• MAUX ?

    Petits et gros mots du sexe.

     

    Les mots du sexe sont entre respect et domination mais aussi entre maux et jouissance. La chose est complexe et il ne suffit pas de dire avec Albert Camus : "Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde". Car San Antonio, qui s'y connaît dans son rayon, sans être un modèle à suivre, explique : "On n'urine que dans un hôpital ; partout ailleurs on pisse". Voilà qui donne, un peu, le ton !

    Au-delà de la justesse (ou non) du propos il faut comprendre que les usages des mots sont variables surtout en fonction du contexte. Il existe grosso modo trois niveaux de langage : les mots crus, les mots savants et les mots d'enfants. A chaque mot son contexte. On ne dit pas le même mot à sa chérie dans l'intimité que devant ses enfants ou dans un séminaire sur la santé des adolescents. On peut quasiment en toute occasion "appeler une chatte..." une chatte (1) car les mœurs ont beaucoup évolué en l'espace de quelques décennies (2) ; mais il n'empêche que les convenances sociales perdurent.

    Certains mots peuvent tout à la fois être excitants ou répugnants selon le contexte et la personne qui le prononce. Par ailleurs, on ne s'exprime pas pareillement à son médecin, ses enfants ou son (sa) compagne. Il existe, pour ce que j'en sais, des codes très strictes dans certains couples : l'usage des mots vulgaires et même très crus est tout à fait permis en privé, dans le cadre amoureux intime, mais strictement interdit hors de ce cadre, dès sortie de la chambre. Dans d'autres couples,  ce sera l'inverse : tel homme qui injurie sa femme devant ses ami(e)s se fera tout timide dans l'intimité. Enfin il y ceux qui sont dans l'excès constant : soit que des mots châtiés en toutes circonstances, soit que des mots vulgaires et obscènes à toute heure de la journée.

    Ici remarquons que l'excès pudibond sera féminin et que l'excès injurieux sera masculin. L'entre-deux en équilibration est à penser comme une recherche qui vise à introduire le jeu sexuel ludique en faisant reculer la domination au profit de l'amour. Le jeu amoureux combinera tendresse amoureuse et transgression verbale selon la tonalité voulue pour l'excitation réciproque. Car ne l'oublions surtout pas, l'amour c'est "faire attention à", "prendre soin de"...  y compris dans le partage intime.

    Christian Delarue

    http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/060912/petits-et-gros-mots-du-sexe

    1) "Appeler une chatte..." est le titre du livre de Florence Montreynaud (Ed Calman-lévy 2004). Composer plus de 300 pages sur le sujet, il faut assurément avoir accumulé un certains nombre de lectures anciennes "orientées" en plus de ce que l'époque actuelle permet de retenir. L'imagination est inépuisable. Une prolixité stupéfiante ! (Ce que ma compagne remarque ici)
    2) Du temps de mes propres parents les mots du sexe faisait si peur que l'éducation sexuelle en était entravée.


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  • C'est merveilleux d'avoir un amant !

    "C'est merveilleux d'avoir des amants. 
    C'est sans doute une des expériences les plus réhaussantes qui soient"
    écrit Pierre Babin (1) qui n'en fait pas particulièrement l'apologie (à cause du fardeau du secret)
    mais qui, de par son oreille attentive de psychanalyste
    en dresse en quelque sorte le constat.

    Par la suite il met son propos au singulier, ce qui n'est pas sans importance.
    Il ajoute "l'amant restaure ; dans les deux sens.

    Et après tout, l'amour des amants,
    pourquoi çà ne pourrait pas faire partie de ce qui se transmet?
    L'amour, ce n'est pas seulement papa-maman.
    Il y a trop peu d'occasion de transmettre l'amour". C'est que "l'amour est un délire, un montage, une série de délacements.
    Mais c'est un moyen infaillible de se sentir vivant.

    Le désamour donne souvent envie de mourir,
    car il remet la menace de l'abandon au premier plan.
    Faire l'amour prend du temps en dehors de l'acte lui-même.

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  • Christian Delarue : lutter, aimer, partager !

    Le 31 mai 2012.

