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Altermondialiste : Refus : Ni classisme, ni sexisme, ni racisme - Pour : le social, l'écologique, le démocratique

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MRAP : Tenir tous les bouts

à gauche Christian DELARUE, à droite Yves LORIETTE  

MRAP : Tenir tous les bouts.

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Reprise pour l'AG de janvier 2007 d'un texte présenté au BE du 3 mars 2006

Christian DELARUE secrétaire national

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I - Ou va le MRAP ?

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De nombreux conflits internes ont émaillé la vie du MRAP et certains ont suscité des refus de ré-adhésion. Malgré tout notre mouvement perdure et continue d'accomplir sa mission, de remplir son objet. Il faudrait se garder cependant de persévérer dans un affrontement incompris et destructeur.

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Depuis l'intégration difficile (entrée puis mise en suspend puis réintégrée) de la notion d'islamophobie dans notre outillage d'analyse du racisme, les débats au sein de la direction du MRAP se sont d'une part durcis surtout avec l'entrée en scène des pro «indigènes de <st1:PersonName productid="la R←publique" w:st="on">la République</st1:PersonName>» ( ) et des pro-Respublica, durcissement qui a effacé les positions intermédiaires entre ces deux extrêmes et d'autre part de plus en plus décentrés par rapport aux préoccupations des comités locaux et des luttes qu'ils mènent .

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L'année <st1:metricconverter productid="2006 a" w:st="on">2006 a</st1:metricconverter> vu apparaître une nouvelle division avec l'affaire des « caricatures » : Mouloud Aounit et son groupe ami au BE et CA, a une nouvelle fois, selon ses détracteurs, « manifesté sa fascination pour les médias et sa démagogie communautariste » au détriment d'une politique d'animation d'un mouvement de masse. En réponse Paul Muzard (le 20/2) s'est indigné et a fustigé « les attaques et les menaces dont il est régulièrement l‘objet ». Ce dont tout le MRAP reconnaît et se montre solidaire. Cette crise a d'autre part confirmé « l'autonomie brouillonne » de Mouloud Aounit, voire son côté "aventurier". Il cherche pour certains à s'affirmer comme « porte parole auto-proclamé d'une partie de la population d'origine maghrébine et à négocier, sur cette base, une certaine reconnaissance à des fins électorales » ( ).

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Plusieurs débats se sont télescopé : S'agit-là de la critique du seul comportement de Mouloud ? S'agit-il d'un refus total de l'islamophobie ? refus du terme seul ? Refus d'un certain contenu (débat sur la définition toujours renouvelé) ?

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En tout cas, cette "politique", de crise et en crise, a exacerbé les tensions existantes au sein du MRAP ; au point de provoquer aujourd'hui, quatre mois après l'accord de fusion (de deux listes en une seule en vue de l'AG du 3 déc. 2005), la création de deux fractions durablement opposées au sein du Conseil d'administration et au-delà sans toutefois toucher l'ensemble des comités. Cette division est dangereuse mais n'a sans doute pas une portée dramatique. Car de chaque bord chacun a conscience qu'une scission du MRAP serait dommageable à l'ensemble de la lutte antiraciste. Reste que ce souci se borne à au seul évitement de la scission mais pas à la modération dans le conflit .

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Pour ma part, je prends acte de la division du MRAP mais je pense qu'il faut néanmoins travailler à l'empêchement de l'éclatement et au maintien de l'unité du MRAP. Ce qui suppose d'être encore en capacité de parler, échanger et négocier avec les parties aujourd'hui en voie de séparation. Les effets de « l'affaire Tévanian » se dissipant cela devient possible.

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II - De quelques questions actuelles qui divisent l'antiracisme.

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Les questions qui divisent le MRAP se font sur fond de politique de ségrégation et d‘inégalités, d'attaque des droits des salariés et des peuples et notamment des couches qui cumulent tous les désavantages. Le racisme sous toutes ses formes est prégnant. <st1:PersonName productid="La CNCDH" w:st="on">La CNCDH</st1:PersonName> le confirme encore.

