• La généralisation des services publics nationaux pour un autre développement sur la planète.


    En guise d'introduction : Du mondial au local et retour:
    *Contre le "mal développement" ou le « développement inégal et combiné » du capitalisme
    :*

    "Tous les pays ne se sont pas développés au même rythme, et ne sont pas devenus capitalistes en même temps. Les premiers pays capitalistes (Angleterre, France) ont développé un besoin vital d'expansion : besoin d'envahir de nouveaux pays, pour y introduire le capitalisme, profiter des matières premières et de la main d'œuvre, et pour y écouler leurs marchandises. C'est le stade impérialiste du capitalisme.

    Mais ce que Trotsky a découvert, c'est que les pays « retardataires » ne suivent pas, en accéléré, le même chemin que les premiers pays capitalistes : développement de l'économie de marché, de la démocratie bourgeoise...(comme l'argumentaient les courants social-démocrate et stalinien). Comme le développement capitaliste de ces pays s'effectue sous pression étrangère, cela perturbe profondément les structures économiques, sociales et politiques du pays. Et le résultat est une combinaison (instable et explosive) entre les maux de la vieille société et l'exploitation capitaliste".

    Le « cauchemar de Darwin » comme exemple local:

    "Dans la Tanzanie actuelle décrite par Le cauchemar de Darwin, l'introduction d'une industrie de filets de poissons a complètement détruit l'ancien commerce et l'ancienne société, sans les remplacer par une société bourgeoise démocratique. Cela a créé une classe ouvrière surexploitée dans des usines de conditionnement de poisson, à côté des couches sociales issues de la société traditionnelle (pécheurs, marchands...)"

    La question écologique ne saurait y être omise

    Un cheval de Troie dans l'écologie de Marx - Daniel TANURO

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article306

    Vers un néosocialisme vert : Etendre le marché ou le circonscrire ? - C Delarue

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article354

    Contre l'appropriation privée et la marchandisation du monde il importe de généraliser l'appropriation publique et les services publics.

    I - Propriété publique et sociale et démarchandisation.: les fondamentaux

    Sur le sujet, on ne peut faire l'économie des maîtres de la théorie. J'en choisi deux mais il y en a d'autres.

    A) Service public, entreprises publiques et appropriation sociale - Y Salesse
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article29

    B) Une économie politique de la démarchandisation
    Réexamen du travail productif pour théoriser la démarchandisation - Eléments pour une économie politique de l'altermondialisme - Jean-Marie Harribey
    voir aussi : Le travail productif dans les services non marchands et l'impôt

    http://www.france.attac.org/spip.php?article7995

    Lire aussi sur ce thème Stéphanie TREILLET (voir sur internet)


    II - Le service public, ce n'est pas le solidarisme ni le coopérativisme

    A) Réorienter les services publics pour satisfaire les besoins populaires dans les quartiers délaissées et les campagnes
    C Delarue
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article159

    B) Anti-étatisme radical et coopérativisme béat

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article61325

    C) L'altermondialisme n'est pas soluble dans le néosolidarisme.

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article145

    et Misère du solidarisme et du néosolidarisme - JJ Lakrival

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article320


    III - Théorie appliquée à la question des territoires .

    Pour la mise en oeuvre de la logique d'appropriation publique et de service public la cadre national n'est pas contradictoire avec le cadre européen. Une extension des principes est envisageable au niveau mondial.

    A) Que faut-il nationaliser ? - C Delarue

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article335

    B) Pour une dynamique de service public en Europe ! - C Delarue

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article191

    C) Se battre pour l'universalisation des critères de service public - C Delarue

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article370

    Pour conclure :


    REPRENDRE L'OFFENSIVE CONTRE LE NEOLIBERALISME - C Delarue
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article356

    votre commentaire
  •  Les "drogués du pétrole" veulent se soigner mais avec une politique énergétique de classe ! 

    Préférons Vincent GAY plutôt que Yves COCHET

    amitie entre les peuples.org

    Que propose Monsieur Yves COCHET face à l'épuisement des stocks et à la montée des prix carburants : se serrer la ceinture ! Est-ce bien là le rôle d'un homme politique écologiste de gauche ? Je ne crois pas . Monsieur COCHET n'est peut-être pas "à gauche" puisqu'il a défendu, si je ne me trompe, que l'écologie relevait d'un paradigme nouveau, ni de droite ni de gauche. Malgré cela j'ai lontemps prêté à Monsieur COCHET des préoccupations sociales suffisantes pour le classer à gauche, une gauche social-démocrate écologiste. Sa position en faveur du TCE a démontré qu'il s'agissait en fait d'un social-libéralisme écologique . A lire son dernier article "La fin du monde tel que nous le connaissons" (1) je ne vois absolument plus rien de social ou de gauche !

