• UN COMBLE, POLEMIA CONTRE Emmanuelle MIGNON jugèe trop antiraciste !


    UN COMBLE,
     
    POLEMIA CONTRE Emmanuelle MIGNON
     
    jugèe trop antiraciste ! Rien moins !

     

     

    Le site POLEMIA avec un Manifeste bien à droite (1) n'aime pas du tout que Mme MIGNON (bien à droite aussi) veuille combattre toutes les formes de racisme. Mais alors pas du tout !
    #663333
    Voici le paragraphe avec les propos rapportés de la directrice de Cabinet de Nicolas Sarkosy: "Dans le souci (compréhensible) de défendre le président de la République (et le discours qu'elle lui avait préparé), Emmanuelle Mignon, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, a d'ailleurs clairement reconnu que la transmission de la « Shoah » était bien un instrument de combat politique. Elle a déclaré le 17 février : « Enseigner la Shoah c'est combattre toutes les formes de racisme. Les discriminations dont sont victimes aujourd'hui les personnes issues de l'immigration ont la même origine que les crimes dont les juifs ont été
    victimes : la bête immonde du racisme. Je n'ai aucun doute sur le fait que les enseignants sauront expliquer cela aux enfants (...) »"

    LA CHARGE ACCUSATRICE EN 4 FLECHES.


    L'auteur (article non signé) émet quatre critiques réactionnaires à l'encontre d' Emmanuelle Mignon : "la démarche totalitaire est patente : il s'agit d'imposer des comportements politiques dès l'âge de 10 ans" . Les propos "ont le mérite de la clarté" mais ils "sont graves". Enfin, ils "sont assez largement en contradiction avec les paroles du candidat Sarkozy déclarant en avril 2007 : « Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi et qui nourrit la haine des autres. »"

    1 - TOTALITARISME PARTOUT, EDUCATION CITOYENNE ABSENTE !

    Le jugement porté sur la démarche - totalitaire - me parait excessif et non étayé dans la mesure ou en matière de pédagogie il s'agit plus, me semble-t-il (je ne suis pas expert en pédagogie !), de juger une démarche formelle plus qu'un contenu. Aucun sujet n'est à priori interdit au moins de 10 ans pour peu que le propos soit pédagogique, clair et adapté à l'absence de pré requis des intéressés. On ne saurait attendre un âge supérieur à 10 ans pour entreprendre une démarche éducative et citoyenne dans une société de communication de masse ou les jeunes ne sont guère épargnés des propos racistes, sexistes, homophobes

    2 - LA CLARTE ACCUSATRICE ET ACRITIQUE !

    La réalité factuelle des "trois évolutions parallèles" rapportés est problématique : "la montée de la transmission de la Shoah (notamment à partir de la projection mondiale du film « Holocauste » en 1978/79), l'instrumentalisation croissante de l'antiracisme au début des années 1980 avec la création de SOS-Racisme par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et le développement d'une immigration de peuplement s'intégrant de moins en moins bien mais de plus en plus difficile à
    contester." La "marche des beurs" de 1983 posait et allait poser de nouvelles questions à l'antiracisme. 25 ans plus tard nous sommes toujours en charge de réponses pertinentes.

    Reste que la stratégie accusatrice de "l'autre qui s'intègre de moins en moins bien " est dès plus misérable et contreproductive. Elle ne fait que masquer au moins deux faiblesses majeures celle d'une part de la politique sociale d'insertion sociale par l'emploi, le logement et le droit de vote des résidents extracommunautaires et celle d'autre part du racisme réellement existant de la population d'accueil effectivement différent selon qu'il s'agit "des populations européennes, des populations asiatiques, des populations arabo-musulmanes et des populations noires" puisque l'histoire des rapports de la nation française avec ces peuples a laissé des séquelles différentes.

    3 - LA DEFENSE DE LA XENOPHOBIE D'ETAT


    - Une erreur pitoyable : La "reductio ad trotskum" !


    Il est curieux écrit l'auteur "de voir la représentante de la plus haute autorité de l'Etat faire sienne la reductio ad hitlerum en parlant des politiques d'immigration. Agir ainsi revient à légitimer la thématique utilisée par les groupes trotskistes pour condamner certains aspects de la politique sarkozyste tels que le recours aux tests génétiques (pour contrôler le regroupement familial) ou la fixation d'objectifs chiffrés d'expulsions d'immigrés clandestins."

    En réalité, les aspects cités de la politique de Sarkozy ont fait l'objet d'une large critique non seulement à gauche mais aussi à droite. Dire que les test ADN n'ont été contesté que par "les groupes trostkistes" c'est non seulement user d'une image subversive qui ne fait peur qu'aux nigauds mais surtout mettre en oeuvre une logique de bouc émissaire qui vise à masquer l'ampleur de la critique, critique qui pourrait être partagée par Emmanuelle Mignon. C'est assez dire !

    - Une certaine lucidité : La "reductio ad Papum" !


