• Les coincés de l'AGRIF



    La critique de l’islam est de droit celle des musulmans aussi pour peu qu’il ne s’agisse pas de les globaliser. Il en va de même du christianisme et des chrétiens. Certains d’entre eux sont ouverts, modernes (de moeurs) et de gauche (cf Golias) ou altermondialistes alors que d’autres voisinent avec le FN.

    Arrière vitrine.

    Bernard Antony, alias Romain Marie, longtemps membre du bureau politique du FN, est aussi président de l’AGRIF, qui est l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne. Son association s’emploie principalement à lutter "contre le racisme anti-français et anti-chrétien " . C’est plus facile à retenir pour connaitre le but de cette association que la signification de son acronyme AGRIF. Même quand on connait, cela ne vient pas aisément à l’esprit.

    La jonction des deux thématiques racisme anti-français et racisme anti-chrétien pose problème. Cela sonne anti-racisme particularisé du côté des dominants. Ces racismes lorsqu’ils sont repérés à l’étranger semblent plus justifiés à condamner comme injure ou discrimination raciste que posés en France par des français ou en pays de subculture chrétienne par des chrétiens ou ex-chrétiens. A réfléchir à base d’exemple ! Si je dis, par exemple, et en plagiant un célèbre Général, que les français qui paient la TVA sans mot dire mais qui critiquent l’impôt sur le revenu "sont des veaux" est-ce que l’AGRIF va m’intenter un procès ? Non car je critique pas tous les français mais certains seulement et sans les naturaliser, les "essentialiser".

    Reste que cette association intente aisément des procès. Le journal satirique Charlie Hebdo le sait bien . Il a gagné les trois quarts de ses procès contre ce fier coq français défenseur de la cocarde (d’après le numéro hors série 1992-2002)

    Un antiracisme lourd de haine raciste !

    Quand, à propos de l’occupation de l’église Saint Bernard Bernard Antony déclarait de façon virile "Je condamne ces chrétiens émasculés qui accueillent ces négros" il "oublie" là qu’il est anti-raciste . Le MRAP aurait pu lui faire un procès ! Comme quoi il y a bien chez ces pseudo antiracistes deux sortes de chrétiens et que tous ne sont pas à défendre par l’association prétendument antiraciste. Bernard Antony ne défend pas la théologie de la libération et les chrétiens de gauche et internationalistes. La charité chrétienne n’est pas pour lui sans frontière mais étroitement nationale. Son humanisme n’est pas cosmopolite mais exclusivement tricolore !

    Quelle dégradation des mœurs ?

    Bernard Antony et son AGRIF milite aussi "contre la dégradation des mœurs et la banalisation de l’homosexualité"" Il a ici des points communs avec Mohammed Latrèche le chef du PMF, parti des musulmans de France. C’est là le créneau constant des intégristes de beaucoup de religions. Ceci dit, le pape, celui-ci comme celui d’avant, ne manque pas non plus une occasion de porter les mêmes critiques. De façon plus modérée peut-être. La critique du pape serait-elle interdite ? Pas plus que celle d’un Latrèche ou d’un rabin pro-sioniste. Tout dépend de la façon.

    L’AGRIF a voulu interdire "Je vous salue Marie" (de Godard) et "Il gèle en enfer" (de Mocky) parce que l’affiche montrait le sexe des anges ! Coincés et crispés intégristes de toutes les religions unissez-vous ! Français de souche ou non, chrétien ou non, il faut défendre le droit des anges à montrer leur sexe contre les pudibonds comme le droit des musulmanes à pratiquer le nudisme ! Seule l’amitié entre les hommes et les femmes importe. Soyons adelphique !

    L’AGRIF est bien coincée dans des mœurs rigides car elle n’aime pas les "femmes qui font des enfants sans éteindre la lumière", ni les couples homos, ni les pacsés, ni l’IVG, ni les francs-maçons. Son amour chrétien est fort réduit. Et la liste des méprisés n’est pas ici complète. Par contre les commandos anti-avortement et les curés intégristes sont bien soutenus.

