Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Chrismondial

Alltermondialiste - Antiraciste - Antisexiste - Laïc ( http:// Krismondial.blogg.org )

Présentation






Christian




DELARUE





http://www.tlaxcala.es/images/auteur_294.jpg






MILITANT






ALTERMONDIALISTE




 




 




MRAP / ATTAC






 






Fonctionnaire aux Finances

Licencié en droit Rennes


né le 20 juillet 1955






Activités politiques





Membre de la LCR de 1985 à 2006





Candidat de la LCR aux élections de mai 1997





Soutien Maintenant à gauche !


www.maintenantagauche.org





 







Activités antiracistes :





Secrétaire national du MRAP





Membre du Bureau exécutif du MRAP et de son Conseil d'Administration.





Responsable de sa commission Mondialisation.





Représentant / délégué du MRAP auprès d'ATTAC au titre de membre fondateur d'ATTAC




MRAP =



Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples
Movement against Racism and for Friendship among Peoples
Movimiento contra el Racismo y por la Amistad entre los Pueblos

Statut consultatif auprès du Conseil Economique et Social de l'ONU

43, Boulevard Magenta, 75010-Paris, France
Tel : 33 1 53 38 99 99
Fax : 33 1 40 40 90 98
e-mail : accueil@mrap.fr
web : http://www.mrap.asso.fr/





 

Activités altermondialistes




Membre du Conseil d'Administration d' ATTAC France




Association pour la Taxation des Transactions pour
l'Aide aux Citoyens
http://www.france.attac.org/



Participation au FSE de Paris St Denis en 2003



Membre du CA d'ATTAC Rennes






Activités syndicales :





Elu à la CE de l'UL CGT Rennes en dec. 1993 comme responsable de l'activité "jeune"





Elu à la CE du SNADGI-CGT 35 en juin 1993




Membre de l'UGFF-CGT 35




 




Militant associatif à AC! (Agir ensemble contre le chômage)




de nov 93 à 98 (Travaillons tous, travaillons moins, travaillons autrement)




 





Militant antisexiste - féministe





Représentant de la LCR Rennes aux Assises de la CNDF de mars 1997





Signataire :




- de "Des hommes s'engagent : Faire l'amour, pas la haine - Non à la virilité machiste !"




- du Manifeste "Encore féministe"





 

*



Les conférences et contributions sont publiées sur divers sites :


- rennes-info.org (rubrique contributions)


 


- amitie entre les peuples,


http://amitie-entre-les-peuples.org/




- Bellaciao,


http://bellaciao.org/fr/spip.php?mot157




- PAG69




- alternativeunitaire2007.org/


 


- pour la République sociale PRS


- ATTAC FRANCE, ATTAC 35, ATTAC 89...

http://www.france.attac.org/spip.php?auteur1353




- MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples)



- altermonde-sans-frontière


http://www.altermonde-sans-frontiere.com/


http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?auteur67


- Europe solidaire sans frontière


http://www.europe-solidaire.org/


http://www.europe-solidaire.org/spip.php?auteur3200%E2%8C%A9=fr




 




- Egalité d'abord






- et d'autres encore







Blog altermondialiste, antiraciste, féministe et laïc ...






Rechercher

Août

DiLuMaMeJeVeSa
     12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31      

Compteur

Depuis le 30-09-2006 :
78678 visiteurs
Depuis le début du mois :
5965 visiteurs
Billets :
257 billets

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03

L’écosocialisme, ATTAC, les syndicats et l’écologie | 13 janvier 2008

     
 
 

L'écosocialisme, ATTAC, les syndicats et l'écologie

L'écosocialisme, ATTAC, les syndicats et l'écologie

Il y a une erreur dans le titre, car si les syndicats ont pu parler du socialisme il y a encore une dizaine d'annèes ils ne le font plus. Tout au plus évoquent-t-ils la transformation sociale ; mais ils le font désormais en y inscrivant de plus en plus les objectifs du développement duarable (DD) . Quand à ATTAC, il articule certes plus aisément le social, l'économie et l'environnement mais il parle plus d'alterdéveloppement ou, de façon moins ambitieuse, d'altercroissance mais pas d'écosocialisme. En tout cas quand le terme est évoqué, il n'est pas défini . Pourtant l'alternative systèmique semble être dénommée par l'écosocialisme que pas l'alterdéveloppement.

1. - LA CONVERGENCE DES ACTEURS...

ATTAC et les syndicats de salariés s'opposent traditionnellement aux attaques du patronat et du gouvernement qui frappent les salarié(e)s, tant dans le travail que dans le hors travail . Ce mouvement altermondialiste dans sa diversité porte des revendications défensives mais aussi offensives et qui dessinent ici ou là des alternatives et parfois, par convergence pratique et théorique, une réelle alternative globale montrant qu'un autre monde est possible .

Ce qui est nouveau, dans le syndicalisme des ouvriers, employés et techniciens tant public que privé, c'est que de plus en plus la dimension écologique est prise en compte, et ce via la problèmatique du développement durable (2) . La dégradation de la nature a engendré cette évolution . C'est un fait majeur qui répond aux impasses du passé . Une prise de conscience se généralise : Le capital ne s'attaque pas frontalement qu'aux conditions de travail du prolétariat . Il aggrave aussi "la pollution, l'effet de serre, la dégradation de la biodiversité et l'épuisement à brève échéance des ressources de la planète après avoir été accaparées notamment par les multinationales qui misent maintenant sur l'appropriation du vivant et des connaissances"(1). Et cela n'est pas sans rapport avec ce qui se fait dans l'entreprise et avec ce qui pourrait ce faire dans les services publics fonctionnant sous logique de service publique donc en opposition à la logique marchande.

Le capitalisme ignore tout ce qui n'est pas susceptible de rapporter profit - voire tire son profit de ces dégradations . Et c'est par contrepoint nécéssaire que le mouvement altermondialiste et ses diverses composantes s'attèle à remette en cause le modèle de développement dominant et à promouvoir un alterdéveloppement répondant aux besoins sociaux , aux besoins de l'immense majorité de la population mondiale . La question de la bioshère qui planait au-dessus des classes sociales et des rapports sociaux s'y voit insérée par cette convergence netre le secteur associatif écologiste et le mouvement "ouvrier" ouvert à l'alterdéveloppement.

