• http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/151012/eros-la-concupiscence-et-les-courants-du-christianisme

    Eros, la concupiscence et les courants du christianisme.

     

    Les trois amours.

    Le christianisme a développé l'amour "agapé" et l'amour "philia" mais fort peu l'amour "éros". On trouve quelques passages favorables mais l'Eglise s'est surtout opposé à l'amour des corps, au plaisir et au désir même librement consenti.

    La bienveillance et la fraternité sont défendues mais l'amour vif et charnel assez peu. L'appareil religieux a défendu le mariage qui pendant des siècles a été tout sauf de l'amour. Les choses ont changé progressivement que très récemment. Mais certains sont restés attardés sur une interprétation patriarcale (pouvoir du mari) ou une interprétation bourgeoise (sauvegarde du patrimoine et des biens).

    Les trois concupiscences.

    Toute une tradition chrétienne qui a longtemps été dominante bien que particulièrement austère et répressive impose une triple interdiction qui équivaut aux trois péchés de concupiscence : 1 - le refus d'avoir une autorité supérieure qui serait Dieu , 2 la concupiscence de cupidité matérielle 3 la concupiscence du désir sexuel. Une autre tradition moins intégriste ne stigmatise pas l'athéisme qui peut avoir une éthique de vie et surtout cette autre courant plus tolérant distingue entre les deux dernières concupiscences qui sont bien différentes. 

    - La concupiscence-cupidité concerne l'accumulation de biens. La vision intégriste et austère culpabiliserait ceux et celles qui font des achats de biens marchands de confort mais cependant sans excès. Une autre vision plus politique porterait son regard vers les grands possédants dont la cupidité incite à une accumulation sans fin d'argent, de biens et surtout de pouvoirs. Cette accumulation-là est fondée sur une exploitation des travailleurs et de la nature qui mérite une double critique conjointe.

    - Le refus de la concupisence-désir sexuel se dédouble soit en haine globale du sexe et de la sexualité soit plus particulièrement en haine du désir sexuel masculin . La religion n'a bien souvent admis la sexualité que dans le mariage et pour faire des enfants. C'est l'avènement relativement récent de la contraception qui a élargie la possibilité de relations sexuelles dans le temps. Seul le travail harrassant - défendu par l'Eglise - avait la bonne vertu d'empêcher des galipettes trop fréquentes. Et à propos de "galipettes", l'image n'est pas bonne car pour éviter la concupiscence il fallait faire l'amour sous les couvertures. Le désir sexuel devait être contenu. Les femmes devaient s'abstenir de tout vêtement qui puisse un tant soit peu éveiller le désir lubrique masculin. Aujourd'hui cela se traduirait par le port obligatoire et constant du pantalon, l'interdiction de vêtements trop moulants, l'interdiction du maquillage, etc... Austérité vestimentaire va avec austérité des relations sexuelles et surtout la promotion de moeurs austères. Mais, là encore il faut distinguer entre une vision intégriste qui refuse aux hommes tout désir concupiscent à l'égard des femmes y compris ceux qui sont intégrés dans un cadre consenti et sécurisant et une vision plus tolérante qui laisse un certain libre jeu à la séduction et au désir.

     CD

    Interprétation intégriste de l'Evangile : Jésus coupe zizi, coupe sexe ! 

    http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/061012/interpetation-integriste-de-levangile-jesus-coupe-zizi-coupe-sexe?onglet=commentaires#comment-2629726


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  • (nb / L’acronyme "resp resp" signifie responsabilité et respect.)

    Vivre l'amour lumineux et vif longtemps, penser aussi le désamour. Un 23 octobre.

    sur ce blog il y a 4 ans et sur blog médiapart et blog politis

    http://association.pour-politis.org/space/autre-monde/content/_39B2C771-B992-4100-9077-160DBC88DE6F

    Les séparations conjugales ou amoureuses sont passibles de jugement de valeur. En fonction de divers critères elles peuvent être jugées bonnes (bien faites), neutres (jugement contrasté ou difficile à porter) ou mauvaise (mal menées). Dans une séparation il y a au moins deux personnes mais aussi un type particulier de relation vécue antérieurement à la rupture.

    Toutes les séparations ne se font pas parce que l’autre est violent ni même simplement égoïste ou égocentrique. Autrement dit nombre de séparations surviennent suite à une sorte de bilan des aspects positifs et négatifs de la relation. Dans ces cas il n’est pas rare que l’autre soit encore un ou une compagne estimable qui était encore chéri de tout cœur quelques mois auparavant.

    I - Typologie éthique des séparations amoureuses

    La rupture conjugale ou amoureuse peut s’appréhender de plusieurs façons. Pour poser le problème j’use de la distinction d’André COMTE-SPONVILLE. Elle me semble adaptable et pédagogique.

    La question politique, c’est d’abord celle du juste et de l’injuste.

    La question morale, c’est celle de l’humain et de l’inhumain.

    La question spirituelle, c’est la question du sens, comme on dit aujourd’hui, ou du non-sens.

    Voici une application possible

    - POLITIQUEMENT, il est juste de pouvoir quitter l’autre quand l’amour n’est plus. C’est un droit qui doit être reconnu aux femmes comme aux hommes. Il n’y a aucune raison qui explique que les hommes s’attribuent encore le droit de quitter leur(s) compagne(s) et en même temps qu’ils l’interdisent à l’autre, les femmes. Cette égalité de droit doit s’appliquer universellement, sans considération de frontières.

    - MORALEMENT, la rupture conjugale ou amoureuse est un acte grave, souvent source de très grandes souffrances. Pour rester humain dans cette période difficile, il importe donc de prendre des mesures de responsabilisation et de facilitation de la rupture. Il s’agit d’éviter la violence morale et la fuite. La violence physique devrait être exclue des rapports de genre civilisés. Les humains peuvent être moins habiles pour adoucir ce qui est dur. Le renvoi à la professionnalisation opère en plus une déresponsabilisation de l’individu ordinaire puisqu’un tiers expert est chargé de combler les manques de compétence de l’individu ordinaire.

    - SPIRITUELLEMENT, la rupture peut faire surgir le non sens là ou le sens animait la relation. Plus la relation était vivante et porteuse de sens et plus le surgissement de la rupture pourra susciter du désarroi. Le désarroi lié à la perte de sens peut fragiliser un être humain de façon extrême C’est la que la parole peut avoir du sens. Elle attribue de la reconnaissance à un passé. La reconnaissance de ce passé permet de "soigner" le passé et d’ouvrir vers un avenir tout en maintenant un passé intégré. Sans cette reconnaissance, il faudra user des moyens d’auto-reconnaissance (cf Ricoeur) qui sont complémentaires plus que substituables. Cette reconnaissance s’apparente à de l’amitié et donc à une transformation de l’amour en amitié par une valorisation de ce qui est commun entre amour et amitié et une mise à l’écart de ce qui en est différent : le désir, le plaisir charnel, la passion.

    II - Modalités de la séparation amoureuse

    * RESPONSABILITE DE CELUI QUI PART

    Ce que je crois fermement, et pas seulement parce ce que je l’ai lu chez des spécialistes qui ont une longue expérience professionnelle des ruptures, c’est qu’il est bon et vivement souhaitable que celui ou celle qui rompt une relation puisse dire à l’autre que cette relation a été bonne et riche pour lui ou elle. Les inconvénients - qui sont réels - font que la séparation est inévitable mais les années passées ensembles sont néanmoins faites de bons moments qui ne doivent pas faire l’objet d’un refoulement.

    Il faut donc dire le positif clairement et sans trop attendre car ce n’est pas à l’autre de le supposer ou de le deviner. C’est là un acte de responsabilité également salutaire pour celui qui part .

    * INTEGRATION DOUCE POUR CELUI QUI SUBI

    La méthode " douce ", intégrative, qui reconnaît l’autre au lieu de le stigmatiser, le rejeter, d’être répressif, méprisant est un acte bénéfique pour celui qui est " abandonné ".

