• plates dehors, à talons de 5 à 7 !

    LE PANTALON ET LE VOILE ISLAMIQUE / LES SEINS NUS ET LA JUPE COURTE : LE REGARD ET LE RESPECT.

     

    Le débat sur le voile s'élargit à d'autres vêtements. Pour détourner de la critique particulière du voile islamique certain(e)s ont rapproché le pantalon du voile comme instrument de protection du regard masculin. Le tout pour légitimer le voile islamique.

    Ainsi le pantalon ne serait plus porté par confort mais comme voilage. Le fait serait patent pour les femmes qui ne portent que des pantalons et jamais de jupes (à l'exception des jupes très longues). En ce cas les reproches antisexistes faits au voile islamique portent aussi contre le pantalon. Mais est-ce pour autant la même chose? Je crois qu'il y quelque outrance dans l'assimilation.

    Sans plus approfondir ce sujet - qui peut faire l'objet de commentaires divers - posons la question délicate et récurrente du respect maintenu malgré le regard objectivant - dépréciatif ou concupiscent - des hommes. Sachant sans doute qu'il n'y a pas de réponse simple et sûre mais néanmoins des pistes à explorer en vue d'un effort civilisationnel à entreprendre pour améliorer les rapports hommes/femmes.

     

    I - THEORIE : VOIR ENSEMBLE LE CORPS OBJET ET LE SUJET DESIRANT

    Lire préalablement "Le machisme insidieux des "mecs lourds" sur le site Bellaciao ou sur ce blog car une partie de ce texte porte sur le regard.
    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54238

    Lire aussi : De l'influence prégnante de l'interprétation réactionnaire patriarcale sur les rapports hommes/femmes. (sur chrismondial blogg)

    Les lignes qui suivent sont de Valérie DAOUST in De la sexualité en démocratie" Son propos invite à repenser la dialectique corps-objet/femmes sujet.

    Il est difficile de penser, en raison de la dialectique de la rationalité, que, derrière la représentation du corps-objet de la femme, il y a un sujet. Même la critique féministe, particulièrement préoccupée par l'objectivation du corps de la femme, reprend la dialectique sujet-objet. Dans les années 1970-1980, on dénonce l'objectivation du corps de la femme, et les rôles limités que celle-ci peut jouer au sein de la société justifient ces critiques. Les rôles de la femme dans la société s'étant multipliés, on ne peut plus penser l'activité de la femme et la représentation de son corps comme étant uniquement déterminées par des forces extérieures à elle-même sans du même coup la réduire à un « agent » passif auquel on ne reconnaît pas le sujet qui s'autodétermine.

    Le problème concerne tout particulièrement les adolescentes : on arrive difficilement à leur reconnaître une sexualité active puisqu'elles se présentent, selon la dialectique traditionnelle, comme objet de désir (vêtements sexy, par exemple), associé à la passivité. On a du mal à voir et à reconnaître que derrière cet « objet », il y a un sujet de désir.

    Un certain courant de pensée qui voit le jour dans les années 1990 commence à redécouvrir le concept de girl power, le pouvoir du corps et du sexe. Il est clair qu'il faut repenser la dialectique sujet-objet : c'est peut-être que la femme rationnelle ne s'est jamais « résolue à considérer son physique comme un qualité inhérente à sa personne, mais comme une sorte d'avatar qui lui serait fondamentalement étranger » (1) . A l'instar de Maurice Merleau-Ponty, il faut résolument penser le corps « l'existence figée ou généralisée » et l'existence comme une « incarnation perpétuelle » (2)

    Derrière l'objet il y a donc un sujet, et il y en a toujours eu un, mais non pas dans le sens qu'il y a toujours eu un sujet qu'il faut enfin reconnaître pour le faire passer du statut d'objet à celui de sujet : il y a toujours eu un sujet qui dans les faits s'est exprimé, bien que dans l'ordre de la représentation, ce sujet ait été réduit au rôle d'objet. (fin de citation)

     

    II - PRATIQUES SOCIALES PROGRESISTE : SEINS NUS ET JOURNEE DE LA JUPE !

    Ayant déjà écrit sur le port constant du voile comme mépris des hommes concupiscents et des femmes occidentales dépravées j'y renvoie avant de passer à d'autres situations, l'une concerne la sociologie de Jean-Claude Kaufmann (1) sur les seins nus sur les plages, l'autre sur la journée de la jupe dans les collèges et lycées.