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1. Juifs et arabes. Le racisme anti-arabe connaît lui une évolution inquiétante que le MRAP a analysé en 2003 (cf. site, le document de 30 pages intitulé Racisme anti-arabe - nouvelle évolution). Les divers rapports officiels de ces dernières années - commentés par le MRAP - montrent aussi que le racisme contre les juifs augmente. Le danger pour le MRAP mouvement laïque qui lutte contre tous les racismes serait alors de faire le jeu de l'affrontement des communautés et de laisser s‘implanter un tel affrontement ou la préférence communautaire des uns répondrait la défense communautaire des autres. Le groupe animé par Catherine BALLESTERO a permis d'avancer sur ce point.

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2. La question "religieuse", le sacré et le blasphème. Le mouvement ouvrier s'est toujours refusé à distinguer entre les exploités selon leur confession religieuse, leur croyance à une religion ou non. Le MRAP aussi. La bataille pour l'athéisme n'a pas ainsi été au coeur de l'activité de l‘un et l‘autre, laissant cette action à des associations et syndicats. Soit. Mais de ce fait, comme l'a écrit le 10/2 Pierre STAMBUL, il y a un évitement chez certains courants du mouvement ouvrier de la dimension « réenchantement du monde » dans l'actuel « retour du religieux ». Ce réenchantement lorsqu'il pousse aux manifestations religieuses ostensibles ou lorsqu'il vise à interdire la critique et le blasphème transforme la victime en persécuteur. Soyons clairvoyant ! Si le MRAP ne défend pas principalement le droit de critique des religions et droit au blasphème il ne peut aller contre pour peu évidemment que ce pseudo droit de critique ne soit pas simplement qu'un moyen de diffusion d'un nouveau racisme. Je pense ici aux propos raciste de Redeker.

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3. La laïcité et l'égalité. La laïcité n'est pas la défense de l'athéisme. Le MRAP ne milite pas principalement pour la laïcité mais cette dernière constitue le fond commun d'une société égalitaire et pacifique au sein duquel les différences identitaires ne sont pas reniées mais relativisées afin de pouvoir se rencontrer et vivre ensemble. A ce propos l'introduction de la tolérance au lieu et place d'un ordre public d'égalité et de laïcité est à critiquer ( ). Si la laïcité fait partie des projets du mouvement ouvrier, la question de son contenu a varié dans le temps et selon les courants. En suivant le versant d'émancipation de la laïcité, tout un pan du MRAP ne peut s'accommoder à raison du "deux poids, deux mesures". Toutes les religions doivent être à la même enseigne. A cet égard les interventions publiques concernant la mort du pape en France rapprochée du vote de la loi sur les signes religieux ostensibles est évocateur d'un traitement différencié totalement inacceptable ( ).

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4 . La question religieuse réapparaît aujourd'hui au travers de la religion musulmane. On parle d'un « retour du religieux » qui concerne surtout cette religion. L'attaque frontale de cette religion est-elle à proscrire au nom de la solidarité avec les peuples dominés du Sud ( ) ou pour éviter l'accusation d'islamophobie? Oui et non, tout dépend des modalités concrètes de la critique et de son contexte .On s'est déjà laissé surprendre par l'évolution internationale rapide d'un conflit d'interprétation (cf caricatures). Certes à la suite de Marx on peut faire valoir une certaine compréhension de la religion comme « protestation et âme d'un monde sans cœur » (Marx) mais elle n'est pas sans limite même si la défense de l'athéisme n'est la vocation ni du MRAP, ni du mouvement ouvrier. Cependant il ne s'agit pas pour autant d'être opportuniste et a-critique, notamment en matière de féminisme et de laïcité. On retrouve pour partie le débat sur ethnocentrisme et relativisme culturel. Le premier impératif à suivre semble bien de ne pas essentialiser cette religion, ce qu'a fait le sieur Redeker.

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5. Toutes ces questions ont une dimension internationale et même mondiale.

Le MRAP, via ses recherches et son militantisme sur l'immigration et les migrants, a toujours eu une dimension internationale notamment nord-sud, une dimension européenne. Désormais peu de domaines échappent à la mondialisation des phénomènes. L'accroche altermondialiste ne saurait n'être qu'un supplément d'âme du mouvement antiraciste. Accentuer nos références à l'altermondialisme serait donc un premier pas positif mais insuffisant. Notre absence lors des forum sociaux régionaux ou mondiaux est dommageable.

