• CE QUI S'APPREND ICI C'EST LA MISERICORDE :

    LECONS DE TOLERANCE ET DE PARDON.

     

    in Traité du désespoir et de la béatitude (p 60 et suiv.) PUF- Quadrige
    par André COMTE-SPONVILLE

     

    - TOLERANCE VIS-A-VIS DES AUTRES, bien sûr;

    puisqu'il n'y a pas d'âme, puisqu'il n'y a pas de moi-substance, puisqu'il y a que des corps - que des corps et leur histoire -, chacun n'est que l'effet des circonstances. Voyez les nouveaux-nés : de quoi sont-ils responsables? Et nous qui en sommes issus? Tout se joue là, où rien ne se choisit, et tous les choix ultérieurs.

    Il n'y a que l'histoire, disait Marx, et cela vaut aussi pour les individus ; tout s'explique alors, et tout se comprend.

    Il n'y a que la nature, disait Spinoza, laquelle inclut l'histoire et les individus; qui la comprend inévitablement lui pardonne.

    Il n'y a que des atomes et du vide, disait Epicure; à qui allez-vous en vouloir? Les atomes sont innocents, et le vide n'est rien.

    Le matérialisme apaise les rancœurs.

    Nul méchant qui se soit voulu tel, nul imbécile qui l'ait mérité, nul lâche qui l'ait choisi.

    Tout enfant est innocent, donc aussi tout adulte: il n'a pas choisi son enfance, il n'a pas choisi d'être ce qu'il est. A chacun son histoire, dont nous sommes nés, à chacun le jeu sans fin des causes. Il n'y a pas d'âme ; il
    n'y a pas de moi ; et nul volonté qui ne soit déterminée. Désespoir et sérénité.

    Il n'y a que l'histoire : à quoi bon haïr ses ennemis?

    Il n'y a que la nature : paix à tous !

    Il n'y a que des atomes et du vide : miséricorde !

     

    - Mais tolérance aussi, TOLERANCE surtout, VIS A VIS DE SOI.

    S'il n'y a pas de Dieu, s'il n'y a pas d'âme, à quoi bon la honte ou le remords, à quoi bon la tristesse? Pourquoi torturer ce qui n'existe pas? Il y a des crimes sans doute, mais pas de criminels. Des fautes, mais pas de coupables. Et pas même de norme indiscutable : dans un univers sans juge suprême, le bien et le mal cesse des références absolues. Il n'y a pas de commandements, et le péché n'existe pas. L'esprit humain est seul, et juge comme il peut. Dieu ne reconnaîtra pas les siens. La morale disparaît alors, qui n'était que le discours des prêtres et des censeurs.

    Epicure et Spinoza sont d'accord là-dessus : toute tristesse est mauvaise, toute joie est bonne. Cela suffit à détruire la morale, qui n'est leçon que de tristesse. Epicure écrit : "Il faut estimer le beau, les vertus et autres choses semblables s'ils nous procurent du plaisir, autrement non". Et Spinoza : "Par bien, j'entends tout genre de joie et tout ce qui y mène... Par mal, j'entends tout genre de tristesse..."

    Le bien en soi n'existe pas, ni le mal. Il n'y a que du bon et du mauvais pour nous - que de la joie et de la tristesse. Le matérialisme est un amoralisme : il y a du vrai dans cette "calomnie" .

    Le matérialisme détruit la morale (comme théorie des devoirs), et la remplace par une éthique (comme théorie du bonheur). Les deux sont normatives, mais de l'une à l'autre, la norme change de statut.

    Le tout est de savoir comment vivre. Aucun commandement ne l'enseigne; aucun devoir ne l'impose. Il n'y a que des désirs - et nos désirs nous suffisent. Notre but n'est pas la sainteté mais la sagesse.

     

    Sur bellaciao le mercredi 27 juin 2007 (20h45) :
    LA MISERICORDE, LA GRACE ET L'ATHEE

    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=50128

    reprend le texte ci-dessus en I et ajoute en II : LA GRACE AMOUREUSE ELEVE L' ETRE HUMAIN 

    déjà sur ce blog le 12 oct 2006 

     

     


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  • LES SIMPLES COHABITANTS : AUCUNE PASSION, PEU D'AMOUR



    pris sous un texte - Les passions de l'amour - posté sur Bellaciao
    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=47380



    Qu'est-ce qu'un couple de simples cohabitants ?

