dite
    "pure"). Lorsque la virginité est requise pour le mariage, la femme
    qui a eu des relations sexuelles ne peut se marier, elle est rejetée
    par la société et le plus souvent obligée de se prostituer pour
    survivre. Le caractère physiquement vérifiable de la virginité chez
    les femmes (hymen) les place bien évidemment en situation de
    désavantage par rapport aux hommes. A noter que dans ces sociétés il
    existe un métier bien particulier : celui de recouseuse de virginité !

    On peut penser que l'importance accordée à la virginité avant
    mariage, prolongée par l'exclusivité sexuelle dans le mariage, est
    liée à l'incertitude dans laquelle se trouve l'homme par rapport à
    la paternité : cette exclusivité sexuelle lui garanti en effet que
    les enfants nés de sa femme sont bien les siens, ce qui est très
    important pour la transmission du patrimoine.
    De plus cette exclusivité sexuelle assure au mari que sa femme
    n'aura pas de point de comparaison et ne sera pas ainsi tentée de
    chercher un meilleur "amant".

    La survivance de l'importance de la virginité dans certains milieux
    de notre société (exemple : la "bonne société" Versaillaise) conduit
    certaines jeunes filles à avoir des rapports sexuels basés sur la
    sodomie pour préserver leur hymen : l'hypocrisie grotesque de ce
    concept éclate en plein jour !

    11 *PUDEUR*, modestie, honte
    La pudeur consiste à dissimuler ce qui est honteux ou intime : son
    corps et ses sentiments (de nature amoureuse). L'enseignement de la
    pudeur (ou "modestie" pour les jeunes filles) est une des
    principales façon de réprimer durablement les pulsions sexuelles
    (qui sont considérées comme honteuses) des jeunes.
    Les formes les plus extrêmes de pudeur (courantes au XIX^ème siècle
    et jusqu'au milieu du XX^ème siècle dans certains milieux sociaux)
    vont jusqu'à interdire aux femmes la vision de leur propre corps :
    elles se lavent alors vêtues d'une chemise.
    Les puritains désignent généralement les organes génitaux par la
    périphrase "parties honteuses".
    En art, la figure de la "Vénus pudique" est une représentation d'une
    femme nue dissimulant à l'aide de ses mains sa poitrine et son
    entrejambes. *chasteté*, abstinence
    L'abstinence sexuelle est valorisée (au moins lorsqu'elle concerne
    les femmes) dans les milieux patriarcaux et religieux. La chasteté
    est souvent imposée aux représentants de la religion. Les
    perturbations psychiques et corporelles qu'elle entraîne sont
    favorables aux "délires mystiques" mais conduisent aussi aux
    perversions et crimes sexuels.
    Chaste est parfois utilisé comme synonyme de pudique. Est chaste une
    personne ou une relation qui ne donne pas prise aux fantasmes sexuels.

    12 *PLATONIQUE*
    se dit d'une relation amoureuse d'où les contacts sexuels sont
    volontairement absents. Les partenaires s'astreignent à la chasteté
    par timidité (répression intégrée de leur propre sexualité), pour ne
    pas commettre de péché* (adultère ou relations sexuelles avant le
    mariage) ou pour conserver leur virginité*.

    13 *LUXURE*, permissivité
    La luxure est un péché* capital qui consiste à s'adonner aux
    fantasmes ou activités sexuelles sans retenue. Les puritains
    stigmatisent ce qu'ils appellent la "permissivité" (la liberté
    sexuelle) en lui attribuant tous les maux sociaux (crimes et
    perversions sexuels, violence, régression de la "morale"...)

    14 *CONTRE NATURE*
    Est dite "contre-nature" toute forme de sexualité non strictement
    hétérosexuelle. Ce qui est évidemment absurde au regard des
    situations variées rencontrées dans le règne animal.




    Pour en savoir plus sur la déconstruction des catégories de genre, lire le livre de Monique Wittig "La pensée straight", 1992. Fiche de lecture <http: www.mix-cite.org="" bibliotheque="" index.php3?refarticle="203"></http:> sur le site de Mix-cité.

    <http: www.ecologielibidinale.org="" fr="" miel-cadre-fr.htm=""></http:>

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