    L’amour de la famille chez ces réactionnaires pardonne aisément les bonnes giffles et les injures donnés par le mari à la femme après la messe dès lors qu’il s’agit de couples dûment mariés devant un bon curé et évidemment non divorcés . Cet amour patriarcal ne va donc pas jusqu’à protéger les femmes de la violence des maris au sein du foyer. D’ailleurs, un fan de Romain Marie critique une telle tentative : "Incapable de lutter contre les faits de délinquance et de juguler le climat de guerre civile permanente que connaissent tant de banlieues françaises, la république sarkozienne va créer des brigades de police et de gendarmerie pour lutter contre les violences « intrafamiliales ».

    Les valeurs de l’AGRIF sont calées sur des bondieuseries à deux balles. C’est du pain béni pour les humoristes !

    Christian Delarue militant antiraciste

    Article publié le 5 octobre revu le 10 octobre.


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  • Les deux formes de laïcisme contre l'emprise des religions.



    - Introduction : Laicité ouverte et laicité (sans adjectif).

    La laicité ouverte reconnait les religions, s'adresse à elles, passe des accords, les subventionne. La laïcité sans adjectif s'en tient à la séparation de l'église et de l'Etat. Face à l'ancienne emprise totalitaire des religions sur les sociétés la laïcité est venue opérer un "partage des eaux" : les religions peuvent influencer la société civile et ses membres mais pas l'Etat et ses fonctionnaire et usagers. L'Etat obéit à des règles humaines et en principe démocratiques ou le surnaturel est exclus. L'emprise des religions sur l'Etat est donc repoussé par la laïcité. La laïcité stricto sensu ne repousse pas les religions dans la société civile à coup de réglements, à la différence de ce que l'on pourrait nommer le laïcisme - néologisme - qui est une interprétation extensive de la laïcité .

    - Les deux laicismes : le restreint et le maximal.

    Le laïcisme n'est pas homogène ; il se subdivise en laïcisme restreint et laïcisme maximal . Le premier - celui de Caroline Fourest par exemple - entend interdire l'expression religieuse au-delà de l'Etat dans le domaine public alors que le second - celui de Riposte laïque par exemple - envisage cette interdiction dans tout ce qui est public. Il est cependant faux de dire qu'il entend interdire la religion partout puisque les religions peuvent librement se développer dans la sphère privée chez soi ou dans les lieux de culte. Ce laïcisme refuse les processions dans la rue par exemple.

    Le laïcisme restreint entend lutter contre les intégrismes religieux qu'il soit d'origine juive, chrétienne ou musulmane. Le laïcisme restreint ne confond pas les membres ordinaires d'une religion avec ses radicaux qui de façon générale penchent en faveur 1) d'un ordre moral réactionnaire à l'encontre des femmes, 2) d'un ordre obscurantiste à l'encontre de la raison humaine et 3) d'un ordre autoritaire "d'origine divine" face à la constitution de sociétés (au sens général intégrant l'Etat) démocratiques. La ligne de démarcation est sans doute variable dans le concret mais elle a le mérite d'exister face à ceux qui confondent. En effet le phénomène de "communautarisation " des croyants y est ainsi évité. Ce que ne fait pas Riposte laique ni à l'opposé les Indigènes de la République et les proches. En effet, à gauche les critiques de Caroline Fourest - qui n'a aucun souci par rapport à Oslo - tendent à faire l'impasse sur la critique des radicaux . Ce silence tend à faciliter le racisme qui confond les fous furieux des religions (de l'islam ou autre) avec les membres pacifiques. La tragédie d'Oslo c'est  la confusion entre l'islam dangereux (qu'on ne saurait nier) et l'islam sans problème (très majoritaire en France et en Europe sauf peut-être en Grande-Bretagne). Le problème est de situer la frontière. Tarik Ramadan (par exemple) est loin d'être un fou furieux de l'islam. C'est un musulman pacifique. Reste que ses positions sont fort critiquables. Son double discours entre ce qu'il dit pour les musulmans et ce qu'il dit pour les médias est trompeur et dangereux. Dans cette critique nul n'est obligé de suivre tous les arguments de Caroline Fourest. L'erreur est possible mais la vigilance est nécessaire.

