• Xénophobie anti-française près de Melbourne en Australie
    Il y a des  abrutis, étroits d'esprit, partout ; même en Australie !
    Nul besoin qu'ils soient nombreux pour nuire.
    Une chanson en français déclenche l'hystérie d'un groupe qui se lâche !
    Mob's Racist Abuse Against French Girl on Melbourne Bus in Australia - YouTube
    En outre lire l'article de RUE 89

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  • Le peuple-classe de A Léon et après.

     

    15 Juillet 2012

    L’analyse de l’antisémitisme ne fut pas le trait saillant des analystes marxistes. L’aspect économiciste a souvent évacué l’histoire et parfois l’aspect fonctionnaliste sert à lui seul d’explication : les juifs sont vu comme "race" de riches commerçants ou riches banquiers afin de dévoyer en lutte de "races" une lutte de classe contre le capitalisme. On trouve néanmoins des exceptions notoires comme Léon Trotsky, Daniel Guérin, Ernest Mandel (1). Même Gramsci sur ce point fut limité.

    I - Le peuple-classe d’ A Léon.

    Il y a cependant un auteur marxiste et trotskyste belge mort à Auschwitz en 1944 qui a laissé un ouvrage au titre explicite : "La conception matérialiste de la question juive". Il s’agit du livre d’ Abraham LEON, qui bénéficie, dans l’édition EDI, d’une longue préface de Maxime Rodinson (et même d’Ernest Mandel dans certaines éditions). On trouve les textes sur le web. http://www.marxists.org/francais/le...

    A Léon est l’auteur de la caractérisation des juifs comme peuple-classe. Sa combinaison porte plus de développements sur classe que sur peuple car il voit surtout les juifs comme une classe internationale de marchands. Il emprunte plus ici à Weber qu’à Marx. Il semble que les juifs ne soient un peuple que pour l’ aspect international. Enzo Traverso (2) dans Les marxistes et la question juive (la breche 1990) reproche à A Léon son unilatéralisme dans l’analyse. Il n’y aura que Nathan Weinstock a reprendre le terme à propos des Tziganes, des Arméniens et des Chinois de l’Asie du Sud-Est.

    II - De nos jours, la notion de peuple-classe relève d’une part de l’analyse du populisme et d’autre part de l’altermondialisme.

    On évoque le peuple mais de quel peuple parle-t-on ? Peuple-classe fut d’abord chez Yves MENY et Yves SUREL un équivalent de classe populaire tel qu’énoncé au XIX ème siècle avant de prendre avec Christian DELARUE un format plus large, plus "peuple" qui oppose dans quasiment chaque pays un peuple-classe à une oligarchie ou une classe dominante (3). C’est cette opposition qui est signalée par le mot classe. Ce peuple-classe est le peuple objet auquel s’adresse les forces sociales et politiques de transformation démocratique, sociale et environnementale.

    Voir : Du peuple objet au peuple sujet. C Delarue / Des avants-gardes, pas des états-majors ! A Bihr http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/140712/du-peuple-objet-au-peuple-sujet-c-delarue-des-avants-gardes-pas-d

    Voir aussi le notion de "classe fondamentale" dans la théorie marxiste de Jacques Bidet : "Polarité de classes sociales selon J Bidet : Deux en-haut, trois en-bas." http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/180212/polarite-de-classes-sociales-selon-j-bidet-deux-en-haut-trois-en-

    III - Le débat, tout récent, porte sur la taille du format large.

    - Pour certains, écologistes, la barre haute ne va pas jusqu’à 97 ou 99 % en-haut (comme le pensent les altermondialistes, les Indignés et la plupart des révolutionnaires arabes) mais s’arrête au sommet de la classe moyenne (4). Cette barre supérieure est évaluée à 2600 euros net par mois en France. Les 20 % d’en-haut ne sont certes pas la bourgeoisie (loin de là). Mais c’est d’eux - les très riches et la petite-bourgeoisie - que doit venir un effort de moindre consommation en vue de la préservation de la planète. Pour Hervé Kempf une partie de la classe moyenne occidentale - ceux juste en-dessous des 2600 euros/ mois - doit aussi limiter sa consommation (5).

    - De ce débat, il ressort que deux formats sont pensables selon le thème en cause : le peuple-classe à 80 % d’en-bas ou le peuple-classe à 97 %. La thèse que je défend est un peuple-classe intégrant les couches aisées au-dessus des classes moyennes - disons les petites-bourgeoisies (6) - mais pas les bourgeoisies industrielles ou financières. Il s’agit donc grosso modo d’un peuple-classe à environ 97 % à 99 % selon les pays. Ce même peuple-classe est mobilisable à côté de peuple ethnique ou peuple nation pour étudier le discours des politiques faisant appel au peuple. Ici rien de commun entre Mélenchon (et plus encore le NPA ou LO) et le FN.