    1 Au plan psychologique, cette parole permet à l’autre de se reconstruire plus aisément .

    2 S’agissant des sentiments, cela permet aussi de passer plus aisément de l’amour à l’amitié.

    3 A défaut, au plan relationnel, cela permet à minima un respect de base : se saluer, se reconnaître comme être humain respectable. Quand cela n’est plus assuré, il y a évidemment danger. L’irrespect est un comportement que l’on prête aux barbares pas aux personnes dont on a mesuré jour après jour pendant plusieurs années l’intelligence et la civilisation des mœurs. Il y a là une incompréhension qui rend quasiment " fou " au sens ou l’individu perd ses repères fondamentaux pour juger l’autre ou la situation alors qu’il est intellectuellement sain d’esprit.

    **

    *

    Cette parole est bien un acte de responsabilité mais aussi acte civilisé et digne car soucieux de pacification pour l’avenir. Autre chose que la fuite ou la facilité.

    Christian DELARUE

    23 oct 2008


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  • Nique le prophète" ou "nique la France" se dit en France
    Respect des personnes, pas des fétiches !

    jeudi 20 septembre 2012

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article2718

     

    Cette façon de désacraliser les fétiches - en écrit, en vidéo ou en dessin - est d’ailleurs conforme à toute une vieille tradition critique en France. Et ce n’est pas les défenseurs rigides d’une conception trop extensive de la notion d’islamophobie qui pourront l’empêcher. Pas plus d’ailleurs, côté "nik la france", pour les adeptes de Riposte laique qui s’offusquent eux des "blasphèmes" (si l’on peut dire ainsi) de potaches contre la France.

    On reproche à Caroline Fourest de critiquer les fondamentalistes et les intégristes de toutes les religions. Une minorité de musulmans radicaux sont visés. Il y a aussi les autres intégristes juifs ou chrétiens également réactionnaires. Elle y ajoute Tariq Ramadan. Moi aussi. Et cela est insupportable à certains, ceux d’oumma.com ou ceux des Indigènes de la République et d’autres encore qui gravitent avec ces racialistes anti-blancs. Les attaques pleuvent sur la toile (le web).

    Pourquoi est-ce insupportable ? Ces radicaux communautarisent tous les musulmans. Une forme d’essentialisme. Et tous les musulmans ainsi que les textes de l’islam doivent alors être protégés au nom de l’isllamophobie. La bataille fait rage au niveau de l’ONU.

    Ces individus mettent dans un même sac la ou le musulman qui souhaite l’égalité homme-femme, qui refuse le sexo-séparatisme dans les pays du Sud, qui défend la laïcité, qui n’entend nullement imposer des dogmes religieux archaiques à autrui avec les plus autoritaires et les plus obscurantistes des musulmans. Ceux filmés par Fitna en début de clip (1) C’est comme si on mélangeait en France les catholiques intégristes avec les défenseurs de la théologie de la libération.

    Cette façon d’englober le loup et l’agneau d’une même religion est non seulement essentialiste et source de racisme mais elle ne résiste pas à la diversité du monde musulman contemporain. Car il ne faut pas croire - ce que l’on dit à droite - qu’il n’existe pas des musulmans d’émancipation. Pas de femmes "parfaites" et pas d’hommes sages en toute occasion mais des individus nettement engagés pour l’émancipation humaine. Ils y passent du temps et de l’énergie quand d’autres défendent l’obscurantisme, l’autoritarisme religieux.

    Islamophobie certes mais laquelle ? Il ne s’agit pas ici de nier qu’il y a en France des individus, y compris haut placés dans la hiérarchie sociale, qui déploient une haine contre les musulmans parfaitement raciste et contraire aux lois françaises. Mais ce n’est pas parce qu’il faut faire reculer l’islamophobie réelle, celle qui s’attaque directement aux musulmans qu’il faut empêcher dans la même veine la critique défétichisante et désacralisante du prophète Mahomet ou d’autres textes religieux (2).

    Christian DELARUE

    1) Ce clip est islamophobe (in fine) ce qui ne signifie pas qu’il soit faux de part en part.

    2) Face à Caroline Fourest, les "Indivisibles" utilisent le terme "islamophobe" à tort

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/627688-face-a-caroline-fourest-les-indivisibles-utilisent-le-terme-islamophobe-a-tort.html


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  • MAUX ?

