• Définition du classisme et du travaillisme

    Définition du classisme et du travaillisme

    http://www.dazibaoueb.com/article.php?art=10686

    L'altermondialisme critique à tous les niveaux différentes formes de domination ou d'oppression comme le classisme, le sexisme, le racisme.

    L'altermondialisme mène une double critique contre le capitalisme et contre le productivisme. Le travaillisme est un des éléments critiqué.

    CLASSISME :

    On trouve deux acceptions :

    1 - Il y a d'une part le classisme comme mépris social. Il s'agit du mépris d'un membre ou de toute une fraction d'une classe sociale contre un groupe social humain .Ce n'est ni du sexisme ni du racisme. Ce peut être la haine des pauvres qui ne travaillent pas ou la haine des bourgeois qui vivent dans le luxe. Il s'agit d'un discours dévalorisant et d'une pratique politique à l'encontre d'une fraction du peuple. Venant de droite ce mépris est tourné vers en-bas avec parallèlement une protection de la classe dominante, des hauts dirigeants économiques et politiques.

    2 - Il y a aussi, sens plus courant, le classisme comme domination d'une classe sociale. C'est une abréviation indistincte d'une domination, oppression et/ou exploitation et des rapports sociaux de classes qui les génèrent. 

    Le classisme a donc deux acceptions l'une étroite qui le rapproche du racisme (stigmatisation, mépris, exclusion) et l'autre plus générale qui donne un nom à un rapport social emprunt d'une certaine dureté sous le capitalisme dominant. Le terme classisme est apparu dans le langage altermondialisme pour égrener aisément des formes transversales d'oppression au niveau mondial tel le sexisme, le racisme, le fondamentalisme-intégrisme, le communautarisme, le nationalisme, et le classisme.

    TRAVAILLISME :

     Le sens des mots n’est pas figé. Un sens peut décliner et un autre apparaître. C’est ici le cas. L’ancien sens perdure - quoique beaucoup moins qu'avant - pendant que le nouveau s'installe.

    La devise du travaillisme c'est Travailler pour travailler. La formule accompagne beaucoup celle du "produire pour produire" qui résume le productivisme. Mais il importe de séparer nettement ces deux catégories. Il est possible d'être en présence de surtravail sans société productiviste.

    * Dans un premier sens - maximaliste (rare) - il n'y a alors aucun raison sérieuse de travailler ni pour la société ni pour soi . Soit on ne fait rien ; soit on travaille juste dans son jardin pour manger. La thèse plaide pour la production autonome, artisanale mais limitée au juste nécessaire. Ce sens n'est guère employé car les critiques procèdent d'emblée à une critique du travail salarié.

    * Dans un second sens - position intermédiaire qui accepte une dose de travail salarié - la formule équivaut à la critique du surtravail.

    Il y a nécessité d'assurer sa propre subsistance (pour soi) et nécessité de construire et d'entretenir les conditions matérielles et morales de vie (pour la société). La société a besoin d'une production minimale de biens et services. Au-delà de cette production de base c'est du surtravail, du travaillisme.

    Le travaillisme dans ce second sens se comprend actuellement comme incitation à "travailler toujours plus" (en quantité, en durée, en intensité). La critique de ce travaillisme pose néanmoins le  besoin d'un travail nécessaire mais partagé entre tous et toutes . Il s'agit de promouvoir une activité de labeur sans excès qui laisse aussi du travail à ceux qui n'en n'ont pas car, par principe, tous doivent travailler sauf les jeunes, les vieux, les handicapés, et assimilés.La question du meilleurs travail se relie alors à celle de l'emploi.

    La question du travail, de son sens, de son utilité, de sa valeur se pose donc d’abord en critiquant (pour le réduire et le neutraliser) le travaillisme (5) qui n’est pas seulement la critique des excès d’un certain management tant dans le privé que dans le public.- harcèlement, contrat d’objectifs, management par le stress, humiliations hiérarchiques répétées, etc... mais aussi critique de son inscription capitaliste et donc - pour aller à l’essentiel - de sa durée (plus de 35 heures hebdomadaires), de son intensification, de sa faible rémunération.

    La critique du travaillisme ne se limite donc pas à la critique de certains travaux et de certaines catégories de salariés. Elle est relativement globale dans la mesure ou elle est critique du travail salarié mais pas du travail en soi. Elle ne débouche pas pour autant sur une apologie du travail indépendant instrumentalisé par l’idéologie entrepreneuriale .

    La logique de la compétition sportive et de la performance s'applique au travaillisme : Plus vite, plus haut, plus loin, plus fort . Elle débouche sur sa version dopée par le sarkozysme : travailler plus pour gagner plus (pour soi) et produire plus (pour la société). Mais le culte du travail est ancien : il a été bien porté en France tant par le christianisme que le mouvement ouvrier.

    La critique du "culte du travail" ne signifie pas dans ce second sens apologie de l'inactivité puisque chacun doit participer à la production de l'existence sociale. Dans une organisation capitaliste du travail cette critique du fétichisme du travail revendique un travail sans cadence imposée avec des horaires hebdomadaires très inférieurs à ce qu'ils sont aujourd'hui.

    Christian DELARUE


    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :