• Crimes d’honneur : Jesus et la lapidation.

    La lapidation des femmes infidèles est une pratique très très ancienne (1) bien antérieure aux trois grands monothéismes (pour ne retenir que ces religions). Ce ne sont pas des pratiques explicitement inventées par les religions.

    Mais cette pratique barbare a perduré là ou les religions "de paix et d’amour" auraient du, au fil des siècles, diminuer le nombre et la dureté de ces pratiques. A minima ! La première fonction des religions est de moraliser les pratiques humaines, de faire prévaloir le bien contre le mal, mais pas comme le ferait un païen. C’est dans la façon de punir - plus humaine - que l’on aurait du trouver l’empreinte des religions d’amour. Ce ne fut pas le cas. Alors que tous ces siècles étaient des "siècles religieux" ou l’athéisme était quasiment inexistant et que le pouvoir religieux était puissant ces barbaries ont perduré. Les siècles sont passés et les crimes d’honneur se sont maintenus dans divers coins de la planète. Les religions ont donc fait - au mieux - silence. Pire certains de ses interprètes - que l’on nomme intégristes - ont trouvé dans les textes sacrés des justifications pour continuer ces crimes honteux.

    Pour ne pas prendre le cas de l’islam qui s’est, dans plusieurs pays, accommodé de ces crimes d’honneur des hommes, pères ou frères, tuant les femmes par lapidation ou autres meurtres plus dur encore (enterrement vivante) nous allons prendre le cas de Jésus.

    "Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre !"

    Jésus a eu - si on en croit les textes - à se prononcer sur le sort d’une femme adultère devant la foule mais surtout devant des pharisiens très attentifs à sa décision. En effet soit Jésus allait dans le sens de la loi et il discréditait la défense d’un Dieu d’amour et de pardon soit il se prononçait en compréhension de cette femme infidèle contre la rigueur de la loi et il subissait lui aussi la lapidation en même temps que la femme. Qu’a fait Jésus ?. Il s’est d’abord montré en silence tendre et compatissant à l’égard de la femme sans nom menacé de mort. Puis dans un second temps, il s’est relevé et à regardé les pharisiens en disant "que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre". Les pharisiens partirent peu à peu. Par ces mots Jésus sauva cette femme car elle n’avait plus d’hommes pour la tuer sauvagement.

    Jésus "politique" ? féministe ? réformateur ?

    Jésus a-t-il à cette occasion remis en cause l’injustice de cette loi ? A-t-il été féministe ? Non. A aucun moment il n’a critiqué cette loi. Il n’a pas demandé son adoucissement, ni l’égalité entre femmes et hommes. Il n’a pas relativisé l’importance de ce "péché". Aujourd’hui les gens civilisés, ceux qui défendent l’égalité, la réciprocité et le pardon savent qu’il s’agit d’un agissement humain mineur qui a traversé les siècles. Rien de grave . C’est un comportement qui se comprend. Surtout, il y a beaucoup plus grave. Ce qui est très grave et qui a aussi traversé les siècles c’est l’oppression sexiste.

    Un des crimes sexistes les plus permanent à éradiquer est le viol. Comment les femmes peuvent-elles aborder les hommes librement et à égalité si des hommes peuvent à tout moment choisir le viol ou même plus modérément se montrer agressif et injurieux. Pour autant percevoir tous les hommes comme des prédateurs est nuisible en plus d’être une erreur (2).

    Christian Delarue

    1) Contre l’hyper-sexisme et les crimes d’honneur

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php ?article1140

    2) Nous sommes riches de nos différences ! Toutes ?

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php ?article1143


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    Nous sommes riches de nos différences ! Toutes ?

     

     

    Voilà une formule antiraciste qui a fait l'accord jadis au sein du MRAP entre les chrétiens et les marxistes, ces derniers ayant ajouté l'exigence d'égalité avec la formule : " Vivre ensemble égaux avec nos différences ". L'idée que toutes les différences ne sont pas nécessairement enrichissantes est venue ensuite. Il est en effet des relations aliénantes, toxiques. Il est des relations d'oppression et de dominations. Psychologiquement, on le sent parfois à la gêne respiratoire, au regard fuyant ou absent. Le phénomène peut être provisoire et il importe de ne pas voir comme définitif ce qui ne l'est pas. Si la liberté n'est pas dans la relation, pas plus que
    l'égalité c'est qu'elle porte l'empreinte de la domination ou du moins de la peur de la domination ou de la violence.

    Sortir de "l'enfer c'est les autres"!

    Il y a certes des peurs réelles et d'autres fantasmées, source de projections sur l'autre. La peur trop forte de l'inconnu empêche d'aller vers la rencontre "au risque de l'autre" . Une telle peur non jugulée pousse au repli sur soi et à une vie limitée, réduite, pauvre.

    Il y a la peur des cultures différentes. Les cultures différentes peuvent se mélanger peu à peu si le commun est respecté. L'ouverture culturelle ne doit pas être synonyme de relativisme culturel signifiant acceptation de l’oppression, de la violence notamment du sexisme.

    La peur du sexe différent est courante. Le système patriarcal reconduit la peur des femmes pour les hommes, la peur des hommes pour les femmes. Ces peurs prennent appui sur des dominations lourdes, historiques et transnationales. Néanmoins, pour vivre et non survivre il importe de sortir de "l'enfer c'est les autres" (formule sartrienne), entendez tous les autres ! Voir autrui comme " élément " nécessaire de sa propre richesse est une première révolution à accomplir . Il faut ajouter immédiatement que cette vision est fondée sur le consentement, la réciprocité et l'égalité. Autrui est autonome et respecté dans sa différence dans la rencontre. Une telle rencontre est le premier pas vers l'enrichissement de soi et de l'autre.


    Hommes et femmes : sans autrui je ne suis rien.

    C'est grâce à une femme que l'on devient homme et vice et versa. Tout ce qui est fondamental, dans notre existence, s'est construit dans une rencontre personnelle, amicale ou amoureuse ou fortuite et sans lendemain. L'humain se crée dans la relation. Nous sommes le fruit de nos multiples rencontres. Certaines nous marquent plus que d’autres certes.

    S'agissant des rencontres essentielles, on peut sans doute dire que nous sommes alors co-construit par et dans une relation durable par la différence de l’autre. Mais ce qui est commun est aussi reconnu. C’est ce qu’on ne saurait oublier. Si la différence ne doit pas être méprisée l’humanité commune avec le souci de dignité, d’égalité doit être aussi valorisé comme élément de richesse. La différence y vient en plus.

    L’humanité commune et les corps différents.

    Si comme homme je vois telle femme comme belle et séduisante et que je la respecte dans sa différence qui me fait homme c’est que je la vois aussi et principalement comme être humain et que cette dignité fondamentale me permet de l’approcher et de la rencontrer quelque soit le type de relation à vivre. La formule vaut pour un regard empreint de répulsion. C’est bien l’humanité de l’autre qui me fait écarter provisoirement ou durablement parfois des différences repoussantes.

    La séduction n’est pas seulement celle de l’esprit mais aussi celle du corps et de ses attributs. La séduction n’est pas qu’une dérive du capitalisme c’est aussi une constante de l’humanité. Ce qui est de l'ordre de l'histoire et de la géographie ce sont les modalités de ce phénomène. La séduction est un phénomène social variable. Il y a là une lutte à engager contre les " coincés " des deux bords les fondamentalistes religieux qui prône le sexo-séparatisme et les marchands de corps féminins qui négligent soit la féminité de la femme soit l’humanité de la femme.

    Encore faut-il qu'il y ait relation ! Encore faut-il des humains !

    Que dire d'une femme sous burqa pour entrer en relation. Quelle reconnaissance de cette différence ? Quel enrichissement ? Toute différence n'est pas richesse. Certaines relations portent l'empreinte de l'oppression. Rien d'éternel . La libération est possible. Au fondamentalistes religieux comme aux érotomanes il faut dire de cesser de mépriser le sexe féminin , le réduire soit à un objet (pour les femmes) soit à un prédateur (pour les hommes).

    Pour finir retenons que l'autre peut être un ami, une aide, une richesse si l'on s'ouvre à lui. Rester cadenassé dans sa muraille intérieure ne facilite aucune relation enrichissante. Ce texte déploie une vision non naïve – puisque l’humanité est partiellement aliénée, soumise, exploitée, dominée et que cela a nécessairement des effets que Marx et Freud et bien d’autres ont souligné au plan social et individuel - mais néanmoins optimiste et surtout active des relations humaines


    Christian Delarue


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  • Les identitaires catho-laiques contre le sexo-séparatisme et les identitaires musulmans.

    Face à cet affrontement en cours, des organisations antiracistes pose une critique antiraciste unilatérale qui a pour effet de soutenir les musulmans identitaires et l’islamisation par la prière. Cela pose problème.

    On ne revient pas sur le cadre de l’affrontement : lire "A propos de l’ "Apéro géant Saucisson et pinard" à La Goutte d’Or !"

