• TURQUIE : VIGILANCE LAIQUE ET FEMINISTE
     

    Les manifestant(e)s craignent une dynamique anti-laïque,

    Les femmes manifestent pour défendre leurs droits !

    Le Parlement a voté un amendement constitutionnel proposé par le gouvernement qui vise à lever l'interdiction du port du voile à l'université, en vigueur depuis des décennies.

    Vu de façon statique on pourrait penser qu'il s'agit simplement de rétablir une liberté. En fait c'est la dynamique enclenchée qui suscite les manifestations. Les laïcs craignent que la levée de l'interdiction n'augmente la pression sociale sur les jeunes filles pour qu'elles se voilent.

    Aussi ne faut-il pas s'étonner qu'au cours du week-end, plus de 125.000 personnes, surtout des femmes, avaient défilé dans les rues d'Ankara contre la légalisation du voile. Et des dizaines de présidents d'universités s'étaient quant à eux réunis pour exprimer leur opposition.

    Dans le Nouvel Obs (1) on apprends que "Le Parti républicain du peuple, qui estime qu'une levée de l'interdiction du voile serait un premier pas vers un régime islamique, a promis de contester tout amendement devant la Cour constitutionnelle. "La question n'est pas le foulard, mais la laïcité", explique Kemal Anadol, un élu du parti qui dénonce une tentative pour "ouvrir une brèche" dans le système laïc du pays."

    Précisons aussi "que l'armée quant à elle a choisi de rester à l'écart du débat, même si souvent les généraux se sont élevés contre les atteintes à la laïcité instaurée par le père de la nation, Mustafa Kemal Ataturk, et dont l'armée se voit comme la garante."

    Tous les laïcs d'Europe sont concernés!

    Toutes les femmes d'Europe sont vigilantes!

    Christian DELARUE

    MRAP - ATTAC

    La Turquie autorise le port du voile à l'université http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/europe/20080207.OBS9274/la_turquie_autorise_le_port_du_voile_a_luniversite.html

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  • Le traité de Lisbonne contre la laïcité... et contre le droit des femmes.

    Déjà en 2005, les altermondialistes et les militants des collectifs pour une autre Europe démocratique et sociale soulignaient les dangers d'au moins deux articles anti-laïques du projet de traité constitutionnel européen : l'article 1-52, qui faisait de l'Eglise un partenaire officiel des autorités, et l'article 11-70 qui, au nom de la lutte contre les discriminations, autorisait une libre pratique des cultes dans les espaces publiques. Au-delà de la gauche, de nombreux français(e)s sont attachés à la laïcité qui est de nouveau menacé par le traité de Lisbonne.

    La « Commission épiscopale européenne », la COMECE, a continué son travail de lobby pour y insérer les racines chrétiennes de l'Europe. L'article 52 devenu l'article 15ter du traité de Lisbonne, réintroduit les religions et notamment le Vatican au cœur du processus décisionnel. Les droits des femmes - contraception, avortement notamment - sont menacés dans les pays ou ils ont été conquis et surtout ils seront très difficiles à exiger dans les pays les plus conservateurs.

    Christian DELARUE



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  • LES BLASPHEMES DU MECREANT

     

    Blasphème, démocratie et émancipation : un sujet délicat.<o:p>
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    Courte contribution à débat pour la commission nationale DEMOCRATIE d'ATTAC France

     

     

    - Le blasphème d'abord.
    Il possède une dimension émancipatrice, qui dépasse le cadre de « la liberté de critique des religions », thème que j'ai abordé récemment à partir de la problématique du MRAP. Pour conserver cette fonction critique et libératrice il ne saurait couvrir une forme quelconque de racisme . En fait, il a une dimension anti-autoritaire que l'on ne saurait évacuer et plus largement encore on peut y déceler une dimension anti-fétiches . Et, à lire Alain BIHR par exemple, ils sont nombreux les processus contraignants échafaudés hors de l'intervention citoyenne ainsi que les dispositifs abstraits ou institutionnels déifiés fétichisés, placés au-dessus des humains rabaissés par le même coup au rand d'objet ou de serviteurs dociles.

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    La question du blasphème suppose donc une première réflexion sur l'amour et le respect mais aussi sur la place de l'humain dans son environnement institutionnel. Elle suppose à la suite d'admettre avec prudence que l'amour et la tolérance n'est pas possible partout. En somme il convient de savoir sûrement ce que l'on n'aime pas, ce que l'on ne saurait tolérer. Je donne une indication de Max PAGES sans la poser comme modèle : « Aimons ceux qui se laissent aimer et qui aiment de façon non-répressive et combattons les autres, c'est-à-dire toutes les autorités, sans les aimer ».


    - Le mécréant ensuite :
    Je ne sais si je reste ici dans l'esprit qu'en a fait récemment le philosophe Daniel BENSAID dans son ouvrage *Fragments mécréants : sur les mythes identitaires et la République imaginaire *mais celui-ci m'a inspiré.