    Il est des couples, cohabitants ou non, qui s'aiment amoureusement plusieurs années durant. Ils entretiennent une vie amoureuse plus ou moins intense source de grand bonheur.

    Un couple simplement cohabitant partage un lieu d'habitation - partiellement ou totalement, comme couple marié ou comme couple compagnon – mais l'amour tendre a déserté le couple depuis longtemps, voire n'a quasiment jamais existé.

    Ces couples "familialement corrects" (1) ont pu s'être engagés par intérêt du moins sans être réellement amoureux de l'autre. Autre raison : le maintien en couple se justifiera « pour les enfants » (parfois pour la maison). Le motif "enfants" est souvent « un alibi pour préserver une coexistence pseudo-conjugale arrangeant le quant-à-soi de chacun ».

    « Les couples qui s'éloignent sans se séparer, qui cohabitent sans coexister amoureusement... se sont souvent unis sous les signe de l'amour du semblable plutôt que sous le signe de l'amour de l'autre ».

    Si l'absence de sexualité dans le couple est un signe de couple simplement cohabitant la présence d'une sexualité ne suffit pas pour autant à dire qu'il y a plus que de la simple cohabitation.

    Tout cela ne signifie pas que le couple de cohabitants ne connaît pas le bonheur, mais il s‘agira alors plus d'un bonheur de contentement que d'un bonheur sublime qui illumine la vie du couple aimant. De plus le couple de cohabitants risque fort de connaître des jalousies ou des infidélités. Car dans la vie un d'un tel couple les périodes moroses ne sont pas rares et génèrent une aspiration à « autre chose » qui forme une disponibilité à la rencontre amoureuse.

    Lak













    1) SCFC = "Simples cohabitants familialement corrects"


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  • Le Polyamour : Nouveau romantisme ou échangisme branché (suite)


    Moins de frustration, plus de liberté

    Par Laurence Dray

    http://1libertaire.free.fr/PolyAmour03.html


    http://www.femme.lycos.fr/couple/polyamour

    Accorder plus de liberté à l'autre, s'autoriser des moments d'indépendance paraît naturel et nécessaire pour l'équilibre d'un couple. Mais accepter l'intrusion d'un tiers demande un dépassement de soi extrêmement fort. Paule Salomon confirme que le polyamour n'est possible que si les personnes ont une estime, une confiance en soi très solide.

    Le polyamoureux serait-il un être à part, doté de pouvoirs surhumains ? Selon Paule Salomon, non. C'est une question de personne et de structure interne mais aussi de conditionnement social. On accorde beaucoup trop d'importance à la sexualité et on exerce une jalousie possessive sur le corps de l'autre. Il faut désacraliser l'infidélité et sortir du dualisme fidélité/infidélité. Pourtant, 80 % des femmes demandent le divorce pour adultère. L'infidélité est souvent le symptôme d'une mésentente dans le couple ou d'une crise personnelle. Le dialogue et la tolérance doivent permettre au couple de gagner en maturité. Pour Paule Salomon, « on n'explique pas assez l'infidélité à partir du besoin d'évolution de l'autre ». Dans le polyamour, celui qui « subit » va s'apercevoir que lui aussi peut exercer sa liberté. C'est plus facile d'accepter la liberté de l'autre quand on peut jouir de la sienne. La réciprocité et l'authenticité distinguent le polyamour de l'adultère.

    Françoise Simpère, elle, est mariée depuis trente ans, et polyamoureuse depuis le même temps. Onze mois après son mariage, elle a rencontré un homme avec qui elle entretient toujours des liens. Avec chaque homme de sa vie, elle tisse des liens uniques et forts. Parfois, ce sont des liens affectifs et amicaux, d'autres fois passionnels ou seulement sensuels. Pour Françoise, le sexe est essentiel mais pas primordial. « C'est un langage des sens qui permet aux hommes de s'ouvrir et de se confier. Ce qui m'importe, c'est de nouer des relations longues et explorer les hommes. Mon rapport avec le polyamour a évolué avec le temps. Jusqu'à 30 ans, je charmais pour me prouver que j'existais, pour me rassurer sur mon pouvoir de séduction. Après, j'étais plus dans la curiosité de l'autre. Je m'intéresse avant tout aux hommes. C'est pour ça que je leur plais. Je ne suis pas une collectionneuse.