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php ?article1111

    En l’espèce, deux problèmes de libertés publiques sont à résoudre en équilibration, qui ménage interdictions et autorisations

    1 - La prière dans la rue pour les mosquées et pour l’implantation des pratiques musulmanes.

    Ces prières massives dans la rue tous les vendredis sont un moyen pour les musulmans d’obtenir des lieux de prière par la pression contre les élus ; ces derniers sont alors pressés de faire cesser l’islamisation de l’espace public en faisant entorse aux règles de la laicité . En vérité, cela correspond plus à un processus d’islamisation qu’à un complot sciemment organisé. L’islamisation par la prière de certaines rues entières correspond à un refus de "l’islam des caves".

    Le problème est que ce n’est pas aux contribuables de construire des mosquées pour les musulmans pas plus que des synagogues pour les juifs ou des temples pour les protestants ou des églises pour les catholiques. Pourtant selon Riposte laïque Daniel Vaillant et Bertrand Delanoë ont décidé de mettre 28 millions d’euros pour un tel projet à la Goutte d’Or. Il faut dire que le risque est réel d’un financement par les wahabites saoudiens. Tant pis ! La laïcité doit être respectée.

    Maurice Vidal rappelle, cette semaine, que la stratégie a déjà marché à Torcy, où le maire socialiste s’est couché en quelques heures. Elle est en expérimentation à Strasbourg, Montluel et Montpellier. On a vu, dans cette dernière ville, plusieurs centaines de musulmanes voilées et de musulmans barbus occuper la place de la mairie, et se croire réellement en pays conquis, comme s’ils étaient à La Mecque ou à Téhéran, où on prie dans la rue à volonté.

    Effet du manque de mosquées, la prière publique de masse est aussi un vecteur de renforcement de l’islamisation. Riposte laïque souligne "Qui ne comprend pas que les musulmans radicaux sont en train de vouloir nous imposer leurs prières dans la rue, pour rendre l’islam encore plus visible, et en faire une donnée incontournable de la société française, mais aussi européenne". C’est possible. Et il est aussi possible que ce soit pénible à vivre pour les citoyens non musulmans ? Que faire ? Appliquer la réglementation ordinaire sur l’usage du domaine publique semble judicieux. Les décisions de l’Administration sont sous contrôle du juge de l’excès de pouvoir en cas d’abus.

    Ce sur quoi il convient d’être intransigeant c’est contre le racisme anti-blanc qui monte tout autant que contre le racisme anti-musulman mais c’est aussi contre le sexisme à l’encontre les femmes en jupe.

    Les autorités publiques auraient du agir plus tôt.

    2 - L’interdiction problématique demandée par le CRAN et SOS Racisme

    Le Parisien signale que : Le Cran (Conseil représentatif des associations noires) a appelé le maire et le préfet de Paris "à empêcher l’apéro géant discriminatoire" car cet événement "prétend, d’après son instigatrice, s’opposer à l’islamisation du 18e qui est de plus en plus ostentatoire". SOS-Racisme a aussi dénoncé un "rendez-vous islamophobe" et demande son interdiction.

    http://www.leparisien.fr/paris-75/vers-une-interdiction-de-l-apero-saucisson-et-pinard-14-06-2010-964093.php

    Il est probable que l’apéro géant soit l’occasion de crier contre les musulmans et soit donc un moment d’islamophobie intense. Pour autant, il parait outrancier de demander son interdiction avant qu’il se tienne. C’est faire peu de cas des libertés publiques, de celles que l’on a abondamment citées à l’appui de la burqa.

    Quand au Cran il demande l’interdiction simplement parce que son instigatrice "prétend s’opposer à une islamisation ostentatoire". Cela fait un peu court aussi. Ce qui est critiqué d’abord c’est la prière massive dans la rue et des problèmes que cela pose, prière massive qui n’est elle même qu’un constat d’une certaine islamisation. C’est cette islamisation spécifique qui est critiquée et non toute islamisation en générale.

    Christian Delarue MRAP


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  • HISTOIRE D’UNE AMPUTATION RELIGIEUSE SÉCULAIRE

    Comment les trois monothéismes ont-ils tué la femme ?

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1075

     

    Suite à une lecture antiraciste et antifasciste du Traité d’athéologie de M Onfray .

    Le Traité d’athéologie de Michel Onfray et l’islamofascisme.

    Entre temps, l’auteur vient de se faire rudement tancer par Elisabeth Roudinesco à propos de son dernier ouvrage contre Freud. (Mais je n’ai pas encore lu son dernier livre !)