    Riposte laique qui pratique un laïcisme étendu ne connaît que l'islam et de plus qu'un islam univoque intrinsèquement autoritaire, sexiste et obscurantiste et donc qu'une communauté de musulmans dangereux car tous croyant en cet islam. Riposte laïque s'appuie sur quelques phrase du Coran pour généraliser abusivement des traits néfastes du Coran. Son islamophobie est une forme condamnable de racisme, à l'instar de celle de Robert Redeker.

    - Sécularisation et subculture de la religion néanmoins dominante.

    En fait le laïcisme étendu confond laïcité et sécularisation . La sécularisation est le recul de l'emprise des religions dans la société et non la disparition des religions . La sécularisation peut être simplement l'effet d'une lutte dans la société civile mais aussi d'une réglementation autoritaire de l'Etat. Le recul de  l'emprise de la religion dominante y est vécu différemment. La résistance est plus forte dans le second cas quoique cachée.

    Le christianisme perdure en Occident mais il est relativement moins apparent publiquement. On parle d'ailleurs de subculture chrétienne pour indiquer que le christianisme n'a pas disparu sous la sécularisation. Dans certains pays le phénomène est limité. Ainsi dans Freiburg les altermondialistes de l'ENA ont la surprise de voir des photos grandioses du pape dans la rue! A défaut d'être spirituelle la religion tombe ici dans la médiatisation de type "star people"!

    - La société civile ouverte de la laicité.

    La laïcité est la réglementation qui sépare l'Etat neutre de la société civile ou les "églises" - entendez toutes les religions - peuvent s'exprimer. L'athéisme peut s'exprimer dans la société civile comme une religion. Il est donc possible d'affronter les expressions religieuses dans la société civile.

    Il est possible de dire "Rien dans le ciel, point de Dieu que des nuages"ou même "j'ai marché sur un texte sacré et çà pue !". Il n'y a absolument aucun raison que les croyants puissent afficher lourdement et péniblement leurs croyances sans riposte possible des athées ou des agnostiques. A une raison on peut toujours répondre une autre raison mais face à la croyance affirmée péremptoirement on ne peut répondre tout aussi péremptoirement que par la dérision, la dévalorisation, la défétichisation ou le blasphème. Cela concerne le contenu de la religion (le fait qu'elles répètent ad nauséam et à profusion des "dieu" et des majuscules à chaque paragraphe)  et non les adeptes à qui le respect de dignité humaine est du.

    CD

    Mécréant : Un quart de coran à lire et c'est l'overdose !


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  • Religion, respect, " ver dans le fruit ".

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1487

     

    1 – Paradoxe du respect en rapport à la religion.

    Le respect des humains est important et cependant pas toujours facile. Par contre, le respect de la religion n’est pas un du - du moins à titre individuel - laïcité ou pas . La critique est même parfois nécessaire.

    En matière de respect, il importe de signaler très fortement ici une inversion : certains respectent la religion mais pas les humains, d’autres font l’inverse : il plaisantent contre la religion mais se montrent attentionnés et gentils avec les humains, croyants ou non.

    Évidemment il y a aussi ceux qui sous couvert de malmener la religion entendent clairement s’attaquer aux croyants. Ce n’est pas les mêmes que les précédents. Il faut donc se garder de généraliser : tous les blasphémateurs des religions ne sont pas racistes. Loin de là ! Certains ironisent sur les majuscules des croyants qui sont "gonflants" ; la plaisanterie est alors un moyen de mise à niveau. Olivier Le Cour Grandmaison signale ce procédé d’égalisation face aux puissants dans son ouvrage " Haine(s) Philosophie et politique " (p192). Quant à la critique anti-fétichiste authentique, elle se propose de détrôner les fétiches qui surplombent les humains pour rétablir la valeur de ces derniers dans une perspective émancipatrice.