    Le mécréant passe pour un être paradoxal : il est sans Dieu ni morale (mais pas sans éthique) et pourtant il est très engagé pour se libérer et libérer le monde de ses maux privés et publics. Etrange! Le mécréant blasphème contre le sacré mais respecte et valorise les être humains réels . Ainsi un mécréant masculin ne blasphémera pas (sauf par jeu bien compris comme tel) les filles sexy, il soutiendra "la journée de la jupe" (voir sur ce blog ) et il critiquera les pub sexistes. Une publicité n'est pas une femme réelle comme la religion n'est pas le croyant. Donc point de "pétasse" ou de "pute" dans le langage ordinaire du mécréant, pourtant ces dernières peuvent à l'occasion faire fantasmer sans la moindre culpabilité. Mais l'image fantasmée n'est pas, et de loin, la vie réelle aliénée et bien souvent misérable des prostituées. Le réel n'est pas pleinement acceptable.



    1 - Blasphème contre la religion et certaines pratiques des croyants.

    Les blasphèmes contre la religion sont autorisés puisqu'il ne s'agit que de se moquer d'une croyance ou d'un ensemble de croyance alors que les blasphèmes contre les croyants eux-mêmes ne sont pas tolérés. Encore qu'il faille analyser plus précisément la portée critique du blasphème. Ainsi dire "Je pisse (verbalement) sur tous les signes religieux ostensibles (sans discrimination entre eux)" ce n'est pas mépriser les croyants, surtout pas les croyants de mentalité laïque qui adoptent une attitude discrète et pacifique. Ce n'est même pas mépriser les différentes religions, c'est critiquer une attitude jugée excessive, c'est blasphèmer le comportement publicitaire des personnes qui s'apparente à des "hommes sandwicht" qui font de la pub pour leur produit religieux .



    2 - Blasphème contre le marché?


    Le marché n'a pas de religion. Il ne porte aucune dimension sacrée susceptible d'être rabaissé à un niveau humain et terrestre. C'est plutôt ici l'inverse qui serait critiqué dans la mesure ou l'humain est rabaissé au rang infra humain d'objet. En fait, la société marchande est vide de sens ou plutôt laisse à voire une "foire au sens" (A Bihr) ou chacun prend ce qu'il veut ou ce qu'il peut (principe de solvabilité pour l'acquérir). La société marchande est aussi criticable par ce qu'elle n'offre pas, ce qu'elle empêche de produire (des services publics par exemple) mais pas par ce qu'elle impose car elle ne fait que proposer à des individus libres, qu'offrir à un demandeur potentiel. Lorsqu'elle le fait mal (pub sexiste par exemple) ou avec trop d'insistance (multitude de panneaux publicitaires par exemple) elle est aussi critiquée et bridée.



    3 - Blasphème contre le républicanisme.

    Faire un bras d'honneur à la messe républicaine, qu'est l'hymne national c'est refuser les embrigadements sans abandonner l'esprit citoyen, sans nécessairement méconnaître les avantages du régime républicain.
    M. JérÔme RIVIÈRE député voulait que l'hymne national soit obligatoirement enseigné à l'école pour favoriser l'intégration. Il n'a heureusement pas été suivi.
    http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion0786.asp
    Pisser (en parole) sur le drapeau tricolore ce n'est pas plus ignorer l'existence de la Nation.Je préfèrerais quant à moi qu'une réflexion soit menée sur le triptique républicain "liberté,égalité, fraternité" mais avec esprit critique, sans fétichisme ni dogmatisme.

     

    4 – Blasphème contre l'autorité (le père, le chef, etc...).

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    « Nique ta mère » disent ceux qui provoquent le scandale contre ce qu'il y a de plus sacré après Dieu (pour ceux qui y croient) ? Pourquoi pas « nique ton père » ? Après tout si le père représente l'autorité et surtout l'autorité répressive et le pilier de la famille patriarcale alors le blasphème du père est essentiel pour grandir. Du moins à condition de ne pas oublier aussi que l'adolescent a besoin du père pour se construire et se socialiser. Max PAGES encore : « Les autorités parentales sont à la fois répressives et aimantes. Il en résulte un lien psychologique indissoluble entre l'expérience du plaisir et celle de la répression, un lien indissoluble avec les autorités qui fait que les autorités même répressives sont aimés ». Ce qui explique pourquoi certains vénèrent le père, la famille patriarcale, l'autorité policière ou militaire quand d'autres, aux esprits plus libertaires, blasphèment le patriarcat, la police répressive.

