• Pluri-émancipation : Classisme et impérialisme plus racisme, sexisme et intégrisme religieux

    PREALABLE :

    Individu-e-s engagé-e-s et cadre militant d’élaboration théorique : Ici celui qui a suivi les années 1998 dans ATTAC et au MRAP. Ce cadre militant implique effectivement divers individus engagés sur 20 ans. Certains militaient ensemble auparavant.

     

    I - Le cadre historique inter-organisations de débats depuis 1998 : MRAP et ATTAC. (et autres)

    1) - Il s’agit ici de poursuivre avec le MRAP mais aussi ATTAC ainsi que moindrement le CADTM (MRAP jadis lié à la plateforme contre la dette) et aujourd’hui la Fondation Copernic la TACHE D ARTICULATION DES LUTTES (et des champs et problématiques de lutte) .

    Elle a été explicitée (notamment) en 2010 avec : MRAP : La transversalité des luttes contre le classisme, le sexisme et le racisme. posté sur amitié-entre-les-peuples.org et sur Le Grand soir :Retour ligne automatique
    https://www.legrandsoir.info/MRAP-La-transversalite-des-luttes-contre-le-classisme-le-sexisme-et-le-racisme.html

    Trois membres du MRAP également membres d’ATTAC (à titre individuel mais aussi comme représentant co-fondateur et ayant participé à des Forum alter) se sont attachés à théoriser peu ou prou cette articulation des luttes. Citons successivement d’abord Claudie GARNIER (décédée), puis Christian DELARUE et Augustin GROSDOY actuel co-président du MRAP et membre du CA d’ATTAC. Il est apparu insuffisant que les acteurs militants se trouvent à débattre côte à côte au sein d’ATTAC (les co-fondateurs) et dans les Forum altermondialistes. D’autant que dans l’altermondialisme il n’y a pas de doctrine critique et pratique uniforme. Il y a des processus démocratiques horizontaux d’émancipation, des processus d’altermondialisation.

    2) - Cette tâche d’articulation des luttes pouvait plus ou moins se rattacher à une « STRATEGIE ALTERMONDIALISTE ». 

    Venu des luttes anti-colonialistes (il y a plusieurs générations de militants dans l’altermondialisme) Gustave MASSIAH a écrit en 2011 (à la Découverte) un ouvrage qui porte ce titre. Avantage : Je n’ai plus guère besoin de m’auto-citer puisque cet ouvrage sert désormais utilement de référence à de nombreux altermondialistes.

    - La place de l’intégrisme religieux montant.

    Cependant, il y a un « blanc » dans le livre de Gus Massiah, comme d’ailleurs dans celui d’Edwy Plenel sur les Musulmans, c’est tout ce qui se rattache à l’intégrisme religieux, aux intégrismes religieux . Gustave Massiah avait l’occasion de se rattraper plus récemment, en 2017, dans la conclusion du livre inter-organisations (ses représentants) coordonné par Martine BOUDET « Urgence antiraciste - pour une démocratie inclusive » qu’il a rédigé mais il ne l’a pas fait. En fait, c’est Martine BOUDET qui est membre d’ATTAC (CA et CS et groupe « culture et sociétés » - pas au MRAP), impliquée dans les rapports Nord-Sud depuis longtemps (notamment France-Afrique), qui a fait récemment le point. Je ne dirais pas que j’ai aucun point de désaccord sur ce texte mais je l’estime nécessaire aujourd’hui pour agir de façon non campiste.

    Lire : De la nécessité d’articuler les combats anti-islamophobe et anti-islamiste radicale - Martine Boudet - Amitié entre les peuplesRetour ligne automatique
    http://amitie-entre-les-peuples.org/De-la-necessite-d-articuler-les-combats-anti-islamophobe-et-anti-islamiste

    - Le néo-campisme.

    Dans la citation qui suit de Gus Massiah le terme néo-campisme n’y est pas mais la nouvelle bipolarité du monde y est . On peut prendre appui sur un tel passage pour affirmer que c’est au sein de chaque Nation ou chaque Société que l’on trouve le clivage progressiste-réactionnaire ou civilisé-barbare ou force d’émancipation - force d’oppression. Page 160 de Stratégie altermondialistes : Le terrorisme comme son instrumentalisation correspond à une stratégie, fondée sur l’idée de conflit des civilisations. Celle-ci vise à forcer une représentation bipolaire, à imposer une vision de l’affrontement de l’islam et de l’Occident, bientôt ramenée à une opposition entre « Bien » et « Mal », « civilisation » et « barbarie ».

