• RUPTURE : PROMETTRE DE SORTIR PAR EN-HAUT

    Si aimer n’est pas éternel, alors des séparations surgissent. Que peut-on promettre en cas de rupture ? Cela pose la question du contenu mais aussi de la promesse.

     

    I - La question de la promesse .



    Abordons les aspects généraux et ceux propres à la rupture.



    A - La question de la promesse est liée à celle de la reconnaissance.


    C’est parce que l’on reconnaît l’importance de l’apport de son compagnon que l’on quitte que l’on promet. Je renvoie ici à " Parcours historique et culturel à propos de la reconnaissance ". qui est une note sur le "Parcours de la reconnaissance" de Paul Ricoeur (1913 - 2005).

    sur ce blog et ici :

    http://blogdekrisdlr.over-blog.com/article-parcours-historique-et-culturel-sur-la-reconnaissance-47573936.html


    B – Promesse et reconnaissance appliquée à la séparation.



    Partir sans laisser l’autre comme un " kleenex " c’est le remercier de tout le bon de la vie commune antérieure. Partir sans un mot est irresponsable mais aussi méprisant à l’égard de son ex-compagnon ou compagne. Cela se fait spontanément mais pas toujours.


    C – La méconnaissance de la question du contenu fait que la promesse n’est pas toujours explicitée

    Paul Ricoeur convoque Nietzsche pour rappeler que l’ " On peut promettre des actes mais non des sentiments, car ceux-ci sont involontaires ". On ne peut donc promettre d’aimer. Les promesses concernent le Faire ou le donner .


    D – Promesse personnelle.


    Pour ma part j’ai à la fois promis de l’aimer toujours et de la rencontrer dans un bar en cas de rupture. La première promesse s’apparente-t-elle à une folie ? Je crois que l’on peut passer de l’amour à l’amitié. La seconde promesse était commune et n’a pas été réalisée à ce jour.

    *

    II – Le contenu possible : Promettre de " sortir par en-haut " ?


    *

    A - ESPRIT D'AMITIE

    L'esprit d'amitié réciproquement partagé participe de la sortie par en-haut. C'est une question d'état d'esprit. C'est infiniment mieux et constructif pour avancer.


    B - ESTIME


    L'estime de soi passe aussi par l'estime de l'autre et vice-et-versa. Se construire un quant-à-soi arrogant face à l’autre se nomme orgueil, soit un sentiment surfait de supériorité. Une telle attitude est agressive et ne facilite pas une bonne séparation. Conserver l’estime de l’autre et le lui dire favorise une transition douce vers une rupture amicale.


    C - RESPECT MUTUEL


    Par ailleurs, chacun tient au respect mutuel, respecter l'autre mais aussi se faire respecter. Une rencontre, avec ou sans médiation, permet d'échanger l'estime et de retrouver la paix et la sérénité, mais aussi force et estime de soi.

    Il faut être vrai et authentique pour s'estimer mais cela advient et passe par des paroles positives. En ce sens l'estime ce n'est pas du narcissisme. Il faut s'engager.

    L'estime fondatrice d’un soi sûr est fondé sur des actes, une démarche, une fidélité, une personnalité . Pas sur les apparences d’un quant à soi de façade, qui mène à l'orgueil.

    D - SALUTATIONS


    * D’une façon /générale/, se saluer entre ex est de l'ordre civilisationnel. C'est une question de respect élémentaire et de dignité humaine. Mais il n'y a pas que l'aspect moral à souligner à tous les pervers. Il y a aussi l'aspect psychologique. Saluer l'autre correctement favorise l'estime de soi de chacun. Ces actes concrets montrent une orientation positive qui va dans le bon sens.

    * De façon /particulière/, j'ajoute que le trio crée un besoin de respect renforcé puisque l'amant est resté à l'ombre du couple et dans les "creux de l'agenda" de celle (ou celui) qui mène une double vie. Se saluer c'est assumer son sens des responsabilités et sortir par haut et de façon pacifiée.

    Faire le contraire de tout cela - méconnaissance, mépris, néantisation,.. - c'est aller dans le mauvais sens, c'est activer la conflictualité, et "pousser l'autre à la faute".

    Christian Delarue


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  • Parcours historique et culturel à propos de la reconnaissance.

    Note sur le "Parcours de la reconnaissance" de Paul Ricoeu
    r
    (1913 - 2005)

    Le philosophe est mort le 20 mai 2005 à 92 ans.


    L'ouvrage est un parcours culturel des grandes œuvres philosophiques sur le thème de la reconnaissance. Il mérite d'être lu et relu pour que chaque nouvelle lecture apporte une compréhension nouvelle d'aspects méconnus ou difficiles. En outre ces lectures peuvent venir en enrichir d’autres sur l’émancipation (par exemple). D’ou de nombreux liens en fin de note pour aller plus loin.

    Parcours de la reconnaissance. Trois études

    http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_article=4091

    1 - "La reconnaissance comme identification" .

    La première étude a pour titre La reconnaissance comme identification et pour citation évocatrice un phrase de Blaise Pascal : L'essence de la méprise consiste à ne pas connaître". Paul Ricoeur développe ici deux philosophies du jugement et de l’identification : celle de Descartes et celle de Kant. Pour la première " identifier fait paire avec distinguer ", alors que la seconde " subordonne identifier à relier " (p54). La seconde étude se nomme "Se reconnaitre soi-même"

    Une phrase permet de mieux comprendre semble-t-il le passage de la première à la seconde étude pour qui (comme moi) n’a pas suivi toutes les subtilités de la critique de la formule kantienne de la représentation : " A cet égard, la reconnaissance des personnes se distingue nettement de celle des choses, tranchant ainsi sur l’indétermination du " quelque chose " par quoi Descartes et Kant désignaient l’objectal des opérations de pensée " . Pour les choses, les reconnaître c’est pour une grande part les identifier par leurs traits génériques ou spécifiques. …/… Les personnes en revanche se reconnaissent principalement à leurs traits individuels. C’est avec les personnes que la longueur du temps de séparation révèle ce pouvoir destructeur que la sagesse ancienne accordait au temps…(p111).



    2 - La reconnaissance de soi :

    • La mémoire et la promesse
    • . L'une se tourne vers le passé, l'autre vers l'avenir. L'une est rétrospective, l'autre prospective. Mais l'une et l'autre ont affaire à la menace d'un négatif constitutif de la teneur de sens : l'oubli pour la mémoire, la trahison pour la promesse. Se souvenir, c'est ne pas oublier ; tenir sa promesse, c'est ne pas la trahir. La fidélité fait lien entre mémoire et promesse.

    • Que peut-on promettre ?
    • Faire ou donner . L’auteur convoque Nietzsche pour rappeler que l’ " On peut promettre des actes mais non des sentiments, car ceux-ci sont involontaires ". On ne peut donc promettre d’aimer.

    • Retour à la capacité de l’homme capable :
    • " Pouvoir promettre présuppose pouvoir dire, pouvoir agir sur le monde, pouvoir raconter et former l’idée de l’unité narrative d’une vie, enfin pouvoir s’imputer à soi-même l’origine de ses actes " (p205)

    • La promesse et le pardon.
    • Le pardon fait de la mémoire inquiète une mémoire apaisée, une mémoire heureuse. P Ricoeur reprend ici Hannah Arendt. Le pardon rend possible la réparation.



    2 - Reconnaissance mutuelle et lutte pour la reconnaissance.

    A) Reconnaissance mutuelle : Ricoeur et Hegel contre Hobbes.

    Un long passage de "Parcours de la reconnaissance" de Paul Ricoeur (folio) développe l'anerkennung de Hegel. On doit à Hegel non seulement la fameuse dialectique du maître et de l'esclave mais aussi le thème de la "reconnaissance mutuelle" posé contre la philosophie de Hobbes. C'est à Axel Honneth que l'on doit cette réhabilitation avec son ouvrage "lutte pour la reconnaissance". La lutte pour la reonnaissance passe par une demande soit par le droit. L'estime sociale et la reconnaisance mutuelle ne relève pas du droit.

