• L'ARRIERE PLAN MONDIAL DES QUESTIONS DU RACISME CONTEMPORAIN

    L'ARRIERE PLAN MONDIAL DES QUESTIONS DU RACISME CONTEMPORAIN

    Note sur le rapport de Jean-Claude DULIEU devant le CA du MRAP

    Version structurèe et réécrite le 3 mai 2006

     

    Toutes les formes de racisme ne relèvent pas de cette analyses avec la même force. Le racisme qui frappe les Roms par exemple semble aussi fort avant qu'après les évènements ci-aprés analysés.

    Le contexte international n'est pas exclusivement marqué par ce que l'on appelle le "Choc des civilisations" . Il faut aussi prendre en compte la mondialisation capitaliste. Bien sur tout dépend du phénomène étudié :parle-t-on de la montée du racisme anti-arabe, de l'islamophobie ou du racisme qui se diffuse partout à propos du débat sur l'immigration et aujourd'hui du projet CESEDA de Sarkozy 2. Pour certaines formes de racisme, comme l'islamophobie, il conviendra de mettre l'accent sur les effets délétères du Choc des civilisations alors que pour les <!--[if !supportEmptyParas]-->discriminations touchant la main d'œuvre immigrée clandestine il sera plus judicieux d'avoir à l'esprit la distinction entre capital mobile et capital non mobile.

     

    1 - La place de l'interprétation du choc du 11 septembre 2001.

     

    A ) De Ben LADEN aux musulmans

    Le "Choc des civilisations" de Samuel Huntington (écrit en 1993) a connu un nouveau et grand succès planétaire a cause de l'attaque des Twin Towers le 11 septembre 2001 . La forme diffus2e est sommaire : d'un côté Bush, le « Bien », l'Occident démocratique, libéral et civilisé ; de l'autre Ben Laden, l'Orient, le Mal , les dictatures, l'islam et la barbarie. La guerre d'Irak en 2003 a permis un nouvel élargissement de la thèse dichotomique.

    Proche de Bush, W. Kristol et L Kaplan dans leur livre Notre route commence à Bagdad écrivent pour expliquer la guerre en Irak : « Cette cause avait pour enjeu la sécurité de l'Amérique et celle du monde, mais aussi la volonté d'apporter la démocratie dans un pays étouffant sous un système totalitaire". Que les causes réelles soient ailleurs c'est certain, que la cause affichée soit assez peu réalisable pour plusieurs raisons (quel méthode d'apport ? quel modèle démocratique "apporter"?) d'autres l'on souligné (ex Christian LAZZARI dans Quelle démocratie voulons-nous?). Ce qu'il importe ici pour le MRAP c'est l'affichage quasi-explicitement d'une supériorité institutionnelle s'intégrant dans la compréhension du "Choc des civilisations".

    Au plan idéologique la thèse du « choc des civilisations » s'est répandue sur la planète a eu des effets massifs indéniables que l'on ne peut ignorer, en particulier l'assimilation de tout arabe à un musulman et de tout musulman à un fan de Ben Laden .

     

    B) La mondialisation néolibérale et la mondialisation des migrations.

     

    Pourtant le dramatique évènement du 11 septembre aux USA n'a pas modifié fondamentalement la structure et le dynamisme des forces agissantes au plan mondial.

    Avant comme aprés cet évènement nous retrouvons le même déséquilibre mondial ayant pour moteur la puissance économique des multinationales (FMN) de la Triade et surtout des USA , ainsi que la puissance militaire et politique du gouvernement des USA et d'autres puissances impériales

    de second niveau . Pascal Boniface (1)confirme que « le rapport de force n'ont été que très peu modifiés et le poids de chaque puissance n'a guère changé ». C'est là qu'interviennent les aspects explicatifs d'ordre géopolitique et/ou géoéconomique.

    Le capitalisme mondialisé fonctionne au profit d'une minorité de la population mondiale .

    Son principal effet est d'accroître les inégalités . Un écart important se creuse entre les diverses populations. Ce n'est pas l'objet de cette note de d'écrire cette réalité ; nous renvoyons ici dans nos analyses de la commission mondialisation. Ce qui importe de souligner c'est que cette situation favorise les migrations contraintes.

     

    2 - Les trois éléments d'arrière plan à intégrer à l'analyse

    En fait nous sommes en présence de trois éléments d'arrière plan qui pèsent sur les différentes formes de racisme (2).

     

    A) Deux éléments se conjugent grosso modo sur le même thème:

    Le thème de la supériorité de l'Occident démocratico-libéral sur l'Orient musulman vient rajouter ses méfaits à celui du postcolonialisme, lequel se distingue du colonialisme et de l'impérialisme par le fait que perdurent au sein des métropoles ex-colonisatrices (voir toujours colonisatrice dans les DOM-TOM) un racisme spécifique lié à une absence de regard critique sur le passé (cf. l'ouvrage collectif "La fracture coloniale" ) . Ce racisme touche une catégorie particulière de la population : ceux qui viennent ou sont perçus comme venant des pays ex-colonisés.

    B) Un troisième facteur plus structurel plus fondamental intervient :

    Il ne faut pas oublier d'intégrer dans nos analyses toute la portée négative des exigences contemporaines de la finance globalisèe et de la "marchandisation" du monde. Face au chômage et à la mise en concurrence des salariés les solutions d'exclusion des immigrés et résidents étrangers retrouvent un certain écho .

    Les impératifs de rentabilité sont un point tel pour le capital que l'on comprend mieux :

    1 - l'acuité des luttes défensives face aux attaques portées par le patronat, <!--[if !supportEmptyParas]-->

    2 - l'ampleur de la dérégulation entreprise sur des plans aussi divers que le CESEDA, le CPE,le CNE et les réformes de l'Etat. <!--[if !supportEmptyParas]-->

    3 - la haine de classe de la bourgeoisie frappe aussi bien contre les fonctionnaires protégés que contre les immigrés, les roms, les réfugiés, les chômeurs qui veulent un vrai travail.<!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]-->Les différentes catégories du salariat et plus largement du peuple sont menacées catégorie par catégorie. Nous devons donc avec les syndicats de salariés et les alter mondialistes participer:

    -à la construction de l'unité afin de montrer l'intérêt commun d'une communauté de travail<!

    - à la défense de l'égalité des droits

    - à la promotion de nouveaux pouvoirs et de nouvelles garanties

    En effet face à la crise de rentabilité du capital (cf. Odile Castel 3) et aux exigences de la finance il n'est plus supportable pour les élites dominantes de conserver des règles protectrices du travail. Toutes les typologies d'emploi sont concernées . La force de travail doit être docile, soumise et couter le moins cher possible. <!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]-->Tous les cadres juridiques touchant de près ou de loin au travail, à l'emploi doivent favoriser le capital qu'il soit mobile et délocalisable ou non mobile et utilisateur d'une main d'oeuvre exogène. Cette dernière distinction est fort utile pour le MRAP car c'est bien le patronat "non mobile" qui surexploite férocement les immigrés avec ou sans papier (surtout sans). <!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]-->Une même logique de précarisation traverse les réformes du CPE et du CESEDA de Sarkozy

    2 . Du coup on voit que des exigences contradictoires s'exacerbent et s'entrechoquent : souplesse,flexibilité et soumission d'un côté, garanties, protection et émancipation de l'autre côté.

    Christian Delarue

    (1) Pascal Boniface in "Le monde contemporain : grandes lignes de partage" aux PUF !

    (2) S'agissant du racisme aujourd'hui je renvoi ici au rapport sur l'état du racisme en France présenté par Jean-Claude DULIEU lors du dernier CA du MRAP.

    (3) Odile CASTEL Histoire des faits économiques La dynamique de l'économie du XV ème siècle à nos jours aux PUR

    Christian LAZZARI dans l'ouvrage collectif "Quelle démocratie voulons-nous?"


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