I- LE DEBAT SUR LES MODALITES DU "SORTIR DU
FEODALISME MONETAIRE"
- Dépasser la vision classique en conservant ce qui est pertinent...
Pour "sortir du féodalisme monétaire", pour en
finir avec les crises financières et bancaires, les faillites et le chômage... il
importe que ce soit l'Etat qui crée la monnaie et non les banques privées. C'est
un principe qui avait toute sa pertinence en 1992 lorsque "les Européens ont abandonné (le
7 février 1992), le droit "régalien" de l'État de création monétaire, au profit
des seules banques". La revendication était encore juste en 1993
quand "l'article 104 du Traité de Maastricht, transposé en France dans la loi du
4 août 1993, a interdit aux Banques centrales d'autoriser des découverts,
d'accorder tout type de crédit au Trésor public et à tout autre organisme ou
entreprise publique.Et que "parallèlement, les banques peuvent quasiment allouer
autant de crédits qu'elles le souhaitent (que demandé) en créant, à cette
occasion, la monnaie sur laquelle elles feront payer des
intérêts".
Cf. Bellaciao 1
fevrier 2008 : Ce n'est pas aux banques de créer la monnaie
- ...en l'articulant avec les institutions des espaces continentaux et mondial.
Le problème est que depuis 2005 les peuples européens ne veulent pas
revenir à 1993. L'euro est la monnaie des européens. Mais les européens ne
veulent pas pour autant de l'Europe oligarchique et libérale. Si ces deux
éléments de la situation sont admis alors l'enjeu est de construire une Europe
démocratique, sociale et solidaire disposant d'institutions para-étatiques de
régulation . Mais ilne s'agit pas d'une régulation du coeur capitaliste visant à
l'adoucir ou l'humaniser en laissant sa logique d'accumulation et de production
de valeur intact . Non il sagit d'une autre régulation radicalement différente .
Pour le dire plus nettement il faut aller vers les Etats unis socialiste
d'Europe même si la formule laisse encore des zones d'ombre. Tout cela ne se
fera pas sans passer par une crise révolutionnaire en Europe.
II - ARTICULER SERVICES PUBLICS ETATIQUES
BANCAIRES ET AUTORITE CONTINENTALE PUBLIQUE DE CREATION DE LA MONNAIE (BCE et Banque du sud)
Au niveau européen il n'y a pas encore à proprement
parler d'Etat c'est donc une autorité publique fonctionnant comme un service
public de la monnaie et du financement qui doit assumer la mission publique de
création monétaire. Pour autant au niveau de chaque Etat européen une reprise en
main de chaque secteur bancaire privatisé est possible à commencer par la modification des fonctions et missions du Trésor.
Une articulation complexe de services publics étatiques bancaires et d'autorité
européenne publique de création monétaire est à construire.
- Retour sur la nature de la monnaie
: la démarchandiser et en faire un bien commun.
Pour le salarié public ou privé,
l'argent - la monnaie - n'est qu'un simple moyen de paiement pour l'achat d'un
bien ou d'un service . Du coup la distinction qui lui sera importante résidera
dans le caractère marchand ou non marchand du bien ou du service produit.
Puisque derrière le marché il y a la logique de profit des entreprises privées
il sera porté - outre la revendication de l'augmentation des salaires d'une part
à réduire la place du marché et de l'appropriation privée et d'autre part à
souhaiter l'extension des services publics et entreprises
publiques.
Mais la monnaie est bien plus qu'un simple
instrument dans l'échange marchand.
1) Pour ceux qui peuvent transformer
l'argent en capital - le capitaliste donc - il a des vertus que non capitaliste
ne voit pas . C'est ce que Marx a appelé le fétichisme de largent comme
survalorisation symbolique qui masque les rapports sociaux derrière l'échange
marchand.
2) Au-delà pour la reproduction du système capitaliste, pour son
financement ou pour l'accumulation du capital la monnaie doit être une création
permanente ce qui pose problème .
Jean-Marie HARRIBEY insiste sur le fait que la
monnaie qui n'est pas une chose sans histoire mais bien une construction sociale au service de l'accumulation privé.
Alain VIDAL précise "Longtemps, la
monnaie fut gratuite, au service de tous, ce fut une formidable invention pour
faciliter et pacifier les échanges (payer, de « pacare »... faire la paix). Mais
elle fut transformée en marchandise par les banquiers modernes. Le poids des
intérêts cause une pénurie artificielle d'argent générant la misère. Les
intérêts dépassent d'infiniment loin, les dépenses de fonctionnement des
banques".
Dans de
nombreux pays la non possession de monnaie signifie non accès à la nourriture et
donc à la vie et pour ceux qui vivent sans cette angoisse quotidienne posséder
suffisamment "d'argent" est nécessaire pour se loger convenablement que ce soit
comme propriétaire ou comme locataire.
Mais c'est sous un autre angle que se
pose le problème de l'appropriation privée de la monnaie. On l'a vu en 2005 au
moment du rejet du TCUE, et la question réapparait avec le traité de Lisbonne,
l'indépendance de la BCE correspond à une quasi privatisation puisque le bien
public monnaie est mis au service quasi exclusif de l'accumulation privée. La
BCE n'est pas véritablement une institution en capacité de mener des politiques
publiques au service des peuples d'Europe. C'est le moins qu'on puisse dire !
- L'exemple de la création de la banque du
sud à Buenos Aires en Amérique latine
Elle montre qu'une alternative est pensable pour financer à l'échelle
continentale un alterdeveloppement harmonieux qui soit à
l'opposé du développement inégal et combiné constitutif de la logique
d'expension du capital. En effet; cette banque doit être le premier pas vers la création d'une monnaie propre à l'Amérique du Sud. L'organisme suprême de décision de la Banque du Sud sera un Conseil
d'administration composé des ministres des Finances et de l'Economie.
Voir le site ATTAC Suisse et le document en cliquant sur le lien
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La Banque du Sud est née à Buenos
Aires |
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http://www.suisse.attac.org/La-Banque-du-Sud-est-nee-a-Buenos
Christian DELARUE