    N' y a-t-il pas des sujets ou le clivage droite-gauche n'est pas pertinent ? N'est-ce pas le cas quand des écologistes comme Yves COCHET ou Fabrice FLIPPO ne ménagent pas leur énergie pour démontrer, empreinte écologique à l'appui, que nous allons à grande vitesse dans le mur. Et même, que nous y sommes déjà ! Voici l'extrait en cause concernant le pétrole : "La hausse actuelle du cours des hydrocarbures n'est pas un simple choc pétrolier - comme ceux que nous avons affrontés en 1973 et 1979 - c'est la fin du monde tel que nous le connaissons..../...Cette situation n'est pas « la fin du pétrole » ou « la fin des énergies fossiles », c'est la fin de l'énergie bon marché et, conséquemment, la fin du monde tel que nous le connaissons, c'est-à-dire, avant quinze ans, la fin de la croissance économique, la fin du capitalisme, la fin de l'Union européenne, la fin de l'aviation commerciale de masse, la fin de la grande distribution... Les transitions énergétiques des siècles passés - du bois au charbon, du charbon au pétrole - étaient graduelles et adaptatives, le pic de Hubbert sera brusque et révolutionnaire. La fin du pétrole bon marché est la plus grande épreuve qu'ait jamais affrontée l'humanité (c'est LE problème). Afin d'en repousser un peu la date et d'en réduire un peu les effets désastreux, la seule conduite possible est l'apprentissage de la sobriété (c'est LA solution)." Est-ce cette urgence et cette fin apocalyptique qui fait oublier de hiérarchiser les causes de la situation écologique très dégradée dans laquelle nous sommes ?

    Mettre la politique au poste de commande est essentiel pour qui veut mener une politique de classe. Et il y a toujours une option de classe à prendre !

    Pourquoi Yves COCHET ne propose-t-il pas comme Vincent GAY,(2) spécialiste comme lui de ces questions écologiques, de nationaliser Total ? A tout le moins une telle proposition, dont on sait qu'elle ne saurait suffire, mérite débat, d'autant que cela n'enlève rien à la nécessité de se "désintoxiquer de l'usage addictif du pétrole". Le prix élevé à la pompe va aider les salariés ordinaires à prendre des vacances proches de chez lui.  Les vacances lointaines vont apparaître bientôt comme le snobisme des couches aisées . Mais tout cela ne forme pas une politique active . Sauf à considérer que l'appauvrissement de la population fait bien les choses pour régler la question climatique . Comme je ne prête pas pareille solution à Monsieur Cochet alors il importe au plus vite qu'il mette en avant une politique de classe en matière énergétique . Je précise que ceux d'en bas ne se résume pas aux ouvriers et employés de bureau mais qu'il faut y ajouter les techniciens et cadres intermédiaires qui eux aussi se rapprochent du salaire médian.

    Ne faut-il pas débattre de l'ensemble des moyens qui visent à réorienter la politique énergétique et celle des transports. Y figurent une réglementation stricte et une fiscalité adapté, le tout portant sur un objet non fuyant, maîtrisable par les politiques . C'est ici que l'appropriation publique intervient . La critique d'EDF pour la filière électrique n'invalide pas l'appropriation publique mais plutôt les politiques libérales qui ont marchandisé ce service esentiel en détruisant sa politique tarifaire. Dans la note d'ATTAC France (cf. lien 3) Jacques COSSART remarque que "parmi les six premières compagnies au monde, trois sont publiques, la société pétrolière d'Arabie Saoudite (1 ère ), du Venezuela (3 e ) et d'Iran (4 e )". Un tel statut n'offre pas d'emblée et automatiquement des résultats positifs en matière sociale et écologique. C'est là un point assuré. Tout dépend de l'action des politiques puisque la nationalisation vise à mettre les autorités publiques au poste de commande alors que les privatisations opère un abandon à la loi invisible du marché qui n'est pas neutre puisqu'elle sert le capital propriétaire .

    Christian DELARUE
    Militant altermondialiste - ATTAC France

    notes:

    1 - Yves Cochet : La fin du monde tel que nous le connaissons. Chronique parue sur le site Actu-Environnement (29 mai 2008)
    http://www.yvescochet.net/wordpress/?cat=7

    2 - Vincent GAY : Total défend l'environnement

    http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=8320

    Pour une écologie anticapitaliste

    Face à l'ampleur de la crise environnementale, il est nécessaire de développer une politique radicalement écologiste. Pour être efficace, celle-ci ne peut qu'être anticapitaliste.

    http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=8238


    3 - Jacques COSSART : Éléments statistiques relatifs à la production et consommation d'énergie dans le monde - Attac France
    http://www.france.attac.org/spip.php?article7335


    votre commentaire

  • Pour que le monde de Monsanto ne devienne jamais le nôtre !

    http://www.combat-monsanto.org/


    votre commentaire
  • FROMM, MARCUSE ET LES DECROISSANTS.
     


    Nombre de « décroissants » mettent surtout l'accent sur la dimension individuelle et même psychologique de la décroissance. Nombreux sont les "non religieux" de la décroissance qui ne sont pas pour autant des adeptes de la croissance "à tout prix" et qui notemment pensent qu'un certain type de production marchande doit décroître fortement alors que parallèlement certaines productions utiles doivent nécessairement perdurer et même augmenter notamment dans les pays du Sud et même au Nord (comme le logement par exemple) notamment en passant dans un cadre non marchand et non capitaliste. Mais je n'entre pas ici dans ces problèmes abordés ailleurs.

    Disons que quoique l'on pense de la décroissance il n'est pas sans intérêt d'examiner "les obstacles psychologiques à la décroissance". Mais d'emblée on entre sur un pente dangereuse. Celle qui fait état d'un certain nombre de traits de personnalité que l'on trouve quasiment chez chacun de nous, de nous vivant dans les "sociétés de marchés". Ces traits ne sont donc pas présents chez tous les êtres humains à travers les siècles et dans toutes les contrées ou alors avec des modalités ou des formes très différentes. Ce qui devrait inciter à porter le regard du côté des facteurs sociaux ou systèmiques productifs de ces traits de personnalité. Mais si l'on maintien le regard du côté de l'individu, ce qui importe alors c'est l'importance de ces traits, autrement dit l'intensité ou la fréquence d'emploi de ces mécanismes jugés "nuisibles" .Il est temps que je les cite : "la compensation, la possessivité, l'attachement à l'avoir, l'attachement narcissique au look... " On voit ou mène la pente individualisante et psychologisante : elle stigmatise et culpabilise. Or l'altermondialisme n'a pas vocation à culpabiliser les individus "croissants" et encore moins à redresser les comportements nuisibles. On pourrait répondre que ce sont les excès qui sont à la fois inadaptés psychologiquement, non vertueux moralement et socialement contraires à la décroissance. Ainsi, un narcissisme modéré prenant appui sur des activités réalisées ne serait pas en cause. Mais ou se situe la limite pour le décroissant militant.

    La question articulant l'individuel et le social pourrait être : qu'est ce qui pousse les individus contemporains à ces abus. On trouvera pour y répondre mais sans cependant se dégager d'une approche par trop psychologisante et individualiste une alliance de FROMM et de MARCUSE, le second accusant plus les mécanismes sociaux que le premier. Mais le retour contemporain de MARCUSE est réduit à la critique de la publicité aliénante. FROMM quant à lui, psychanalyste, est analyste de la personnalité narcissique notamment dans "Le coeur de l'homme" mais aussi dans "Avoir ou être", critique de la personnalité possessive et captative. FROMM se réclame de Freud, Spinoza et Marx mais chez FROMM la perspective de transformation collective des structures économico-sociales n'est guère abordée.

    De ce fait on retient de lui l'usage de catégorie de pensée qui sont très générale et non dialectique ce qui conduit certains décroissants à parler de « l'attachement à l'avoir plutôt qu'à l'être, à l'argent plutôt qu'au temps libre". Ce qui les conduit aussi a des remarques de portée réduite sur : " l'attachement à la consommation (sic) et la difficulté d'apprendre à se détacher, à posséder, à se sécuriser". La réhabilitation d'Epicure ( vu à tort comme un hédoniste) dans diverses revues dont Philosophies participe aussi de cette tendance à l'éducation la vie monacale.

    Jean-Marie BROHM
    semble plus pertinent puisqu'il s'est attaqué lui, en prolongeant MARCUSE, au culte du quantitatif et de la mesure de tout en critiquant la logique de performance tant dans l'entreprise que dans le sport. Il s'est employé avec d'autres à étudier "la psychologie de masse du facisme " et donc les "phénomènes sociaux de masse: les rapports entre la sexualité (fantasmes) et la politique (domination), le destin des pulsions (Éros et Thanatos) et les formations idéologiques (mécanismes de défense), les manifestations de foule et les investissements de la libido; l'élaboration des mythologies politiques ou des visions du monde et l'économie désirante, les diverses techniques de manipulation des émotions de masse par la propagande, mais aussi les formes conscientes ou inconscientes des identifications collectives à des figures charismatiques autoritaires (Duce, Führer, Caudillo... ), les préjugés réactionnaires (racistes) et les mentalités autoritaires ainsi que les processus pervers d'érotisation du pouvoir. Ce vaste champ de la psychosociologie psychanalytique a été particulièrement investi par deux courants majeurs des sciences sociales, tous deux plus ou moins liés au mouvement ouvrier européen et à la lutte antifasciste internationale: le freudo‑marxisme1 et l'École de Francfort2.

    Pareille analyse pousse déjà plus en effet à examiner les déterminants politiques et sociaux-economiques pour les transformer. Il est crucial de lever le voile sur les effets de structures qui pèsent lourdement sur les comportements, d'autant que ne sont pas toujours distingués (sous le terme d'individu) les politiques, les entrepreneurs et les consommateurs et les logiques marchandes et capitalistes qui sont à laracine des contradictions sociales..

    Christian DELARUE

    J M BROHM Sur la psychologie de masse du fascisme


    <o:p> </o:p>


    votre commentaire
  •      
     
     

    L'écosocialisme, ATTAC, les syndicats et l'écologie

    L'écosocialisme, ATTAC, les syndicats et l'écologie

    Il y a une erreur dans le titre, car si les syndicats ont pu parler du socialisme il y a encore une dizaine d'annèes ils ne le font plus. Tout au plus évoquent-t-ils la transformation sociale ; mais ils le font désormais en y inscrivant de plus en plus les objectifs du développement duarable (DD) . Quand à ATTAC, il articule certes plus aisément le social, l'économie et l'environnement mais il parle plus d'alterdéveloppement ou, de façon moins ambitieuse, d'altercroissance mais pas d'écosocialisme. En tout cas quand le terme est évoqué, il n'est pas défini . Pourtant l'alternative systèmique semble être dénommée par l'écosocialisme que pas l'alterdéveloppement.

    1. - LA CONVERGENCE DES ACTEURS...

    ATTAC et les syndicats de salariés s'opposent traditionnellement aux attaques du patronat et du gouvernement qui frappent les salarié(e)s, tant dans le travail que dans le hors travail . Ce mouvement altermondialiste dans sa diversité porte des revendications défensives mais aussi offensives et qui dessinent ici ou là des alternatives et parfois, par convergence pratique et théorique, une réelle alternative globale montrant qu'un autre monde est possible .

    Ce qui est nouveau, dans le syndicalisme des ouvriers, employés et techniciens tant public que privé, c'est que de plus en plus la dimension écologique est prise en compte, et ce via la problèmatique du développement durable (2) . La dégradation de la nature a engendré cette évolution . C'est un fait majeur qui répond aux impasses du passé . Une prise de conscience se généralise : Le capital ne s'attaque pas frontalement qu'aux conditions de travail du prolétariat . Il aggrave aussi "la pollution, l'effet de serre, la dégradation de la biodiversité et l'épuisement à brève échéance des ressources de la planète après avoir été accaparées notamment par les multinationales qui misent maintenant sur l'appropriation du vivant et des connaissances"(1). Et cela n'est pas sans rapport avec ce qui se fait dans l'entreprise et avec ce qui pourrait ce faire dans les services publics fonctionnant sous logique de service publique donc en opposition à la logique marchande.

    Le capitalisme ignore tout ce qui n'est pas susceptible de rapporter profit - voire tire son profit de ces dégradations . Et c'est par contrepoint nécéssaire que le mouvement altermondialiste et ses diverses composantes s'attèle à remette en cause le modèle de développement dominant et à promouvoir un alterdéveloppement répondant aux besoins sociaux , aux besoins de l'immense majorité de la population mondiale . La question de la bioshère qui planait au-dessus des classes sociales et des rapports sociaux s'y voit insérée par cette convergence netre le secteur associatif écologiste et le mouvement "ouvrier" ouvert à l'alterdéveloppement.

    2. - ... ET UNE REPONSE A UNE IMPASSE THEORIQUE

    D'aucuns estiment que les syndicats sont toujours en retard dans la prise en compte du DD . Et quand ils le font les préconisations sont modérées . Ce "retard' se comble en même temps que se règle la réponse à une impasse théorique avec " le débat qui est apparu pour savoir si la transformation sociale ne devait pas céder le pas à la transformation du rapport à la nature. En d'autres termes, le paradigme de l'émancipation sociale porté depuis deux siècles par le mouvement ouvrier n'aurait-il pas épuisé sa dynamique et ne devrait-il pas s'effacer devant un nouveau paradigme prenant en compte avant tout l'avenir de la planète ?"