     

    Dominique A - Rendez-nous la lumière - YouTube

    http://www.youtube.com/watch?v=K6oBgyM_WHo


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  • STROKE : "Mieux vaut boire de l'eau sale que pas d'eau du tout"

    Le meilleur en terme de transactions interindividuelles est l'échange de signes de reconnaissance, de signes positifs authentiques. Mais la vie courante amène son lot de signes négatifs divers ou de signes faussement positifs, ambigus (stroke en plastique).

    Dans certaines situations, nombres d'individus sont amenés à préférer des signes négatifs ou des signes de mauvaise qualité (bonjour à la va-vite)  à aucun signe (néantisation).

    La formule "Mieux vaut boire de l'eau sale que pas d'eau du tout" rend compte de cette préférence par défaut : mieux vaut une baffe que le mépris complet.
    "Pas d'eau du tout" signifie absence totale de signe de reconnaissance dans une situation d'attente de stroke positif minimal (un bonjour par exemple).

    La dynamique, difficilement "bridable", est alors la recherche de signes négatifs. Faute de mieux évidemment. Non pas que l'on ne préfère pas les signes positifs mais on sait qu'ils font défaut, vont faire défaut et que c'est probablement voulu. Mieux vaut alors chercher se faire relativement agresser que de subir un mépris fondamental et radical celui qui signe votre inexistence comme être humain digne (ce que l'on nomme néantisation).

    Christian DELARUE


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  • "CARTE DU TENDRE" ET CHOIX DU PARTENAIRE
    de : Christian DELARUE
    lundi 31 décembre 2007 - 16h36

     

    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=58628

    SE RENCONTRER VRAIMENT EN 2008 : "CARTE DU TENDRE" ET CHOIX DU PARTENAIRE

    Les deux courants de la "carte du tendre" posent souvent problème mais sont aussi source de joies. La lecture de Colette CHILAND et Danielle BASTIEN aide à comprendre les enjeux de nos rencontres loin d’une idéologie de l’amour désincarné.

    Christian DELARUE

    1) Colette CHILAND

    Un des thèmes du livre "Le sexe mène le monde" de Colette CHILAND porte sur la "love map"

    Colette CHILAND aborde (1) la question (mystérieuse) du choix du partenaire et son propos est des plus intéressants. Nous ne suivons pas nécessairement les positions de l’auteur sur tous les thèmes abordés par ailleurs mais les précisions fournies sur la "carte du tendre" viennent donner du sens à des comportements courants. Ils ont une portée explicative forte. Ses réflexions sont celle d’une psychanalyste, qui rappelle que la sexualité humaine est d’abord une psychosexualité. Au contraire des sexologues, qui traitent les troubles du comportement sexuel, les psychanalystes, en effet, parlent d’une sexualité indissociable du psychisme parce que précisément elle organise celui-ci.

    A propos du choix du partenaire Colette Chiland évoque ici les travaux de John Money, les sexual maps, la carte sexuelle ou carte du tendre qui, comme ne l’indique pas son nom, ne concerne pas seulement l’aspect tendre de la de la sexualité et de la relation sexuelle, mais aussi son aspect sexuel, érotique. Une carte a deux faces donc. L’enjeu est double d’une part le "fonctionnement" tendanciellement différent de la "carte du tendre" chez l’homme et chez la femme et d’autre part l’ajustement des cartes dans le choix du partenaire. L’ensemble de la problématique de la "carte du tendre" explique la qualité ou l’insuffisance des rencontres de qualité comme les deuils difficiles.

    Ainsi que le remarque Jean-François Rabain (2) Collette Chiliand réconcilie Freud et Bowlby : la satisfaction pulsionnelle cherchant l’objet, la figure d’attachement, et non seulement la pure décharge mécanique. Elle montre, par ailleurs, qu’il n’existe pas d’amour aussi bienveillant soit-il qui ne soit mêlé d’ambivalence. L’ambivalence dans son inéluctabilité est pour les freudiens une “conséquence” de la dernière théorie des pulsions, Freud décrivant une force de déliaison à l’œuvre associée à une force de liaison. Face à Thanatos, face aux forces de destruction, Eros, Philia et Agapé “représentent notre espérance”.