    Le problème est - il est cité page 242 - que "l'éloge de la réciprocité, sous la figure plus intime de la mutualité, risque de reposer sur l'oubli de l'indépassable différence qui fait que l'un n'est pas l'autre". Un châpite du livre de P Ricoeur intitulé De la dissymétrie de la réciprocité développe ce problème. On y trouve une belle analyse de Emmanuel Lévinas sur le visage.

    L'autre problème étudié au chapitre suivant Le défi de Hobbes se nomme ici la méconnaissance dans l'état de nature. L'origine en ait pointée page 260 : "On connait par leur nom les trois passions primitives qui ensemble caractérise l'état de nature comme "guerre de tous contre tous". Ce sont la compétition, la défiance et la gloire. Ricoeur cite ici Le Léviathan de Hobbes : "La première pousse les hommes a attaquer pour le profit, la seconde pour la sécurité, et la troisième pour la réputation". La méconnaissance se sait déni de cette reconnaissance qui s'appelle la paix dit Ricoeur. L'orgueil est à la base de cette méconnaissance spécifique : "Que chacun reconnaisse l'autre comme son égal par nature. Le manquement à ce précepte est l'orgueil" p266).

    Le châpitre qui suit porte sur l'Anerkennung (la reconnaissance) de Hégel à Iéna. Car c'est Hégel qui fait entrer la reconnaissance dans la politique. Hégel n'étant pas facile à lire P Ricoeur s'appuie sur un spécialiste de Hégel : Jacques Taminiaux.

    B) La lutte pour la reconnaissance : la réactualisation de Hegel par Honneth.


    On passe avec Axel Honneth sociologue de l'Ecole de Francfort à une philosophie post-métaphysique pour ne pas dire matérialiste.

    Ce que Honneth garde de Hegel, c'est le projet de fonder une théorie sociale à teneur normative.Cette théorie a l'ambition de donner la réplique à Hobbes, dans la mesure ou la lutte procède de motifs moraux susceptibles d'occuper la place tenue par la triade de la rivalité, de la défiance et de la gloire (cf Léviathan).

    Achtung (le respect). Le concept d'origine kantienne de respect offre un point de repère indispensable.
    L'indignation. Les sentiments négatifs sont des ressorts significatifs de la lutte pour la reconnaissance ; l'indignation constitue à cet égard la structure de transition entre le mépris ressenti dans l'émotion de la colère et la volonté de devenir un partenaire dans la lutte pour la reconnaissance. (p313)
    Les droits.  Ils se répartissent en droits civils, droits politiques et droits sociaux. L'élargissement de la sphère normative des droits peut être observée dans deux directions , d'une part au plan de l'ennumération des droits subjectifs définis par leur contenu, d'autre part au plan de l'attribution de ces droits à des catégories nouvelles d'individus ou de groupes. (p311)

    "La lutte pour la reconnaissance et les états de paix" forme le chapitre 5 du Parcours.
    Les médiations : L'alternative à l'idée de lutte dans le procès de reconnaissance mutuelle est à chercher dans les expériences pacifiées de reconnaissance mutuelle, reposant sur des médiations symboliques soustraites tant à l'ordre juridique qu'à celui des échanges marchands.
    La lutte ne se resume pas aux violences et aux vengeances qui surgissent. L'oubli des offenses ne consiste pas à les écarter, encore moins à les refouler, mais comme dit Hanna Arrendt, à "laisser aller" en parlant du pardon. Le basculement du cercle vicieux de la réciprocité en son cercle vertueux passe par le renoncement à rendre violence pour violence. La lutte visera alors le don et contre don (Mauss) qui met fin à la lutte. Et "pas de don possible sans prendre les devants" (p357). L'essentiel des analyses de l'Ethique à Nicomaque sur l'amitié porte sur les conditions les plus propices à la reconnaissance mutuelle.

    Quand un individu peut-il se tenir pour reconnu ? La demande de reconnaissance ne risque-t-elle pas d'être interminable ? (p377). C'est dans l'échange des dons que la reconnaissance mutuelle apparait. A défaut il s'agit d'une lutte pour le pouvoir. Autre chose donc.