    Au final, il importe de tendre vers le respect humain en sachant que tout un chacun est faillible. Le plus gênant en société, c’est ceux qui se font une spécialité du mépris humain. Ce n’est pas pour eux un faux-pas pardonnable mais une orientation malveillante générale de la personnalité. C’est grave. Mais la chose m’apparaît comme plus odieuse encore quand ce mépris est exercé au nom d’une religion. D’où ce qui suit.

    2 – Tunisie : l’islam conservateur et l’islamisme (radical).

    Sur une radio ce vendredi matin 21 janvier .

    J’entends ce matin un journaliste évoquer les islamistes en Tunisie alors que le discours du responsable politique se réclamant de l’islam déclarait accepter la démocratie, la séparation du religieux et du politique . En plus, s’agissant de la société civile il a déclaré que son parti (je n’ai pas entendu le nom) n’avait pas de normes vestimentaires. Le journaliste a insisté en le questionnant sur le voile. Il a répondu clairement qu’il était pour que les femmes s’habillent librement. Il y a sans doute de véritables islamistes en Tunisie mais il y a aussi à l’évidence un islam démocratique et laïque.

    Une spécialiste est intervenue pour préciser que cet islam pouvait être conservateur par rapport au code de la famille mais qu’il n’était pas radical car il acceptait le jeux des institutions politiques fondées sur l’élection et la laïcité.

    Cette mise au point participe à mon sens de la lutte antiraciste dans la mesure ou il casse l’amalgame entre l’islam radical et le reste des positions possibles au nom de l’islam. On pourra toujours critiquer au nom de l’égalité entre hommes et femmes les éventuelles positions conservatrices, autoritaires et patriarcales concernant le code de la famille mais c’est là autre chose que de critiquer l’islamisme radical au plan politique ou au plan des mœurs sexo-séparatistes.

    3 - Variations sur l’image du ver dans le fruit !

    Quelle influence de ce discours sur le mode général de lecture du fait religieux musulman ? L’islamologue française Anne-Marie Delcambre estime que " islamisme " et " islam " désignent une réalité indistincte mais Daniel Pipes (son préfacier) pense lui, que l’islamisme est une manifestation spécifique et extrémiste de l’islam. Il est l’auteur de l’expression "islamistophobe" pour distinguer le rejet de islamisme comme radicalisme du reste des interprétations de l’islam.

    Pour ma part, simple citoyen non spécialiste de l’islam, mais antiraciste militant je ne défends ni l’un ni l’autre. Mais je comprends – et ce n’est pas sans importance - qu’il y a une différence entre dire que "le ver est dans le fruit" - ce qui se défend - et d’ajouter "que le ver rend pourrit le fruit" (AMD) ce qui est autre chose de dire que grosso modo "les musulmans mangent le fruit et pas le ver" quitte à reconnaître effectivement que "certains activistes ne mangent que le ver" (DP) . Cette distinction me semble bien participer au fait de mieux poser la question sur la diversité du monde musulman.

    Christian DELARUE


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  • Blasphème & Islam de France :

    Islamophobie étendue à la "diffamation des religions" ?

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1472

     

    La diffamation concerne-t-elle seulement les humains ou peut-elle se rapporter à autre chose, à une chose. En France, le drapeau tricolore national est désormais protégé par le délit d’outrage. Le droit a été modifié à la suite d’une photo montrant un homme s’essuyant le postérieur avec le drapeau français. Les pratiques administratives réelles qui aboutissent à la mort d’un individu fut-il sans papier semble à l’inverse se banaliser. Inversion des valeurs : on retrouvera ce raisonnement critique. Car le délit d’outrage au drapeau est très contestable. Si les représentants de la Nation savent mettre en œuvre une politique favorable au peuple le (ou les) symbole national ne risque guère les outrages. Mais si le délit d’outrage au drapeau est légal alors il faut l’appliquer non seulement à ceux qui le détruisent physiquement (cas du 22 décembre) mais aussi à ceux qui pratiquent l’outrage par nationalisme et racisme (1).

