• Le pardon non rentable

    Le pardon non rentable

    Le pardon n'est plus un acte relativement commun comme du temps du christianisme dominant. Il est devenu l'affaire des philosophes et des psychologues qui ont fait de lui un acte s'intégrant dans un processus où ils sont experts des modalités de son expression et de sa réception (accordée ou non).<o:p>
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    Le pardon possède deux dimensions, l'une individuelle et l'autre collective - la repentance - qu'il ne faut pas confondre. Au-delà de la discussion des conditions du pardon remarquons que de nos jours le pardon, ici pris au sens individuel, n'est pas « rentable » puisqu'il permet parfois d'éviter le recours aux marchands de soins de l'âme humaine, aux psychologues, psychiatre tout comme il permet parfois d'éviter le recours à la justice. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles il n'est pas dans l'air du temps, qui s'ajoute au déclin de sa compréhension religieuse.

    Les uns l'assimilent à un oubli, les autres, à un avatar du christianisme. Erreur; Le pardon, qui n'a nul besoin du cadre religieux (1), peut se demander alors qu'un travail thérapeutique est en cours et il peut se donner aussi une fois la faute (2) sanctionnée par la justice. Dans certains cas le pardon ne pourra pas être donné avant la sanction de la justice.

    Pourtant le pardon manifeste, loin de toute insensibilité, à la fois une inquiétude authentique pour l'autre et la reconnaissance de sa propre fragilité, de ses propres contradictions et tourments. C'est bien sans oublier le fait générateur et à partir de la reconnaissance de la faute, du délit ou du crime commis que le pardon a des vertus pacificatrices Il permet de couper différents cycles ; comme celui des rapports de violence franche ou subtile ou le cycle de vengeances ou dans un autre registre celui des rancoeurs renouvelées. Le pardon permet même de renouer des rapports de confiance. C'est dire ici sa puissance.

    Christian DELARUE

    1) Pour un athée le pardon demandé doit être accepté. Point de Dieu pour remplacer l'offensé qui accorde ou non son pardon. Cependant une conception plus strictement matérialiste défend une économie totale du pardon, du moins comme pardon "relationnel" (qui se demande et qui s'accorde ou non) qui mérite d'être connue. Un "je ne sais quoi" d'insuffisance empêche, d'après moi, sa pleine adoption. Un travail d'interrogation à poursuivre. Pour en prendre connaissance lire sur ce blog : CE QUI S'APPREND ICI C'EST LA MISERICORDE : LECONS DE TOLERANCE ET DE PARDON.

    in Traité du désespoir et de la béatitude (p 60 et suiv.) PUF- Quadrige
    par André COMTE-SPONVILLE

    http://krismondial.blogg.org/offset-125.html

    2) On laisse ici de côté la question de l'effet induit de la culpabilisation qui attribue des fautes ou il ne devrait pas y en avoir. Il y a aussi l'effet inverse qui attribue à l'autre par projection ou autres mécanisme de défense des comportements préjudiciables.


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