    A propos d’amputation...

    Les trois monothéismes ne sont pas responsables des pratiques d’excision contre le plaisir des femmes même si ici ou là dans l’histoire cette pratique barbare s’est bien intégrée au sein de l’ensemble des pratiques religieuses, celle de l’islam surtout. Ils ont fait pire ils ont amputé les femmes de la complétude de leur être adulte.

    1 - LA MERE ET LA FAMILLE PATRIARCALE

    Les trois monothéismes - malgré leurs différences d’approche sur certains points - , ainsi que le note Michel Onfray , ont procédé autrement. Ils ont créé la mère et la famille patriarcale.

    D’abord, l’homosexualité est exclue. C’est une constante.

    Ensuite, l’homme qui devient mari et père reste un homme mais il n’en va pas de même pour la femme qui elle doit perdre son statut de femme en deux temps selon M Onfray d’abord en devenant épouse ensuite en devenant mère. Une éducation stricte contre la sexualité assimilée au mal et à la dépravation incite à la chasteté et interdit aussi la masturbation. Les contrôles sont rigoureux et les punitions sévères.

    Pour ma part, je vois que la religion sous domination patriarcale fait disparaître la femme et avec elle le désir et le plaisir en trois temps plutôt qu’en deux : 1 en associant virginité avant mariage et mariage à sexualité exclusive ensuite (la polygamie ne change rien ici pour les femmes) puis 2 sexualité et procréation exclusive puis 3 éducation des enfants et vocation maternelle. Au hommes restent le travail... et les rencontres. Cette configuration d’oppression a perduré des siècles. Elle a durablement marqué les esprits jusqu’à l’avènement du féminisme.

    2 - UN REGIME CULPABILISANT ET PUNITIF SEXUE.

    Les hommes qui sont donc plus libres sont aussi nettement moins culpabilisés. Les religions ont aussi institué un régime différencié de la culpabilité. Les obligations de chasteté pèsent sur les deux sexes mais dans la réalité les jeunes hommes apprennent vite qu’il s’agit pour eux d’une faute vénièle alors que les jeunes femmes comprennent assez rapidement que pour elles la faute est gravissime.

    Le problème - car il y a un problème - est que ces hommes ne rencontrent que des mères et pas de femmes. Les femmes n’existant pas la rencontre exclue le plaisir de la femme donc l’égalité et la réciprocité. La relation sexuelle est fondamentalement struturée par la domination. La domination n’est pas un jeu sexuel éventuel dans un environnement égalitaire mais le seul vécu possible : elle est la perpétuation de la domination extérieure dans l’intimité. En outre la domination n’est pas le pire car la rencontre est fondée sur l’adultère très sévèrement réprimée pour les femmes. A la culpabilité gravissime vient s’ajouter l’opprobre social au mieux et des sanctions très sévères au pire. L’islam est certes en tête des pratiques punitives hypersexistes du type lapidation mais n’en a pas l’exclusivité loin de là. Les autres religions ont pratiqué abondamment le tabassage punitif. La coutume s’est banalisée après la "mort de Dieu". La sécularisation n’a pas éteint la violence. Elle a au mieux enlevé le discours de justification. Mais les masculinistes sont de retour.

    Mesurons bien l’emprise de la religion mortifère qui se drape d’amour. Pour que les mères courent le risque de l’adultère il faut vraiment qu’elles aient envie de connaître les plaisirs qui leur sont interdits par la culture patriarcale et religieuse. Cela arrive fatalement. Pendant le mariage le plaisir est absent car la sexualité est limitée à la procréation et même au moment de procréer le plaisir est quasiment impossible du moins pour la femme. Le plaisir fait peur. C’est peu de dire qu’il n’y a aucune éducation à la sexualité tant pour les hommes que pour les femmes. Il s’agit bien plutôt d’une anti-éducation puisqu’on y apprend pas les usages raisonnables de la liberté pour soi et pour autrui mais l’évitement de tout signes de désir. Il faudra attendre les années 1970 et le mouvement féministe pour que les choses changent.

    3 - LA NAISSANCE DIFFICILE DE LA FEMME AU XX ème siècle

    Les féminises disent les femmes pour éviter une naturalisation, une essentialisation. Comprenons-nous bien, il ne s’agit pas ici de défendre LA femme modèle par rapport à d’autres femmes mais de l’avènement de la femme qui n’est plus seulement enfant ou mère. Mesurons qu’il s’agit bien d’une révolution. Une révolution non achevée avec de plus son thermidor.