    Ici le mépris ne répond pas au mépris. Mieux le respect se développe dans la vérité - relative - de la différence des sexes.

    a - SEINS NUS SUR <st1:PersonName productid="LA PLAGE" w:st="on">LA PLAGE</st1:PersonName> : RESPECT

    Commençons par le comportement des femmes et des hommes sur les plages ou le sein nu est pratiqué :

    Les seins nus ne seront possibles à la plage que parce qu'on ne se touche pas, qu'on ne se parle pas, parce que l'échange entre celle qui se donne à voir et celui qui regarde en reste strictement à ce stade, dans l'anonymat complet.

    La pudeur non pudibonde sera de deux sortes :

    d'une part cette capacité du regardant à voir sans voir, à banaliser ce qui est vu, de telle sorte que le sein se trouve privé de particularités ;

    d'autre part la capacité de la femme à sentir si ses seins correspondent aux normes de la plage.

    Ici l'homme n'est pas renvoyé à l'enfer de sa biologie prédatrice et la femme à une nécessaire abstinence de séduction à une obligation de sobriété vestimentaire pudique afin de maintenir l paix dans les rapports hommes/femmes.

    On peut penser que la banalisation masculine est toute relative . On peut aussi critiquer ce retour d'une « norme corporelle » sur la plage (ne pas montrer des seins trop plats ou trop gros) . On peux aussi penser que toutes les femmes ne suivent pas cette norme implicite, reste qu'un respect se créé entre hommes et les femmes sur la plage.

    II - JUPES COURTES ou STRINGS APPARENTS AU LYCEE : UN TRAVAIL CIVILISATIONNEL EN COURS

    Ce respect disparaît au collège ou au lycée dans la mesure ou les jeunes filles ont quasiment cessé de porter des jupes (sauf des jupes longues) pour ne pas encourir les propos sexistes des jeunes hommes mais aussi des filles. Les filles et les femmes font preuve d'une sévérité étonnante et inadmissible – « tu fais la pute ! » contre les jeunes femmes qui s'habillent de façon séduisante, qui portent des jupes courtes ou des strings apparents.

    Une réaction salutaire a été organisée dans un établissement d'Ille et vilaine : la « journée de la jupe » qui se répète chaque année qui vise à sensibiliser les jeunes garçons et les jeunes filles au droit à s'habiller librement sans subir d'injures. S'habiller réellement librement se comprend avec le droit de non respect d'une norme historique religieuse et patriacale de pudeur extrême interdisant d'être séduisante, « affriolante ».

    Le string fait l'objet d'une stigmatisation intense dans certains pays. Que la femme puisse vouloir séduire ainsi n'est pas toléré ni par certains hommes ni par certaines femmes mais pour des raisons différentes.

    Pour conclure provisoirement :

    Ces quelques lignes montrent assez la nécessité de promouvoir d'autres rapports entre hommes et femmes en luttant radicalement contre le viol, le harcèlement sexuel et "le machisme insidieux des mecs lourds" . Pour mener à bien cette tâche il importe que soit reconnu la liberté de séduire franchement et de s'engager librement une relation sexuelle sans passer par le mariage. Par contre il convient de rappeler au pape que le préservatif est une protection essentielle. Et il ne s'agit pas non plus de défendre seulement les rapports hétérosexuels.

    Christian DELARUE

    1 Corps de femmes, regards d'hommes: sociologie des seins nus par Jean-Claude Kaufmann


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  • "UN REEL RACISME ANTI-ARABE" DANS CE CAS ?



    Mouloud a publié dans France Soir du 2 octobre 2007 une interview qui a pour titre "Un réel racisme anti-arabe" Le numéro de France Soir a pour titre de une "Ne nous voilons pas la face » et le dossier se nomme "Le foulard de la discorde". Il traite de "l'affaire de l'hôtelière vosgienne jugée pour avoir refusé que des clientes gardent leurs foulards islamiques". Il y a pour moi dans les propos diffusés danger d'amalgam


    Position de Christian DELARUE Secrétaire national du MRAP

    PAS DE GENERALISATIONS ABUSIVES: Distinguons le racisme qui sévit en France du cas évoqué.

    Certes il y a bien un racisme anti-arabe en France et en Europe . Il suffit de lire les rapports annuels sur le sujet.. Mais le refus du voile ne manifeste pas nécessairement un racisme contre les arabes, ni même un refus de l'islam. Il y a bien un racisme qui se déploie sous couvert de la critique de l'islam . J'en ai souligné les modalités notamment avec l'affaire REDEKER. Mais il ne faut pas généraliser.