    Je suis sincère. » A 14 ans, à l'occasion de sa première déception amoureuse, Françoise s'est aperçue que « l'amour unique est un mythe » et « le prince charmant, une grande blague ». Dès le début de son mariage, elle et son mari ont vécu des histoires d'amour parallèles. Ils ont deux enfants, une maison familiale et chacun leur espace purement privé. « Dans mon studio, je reçois mes copines, mes amis, mes amants, je me retrouve seule quand j'en ressens le besoin. C'est l'endroit de ma vie à moi. Jamais je n'inviterai un homme dans la maison familiale. Je reste discrète sur ma vie privée. Je n'ai pas une vie débridée, nous y avons réfléchi ensemble, depuis trente ans. » Le polyamour permet donc à l'individu d'exprimer ses désirs et d'exercer sa liberté individuelle à l'intérieur du couple. Le couple ne phagocyte plus l'individu. »

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    Le Polyamour : Nouveau romantisme ou échangisme branché (suite)

    *Polyamour ou polydésir ?
    Par Laurence Dray*

    Le sexologue Pierre-Guillaume Lasnier s'insurge contre cette tendance à vouloir tout normaliser. Sous de jolis noms comme « polyamour » ou « polyfidélité » se cachent de simples désirs sexuels. Pour lui, l'idée d'aimer plusieurs personnes à la fois est un fantasme. « L'amour demande un investissement de temps considérable, c'est aussi un miroir de soi-même. Se pose alors un problème de réalisation et d'identité. Lorsqu'on aime plusieurs personnes, on se reconnaît dans toutes. » Il y a absence de repères et un amalgame entre désir et amour.

    « Le désir se multiplie car les images sont de plus en plus nombreuses. Mais il n'y a pas plus d'amour qu'avant. C'est un arrangement de l'esprit que de croire que tout le monde s'aime et que la relation est équilibrée. » Paule Salomon reconnaît que le polyamour n'est viable au sein du couple que si chacun conserve une place privilégiée. « L'autre ne doit pas se détourner du conjoint, il doit le rassurer sur son amour. Sinon l'absence est assimilée à un désamour. »

    Aujourd'hui, Léa, 31 ans, pense que le polyamour est un joli mythe. Pourtant, elle n'a pas toujours été de cet avis. A 25 ans, elle rencontre Michel, plus âgé, dont elle tombe amoureuse. « Il m'a permis de me révéler à moi-même, de prendre confiance en moi. C'était un peu comme un père. J'avais besoin de lui. Notre relation n'était pas fondée sur la sensualité mais plus sur l'intellect. Puis, je rencontre Thierry, l'amant dans toute sa splendeur. Il était beau, jeune. Notre relation était charnelle. Officiellement, je n'étais plus avec Michel. Mais j'habitais toujours en face de chez lui. Je n'ai jamais réussi à le quitter. Je l'ai imposé à Thierry car je ne voulais pas faire une croix sur mon passé. Pendant trois ans, j'ai vécu le polyamour sans le savoir. J'étais heureuse, comblée. Puis, Thierry a connu une autre femme. Mais là encore, nous n'avons pas réussi à nous quitter. Je rencontre alors Thibault, mon grain de folie, le piment de la vie. Je ne voulais pas couper mes liens avec Michel et Thierry. J'avais trop peur de les perdre. Thibault devait accepter ce qu'il appelait “ces deux fantômes”. Pendant deux ans, je vivais sur un nuage. J'avais trois hommes dans ma vie. »