    3 - GEOPOLITIQUE de la « double impasse »

    Bien que j’ai eu mes propres théorisations - pour le MRAP et l’altermondialisme - sur le sujet depuis les années « FIS en Algérie » (comité de solidarité à Rennes), je fais référence désormais au le livre de Sophie BESSIS : La double impasse.

    Josette Trat a aussi menée une analyse critique proche de la « double impasse » de Sophie Bessis. Elle écrit :
    II - Double offensive réactionnaire sur le plan international
    1) Offensive néolibérale, guerres impérialistes et racisme.
    2) Montée de tous les fondamentalismes religieux sur le plan international.
    https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article18575

    En tant que MRAP il importe évidemment de poursuivre ce travail d’ « antiracisme relié » (cf Université d’été Marseille)

    Mais aussi intégrer la « double impasse » dans l’antiracisme spécifique du MRAP :Retour ligne automatique
    avec ce texte : MRAP : un antiracisme tenant compte de la « double impasse » - Les blogs d’Attac https://blogs.attac.org/groupe-societe-cultures/articles-cultures-anthropologie/article/mrap-un-antiracisme-tenant-compte-de-la-double-impasse

    4 -  Classisme, racisme, sexisme et rattachement à une STRATEGIE CONTRE-HEGEMONIQUE : Retour ligne automatique
    cf : La gauche, le peuple et la stratégie contre-hégémonique (Christian Delarue) - Les blogs d’AttacRetour ligne automatique
    https://blogs.attac.org/contre-hegemonie/democratisation/article/la-gauche-le-peuple-et-la-strategie-contre-hegemonique-christian-delarue

    Christian DELARUE

     

    XX

    II - Pluri-émancipation : Classisme et impérialisme plus racisme, sexisme et intégrisme religieux

    En 2010, en même temps que Gus Massiah écrivait son livre « stratégie altermondialiste » je défendais, en tant que responsable national du MRAP , l’idée d’articuler une triple lutte d’une part contre le classisme (aspect économico-social mais aussi économico-politique et idéologie-médiatique ), et d’autre part, sur la face dite souvent « sociétale », contre le racisme et le sexisme. Nous avions là le triptyque de la domination.

    S’y rajoutaient souvent d’autres champs de dominations ou d’oppressions : l’impérialisme et le néo-colonialisme, l’homophobie et la transphobie, les intégrismes religieux, la domination de la nature (productivisme) et pour certains le spécisme.

    XX

    Ne pas s’en tenir à des définitions trop réductionnistes, mais néanmoins ne pas les oublier.

    On ne saurait s’en tenir à des définitions réductionnistes, de type mépris (dans ces trois champs, mais surtout dans le classisme), sans voir et comprendre que chacune fait à sa façon système, système de domination et ou d’oppression.

    Reprenons les deux grands ordres qui rassemblent des problématiques et notons que le djihadisme et les intégrismes religieux permettent de les articuler de façon complexe.

    I - CHAMP ÉCONOMICO-POLITIQUE ET SOCIAL

    Ici il s’agit d’insérer le classisme entendu comme domination de classe ou comme politique de la classe dominante dans un cadre géopolitique mondial : cf Impérialisme, colonialisme, néocolonialisme C DelarueRetour ligne automatique
    http://amitie-entre-les-peuples.org/Imperialisme-colonialisme

    - L’impérialisme est de moins en moins défini à partir de Lénine comme « stade du capitalisme ». Ce n’est pas que Lénine n’est plus rien à nous dire sur l’impérialisme, notamment avec son lien au capitalisme que d’aucuns oublient, c’est que c’est une définition plus sobre qui a été adoptée massivement dans les milieux populaire : domination d’un Etat et de sa classe dominante sur une autre société, une autre nation, au plan militaire mais aussi économique (présence des firmes - FMN ou STN), politique (présence de corps de contrôle) et enfin culturel. Le néo-colonialisme c’est un colonialisme maintenu par divers moyens après les indépendances.