    Polémia : "Consciemment ou non, en associant « Shoah » et « immigration » Emmanuelle Mignon fait planer sur les préfets qui prennent des arrêtés de reconduite à la frontière et les policiers qui les appliquent l'ombre du préfet Papon, condamné pour crime contre l'humanité. Ce n'est pas aider le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, à remplir les objectifs que lui fixe le président de la République"."


    De nombreux auteurs (2) ont dénoncé le mépris xénophobe et la logique réifiante et quantitativiste employée par les néolibéraux dont Nicolas SARKOZY et Brice HORTEFEUX sont des représentants patentés. Alors HORTEFEUX un Papon aux petits pieds ?

    4 - QUE VIENT FAIRE ICI LA REPENTANCE PAR AILLEURS DENIGREE ?


    Sarkozy a répété pendant sa campagne vouloir "en finir avec la repentance, qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires, qui nourrit la haine des autres" .

    On sait que Chirac avait tourmentée la droite à propos de "l'irréparable" commis par la France de Vichy. Les temps changent dans ce domaine et Sarkosy se démarque ici de Chirac et suit Christophe Barbier et Eric Mandonnet (3) auteur de l'article "Le mal de repentance" paru dans l'Express à la suite de la révolte des banlieues ou l'auteur de "Pour en finir avec la repentance coloniale" ouvrage de Daniel Lefeuvre sorti à l'automne 2006 (4).

    Pour quel motif ? D'après Christophe Barbier et Eric Mandonnet la leçon est claire "A chaque fois, la repentance atteint le but contraire à son intention: voulant réconcilier, elle déchire; recherchant le consensus, elle récolte la polémique" Mais qui a dit que la repentance devait déboucher sur le consensus. Si la repentance s'appuie sur une vérité niée par certains elle risque fort de déplaire !

    Autre question abordée par Polémia et Sarkozy : "La repentance est-elle vraiment une haine de soi ?" On peut se poser la question au plan individuel en évoquant la question du pardon. Ma réponse serait volontier négative. Une vision juste de soi, non gonflée de sa supériorité morale, admet ses torts et demande pardon à l'autre qu'il a blessé. Mais ce n'est pas en l'espèce la question qui se pose puisque la repentance s'applique à la Nation française.

    La Nation est une entité abstraite fort différente du peuple. A ce stade de la discussion on peut dire que chaque français n'a pas à faire sien les méfaits de l'Etat français ou de l'élite qui en a décidé à une époque au nom de la Nation. Ni faute, ni responsabilité. Juste un souci de vérité qui ne fait pas consensus, qui ne plait évidemment pas à tous. Cette façon de voir ne concerne pas que le lien à la Nation française. Ainsi par exemple, comme le dit Daniel Bensaïd, «De quoi devraient se
    repentir ceux qui sont restés communistes sans avoir célébré le petit père des peuples? »

    Ce point de vue n'est pas accepté de tous, notamment de ceux qui pensent que l'on ne choisit pas plus sa Nation que ses parents. En quelque sorte il faut « tout prendre » dans la Nation, le bon et le mauvais. En ce cas il importe plus que dans l'optique précédente que l'Etat français présente ses excuses aux peuples qu'il a agressé, dominé, massacré et
    colonisé. Il ne s'agit pas d'intervenir pour des injustices commises (cf MRAP déc 2007) mais de demander pardon lorsque « l'irréparable » a été commis ainsi que la proclamé Jacques Chirac (5) dans son discours du Vel d'Hiv, le 17 juillet 1995 ( par la rafle de 1942, « La France avait commis l'irréparable ») . C'est là une démarche contraire de celle initiée avec la loi du 23 février 2005 sur « le rôle positif » de la colonisation (6 ).

    Christian DELARUE à titre personnel

    Secrétaire.national. du MRAP
    Membre du CA d' ATTAC France


    1) in *Mémoire de la « Shoah », mémoire française et politique d'immigration

    http://www.polemia.com/edito.php?id=1617

    2) LES MIGRANTS ET LE FETICHISME DU NEO-LIBERALISME AU PLAN MONDIAL

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article62553

    Lire aussi d'Olivier LE COUR GRANDMAISON : Xénophobie d'Etat et politique de la peur

    3) Christophe Barbier, Eric Mandonnet "Le mal de repentance " souligne à l'appui de leur conclusion que "la France quitte brutalement l'omerta pour le grand déballage, et la repentance sert de sas de décompression. Vichy et la torture durant la guerre d'Algérie en ont été de récents exemples, Maurice Papon et le général Aussaresses les coupables expiatoires, Jacques Chirac un praticien malchanceux. Avec son discours sur les rafles du Vel' d'Hiv', le 16 juillet 1995, il ne clôt pas la polémique sur la responsabilité de la France dans la déportation des juifs, qui sera relancée lors du procès Papon; se repentant à Madagascar, en juillet dernier, pour les massacres de 1947, il reçoit un accueil glacé. De même, Lionel Jospin, en novembre 1998, réhabilitant les «fusillés pour l'exemple» des mutineries de 1917, échauffa les esprits plus qu'il n'apaisa les mémoires"

    http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/colonisation/dossier.asp?ida=436168