    Pourquoi faut-il se garder de la généralisation ? Souvent ce qui est critiqué, notamment "à gauche" mais pas seulement, c'est juste un aspect particulier de l'islam et non l'islam dans sa variété qui peut être respecté et même pratiqué. Toutes les femmes pratiquant l'islam ne portent pas le voile. Faut-il le rappeler? Il y a toute une gamme de comportements allant des femmes "ordinaires" (pas nécessairement sous habits occidentaux d'ailleurs) jusqu'aux "femmes-sandwicht" de la religion totalement recouverte en noir (1) Je dirais que c'est l'aspect excessif (voire offensif et insupportable en lieux clos pour certains) qui est perçu comme opprimant tant pour les laïcs que pour des féministes. On ne saurait alors parler d'islamophobie raciste en ce cas. Il faudrait distinguer ici les lieux publics (principe de liberté) et les lieux clos ouverts au public ou des personnes doivent durablement rester ensemble (principe de respect mutuel ou le compromis doit être recherché).

    « Excès du religieux », c'est donc l'aspect ostensible qui déplait à beaucoup de français de mentalité laïque. Mouloud n'ignore pas cela ; c'est pourquoi il parle de « détournement de la loi à des fins racistes ». Eh bien je serais nettement plus prudent que lui sur ce plan. Je me garderais bien d'une généralisation à partir d'un rejet des signes ostensibles ou ostentatoires. Autant il a raison de dire que « seule l'école est concerné par la loi » (du 15 mars 2004) autant il a tort de conclure systématiquement au racisme. Je critique de même ce que dit aussi l'avocat G Welzer en affirmant abruptement "qu'elle s'est tout simplement dit "je ne veuix pas d'Arabes chez moi". C'est possible mais c'est loin d'être sûr ! Je me garderais d'une affirmation aussi péremptoire ! Mouloud AOUNIT a encore raison de dire que la loi ne s'applique pas dans les banques et les administrations mais il a tort de voir du racisme quand seul le voile est demandé de retrait mais pas la personne elle-même qui continue de travailler sans voile et le remet en sortant du travail. Un vrai raciste islamophobe ne supporterait pas l'individu islamisé y compris avec le voile retiré. Il ne lui adresserait pas la parole. Certains ne supportent pas d'avoir l'équivalent d'un gros crucifix sous les yeux constamment du matin au soir. Mais cela ne va pas plus loin. Vous ne voyez pas la différence?

    1) femmes-sandwicht dans la mesure ou l'on ne voit strictement que l'apologie en quelque sorte publicitaire de la religion

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    Voici les propos de Mouloud Aounit, président du MRAP
    "Un réel racisme anti-arabe"
    Propos recueillis par Alexandra Gonzalez

    Président du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), Mouloud AOUNIT dénonce les dérives racistes de la loi du 15 mars 2004 sur le port du voile. Selon lui, elle sert de couverture pour justifier de nombreuses discriminations.

    France soir : Pourquoi le MRAP s'est-il porté parti civile?
    Mouloud Aounit : Ma position est clair : je suis laïc et l'Etat doit être garant de cette laïcité. Néanmoins, la liberté de chacun est définie et encadrée par la loi républicaine. Et sur ce sujet la loi est sans équivoque : seule l'école est concernée par l'interdiction du port de signes ostentatoires. Dans cette affaire, il y a une entrave grave à la loi française. C'est pourquoi le MRAP a décidé de se porter partie civile.

    France soir : Quel problème cette affaire soulève-t-elle?

    Il y a une persistance de ce mal français, et même européen, à aller vers l'islamophobie. Il y a un réel racisme anti-arabe et, dans ce cas précis, on a affaire à un détournement de la loi à des fins racistes : il s'agit d'une dérive très grave. De plus, ce n'est pas la seule affaire sur les dérives de cette loi. Dans beaucoup de banques et d'administrations par exemple, des femmes qui portent le voile se voient obligées de le retirer : pourtant cette loi ne les concerne aucunement.

    France soir : Les dérives sont donc nombreuses

    Totalement. et il faut tirer la sonnette d'alarme. Sur Internet, on assiste à un véritable déferlement d'islamophobie en toute impunité, où toute personne de confession musulmane est considérée comme potentiellement violente et terroriste. Cette libération de la parole est très inquiétante.