    Christian Delarue

    Lire
    Marcel Henaff Le prix de la vérité.
    Luc Boltanski L'amour et la justice comme compétence
    Luc Boltanski et Laurent Thévenot De la justification, Les économies de grandeur
    Jean-Marc Ferry Les puissances de l'expérience

    A lire aussi ces notes rédigées par des spécialistes:


    Dictionnaire des sciences humaines
    http://www.puf.com/wiki/Dictionnaire:Dictionnaire_des_sciences_humaines/RECONNAISSANCE

    Vers quelle reonnaissance ?
    http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RMM_062_0149

    Sur ou d'Axel Honneth lui-même lire :
    Théorie de la reconnaissance
    http://www.fabriquedesens.net/Theorie-de-la-reconnaissance-avec
    "Sans la reconnaissance, l'individu ne peut se penser en sujet de sa propre vie'
    http://www.philomag.com/article,entretien,axel-honneth-sans-la-reconnaissance-l-individu-ne-peut-se-penser-en-sujet-de-sa-propre-vie,180.php
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article523
    La Lutte pour la reconnaissance (2002) Véronique BEDIN et Martine FOURNIER, « Axel Honneth », La Bibliothèque idéale des sciences humaines, Editions Sciences humaines, 2009.
    http://www.cairn.info/la-bibliotheque-ideale-des-sciences-humaines-article-199.htm

    Ouverture vers d'autres problématiques
    Honneth: La réification comme oubli de la reconnaissance

    http://giraf-iffd.ways.org/fr/billet/honneth-la-r%C3%A9ification-comme-oubli-de-la-reconnaissance
    Honneth – Du concept de réification à la théorie de la reconnaissance
    http://www.implications-philosophiques.org/philosophie-politique/honneth-du-concept-de-reification-a-la-theorie-de-la-reconnaissance/
    Reconnaissance et justice

    http://www.passant-ordinaire.com/revue/38-349.asp
    Reconnaissance et vulnérabilité
    Honneth et Butler Kim Sang Ong-Van-Cung
    http://www.cairn.info/revue-archives-de-philosophie-2010-1-p-119.htm
    Luc Boltanski et Axel Honneth en débat: « de la reconnaissance sociale à l’émancipation »

     http://quineditmot.free.fr/index.php/2009/11/15/luc-boltanski-et-axel-honneth-en-debat-de-la-reconnaissance-sociale-a-lemancipation/
    La critique d’A. Honneth, une philosophie de l’émancipation. C Dornon
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article524
    Contre l’autre misère : Réification, reconnaissance et construction du sujet acteur et décideur. C Delarue
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article579
    Ne pas vivre comme des porcs, c'est refuser la domination.
    http://www.blogg.org/blog-44839-billet-ne_pas_vivre_comme_des_porcs_c%C2%92est_refuser_la_domination_-1133787.html


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  • NEANTISATION, NEGATION, MEPRIS ET MEDIATION POSSIBLE

     

    Dans un différent, il y a toujours à un moment donné l'étape de la médiation. Il s'agit d'organiser la rencontre des parties en conflit. Faire en sorte que cela puisse se dérouler dans de bonnes conditions pour l'un comme pour l'autre. Et de favoriser le déblocage de la situation.

     

    Plusieurs modalités sont concevables. Soit la rencontre se fait à deux car la confiance est là sur la base de non agression physique et le fait d'être non insulté, ni rabaissé dans sa dignité. Soit la peur de l'autre implique la présence d'un tiers qui reste là comme témoin du bon déroulement de la rencontre. Cette rencontre peut même se dérouler à 4 si chacun amène un ami.

    En tout état de cause, faire intervenir un tiers sans l'accompagnement du ou de la principale intéressée marque un lourd et profond mépris à l'encontre de l'autre partie. De plus le tiers non seulement ne peut "se dire" mais en plus, du fait de sa position de "porteur de mandat", il est trop souvent froid, sans compassion, ni compréhension. Il n'est donc pas en capacité de donner du sens à un message qui par ailleurs peut être d'autant plus violent que ce n'est même pas l'intéressé qui a eu le courage de le formuler.