    NB : Nicolas Sarkozy, Faudel, Abdelkader et la "repentance"
    Le petit prince du raï évoque un résistant algérien en l'honneur du nouveau président français "Etrange sensation que d'entendre dans ce contexte démarrer la sublime chanson de Cheb Khaled, qui, sur des airs de violons, oud et darbouka,
    évoque avec emphase le chef de guerre et penseur musulman Abdelkader Nasser Din. L'émir a combattu l'armée française de 1832 à 1847, à la tête de tribus de l'ouest de l'Algérie, avant de se rendre. Après la guerre d'indépendance, Alger en a fait un symbole de la résistance à la France et le fondateur de l'Etat algérien, qui réclame aujourd'hui des excuses officielles de la France pour son passé colonial."

    http://www.afrik.com/article11702.html

    Par contre les colonialistes défendent Sarkozy et : « La période coloniale évoquée dans une pétition de personnalités algéro-françaises publiée le 4 décembre 2007 « La repentance est exclue. Quant à la reconnaissance de la responsabilité, nous disons ceci : en 1962, la France a laissé à l'Algérie un pays complètement opérationnel, avec ses routes, ses aéroports, son agriculture...les Algériens vont-ils le reconnaître aussi ? », s'interroge M. Nouvion qui entend rappelé cette position des rapatriés à Nicolas Sarkozy. Voilà la pensée coloniale dans toute sa splendeur : « Les routes » « positives » faces à une domination coloniale reconduite violemment pendant 150 ans ! Non, la colonisation ne saurait être « positive » !

    4) Un commentaire de "Pour en finir avec la repentance coloniale" in Les Clionautes

    Des « Repentants » ? Où et qui ? par Dominique Chathuant
    http://www.clionautes.org/spip.php?auteur248

    Pascal Blanchard et Nicolas Bancel, tous deux signataires de la pétition « Liberté pour l'histoire », avaient désapprouvé dans le /Monde/, l'appel des Indigènes. Dans un ouvrage qui dénonce à la fois le lynchage médiatique dont a été victime l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, le problème posé par la loi Taubira ou les anachronismes commis par Gilles Manceron, historien et cadre de la Ligue des droits de l'homme, on ne trouve pas mention d'une tribune du même Gilles Manceron condamnant l'exploitation raciste de la mémoire de l'esclavage et figurant à côté d'une tribune d'Olivier Pétré-Grenouilleau[32]
    C'est l'un des nombreux exemples de la construction artificielle du monolithe repentant. Il est significatif qu'à la lecture de ce livre, le Figaro magazine (dont un des journalistes s'est illustré dans un de ces ouvrages où l'on rouvre de nombreuses portes ouvertes pour prétendre ensuite qu'elles abritaient des vérités secrètes), s'interroge sur la cause de la vague de repentance sans même poser la question de la pertinence du concept. Le livre pose d'autres questions. « Comment critiquer les «repentants » sans faire de même pour les nostalgiques de la colonisation ? » interroge pertinemment Claude Liauzu qui n'est, ni le dernier des réactionnaires colonialistes, ni un thuriféraire de la démarche de l'ACHAC.
    http://www.clionautes.org/spip.php?article1178

    5) La critique des gaullistes contre la repentance de Chirac
    »Dans son discours du Vel d'Hiv, le 17 juillet 1995, à peine élu, Jacques Chirac affirma que, par la rafle de 1942, « La France avait commis l'irréparable » : non pas « Vichy », mais « la France », dont tout gaulliste, c'est sa raison d'être, jurait qu'elle était alors à Londres ! »
    http://www.gaullisme.net/chirac-antigaulliste.htm

    6) Certaines organisations voulaient l'abrogation totale de cette loi (MRAP) et d'autres de certains articles seulement.

    Les premiers à intervenir furent l'association "Harkis et Droits de l'Homme" ainsi que le précise sa présidente Fatima BESNACI-LANCOU "dès le 28 février 2005, par un communiqué envoyé à l'AFP. Ce communiqué a été repris dans le livre "La Colonisation, la loi et l'histoire, Ed.Syllepse" de Gilles Manceron et Claude Liauzu"  [Liens]

    http://www.harkis.info/portail/article.php?sid=1092290

    http://www.mrap.fr/communiques/harkid

    Par la suite en juin 2005, diverses associations - dont la LDH, le MRAP, la FSU, le Collectif des historiens contre la loi du 23 février 2005 ... - ont mis en garde contre une réhabilitation insidieuse de l'OAS et plus globalement du colonialisme français en Algérie. La prochaine inauguration d'une stèle à la mémoire d'anciens membres de l'OAS et la loi du 23 février 2005 témoignent de cette entreprise.
    http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article701

     


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