2. - ... ET UNE REPONSE A UNE IMPASSE THEORIQUE

D'aucuns estiment que les syndicats sont toujours en retard dans la prise en compte du DD . Et quand ils le font les préconisations sont modérées . Ce "retard' se comble en même temps que se règle la réponse à une impasse théorique avec " le débat qui est apparu pour savoir si la transformation sociale ne devait pas céder le pas à la transformation du rapport à la nature. En d'autres termes, le paradigme de l'émancipation sociale porté depuis deux siècles par le mouvement ouvrier n'aurait-il pas épuisé sa dynamique et ne devrait-il pas s'effacer devant un nouveau paradigme prenant en compte avant tout l'avenir de la planète ?"

Jean-Marie HARRIBEY et d'autres ont chercher "à montrer que la transformation des rapports sociaux doit inclure la modification du rapport à la nature mais que l'établissement d'une hiérarchie qui placerait au sommet le respect de la nature indépendamment de ses conditions sociales d'utilisation conduirait dans une impasse théorique (la naturalisation des conditions de la production des moyens d'existence) et dans une impasse politique (l'impossibilité de faire se rejoindre les multiples fronts de lutte contre le capitalisme néo-libéral)".

Le prolétariat est toujours là ! Rien ne permet d'accréditer l'idée que, sociologiquement, le prolétariat (c'est-à-dire les salariés vendeurs de leur force de travail) soit en régression à l'échelle mondiale. C'est une thèse avancée depuis pratiquement la naissance du prolétariat par la sociologie bien-pensante et qui est démentie par les statistiques mais surtout par l'homogénisation des conditions d'exploitation et de domination des deux fractions numériquement les plus importantes du salariat, à savoir les ouvriers et les employés, représentant 60% de la population active d'un pays comme la France qui fait partie des pays développés dans lesquels il est souvent dit que les anciens clivages de classes ont disparu. Le fait que les représentations (autrefois, on disait la « conscience de classe »...) se soient brouillées ne suffit pas à dissoudre la réalité matérielle. Si l'on regarde le monde entier, le salariat s'étend en même temps que le capitalisme. Il paraît alors difficile de théoriser la substitution d' « un mouvement non classiste » à un mouvement de classe. L'enracinement des luttes d'émancipation ne se situe toujours dans les rapports sociaux de production .Qu'il y ait un salariat "productiviste" ne saurait être un argument pertinent pour effacer les rapports de classe et le système capitaliste au profit d'un écologisme "humain" ou "social-libéral".

Réintroduire le "productivisme" dans le capitalisme : Le capitalisme ne peut être réduit à du productivisme . Il n'y a pas de compréhension possible de l'accumulation financière sans théorie de la plus-value, pas de compréhension de la mondialisation sans théorie de la marchandise, et, au final pour notre projet, pas de nouvelle conception de la richesse ni d'extension de la sphère non marchande sans théorie mettant en relation travail et valeur. Le productivisme, c'est produire pour le profit sans fin d'une classe, la bourgeoisie privée qui accumule du capital, ou bien, comme en URSS, pour celui d'une classe bureaucratique qui concentre le pouvoir.

Richesse et biens naturels : Les biens naturels sont de la richesse et n'ont pourtant pas de valeur économique intrinsèque, contrairement à ce qu'affirment les économistes néo-classiques. Ce point découle de la même distinction précédente. La nature fournit de la richesse et est improductive en elle-même de valeur pour le capital ; lorsqu'elle est appropriée, elle peut être exploitée par le biais d'un travail productif de valeur.

Richesse et services publics : L'avenir des services publics est de fonctionner hors logique marchande, pour la production de valeur d'usage qui ne soit pas valeur d'échange. La perspective écosocialiste est là, dans la sortie de la soumission au capital . Car les services non marchands sont de la richesse sans valeur pour le capital. Donc le travail qui en est à l'origine est productif de richesses mais improductif de valeur pour le capital. Insupportable pour lui ! Exemple : Les travaux domestiques sont productifs de richesse sans valeur marchande ni monétaire. La reproduction de la force de travail n'est pas, dans le cadre domestique, productrice en elle-même de valeur pour le capital.

Et parler d'économie, de rapports sociaux, pire, de rapports sociaux de production, ne condamne pas à rester dans l'univers utilitariste ou économiciste. Cest ce que démontre Jean-Marie HARRIBEY dans l'article ci-dessous dont j'ai tiré les idées essentielles.

Christian DELARUE ATTAC Rennes

1- citations de Jean-Marie HARRIBEY in "Rapports sociaux et écologie : hiérarchie ou dialectique?"

http://netx.u-paris10.fr/actuelmarx/m4harriecolo.htm

2 - voir sur Bellaciao récemment "DEVELOPPEMENT DURABLE (DD) : GOUVERNANCE OU CONVERGENCE DES ACTEURS SYNDICAUX ET ASSOCIATIFS " Intervention de fin de stage universitaires/syndicalistes - ISSTO Rennes Nov. 2005 par Christian DELARUE snadgi-cgt35 et ATTAC

Publié par ockren à 13:36:36 dans 1- 7 : Alterdeveloppement (dev écologique de la valeur d'usage) | Commentaires (0) |

Une autre économie orientée vers le développement humain | 13 janvier 2008

Une autre économie orientée vers le développement humain


 

 

Une autre économie orientèe vers le développement humain et non vers l'accumulation des profits, sources d'enrichissement sans cause (en dormant ), devrait trouver ses fondations sur l'appropriation sociale des principaux moyens de production et d'échange en lien avec une véritable politique industrielle, un service public de la statistique ouvert sur l'information des usagers et des citoyens, un pôle public national bancaire d'investissement ainsi que sur la planification démocratique .

Cette planification pourrait être mise en oeuvre à un échelon territorial intermédiaire qui serait la région . Entre le Gosplan hypercentralisé et l'exemple yougoslave très localiste il convient de choisir un champ intermédiaire . Aucune société ne peut fonctionner sur une base purement localiste sans se fractionner . La planification suppose un processus de va-et-vient entre le local et le général .

Christian DELARUE

A titre de contribution au débat j'ai reproduit les sept premières thèses sur les "21 thèses sur la planification" publiée en revue en 1991 par Maxime DURAND.

1 - Entre les besoins sociaux et ce qui est finalement produit, le capitalisme intercale un filtre : celui de la rentabilité . La planification a pour fonction de retirer ce filtre, afin d'orienter l'économie en fonction des besoins . Il s'agit donc d'un autre mode de fonctionnement de l'économie. 2 - Le capitalisme ne fait évidemment pas abstraction des besoins, simplement il n'accorde pas le même intérêt à tous, et il en est même qu'il refuse de prendre en considération . Un salarié qui se fait soigner représente un coût pour l'économie capitaliste ; le même qui achète un magnétoscope relance cette économie en lui offrant un débouché rentable . La seule différence entre ces deux actes de consommation réside dans la rentabilité potentielle que l'on peut trouver à satisfaire l'un plutôt que l'autre .

