• AU-DELA DE LA PEUR, LA RAISON SOLIDAIRE DE LIBERATION.
     

     

    La « Raison solidaire » est l’objet du livre ancien (35 ans) du suisse Jean Ziegler intitulé « Vive le pouvoir ! Ou les délices de la raison d’état  » (Seuil, 1985) qui oppose la Raison des « internationales ouvrières » à la Raison d’Etat et à celle du Capital. La Raison solidaire est non seulement collective, sociale et historique mais aussi émancipatrice sur plusieurs fronts : justice sociale, fiscale, territoriale, climatique, plus antisexisme (patriarcat), antiracisme, liberté publique, démocratie, etc.

    Quid de la peur ?

    C’est le thème d’un débat lancé par les membres de la commission « Démocratie » d’ATTAC France . UnE première contribution est intitulée « La construction de la peur » (lien), voici une seconde contribution à partir d’un livre sur le sujet . La peur n’est pas qu’un fait de nature, elle est aussi construite.

    I - Note brève sur un livre.
    La dictature de la peur de Jean-Yves CORNACHON

    Il s’agit d’un essai publié en 2007 aux Editions Bénévents.
    L’ouvrage est divisé en cinq parties
    1 - Les peurs de notre société (A- En politique et en économie, B - De l’immigration, C - En géopolitique)
    2 - Les peurs de l’avenir (A - de mourir, B - d’espérer, C - du monde)
    3 - Les peurs intimes (A - Quotidienne, B - de la relation avec autrui, C - de soi-même)
    4 - Tentative de libération 
    5 - Confirmation de la « dictature de la peur »

    Pour l’auteur, la peur fait partie de la vie. Il est normal d’avoir peur. Il cite JP Sartre « Tous les hommes ont peur. Tous. Celui qui n’a pas peur n’est pas normal ». Mais dit-il (page 154) « les peurs d’hier ne sont pas les peurs d’aujourd’hui ». Certes ! en ce printemps 2020, en pleine pandémie de coronavirus, une peur nouvelle s’est installée, celle d’être atteint.e par le virus. Un virus qui s’est diffusé partout sur la planète. Pandémie disais-je ! Mais d’autres peurs surgissent

    II - Voir la peur inscrite dans les rapports sociaux.

    D’autres peurs surgissent et là la position sociale des personnes a son importance. L’auteur ne fait qu’assez peu intervenir les différents rapports sociaux qui clivent la société et qui font, du fait des inégalités de position, que la peur a une origine et une cible.

    Selon que vous soyez de condition modeste et en situation précaire (ce qui va souvent ensemble) ce n’est pas du tout la même chose que si vous vivez confiné sans problème . Il y a de nombreuses situations à considérer. Il ne faudrait pas « égaliser » abstraitement les craintes hors contexte de la situation réelle des personnes.

    Pour autant, une peur plus générale se fait sentir et concerner plus largement la population. Fort heureusement cette peur n’est pas forcément paralysante - car construite - et elle peut être au contraire source de libération sociale et politique ; Il s’agit alors de refuser plusieurs formes de dumping ou plusieurs grands types de destructions qui sont à l’initiative des puissants soutenus par les idéologues ultra-libéraux.

    Au-delà de la peur, refusons solidairement ces destructions mortifères :

    1) La destruction de l’Etat social plus approfondie encore, notamment avec moins d’aides sociales pour les classes modestes insolvables, moins de redistribution fiscale des riches vers les pauvres et les modestes et aussi moins de dépenses sociales vers les services publics et les personnels statutaires. 
    Les services publics doivent être défendus face à la pulsion destructrice des néolibéraux car ils fonctionnent pour la satisfaction des besoins sociaux. Et on aura besoin d’eux pour la transition écologique au moment même ou le patronat veut réduire les normes environnementales pour produire comme la seule logique de profit le veut. 
    Sur ce plan, certains gros actionnaires ne sont pas en reste et profitent de la crise sanitaire pour faire de gros profits financiers (comme un membre du gouvernement a d’ailleurs cru bon de signaler sur tweeter que c’était possible), d’autres pour réclamer des dividendes. Ploutocratie rime alors avec voyoucratie d’en-haut ! Cette dérive là aussi fait peur. On sent qu’il va falloir des syndicats de travailleurs et travailleuses déterminés, pareillement pour les partis politiques de gauche.

