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Altermondialiste : Refus : Ni classisme, ni sexisme, ni racisme - Pour : le social, l'écologique, le démocratique

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SE REAPPROPRIER LA MONNAIE : DE LA BCE A LA BANQUE DU SUD.

SE REAPPROPRIER LA MONNAIE :
DE LA BCE A LA BANQUE DU SUD.
 
L'idée d'un service public de la monnaie (1) semble assuré dans le mouvement altermondialiste mais c'est le cadre territorial qui fait débat.La création récente d'une banque publique pour l'amérique latine (2) relance l'idée d'articuler reprise en main para étatique et espace d'intervention élargie des mécanismes de régulation.
 
1- ATTAC Suisse: "Faut-il réformer les banques centrales pour lutter contre le chômage ?" (Réformes qui iraient à l'encontre des préceptes monétaristes.)
 
 
 
I- LE DEBAT SUR LES MODALITES DU "SORTIR DU FEODALISME MONETAIRE"
 
- Dépasser la vision classique en conservant ce qui est pertinent...
Pour "sortir du féodalisme monétaire", pour en finir avec les crises financières et bancaires, les faillites et le chômage... il importe que ce soit l'Etat qui crée la monnaie et non les banques privées. C'est un principe qui avait toute sa pertinence en 1992 lorsque "les Européens ont abandonné (le 7 février 1992), le droit "régalien" de l'État de création monétaire, au profit des seules banques". La revendication était encore juste en 1993 quand "l'article 104 du Traité de Maastricht, transposé en France dans la loi du 4 août 1993, a interdit aux Banques centrales d'autoriser des découverts, d'accorder tout type de crédit au Trésor public et à tout autre organisme ou entreprise publique.Et que "parallèlement, les banques peuvent quasiment allouer autant de crédits qu'elles le souhaitent (que demandé) en créant, à cette occasion, la monnaie sur laquelle elles feront payer des intérêts".
 
Cf. Bellaciao 1 fevrier 2008 : Ce n'est pas aux banques de créer la monnaie
 
- ...en l'articulant avec les institutions des espaces continentaux et mondial.
 
Le problème est que depuis 2005 les peuples européens ne veulent pas revenir à 1993. L'euro est la monnaie des européens. Mais les européens ne veulent pas pour autant de l'Europe oligarchique et libérale. Si ces deux éléments de la situation sont admis alors l'enjeu est de construire une Europe démocratique, sociale et solidaire disposant d'institutions para-étatiques de régulation . Mais ilne s'agit pas d'une régulation du coeur capitaliste visant à l'adoucir ou l'humaniser en laissant sa logique d'accumulation et de production de valeur intact . Non il sagit d'une autre régulation radicalement différente . Pour le dire plus nettement il faut aller vers les Etats unis socialiste d'Europe même si la formule laisse encore des zones d'ombre. Tout cela ne se fera pas sans passer par une crise révolutionnaire en Europe.
 
II - ARTICULER SERVICES PUBLICS ETATIQUES BANCAIRES ET AUTORITE CONTINENTALE PUBLIQUE DE CREATION DE LA MONNAIE (BCE et Banque du sud)
 
Au niveau européen il n'y a pas encore à proprement parler d'Etat c'est donc une autorité publique fonctionnant comme un service public de la monnaie et du financement qui doit assumer la mission publique de création monétaire. Pour autant au niveau de chaque Etat européen une reprise en main de chaque secteur bancaire privatisé est possible à commencer par la modification des fonctions et missions du Trésor. Une articulation complexe de services publics étatiques bancaires et d'autorité européenne publique de création monétaire est à construire.
 
- Retour sur la nature de la monnaie : la démarchandiser et en faire un bien commun.
 
Pour le salarié public ou privé, l'argent - la monnaie - n'est qu'un simple moyen de paiement pour l'achat d'un bien ou d'un service . Du coup la distinction qui lui sera importante résidera dans le caractère marchand ou non marchand du bien ou du service produit. Puisque derrière le marché il y a la logique de profit des entreprises privées il sera porté - outre la revendication de l'augmentation des salaires d'une part à réduire la place du marché et de l'appropriation privée et d'autre part à souhaiter l'extension des services publics et entreprises publiques.

Mais la monnaie est bien plus qu'un simple instrument dans l'échange marchand.

1) Pour ceux qui peuvent transformer l'argent en capital - le capitaliste donc - il a des vertus que non capitaliste ne voit pas . C'est ce que Marx a appelé le fétichisme de largent comme survalorisation symbolique qui masque les rapports sociaux derrière l'échange marchand.

2) Au-delà pour la reproduction du système capitaliste, pour son financement ou pour l'accumulation du capital la monnaie doit être une création permanente ce qui pose problème .

Jean-Marie HARRIBEY insiste sur le fait que la monnaie qui n'est pas une chose sans histoire mais bien une construction sociale au service de l'accumulation privé.

Alain VIDAL précise "Longtemps, la monnaie fut gratuite, au service de tous, ce fut une formidable invention pour faciliter et pacifier les échanges (payer, de « pacare »... faire la paix). Mais elle fut transformée en marchandise par les banquiers modernes. Le poids des intérêts cause une pénurie artificielle d'argent générant la misère. Les intérêts dépassent d'infiniment loin, les dépenses de fonctionnement des banques".

Dans de nombreux pays la non possession de monnaie signifie non accès à la nourriture et donc à la vie et pour ceux qui vivent sans cette angoisse quotidienne posséder suffisamment "d'argent" est nécessaire pour se loger convenablement que ce soit comme propriétaire ou comme locataire.

Mais c'est sous un autre angle que se pose le problème de l'appropriation privée de la monnaie. On l'a vu en 2005 au moment du rejet du TCUE, et la question réapparait avec le traité de Lisbonne, l'indépendance de la BCE correspond à une quasi privatisation puisque le bien public monnaie est mis au service quasi exclusif de l'accumulation privée. La BCE n'est pas véritablement une institution en capacité de mener des politiques publiques au service des peuples d'Europe. C'est le moins qu'on puisse dire !

- L'exemple de la création de la banque du sud à Buenos Aires en Amérique latine

Elle montre qu'une alternative est pensable pour financer à l'échelle continentale un alterdeveloppement harmonieux qui soit à l'opposé du développement inégal et combiné constitutif de la logique d'expension du capital. En effet; cette banque doit être le premier pas vers la création d'une monnaie propre à l'Amérique du Sud. L'organisme suprême de décision de la Banque du Sud sera un Conseil d'administration composé des ministres des Finances et de l'Economie.

Voir le site ATTAC Suisse et le document en cliquant sur le lien


La Banque du Sud est née à Buenos Aires






http://www.suisse.attac.org/La-Banque-du-Sud-est-nee-a-Buenos

 

Christian DELARUE










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