3 - Les deux critères (profits et besoins) coexistent dans le capitalisme : de nombreux besoins, généralement collectifs, échappent plus ou moins à la logique de rentabilité . En ce sens il y a du plan dans l'économie de marché : le capitalisme est tempéré, mais il n'en reste pas moins que c'est sa logique de la rentabilité qui imprime sa marque à la dynamique de l'accumulation . On parle de réduire les dépenses de santé, pas les achats de voitures .

4- Il n'y a pas de bons ou de mauvais besoins : la critique anticapitaliste ne repose pas sur une approche morale, et n'implique pas que l'on dispose d'une échelle de valeurs des besoins . La constatation essentielles, et suffisante, est que le capitalisme décide des ordres de priorité et sélectionne à partir de ses propres critères les besoins qu'il entend satisfaire .

5 - Il y a aussi du plan dans les grandes entreprises, mais il s'agit de plans individuels, qui s'opposent à ceux des concurrents . La rationalité qui s'en dégage existe, mais sa portée est restreinte : Michelin planifie sa production, pourtant cela ne l'a pas empêché de perdre de l'argent à cause de la concurrence . L'opposition n'est pas fondamentalement entre plan et marché comme forme de gestion, mais plutôt entre profit et besoins comme critères de cette gestion.

6 - La différence essentielle entre les deux logiques (profits et besoins) n'apparaît réellement que dans le fonctionnement dynamique de l'économie . C'est la manière dont la société alloue son surplus, dont elle investit, qui détermine son mode de croissance . La question est donc de savoir dans quels domaines une société met le paquet et consacre l'effort maximum . Va-t-on par exemple investir dans le logement ou dans l'industrie électronique ?

7 - Autant on peut admettre que le consommateur muni de son revenu, est souverain sur le marché, en ce sens qu'il peut dépenser son argent comme il l'entends, autant il pèse peu sur l'affectation du surplus social . Cette différence se retrouve lorsque l'on compare le temps considérable que le citoyen moyen consacre à la consommation, et les rares moments qu'il a l'occasion de consacrer à l'activité consistant à définir les priorités de la société dans laquelle il vit.


Publié par ockren à 13:22:58 dans 1- 7 : Alterdeveloppement (dev écologique de la valeur d'usage) | Commentaires (1) |

Altercroissance/alterdéveloppement : de la critique du mal-développement aux pistes alternatives. | 13 janvier 2008

Altercroissance/alterdéveloppement : de la critique du mal-développement aux pistes alternatives.


"Décroissance, nécessité de sortir de l'impasse économique". Conférence-débat Muzillac du 25 sept 2005 avec Jean AUBIN et Christian DELARUE

Contribution de Christian DELARUE

% % % % % % % % % % % % % % % % %

L'intervenant précédent a décrit l'état des ressources natuelles et explicité des notions comme l'empreinte écologique, le pic de Hubert, etc . Comme l'a fait remarquer l'animateur du débat, Samuel FERET, ni l'un ni l'autre n'avons utilisé la notion de développement durable . Pour ma part, c'était simplement pour faire l'économie d'un débat supplémentaire déjà compliqué. Le présent texte réintroduit cette notion . J'observe aussi que ni l'exposé ni le livre de Jean AUBIN ne distingue valeurs d'usage et valeurs d'échange ; or cette distinction me semble essentielle pour la promotion d'un alterdéveloppement. Pour un alterdéveloppement : de la critique du mal-développement aux pistes alternatives.

Pour « l'autre monde » nécessaire . Il ne s'agit pas seulement de critiquer le "productivisme", "l'économisme", le PIB (produit intérieur brut). Critique développée précédemment par Jean AUBIN. Cette critique a son importance lorsque l'on veut concevoir, dans le cadre d'un "autre monde" possible une organisation sociale qui aille à l'opposé de l'exploitation de l'homme et de la nature, donc un système postcapitaliste civilisé et solidaire.

Croissance, développement , décroissance :

La croissance économique est mesurée à l'augmentation du PIB (produit intérieur brut). Le productivisme se satisfait de cette croissance quantitative. Le développement veut lui intégrer de multiples dimensions (avec ou sans l'aide d'indice ou d'indicateur de développement humain). Son échec, comme modèle ou comme stratégie, a suscité la critique (la priorité au « tout industriel » par exemple) et a généré l'idée de décroissance.

Décroissance / décroisssances :

L'idée de décroissance infinie employée au singulier me semble tout aussi peu acceptable que l'idée de croissance infinie. Elle ne peut être un objectif en soi . L'idée de décroissance "économique" sans plus de précision ne me semble pas plus pertinente. Le Club de Rome a certes préconisé en 1970 la « croissance zéro » . En fait , on peut évoquer des décroissances dans des secteurs précis et de la croissance dans d'autres secteurs .

Production, consommation, utilité/nuisible, durable/obsolescence :

Si la production est principalement située au nord, donc au sein de la Triade et surtout aux USA il faut effectivement ajouter que la consommation de biens marchands se situe aussi au nord . Cependant toute consommation n'est pas nuisible. Il y a des consommations utiles et nécessaires pour le développement humain, dont certaines coûtent très chers (achat de logement). On peut critiquer que la logique du système organise sciemment l' obsolescence de certains biens au fin de reproduction de ce dernier.

Consommation, justice, partage :

De la distinction entre les types de production/consommation possibles il faut tirer une conclusion : toute augmentation des salaires ne va pas nécessairement vers une consommation néfaste. Tout dépends des politiques menées. Dés lors reste à ce niveau du débat à ne pas oublier la fameuse formule : "il y a du sud dans le nord comme il y a du nord dans le sud ". La demande solvable sur le marché est bien différente selon que l'on est travailleur salarié ou capitaliste.

Pour une vision dynamique et non misérabiliste du partage : En France, dans le partage de la plus-value les salaires sont décroissants depuis 20 ans mais pas les profits . Il y a aujourd'hui des personnes énormément riches, plus que plusieurs pays . C'est la toute l'importance d'une fiscalité globale qui soit autrement redistributive. La "décroissance" pour s'appliquer justement devrait être exigée d'abord des plus riches, des trés riches . Pour le peuple - pris ici au sens de ceux qui ne décident pas (salariés, paysans, artisans) - la question posée serait ou « l'altercroissance » ou mieux l'alterdéveloppement.

Mon exposé s'appuit sur le livre d'ATTAC intitulé "Le développement a-t-il un avenir ? Pour une société économe et solidaire" et sur des 4 pages et 8 pages consacrés à ces questions. Un colloque dont les contributions sont consultables sur le site de Jean-Marie HARRIBEY a permi un enrichissement de cette problématique.

Exposé en deux parties, la première en critique du mal-développement, la seconde portant sur la convergence des alternatives nécessaires pour un alterdéveloppement.

I - DE LA CRITIQUE DU MAL DEVELOPPEMENT...

Pour l'heure, ce qu'il importe de critiquer c'est le mode socialement existant, donc le mode de développement historiquement lié à l'accumulation capitaliste ; accumulation faite au profit d'une classe minoritaire.

A) CRITIQUE DE QUELQUES NOTIONS TROMPEUSES

"L'économie" ne doit pas être réifiée et naturalisée comme le font les libéraux car elle est le produit d'une organisation sociale ; une organisation sociale clivée par des rapports sociaux. L'expression "sortir de l'impasse économique" me semble se rattacher à cette conception libérale d'une "économie" indépendante du social et de l'environnemental .

Deux mots sur "l'économisme" à partir de la mondialisation du capitalisme.

Son déploiement en l'espace de 20 ans passe par la surmultiplication des FMN (firmes multinationales), donc par l'expansion du capital productif, en fusion avec le capital financier qui est aujourd'hui le plus globalisé et le plus liquide. Le capital étant un rapport social on comprends déjà qu'il ne s'agit pas seulement d'économie désincarnée. Evoquer cette montée en puissance des STN (sociétés transnationales) aboutit au constat d'un double mouvement :
- celui qui va des campagnes vers les villes, et souvent la périphérie des villes qui dans le Sud se nomme bidonvilles.
- celui qui transforme le paysan appauvri en salarié pauvre .

Ces mutations n'ont pas que des répercutions sociales, l'exploitation des ressources naturelles est également affectée. Pour autant s'en tenir là sans voir le rôle d'institutions comme le FMI, la BM ou l'OMC ou la politique des USA relève de l'économisme. Le niveau politique a son importance, ce qui ne doit pas conduire à négliger le rôle des FMN, moteur de la mondialisation capitaliste.

L'idéologie du progrès : Il s'agit du détournement positif de la notion conçue essentiellement comme croissance de la technique et de la technoscience . La rationalité technicienne et bureaucratique est fétichisée - élevée comme un dieu devant lequel il convient de s'agenouiller - et conçue comme la solution de tous les problèmes. L'informatique au travail a rénové la vielle répétition de taches simples et ennuyeuses. L'informatique chez soi peut être utile et enrichissante, mais elle est utilisée pour informatiser le service à la clientèle (secteur marchand) ou aux usagers des services publics
- croissance des biens marchands et apologie du marché . Tout doit être approprié (privativement) et tout doit ensuite se vendre et s'acheter.

B) EN FINIR AVEC LE DEVELOPPEMENT CAPITALISTE.

Il n'y a pas de développement harmonieux sous le capitalisme Le développement est largement rabattu sur la croissance économique, les autres aspects étant secondaires. Les dégats de la croissance, tant écologiques que sociaux, sont à rattacher au mode de production capitaliste . Les modalités de la croissance : ce type de développement qu'il prenne la forme commerciale (l'échange international de marchandises) ou productive (la délocalisation d'usine de production) se déploie territorialement et socialement de façon inégalitaire. Le fossé s'accroît. Les objectifs de la croissance ne sont peu ou pas débattus : qualitative, en valeur d'usage ou quantitative, en valeur d'échange ; riche ou pauvre en emploi stable ; etc... L'impérialisme en version guerrière et "pacifique" Les guerres impériales fortement destructrice sous toutes formes sont liées à l'extension nécessaire du commerce. La production comme le commerce des armes classiques et nucléaires sont à combattre. Cela va dans l'intérêt général des peuples qui doivent pouvoir vivre "en amitié" Le sous-développement a lui aussi été conçu comme un marché à conquérir pour l'impérialisme. Il ne s'agit pas pour les FMN de satisfaire les besoins nutritionnels, de santé et d'emploi mais de créer les conditions d'installation d'usines avec une main d'oeuvre rentable ou de s'intéresser aux ressources naturelles du pays afin de les piller.

II ...AUX ALTERNATIVES A FAIRE CONVERGER.

A) CADRE GLOBAL :

Ces alternatives se conçoivent pour les pays du sud dans une relative deconnexion avec le marché mondial et avec des institutions comme l'OMC et le FMI . En Europe, il s'agit rein moins que de s'engager vers une double rupture vers la haut à l'égard de la domination américaine et vers le bas avec de nouveaux rapports entre l'UE et les pays ACP. L'ensemble ces propositions suppose d'autres mécanismes d'investissement et d'allocation financière, dont la taxe sur les transaction financière est un élément. Cela suppose aussi une généralisation de la démocratie, des choix démocratiques. Cela passe aussi par une redistribution des richesses mais celle pensée au plan mondial doit s'articuler à celle exigée au plan des pays. Une phase de transition est à penser tant coté fiscalité que coté rémunération salariale. La critique de la consommation populaire ne tarira pas la critique du mauvais partage de la valeur ajoutée. La revendication de l'annulation de la dette, qui enrichi les riches, se pose tant au sud qu'au nord.

B) LES CONVERGENCES POSSIBLES POUR UN AUTRE DEVELOPPEMENT :

a) Développement durable ou alterdéveloppement ?

Le concept de développement durable, né d'une contestation de la croissance capitaliste productiviste, est aujourd'hui récupérée par la droite comme par les firmes multinationales les plus pollueuses et prédatrices. Rappelons qu'il désigne " le choix d'un modèle de production, de consommation et de répartition qui permette à tous les êtres humains de vivre décemment, tout en respectant l'environnement et les écosystèmes dont, directement ou indirectement, dépend l'humanité, et ce sans compromettre la satisfaction des besoins de générations à venir" Pour nous « alterdéveloppement » reprend cette définition et précise en outre que ce dernier se voit fondé en principe sur une logique non marchande et d'appropriation publique et sociale. Il est construit à partir des alterdéveloppements sectoriels tant au nord qu'au sud : agriculture paysanne non intensive, élevage hors sol, production d'énergies autres (que le pétrole, le nucléaire, etc..), alternative à la pêche industrielle, mise en service public de l'eau privatisée et marchandisèe par les STN, service de diffusion de médicaments, etc.

b) Promouvoir ensemble service public et économie de marché locale en fonction de la dimension des biens à produire

** L'alterdéveloppement suppose de généraliser les services publics tant au nord qu'au sud, tant nationalement que mondialement . Ce qui met en cause non seulement la mise en concurrence par le marché et le non subventionnement . Les vrais services publics sont :

- pourvoyeurs de valeurs d'usage et non de valeur marchande (d'échange).

- fonctionnant selon des tarifs et non des prix, la gratuité étant possible

- satisfaisant des besoins sociaux non sélectionnés et manipulés par le marché et non une demande solvable devant satisfaire un profit.

- fondé politiquement et démocratiquement et non en fonction de la "main invisible" du marché

- repoussant la triple logique actuelle : logique financière, marchande et d'appropriation privée de la production...

** Promouvoir les service publics et l'appropriation publique ne signifie pas absence de place pour la propriété privée et le marché. Il ne s'agit pas de promouvoir une économie administrée. Les sociétés coopératives doivent être renforcées face aux sociétés anonymes faisant appel à l'épargne. La promotion de l'économie de marché locale pour organiser des circuits courts que ne connaissent pas les FMN et les échanges internationaux est un vecteur contre le gaspillage et la surexploitation des humains et de la nature . Mais elle ne doit pas laissée entendre un retour mythique à une totale production artisanale mais à un rééquilibrage des productions face à l'industrialisation de toute production . En fait le local peut prendre une dimenssion trés restreinte - notion de pays ou de métropole - mais aussi plus large comme la région, la nation . il faut aussi lutter promouvoir d'autres rapports sociaux tant dans l'entreprise (le statut du travail salarié lié à la baisse de l'intensification du travail et à la RTT, ce qui aboutirait à réduire la dictature patronale dans les entreprises - y ajouter le "travailler autrement" contre la parcellisation des tâches ou la polyvalence excessive) qu'à l'extérieur (exemple : le logement). Le productivisme c'est aussi toujours plus d'exploitation de la force de travail.

Pour conclure,

Disons que la tâche est immense et urgente et qu'il ne peut s'agir de se replier sur soi . "Vivre autrement" passe sans doute par divers changements dans les pratiques individuelles lesquelles ne sont pas répertoriées dans un programme abouti et absolu . Vivre autrement passe aussi par le débat - suivi d'actions collectives - sur des propositions alternatives telles qu'esquissées ci-dessus . Un combat politique à plusieurs niveaux est à mener sans tarder contre la mondialisation capitaliste productiviste et pour instauration d'une autre société fondée sur la diffusion massive des valeurs d'usages et la réappropriation publique/sociale.

par Christian DELARUE - ATTAC Rennes

Bibliographie succincte

Indicateurs de bien-être et de développement par B BOIDIN

Pour une société de décroissance Serge LATOUCHE

 « Vive l'impôt » Livre d'ATTAC

Note du CERC sur la modération salariale Pierre CONCIALDI

Le partage de la plus-value Michel HUSSON

La croissance , pour quoi faire ? G SAINTENY

En quoi la mondialisation remet-elle en question le concept de développement ? Eric ROUGIER

Six milliards sur la planète : sommes nous de trop ? Michel HUSSON Textuel

Les nouveaux fondements théoriques du protectionnisme dans le circuit keynésien J V ACCOCE

Le développement durable éclairé par le principe de précaution Geneviève AZAM

Faut-il refuser le progrès ? Michel BARILLON

Echec de la stratégie de développement Stéphanie TREILLET

Sport et décroissance C HOMS

Publié par ockren à 13:19:14 dans 1- 7 : Alterdeveloppement (dev écologique de la valeur d'usage) | Commentaires (0) |

COMMUNAUTARISME : USAGE VULGAIRE / USAGE SCIENTIFIQUE. | 12 janvier 2008

COMMUNAUTARISME :

** 

USAGE VULGAIRE / USAGE SCIENTIFIQUE.
 
Catherine Kintzler sur l'essai de Julien Landfried : Une ontologisation des différences, (blog Mezetulle)


Face à la profusion des articles sur le communautarisme abondent, l'idée surgit de distinguer un usage vulgaire d'un usage "savant" disons scientifique. L'usage vulgaire n'est pas nécessairement sans contenu argumentatif mais son objet polémique tend à le réduire à de l'idéologie acritique, dogmatique. Comme le communautarisme fait un retour sur scène publique d'une part avec les usages qu'en a fait Nicolas SARKOZY pendant sa campagne et d'autre part avec la parution du livre de Julien Landfried Contre le communautarisme (Paris : Armand Colin, 2007) il n'est pas sans intérêt de reprendre une nouvelle fois la problématique.

Catherine Kintzler dans sa note de lecture sur l'essai de Julien Landfried précité : Une ontologisation des différences, (blog Mezetulle, 16 nov. 2007) suscite déjà des questions. Pourtant on y lira des clarifications conceptuelles utiles. A l'instar de Patrick TORT j'essaie de lire un texte scientifique en distinguant le discours de la science du discours de l'idéologie. Est-il scientifique d'affirmer les deux thèses de son introduction : un anti-modèle et un mode de pensée. "Le communautarisme n'est pas un phénomène de mode importé des sociétés où le "lobbying" est une façon de peser sur les décisions politiques: c'est un véritable modèle anti-politique destiné à court-circuiter le modèle républicain et par lequel le clientélisme, supplantant l'assemblée des citoyens et de leurs représentants élus, se substitue à la volonté générale. Au-delà d'un modèle aux antipodes de l'association républicaine (qui ne connaît que des individus souverains) et ouvertement destiné à la détruire, c'est aussi un mode de pensée et une façon de vivre qui s'installent, avec une morale fondée sur le ressentiment dont le ressort principal est la culpabilité". La réponse vient en premier lieu de l'explicitation des concepts de communauté et de communautarisme.

Qui parle ? Je ne suis nullement scientifique mais militant (*) donc largement idéologue mais favorable à la diffusion le plus possible d'un esprit critique, d'une pensée dialectique qui voie les mouvements contradictoires agissant derrière les apparences.

Citons l'auteur:

Communautés et communautarisme

Situons d'abord les concepts. Nul ne songe à remettre en cause l'existence, partout répandue, de communautés - sauf lorsqu'elles s'inspirent explicitement de motifs prohibés comme le racisme, l'antisémitisme, etc. Présenter la République française comme un lieu d'uniformisation et de nivellement est profondément faux : toute communauté peut non seulement se former librement mais peut recevoir un statut juridique grâce notamment à la
loi sur les associations.