    1) Colette Chiland, "Le sexe mène le monde" Éditions Odile Jacob, 1999.

    2) Note de lecture de Jean-François Rabain http://www.carnetpsy.com/archives/o...

    Pour aller plus loin à propos de la "carte du tendre" comme pièce maîtresse de la relation hétérosexuelle ou homosexuelle :

    2) Danielle BASTIEN

    dans son article "Le scandale du féminin" dans l’ouvrage collectif "Clinique du couple" ERES

    "Freud nous invite à penser les courants tendres et sensuels associés chez les femmes et plus volontiers dissociés chez les hommes" écrit Danielle BASTIEN

    Cette observation explique un certain décalage entre les hommes et les femmes dans les rencontres intimes. Cela explique aussi le sentiment intense de bonheur lorsqu’un homme voit s’unifier pleinement sa carte du tendre qu’il avait auparavant plus ou moins clivée. Ce bonheur se retrouve chez les femmes qui connaissent le désir "comme effet d’un amour inaugural"

    Danielle BASTIEN décrit ensuite les différentes formes de dissociation de la plus "soft" à la plus radicale :

    "CHEZ LES HOMMES en effet, pour qui, enfant, la mère à la fois incarne à la fois l’attachement tendre pré-oedipien pour devenir ensuite l’objet visé par le courant sensuel du désir oedipien, ce qui sera la plupart du temps problématique, c’est de voir rassemblés ces deux courants chez une femme : leur épouse, leur compagne, à la fois amante et mère des enfants. Se voit ainsi classiquement expliqué, voire justifié, le clivage mère / putain qui pousse certains hommes, sans doute nombreux, à dissocier aussi dans leur vie réelle les deux courants sous des modalités diverses :
     celle de l’épouse et de la maïtresse clandestine, maïtresse qui attendra très longtemps de pouvoir prendre la place de l’épouse, alors que précisément si la situation est structurée sur ce mode, c’est pour dissocier ces deux figures et pas seulement pour varier les plaisirs.
     Il y a aussi la figure de l’épouse et du recours aux prostituées ;
     de l’épouse et des aventures multiples et répétitives annexes ;
     voire dans une version plus moderne, de l’épouse et de l’utilisation d’Internet. Tout ceci venant une fois encore reproduire la même configuration : d’un côté, l’épouse respectable, idéalisée et éventuellement mère des enfants ; de l’autre, les femmes objet de désir". .../...

    La carte du tendre hyperclivée fournit une explication sur les déterminants masqués de "l’amour vrai". En fait La carte du tendre hyperclivée explique le caractère idéologique de l’amour désincarné de certains philosophes ou psychologues.

    Reprenons le propos de Danille BASTIEN : "Chez certains hommes d’ailleurs, dans une version encore plus radicale, c’est la dissociation obligatoire qui s’imposera : ils ne pourront aimer que celles qu’il ne désirent pas et ne désirer que celles qu’ils n’aiment pas. Dans une version plus symptomatique, des difficultés sexuelles, voire l’impuissance, apparaîtront dans un des couples, alors que pourra advenir une puissance sexuelle avec l’autre. On comprend dès à présent à quel point l’harmonie conjugale est si peu souvent aisée.

    CHEZ LES FEMMES par contre, c’est le clivage, tel qu’il a été conceptualisé par Freud et puis par Lacan, qui sera insupportable. Il le sera parce que l’amour seul pourra être le voile imaginaire qui permet de masquer la crudité du désir. Voilà aussi pourquoi la passion amoureuse est tellement valorisée et recherchée par les femmes.

    Celle-ci constituerait une sorte de preuve majeure, pour la femme, qu’elle est non seulement aimée et désirée, mais bien plus, aimée au point de devenir la seule et l’unique qui puisse susciter la force de ce sentiment. Ce qui est en effet très loin, voire opposé à l’objectalisation précédemment décrite, où elle ne serait "qu’un petit bout de corps". L’un - l’amour ou la passion -, proposent ces auteurs, permettant l’autre - le fait d’être objectalisée."


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