    La marchandisation du monde a libéré la femme de la religion patriarcale pour la faire basculer comme icône sexy. Le phénomène a donné lieu à la fois à un regain de religiosité réactionnaire dont le port du voile islamique est un avatar mais aussi fort heureusement à une conception féministe du corps. "Il m’appartient. J’en fais ce que je veux". Formule qui fait pièce à fois contre la marchandisation charnelle et contre l’austérité religieuse. Cette position a permis d’enclencher un combat plus ferme contre la prostitution et contre la pornographie mais pas contre l’érotisme librement consenti. L’érotisme a toujours du à se défendre contre deux adversaires : la pudibonderie ancienne d’un côté et la marchandisation du sexe de l’autre.

    On doit au féminisme et à la science d’avoir promu la pilule, l’IVG et avec cela une conception de l’égalité et de la réciprocité entre hommes et femmes. Évidemment l’égalité et le partage ne se limite pas à la sexualité libérée et à l’érotisme ; elle doit s’appliquer aussi dans et hors travail. Partout. Ce que refusent les masculinistes (croyants ou athées) qui aujourd’hui militent pour le retour au foyer des femmes au prétexte d’un dfférentialisme biologique et naturel. Ce sont eux aussi qui nient la violence des hommes sur les femmes.

    Christian Delarue Rennes


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  • Comment combattre l’intégrisme musulman sans stigmatiser les musulmans ?

    Ilham Moussaoui, le NPA et la question de la chair et de la respectabilité des femmes.

    *

    Ce texte prolonge celui déjà publié

    Une musulmane d’émancipation apparaît dans le Vaucluse.

    Le positif et le négatif : débat sur l’ambiguïté de l’affichage sexo-religieux au NPA

    *

    Combattre l’intégrisme chrétien est aisé et les chrétiens ordinaires ne se sentent pas visés. Même au sein des chrétiens dits ordinaires les comportement et attitudes sont très variables. Il en est de même pour les musulmans. Il n’y a pas qu’une seule interprétation du Coran mais plusieurs et même en dehors des interprétations possible les musulmans décident librement de pratiquer ou non telle ou telle norme.

    Le combat contre l’islamisme réactionnaire se déploie dans le cadre de la lutte contre les intégrismes. Ce qui renvoie à la définition des intégrismes. Ce combat contre l’islamisme réactionnaire ne porte pas contre les musulmans ordinaires. Qui sont les musulmans ordinaires ? Qui sont les intégristes ?

     

    I – LE NPA DU VAUCLUSE CONTRE LES INTEGRISMES RELIGIEUX ?


    Le NPA à la suite de la tradition de la LCR se devait de tenir les deux bouts d’une orientation se voulant à la fois non islamophobe ce qui ne signifie pas absence de critique de certaines pratiques issue de l’islam et critique de l’intégrisme musulman comme de tous les intégrismes.

     

    A) De la critique du fondamentalisme à celle de l’intégrisme.

    1 – Fondamentalisme et intégrisme.

    Si le fondamentalisme est la lecture érudite et au plus près des textes, l’intégrisme lui concerne plus les pratiques politiques, sociales et culturelles de la religion, avec ou sans référence au texte sacré. Pour nombre d’auteurs le fondamentalisme islamique a pour particularité d’embrasser et de confondre sphère politique et sphère civile.

    2 – Pour une critique de l’islam sans islamophobie raciste

    Si les critiques débattent des textes sacrés pour les critiquer c’est leur droit le plus strict - pour l’islam comme pour les autres religions - mais à condition que cette critique ne débouche pas sur une stigmatisation de tous les musulmans. Dans ce cas là ce n’est plus une opinion mais un délit, du moins en France. Plus précisément c’est une islamophobie qui débouche sur une musulmanophobie, ce qui se nomme racisme anti-musulman. De Robert Redeker à Wild Wilder on retrouve le même discours qui développe longuement une féroce critique de l’islam – de droit – pour in fine attribuer toute la charge de cette négativité à l’ensemble des musulmans et non à une minorité de croyants.

    Renvoi à La "laïcité ethnique", la racisation et le racisme.

    3 – L’intégrisme des pratiques.

    Laissons ce volet critique des textes sacrés – le Coran en l’espèce - pour s’intéresser aux citoyens engagés dans la cité. Ce qui les intéresse ce sont les pratiques sociales au sens large, tant politiques que quotidiennes. Ils se réfèrent pas aux textes. Ils savent que les croyants choisissent comme ils veulent - du moins dans une société libre - les normes qu’ils entendent respecter.

    4 – Intégrisme politique et intégrisme socio-culturel.