    Dans la réalité, est-ce que c'est de l'amour ? Pas sûr. L'amour, ce n'est pas seulement admettre que l'autre ne nous appartienne pas. C'est aussi la capacité à surmonter les conflits et à accepter la frustration. Selon le docteur Lasnier, « les adolescents sont incapables de vivre une frustration. Il faut que la satisfaction soit immédiate. Un adulte qui a un projet peut accepter des sacrifices, des contraintes pour le réaliser. » »

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    *Le Polyamour : Nouveau romantisme ou échangisme branché (suite)
    Choisir de ne pas faire de choix *

    Martine Teillac, psychanalyste, souligne qu'avoir besoin de plusieurs amours indique un manque de maturité affective et de confiance en soi. C'est éviter de faire un choix, éviter la rupture et l'abandon. Mais cela peut aussi représenter un désir de toute-puissance. La démarche adulte, c'est concevoir que personne ne peut satisfaire tous les besoins de l'autre au sein du couple. Le couple ne doit plus être idéalisé comme un lieu de bonheur absolu. Léa admet que le polyamour est le meilleur moyen de ne pas s'engager. « Ne pas choisir, c'est ne pas prendre de risque. Chaque homme m'apportait quelque chose de différent. Finalement, j'ai pris dans chacun d'eux ce que j'avais envie de prendre. Inconsciemment, je les ai manipulés, car je faisais en sorte d'être l'élue de chacun. Je savais que Michel voulait construire sa vie avec moi, je l'imaginais père de mes enfants. Thibault entretenait des relations avec d'autres femmes. Là encore, je savais qu'il m'aimait plus qu'elles. Pendant deux ans, j'étais une reine pour ces trois hommes. C'est extrêmement jouissif pour l'ego. C'est terriblement narcissique. »

    Etre libre, c'est avoir la capacité de faire un choix pour construire un projet. Refuser de choisir entre plusieurs amours, c'est refuser de se responsabiliser et nier l'imperfection de la nature humaine. Lionel, 40 ans, a toujours enchaîné et multiplié les conquêtes amoureuses. Pour lui, le polyamour est le remède à la routine. « J'avais vraiment l'impression d'être en avance sur mon époque, jusqu'au jour où je me suis aperçu que ce mode de vie cachait un profond malaise. J'aimais deux femmes depuis quatre ans. Elles se connaissaient et avaient aussi d'autres aventures. Tout semblait équilibré. Du moins en apparence. Elsa était en fait malheureuse, elle souffrait de ce non-choix. Elle voulait avoir des enfants. Elle me quitta. Ce fut un choc pour moi. C'était la première fois que j'avais l'impression de ne pas maîtriser ma vie. Cette rupture m'a permis de comprendre qu'en ne choisissant pas j'avais peur d'aimer. J'ai fait, depuis, le ménage dans ma vie. »

    Pour ou contre le polyamour ?

    Le débat n'est pas de porter un jugement moral sur ce qui relève de la liberté de chacun. On peut considérer simplement le polyamour comme une façon non traditionnelle de vivre ses sentiments. Il est également une occasion de remettre en question le modèle dominant du couple monogame qui au vu des statistiques sur le divorce et l'adultère, bat de l'aile. C'est aussi peut-être un nouveau code amoureux à découvrir mieux adapté à notre époque où beaucoup de personnes souffrent de la solitude. Quoi qu'il en soit, l'amour a toujours le dernier mot... Comme le souligne Françoise : « C'est difficile d'admettre que l'on est pas l'unique. Mais aimer, c'est admettre que l'autre ne nous appartient pas. »

    Désir, plaisir et amour

    L'activité sexuelle d'un couple est d'en moyenne :
    • les deux premières années, de treize rapports par mois ;
    • au bout de cinq ans, de neuf rapports par mois.

    Pour 86 % des Français, la sexualité est indispensable pour la réussite du couple.
    4 % des hommes et 1 % des femmes pratiquent l'échange de partenaires entre couple.
    80 % des hommes et 87 % des femmes déclarent avoir besoin d'éprouver un sentiment amoureux pour avoir une relation sexuelle.
    41 % des Français estiment que l'on peut être amoureux de deux personnes à la fois. Source BVA/Francoscopie

    Le Polyamour : Nouveau romantisme ou échangisme branché (suite)
    Serge Chaumier , sociologue et auteur de la Déliaison amoureuse, éditions Armand Colin.
    Intérrogé par Diane Valembois


    Le polyamour est-il un nouveau phénomène ?