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  • LES PRO-VOILE contre LES HAUTS TALONS

    Lire auparavant LE VOILE ISLAMIQUE ET LA SEDUCTION sur ce blog (03/11/07)

    LA STIGMATISATION DES HAUTS TALONS

    - Commentaire :
     http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=53795

    si vous voulez réellement "libérer la femme", (comme moulinex), peut être que le voile a de l'importance, mais il concerne les femmes qui sont déjà exclues de par leur "ethnie", chez nous je pense que les hauts talons, par exemple, ont plus fait pour déséquilibrer la femme et la sous mettre que le voile

    - Réponse, un peu modifiée par rapport à celle écrite précipitamment sur Bellaciao:<?xml:namespace prefix = o /><o:p> </o:p>

    La libération des femmes est le fait des femmes. Comme homme et comme antiraciste j'intègre cette question dans mes propos mais ce n'est pas à moi de mener la bataille. Je ne « libère donc pas les femmes » qui se libèrent toutes seules ! Encore moins comme Moulinex (qui est une insulte gratuite permise par l'anonymat) !

    Quand aux talons hauts, les femmes qui les portent le font librement quand elles le veulent et selon les circonstances. En tout cas elles ne le font pas sous pression directe. S'il est connu que baucoup d'hommes aiment voir les femmes en talons aiguilles il rare qu'ils se fassent pressant ou contraignant à ce sujet . Je dirais même, et dans la ligne de ce je défends sur les conditionnements historiques issus de la religion et du patriarcat, que la pression indirecte plus insidieuse et plus lourde va dans le sens d'un port limité et circonscrit . La médecine, qui a remplacé ici la religion, pèse pour empêcher que les femmes mettent des talons hauts de façon durable. Pour la religion le motif n'est pas médical mais contre l'effet de séduction à l'égard des hommes. Le port de talons hauts est alors carrément interdit.


    Christian DELARUE


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  • VOILE, UNE RUPTURE D'EGALITE

    J'appuie Nadia KURYS et Emmanuelle LE CHEVALIER, membres de la direction du MRAP, qui viennent de publier le texte ci-dessous, pour se démarquer et même s'opposer à l'initiative intempestive du MRAP, initiative qui relance la polémique interne.

    Sans nécessairement partager l'intégralité du texte "Femmes, droit de l'homme et Islam" ci-dessous mais en tant que signataire de l'appel "l'égalité d'abord", je considère le voile dans les lieux privés, école ou entreprise, comme une rupture d'égalité et l'instauration d'un rapport supplémentaire de domination et d'oppression.

    Le voile en tant que "signe" ostensible est là objectivement (donc quelque soit le degré de prosélytisme de la femme qui le porte) pour te rappeler constamment et faire "enter dans les têtes" que :

    1 - Dieu existe : en quelque sorte, il est parmi nous, il vous regarde, vous ne pouvez l'oublier à cause de nous (un peu comme un crucifix sur un mur). Ce que l'on peut supporter au titre de la tolérance (lorsque le fait est rare et non massif) mais pas dans un endroit clôt ou l'on ne peut sortir : il y a alors imposition d'une conception du monde.

    2 - tu es un mec - pour les hommes - fondamentalement concupiscent dont il faut non seulement se cacher mais anticiper le défaut congénital de manque de maîtrise de soi . Je ne saurais donc rester durablement dans une pièce ou travaillent devant moi à longueur de journée des femmes voilées.

    L'égalité passe par la laïcité et l'instauration de relations à égalité entre les sexes, non empreintes d'une conception inégalitaire et patriarcale.

    Par ailleurs, la mentalité laïque chez tous les croyants de toute religion sera plus forte et plus génératrice de paix et d'égalité partout lorsque les signes discrets du religieux seront préférés partout dans le monde aux signes religieux ostensibles. C'est là le noyau dur de la philosophie implicite de la loi du printemps 2004 interdisant les signes religieux ostensibles à l'école.

    lire 14 theses contre le patriarcat

    http://www.blogg.org/blog-44839.html.

    Christian DELARUE

    Secrétaire national du MRAP Membre du CA d'ATTAC France

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    Combat Féministe

    Femmes, droit de l'homme et Islam

    Nous, membres du Conseil d'Administration du MRAP, sommes particulièrement attachées au principe de laïcité dans l'espace public, et en particulier à l'école.

