• R Poulin et les nouvelles tendances dans la pornographie.


    L'ouvrage "Sexualisation précoce et pornographie" de Richard Poulin a le mérite d'être vaste
    et l'inconvénient de ne laisser aucune fenêtre libre à une sexualité plus soft dans le domaine.
    Il opère une critique tellement radicale de la pornographie qu'à la fin on se demande ce qu'il reste comme sexualité solitaire possible.
    Se masturber sans aucun support visuel comme le préconisait l'église ? Quelques points sur sa critique à compléter plus tard.

    - Sa critique porte 1 sur la "pédophilisation" croissante de la pornographie,
    c'est à dire du rajeunissement du recrutement des actrices du porno. Ces femmes ont tout juste 18 ans et sont exposées au désir masculin.
    C'est choquant mais cela n'empêche pas les questions minimales . Que font-elles? Exposition par film ou par photo ? Ce n'est pas identique. Quels type de film ? Côté consommateur, il ne distingue pas celui regarde des photos pour se masturber
    de celui qui paie pour des films. Il y a un fossé entre les deux .
    C'est dans les films que tout dérive tant pour les actrices que pour les voyeurs. Cet amalgame tend au tout ou rien et donc à ne pas chercher à distinguer le hard du soft.
    C'est important de marginaliser le porno hard pour l'éradiquer.
    Pour cela il faut oser faire des différences. Distinguer l'acceptable de l'inacceptable.
    Sinon on aura tout, tant pour les adultes que pour les jeunes.
    Qui les regardent ces jeunes femmes ? Les jeunes hommes de 16 à 25 ans ?
    Les adolescents de 12 à 15 ans ? Les adultes de 50 ans ? C'est plus attendu que ce soit des jeunes hommes qui regardent des jeunes femmes de leur âge.
    Mais pas les trop jeunes. Je dirais : pas entre 12 et 17 ans. Le désir masculin n'a pas d'âge mais le scupulum (2) incite les hommes adultes hétérosexuels de plus de 30 ans
    à se tourner vers des femmes adultes.
    Comme il est difficile d'imposer une norme on peut se demander les raisons de ce rajeunissement.
    Une demande masculine ? De jeunes ? - R Poulin évoque aussi la tendance montante à la pénétration anale. C'est le type même de pratique sexuelle qui porte en pornographie violence et souffrance. Pourtant, la pénétration anale n'est pas nécessairement faite de souffrance. Cela n'est pas dit.
    Il fait comme si ce genre de sexualité était systèmatiquement néfaste. Certains la pratiquent car ils ne peuvent faire autrement pour des motifs religieux. - Il signale aussi a "pipe à fond de gorge" avec pincement du nez pour les sadiques.
    C'est du sadisme et il faut le dire !
    C'est ce genre de film qu'il faudrait stigmatiser plus souvent. Une autre "pipe" est possible ! Elle n'est pas une obligation. Si elle intervient son équivalent féminin est aussi possible au nom de la réciprocité. - L'auteur signale la tendance croissante à la modification corporelle. Certaines sont sans enjeux comme le rasage épisodique ou le petit tatouage d'été mais d'autres sont plus invasives comme le percing et les tatouages lourds et durables. Il y a aussi les demandes de chirurgie plastique qui sont structurelles comme la modification des seins. - Il vaut mieux user d'artifices sexy sans enjeux car modulable selon ses envies que de chercher à maigrir avec obsession et excès.

    - Il vaut mieux une bonne présentation de soi sans souffrance et variable selon ses désirs que de jouer une séduction avec des objets matériels annexes de prestiges, genre grosse voiture. Christian DELARUE Sexualisation précoce et pornographie de Richard Poulin La Dispute oct 2009. Le scrupulum est le petit caillou dans la chaussure qui empêche de marcher. Chaque humain en a un mais certains sont peu gênés d'autres plus.

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  • Pas d’indignation sélective, pas de discrimination : les signes catholiques aussi hors des stades.

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    Ce texte "L’important ce n’est pas de gagner, mais de discriminer « Les Indivisibles" fournit une juste critique de l’indignation sélective . Mais au lieu d’abonder dans le sens de l’effacement du religieux des stades il en profite pour accepter sa généralisation ! Sens inverse pour moi.

