Altermondialiste : Refus : Ni classisme, ni sexisme, ni racisme - Pour : le social, l'écologique, le démocratique
LES BLASPHEMES DU MECREANT
Blasphème, démocratie et émancipation :
un sujet délicat.<o:p>
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Courte contribution à débat pour la commission nationale DEMOCRATIE d'ATTAC France
- Le blasphème d'abord.
Il
possède une dimension émancipatrice, qui dépasse le cadre de « la liberté
de critique des religions », thème que j'ai abordé récemment à partir de
la problématique du MRAP. Pour conserver cette fonction critique et libératrice il ne saurait couvrir une forme quelconque de racisme . En fait, il a une dimension anti-autoritaire que l'on
ne saurait évacuer et plus largement encore on peut y déceler une dimension
anti-fétiches . Et, à lire Alain BIHR par exemple, ils sont nombreux les
processus contraignants échafaudés hors de l'intervention citoyenne ainsi que
les dispositifs abstraits ou institutionnels déifiés fétichisés, placés
au-dessus des humains rabaissés par le même coup au rand d'objet ou de
serviteurs dociles.
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La question du blasphème suppose donc une première réflexion sur l'amour et le respect mais aussi sur la place de l'humain dans son environnement institutionnel. Elle suppose à la suite d'admettre avec prudence que l'amour et la tolérance n'est pas possible partout. En somme il convient de savoir sûrement ce que l'on n'aime pas, ce que l'on ne saurait tolérer. Je donne une indication de Max PAGES sans la poser comme modèle : « Aimons ceux qui se laissent aimer et qui aiment de façon non-répressive et combattons les autres, c'est-à-dire toutes les autorités, sans les aimer ».
- Le mécréant ensuite :
Je ne sais si je reste ici dans l'esprit qu'en a fait récemment le
philosophe Daniel BENSAID dans son ouvrage *Fragments mécréants : sur
les mythes identitaires et la République imaginaire *mais celui-ci m'a
inspiré.
Le mécréant passe pour un être paradoxal : il est sans Dieu ni morale
(mais pas sans éthique) et pourtant il est très engagé pour se libérer
et libérer le monde de ses maux privés et publics. Etrange! Le mécréant
blasphème contre le sacré mais respecte et valorise les être humains
réels . Ainsi un mécréant masculin ne blasphémera pas (sauf par jeu bien
compris comme tel) les filles sexy, il soutiendra "la journée de la
jupe" (voir sur ce blog ) et il critiquera les pub
sexistes. Une publicité n'est pas une femme réelle comme la religion n'est pas le croyant. Donc point de "pétasse" ou de "pute" dans le langage ordinaire
du mécréant, pourtant ces dernières peuvent à l'occasion faire fantasmer
sans la moindre culpabilité. Mais l'image fantasmée n'est pas, et de loin, la vie
réelle aliénée et bien souvent misérable des prostituées.
Le réel n'est pas pleinement acceptable.
1 - Blasphème contre la religion et certaines pratiques des croyants.
Les blasphèmes contre la religion sont autorisés puisqu'il ne s'agit que
de se moquer d'une croyance ou d'un ensemble de croyance alors que les
blasphèmes contre les croyants eux-mêmes ne sont pas tolérés. Encore
qu'il faille analyser plus précisément la portée critique du blasphème.
Ainsi dire "Je pisse (verbalement) sur tous les signes religieux
ostensibles (sans discrimination entre eux)" ce n'est pas mépriser les
croyants, surtout pas les croyants de mentalité laïque qui adoptent une
attitude discrète et pacifique. Ce n'est même pas mépriser les
différentes religions, c'est critiquer une attitude jugée excessive,
c'est blasphèmer le comportement publicitaire des personnes qui
s'apparente à des "hommes sandwicht" qui font de la pub pour leur
produit religieux .
2 - Blasphème contre le marché?
Le marché n'a pas de religion. Il ne porte aucune dimension sacrée
susceptible d'être rabaissé à un niveau humain et terrestre. C'est
plutôt ici l'inverse qui serait critiqué dans la mesure ou l'humain est
rabaissé au rang infra humain d'objet. En fait, la société marchande est
vide de sens ou plutôt laisse à voire une "foire au sens" (A Bihr) ou
chacun prend ce qu'il veut ou ce qu'il peut (principe de solvabilité
pour l'acquérir). La société marchande est aussi criticable par ce
qu'elle n'offre pas, ce qu'elle empêche de produire (des services
publics par exemple) mais pas par ce qu'elle impose car elle ne fait que
proposer à des individus libres, qu'offrir à un demandeur potentiel.
Lorsqu'elle le fait mal (pub sexiste par exemple) ou avec trop
d'insistance (multitude de panneaux publicitaires par exemple) elle est
aussi critiquée et bridée.
3 - Blasphème contre le républicanisme.
Faire un bras d'honneur à la messe républicaine, qu'est l'hymne national
c'est refuser les embrigadements sans abandonner l'esprit citoyen, sans
nécessairement méconnaître les avantages du régime républicain.
M. JérÔme RIVIÈRE député voulait que l'hymne national soit
obligatoirement enseigné à l'école pour favoriser l'intégration. Il n'a
heureusement pas été suivi.
http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion0786.asp
Pisser (en parole) sur le drapeau tricolore ce n'est pas plus ignorer
l'existence de la Nation.Je préfèrerais quant à moi qu'une réflexion
soit menée sur le triptique républicain "liberté,égalité, fraternité"
mais avec esprit critique, sans fétichisme ni dogmatisme.
4 Blasphème contre l'autorité (le père, le chef, etc...).
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« Nique ta
mère » disent ceux qui provoquent le scandale contre ce qu'il y a de
plus sacré après Dieu (pour ceux qui y croient) ? Pourquoi pas « nique ton
père » ? Après tout si le père représente l'autorité et surtout
l'autorité répressive et le pilier de la famille patriarcale alors le blasphème
du père est essentiel pour grandir. Du moins à condition de ne pas oublier aussi
que l'adolescent a besoin du père pour se construire et se socialiser. Max
PAGES encore : « Les autorités
parentales sont à la fois répressives et aimantes. Il en résulte un lien
psychologique indissoluble entre l'expérience du plaisir et celle de la
répression, un lien indissoluble avec les autorités qui fait que les autorités
même répressives sont aimés ». Ce qui explique pourquoi certains
vénèrent le père, la famille patriarcale, l'autorité policière ou militaire quand
d'autres, aux esprits plus libertaires, blasphèment le patriarcat, la police répressive.
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- Au-delà du blasphème.<o:p>
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En fait au-delà du blasphème et de sa dimension individualiste c'est une critique théorique et pratique sérieuse qui est requise ici. Il y a certes besoin de police et de sécurité mais l'évolution de la police en France disons depuis le rapport Bonnemaison et l'ouvrage « Le désordre policier » inquiète les personnes éprises de liberté. La question de la société de contrôle est posée et elle dépasse désormais le simple cadre du comportement de la police.
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Christian DELARUE
Notes:
1) SUR <st1:PersonName productid="LA LIBERTE DE" w:st="on">LA LIBERTE DE</st1:PersonName>
CRITIQUE DE TOUTE RELIGION
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=41768
2) Du « grand soir » à lAlternative Le mouvement ouvrier européen en crise
d'Alain BIHR Editions ouvrières 1991. Lire notamment le chapitre sur la crise
culturelle.
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3) Le travail amoureux Eloge de
l'incertitude de Max PAGES Dunod
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4) « Le désordre policier » Jean Jacques GLEIZAL PUF et contribution personnelle:
Du SOCIAL au POLICIER ou LE
"DESORDRE POLICIER" AGGRAVE samedi 19 mai 20
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=48521
30 juin 2007