    Jean-Marie HARRIBEY et d'autres ont chercher "à montrer que la transformation des rapports sociaux doit inclure la modification du rapport à la nature mais que l'établissement d'une hiérarchie qui placerait au sommet le respect de la nature indépendamment de ses conditions sociales d'utilisation conduirait dans une impasse théorique (la naturalisation des conditions de la production des moyens d'existence) et dans une impasse politique (l'impossibilité de faire se rejoindre les multiples fronts de lutte contre le capitalisme néo-libéral)".

    Le prolétariat est toujours là ! Rien ne permet d'accréditer l'idée que, sociologiquement, le prolétariat (c'est-à-dire les salariés vendeurs de leur force de travail) soit en régression à l'échelle mondiale. C'est une thèse avancée depuis pratiquement la naissance du prolétariat par la sociologie bien-pensante et qui est démentie par les statistiques mais surtout par l'homogénisation des conditions d'exploitation et de domination des deux fractions numériquement les plus importantes du salariat, à savoir les ouvriers et les employés, représentant 60% de la population active d'un pays comme la France qui fait partie des pays développés dans lesquels il est souvent dit que les anciens clivages de classes ont disparu. Le fait que les représentations (autrefois, on disait la « conscience de classe »...) se soient brouillées ne suffit pas à dissoudre la réalité matérielle. Si l'on regarde le monde entier, le salariat s'étend en même temps que le capitalisme. Il paraît alors difficile de théoriser la substitution d' « un mouvement non classiste » à un mouvement de classe. L'enracinement des luttes d'émancipation ne se situe toujours dans les rapports sociaux de production .Qu'il y ait un salariat "productiviste" ne saurait être un argument pertinent pour effacer les rapports de classe et le système capitaliste au profit d'un écologisme "humain" ou "social-libéral".

    Réintroduire le "productivisme" dans le capitalisme : Le capitalisme ne peut être réduit à du productivisme . Il n'y a pas de compréhension possible de l'accumulation financière sans théorie de la plus-value, pas de compréhension de la mondialisation sans théorie de la marchandise, et, au final pour notre projet, pas de nouvelle conception de la richesse ni d'extension de la sphère non marchande sans théorie mettant en relation travail et valeur. Le productivisme, c'est produire pour le profit sans fin d'une classe, la bourgeoisie privée qui accumule du capital, ou bien, comme en URSS, pour celui d'une classe bureaucratique qui concentre le pouvoir.

    Richesse et biens naturels : Les biens naturels sont de la richesse et n'ont pourtant pas de valeur économique intrinsèque, contrairement à ce qu'affirment les économistes néo-classiques. Ce point découle de la même distinction précédente. La nature fournit de la richesse et est improductive en elle-même de valeur pour le capital ; lorsqu'elle est appropriée, elle peut être exploitée par le biais d'un travail productif de valeur.

    Richesse et services publics : L'avenir des services publics est de fonctionner hors logique marchande, pour la production de valeur d'usage qui ne soit pas valeur d'échange. La perspective écosocialiste est là, dans la sortie de la soumission au capital . Car les services non marchands sont de la richesse sans valeur pour le capital. Donc le travail qui en est à l'origine est productif de richesses mais improductif de valeur pour le capital. Insupportable pour lui ! Exemple : Les travaux domestiques sont productifs de richesse sans valeur marchande ni monétaire. La reproduction de la force de travail n'est pas, dans le cadre domestique, productrice en elle-même de valeur pour le capital.

    Et parler d'économie, de rapports sociaux, pire, de rapports sociaux de production, ne condamne pas à rester dans l'univers utilitariste ou économiciste. Cest ce que démontre Jean-Marie HARRIBEY dans l'article ci-dessous dont j'ai tiré les idées essentielles.

    Christian DELARUE ATTAC Rennes

    1- citations de Jean-Marie HARRIBEY in "Rapports sociaux et écologie : hiérarchie ou dialectique?"

    http://netx.u-paris10.fr/actuelmarx/m4harriecolo.htm

    2 - voir sur Bellaciao récemment "DEVELOPPEMENT DURABLE (DD) : GOUVERNANCE OU CONVERGENCE DES ACTEURS SYNDICAUX ET ASSOCIATIFS " Intervention de fin de stage universitaires/syndicalistes - ISSTO Rennes Nov. 2005 par Christian DELARUE snadgi-cgt35 et ATTAC


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique