• Pour une République à la Tocqueville  ?

    Citons Christian Ruby : Alexis de Tocqueville (1805-1859), lorsqu'il montre que la menace la plus grave qui guette la démocratie est l'individualisme, la tendance des individus à délaisser la vie publique pour se replier sur la sphère privée. Pour y remédier, affirme-t-il, la république a des atouts, puisqu'elle peut déployer des institutions de proximité, des communes et des associations, qui rendent la souveraineté populaire moins abstraite. La République à la Tocqueville du XXI siècle fait la place en économie au néosolidarisme et à l'Economie Sociale et Solidaire mais aussi aux "communautés vivantes" et à la diversité. Elle n'est en ce sens ni la République socialiste (qui prend appui sur les services publics et l'Etat social pour son rebond et sa rupture) ni le Républicanisme.

    Christian Ruby avait pointé en 2004 en commentant le petit livre de Serge Audier que "le républicanisme (Luc Ferry, Pierre-André Taguieff) s'est substitué à l'esprit républicain. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose, puisque l’un est devenu une référence sectaire quand l’autre demeure une forme politique". Pour E. Benbassa, E. Joly et N. Mamère qui viennent de publier dans Libération un "Manifeste pour une écologie de la diversité"  nous vivons une époque de sectarisme républicain qu'il nomme nationalisme. Le vecteur principal en est la laicité mal comprise, la laicité d'exclusion nommée laicisme.

    Ne pas tordre le bâton dans l'autre sens !

    Mais entre le laicisme et la laicité ouverte n'y a-t-il pas place pour la laicité sans adjectif ? Si Bauberot plaide pour une laicité ouverte qui semble bien être celle de la laicité revisitée de nos trois amis alors que JP Chauvin défend lui une laicité de neutralité partout, pas que dans l'Etat mais aussi dans la société civile. Cet auteur proche de Riposte laique repousse la religion dans la sphère privée autrement dit chez soi et dans des lieux de cultes non financés par l'Etat . Or la laïcité authentique plaide pour la liberté de conscience et d'expression dans la société civile mais pas dans l'Etat. Dés lors les croyants de toutes les religions peuvent prier dans la rue. C'est un droit. Mais rien ne dit que ce droit fasse les bonheur de tous les autres. Ce qui est courant en toute société sans y voir systématiquement le fascisme ou le racisme.

    C'est ici que l'on retrouve d'autres notions : la dispute (sans racisme), la tolérance, l'équilibration. La "laicité d'équilibration" vise en cas de conflictualité à chercher une sorte d'équilibre des forces en présence dans la société civile. Laicité d'équilibration - raccourci qui peut induire en erreur - se place dans le cadre de la laicité-séparation de la laicité tout court mais propose une orientation pour éviter une trop forte conflictualité dans la société civile. Car ce qui touche le religieux touche à l'identité de chacun soit en admiration soit en rejet . Ce rejet n'est pas systématiquement du ressort de la xénophobie ou du racisme . 

    CD

    Manifeste pour une écologie de la diversité / E. Benbassa, E. Joly et N. Mamère


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  • M. ONFRAY: ISLAM, religion de paix ? Mon oeil !

    Michel Onfray : "C'est l'islam qui est un problème, pas la burka !"
    http://www.youtube.com/watch?v=raaMi_iYPLs

    Si le MRAP est laique alors la critique des religions est possible. Mais quid des pratiquants ? On sait que les R Redeker et autre G Wilder ont franchi le pas et sont tombés dans le racisme islamophobique. Onfray lui s'en tient à la critique des textes.

    Dans une partie de son intervention Michel Onfray tend à relativiser le lien entre la théorie et pratique ce qui l'amène à distinguer les pratiquants concrets des grands dispositifs idéologiques et dogmatiques.  Il ne faut pas confondre les pratiquants et les idéologies, pas plus les religions et les croyants et donc ne pas confondre le judaisme et les juifs ou le christianisme et les chrétiens, ni l'islam et les musulmans. Une répétition qui n'est pas inutile !

    Reste une petite question : Michel Onfray prend-t-il les choses à l'envers ? Autrement dit, faut-il juste critiquer la burka voire ne critiquer que ceux qui l'imposent aux musulmanes pour laisser en paix et l'islam et l'immense majorité des musulmans, du moins en France et en Europe. Ou faut-il critiquer l'islam mais ignorer toutes les pratiques que l'on sait consciemment provenir de cette source ?

    Il ne s'embarasse guère d'étudier les courants, les ramifications issues de grands discours théoriques ou dogmatiques. Du coup il ne trouve pas des pratiquants authentiques qui appliquent les dogmes pour le meilleurs ou pour le pire.

    CD


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  • Anthony Torres, "marxiste habermassien" pleurniche sur le voile disparu du NPA.

    Anthony Torres, "marxiste habermassien" (1) d'une organisation trotskyste de Grande-Bretagne pleurniche sur le départ du NPA de la candidate voilée du Vaucluse. On ne sait si elle a rejoint le PIR, les Indigènes de la République. Il a raison de mettre l'accent sur la salve des attaques extérieures (et j'en ai été ) mais tout ne vient pas de là.

    Le NPA n'est pas n'importe quel parti même si ce n'est plus la LCR. L'étude du matérialisme dialectique n'est plus un incontournable. Reste que ce parti dispose d'une armature théorique forte en appui de revendications simples. C'est là qu'il y a eu souci.  Cette militante avec un voile "moderne" mais néanmoins voilée a cherché à conjuguer des thèses contradictoires le féminisme et la laicité avec un islam non sécularisé. Cela n'a pas duré très longtemps.  Il est évident que l'on voyait plus en elle ses convictions religieuses - l'islam en l'espèce - que les thèses du NPA. Faut pas prendre les gens pour des benêts !

    CD

    1) Montée du religieux et athées habermassiens de gauche.

    http://www.lepost.fr/article/2010/12/22/2349080_montee-du-religieux-et-athees-habermassien-de-gauche.html

    2) Le NPA et la candidate voilée du Vaucluse

    Par Anthony Torres 11 septembre 2010

    http://www.wsws.org/francais/News/2010/sep2010/ilha-s11.shtml


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  • Montée du religieux et athées habermassiens de gauche.

    Dialectique historique : Déchristianisation, sécularisation, laicisation, puis rechristianisation, islamisation,intégrisme... Et les athées ?

    Il n'est pas rare de rencontrer des athées fiers de se déclarer tel pour dans un second temps prendre fait et cause non pas pour tel ou tel Dieu mais pour telle ou telle religion. On pourrait les appeler des "athés habermassiens". Cela pourrait surprendre de voir Habermas en soutien de la religion . Détrompez-vous et prenez connaissance d'un de ses derniers ouvrages ( 1) composé un peu de bric et de broc :et d'une étude de Jean-Claude Monod intitulée "Habermas et la dialectique de la sécularisation" [08-12-2008]

    http://www.laviedesidees.fr/Habermas-et-la-dialectique-de-la.html

    1) La dialectique de la sécularisation de Habermas

    C'est un thème important pour comprendre la laicisation progressive de l'Europe mais aussi la question du "Choc des civilisations". Jürgen Habermas prévient : « Qui veut éviter une guerre des cultures doit se remettre en mémoire la dialectique inachevée du propre processus de sécularisation de l’Occident » [1]. Jean-Claude Monod : "L’idée d’une dialectique de sécularisation visait à mettre en lumière un processus biface : l’instance politique-étatique et les instances religieuses-ecclésiales se sont transformées les unes et les autres à l’épreuve du pluralisme, de la tolérance et de la sécularisation".

    2) Les réactions à la déchristianisation et à la sécularisation.

    Cette dialectique " invitait à concevoir les intégrismes et plus sobrement les « retours du religieux » comme des réactions au processus de sécularisation". Cette tendance d'affirmation "fétichiste" du religieux concerne toutes les religions, pas que l'islam. La postcolonialité dans cette perspective serait une explication seconde. Il semble difficile de faire la part entre ces deux sortes de facteurs.

    3) Le nouvel Habermas "bisounours du religieux".

    Habermas plaide toujours pour un dialogue critique et autocritique entre la philosophie et ce qu’il nomme tantôt « la religion », tantôt « l’héritage religieux », tantôt les « traditions religieuses », tantôt les ressources normatives des religions. Mais l’accent se porte d’avantage aujourd’hui, dans le propos de Habermas, sur cette part d’autocritique attendue de la rationalité philosophique — et c’est sur ce point que ce livre peut faire débat. L’un des principaux défis contemporains de la démocratie semble être en effet, pour Habermas, d’éveiller chez ses citoyens « laïcs » ou « séculiers », à l’égard des traditions religieuses, une « disposition à apprendre » (p. 165-166).

    Arguments évoqués: La marchandisation du monde et son corrolaire, le"déficit de sensibilité à la vie diminuée".

     

    4) Critique des arguments évoqués.

    * La marchandisation, l'appropriation privée, la financiarisation sont des processus lié au mode de production capitaliste source d'aliénations, de dominations d'oppressions, d'exploitations. Cela justifie-t-il de valoriser une éthique religieuse ? Il évoque lui le christianisme mais d'autres défendraient d'autres religions.

    * L'anti-marchandisation a aussi ses maximalistes ses "intégristes" (avec les guillements svp) qui refusent les fêtes de Noel pour leur aspect hyper commercial. ils refusent les bijoux de fantaisies sur les femmes comme les guirlandes sur les sapins de Noel.  Ce radicalisme ne débouchent pas sur des appels à la violence contre les femmes. C'est une grosse différence avec les islamistes radicaux qui agressent les femmes en jupe.

    * Le difficit de sensibilité à la vie diminuée"  semble bien se ramené à un déficit de compassion caritative ce qui ne manque pas se susciter critique. Si l'on comprend l'argument comme déficit de sensibilité aux injustices, aux oppressions et aux inégalité il importe alors de se tourner vers les conditions sociales d'existence qui poussent tout à la fois à l'acceptation d'un monde hobbesien de lutte de tous contre tous avec ses inégalités et ses dominations et un refus de ce monde vers une société civilisée. Pas de société civilisée sans égalité et conditions de vie décente pour tous. Mais là la théorie critique de l'Ecole de Frankfort de Marcuse, Fromm, Habermas ancien, et le marxisme sont mieux à même de nous ouvrir des perspectives. C'est un point de vue personnel.

    Christian DELARUE

    1)  Jürgen Habermas, Entre naturalisme et religion. Les défis de la démocratie, traduit de l’allemand par Christian Bouchindhomme et Alexandre Dupeyrix, Paris, Gallimard, 2008, 380 p. 22, 50€.


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  • Les religions ni pures ni sataniques.

    A propos des trois grands monothéismes.


    Ce qu'il importe avant tout de récuser ce sont les discours sur une religion qui visent à la présenter soit comme belle et bonne absolument soit comme satanique et maléfice. La jeunesse qui veut s'instruire sur les trois monothéisme doit se garder d'une vision uniformisante et absolue qu'elle soit positive ou négative. En matière de religion chacune a ou a eu ses "doux" et ses "barbares". Il faut refuser de penser l’homogénéité de chaque religion sur les divers continents et dans l’histoire.

    Introduction : Position de celui qui parle.

    Pour moi, et contrairement au titre qui annonce une position moyenne et équilibrée,  les religions sont de lourdes et grosses machines historiques à faire croire et à imposer des dogmes et des pratiques individuelles et sociales. On dira que d'autres systèmes de pensée produisent de l'obscurantisme et du fétichisme mais cela n'enlève rien aux religions dont c'est la vocation de chaque instant de s'assurer une croyance bien précise. Elles sont donc tendanciellement négatives en ce sens et la neutralité n'est alors pas possible.

    Cependant, dès lors qu'elles ne viennent pas importuner les citoyens il n'y a pas problème. La tolérance vigilante se pratique pour rester dans une situation de bon voisinage. Lorsqu'elles font du prosélytisme le droit de les contrecarrer est évident. C'est une question de réciprocité et de survie car les religions des trois grands monothéismes ont une forte tendance à l'emprise tant sur les esprits que sur les corps.

    1) Qu'est-ce qu'une religion ?

    Il importe d'abord de fournir une définition - ici celle de wikipédia - de la religion : Une religion est un ensemble de rites, croyances généralement théistes , composé de règles (éthiques ou pratiques), de récits, de symboles ou de dogmes adoptés comme convicton par une société ou un groupe. Par métonymie, la religion peut désigner l'ensemble des croyants, l'éventuelle institution en découlant ou « la religion » en tant que vue d'ensemble des différentes religions. Une religion peut être polythéiste ou monothéiste et, dans le cas du bouddhisme, athée.

    Une religion ne se résume donc pas à un texte sacré et à la croyance en ce texte. Ce texte fondateur est interprété, ce qui donne lieu à des courants au sein de chaque religion. Cette interprétation est un dogme fort contraignant qui oblige les hommes et les femmes à des pratiques. Il peut y avoir conflit entre les préceptes religieux et les préceptes non religieux des sociétés partiellement laïcisées ou clairement laïques qui défendent des droits humains égaux entre hommes et femmes.

    2) Les appareils religieux pour l'interprétation et la diffusion des dogmes.


    Les interprètes sont en général officiellement reconnus par un appareil religieux chargé de la diffusion des dogmes et des rites. Souvent cet appareil est masculin. Les trois monothéismes sont d'essence patriarcale. La religion chrétienne trouva même à débattre à une certaine époque de l'existence de l'âme des femmes ! Débat de peu d'intérêt qui montre assez la forte misogynie ambiante. On retrouve d'autres sortes de misogynie dans les autres monothéismes. La femme n'y est jamais l'égale de l'homme. On ne s'étonnera pas de retrouver la haine des femmes chez des athées dans un univers ou la religion est dominante. L'athéisme est une conquête récente et encore assez peu diffusée dans le monde. L'amour des croyants tolèrent assez peu dans certains pays les mécréants. Déjà entre religions la concurrence des dieux dégénèrent souvent en disputes larvées voire en guerres ouvertes. Il existe certes un dialogue inter-religieux mais il peine à toucher dans un même élan les trois monothéismes. D'une certaine manière, les athées ne peuvent que s'en féliciter car ce serait une union contre eux !