Dire que la République française a "persécuté" les langues régionales est également une contre information - on sait peu que ces langues ont largement prospéré sous la IIIe République par le biais d'associations et d'académies locales, et aujourd'hui elles sont enseignées. Cet exemple permet de construire le concept communautarisme : une langue,
puisqu'elle peut s'enseigner et se transmettre, n'est pas "par nature" réservée à un groupe particulier sur critère d'origine ou de naissance. Si par exemple le corse est enseigné dans des établissements publics, je dois pouvoir, moi qui ne suis pas d'origine corse et qui n'habite pas en Corse, passer une licence de corse et, si mon niveau me le permet, passer un CAPES
me permettant d'enseigner cette langue, en Corse ou ailleurs. M'interdire de le faire au prétexte que je n'ai pas de "racines", vouloir réserver ces emplois à un groupe particulier, proposer une "corsisation" de certaines fonctions, c'est du communautarisme.

Ainsi le communautarisme consiste à ériger une "communauté" préalablement constituée comme un fait (et sur des critères souvent discutables) en force politique, en autorité politique dont la fin est d'établir des droits réservés aux membres de ladite "communauté" ou de les exempter de devoirs imposés au reste des citoyens. Avec le communautarisme, c'est bien la
question de la reconnaissance politique et celle de la déclinaison des droits qui est posée, avec lui, c'est le régime commutatif de l'égalité qui est remis en cause au profit d'un régime distributif d'"équité" - autrement dit de droits différenciés. A l'horizon se profile l'obligation
d'appartenance, donc l'abandon de celui qui souhaite se détacher de toute communauté et n'être qu'un citoyen, et, avec les appartenances, l'inévitable rivalité qui les met en concurrence. Le communautarisme, non content de river les individus à des groupes, non content de subordonner les droits de l'individu à ceux de la communauté plus ou moins puissante à laquelle il se doit d'appartenir, installe une mosaïque de revendications concurrentes dans laquelle l'intérêt général se perd. La collectivité ne tend plus vers
l'universel, mais est rabattue vers une multiplicité de "minorités" jalouses qui la divisent et l'opposent à elle-même.

Fin de citation

Refuser l'ethnicisation du social n'oblige pas à tout ramener au national.

Catherine Kintzler : "Quand les classes sociales passent à la trappe, les minorités visibles font leur apparition" - du reste le communautarisme, ici comme ailleurs, fait bon ménage avec les multinationales. Devant des inégalités, susbstituer l'explication ethnique à l'explication sociale (comme cela a été fait lors des émeutes de 2005) est une forme de diversion en même temps qu'une opération de subreption où les rapports structurels entre dominants et dominés sont convertis en rapports ontologiques: dès lors, les luttes sociales sont discréditées, il n'y a plus qu'à s'affronter entre "différences" irréductibles. Il en résulte un escamotage quasi-total des ouvriers et des employés de l'espace politique bien pensant.

Le peuple n'est pas la nation, le peuple n'est pas non plus les couches sociales « smicardisées »

Catherine Kintzler : On reconnaît là, avec l'invention de fausses divisions qu'on jette au peuple comme un opium autodestructeur, un archaïsme que l'ouvrage situe parfaitement - le comble est que l'accusation de ringardise vient désormais frapper perpétuellement les classes populaires (les "beaufs"). C'est la réintroduction des "corps intermédiaires" dont la Révolution française nous a délivrés. Encore que cette comparaison fasse bien de l'honneur au communautarisme contemporain qui, comme le montre l'auteur, est bien souvent fondé sur des projections fantasmatiques.


Fin de l'usage scientifique passage à l'usage vulgaire :

1 Le MRAP ne défend pas des identités fantasmées ou non.


Le problème est que ces identités sont bien souvent fantasmées. On pense à l'exemple du mariage homosexuel pour ainsi dire jamais réclamé par les prétendus "intéressés", à la très
grande faiblesse numérique des organisations "antiracistes", à celle des ethnonationalistes corses à peine capables de rassembler quelques centaines de personnes lors des "journées internationales" de Corte. On songe à l'UOIF - organisation islamique supposée la plus populaire - qui ne rassemble que 0,5% des musulmans pratiquants, ou au CRIF qui, dans
l'hypothèse la plus favorable, ne rassemble qu'un sixième des Juifs de France...

Réponse : Le MRAP s'est prononcé contre les statistiques ethniques car racistes ce qui montre implicitement mais l'avenir le confirmera qu'il s'engage contre les "discriminations positives" qui est d'après Catherine Kintzler « le chantier le plus fécond de la déconstruction républicaine, puisqu'il s'agit tout simplement de récuser l'égalité des droits au profit d'une stratégie statistique qui nie le corps politique pour lui substituer une représentation destinée à "refléter" une prétendue composition de la population, composition que celle-ci ne définit
pas elle-même, mais qui lui est fournie par une expertise douteuse qui lui
échappe.

2 Le MRAP contre l'antiracisme tribal, contre toutes les formes de racisme

- Population, peuple ethnique, peuple politique.

Catherine Kintzler : La notion même de "population", pertinente en sciences humaines, ne l'est pas en politique, laquelle a pour fin de lutter contre les données et les pesanteurs sociales. Suffit-il de former un groupe pour constituer un peuple et n'y a-t-il pas un abîme entre un peuple ethnique et un peuple politique ? Il faudrait tout de même poser la question : en quoi
puis-je faire confiance à un représentant sur le seul motif qu'il me ressemble ?

Pourquoi une femme devrait-elle nécessairement mieux se reconnaître dans une femme, un Blanc dans un Blanc, un Noir dans un Noir ? Il y a là une accréditation des différences et une négation de toute circulation du débat politique, autrement dit une négation même de l'objet
politique, réduit à des cristallisations intangibles, ramené à une tribalisation dont nous ont délivré les fondateurs de la pensée politique classique, Locke et Rousseau.

- Réponse : Le MRAP pour la citoyenneté des résidents et favorable à plus de diversité

Le peuple est plus concret que la nation qui elle est abstraite et unifie peuple et bourgeoisie. Le peuple c'est ceux-d'en bas, entendu largement, les dirigés (P TORT), les salariés et les paysans et autres indépendants.. J'ai le même soupçon quand je vois peu de femmes au sommet de la hiérarchie administrative ou de celle des grandes entreprises privées que quand je vois que des blancs parmi les élus.

Christian DELARUE

BE et CA du MRAP

mercredi 19 décembre 2007 (14h57) :
LA DIVERSITE : REFLEXIONS SUR UN COMBAT NECESSAIRE MAIS AMBIGU
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=58112

Lire la note sur le blog Mezetulle.

