• Extrait d'un texte plus long

    Causeur, un nouveau Minute ?

    Gil Mihaely est le directeur de publication des trois périodiques : Causeur, Conflits et Transitions & Energies qui échangent des pleines pages de publicité à chaque numéro. Ce groupe de trois revues a été épaulé jusqu’en 2019 par un collectif d’anciens cadres activistes d’extrême droite : anciens d’Ordre Nouveau, du GUD, du PFN et parfois toujours proches du Grece.

    La société qui édite Causeur était jusqu’en 2019 soutenue à bout de bras (plusieurs centaines de milliers d’euros) par son actionnaire principal Gérald Penciolelli. En effet Causeur perd de l’argent année après année : 183 858 € de perte en 2019, 132 106 € de perte au titre de l’exercice 2018, après 500 000 € de pertes en 2017, à rapporter à un chiffre d’affaires de l’ordre de 1 million d’euros.

    Gérald Penciolelli a un profil politique très particulier : il fut membre de la direction d’Ordre Nouveau, de celle du Parti des Forces Nouvelles (PFN), actionnaire des publications d’extrême droite le Choc du Mois et Minute. On retrouvait chez d’autres actionnaires des personnes qui ont la même origine politique : Anne Meaux, venue du PFN, fonde un cabinet de communication qui travaille pour la droite classique et de grandes entreprises.

    Parmi les autres actionnaires de Causeur, on remarquait Xavier Niel via NJJ presse, NJJ médias et NJJ strategy dont -très curieusement- les commissaires aux comptes étaient Christian Baeckeroot (ancien dirigeant du Front National puis du Parti de la France) et son frère Guy [8].

    Pourquoi une partie des cadres de l’extrême droite parieraient-ils sur Causeur  ? Sans doute ont-ils vu dans ce titre un potentiel nouveau Minute. Hélas pour eux, Causeurne tient pas la comparaison, des articles éditorialisants et bavards, une ligne consistant à prendre le contre-pied de ce qu’ils croient être dans l’air du temps. Minute sortait des scoops, certains de ses journalistes étaient (politiquement) d’authentiques « fachos », mais ils sortaient de l’info. Causeur se contente de news « people » dévalorisantes sur des militant·es antiracistes.

    Source :
     
     
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    Christian Delarue

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  • Le salafiste Idriss Sihamedi, fondateur de BarakaCity, association islamiste dissoute par le ministère de l'Intérieur, vient d'être condamné à 3000€ d'amende pour insulte raciste à l'encontre de Zineb El Rhazoui qu'il avait insulté d'"arabe de service ».

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  • SEXYPHOBIE à condamner, généralisation raciste aussi ! Christian Delarue - Amitié entre les peuples

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  • Castex blanc : insignifiance d'un propos. | Le Club de Mediapart

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  • Coexistence difficile de deux courants de l’antiracisme.

    Elément de débat du groupe « Culture et société » du CS d’ATTACRetour ligne automatique
    cf - Réponse antiraciste multicolore des quartiers populaires.Retour ligne automatique
    http://amitie-entre-les-peuples.org/Reponse-antiraciste-multicolore-des-quartiers-populaires-Christian-DELARUE

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    L’expression même de « deux courants de l’antiracisme » est problématique. Il y a les rapprochements pratiques occasionnels d’une part et les discours souvent en contradiction d’autre part. Les premiers - les rapprochements - se font plus ou moins difficilement (selon les bases proposées) mais les décalages dans le discours continuent de heurter.

    L’ouvrage collectif « Urgence antiraciste- Pour une démocratie inclusive » (1) est parvenu, grâce à Martine Boudet, animatrice, à créer une coexistence difficile voir conflictuelle (mais dans le respect maintenu) entre deux expressions de l’antiracisme : l’antiracisme universaliste du MRAP (d’origine franco-française mais qui existe aussi en Belgique et qui est mondialisé depuis 60 ans) et l’antiracisme politique d’associations de quartiers populaires ou de minorités ethniques. Ce livre a réussi a donner une légitimité à ces deux formes relativement contradictoires d’antiracisme en faisant - de part la proximité des contributions - comme si elles se complétaient.

    Pour Martine Boudet, « les deux antiracisme sont légitimes et se complètent, le premier étant surtout à base citoyenne/individuelle et le second répondant à des mécanismes d’institutionnalisation du racisme. »

    N’y a-t-il que cela ? Cette distinction qui euphémise le propos masque l'ampleur des différences et oppositions . Au plan théorique, il y a plutôt des contradictions, puisque l’un évite d’évoquer des « races », fussent-elles des « races sociales » ou des « races construites » et pas l’autre. Et dans la pratique il y a parfois - mais pas toujours - complémentarité. Antisémitisme oublié. Oppression des intégristes en sourdine. Etc.

    Pour ma part, venu de l’antiracisme universaliste « sans couleur » j’ai évoqué à Marseilles en 2015 (Université d’été d’ATTAC) un « peuple-classe multicolore ». Le terme multicolore constitue une avancée, un pas de fait. Mais j’évite comme antiraciste d’opposer constamment les Noirs (essentialisés avec une Majuscule) contre les Blancs, ou les non-Blancs contre les Blancs ou l’inverse. Par contre je cherche à avancer vers un « tous ensemble multicolore égalitaire » (sans sexoséparatisme) dans un cadre ou le « combat social » s’articule au « combat laïque ».

    « L’intégrisme islamiste est, dit-elle, effectivement un problème important dans les quartiers populaire ». Oui et l’ouvrage cité reconnait - avec ma contribution - l’intégrisme religieux sexo-séparatiste comme forme de nuisance crypto-fasciste contre les femmes. Il importe de lutter contre et de le dire. Surtout si « l’autre antiracisme » se tait sur ce plan . Ce qui crée une forme de campisme. L’antiracisme politique est un antiracisme avec des silences. Tout comme l’antiracisme institutionnel d’ailleurs !

    Il y a aussi, depuis lors, pour employer une formule ancienne, venue de l’intégrisme catholique, « l’intransigeantisme  » des musulmanes identitaires qui sont jusqu’au-boutiste quand au port du voile ostensiblement porté y compris quand il y a discordance remarquée massivement entre l’affichage et le discours syndical. Ici ce n’est pas le port du voile en soi qui est critiqué c’est le fait de ne pas savoir l’enlever momentanément, pour respecter d’autres valeurs et d’autres personnes, comme d’autres enlèvent un badge identitaire d’une autre catégorie.

    Christian Delarue

     Addendum


    Lors de son dernier congrès de juin 2018 (cf communiqué) le MRAP affirme qu'il "s'appuiera sur les forces vives qui aspirent à promouvoir le « vivre ensemble » et la solidarité citoyenne avec les migrants, objectifs fondamentaux du combat antiraciste". Ce "vivre ensemble" suppose certes plus d'inclusivité mais dans l'interculturel ou l'interculturalité. Un "vivre ensemble" authentique n'est pas la formation de communautés mise côte à côte et chacune arcqueboutée sur des différences qui font clivage dans la société. C'est là que la laïcité a son importance. Si certaines différences enrichissent d'autres suscitent la réprobation générale. Notamment celles instrumentalisées par les intégrismes religieux . Il convient donc de tenir une position équilibrée qui donne des libertés à tous et toutes sans accroître les oppressions bien au contraire. Sur ce point, le "MRAP réaffirme avec force son engagement aux côtés de celles et ceux qui construisent un avenir plus humain et participent à l'émancipation de notre société".


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