     

    I - Un cadre d’analyse des critiques.

    Il y a trois critiques de la non neutralité dans la sport.

    - Une campiste qui ne vise que l’islam.
    - Une universaliste qui s’adresse à toutes les religions
    - Une - toute aussi campiste que la premiere mais inversée - qui défend le voile islamique et toutes les manifestations des religions et souhaite réhabiliter le retour des religions sur les stades au lieu de les repousser.

    II - Justice : Pas plus de maillot "Jesus" que de voile islamique.

    Pour moi, le gars qui s’est affiché avec son maillot "Jésus" a transgressé la règle. Je ne dis pas que c’est une faute gravissime mais il importe que les cadres du CIO lui disent que cela ne se fait pas. A défaut on va avoir des bondieuseries partout !

    III - Campisme et critique universaliste.

    A propos de refus du campisme, de la pensée de camp occident contre orient ou l'inverse,  il ne faut pas être hypocrite. De façon générale, sauf exceptions, les femmes voilées que l'on voit sur les stades n’ont pas le choix. Ce sont des Etats islamiques autoritaires (je suis gentil) qui les forcent à porter cet accoutrement même sous le soleil, même pour courir, partout, tout le temps. Il y a donc une occasion de se positionner politiquement contre ces politiques de domination.

    Autre chose encore . Du point de vue de celui qui regarde, l’affichage ostensible et de longue durée c’est autre chose que le bref geste du chrétien qui se signe discrètement. L’affichage ostensible et de longue durée prend la signification d’un étendard. Un de plus certes. Mais on parle de celui-là. La critique sert à critiquer les idéologies réactionnaires, toutes les dominations y compris les emprises de la religion. Même quand cela ne plait pas.

    Enfin, le voile islamique est surtout critiqué par les féministes pour l’aspect sexo-séparatiste imposé, et ce qu’elles approuvent ou non les règles du CIO et de Coubertin. Longtemps brohmiste je me moque de Coubertin et de sa religion de la performance !

    Christian DELARUE


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  • Pour des hommes modérément phalliques.

    Le phallus est le symbole de la puissance masculine mais aussi de la domination des femmes.

    Qu'il fut longtemps en étendard n'était pas le problème principal. Que la religion chrétienne ait pu au fil des siècle caché l’étendard du phallus (son symbolisme) n'est pas un progrès puisque sous le voile il sévit toujours comme domination et plus rarement comme organe de plaisir. Là je peux, peut-être, mélanger à tort le phallus comme puissance dominatrice et le simple organe physique masculin, fut-il en érection.

    A cette erreur près, ou en y introduisant une conception plus dialectique, quelques questions se posent à mon sens :

    1 - Peux-t-on prendre la puissance mais pas la domination ? La castration symbolique est-elle fatale dès lors que la domination ne se manifeste pas? Le jeu érotique librement consenti ne se prête-t-il pas à cette combinaison?

    2 - Ne peux-t-on pas penser aussi que le vagin est aussi une puissance sexuelle ? N'a-t-il pas une forte puissance d'attraction ? Une attraction non réduite au vagin certes. On sait que cette puissance féminine est telle que certains hommes plaident pour un sexo-séparatisme autoritaire et strict.

    3 - Quelle mixité chaque sexe peut-il développer? L'homme ne peut-il pas conserver sa puissance libidinale et développer sa tendresse et son empathie? Et la femme développer ses forces d'expansion sans perdre féminité et tendresse?

    Christian DELARUE


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  • 1955 : "Le contenu du socialisme", "le Dieu caché", "Tristes tropiques".

    A celles et ceux né(e)s en 1955 !
     
    En 1955, date de naissance de Pascal FRANCHET, Serge JALU et Christian DELARUE - ce qui n'a d'importance que pour nous et l'amitié que l'on se porte - mais aussi et surtout date de naissance du Tiers-monde avec la Conférence de Bandung .

    C'est aussi l'année de parution d'au moins trois ouvrages importants. L'un sur le socialisme de Castoriadis l'autre de Lucien Goldman sur la foi en une transcendance sociale sous le titre "le Dieu caché". Le troisième est de Claude Levi-Strauss et se nomme Triste tropiques.