    Avec le néo-colonialisme est apparu le phénomène de « compradorisation ». Les pays dominés du Sud par les Etats et ou les FMN du Nord disposaient en leur sein, à leur sommet des « bourgeoisies compradores » autrement dit des fractions de classe dominante à objet politico-économique tournée vers les classes dominantes du Nord et du monde avec lesquelles elles étaient en collusion de domination, y compris de leur propre peuple.

    -  Le classisme relève d’une politique de classe de la bourgeoisie ou de l’oligarchie ou des classes dominantes regroupées sous le chiffe 1%. Le classisme n’est donc pas que le mépris de classe, de ceux tout en haut (dans le 1%), ou des cadres (dans le 10% d’en-haut), ou, hélas, de ceux d’en-bas juste plus haut que l’autre (alors souvent pris comme bouc-émissaire), ou même du bas vers le haut, mais là ce « classisme inversé » n’est alors plus du classisme au sens de ce concept lié à la domination de classe et dans la mesure ou par définition le classisme se rattache à un ciblage de ceux d’en-haut vers ceux d’en-bas, soit le peuple-classe globalement (peuple 99%), soit des fractions plus ciblées du peuple-classe .

    - Au classisme se rattache spécifiquement des problématiques particulières comme le productivisme (produire n’importe quoi pour produire encore et vendre et faire un profit) ou le travaillisme (entendu ici comme exploitation de la force de travail publique ou privée et refus de partager le travail par RTT (SPS pour les 99%)

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    Le djihadisme et les intégrismes religieux, notamment musulman mais pas seulement, sont à l’articulation des deux ordres de distinctions le I ci-dessus et le II ci-dessous sur les problématiques dites « sociétales » ou culturelles. Il se dessine une position géopolitique non campiste.

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    II - CHAMP dit SOCIETAL ou CULTUREL

    Sans abandonner une perspective géopolitique, on va noter que la question des intégrismes religieux s’est trouvé au coeur de trois combats : celui antiraciste, celui anti-sexiste (ou féministe) et celui laïque.

    - Le racisme ne vise pas des idéologies (ex athéisme) ou des religions mais des individus, des individus qui deviennent racisés . Le racisé n’est tel que par l’action du racisme .Il n’est pas non plus que la haine et la stigmatisation des individus même si cette composante existe. Il tend à distinguer, inférioriser et exclure de façon globale. Il existe une « mécanique raciste ». Par rapport au classisme qui vient d’en-haut de nombreux observateurs évoque un racisme d’Etat ou du moins de certains appareils d’Etat plus fortement impliqués dans une répression ciblée. Et il peut y avoir plusieurs cibles : les Rroms, les Noirs, les Arabes, les Juifs, etc

    Depuis quelques années on distingue l’antiracisme universaliste lui-même divisé en diverses orientations et groupes (le MRAP n’est pas la LICRA qui n’est pas SOS Racisme) et l’antiracisme politique. Le MRAP est tout à la fois le plus proche en pratique - manifestation contre le racisme avec des jeunes racisés et discriminés qui ne viennent pas au MRAP - et avec une défense maintenue de la perspective universaliste . La critique de l’antiracisme politique portent contre plusieurs points : le (néo) campisme, l’oubli des intégrismes religieux, la distinction blanc-non blancs (quid des juifs blancs victime d’antisémitisme), etc. Ce qui ne signifie pas que la position universaliste est aisée à défendre. Malgré ces contradictions, du fait des faiblesses de l’antiracisme universaliste , deux membres du MRAP - Augustin Grosdoy (co-président) et moi-même (ex membre du bureau exécutif ) avons participé, avec des représentants de l’antiracisme politique, au livre « Urgence antiraciste - Pour une démocratie inclusive » (1) sous la médiation de Martine Boudet (qui vient d’écrire un texte d’articulation (en 2).

    - L’intégrisme religieux ou plutôt les intégrismes religieux des différentes grandes religions constituent un autre champ de domination ou d’oppression à bien appréhender de façon spécifique car il accroît la répression du fait de sa force de légitimation , dans la mesure ou c’est bien une interprétation de la religion qui sert à légitimer des faits de violence et de dominations qui autrement ne seraient pas aussi nettement ou aussi crûment assumé. Les intégrismes religieux militent pour un hyperpatriarcat. Ce sont des contre-mouvements très réactionnaires qui ne supportent pas les conquêtes féministes de la période du « patriarcat réduit » (patriarcat toujours là mais moins puissant que jadis du fait des droits conquis), celui dit de la « seconde modernité » (De Singly).