Concernant l'aspect international de l'affaire des caricatures sur Mahomet, ces dernières ont provoqué la réaction violente des secteurs intégristes des pays musulmans du Sud et de certaines communautés au Nord. Face à cette montée de violence des extrémistes qui instrumentalisent le sacré de la religion la défense de la liberté d'expression a connu ici un regain d'expression. Défendre la liberté d'expression ne signifie pas absence de combat sur le contenu et encore moins justifier ce contenu. L'affaire Redeker en est la preuve. L'aspect international est évoqué au regard des solidarités à envisager. Qu'en est-il donc des positions chez les musulmans laïques ? Certains ont défendu la liberté d'expression tout en dénonçant un amalgame qui stigmatise tous les musulmans et qui du coup fait le jeu des intégristes. D'autres soucieux de liberté et combattant ordinairement l'intolérance religieuse ont mis en avant le racisme des caricatures et le racisme de son contexte.

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6. Le fondamentalisme et l'intégrisme : L'emploi de ces notions font problème. Faut-il alors maintenir une longue dispute sur les définitions ? Les échanges entre certains protagonistes n'ont pas été inutiles mais n'ont pas débouché sur un accord. Faut-il alors en conclure que la division du MRAP est inéluctable sur cette question ? Non, pas en tout point. Lorsque des institutions religieuses musulmanes ou juives veulent imposer dans leurs sociétés ou dans certains quartiers l'intolérance, l'apologie d'ordres sociaux fondés sur l'asservissement des uns par les autres, discriminations sexistes, elles ne peuvent que rencontrer l'opposition la plus irréductible de ceux et celles attachés à l'émancipation humaine. Cela ne devrait pas poser de divergences ici. Mais la manifestation de cette opposition irréductible n'a de sens politique que si elle est compréhensible et susceptible de contribuer concrètement à un mouvement social capable de mettre en cause les errements dénoncés. C'est pourquoi, en la matière, un principe d'action devrait nous guider : pas de dénonciation de l'essence de la religion, mais mise en cause systématique de toute atteinte aux droits démocratiques à caractère universel. Cela impose une pré condition : ne pas mêler notre voix aux crocodiles qui déversent des larmes sur ces malheurs tout en étant complaisants sur les crimes de l'impérialisme.

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7. Le Hamas et le FIS : points communs et différences. Le Hamas est une organisation islamiste dont le programme – la charte – ne peut que rencontrer notre sévère critique. Malgré ce jugement négatif sur ce programme, on ne saurait oublier que le Hamas réel nous est moins connu mais aussi qu'il est une organisation enracinée dans la résistance du peuple contre l'occupation israélienne de type sioniste-coloniale. Et nous ne pouvons rester neutres ou silencieux devant les mesures récentes du gouvernement israélien refusant, en tout cas pour aujourd'hui, de reconnaître un gouvernement sans lequel participerait le Hamas. Il n'y a d'ailleurs pas au MRAP de texte qui justifie l'affirmation selon laquelle il y aurait eu bienveillance devant l'arrivée du Hamas : les positions écrites votées par le dernier CA sont cohérentes avec les positions du collectif " Palestine " dont font partie LCR, LDH , PC, etc...

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Ce même critère de place dans les rapports sociaux devrait conduire à formuler une tout autre appréciation sur l'organisation islamiste du FIS en Algérie qui a certes pu capter l'espoir d'opprimés mais qui est tout orienté contre les courants réellement existant se revendiquant d'un avenir d'émancipation. C'est bien l'appréciation politique sur le rôle concret de telle organisation politique ou religieuse qui doit nous guider (JCV).

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III - Sur quels points pouvons-nous collaborer et travailler ensemble ?

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1 La lutte contre le CESEDA de SARKOZY mais aussi proposer un programme alternatif aux dispositions restrictives antérieures du CESEDA (cf. exposé à l'université d'été d'attac 2006)

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2 Lutter contre le « tout sécuritaire » hard ou soft (de droite ou de gauche).

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3 Lutter contre l'égalité des chances pour l'égalité des droits et des conditions

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4 Réfléchir à un dispositif progressiste d'intégration et d'insertion économique et social des immigrés (cf. texte débat à Clamart).

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5 Proposer la citoyenneté de résidence.

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6 Lutter contre l'apologie du colonialisme (dans les textes -loi du 23 février 2005) et dans les faits DOM-TOM), de l‘impérialisme là-bas (pays ACP) (cf mon texte : fait colonial/fait impérial : les trois France).

Promouvoir l'amitié entre les peuples, ce qui doit aujourd'hui passer par un ancrage fort à l'altermondialisme.

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