    1) Cornélius CASTORIADIS (1922-1997) a d'abord été marxiste avant d'abandonner un peu rapidement la méthode matérialiste de Marx à la "critique rougeuse des souris".

    En 1955, toujours marxiste et même trotskyste il écrit "le contenu du socialisme". Plus tard, non marxiste, il plaide pour une société autonome.
    Il ne faut pas prendre ce parcours comme un trajet obligé. Il faut comprendre que pour lui comme pour des millions de personnes, le socialisme a fini par devenir la société contrôlée par la GPU, et non comme il l'a longtemps voulu une société contrôlée par les travailleurs et travailleuses. Eu égard aux changement intervenus depuis 1989 et 1991, il y a lieu aujourd'hui de reprendre l'une et l'autre notion pour avancer. Car le "socialisme du GPU" n'en était pas un. On sait cela.

    Le contenu du socialisme du XXI ne sera même  plus celui du Castoriadis de 1955. Ne serait-ce qu'à cause de la dimension écologique à prendre en compte. Mais l'on peut encore s'appuyer sur des éléments anciens et avancer vers une autre société.

    De même, le marxisme peut de nos jours retrouver son plein usage critique (sans nécessairement penser qu'il s'agit de retourner à un âge d'or du temps de Marx) et abandonner un usage de légitimation du pouvoir et de voilement des mécanismes de domination. Le marxisme n'est pas une orthodoxie. Il se déploie sous différentes formes.


    2 ) L’œuvre de Lucien GOLDMAN (1913 - 1970) représente une autre tentative de frayer une voie au renouveau de l’étude marxiste de la religion, d’inspiration très différente de Bloch. Dans son livre Le Dieu caché (1955), il essaye de comparer – sans pour cela assimiler l’une à l’autre – le pari pascalien sur l’existence de Dieu et le pari marxiste sur la libération de l’humanité… Tous deux sont fondés sur une foi, une croyance à des valeurs transindividuelles, qui n’est pas démontrable au seul niveau des jugements factuels : Dieu en ce qui la religion, la communauté humaine de l’avenir en ce qui concerne le socialisme. Ce qui les sépare est bien sûr le caractère supernaturel et suprahistoriques de la trancendance religieuse.

    3) Tristes tropiques et l'islam. On estimera - à raison selon moi - qu'il faudrait quand même parler d'autres analyses de Claude LEVI STRAUSS (1908 - 2009) et non se focaliser sur la fin de ce livre. La fin du chapitre Le retour - qui fait l'apologie de JJ Rousseau - se termine par le passage qui suit (p 484 ed PLON / Terre humaine poche) :

    Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme insconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants.

    Mais il s'agit juste de la fin de ce chapitre. En fait il développait son point de vue critique sur plusieurs pages. Et cela continue sur le dernier chapitre, celui qui suit.
    lire : Claude Levi-Strauss et les musulmans par No Comment
    http://www.legrandsoir.info/Claude-Levi-Strauss-et-les-musulmans

    Christian D


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  • Le petit prof persécuteur - PPP - cogne encore.


    Le "petit prof persécuteur" (PPP) ne passe pas un mois sans s'en prendre à tel ou tel article du site. Il pourrait faire autrement. Il pourrait prendre contact directement, agir plus respectueusement. Que non !

    Il préfère critiquer directement sur le web, du haut de sa compétence (supposée, parfois avérée) se faire le correcteur de textes de l'animateur du site et jouer ainsi au PPP (petit prof persécuteur).
    Sous couvert d'une bonne remarque il en donne des douteuses et surtout procède au rabaissement d'autrui. Il adore !
    Ces haines qui alimentent le dénigrement d'autrui sous couvert de pseudonyme sont faciles. Et méprisables.
    Elles ont surtout des raisons précises que je ne vais pas ici dévoiler. La vie fractionnelle a ses joies mais aussi ses déboires. Il y a quand même l'accaparement - terme euphémisé - du blog du MRAP DifférencesLarevue. Ce n'est pas rien. 
    Christian Delarue
    Ex membre du BE et du CA du MRAP

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