• Ce qui s'apprend ici c'est la miséricorde : leçon de tolérance et de pardon.

    CE QUI S'APPREND ICI C'EST LA MISERICORDE :

    LECONS DE TOLERANCE ET DE PARDON.

     

    in Traité du désespoir et de la béatitude (p 60 et suiv.) PUF- Quadrige
    par André COMTE-SPONVILLE

     

    - TOLERANCE VIS-A-VIS DES AUTRES, bien sûr;

    puisqu'il n'y a pas d'âme, puisqu'il n'y a pas de moi-substance, puisqu'il y a que des corps - que des corps et leur histoire -, chacun n'est que l'effet des circonstances. Voyez les nouveaux-nés : de quoi sont-ils responsables? Et nous qui en sommes issus? Tout se joue là, où rien ne se choisit, et tous les choix ultérieurs.

    Il n'y a que l'histoire, disait Marx, et cela vaut aussi pour les individus ; tout s'explique alors, et tout se comprend.

    Il n'y a que la nature, disait Spinoza, laquelle inclut l'histoire et les individus; qui la comprend inévitablement lui pardonne.

    Il n'y a que des atomes et du vide, disait Epicure; à qui allez-vous en vouloir? Les atomes sont innocents, et le vide n'est rien.

    Le matérialisme apaise les rancœurs.

    Nul méchant qui se soit voulu tel, nul imbécile qui l'ait mérité, nul lâche qui l'ait choisi.

    Tout enfant est innocent, donc aussi tout adulte: il n'a pas choisi son enfance, il n'a pas choisi d'être ce qu'il est. A chacun son histoire, dont nous sommes nés, à chacun le jeu sans fin des causes. Il n'y a pas d'âme ; il
    n'y a pas de moi ; et nul volonté qui ne soit déterminée. Désespoir et sérénité.

    Il n'y a que l'histoire : à quoi bon haïr ses ennemis?

    Il n'y a que la nature : paix à tous !

    Il n'y a que des atomes et du vide : miséricorde !

     

    - Mais tolérance aussi, TOLERANCE surtout, VIS A VIS DE SOI.

    S'il n'y a pas de Dieu, s'il n'y a pas d'âme, à quoi bon la honte ou le remords, à quoi bon la tristesse? Pourquoi torturer ce qui n'existe pas? Il y a des crimes sans doute, mais pas de criminels. Des fautes, mais pas de coupables. Et pas même de norme indiscutable : dans un univers sans juge suprême, le bien et le mal cesse des références absolues. Il n'y a pas de commandements, et le péché n'existe pas. L'esprit humain est seul, et juge comme il peut. Dieu ne reconnaîtra pas les siens. La morale disparaît alors, qui n'était que le discours des prêtres et des censeurs.

    Epicure et Spinoza sont d'accord là-dessus : toute tristesse est mauvaise, toute joie est bonne. Cela suffit à détruire la morale, qui n'est leçon que de tristesse. Epicure écrit : "Il faut estimer le beau, les vertus et autres choses semblables s'ils nous procurent du plaisir, autrement non". Et Spinoza : "Par bien, j'entends tout genre de joie et tout ce qui y mène... Par mal, j'entends tout genre de tristesse..."

    Le bien en soi n'existe pas, ni le mal. Il n'y a que du bon et du mauvais pour nous - que de la joie et de la tristesse. Le matérialisme est un amoralisme : il y a du vrai dans cette "calomnie" .

    Le matérialisme détruit la morale (comme théorie des devoirs), et la remplace par une éthique (comme théorie du bonheur). Les deux sont normatives, mais de l'une à l'autre, la norme change de statut.

    Le tout est de savoir comment vivre. Aucun commandement ne l'enseigne; aucun devoir ne l'impose. Il n'y a que des désirs - et nos désirs nous suffisent. Notre but n'est pas la sainteté mais la sagesse.

     

    Sur bellaciao le mercredi 27 juin 2007 (20h45) :
    LA MISERICORDE, LA GRACE ET L'ATHEE

    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=50128

    reprend le texte ci-dessus en I et ajoute en II : LA GRACE AMOUREUSE ELEVE L' ETRE HUMAIN 

    déjà sur ce blog le 12 oct 2006 

     

     


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