    - Le djihadisme et la question du curseur. Le fait de vouloir réduire ou éliminer le phénomène djihadisme tant au sud qu’au nord a pour effet quasi-direct avec des effets nuisibles - mais « on ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs » disent les cyniques - de générer une politique d’intervention extérieure (ex au Mali) et une politique sécuritaire ici dans les quartiers populaires. Comme on assiste à de véritables « campagnes d’hidjabisation » des islamistes en Algérie (2018) et en Turquie (2017 et 2018) et ailleurs, sauf en Iran (mouvement inverse du foulard blanc levé), on voit des mouvements féministes pro-égalité hommes-femmes, sur une base de combats laïque et social dirent, haut et fort, « qu’il n’est pas question de baisser la garde face aux dangers que constituent les dérives intégristes de toute religion, dont l’islam » (Alice Picard p 101 auteure d’orientation P Tévanian, V Geisser, R Liogier- 1) . C’est que ces campagnes autoritaires accompagnent tout un discours ainsi que des pratiques dès plus réactionnaires. Les propos d’Erdogan largement diffusés sont très évocatrice d’un retour à l’ordre moral islamique de facture intégriste pour ne pas dire pro-charia. Les jeunes-filles et les femmes en font directement les frais. Mais au final, c’est toute la société qui recule, qui régresse.

    Dans ce contexte la laïcité est bien un dispositif d’émancipation de l’Etat républicain universaliste et laïque qui défend la liberté de religion mais aussi et surtout la libre conscience, laquelle est menacée par les intégrismes religieux.

    - Le sexisme n’est pas seulement le lot d’injures sexistes et de violences portées par les hommes contre les femmes, il est aussi un système de domination dit patriarcal qui pose les femmes comme naturellement inégales, inférieures, soumises.

    - Au sexisme s’ajoutent l’homophobie et la transphobie. La proposition et la légalisation d’un mariage gay a provoqué en France un mouvement homophobe venu de la droite et des secteurs conservateurs des religions.

    Je n’ai rien dit de l’anti-spécisme et du mouvement VEGAN qui est montant chez les jeunes.

    Christian DELARUE

    1) Extrait Alice PICARD p 96 URG antiR : Outre l’amalgame entre musulman-e-s et maghrébin-e-s, l’islamophobie conduit fréquemment à l’homogénéisation abusive des musulman-e-s. C’est le plus souvent à leur encontre que sont formulées les accusations de communautarisme. Ce qui prouve au moins la méconnaissance répandue de ce qu’on a pris l’habitude d’appeler la « communauté musulmane ». Cette communauté n’en est d’ailleurs pas une puisqu’elle regroupe des musulman-e-s aux pratiques fort dissemblables, aussi bien en nature qu’en intensité...

    Extrait Christian DELARUE page 112 d’URG antiR. : L’intégrisme musulman va de pair aujourd’hui avec des juridictions hostiles aux droits des femmes (thème de la complémentarité). Cette tendance internationale très lourdement réactionnaire, qui vise à établir un hyper-patriarcat, est fonction des rapports de force et de l’histoire des différents pays. Dans les cas les plus extrêmes, cela peut signifier un statut personnel infériorisant pour les femmes, des mariages arrangés et imposés y compris pour les mineures, des mutilations sexuelles (féminines), voir la banalisation du viol (cite ici un article de Rébecca Chaouch - Tunisie), les institutions de la polygamie et de la répudiation (des épouses) (cite ici Rachid Boudjedra). On trouve aussi les obligations vestimentaires strictes comme le port du voile en lien avec un maintien des femmes dans la sphère privée et domestique (sexoséparatisme).


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  • ZONE GRISE" :

    Pour un antiracisme universaliste non campiste et non confusionniste.

    Il n’y a pas deux camps mais trois (au moins) : les pro-occidentaux (avec des variantes), les pro-musulmans, les antiracistes universalistes non campistes.

    http://amitie-entre-les-peuples.org/Pour-un-antiracisme-universaliste-non-campiste-et-non-confusionniste-Christian

    La « zone grise » est cette « zone en entre-deux, ni blanche ni noire, mais où l’on se mélange ». La coexistence multiconfessionnelle ne va pas sans friction sans conflictualité dans la société civile.