    Qu’en est-il des religions. Il n’y a pas de délit de blasphème en France. Mais il y a des pressions en ce sens.

    Plan national : Retour sur le MRAP de janvier 2005 avec les déclarations de Mouloud Aounit.

    En fait les médias ont retenu que le premier propos de Mouloud Aounit du 15 janvier 2005 « Aujourd’hui si la liberté d’expression est un bien fondamental et fait partie des droits de l’homme, la liberté de blasphémer et la liberté d’ouvrir le champ au racisme doivent être réprimées avec la plus grande fermeté. » Cette phrase a fait scandale alors que dès le lendemain il s’est rétracté. Il va alors dire : « Il ne fallait pas entendre dans blasphème un sens religieux : ce que je critique, c’est tout ce qui porte atteinte à l’intégrité de la personne […] le Mrap réaffirme que la critique des religions, de toutes les religions, y compris l’islam, est légitime » (AFP).

    On peut donc blasphémer sur le Coran comme sur tous les livres sacrés simplement pour rabaisser le sacré et élever les humains. Si tout processus de fétichisation consiste à élever une chose à un statut supérieur aux humains alors la défétichisation est le processus inverse qui vise à rabaisser ce statut trop élevé qui surplombe les humains afin de rétablir la valeur et la dignité de ces derniers. La défétichisation qui ne concerne pas que les livres sacrés est une démarche critique d’émancipation.

    Le blasphème ce n’est pas pratiquer le bombage des lieux de culte. Ce n’est pas non plus faire la promotion des autodafés (1) pour détruire les livres. Un blasphème ne détruit rien d’autre qu’un symbole ou mieux un statut.

    On peut aussi dire que certains passage du Coran comme d’autres livres religieux contiennent des propos contestables ainsi que je l’ai fait dans un texte adressé à M Choukry ( ). Dire que certains passages sont parfaitement contestables signifie que tous les autres sont positifs et constituent un apport à la civilisation. Des philosophes culturalistes comme Erich Fromm se sont employés à prendre le meilleur des religions pour proposer une alternative d’épanouissement humain, notemment dans "Le coeur de l’homme".

    Cette position a cependant des implications qui suscite débat au sein du MRAP. Je remarque souvent que les musulmans ordinaires tendent à vouloir appliquer le meilleur mais qu’une minorité d’intégristes entendent appliquer les dogmes les plus réactionnaires. Et j’ai dit un jour que j’étais "islamistophobe" mais pas islamophobe.

    Plan mondial : Anh Thu Duong ou Doudou Diène

    La montée de l’intolérance (terminologie de l’ONU) contre les musulmans dans le monde est tout à la fois un fait reconnu et une condamnation. C’est la portée de cette condamnation qui fait débat. Au plan international les pressions sont constantes en faveur d’un élargissement de la notion de racisme, en particulier de l’islamophobie, à la diffamation de la religion.

    Contre l’expert des Nations Unies sur le racisme, le sénégalais Doudou Diène qui estimait "grave la diffamation des religions" et se faisait ainsi le porte-voix des Etats musulmans c’est Anh Thu Duong, de la mission suisse auprès des Nations Unies, qui a rappelé que l’islamophobie figurait déjà dans le document adopté par la conférence de l’ONU sur le racisme - réunie à Durban en 2001. Il rappelle que « le but est de protéger les individus, pas les religions ».

    Lutter contre l’islamophobie stricto sensu est déjà un combat difficile il est inutile, à mon sens, de vouloir imposer une autre définition qui engloberait la protection de la religion elle-même. Ce serait un texte qui ne serait pas respecté. Déja la définition stricte est l’objet de polémique en France et en Europe du fait du choix du terme certains préférant le terme racisme anti-musulman. Il semble raisonnable d’autoriser le blasphème au titre de la diffamation de la religion mais de border cette expression en empêchant toute dérive vers le racisme anti-musulman.

    Autre objection : certains disent que les musulmans ne sont pas une race. Mais les races n’existent pas. Ce qui existent c’est le processus de racisation de groupes humains dans une perspective hiérarchisante et inégalitaire.

