• Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple

    "Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple" :

    du demos au laos (III) C Delarue

    samedi 18 juin 2011 sur AELP
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1736

    Lire "Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple" Quelle démocratie(I) et Revendication des "indignés" (II)

    1) Hypothèse :

    Si le peuple-classe est bien un moderne "laos" et que l’on accepte la traduction de Gabriel Galice qui écrit "Par le peuple, c’est demos, pour le peuple, c’est laos" (1) alors le "gouvernement du peuple" doit avoir pour rapport démocratique et forme démocratique une réalité bien tangible ou le peuple est présent et écouté au-delà des procédures comme s’il s’agissait d’un "gouvernement AVEC le peuple" (formule assurément révolutionnaire) et ou les gouvernants-mandatés construisent un Etat social qui est vraiment la chose du peuple-classe dans sa diversité.

    Ainsi compris, le lien entre le démocratique et le social est consubstantiel au démocratique. Le social se construit avec le démocratique. Pour reprendre les mots anciens, on dira qu’ "il n’y a pas de vrai demos s’il n’y a pas un authentique laos". Les gouvernants doivent donc construire un Etat social fort au lieu de le démanteler. Ils ne doivent pas se cacher derrière des besoins de sécurité pour casser le social donc le démocratique.

    2) Recherche et arguments.

    Le mot grec laos a donné à valider le mot laïcité mais historiquement laos se traduit en français par peuple. C’est ce qu’explique Gabriel Galice (1)qui précise que "le laos, pour les anciens Grecs, c’est la foule, ce que les Romains nomment turba, plebs (qui donne plèbe), vulgus. On retombe ici sur le sens donné par Yves Meny et Yves Surel dans "Par le peuple, pour le peuple" (2) à propos de la signification économique et sociale du mot peuple.

    Mais d’une conception trop englobante du type "peuple tout entier" on tombe dans une acception économico-sociale très étroite qui n’a aucune chance d’accéder à une quelconque souveraineté, ce qui signifie rester subordonnée et dominée . En effet la plèbe contemporaine c’est soit le lunpenprolétariat, les sous-smics et les salariés précaires et pauvres soit un cran au-dessus ce que l’on nomme parfois aujourd’hui les "couches populaires" (ouvriers et employés) ou plus généralement les prolétaires au sens de ceux qui épuisent leur salaire dans le mois.

    A suivre G Galice on dira qu’effectivement "Laos est plutôt le peuple social, demos le Peuple politique". Mais G Galice choisit de mettre un P à peuple politique. Ce qui est problématique car cela signifie qu’une domination est acceptée car légitime alors que le peuple politique cache tout le poids de la classe dominante (la bourgeoisie décomplexée) sur le peuple-classe. Et ce poids est très lourd. Avec la montée en puissance de la finance l’Etat social s’est réduit et corrélativement les inégalités sociales se sont accrues.

    On répondra que le peuple politique c’est le peuple souverain l’entité citoyenne la plus respectable en démocratie. Mais quelle démocratie ? Le peuple souverain n’est pas réductible au "Peuple politique" qui semble plutôt l’avatar de la classe politique, ou au mieux le synonyme des de la volonté générale des gouvernants si l’on veut s’inspirer de JJ Rousseau. Mais alors ce "P" est celui de la Volonté générale qui écrase la diversité culturelle et surtout cache la domination socio-économique et donc l’injustice sociale.

    Si le peuple-classe est bien un moderne "laos" alors il aspire à la libération et à l’égalité et il aspire à la souveraineté contre l’oligarchie et la classe dominante. Il sera pleinement "souverain" au sens marxiste que lorsque la bourgeoisie aura disparue comme classe dominante sans que pour autant une autre classe dominante soit apparue.

    Ici il ne faut pas confondre les "élites" et la classe dominante car on imagine mal la disparition des premières (qui peuvent se servir ou servir le peuple-classe) mais pas celle de la seconde. Les premiers pas pour faire disparaitre la classe dominante consiste à démocratiser la démocratie existante et à renforcer l’Etat social pour en faire la chose du peuple-classe. On poursuivrait alors la tâche politique des Résistants à la sortie de la deuxième Guerre mondiale en allant vers le socialisme.

    Christian Delarue

    1) Gabriel Galice par ailleurs auteur d’un ouvrage sur le peuple-nation .

    http://peuple-nation.blogspirit.com/archive/2006/08/index.html

    2) Yves MENY et Yves SUREL : le peuple comme peuple classe. JJ LAKRIVAL

    http://www.legrandsoir.info/yves-meny-et-yves-surel-le-peuple-comme-peuple-classe.html

    A noter que G Galice se montre très critique de ’usage idéologique du populisme contre le peuple-classe. Il note que le populisme russe n’avait pas un sens négatif.


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