    Rencontrer l'autre, le saluer, constitue le premier geste de la reconnaissance. C'est fondamental. Il ne peut en aller autrement qu'en cas de relation perverse, fondée non sur des problèmes de reconnaissance mais des stratégies de pouvoir.

    Les syndicats ont un rôle à jouer pour organiser la médiation.

    Christian Delarue

    Cela permet de rappeler que dans la conflictualité sociale se déroulant dans les instances officielles de négociation ou de concertation il y a bien cet aspect reconnaissance mutuelle. On aurait tort d'y voir une hypocrisie. Les "partenaires sociaux" - qui ne se nomment pas ainsi dans le privé mais pas toujours non plus dans le public - se saluent alors qu'ils savent que la distribution objective des rôles et des positions va conduire à des affrontements plus ou moins forts selon les enjeux.

     


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  • RESP-RESP ? Education à la rupture.


     



    L'acronyme signifie responsabilité et respect. C'est deux termes vont l'un avec l'autre. Prendre ses responsabilités à l'égard de l'autre c'est le respecter.

    Il s'agit de respecter une axiologie de la séparation amoureuse ou conjugale.

    La confrontation nécessaire.

    Dire ce qu'on lui doit implique une réflexion sur le passé qui ne se limite pas à la répétition des derniers mois qui en général sont conflictuels. Il n'y a pas "d'intervention modèle" puisqu'il y a 1000 situations de rupture. Parfois, nombre de choses ont été dites avant. Il n'y a alors guère de surprise et peu à dire en plus. Parfois, il y a quasiment tout à dire. C'est là le plus dur. Sans doute tout ne sera pas dit du premier coup.

    La confrontation n'est pas nécessairement un long fleuve tranquille . Il peut y avoir des pleurs, des cris de souffrance, des silences, des regards ambivalents mêlés de haine et d'amour. Ce peut être aussi plus sobre. Mais chacun en adulte s'y engage à dire sur soi plus que sur l'autre, à écouter, à dire ce que représente l'autre.

    Cette confrontation a le mérite de reconnaitre l'autre puisqu'on s'adresse à lui, on lui parle, on l'écoute. Tout autre chose que de refuser la rencontre, de ne pas s'expliquer, de ne pas le saluer quand on le croise.

    Le s'expliquer ne porte pas tant sur le pourquoi, sur les raisons de la rupture, que sur le fait de reconnaitre l'autre, de le voir comme un être humain respectable, digne, ce qui évidemment facilite la reconstruction si la rupture est difficile. Les ruptures ne sont pas toutes difficiles mais certaines sont particulièrement tragiques.

    L'exception au principe.

    Il y a sans doute des situations ou cela n'est pas possible : l'éloignement physique et la violence possible de l'autre. L'éloignement physique empêche la rencontre mais pas l'échange verbal. La violence masculine est une exception plus réelle au principe RESP RESP. Si l'homme  a déjà fait montre à plusieurs reprises de violences physiques ou même de propension à l'injure ou à l'insulte, il importe d'éviter la rencontre ou de ne pas y  aller seule.Bien souvent il n'y a plus rien à dire la violence ayant depuis longtemps remplacé la communication humaine.

    En dehors de ces cas, c'est respecter son ex-compagne ou compagnon, son ex-amant(e), malgré les comportements et les reproches du moment, que d'aller lui dire l'estime que vous avez eu pour lui. Cela suppose d'y avoir réfléchi . Cela suppose de ne pas se laisser aller à la fuite sans le moindre mot, sans la moindre rencontre, sans le moindre échange.

    Il se peut que cela ne soit pas facile au moment de la rupture. Il importe alors de réaliser ce qui n'a pas été dit au plus tôt. Il est toujours possible de le faire des années après. Il n'est jamais anodin et sans valeur que des humains se reconnaissent.

    Un comportement adulte à renforcer.