Publié par ockren à 00:51:08 dans 2 - 1 : Contre le racisme, pour l'égalité | Commentaires (0) |

FSM 2008 : DE TOUT SANS TABOU : PARLER AUSSI D’ UN NOUVEAU SOCIALISME | 10 janvier 2008

FSM 2008 : DE TOUT SANS TABOU

PARLER AUSSI D'UN NOUVEAU SOCIALISME

Tribune libre;


*ACCROCHE* : « FSM 2008 : Altermondialisme : de la résistance au socialisme ! »
http://www.france.attac.org/spip.php?article8036

Ce texte reprends pour une part certaines remarques écrites pour défendre les collectifs mixtes individus / organisations (à propos du combat contre le traité simplifié) :
L'ALTERMONDIALISME ET LES INTERNATIONALES COMMUNISTES ENSEMBLE

Bellaciao : mardi 8 janvier 2008 (03h15) : *
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=58960

 



PLUSIEURS DEFIS: D'abord évoquer un autre monde quand nous subissons jour après jour la politique néolibérale de Sarkozy c'est vouloir décoller fortement des questions du présent. Mais les forum peuvent laisser place à divers débats. Ensuite et surtout, il n'est pas évident ni facile d'avancer sur ce nouveau monde que l'on pense à partir des expériences de luttes des socialistes critiques du monde présent et ancien. D'une part, il n'y a pas nécessairement dans les FSM décentralisés des personnes ressources qualifiées pour baliser le terrain . D'autre part le mot même de « socialisme » peut apparaître provocateur, voire repoussant. Il constitue donc un obstacle épistémologique à la pensée critique et dialectique.



DEBATTRE : Mon propos n'est pas ici « scientifique » mais citoyen, citoyen altermondialiste car toute pratique sociale nouvelle n'est pas en soi altermondialiste c'est à dire débouchant sur un autre monde et que donc il faut débattre de ce qui fait réellement « rupture franche » qui a évoquer une convergence de ruptures partielles. Personne n'a la vérité assurée. Pour autant il faut quand même avancer des hypothèses, des lignes d'orientation qui méritent approfondissements.



APRES LA CRISE : Pour le dire d'emblée l'autre monde que nous voulons se veut nouveau. Des éléments de l'ancien subsisteront après la crise opérant le passage de l'ancien au nouveau. Nouveau car les rapports sociaux capital / travail, propriétaires/locataires, appareil d'Etat / citoyens devront être largement réduit et transformer de même que les rapports à la nature. Cela est d'une nécessité absolue pour éradiquer les dégâts sociaux et environnementaux. Ce monde nouveau n'est pas abouti, car nous avons ne pas savoir le penser intégralement : il n'est plus capitaliste dominant, il n'est pas socialiste hyper-productiviste mais éco-socialiste. Il construit un développement économe et harmonieux respectueux des humains et de la nature.


Pour certains altermondialistes, il ne faut pas nier l'existence de différences entre L'altermondialisme et les internationales communistes (la III Internationale de Lénine et la IV Internationale de Trotski ) mais ils faut aussi mettre l'accent sur les points de convergence possibles, notemment sur l'autre monde nécessaire et possible.



I – ADMETTRE LES DIFFERENCES ENTRE ALTERMONDIALISME ET INTERNATIONALES COMMUNISTES


Elles sont visibles au plan de l'organisation comme au plan des contenus.

A) DES MODELES ORGANISATIONNELS DIFFERENTS


Les Forum « alter » se veulent un espace horizontal ouvert aux personnes et organisations engagées dans des luttes pour « un autre monde ». Un Forum Social Mondial se veut sans construction pyramidale et même sans leader ce qui suppose une organisation démocratique, l'égalité des participants étant un construit et non un état naturel.

Reprenons alors la distinction de Raoul JENNAR (1) pour mieux saisir la différence.

« Par nature, l'altermondialisme est une forme nouvelle d'internationalisme dont la particularité par rapport aux quatre internationales qui l'ont précédé est de ne pas être soumis à un centre qui dicte la pensée et les actes. L'altermondialisme est en soi un rejet de la forme d'action proposée par le léninisme et pratiquée par les deux internationales qui s'en sont réclamés. Les altermondialistes récusent les organisations hiérarchiques pyramidales. Ils fonctionnent en réseaux.

L'altermondialisme est né d'une convergence : celle d'associations et d'ONG, issues de la société civile - au sens gramschien et non pas anglo-saxon de l'expression - chacune active dans un domaine bien précis (genre, enfance, droits humains, écologie, développement, actions humanitaires,...) et découvrant progressivement qu'elles se heurtent au même mal : la mondialisation, nom donné à la phase présente du développement du capitalisme caractérisée par une dérégulation et une financiarisation à l'échelle de la planète. »



B) DES NOTIONS FONDATRICES DIFFERENTES MAIS EN DEBAT

La différence de contenu programmatique saute au yeux d'emblée car la référence au communisme et même au socialisme est marginale. Le marxisme s'il n'est pas rejeté n'est pas la base de tout sur lequel on ajoute un arbre doctrinal qui porte le nom des grandes figures du mouvement ouvrier international : Lénine, Rosa Luxembourg, Gramsci, puis ici Staline, Trotski ou Mao ou autre chose. Dans l'altermondialisme Marx sera évoqué avec beaucoup d'autres penseurs contemporains ou anciens. Par exemple, la sociologie de la domination de Bourdieu y voisine avec la sociologie de la contradiction de Marx. Il en va de même en économie.

Elle ne s'arrête pas là : L'altermondialisme a pour figure centrale le citoyen qui veut faire valoir ses droits démocratiques et républicains dans le cadre national ou européen voire au plan mondial.

La classe ouvrière est effacée. Mais derrière l'abstraction des marchés ce que chacun repère ou imagine c'est une « bourgeoisie », une classe sociale dominante qui agit contre le reste de l'humanité (et de la nature). Ce reste de l'humanité pourrait se nommer « le peuple » – comme je l'ai proposé après Patrick TORT (2) – mais le dictionnaire Alter ignore le mot. On y évoque pas les masses mais seulement la nation. Et la nation est un objet conflictuel (3 ).



II – ...MAIS NE PAS NIER LES POINTS COMMUNS ENTRE ALTERMONDIALISME ET INTERNATIONALES COMMUNISTES




Il importe d'abord de repérer l'altermondialisme de l'altermondialisation et des mouvements divers qui en sont éloignés plus ou moins. Etape nécessaire pour repérer des points communs entre altermondialisme et internationales communistes (III et IV).