    L’intégrisme est variable. On peut distinguer celui qui emporte des prescriptions politiques contre la démocratie ou contre la laïcité ou/et celui qui surcharge le quotidien des prescriptions sociales et culturelles. L’intégrisme n’est donc pas uniquement focalisé sur une emprise autoritaire dans le champs politique. Il peut vouloir agir dans la société civile pour imposer des mœurs particulières contraignantes, de type séparatistes.

    5 – Le sens d’une normativité de libération.

    Il existe cependant une normativité d’émancipation issu du féminisme et de la spiritualité athée : En général la tendance à se libérer des contraintes de la religion se manifeste par des libertés gagnées : manger ce que l’on veut, s’habiller comme on veut, fréquenter qui on veut, faire l’amour comme on veut. De nombreux chrétiens ont fait ce parcours-là. Certains le font en devenant athée d’autres en restant chrétien mais sur un mode de sécularisation (plus que de laïcité) . L’intégrisme au contraire pose des contraintes, ajoute des normes aux normes. Il pousse au sexo-séparatisme, à des vestimentations couvrantes, à des règles strictes variables selon les religions pour la vie sexuelle.

    6 – Stigmatiser quelque chose qui s’enlève est mineur

    Stigmatiser quelque chose qui s’enlève est mineur Chaque individu qui porte sur lui visiblement sont stigmate sans pouvoir s’en débarrasser subit un regard dévalorisateur de la société. Les antiracistes et les humanistes en général se sont intéressés à la sociologie du stigmate, notamment celle de I Goffman, pour en combattre les effets. Mais quand l’objet du stigmate – voile ou kippa - n’est pas attaché à l’individu et qu’il est volontairement exhibé alors que le symbole qu’il contient est critiquable, l’individu sait à quoi s’en tenir. Il s’inscrit dans une certaine conflictualité celle autorisée par la laïcité et l’antiracisme. En effet, le régime de tolérance de la société civile autorise le débat sur les consciences et les opinions.

    La solution réside dans le geste libératoire. Mais c’est de la confrontation que peut naître le geste et non d’une injonction autoritaire. Cela n’implique nullement abandon de la religion, abandon de la spiritualité. Il s’agit de s’intégrer dans des rapports sociaux pacifiques car sécularisés.

    7 – Les revendications communautaristes musulmanes.

    Elles existent et commencent à poser problème. Il ne s’agit pas seulement de l’occupation illégale du domaine public routier (certaines rues) pour la prière des seuls hommes musulmans. Il s’agit aussi de tout un ensemble de revendications communautaristes dont certaines peuvent faire l’objet de compromis mais pas d’autres. Voir fin de texte.

     

    B) Le NPA du Vaucluse défend une "spiritualté" qui une fois de plus compose avec le rigorisme de la chair.

    Au regard des développements précédents, il est difficile de comprendre que le port du voile par une militante NPA puisse apparaître pour un pas vers l’émancipation alors que le NPA milite pour l’émancipation sous toutes ses formes. Le NPA ne milite pas en principe que contre le classisme et le racisme . Il s’oppose au sexisme et au communautarisme. Evoquer le parcours spirituel comme le fait Sadri Khiari ne précise absolument pas le sens de ce parcours ; intégrer des normes contraignantes ou s’en débarrasser. A cet argument-là on oppose une spiritualité réactionnaire voire sectaire intégratrice des normes religieuses contraignantes et une spiritualité d’émancipation qui choisit d’agir véritablement librement.

    L’initiative du NPA du Vaucluse est ambiguë et de ce fait enclenche en interne comme en externe des débats agités. Il y a affichage intégriste et discours féministe. On brouille les pistes. Avec quoi ?

    Deux types d’arguments sont avancés. * d’une part il s’agit d’une camarade qui porte son fichu islamique librement sans qu’un homme ne lui impose, * d’autre part l’interdiction du voile comme de la kippa ne vaut que pour l’école mais pas dans la société civile. On confond ici la liberté et les droits dans société civile et le programme du parti .

    Ce dernier peut avoir des règles différentes de la société civile. Il peut reconnaître la liberté du port du voile hors de l’école dans la société civile mais ne pas vouloir en faire la promotion dans son parti. L’émancipation n’est pas la liberté mais la libération. Il apparaît que la manifestation de sa spiritualité religieuse s’inscrit dans un cadre d’intégration des contraintes religieuses au lieu de s’en dégager, au lieu de combiner spiritualité avec musulmane émancipée. Finalement le message délivré est encore la spiritualité va de paire avec le rigorisme de la chair.