    On voit qu'il y a là toute une éducation à entreprendre. Cette absence d'éducation responsable fait le bonheur des psychologues qui reçoivent les victimes de traumatisme issu de rupture brutale, de violences psychologiques diverses, plus ou moins intenses et prolongées.

    Ce propos final ne vise pas à dire que le recours à un professionnel est inutile et pas plus à survaloriser les échanges entre ex-compagnons. L'état dépressif qui surgit lors de ces évènements implique d'aller voir un spécialiste.

    Mais le spécialiste ne donnera pas la parole manquante. Il vous apprendra éventuellement à vivre sans. Peut-être...

    Christian Delarue


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  •  RELATIONS "DIFFICILES" : POUSSER L AUTRE A LA FAUTE.
    Repérer des éléments d'une relation perverse c'est différent que de pointer les manœuvres du pervers-persécuteur et les réponses de la victime. A priori dans une relation "tordue" on ne sait pas immédiatement qui est le persécuteur et qui est la victime. Chacun semble y apporter sa part .

    Dans les éléments qui suivent, qui proviennent d'un résumé du célèbre ouvrage de M.F. Hirigoyen sur le harcèlement ces éléments sont plus nettement attribués à une personnalité type dite perverse, perverse narcissique le plus souvent.
    http://www.serpsy.org/des_livres/des_livres/harcellement_moral.html

    Pour ma part, je n'ai ni compétence ni volonté d'instrumentaliser un savoir spécialisé pour définir une ou des personnalités particulières dans une logique de stigmatisation. Par contre certaines constantes relationnelles sont bonnes à rappeler afin d'établir des relations saines, courtoises, amicales.
    Christian D
    * * * * * * *

    http://www.serpsy.org/des_livres/des_livres/harcellement_moral.html

    Un moyen très habile de disqualifier quelqu’un consiste à le pousser à la faute pour pouvoir le critiquer ou le rabaisser, mais aussi pour qu’il ait une mauvaise image de lui-même. Il est très facile, par une attitude de mépris ou de provocation, d’amener quelqu’un d’impulsif à la colère ou à un comportement agressif repéré de tous. On peut ensuite dire qu’elle est folle, qu’elle perturbe la bonne marche du service.

    1) Le refus de communication directe

    Le refus de communication directe est l’arme absolue des pervers. Le partenaire se trouve obligé de faire les demandes et les réponses et, s’avançant à découvert, évidemment commet des erreurs qui sont relevées par l’agresseur pour pointer la nullité de la victime.
    Le recours à des lettres recommandées agressives dans le sous-entendu ou l’allusion est une manœuvre habile pour déstabiliser sans trace. Un lecteur extérieur (psychologue, juge), à partir de ces écrits, ne peut qu’imaginer un échange acrimonieux banal entre deux ex-époux. Or, il ne s’agit pas d’un échange. C’est une agression unilatérale où l’agressé est mis dans l’incapacité de réagir et de se défendre.


    2) Si communication il y a elle est floue.


    Le message d’un pervers est délibérément flou et imprécis, entretenant la confusion. Il peut dire  «
    n’ai jamais dit cela », et éviter tout reproche. En utilisant des allusions, il fait passer ses messages sans se compromettre.
    Offrant des propos sans lien logique, il entretient la coexistence de différents discours contradictoires.
    Il peut aussi ne pas terminer ses phrases, laissant des points de suspension qui ouvrent la voie à toutes les interprétations et à tous les malentendus. Ou bien il envoie des messages obscurs et refuse de les expliciter.


    3) Danger des réponses par lettres (ou messages internet).


    Devant le refus de communication verbale directe, il n’est pas rare que la victime ait recours aux courriers. Elle écrit des lettres pour demander des explications sur le rejet qu’elle perçoit, puis, n’ayant pas de réponse, elle écrit à nouveau, cherchant ce qui dans son comportement, aurait pu justifier une telle attitude. Il se peut qu’elle finisse par s’excuser de ce qu’elle aurait pu faire, consciemment ou non, pour justifier ou on l’attitude de son agresseur.

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