A) PREALABLE : ALTERMONDIALISATION et ALTERMONDIALISME


Il faut distinguer les forums, les réseaux et ATTAC.

- Le risque du réseau et des forum : la pente de l'altermondialisation...


On pourrait penser que le risque de ce type d'organisation est l'altermondialisation, le mouvementisme sans but unique mais avec de multiples micro-projets voire parfois des pratiques purement individuelles sans actions collectives pour changer les structures. L'altermondialisation est donc le nom d'un processus multiforme de construction d'un monde qui n'est pas radicalement différent de celui-ci. On peut dire que l'altermondialisation veut aménager l'existant, le modifier plus ou moins mais pas en changer les base, notamment pour passer de la propriété privée des moyens de production et d'échange à l'appropriation publique (nationalisations) puis sociales. L'altermondialisation s'en prendra à certains effets du capitalisme sans vouloir remettre en cause la dynamique et les rapports sociaux qui en sont à la racine : la critique portera par exemple contre la concurrence, la « compétition » ou le « consumérisme » sans affronter le cœur de la logique capitaliste.


En fait, l'altermondialisation milite pour d'autres mondes aux marges du mode de production dominant régulé. Deux choses donc dans l'altermondialisation : d'une part une croyance qu'il est possible de réguler le capitalisme et d'autre part la volonté de construire des archipels de « mondes » plus ou moins dégagés des logiques marchande avec la promotion du seul néosolidarisme, du seul coopérativisme, de la seule économie sociale et solidaire (ESS).


- ATTAC résolument tourné vers l'altermondialisme


Mais ce qui s'est déployé dans ATTAC notamment depuis ce qui a été nommé en 2003 « la nouvelle dynamique » et réaffirmé plus encore par la suite avec le Manifeste altermondialiste c'est la volonté de dégager des « ruptures franches » avec le capitalisme dans sa phase actuelle dite néolibérale. « L'altermondialisme milite lui pour un autre monde car « il n'y a pas de fatalité, cette mondialisation n'est qu'un choix politique auquel on peut lui en opposer d'autres, qu'il y a des alternatives et qu'un autre monde est possible. » ainsi que le dit RMJ

Mon propos ne vise pas à délaisser les forums mais à y intervenir vigoureusement pour y donner un contenu autre que la vente du café équitable !



B) NOUVEAU MONDE : UNE NOUVELLE PEDAGOGIE DU SOCIALISME ECOLOGIQUE


1. DISTINGUER LES BUTS ET LES MOYENS*

Le projet socialiste vise la satisfaction des besoins ce qui diffère de ce qui se fait sous le capitalisme dominant à savoir répondre surtout et principalement à une demande solvable via le(s) marché(s) en vu d'un profit .Le capitalisme subordonne la production de valeurs d'usage à la valorisation marchande, à la réalisation d'une valeur d'échange. Le socialisme se dégage largement de cette subordination. Une "autre démocratie" fait partie des objectifs du projet socialiste.

Cet objectif du socialisme se réalise d'une part via une large et profonde démocratisation aboutissant à une "autre démocratie" et d'autre part au moyen d'un outil qui permet une distribution égale et rationnelle des biens et services, des accès aux droits sur tout le territoire. Cet outil qui n'est pas que bureaucratie rationnelle se nomme "Etat socialiste" puisque la démocratie économique est mise en place d'une façon impensable sous le capitalisme. Démocratisation et Etat socialiste redistributif sont des moyens important de réalisation des objectifs mais ce ne sont que des outils : Pas de fétichisme de l'Etat socialiste ! Il ne doit être désiré que pour la réalisation de l'alterdémocratie (4) qui est un but quasiment de même niveau que la satisfaction des besoins.


2. VAINCRE LES TROIS « BETES NOIRES » OBSTACLES A LA PENSEE DU SOCIALISME


Etat socialiste redistributif et égalitaire signifie-t-il totale planification ? totale nationalisation ? suppression total du marché ? Non. Soupir de soulagement pour celles et ceux pour qui ces termes signifient Léviathan totalitaire. Mais aussi tôt une question surgit : quel est alors cet Etat socialiste? Ne s'agit-t-il pas d'un Etat capitaliste démocratisé et fonctionnant au profit du peuple, du salariat? Non ! Un saut qualitatif très important est nécessaire pour accéder à la satisfaction des besoins et à l'alterdémocratie. De nombreuses ruptures franches avec effets cliquets sont nécessaires et in fine un basculement dans l'autre société avec notamment la planification, de nombreuses nationalisations, et une vaste démarchandisation notamment avec des services publics fonctionnant à partir de leur logique propre mais aussi démarchandisation de la force de travail.

-

Pour conclure, débattons bien de tout y compris de ce qui est le moins évident, le plus discutable. Car la lutte sera dure avant comme après la crise. Car crise sociale et politique il y aura ! Parions pour un autre « Mai 68 » avec transcendance des luttes au-delà des frontières et autre débouché en terme de « nouvelle société ».




Christian DELARUE

Membre du CA d'ATTAC France


1 Raoul JENNAR in « L'altermondialisme et les gauches »
http://wb.attac.be/L-altermondialisme-et-les-gauches.html


2 Patrick TORT in Le marxisme aujourd'hui

3 Nation

ATTAC France n'a pas, je crois, mis à part un socle commun minimal, de positions bien développées sur la Nation. La Nation est le cadre reconnu - sous couvert de profonde démocratisation - pour un projet l'appropriation publique et de façon générale pour l'application des principes de service public partout sur le territoire. Les syndicats - comme l'UGFF CGT par exemple - y sont attachés comme cadre de mission. Mais il y débat par rapport à la citoyenneté des résidents d'origine extracommunautaires tout comme sur le rôle de la Nation comme obstacle à la mondialisation capitaliste. De même l'Etat ne fait pas l'objet d'une conception partagée : capitaliste pour les uns, contradictoire pour d'autres, républicain d'abord pour d'autres encore. Quand à la notion de peuple, plus concrète, plus en contestation des élites ou la classe dirigeante qui se cache derrière la Nation ne figure pas dans le dictionnaire Alter. C'est un manque pour avancer sue la démocratie populaire et économique que j'ai nommé alterdémocratie.

4 Alterdémocratie sur site ATTAC 35, Bellaciao, ce blog

 

 

Publié par ockren à 23:06:37 dans 1 - 1 : Altermondialisation / Altermondialisme & Internationalisme | Commentaires (0) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| >>