Altermondialiste : Refus : Ni classisme, ni sexisme, ni racisme - Pour : le social, l'écologique, le démocratique
CONTRE LE PURITANISME, LA PUDIBONDERIE ET L'ORDRE MORAL.
La police du string ostensible et la chasse aux nombrils visibles...
...font dans
de nombreux pays les beaux jours de l'ordre moral qui combine l'alliance
de la police, des religieux et des esprits étroits. Ce n'est pas un sujet secondaire car il n'y aura pas d'émancipation de tous et toutes sans avancées sur cette question!
Le reproche de "l'allumeuse" irresponsable est récurrent et inadmissible . Il procède par inversion, celle qui consiste
à faire porter sur les femmes "sexy" la responsabilité du harcèlement et
des violences "sexuelles" qu'elles peuvent subir de la part de certains
hommes . Cette logique est sexiste et profondément réactionnaires mais
elle fonctionne y compris chez les femmes. Elle traverse toutes les
couches sociales tant chez les "élites" que chez les jeunes des banlieues.
Et ce qui est arrivé au Congo peut arriver ailleurs pour peu qu'il n'y ait pas d'opposition.
Par ailleurs, il ne faut pas confondre liberté de s"habiller sexy sans remarque des hommes et... des femmes et acceptation des publicités sexistes. Ici, par exemple, le conseil général des Yvelines ne fait guère preuve d'imagination pour donner du département une image moins sexiste et ringarde que cette « technolologie ». Voir le slogan sur la poitrine de la jeune femme - une femme ordinaire mais en tronc sans tête - sur le site
http://www.yvelines.fr/actu2007/i_love_techno/
Il y a bien pire que ce slogan signalé par La Meute. On trouve toujours trop de photos de femmes nues sans rapport avec le produit. Pour vendre des sous-vêtements çà se comprends, pour vendre des biscuits c'est du sexisme.
Christian DELARUE
La police du string
Les Congolaises ne doivent plus laisser dépasser ce sous-vêtement par
Habibou Bangré *
Certains agents de police congolais arrêtent les jeunes femmes qui
laissent leur string dépasser de leur pantalon. Une mode, inspirée des
Etats-Unis et jugée indécente par Brazzaville. Les policiers qui
interpellent les « contrevenantes » utilisent tous les moyens pour les
décourager de recommencer. Des plus pédagogues aux plus violents.
http://www.afrik.com/article7101.html
Cachez ce string que je ne saurais voir. Depuis plusieurs mois, des
agents de police du Congo Brazzaville interpellent les jeunes femmes qui
laissent dépasser de leur pantalon ce sous-vêtement sexy. Cette mode
n'est pas du goût des autorités, qui la jugent malsaine et
potentiellement dangereuse pour l'ordre public. Sans l'interdire
légalement, ils s'emploient à chasser cette coquetterie brocardée comme
« déplacée ». Tous les moyens sont bons pour dissuader les
contrevenantes : des cours d'instruction civique, aux insultes, en
passant par les violences physiques.
*C'est la faute aux Etats-Unis*
Ceux qui s'opposent au port du string ostensible accusent les vedettes
américaines de détourner du droit chemin les Congolaises. « Des jeunes
filles de 13 à 18 ans se lancent dans cette mode. Mais pas seulement :
des femmes d'une trentaine d'années la suivent aussi », certifie
Béatrice, 40 ans. Comme la majorité des parents, elle est scandalisée
par la visibilité que prend ce sous-vêtement et n'autoriserait jamais sa
fille de 13 ans à adopter un tel style vestimentaire. Toutefois, elle
considère que « cela constitue surtout un problème lorsque la fille est
majeure. Dans ce cas, c'est un vrai manque de pudeur ».
Problème moral, donc, mais aussi social. La population estime qu'il y a
deux types de femmes qui portent le string de cette façon. D'une part,
les jeunes Congolaises qui veulent s'identifier aux chanteuses
américaines, comme « Janet Jackson ou Madonna ». Dans ce cas, elles
portent surtout la tenue incriminée pour sortir en boite de nuit.
L'autre catégorie est celle des prostituées. « Elles rôdent autour des
hôtels et des boites de nuits pour attirer et séduire les hommes »,
explique Célestine Kouakoua, maire de Moungali, quatrième arrondissement
de Brazzaville. Et d'ajouter que « les filles de bonne famille ne
s'habillent pas de cette façon ».
*Opération Espoir*
Afin d'encadrer cette mode jugée indécente, les autorités ont pris les
devants. Des agents de police de l'Opération Espoir, lancée il y a
quelques mois pour en priorité lutter contre le grand banditisme,
peuvent interpeller les Congolaises « en infraction ». Bien que
médiatisée, cette nouvelle fonction policière ne semble pas avoir fait
grand bruit dans les plus hautes sphères politiques. Au cabinet du
ministère de la Sécurité et de la Police, l'une des administrations en
charge de l'Opération, on assure ne pas être au courant de ce que des
agents de police arrêtent des jeunes filles pour ce motif. Mais on
n'exclut pas qu'il puisse exister des cas isolés.
Des cas isolés, mais qui alimentent certaines conversations dans la rue
congolaise. « Depuis que l'Opération espoir est entrée en vigueur, les
filles qui portent des strings qui dépassent du pantalon sont parfois
sévèrement punies. Elles peuvent être envoyées en prison ou frappées.
Les policiers se montrent parfois vraiment méchants et brutaux si les
filles protestent contre leur interpellation », commente Rosalie, 41 ans.
*Retour au « civisme »*
Célestine Kouakoua n'a pas connaissance de ces méthodes violentes. «
Dans mon arrondissement, il n'y a pas beaucoup de jeunes filles qui
s'habillent de la sorte. Elles sont surtout aux frontières de ma
circonscription. Mais quand les agents de police interviennent, c'est
surtout pour les rappeler à l'ordre », explique-t-elle. Un rappel à
l'ordre qui peut prendre plusieurs formes. Un simple avertissement
verbal, un détour par le commissariat, en passant par une amende ou
l'obligation de suivre des cours d'instruction civique.
Les églises se sont jointes aux efforts des autorités. « Elles refoulent
les femmes qui ne sont pas habillées comme il faut », explique Béatrice.
Ces mesures semblent être efficaces. « Je vois de moins en moins de
filles qui portent le string dépassant de leur pantalon dans la rue »,
assure Rosalie. A la chasse aux strings ostensibles, pourrait bientôt
s'ajouter la chasse aux nombrils visibles. Les ventres trop dénudés sont
également perçus comme indécents.
http://www.afrik.com/article7101.html