• VOILE, UNE RUPTURE D'EGALITE

    J'appuie Nadia KURYS et Emmanuelle LE CHEVALIER, membres de la direction du MRAP, qui viennent de publier le texte ci-dessous, pour se démarquer et même s'opposer à l'initiative intempestive du MRAP, initiative qui relance la polémique interne.

    Sans nécessairement partager l'intégralité du texte "Femmes, droit de l'homme et Islam" ci-dessous mais en tant que signataire de l'appel "l'égalité d'abord", je considère le voile dans les lieux privés, école ou entreprise, comme une rupture d'égalité et l'instauration d'un rapport supplémentaire de domination et d'oppression.

    Le voile en tant que "signe" ostensible est là objectivement (donc quelque soit le degré de prosélytisme de la femme qui le porte) pour te rappeler constamment et faire "enter dans les têtes" que :

    1 - Dieu existe : en quelque sorte, il est parmi nous, il vous regarde, vous ne pouvez l'oublier à cause de nous (un peu comme un crucifix sur un mur). Ce que l'on peut supporter au titre de la tolérance (lorsque le fait est rare et non massif) mais pas dans un endroit clôt ou l'on ne peut sortir : il y a alors imposition d'une conception du monde.

    2 - tu es un mec - pour les hommes - fondamentalement concupiscent dont il faut non seulement se cacher mais anticiper le défaut congénital de manque de maîtrise de soi . Je ne saurais donc rester durablement dans une pièce ou travaillent devant moi à longueur de journée des femmes voilées.

    L'égalité passe par la laïcité et l'instauration de relations à égalité entre les sexes, non empreintes d'une conception inégalitaire et patriarcale.

    Par ailleurs, la mentalité laïque chez tous les croyants de toute religion sera plus forte et plus génératrice de paix et d'égalité partout lorsque les signes discrets du religieux seront préférés partout dans le monde aux signes religieux ostensibles. C'est là le noyau dur de la philosophie implicite de la loi du printemps 2004 interdisant les signes religieux ostensibles à l'école.

    lire 14 theses contre le patriarcat

    http://www.blogg.org/blog-44839.html.

    Christian DELARUE

    Secrétaire national du MRAP Membre du CA d'ATTAC France

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    Combat Féministe

    Femmes, droit de l'homme et Islam

    Nous, membres du Conseil d'Administration du MRAP, sommes particulièrement attachées au principe de laïcité dans l'espace public, et en particulier à l'école.

    Dans la poursuite de sa politique de défense des femmes voilées, le MRAP national a saisi la HALDE des cas de refus opposé aux femmes voilées d'accompagner les sorties scolaires et d'encadrer des activités extra-scolaires. Il se félicite de la récente délibération de la HALDE sur le sujet.

    Pour nous, le voile est et reste un signe de l'oppression des femmes par la loi religieuse.

    Nous constatons avec regret que le port du voile se développe chez les femmes de culture musulmane en France. Cette évolution, impulsée par les mouvements fondamentalistes, est relayée par les pressions sociales et familiales. Le port du voile est présenté par les islamistes et est vécu comme une revendication identitaire. Il prospère sur le terreau de la relégation sociale et territoriale et des discriminations.

    Comment renverser cette évolution ? Comment faire tomber ces voiles, véritables murs qui se dressent entre communautés et entre sexes ? Le voile est l'étendard des militantes fondamentalistes. Il est à la mode chez certaines jeunes filles musulmanes. Symbole de l'islam fondamentaliste, le voile est et reste une prison pour l'identité féminine.

    Les femmes qui se disent discriminées sont-elles dans une démarche revendicatrices de cet étendard, ou au contraire sont-elles des femmes qui cherchent à s'ouvrir sur l'extérieur ? Face à ces femmes, quelle attitude avoir ?

    Il appartient à la société française et aux pouvoirs publics de réfléchir et d'agir pour faire évoluer la société pour que chacun y ait sa place, sans discrimination, et pour que toutes les identités soient reconnues, y compris la culture musulmane, sans que les uns et les autres aient besoin de faire pousser barbes et voiles.

    Le principe de laïcité est posé à l'école, pour les personnels comme pour les enfants scolarisés.

    Et, quoi qu'on en dise, le bilan de la loi Stasi est positif. Il a permis à de nombreuses jeunes filles de poser leur voile, et de mettre à distance, le temps de leur scolarité, le joug religieux.

    Pourquoi ce principe ne serait-il pas appliqué aux accompagnants ?

    Pourquoi accepterions-nous que les jeunes filles scolarisées aient pour modèles ces femmes voilées, emmurées ? Et, non seulement qu'elles accompagnent, mais aussi qu'elles encadrent des activités périscolaires...d'enseignement religieux ou de couture de foulards ?

    Il est vrai que le risque existe de stigmatiser ces femmes, si on leur refuse d'intervenir dans le cadre des activités péri-scolaires. Mais le voile n'est-il pas en lui-même un marqueur social et communautaire qui les stigmatise ?

    Si la question des femmes voilées est particulièrement sensible, nous regrettons que le MRAP se pose une nouvelle fois du côté de la défense des religions. Le MRAP ne peut se réjouir d'une décision de la HALDE qui reconnaît implicitement le symbole d'oppression de la femme, et le transmet comme symbole aux enfants. Prendre fait et cause pour les femmes voilées est-il d'ailleurs un service à leur rendre ?

    Au-delà du cas particulier des accompagnements péri-scolaires, c'est la question du vivre ensemble qui est posée.

    Comment une société peut-elle supporter que des femmes portent une burka complète, masquant le visage, comme on en croise en banlieue? Quel espace de liberté pour ces femmes au sein de notre société ? Alors que c'est à la société de garantir les mêmes libertés pour tous.

    Il y a aussi cette violence observée dans certains services de gynécologie obstétrique en région parisienne et dans plusieurs grandes villes. Des maris fondamentalistes refusent que leurs femmes soient examinées, soignées, accouchées par un homme. Ils l'exigent avec vigueur, quitte à mettre en danger leurs épouses et à s'en prendre physiquement aux praticiens et aux personnels hospitaliers. Ces faits sont inacceptables.

    Le voile, la burka, et ces pratiques de refus de soins sont avant tout des violences faites aux femmes, même si celles-ci, sous l'effet de la mode et de la pression communautaire et sociale, peuvent être consentantes.

    La lutte contre le racisme et les discriminations doit s'articuler avec une lutte contre tous les intégrismes, avec en particulier la revendication d'une égalité réelle des droits entre les sexes.

    Car la société française ne peut faire l'économie d'un travail sur elle-même pour aller vers plus de liberté, d'égalité et de fraternité. C'est le vivre ensemble d'une société laïque qu'il s'agit de refonder.

    Nadia Kurys Vice-présidente du MRAP

    Emmanuelle Le Chevallier membre du Conseil d'Administration du MRAP

    http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/546.htm


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