    Avec l'écoulement de l'histoire le texte sacré est peu à peu et souvent avec des conflits adapté aux conditions nouvelles du développement humain. Cela donne lieu à de nouveaux combats internes au sein de chaque religion entre les partisans de la lecture initiale et les partisans de la lecture d'adaptation. Un autre facteur joue pour créer des différentiations : la lenteur à reconnaitre les faits démontrés historiquement par les scientifiques et toujours reconnus comme vrai par la communauté scientifique. Par exemple l'héliocentrisme (le soleil est au centre de l'univers et non la terre) fut l'objet d'interdits religieux. La Sainte inquisition a déclaré la thèse de Copernic incompatible avec les Saintes Écritures. Képler ( 1571-1630) et Galilée (1564 -1642) qui ont validé les thèses de Copernic ont eu aussi la religion chrétienne contre eux sur des bases dogmatiques.


    Lorsque l'appareil religieux se confond avec l'appareil d' Etat et que l'Etat lui même use de son pouvoir propre de contrainte en usant du pouvoir normatif d'une religion alors l'autoritarisme totalitaire est porté à son comble. On le voit avec les Etats islamiques. Mais d'autres références existent avec une moindre collusion (Pologne chrétienne par exemple).

     
    3 ) La religion est amour : la bonne blague !

    Les textes sacrés et les pratiques sur la longue durée disent la vérité sur la nature de cet amour. Cet amour n'apprécie que les bons croyants de sa religion mais assez peu les autres et surtout pas les non croyants qui sont des mécréants. Les trois monothéismes n'aiment guère les homosexuels et pas plus les femmes qui s'émancipent des préceptes religieux sur le mariage et la sexualité comme sur tous les aspects de sa subordination ancestrale ou elles ont pu acquérir quelques conquêtes sociales surtout durant la seconde moitié du XX ème siècle. Et si le christianisme fait preuve ici ou là de quelques souplesse d'esprit ce n'est qu'à son corps défendant et à la suite d'un long combat du mouvement féministe. D'ailleurs dès que la victoire n'est pas suffisamment assurée comme en Pologne on voit que cette religion retrouve aisément ses vieux démons. Par ailleurs, chaque monothéisme a dans son histoire de nombreuses guerres à son actif.

    4) L'individu et la société doivent s'émanciper !

    Ce texte n'est pas entré dans le détail de chaque monothéisme. Et encore moins dans les courants internes de chaque religion. Aujourd'hui un retour réactionnaire du christianisme sévit en Pologne. Un protestantisme réactionnaire se diffuse aux USA. Quant à l'Islam, on perçoit hélas plus les horreurs qui sont commises en son nom - lapidations, sexo-séparatisme en tout genre, etc... - que ses bienfaits. Contre l'islamophobie ambiante il importe de souligner toujours et encore que les musulmans ordinaires ne sont pas des islamistes barbares tout comme à propos de judéophobie les juifs ordinaires ne sont pas comme les sionistes sanguinaires qui écrasent le peuple palestinien comme la jeune Rachelle Corrie. Pas d'amalgame !

    5) Religion et anti-capitalisme.

    Se libérer des religions est aussi nécessaire que se libérer du capitalisme. Ce n'est pas l'un ou l'autre. Ce qui permet de combler ici un oubli de ce texte : peu de religions, à l'exception de la théologie de la libération en Amérique latine, se sont attaquées au capitalisme dominant. Même les mouvements religieux anti-impérialistes en lutte aujourd'hui dans divers endroits de la planètr ne sont pas anti-capitalistes. C'est un grave problème pour les luttes nationales de libération, car repousser les USA ou le sionisme ne saurait suffire. On le verra tôt ou tard.

    Christian Delarue

    Crimes d'honneur : Jesus et la lapidation.

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1144

    L'Islam n'est pas à l'origine des lapidation pas plus que le christianisme mais ni l'un ni l'autre n'ont condamné ces pratiques barbares, pire il est arrivé plus d'une fois qu'elles furent justifiées par la religion. Aujourd'hui encore plusieurs pays qui se réclament du Coran appliquent ces pratiques barbares.


    La lapidation, "preuve extrême de la logique de violence de l’islam"

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/30/la-lapidation-preuve-extreme-de-la-logique-de-violence-de-l-islam_1404384_3232.html

    en position contraire lire :

    L’infanticide, "preuve extrême de la logique de violence du judéo-christianisme" ?...

    http://www.legrandsoir.info/L-infanticide-preuve-extreme-de-la-logique-de-violence-du-judeo-christianisme.html







     


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