    Pourquoi les femmes doivent-elles se voiler et pas les hommes ? Pour l’islam le respect est localisé dans la chair plus que dans les comportements. La chair est non seulement sexualisée mais dangereuse. L’homme ne saurait se dégager du désir et se retenir . La responsabilité des dérapages et violences vient donc de la femme séductrice qui doit se cacher. C’est à cause d’une pseudo-respectabilité de la femme que tout un dispositif de séparation entre hommes et femmes est revendiqué dans les piscines et dans de nombreux lieux. La logique sexo-séparatiste poussée à l’extrême c’est le port de la burqa, l’enfermement de la femme sous voile intégral.

     

    II – POUR UN FEMINISME DE MIXITE ASSUMANT LE DESIR SEXUEL SANS VIOLENCE


    *

    1 – Les leçons des débats 2009 sur la burqa .

    Le relativisme culturel s’est massivement déployé fin 2009 sous couvert du droit, des grandes déclaration des droits de l’homme. Jamais il n’y a eu autant d’intervention en défense de la liberté de s’habiller comme on veut y compris intégralement sous prison de tissu. Fallait-il alors en conclure que se balader nu en ville serait possible ? Plus rien ne s’y oppose (si ce n'est des textes viellis du code pénal) et surtout pas le fait d’être gêné par la vue du corps d’autrui. Puisque l’argument opposé à la vue gênante du voile intégral a été : " maîtrisez votre gêne ! "

    On pourrait désormais répondre en stricte logique face à une masturbation en public . " Maîtrisez votre gêne ! ". Hypothèse d’école certes ! En fait il n’y a que dans les écoles ou une normalisation est prescrite et ou l’on interdit les comportements excessifs

    2 - Le choix entre trois féminismes

    * Féminisme pro-voile : Christine Delphy en France défend un féminisme voilé. Pour elle les hommes sont tous des prédateurs. Ils poussent soit au déshabillage soit au voilage mais jamais les femmes ne font ce qu’elles veulent. Elle met en parallèle et à égalité l’islam et les contraintes dans les entreprises commerciales qui poussent à des tenues imposées. Elle fait aussi comme si la mode avait la même force contraignante que la religion : elle met à égalité le port de talons hauts d’un côté et le port du voile de l’autre. Cette banalisation dénie ainsi toute particularité de l’islam et surtout les fortes pressions constantes des musulmans conservateurs contre leurs épouses ou leurs filles pour un voilage de respectabilité.

    * Féminisme offensif contre l’islam patriarcal : celui de NPNS : Une loi contre le voile. Elles critiquent le voile et défendait la promulgation de la loi en 2004. LO et le PT ont suivi cette ligne

    * Féminisme intermédiaire : celui de Josette TRAT qui a inspiré la position de la LCR " Ni voile, ni loi". Cette position combat le patriarcat, lutte pour un féminisme de mixité se veut à la fois critique du voile mais en abstention contre la loi. Cette position a prévalu chez plusieurs syndicats et associations.

    3 - Le charnel ou le corporel caché ou banalisé.

    La publicité qui ne cesse de montrer de belles femmes nues pourrait laisser croire le contraire. C’est faux. Une étude récente montre le retour puissant de la pudeur. Nous y reviendrons. Contrairement à la publicité qui pratique la "désublimation répressive" les humains de chair et de sang semblent enclin à l’austérité. Il faudrait mettre à part l’adolescence comme période particulière de construction de l’identité qui peut expérimenté des registres vestimentaires les plus variés.

    * Le vivre dénudé est menacé par les "coincés"

    Le port de la burqa comme le voile islamique très englobant favorise la pudibonderie, du moins un sentiment de pudeur plus élevé. En même temps le discours de liberté qui a soufflé dans les débats discours renforcé à grands coup d’articles juridiques divers ( ) a renforcé un fort relativisme culturel qui n’a que pour exception les pratiques violentes et les revendications communautaristes ( ). De ce relativisme culturel il suit que la stigmatisation du nudisme apparaît comme une incongruité ( ).

    Sans plaider pour le nudisme partout, il reste que devoir se contortionner pour cacher son sexe ou ses fesses pour mettre son maillot de bain m’a toujours paru ridicule. Je ne parle pas là de se "pavaner" nu devant autrui mais simplement de pouvoir se changer naturellement sans devoir faire attention à ne pas choquer la pudeur d’autrui.

    * Les autres façons de cacher son corps .