    Non, on en trouve des traces depuis longtemps, notamment avec Fourier et les sociétés utopistes du XIXe siècle, les mouvements communautaires ou les mouvements intellectuels des années 1920 et 1930. Le couple Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir est un bon exemple de couple polyamoureux. Leur couple n'était pas fusionnel, ils avaient chacun leur appartement, chacun leur vie sexuelle. Ce qui est nouveau, c'est que ce phénomène se démocratise. Le sida a mis un frein à ce qui se développait depuis une trentaine d'années. On est passé du mariage de convenance de la fin XIXe-début XXe au mariage d'amour des années 1950. Ce modèle traditionnel, dit « fusionnel », a des difficultés à perdurer car tout éloignement est synonyme de désamour. Avec le mouvement d'émancipation des femmes, le modèle romantique explose. Le couple connaît une crise de conjugalité. Apparaît alors l'amour fissionnel où l'autonomie de chacun est le garant de l'équilibre du couple. On est passé d'un modèle unique à une pluralité de modèles.

    En quoi le polyamour est-il différent de la liberté sexuelle des années 1970 ?
    Le contexte historique permet de comprendre ces différences. Dans les années 1970, il y avait une volonté radicale de rompre le modèle familial des années 1950. La rupture était trop brutale. Aujourd'hui, nous avons plus de recul, de maturité affective. L'évolution s'est faite en douceur. L'intégration de la contre-culture des années 70 permet de vivre le polyamour de façon plus équilibrée et sereine. Aussi, dans ces années-là, l'égalité entre les hommes et les femmes n'était pas encore acceptée. Aujourd'hui, on reconnaît pouvoir vivre sans l'autre. Les couples ont des moments d'autonomie, d'indépendance et admettent plus facilement une ouverture à l'altérité du tiers. Dans ce modèle fissionnel, l'autonomie peut s'exercer de différentes manières. Certains passent un week-end sans l'autre, d'autres vivent un amour parallèle. Tout est question de degrés.

    Peut-on dire alors que le polyamour est le couple du futur ?
    Le mouvement général semble se dessiner vers un couple fissionnel. À l'intérieur de ce modèle, il y a des degrés d'acceptation différents. Le polyamour est le stade ultime de l'autonomie de chacun. Les professions intellectuelles et artistiques affirment plus facilement un projet de vie autonome. On ne peut pourtant pas restreindre le polyamour aux classes privilégiées. Il concerne toutes les couches sociales mais de façon encore minoritaire.

    Selon vous, le couple est-il naturel ?

    Non, je ne le crois pas. Dans de multiples sociétés, la vision du couple est différente. Tellement différente que l'on ne peut pas parler de couple selon nos critères. Dans toutes les sociétés, il y a des rencontres entre hommes et femmes. Dans certaines sociétés, la polyandrie est le modèle dominant. En Chine, les femmes Na vivent avec plusieurs hommes. Dans certaines sociétés du Moyen-Orient, pourtant imprégnées par l'islam, le couple fixait une durée temporaire de mariage, par exemple de trois ans, trois mois ou trois semaines. La notion de couple est donc relative. C'est une notion modulée socialement et culturellement.

    Pourquoi les hommes et les femmes aspirent-ils à vivre à deux ?

    Dans nos sociétés, ceux qui sont seuls rêvent d'une vie à deux et ceux qui sont en couple rêvent bien souvent d'aventures... bref, chacun est insatisfait de sa condition ! En fait, nous sommes socialisés depuis l'enfance, nos rêves, nos désirs, nos fantasmes sont orientés vers le couple. « Pourquoi représente-t-on l'amour aux enfants dans les livres de jeunesse entre un petit garçon et une petite fille ? se demandait déjà le philosophe René Scherer il y a vingt ans, pourquoi pas en groupe, alors que les enfants vivent plutôt en bande ? » Pourquoi fait-on rêver les petites filles sur le prince charmant, les nourrissons et les poussettes ? Regardez un catalogue de jouets de Noël, c'est instructif ! Après, on comprend mieux pourquoi on éprouve le désir d'être en couple, quand tout discours asséné depuis l'enfance tend à présenter le modèle traditionnel comme le modèle normal. Il faut beaucoup de volonté pour prétendre vivre autre chose, inventer d'autres possibles.

    L'infidélité
    Il y a une augmentation du nombre des personnes vivant une double, voire une triple vie sentimentale. Ceci concerne surtout des hommes âgés de 40 à 55 ans. L'allongement de la durée de vie, le besoin de changement et la volonté de concilier la stabilité du mariage avec le piment de la vie extra-conjugale sont des explications à ces comportements.
    • 93 % des Français estiment qu'il est indispensable d'être fidèle pour réussir sa relation sentimentale.
    • 14 % des femmes de 25 à 49 ans déclarent avoir été infidèles (7 % une seule fois).
    • 20 % des femmes ont été tentées par une relation extra-conjugale. Source Francoscopie
    Epicure prodiguait ce conseil : « A propos de chaque désir, il faut se poser cette question : quel avantage résultera-t-il pour moi si je le satisfais et qu'arrivera-t-il si je ne le satisfais pas ? »

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    À lire
    • Paule Salomon, Bienheureuse infidélité, éd Albin Michel, 2003
    • Françoise Simpère, les Latitudes amoureuses, éd Blanche, 2003
    • Françoise Simpère, Il n'est jamais trop tard pour aimer plusieurs hommes, éd de la Martinière, 2002
    • Philippe Brenot, Inventer le couple, éd Odile Jacob, 2001
    • Michel Onfray, Théorie du corps amoureux, Le Livre de Poche, 2000
    • Serge Chaumier, La Déliaison amoureuse, éd Armand Colin ,1999
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    Sites :
    http://www.polyamour.net <HTTP: www.polyamour.net>

    http://www.polyamorysociety.org <HTTP: www.polyamorysociety.org>

    http://www.lovemore.com <HTTP: www.lovemore.com>

    Origine : http://www.femme.lycos.fr/couple/polyamour

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    Sexe librement consenti mais sans norme:<?xml:namespace prefix = o /><o:p> </o:p>Un texte de Monique AYOUN

    Qu'est-ce qu'une sexualité épanouie ?

    Les sexologues sont d'accord : il n'y a pas de norme. « Une sexualité réussie ne se mesure pas au nombre d'orgasmes » assure Xavier Boquet. Philippe Brenot renchérit : « Cela varie selon les individus. Certains s'épanouissent dans le couple monogame, d'autres dans des relations multiples. L'important réside dans la liberté d'exprimer ses désirs ou ses fantasmes sans qu'il soit forcément nécessaire de les réaliser. La non-contrainte de l'autre est essentielle à l'épanouissement sexuel. En clair, c'est très bien si tout est permis, mais à condition que les deux partenaires en aient autant envie » Selon Robert et Claire Gellman, une sexualité épanouie « est tout simplement une sexualité qui ne génère pas de frustration. Ce qui suppose de pouvoir établir avec le partenaire une bonne communication où chacun peut tenir compte des désirs et limites de l'autre en respectant ses propres désirs et limites. Cela suppose également de pouvoir se départir des a priori normatifs, et de s'intéresser plus à la qualité de la relation amoureuse qu'à la compétitivité, la réussite ou l'échec. »

    Autres références:

    - Aimer d'amitié. L'amour véritable commence avec l'amitié de Jacqueline KELEN - Robert LAFONT

    - "Libres extraits de "Qui est l'autre ?" (de Robert MISRAHI) par Christian Delarue*
    http://rennes-info.org/Libres-extraits-de-Qui-est-l-autre

    - La "mère" et la "putain"
    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=29304


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  • Critique du développement personnel

    Extraits de Michel LACROIX Flammarion


    1 - Le changement de modèle :

    On est passé du modèle mécanique énergétique de la bioénergie des années 70 (A LOWEN) au paradigme informatique. Le psychisme est comparé à un ordinateur : le hardware est identique pour tous mais le software est plus ou moins performant. L'inégalité des individus résulte de cette différence de logiciel. La non-réalisation de soi est considérée comme le résultat d'un mauvais traitement de l'information et non d'un jeu de force. A la notion de contrainte se substitue celle d'erreur. Le formateur ne vise pas à briser des résistances ou à libérer une énergie mais à amener le sujet à modifier le programme de ses représentations.