    - Solidarité sans confusion

    Christian Delorme, appelle à la solidarité entre musulmans et non-musulmans. (cf article de MS Sgherry du Point 1) . Propos rapide que l’on sort trop facilement à certains moments délicats. C’est possible et compréhensible. N’empêche : quel confusionnisme béat ! On ne saurait en rester à de telles généralités . Il importe d’ être plus précis pour éviter une vision qui amalgame dans un même groupe progrès humain et intégrisme religieux divers.

    Comme antiraciste non campiste, ma solidarité va aux musulmans qui ne pratiquent pas l’intégrisme religieux, et notamment à celles et ceux qui refusent le voilage des femmes. Nous sommes nombreux à contester cette pratique ignoble justifiée par une interprétation archaïque de la religion, celle des juifs haredim ou des divers intégrismes musulmans. Soyons clair ici .

    - Pas de campisme

    Par ailleurs, cette thèse de la « zone grise » qui relève du « choc des civilisations » permet à M Yasser Louati (2) de défendre dans un texte sur l’alliance objective entre islamophobes et terroristes musulmans un pseudo-antiracisme campiste et communautariste pro-musulman en bloc contre un communautarisme raciste pro-occident. On a là du « camp contre camp » ! Ces thèses valident un « choc raciste des communautarismes ». Pas d’hétérogénéité chez les musulmans, pas de luttes internes contre le crypto-fascisme islamique qui ne se réduit pas à DAECH (trop facile !).

    M Louati fait une exception avec ce passage du texte cité : « Néanmoins, il arrive que de la nuance soit apportée en utilisant des mots valise tels que “islam radical”, “islamisme” ou “radicalisation”, mais sans jamais dire clairement où se situe le curseur entre pratique religieuse, idéologie politique et terrorisme. Ce flou est par ailleurs très pratique pour semer la confusion et laisser entendre que la pratique religieuse des musulmans en elle même pose problème. »

    Mot valise ? Vouloir sortir du binarisme communautariste et du campisme est d’emblée critiqué alors que le binarisme (tout bien ou tout mal) ou le campisme sont mortifères. Vouloir construire un réel antiracisme qui ne couvre pas les intégrismes religieux ne lui apparaît pas possible. On retrouve l’objection du curseur . Le curseur est posé par les définitions des intégrismes religieux. M Louati met au singulier la pratique religieuse des musulmans or il y a diversité . Et pourquoi certaines pratiques religieuses dans la société civile ne poseraient pas problème cher M Louati ? Que ce soit celles des musulmans ou d’autres croyants !

    - Les campagnes de hidjabisation

    Ainsi, la hidjabisation forcée des femmes (cf aux « campagnes des islamistes en Algérie) n’est pas une pratique religieuse acceptable. On ne saurait la tolérer ! Et le voile librement porté peut dans ce contexte être fortement critiqué et même franchement détesté sans qu’il y ait une once d’islamophobie au sens de haine des musulmans. L’essentialisme est une bêtise en plus d’un racisme mais le procédé de »communautarisation amalgamante" est une perversion qui couvre les pratiques hyperpatriarcales archaïques . Ce qui est détesté - répétons-le - c’est le voile comme très lourd symbole d’un certain islam autoritaire et oppresseur et pas les musulmans ou les musulmanes.

    - Les alliés objectifs

    Par ailleurs, cette histoire de « zone grise » sert en conclusion à dire « Daech et obsédés du voile sont des alliés objectifs » . Disons de suite que ce n’est pas nouveau ce type d’ accusation d’être « obsédé du voile » ou « obsédé de l’islam » ou « islamophobe ». C’est vieux comme le combat contre les intégrismes religieux dont je suis un des représentant les plus assidu au MRAP et ce depuis des années ! C’est que pour les communautaristes et campistes il faudrait se taire face à cet odieux crypto-fascisme islamique ! Il faudrait laisser faire ces intégristes religieux ! Et bien c’est Non !