    Dans la poursuite de sa politique de défense des femmes voilées, le MRAP national a saisi la HALDE des cas de refus opposé aux femmes voilées d'accompagner les sorties scolaires et d'encadrer des activités extra-scolaires. Il se félicite de la récente délibération de la HALDE sur le sujet.

    Pour nous, le voile est et reste un signe de l'oppression des femmes par la loi religieuse.

    Nous constatons avec regret que le port du voile se développe chez les femmes de culture musulmane en France. Cette évolution, impulsée par les mouvements fondamentalistes, est relayée par les pressions sociales et familiales. Le port du voile est présenté par les islamistes et est vécu comme une revendication identitaire. Il prospère sur le terreau de la relégation sociale et territoriale et des discriminations.

    Comment renverser cette évolution ? Comment faire tomber ces voiles, véritables murs qui se dressent entre communautés et entre sexes ? Le voile est l'étendard des militantes fondamentalistes. Il est à la mode chez certaines jeunes filles musulmanes. Symbole de l'islam fondamentaliste, le voile est et reste une prison pour l'identité féminine.

    Les femmes qui se disent discriminées sont-elles dans une démarche revendicatrices de cet étendard, ou au contraire sont-elles des femmes qui cherchent à s'ouvrir sur l'extérieur ? Face à ces femmes, quelle attitude avoir ?

    Il appartient à la société française et aux pouvoirs publics de réfléchir et d'agir pour faire évoluer la société pour que chacun y ait sa place, sans discrimination, et pour que toutes les identités soient reconnues, y compris la culture musulmane, sans que les uns et les autres aient besoin de faire pousser barbes et voiles.

    Le principe de laïcité est posé à l'école, pour les personnels comme pour les enfants scolarisés.

    Et, quoi qu'on en dise, le bilan de la loi Stasi est positif. Il a permis à de nombreuses jeunes filles de poser leur voile, et de mettre à distance, le temps de leur scolarité, le joug religieux.

    Pourquoi ce principe ne serait-il pas appliqué aux accompagnants ?

    Pourquoi accepterions-nous que les jeunes filles scolarisées aient pour modèles ces femmes voilées, emmurées ? Et, non seulement qu'elles accompagnent, mais aussi qu'elles encadrent des activités périscolaires...d'enseignement religieux ou de couture de foulards ?

    Il est vrai que le risque existe de stigmatiser ces femmes, si on leur refuse d'intervenir dans le cadre des activités péri-scolaires. Mais le voile n'est-il pas en lui-même un marqueur social et communautaire qui les stigmatise ?

    Si la question des femmes voilées est particulièrement sensible, nous regrettons que le MRAP se pose une nouvelle fois du côté de la défense des religions. Le MRAP ne peut se réjouir d'une décision de la HALDE qui reconnaît implicitement le symbole d'oppression de la femme, et le transmet comme symbole aux enfants. Prendre fait et cause pour les femmes voilées est-il d'ailleurs un service à leur rendre ?

    Au-delà du cas particulier des accompagnements péri-scolaires, c'est la question du vivre ensemble qui est posée.

    Comment une société peut-elle supporter que des femmes portent une burka complète, masquant le visage, comme on en croise en banlieue? Quel espace de liberté pour ces femmes au sein de notre société ? Alors que c'est à la société de garantir les mêmes libertés pour tous.

    Il y a aussi cette violence observée dans certains services de gynécologie obstétrique en région parisienne et dans plusieurs grandes villes. Des maris fondamentalistes refusent que leurs femmes soient examinées, soignées, accouchées par un homme. Ils l'exigent avec vigueur, quitte à mettre en danger leurs épouses et à s'en prendre physiquement aux praticiens et aux personnels hospitaliers. Ces faits sont inacceptables.

    Le voile, la burka, et ces pratiques de refus de soins sont avant tout des violences faites aux femmes, même si celles-ci, sous l'effet de la mode et de la pression communautaire et sociale, peuvent être consentantes.

    La lutte contre le racisme et les discriminations doit s'articuler avec une lutte contre tous les intégrismes, avec en particulier la revendication d'une égalité réelle des droits entre les sexes.

    Car la société française ne peut faire l'économie d'un travail sur elle-même pour aller vers plus de liberté, d'égalité et de fraternité. C'est le vivre ensemble d'une société laïque qu'il s'agit de refonder.

    Nadia Kurys Vice-présidente du MRAP

    Emmanuelle Le Chevallier membre du Conseil d'Administration du MRAP

    http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/546.htm


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