Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Altermondialiste : Refus : Ni classisme, ni sexisme, ni racisme - Pour : le social, l'écologique, le démocratique

Publicité

L'UNIVERSALISATION DES CRITERES FRANÇAIS DU SERVICE PUBLIC EST-ELLE POSSIBLE?

L'UNIVERSALISATION DES CRITERES FRANÇAIS DU SERVICE PUBLIC EST-ELLE POSSIBLE?

ELEMENTS DE DISCUSSION

 

On dit que les services publics sont une particularité française et qu'il est difficile en conséquence de vouloir étendre tel quel au reste du monde. Il me semble pourtant que les trois grands éléments définitionnels du service public peuvent être généralisés avec quelques adaptations afin de créer un système mondial hiérarchisé de service public permettant de garantir aux populations un accès de qualité aux biens et services essentiels pour vivre confortablement. Pris conjointement ces éléments heurtent frontalement la marchandisation généralisée des biens et services sur la planète ainsi que l'appropriation privée de leurs productions.


1 - L'ELEMENT FONCTIONNEL caractérise le but poursuivi par les services public :

Il s'agit d'une activité d'intérêt général et non d'une activité orientée vers le profit d'une personne privée. Il s'agit prioritairement de satisfaire les besoins ordinaires des usagers hors de la sphère marchande. Ces besoins sont certes variables dans le temps et dans l'espace mais les humains ont tous besoin de se loger, d'accéder à l'eau, de s'instruire, de se déplacer, de communiquer, d'accéder aux loisirs et à la culture, etc. Pour ce faire l'exigence de solvabilité sera en principe réduite par un système tarifaire - par nature différent du mécanisme aveugle des prix du marché - au point de rendre le cas échéant le service totalement gratuit.

Le but de l'intérêt général justifie aussi des sujétions spécifiques de fonctionnement du service – service conçu alors non plus comme activité mais comme organisation. Ces sujétions se retrouvent dans l'élément matériel.

2 - L'ELEMENT MATERIEL caractérise l'application d'exigences particulières inscrites dans le droit sous forme de normes.

Je donne ici un autre sens à cet élément car le droit français évoque lui la référence à un régime juridique exorbitant du droit privé. Il y a là une particularité qui tient à l'existence d'un droit administratif différent du droit privé, du « droit du marché ». Sur le plan du fonctionnement un service public ne saurait fonctionner avec les mêmes règles qu'une entreprise privée ordinaire agissant pour accroître le profit et en concurrence avec les autres entreprises du marché. La question du fonctionnement du service concerne aussi le statut des personnels, lequel pose des règles et des garanties permettant de dégager plus ou moins la force de travail employée dans et pour le service public du statut ordinaire de simple marchandise qui demeure, à cause des insuffisances du droit du travail, la « vérité » du statut de la force de travail dans les entreprises privées.

3 - L'ELEMENT ORGANIQUE indique que l'activité est prise en charge par une personne publique ou une entreprise publique.

Cela découle nécessairement de la bonne application de l'ensemble des éléments précédents. Une personne privée gérant un service public contrôlé par la puissance publique ne saurait avoir les mêmes caractéristiques qu'une personne publique locale ou nationale. On y trouve des exigences de rentabilité qui rapproche de la recherche du profit et qui pervertissent la mission de service public. La valeur d'usage tend relativement à s'effacer devant la valeur d'échange. Autrement dit, l'usager tend à se transformer en client avec le regard « commercial » et intéressé vers le portefeuille... On y trouve aussi des règles de travail plus « souples » qui signifient que la vente de la force de travail se rapproche beaucoup plus du dur statut de marchandise comme dans les sociétés privées.


Christian DELARUE CA ATTAC 

Texte suivi de Neuf DISTINCTIONS repérables :
a - Le marché fait circuler un type particulier de richesse : ce sont des marchandises . Avant de distinguer les "productions" utiles et les inutiles ou les nuisibles - distinction également utile - il importe de différencier au sein des "productions" (cf. Jacques Gouverneur) celles qui sont marchandes et celles qui sont non marchandes .
b - Le marché assure plus la distribution de valeurs d’échange que celle des valeurs d’usage .
c - et ce par l’intermédiaire de prix (de marché) et non de tarifs (lesquels peuvent donner lieu à péréquation) . Le terme tarif est employé en un sens générique : il peut s’agir aussi de taxes, de redevances.
d - Le marché fonctionne à la concurrence et à la "loi de la jungle" alors que le service public obéit à une décision politique et administrative qui laisse donc place à une certaine maîtrise ou la composante démocratique n’est pas une conquête utopique ;
e - Via le marché le capital s’adresse à des clients et non à des usagers ; et ce n’est pas qu’une question de terminologie.
f - L’objectif du capital dans la sphère marchande est avant tout le profit et non la satisfaction des besoins sociaux.
g - A l’offre marchande doit correspondre une demande solvable (pour un économiste), une capacité financière (pour un commercial) ; voilà ce qu’est un client, un consommateur alors que le service public s’il n’est pas nécessairement gratuit est dans sa logique profonde porteur d’une adaptation tarifaire aux capacités contributives.
h - Le marché génère des inégalités alors que la logique sociale et territoriale des services publics se veut redistributrice et correctrice des inégalités.
i - Le marché est aveugle, les entreprises et le capital ont souvent une courte vue alors que le service public peut voir large et loin. Il peut pleinement intégrer les considérations écologiques et environnementales.
Christian DELARUE - CA ATTAC 2005
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article