    - Vérité et résistance à l’oppression intégriste

    Alors rétablissons sans attendre la vérité contre les amalgames odieux de ceux qui refusent de résister aux intégrismes religieux et qui accusent ceux qui résistent ! La meilleure défense étant l’attaque . Posons la question : Qui agresse les femmes non voilées pour les voiler ? Un certain islam réactionnaire ! Et pas qu’en Algérie mais partout ou il y a des musulmans dans le monde ! Qui se montre objectivement complice de l’islam voileur ? D’abord désignons les musulmanes voilées celles qui s’abstiennent d’imposer le voile mais qui continuent de porter cet odieux et ignoble étendard et ensuite la gauche confusioniste et de couverture de l’islam pourri.

    Les intégristes musulmans - femmes et hommes - sont les authentiques obsédés du voilage des femmes puisqu’ils mènent assidument des campagnes réelles et sévères d’hidjabisation et les femmes voilées sont bien les complices de ce crypto-fascisme, des alliées objectives comme vous dites si bien !

    Christian DELARUE

    1) https://blogs.mediapart.fr/yasser-louati/blog/260516/lalliance-objective-entre-terrorisme-et-islamophobie

    2) http://www.lepoint.fr/societe/a-saint-etienne-du-rouvray-nice-ou-paris-daesh-vise-la-zone-grise-26-07-2016-2057199_23.php


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  • Xénophobie anti-française près de Melbourne en Australie
    Il y a des  abrutis, étroits d'esprit, partout ; même en Australie !
    Nul besoin qu'ils soient nombreux pour nuire.
    Une chanson en français déclenche l'hystérie d'un groupe qui se lâche !
    Mob's Racist Abuse Against French Girl on Melbourne Bus in Australia - YouTube
    En outre lire l'article de RUE 89

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  • Le peuple-classe de A Léon et après.

     

    15 Juillet 2012

    L’analyse de l’antisémitisme ne fut pas le trait saillant des analystes marxistes. L’aspect économiciste a souvent évacué l’histoire et parfois l’aspect fonctionnaliste sert à lui seul d’explication : les juifs sont vu comme "race" de riches commerçants ou riches banquiers afin de dévoyer en lutte de "races" une lutte de classe contre le capitalisme. On trouve néanmoins des exceptions notoires comme Léon Trotsky, Daniel Guérin, Ernest Mandel (1). Même Gramsci sur ce point fut limité.

    I - Le peuple-classe d’ A Léon.

    Il y a cependant un auteur marxiste et trotskyste belge mort à Auschwitz en 1944 qui a laissé un ouvrage au titre explicite : "La conception matérialiste de la question juive". Il s’agit du livre d’ Abraham LEON, qui bénéficie, dans l’édition EDI, d’une longue préface de Maxime Rodinson (et même d’Ernest Mandel dans certaines éditions). On trouve les textes sur le web. http://www.marxists.org/francais/le...

    A Léon est l’auteur de la caractérisation des juifs comme peuple-classe. Sa combinaison porte plus de développements sur classe que sur peuple car il voit surtout les juifs comme une classe internationale de marchands. Il emprunte plus ici à Weber qu’à Marx. Il semble que les juifs ne soient un peuple que pour l’ aspect international. Enzo Traverso (2) dans Les marxistes et la question juive (la breche 1990) reproche à A Léon son unilatéralisme dans l’analyse. Il n’y aura que Nathan Weinstock a reprendre le terme à propos des Tziganes, des Arméniens et des Chinois de l’Asie du Sud-Est.

    II - De nos jours, la notion de peuple-classe relève d’une part de l’analyse du populisme et d’autre part de l’altermondialisme.

    On évoque le peuple mais de quel peuple parle-t-on ? Peuple-classe fut d’abord chez Yves MENY et Yves SUREL un équivalent de classe populaire tel qu’énoncé au XIX ème siècle avant de prendre avec Christian DELARUE un format plus large, plus "peuple" qui oppose dans quasiment chaque pays un peuple-classe à une oligarchie ou une classe dominante (3). C’est cette opposition qui est signalée par le mot classe. Ce peuple-classe est le peuple objet auquel s’adresse les forces sociales et politiques de transformation démocratique, sociale et environnementale.

    Voir : Du peuple objet au peuple sujet. C Delarue / Des avants-gardes, pas des états-majors ! A Bihr http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/140712/du-peuple-objet-au-peuple-sujet-c-delarue-des-avants-gardes-pas-d

    Voir aussi le notion de "classe fondamentale" dans la théorie marxiste de Jacques Bidet : "Polarité de classes sociales selon J Bidet : Deux en-haut, trois en-bas." http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/180212/polarite-de-classes-sociales-selon-j-bidet-deux-en-haut-trois-en-

    III - Le débat, tout récent, porte sur la taille du format large.