     

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    - Au-delà du blasphème.<o:p>
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    En fait au-delà du blasphème et de sa dimension individualiste c'est une critique théorique et pratique sérieuse qui est requise ici. Il y a certes besoin de police et de sécurité mais l'évolution de la police en France disons depuis le rapport Bonnemaison et l'ouvrage « Le désordre policier » inquiète les personnes éprises de liberté. La question de la société de contrôle est posée et elle dépasse désormais le simple cadre du comportement de la police.

     

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    Christian DELARUE

     

    Notes:

    1) SUR <st1:PersonName productid="LA LIBERTE DE" w:st="on">LA LIBERTE DE</st1:PersonName> CRITIQUE DE TOUTE RELIGION
    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=41768

    2) Du « grand soir » à lAlternative – Le mouvement ouvrier européen en crise d'Alain BIHR Editions ouvrières 1991. Lire notamment le chapitre sur la crise culturelle.
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    3) Le travail amoureux – Eloge de l'incertitude de Max PAGES Dunod
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    4) « Le désordre policier » Jean Jacques GLEIZAL PUF et contribution personnelle:

    Du SOCIAL au POLICIER ou LE "DESORDRE POLICIER" AGGRAVE samedi 19 mai 20
    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=48521

    30 juin 2007


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  • Brève sur "Ecole et religion"

    Un constat est dressé, notamment par Régis DEBRAY : une meilleure connaissance des religions est nécessaire à l'école. Laissons de côté l'oubli de l'inculture laïque bien que l'indépendance critique de la pensée face aux dogmes soit une conquête récente à conforter . Le constat précise : "l'enseignement du religieux n'est pas un enseignement religieux". On perçoit bien la différence mais aussi les difficultés.

    La première difficulté serait d'aboutir à une approche bienveillante d'une religion au détriment des autres. En fait, un tel enseignement serait rapidement démasqué et critiqué. La seconde difficulté, réelle, également signalée par Régis DEBRAY mais pleinement pris en compte par Benôit MELY, serait la réhabilitation du religieux sans apologie d'une religion particulière, une valorisation de la croyance en Dieu sans autre précision. L'incroyance mérite elle aussi le respect.
    Le seul moyen d'éviter de conforter une posture religieuse serait d'adopter une réflexion critique à l'encontre des discours religieux, de leurs injonctions et de leurs interdits. Dans le cas contraire, un enseignement acritique aboutirait à laisser accroire de façon unilatérale et mensongère que les religions ne sont qu'un "apport" positif à l'humanité.

    Christian DELARUE

    http:// Krismondial.blogg.org


    Pour aller plus loin:
    1 ) Le rapport DEBRAY
    http://atheisme.free.fr/Religion/Rapport_regis_debray.htm
    2) La critique de Benoît MELY
    http://www.union-rationaliste.org/Benoit_Mely.html


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  • Mort du pape : Deux poids deux mesures contre la laïcité


    Une certaine " tendance " laïque du MRAP tient à exprimer d'une façon quelque peu différente par rapport à l'expression majoritaire ici reprise mais modifiée (cf. site MRAP) ;

    Le MRAP tient à exprimer son amer constat et sa stupéfaction devant l'inflation d'initiatives que l'Etat prend en hommage au décès du pape JeanPaul II qui traduisent une laïcité à géométrie variable .

    Si le MRAP respecte l'émotion que la mort du pape a suscitée, il reste que la mise en berne des drapeaux, l'invitation des préfets par le ministre de l'intérieur d'assister au service funèbre, les minutes de silence notamment à l'Assemblée nationale, les interruptions de séances au Sénat, et la demi journée accordée par Monsieur Gaudin au personnel communal de la ville de Marseille, représentent des violations flagrantes du principe de laïcité des pouvoirs publics. A l'heure où la France célèbre le centenaire de la loi qui consacre la séparation de l'Eglise et de
    l'Etat, ces initiatives participent et entretiennent une confusion entre l'Etat républicain et une religion.

    Le gouvernement, sur recommandation de la Commission Stasi, a su faire avancer positivement la laïcité à l'école en autorisant les signes religieux discrets mais pas les signes ostensibles mais n'a pas su trouver une solution pour les quelques jeunes filles persistant à vouloir porter le voile . Dés lors le MRAP ne peut que constater l'incohérence manifeste entre ce souci de la laïcité à l'école et ces manifestations d'attachement de l'Etat à une religion. En accordant des honneurs à une religion particulière dans l'espace public, il laisse accroire que la loi sur les signes religieux était une loi de circonstance contre les seuls musulmans, ce qui délégitime de façon regrettable l'effort entrepris en matière de laïcité.



    Cette réalité sur ligne et met en évidence une fois de plus une inégalité et une discrimination flagrante entre le traitement de deux religions : le christianisme et l'islam. La tendance "MRAP laic" souhaite vivement que la religion catholique ne soit plus privilégiée et que la laïcité s'applique en toute rigueur à toutes les religions.



    Christian DELARUE


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