    2 - Le fond commun : Le repli individualiste conformiste et narcissique.

    Ce faisant le champ d'intervention s'est réduit à celui des croyances et au thérapies cognitives évacuant toute dimension sociologique et toute mise en cause de la structure sociale, ce que faisait finalement le modèle énergétique. L'originalité du DP est de promettre à la fois le succès matériel et l'évolution spirituelle, la réussite sociale et la profondeur de l'intériorité. En contradiction avec des auteurs comme Eric FROMM qui prévenait que l'on ne pouvait être à la fois dans « l'être » et dans « l'avoir » le DP propose le non choix et un double accomplissement à travers l'affirmation du moi et la négation du moi. L'orientalisation du mouvement est tempérée par un attachement indéfectible aux valeurs occidentales. Si appuyée soit-elle, la référence à l'Orient s'accompagne en effet d'une restriction : l'homme du DP n'est pas prêt à admettre, à l'instar de l'hindouisme par exemple, que le moi est une pure et simple illusion. Il veut après une « dissolution mystique » le retour à l'égo.


    3 - La variante de l'avant-garde libérale : un mixte de Bill Gates et de Krishnamurti !

    On fait un pas de plus avec l'imbrication des valeurs spirituelles avec les « valeurs » d'efficacité économique libérale. Ici ce n'est plus simplement une mentalité de repli conformiste faisant de l'individu un auxiliaire du système, un serviteur du réel que l'on va évoquer mais une personne offensive, qui construit le néolibéralisme. Ainsi, la secte « Méditation transcendantale » a crée aux Etats-Unis une Université du management. Et il n'est pas rare qu'un thérapeute de DP se déclare aussi « homme d'affaire » indépendant.

    Le DP entretient l'espoir, chimérique et dangereux, que l'on pourrait se conduire à la fois comme un battant et un sage, un capitaine d'industrie et un maître spirituel.


    4 - La variante totalitaire : Un certain retour du religieux et des sectes.

    Il y a même pour les insatisfaits du modèle informatique une forte tentation spiritualiste qui participe du retour du religieux et qui fait disparaître totalement la société qui n'est que perception : les rapports sociaux disparaissent au profit des relations. La tentation spiritualiste anti-sociologique fait aussi disparaître le mal objectif, l'injustice sociale puisque le mal se situe exclusivement dans une mauvaise relation à soi-même. C'est sur ce fond commun du DP - la reprogrammation des représentations - que les sectes se sont installées. Les gourous mégalos promettent non seulement aux individus « qui n'utilisent ordinairement que 10% de leur cerveau » la puissance illimitée mais la modification de la grille de lecture du monde.


    5 - Faut-il brûler le DP ?

    Il faudrait réinjecter le souci des valeurs dans la perspective de MASLOW. De même que l'on a naturellement besoin de tendresse, de reconnaissance, d'appartenance (besoins psychologiques de base), de même que notre corps réclame des vitamines ou du calcium, de même le psychisme a viscéralement besoin de vérité, de beauté, de dévouement, de noblesse.

    Affirmer le moi voulait dire pour lui : mettre ses ressources au service des valeurs, se battre pour les incarner dans le monde, se dévouer à une cause. Or nous vivons un idéal frustré.

    Christian DELARUE 


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  • De l'amour et amitié : en repect du passé.
     

    D'un bel amour, vif mais néanmoins inscrit dans la durée, ne peut-il pas advenir une amitié construite sur le respect d'un passé qui n'existe plus sous sa forme érotique mais qui perdure sous la forme de la tendresse amicale et sentimentale? Non seulement je l'ai pensé mais aussi réalisé.

    Les amours ne durent pas toujours sous la forme eros mais si son fond sentimental fait de respect peut lui perdurer. C'est même une sorte de second geste d'amour fait à l'autre. Sous une autre forme.

    CD


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