    - Pour certains, écologistes, la barre haute ne va pas jusqu’à 97 ou 99 % en-haut (comme le pensent les altermondialistes, les Indignés et la plupart des révolutionnaires arabes) mais s’arrête au sommet de la classe moyenne (4). Cette barre supérieure est évaluée à 2600 euros net par mois en France. Les 20 % d’en-haut ne sont certes pas la bourgeoisie (loin de là). Mais c’est d’eux - les très riches et la petite-bourgeoisie - que doit venir un effort de moindre consommation en vue de la préservation de la planète. Pour Hervé Kempf une partie de la classe moyenne occidentale - ceux juste en-dessous des 2600 euros/ mois - doit aussi limiter sa consommation (5).

    - De ce débat, il ressort que deux formats sont pensables selon le thème en cause : le peuple-classe à 80 % d’en-bas ou le peuple-classe à 97 %. La thèse que je défend est un peuple-classe intégrant les couches aisées au-dessus des classes moyennes - disons les petites-bourgeoisies (6) - mais pas les bourgeoisies industrielles ou financières. Il s’agit donc grosso modo d’un peuple-classe à environ 97 % à 99 % selon les pays. Ce même peuple-classe est mobilisable à côté de peuple ethnique ou peuple nation pour étudier le discours des politiques faisant appel au peuple. Ici rien de commun entre Mélenchon (et plus encore le NPA ou LO) et le FN.

    Christian DELARUE

    1) Plus récemment il faut noter une tribune qui a fait du bruit il y a 10 ans : « Israël-Palestine : le cancer », Edgar Morin, Sami Naïr et Danièle Sallenave

    Peuple juif assimilé ou dominé, puis écrasé et exterminé puis devenu à son tout dominateur en Palestine. Au-delà de formules maladroites ce texte pose justement la question du sionisme (notamment depuis 1948) à côté de celle de l’antisémitisme.

    2) Ernest Mandel - Note de lecture sur « Les Marxistes et la Question juive » d’Enzo Traverso http://www.ernestmandel.org/new/ecrits/article/note-de-lecture-sur-les-marxistes

    Notez bien que Mandel défend Léon comme non kautskyste et dialecticien : "C’est notre camarade Abram Léon qui a trouvé la clef pour une interprétation matérialiste de la question juive. Son concept de « peuple-classe » est un concept éminemment dialectique : il explique non seulement la survie mais aussi la disparition des communautés juives à travers l’histoire. Elles ont survécu et prospéré dans la mesure où elles jouèrent un rôle économique particulier et socialement indispensable dans un environnement donné. Elles ont été persécutées dans la mesure où l’évolution économique sapait l’utilité de ce rôle aux yeux d’autres couches sociales. Et elles ont souvent disparu par assimilation complète, dans la mesure où leur structure sociale n’était pas exceptionnnelle mais se confondait avec celle d’un environnement spécifique non hostile."

    3) Classe dominante et oligarchie contre peuple souverain et peuple-classe. - Mouvements

    http://mouvements.info/Classe-dominante-et-oligarchie.html

    4) Les Sciences Economiques et Sociales - Pas de classes moyennes sans redistribution sociale et fiscale ?

    Credoc. Mars 2012.

    http://ses.ens-lyon.fr/pas-de-classes-moyennes-sans-redistribution-sociale-et-fiscale-credoc-mars-2012—161329.kjsp?RH=1200565413653

    5) Pour autant personne ne parle de limiter les salaires à un maxi de 2600 euros net par mois. F Hollande voyait lui le plancher des riches à 4000 euros net par mois. Mais c’était à propos d’une fiscalité "de gauche" qui devait les ponctionner. Ce qui ne résout pas la question salariale du manque à gagner. jusqu’à quel niveau faut-il augmenter les salaires ? On ne sait.

    6) J’ai proposé un reformatage de la petite-bourgeoisie. Je parle de trois types de petites-bourgeoisie. Ce texte a été soumis à débat et discussion sur Bellaciao (ou voisine bonne critique et stigmatisation sans argument) : "Les trois types de petite-bourgeoisie". http://bellaciao.org/fr/spip.php?article124357


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