    Petits et gros mots du sexe.

     

    Les mots du sexe sont entre respect et domination mais aussi entre maux et jouissance. La chose est complexe et il ne suffit pas de dire avec Albert Camus : "Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde". Car San Antonio, qui s'y connaît dans son rayon, sans être un modèle à suivre, explique : "On n'urine que dans un hôpital ; partout ailleurs on pisse". Voilà qui donne, un peu, le ton !

    Au-delà de la justesse (ou non) du propos il faut comprendre que les usages des mots sont variables surtout en fonction du contexte. Il existe grosso modo trois niveaux de langage : les mots crus, les mots savants et les mots d'enfants. A chaque mot son contexte. On ne dit pas le même mot à sa chérie dans l'intimité que devant ses enfants ou dans un séminaire sur la santé des adolescents. On peut quasiment en toute occasion "appeler une chatte..." une chatte (1) car les mœurs ont beaucoup évolué en l'espace de quelques décennies (2) ; mais il n'empêche que les convenances sociales perdurent.

    Certains mots peuvent tout à la fois être excitants ou répugnants selon le contexte et la personne qui le prononce. Par ailleurs, on ne s'exprime pas pareillement à son médecin, ses enfants ou son (sa) compagne. Il existe, pour ce que j'en sais, des codes très strictes dans certains couples : l'usage des mots vulgaires et même très crus est tout à fait permis en privé, dans le cadre amoureux intime, mais strictement interdit hors de ce cadre, dès sortie de la chambre. Dans d'autres couples,  ce sera l'inverse : tel homme qui injurie sa femme devant ses ami(e)s se fera tout timide dans l'intimité. Enfin il y ceux qui sont dans l'excès constant : soit que des mots châtiés en toutes circonstances, soit que des mots vulgaires et obscènes à toute heure de la journée.

    Ici remarquons que l'excès pudibond sera féminin et que l'excès injurieux sera masculin. L'entre-deux en équilibration est à penser comme une recherche qui vise à introduire le jeu sexuel ludique en faisant reculer la domination au profit de l'amour. Le jeu amoureux combinera tendresse amoureuse et transgression verbale selon la tonalité voulue pour l'excitation réciproque. Car ne l'oublions surtout pas, l'amour c'est "faire attention à", "prendre soin de"...  y compris dans le partage intime.

    Christian Delarue

    http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/060912/petits-et-gros-mots-du-sexe

    1) "Appeler une chatte..." est le titre du livre de Florence Montreynaud (Ed Calman-lévy 2004). Composer plus de 300 pages sur le sujet, il faut assurément avoir accumulé un certains nombre de lectures anciennes "orientées" en plus de ce que l'époque actuelle permet de retenir. L'imagination est inépuisable. Une prolixité stupéfiante ! (Ce que ma compagne remarque ici)
    2) Du temps de mes propres parents les mots du sexe faisait si peur que l'éducation sexuelle en était entravée.


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  • C'est merveilleux d'avoir un amant !

    "C'est merveilleux d'avoir des amants. 
    C'est sans doute une des expériences les plus réhaussantes qui soient"
    écrit Pierre Babin (1) qui n'en fait pas particulièrement l'apologie (à cause du fardeau du secret)
    mais qui, de par son oreille attentive de psychanalyste
    en dresse en quelque sorte le constat.

    Par la suite il met son propos au singulier, ce qui n'est pas sans importance.
    Il ajoute "l'amant restaure ; dans les deux sens.

    Et après tout, l'amour des amants,
    pourquoi çà ne pourrait pas faire partie de ce qui se transmet?
    L'amour, ce n'est pas seulement papa-maman.
    Il y a trop peu d'occasion de transmettre l'amour". C'est que "l'amour est un délire, un montage, une série de délacements.
    Mais c'est un moyen infaillible de se sentir vivant.

    Le désamour donne souvent envie de mourir,
    car il remet la menace de l'abandon au premier plan.
    Faire l'amour prend du temps en dehors de l'acte lui-même.

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