    C’est ainsi qu’on voit certaines femmes "cacher" en quelque sorte leur corps par de la maigreur en excès ou par un surpoids très important. Ce propos ne vise pas à défendre un modèle de corps féminin. Mais se détacher des normes elles aussi rigoristes de la mode ne doit pas aboutir à défendre l’effacement du corps par maigreur excessive ou surpoids excessif.

    * La critique de la séduction relève d’un autre terrain mais subi les mêmes foudres du rigorisme ambiant.

    La séduction n’est pas l’admiration qui porte sur des qualités différentes. Les dites autres qualités n’ont pas pour but d’interdire l’aspect charnel de la séduction. Sauf pour les rigoristes de la chair.

    La séduction use de l’aspect charnel. et des menus artifices démocratiques du moment selon les envies : boucles d’oreille, collier, chevelure coupée "mode", vernis à ongle, rouge à lèvre mais aussi avec des vêtements de montrer-cacher : jupes courtes, string apparent, habits suggestifs. La séduction sexuelle privée use plus encore de cet art mineur ( ). Ces artifices non structurels (sans opération chirurgicale) permettent de démocratiser les possibilités de séduction et donc de donner à toutes (et tous) les moyens réels d’entretenir des rapports de séduction au gré des envies.

    Les moralistes austères, "coincés" - hommes et femmes - veulent eux limiter les rapports humains à des rapports d’amitié sans aucune interférence de séduction un tant soit peu sexuelle. Ils sont un brin rigide au point de vouloir interdire la mini-jupe, le string et autres artifices de séductions pour immoralité. Il faudrait pour eux vivre caché.

    * La publicité et le réel.

    Le discours féministe sur la " femme-objet " porte juste pour la publicité mais pas pour les femmes réelles qui doivent rester libre de séduire (ou non) sans contrainte. Une femme qui entreprend de séduire n’a pas à subir soudainement divers propos machistes.

    Vouloir constamment être à la pointe de la séduction avec l’appareillage complet de séduction mais sans les qualités qui forcent l’admiration revient à tordre le bâton dans l’autre sens. Il existe aussi une aliénation à la séduction. Les féministes combattent beaucoup cet aspect là. Trop parfois.

    4. – Le " travail de civilisation " : Pour une éducation féministe !

    Le " travail de civilisation " serait à mon sens non pas de refouler le désir mais de l’autoriser en le canalisant. Assumer le désir sexuel entre les deux sexes (hétérosexualité) mais aussi entre le même sexe (homosexualité) ne signifie pas passer du verrouillage corporel total des instinct à sa libération sauvage. Il s’agit toujours d’être responsable et respectueux (le resp-resp) dans un cadre de égalitaire et réciproque là ou le consentement n’est pas requis systématiquement. On ne demande pas l’autorisation de voir de parler à autrui .

    Rapporté aux considérations précédentes, il s’agit d’apprendre dans un même mouvement à voir la femme et l’être humain, l’objet (sexuel) et le sujet (de droit), l’attirance et l’estime et même l’admiration. Il y a donc un " relationnellement correct de genre " qui vise à laisser plus de place au désir et à la séduction sans jamais oublier qu’il n’y a qu’un seul sexe qui quasiment subit le viol : les femmes. Le viol comme constante historique et transnationale des hommes par les femmes est une plaie qui ronge la bonne entente entre les deux sexes.

    Christian Delarue


    Catalogue des revendications sexo-séparatistes musulmanes.

    Contre les 7 promiscuités du monde païen les musulmans communautaristes réclament :

    1. des horaires réservés dans les piscines et les gymnases.

    2. des cantines séparées. Les travailleurs musulmans non contents d’avoir obtenus des menus confessionnels refusent désormais que " la viande halal soit proposée à côté de plats contenant de la viande "normale" jugée impure ". En clair, ils désirent des cantines séparées et ne veulent plus " s’asseoir à côté de personnes qui mangent du porc ! "

    3. des serveuses à "bras couverts" : les femmes de service chargées de servir les plats à la cantine doivent se présenter " les bras couverts ".

    4. de ne pas aller à l’entretien d’évaluation si c’est une femme.

    5. des femmes médecins dans les services hospitaliers ou les musulmanes doivent se déshabiller car les maris font pression contre les médecins masculins . La pression prend aisément la forme du passage à l’acte physique tant ils deviennent agressifs à l’idée qu’un homme puisse voir leurs femmes.

    6. une salle de prière dans l’entreprise qu’il obtiennent en créant des syndicats confessionnels

    7. des jours fériés musulmans (ce qui n’est pas impossible mais à condition qu’ils viennent en soustraction de jours fériés chrétiens)


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