    Christian Delarue

    1) Une manifestation raciste avec drapeau national est-elle un outrage à la nation ?

    2) Le blasphème désacralisant est loin de l’autodafé ainsi que l’explique Liber sur Bellaciao.


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  • INSTRUMENTALISATION DE L'ISLAMOPHOBIE

    M Choukri, le racisme n'est pas le blasphème "Coran brûlé"



    Oui "on peut brûler un livre de Winnie l´ourson, comme le Coran'' ! répond à raison ce mécréant à M Choukri. Par contre, dans de précédents clips, pas celui du coran brûlé, le même homme s´en était pris à la commuanauté juive et à celle des gens du voyage, selon lui. Il y a donc un fait raciste qu'il faut distinguer du fait mécréant. Dans le premier les associations antiracistes peuvent et doivent agir dans le second cas il faut réagir contre l'instrumentalisation répétée de l'islamophobie (en ce cas) pour interdire le blasphème.

     La montée du racisme en Alsace mérite d'être combattue fermement mais sans y mêler un pseudo délit de blasphème qui n'existe pas - Dieu soit loué - en France ! Un homme a incendié le Coran, et a uriné dessus. C'est un fait divers. Ce n'est qu'un blasphème qui désacralise ce livre. Rien de plus mais c'est quand même un acte qui a du sens.

    Ce fait a suscité l'ire du délégué général de la Grande Mosquée de Strasbourg, Abelaziz Choukri . Il aurait même annoncé qu’il allait déposer plainte pour « racisme ». Diable ! Voilà qui dénature le combat antiraciste! Voilà qui réhabilite la critique rongeuse des souris !

    Si les femmes pouvaient pisser aussi aisément que les hommes je dirais pissons allègrement sur tous les livres sacrés : Coran, Bible, Torah (1), etc... Il faut ajouter que certains passages du Coran appellent ouvertement à la haine et à la violence contre les athées, les homosexuels, les juifs et les femmes. Cela devrait aider à abandonner comme le propose Michel Onfray un athéisme tranquille à la Deleuze (2). Il y a de plus en plus besoin d'un athéisme mécréant, désacralisant et offensif. Il y en a d'autant plus besoin que l'athéisme honteux - celui des athées "habermassiens" - fait le jeux conjoint des intégrismes et du racisme, d'un néoracisme (3).

    A propos d'intégrisme, qu'est-il arrivé à l' imam qui a tenu des propos appelant à la guerre civile à Limoges ? Rien que je sache. Tant que cette liberté d'expression- là sera permise le blasphème sera pertinent. A chacun de trouver la forme qui convient à sa personnalité !

    Enfin, n'oubliez pas le "doigt d'honneur" de la femme sur le CD du "devoir d'insolence" de ZEP. Il réhabilite à sa façon le blasphème. Il n'y a plus que l'outrage au drapeau tricolore national qui est sanctionné.

    CD

    Addendum sur le jugement

    Brûler et uriner sur le Coran : E. Rojas Abbate ne voulait pas susciter hostilité ou rejet de nature à provoquer la discrimination, la haine ou la violence à l'égard des musulmans.
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1973

    1) MRAP : Racisme antisémite et islamophobe en Alsace : comprendre pour mieux dénoncer

    http://www.lepost.fr/article/2010/10/30/2287068_racisme-antisemite-et-islamophobe-en-alsace-comprendre-pour-mieux-denoncer.html

    2) Il nous faut sortir d'un athéisme tranquille à la Deleuze ou façon Habermas.

    http://www.dailymotion.com/video/xdzr15_latheisme-tranquille-depuis-deleuze_webcam

    3) Intégrisme et néoracisme : La bataille dans la société civile.
    http://www.lepost.fr/article/2010/12/30/2355220_integrisme-et-neoracisme-la-bataille-dans-la-societe-civile.html

    Régime de tolérance ou l’affrontement possible des expressions.
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1009

    4) La Torah est indiquée ici pour ne pas oublier les juifs.


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