    2) Destruction de l’Etat démocratique. Dans l’Etat démocratique, il ne s’agit pas que de voter et se taire ensuite quand les gouvernement font l’inverse de ce qui était attendu. C’est le spectre du 29 mai 2005 qui surgit 15 ans après et pas que pour l’Union européenne. Au lieu de renforcer partout à tous les échelons territoriaux, la démocratisation nos élites du bloc dominant font l’inverse et renforce la gouvernance oligarchique tant dans l’Union européenne que dans le cadre national voire au plan des grandes régions. On voit ainsi qu’une ploutocratie s’installe de plus en plus sous l’effet des inégalités sociales elles-même effet de la « thatchérisation du monde » (1).

    3) Destruction de l’Etat de droit. Elle est issue de la formation d’ un Etat d’exception, d’un Etat de crise durable qui se renforce avec moins de libertés de contester individuellement et collectivement, au travail ou hors travail, dans la rue, les dominants politiques et économiques. Nul besoin d’avoir attendu la crise sanitaire car on sait tous et toutes combien les Gilets jaunes et la jeunesse contestataire comme les syndicalistes de lutte en ont fait les frais. Des journalistes aussi . Cette dictature du capital qui s’installe inquiète d’autant plus que la police et la justice sont de plus en plus instrumentalisée au profit de la gouvernance Macron. Nous vivons dans une France captée par la financiarisation, la ploutocratisation.

    4) Destruction du vivre ensemble car la cohésion sociale est minée par les inégalités sociales montantes, par le racisme (qui perdure contre les Arabes, les Noirs, les migrants) et par le sexisme. Les femmes ont toujours peur de la violence masculine tant celle qui sévit dans les foyers en confinement que celle qui surgit dehors. Elle était très présente auparavant. Elle continue de tuer ! Le féminisme d’Etat a ici un faible bilan face à un regain patriarcal.

    « Vivre dans la peur c’est refuser de vivre » dit l’auteur du livre. 
    Pour nous, il s’agit bien de vivre !
    Nous devons donc lutter, lutter collectivement pour vivre !
    Entreprendre pour espérer, persévérer pour réussir !
    Ne rien lâcher !

    Christian DELARUE

     
    1) La thatchérisation du monde et l’extrême-droite économique : un trajet vers la ploutocratisation du monde.
    http://amitie-entre-les-peuples.org/La-thatcherisation-du-monde-et-l-extreme-droite-economique
    xxxx
    La construction de la peur. Clément Jourdain, Robert Joumard et la Commission Démocratie d’ATTAC France (avril 2020)
     
    http://amitie-entre-les-peuples.org/La-construction-de-la-peur-Clement-Jourdain-et-Robert-Joumard

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  • VOYOUCRATIE : Le capitalisme charognardVOYOUCRATIE : Le capitalisme charognard
     
     
     
    Deux textes de Regards sur "quand certains tombent, perdent, souffrent, d'autres se gavent ! Solidarité ? Rien ! Un peu pour la pub !
     
     
    Covid-19 : c'est pas la crise financière pour tout le monde - regards.fr
     
    Le Covid-19 tue, les vautours planent - regards.fr

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  • Ni ploutocratie, ni voyoucratie 

     

    Ploutocratisation signifie processus ou dynamique de longue durée (renvoi ici à néolibéralisme et thatchérisation du monde ) allant vers la ploutocratie stabilisée, soit un régime politique qui favorise le pouvoir des riches, sous couvert de démocratie ou de République, par la casse de l’Etat social, la démolition du code du travail, de la Sécurité sociale, des services publics et ce au profit des entreprises capitalistes et de leurs patrons et actionnaires qui eux s’enrichissent.

    La ploutocratie comme pouvoir des riches et notamment des capitalistes et des banquiers et autres financiers va de paire avec la destruction des appuis sociaux et avec de fortes inégalités sociales et économiques portées à un niveau très élevé ou il n’existe plus de cohésion sociale ni de communauté politique pertinente au-delà de la langue et de l’histoire.

    La voyoucratie d’en-haut est plus celle qui use des paradis fiscaux et de tous les mécanismes existants de corruption . Elle est alors une fraction de la ploutocratie existante.

    Notons aussi une relative collusion entre la classe capitaliste (financiarisée ou non) et la classe dirigeante politique, du moins celle faisant partie du bloc social dominant. Idem pour les médias.

    Sur la voyoucratie du 1%.
     
    Sur la voyoucratie du 1%

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  • Moins d’économie capitaliste, plus d’économie de service public et d'ESS par Christian DELARUE (du CA de Convergence de Défense et Promotion des Services Publics) pour la "Converg SP" (en abrégé) en post-pandémie (fin mars-début avril 2020).

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