Altermondialiste : Refus : Ni classisme, ni sexisme, ni racisme - Pour : le social, l'écologique, le démocratique
Les discriminations racistes comme « mal commun » des minorités dans le monde.
<?xml:namespace prefix = o />Identité, minorité, communauté.
Plutôt que de parler de « minorités visibles » à l'instar de ce qui nous vient du Canada, pourquoi ne pas évoquer non pas les minorités racisées mais les minorités discriminées ?
Il s'agit là d'un débat entamé cet été au sein d' ATTAC à Toulouse mais aussi un débat qui fait suite à celui engagé (au sein du MRAP au printemps 2007 cf .2) sur la légitimité des statistiques ethniques.
Problème : le terme « minorité » peut être étendu aux femmes, ce qui a suscité et suscitera encore des réactions compréhensibles. Débat à poursuivre donc...
Voici donc pour éclaircissement le texte que j'ai cité (mais non lu) à l'appui d'une intervention dans un débat d'un atelier de l'Université d'été 2007 d' ATTAC à Toulouse.
Christian DELARUE
Secrétaire national du MRAP
Membre du CA d'ATTAC France
Voici l'extrait de : « De la question sociale à la question raciale ? Représenter la société française ». J'ai ajouté les deux sous-titres.
1 - Egale reconnaissance des identités méprisées ou reconnaissance des discriminations : De la politique identitaire à la politique minoritaire.
La perspective multiculturaliste qui prévaut en Amérique du Nord est fondée sur l'idéal d'une égale reconnaissance des identités méprisées, des cultures dominées, des communautés opprimées. Or, en France, aujourd'hui, et notre ouvrage (1) s'efforce de le montrer, l'enjeu est plutôt la reconnaissance, non des identités, mais des discriminations. Ce qui est reconnu, ou pas, ce qui doit l'être ou non, c'est le fait discriminatoire.
La distinction n'est pas sans conséquence : elle nous fait passer de la politique identitaire à la politique minoritaire. En effet, qu'est-ce qu'une minorité ? C'est une catégorie naturalisée par la discrimination. Si les communautés ont en partage une culture, ce qui définit les minorités, c'est l'assujettissement d'un rapport de pouvoir. Il ne s'agit pas de les opposer, mais de les distinguer : la minorité à la différence de la communauté n'implique pas nécessairement l'appartenance à un groupe et l'identité d'une culture ; elle requiert en revanche l'expérience partagée de la discrimination. Les « Noirs » ou les « Arabes » en France, aujourd'hui, ont en commun, non pas la « race » mais le racisme.
C'est d'ailleurs également vrai, en parallèle avec les questions raciales, pour les minorités sexuelles les femmes confrontées au sexisme ou les homosexuels à l'homo phobie. Ce ne sont ni la nature ni la culture qui sont au principe de la minorité, mais la naturalisation, fût-ce dans le registre culturaliste, d'une catégorie sociale par des pratiques discriminatoires.
2 - L'intérêt politique de ce déplacement.
On entrevoit tout l'intérêt politique de ce déplacement. Tant bien que mal, la politique identitaire s'applique à constituer des coalitions entre communautés hétérogènes, dont chacune combat d'abord pour la reconnaissance de sa propre culture. En revanche, non seulement la politique minoritaire s'exprime plus aisément dans le registre universaliste de la lutte contre toutes les discriminations, mais en outre, elle est engagée dans une critique transversale des assignations normatives. Elle est donc ouverte non seulement aux diverses minorités, mais aussi à tous ceux qui, quand bien même ils pourraient trouver leur place dans la culture majoritaire, ne peuvent ou ne veulent pas se reconnaître dans un ordre racial dont les effets normatifs pèsent lourdement sur tous et pas seulement sur les minorités » (p251)
1 De la question sociale à la question raciale ? Représenter la société française.
Sous la direction de Didier FASSIN et Eric FASSIN
<?xml:namespace prefix = st1 /><st1:PersonName w:st="on" productid="La D←couverte">La Découverte</st1:PersonName> 2006
2 RACISME ET ANTIRACISME 2007
DEBATS ANTIRACISTES DU PRINTEMPS 2007. ( EN GUISE D'INTRODUCTION AUX DEBATS DE L'AUTOMNE. )
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=51942