    Christian DELARUE

    1) Plus récemment il faut noter une tribune qui a fait du bruit il y a 10 ans : « Israël-Palestine : le cancer », Edgar Morin, Sami Naïr et Danièle Sallenave

    Peuple juif assimilé ou dominé, puis écrasé et exterminé puis devenu à son tout dominateur en Palestine. Au-delà de formules maladroites ce texte pose justement la question du sionisme (notamment depuis 1948) à côté de celle de l’antisémitisme.

    2) Ernest Mandel - Note de lecture sur « Les Marxistes et la Question juive » d’Enzo Traverso http://www.ernestmandel.org/new/ecrits/article/note-de-lecture-sur-les-marxistes

    Notez bien que Mandel défend Léon comme non kautskyste et dialecticien : "C’est notre camarade Abram Léon qui a trouvé la clef pour une interprétation matérialiste de la question juive. Son concept de « peuple-classe » est un concept éminemment dialectique : il explique non seulement la survie mais aussi la disparition des communautés juives à travers l’histoire. Elles ont survécu et prospéré dans la mesure où elles jouèrent un rôle économique particulier et socialement indispensable dans un environnement donné. Elles ont été persécutées dans la mesure où l’évolution économique sapait l’utilité de ce rôle aux yeux d’autres couches sociales. Et elles ont souvent disparu par assimilation complète, dans la mesure où leur structure sociale n’était pas exceptionnnelle mais se confondait avec celle d’un environnement spécifique non hostile."

    3) Classe dominante et oligarchie contre peuple souverain et peuple-classe. - Mouvements

    http://mouvements.info/Classe-dominante-et-oligarchie.html

    4) Les Sciences Economiques et Sociales - Pas de classes moyennes sans redistribution sociale et fiscale ?

    Credoc. Mars 2012.

    http://ses.ens-lyon.fr/pas-de-classes-moyennes-sans-redistribution-sociale-et-fiscale-credoc-mars-2012—161329.kjsp?RH=1200565413653

    5) Pour autant personne ne parle de limiter les salaires à un maxi de 2600 euros net par mois. F Hollande voyait lui le plancher des riches à 4000 euros net par mois. Mais c’était à propos d’une fiscalité "de gauche" qui devait les ponctionner. Ce qui ne résout pas la question salariale du manque à gagner. jusqu’à quel niveau faut-il augmenter les salaires ? On ne sait.

    6) J’ai proposé un reformatage de la petite-bourgeoisie. Je parle de trois types de petites-bourgeoisie. Ce texte a été soumis à débat et discussion sur Bellaciao (ou voisine bonne critique et stigmatisation sans argument) : "Les trois types de petite-bourgeoisie". http://bellaciao.org/fr/spip.php?article124357


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  • Les raisons d'une critique antiraciste du PIR.

     
    (Parti des indigènes de la république)

    http://blogdekrisdlr.over-blog.com/article-les-raisons-d-une-critique-antiraciste-du-pir-84884409.html

    Cette critique n'est pas aisée car c'est celle d'une dérive dans la dérive depuis 2005. Comme il y a la dérive de certains laïques - ceux issus de l'UFAL qui ont formé Riposte laique -, il y a la dérive au sein des Indigènes de la République. Cette critique n'est pas aisé car à une époque (disons entre 2005 et 2008) malgré des divergences sérieuses des combats communs ont pu être mené. Aujourd'hui ce n'est plus tenable. J'explique les raisons sans être trop long. Ce n'est qu'une seconde contribution qui vient compléter celle déjà publiée contre Pierre Tévanian (1)

    Il ne s'agit pas ici de pointer tel membre du PIR qui affirme ex abrupto à une camarade du MRAP "Oslo, c'est votre affaire" (traduisez Breivk le tueur est blanc comme "vous". Cela ne "nous" concerne pas). On pouvait se dire qu'il a mal compris les thèses du maître qui lui ne divise pas à ce point l'humanité en deux camps, en deux "nous" de race, deux "nous" racistes. Erreur.

    Choisissons donc un théoricien connu et certains de ses textes (pas tous) : Sadri Khiari est un intellectuel "indigène" prolifique. Il n'est pas le seul. Le Parti des Indigènes de la République dispose d'une "élite" bien formée. Pointons d'emblée le problème, pour nous antiracistes militants. On se trouve face à une théorisation d'un racisme "social" qui serait non seulement plus acceptable que le racisme ordinaire à la Zemmour (ce qui n'est pas le cas) mais de plus supérieur à l'antiracisme "blanc" ! Si si !

    En préalable, il faut signaler que l'antiracisme qui est partagé par toutes les organisations antiracistes en France de la LICRA au MRAP en passant par SOS Racisme, refuse ces théorisations dangereuses qui incitent à voir le monde en termes de "races", fussent des "races sociales" (sic) mais des "races" quand même. Malgré nos divergences nous sommes tous pour défendre un anti-racisme universel ou universaliste, compatible avec le meilleur de l'esprit républicain qu'on ne saurait assimiler unilatéralement au colonialisme des Républiques françaises historiques.

    Ajoutons, qu'il y a longtemps que l'antiracisme ne lutte plus seulement contre le racisme biologique. La sociologie est venue appuyer des procès de racisation éloigné d'un substrat biologique mais néanmoins constitutif de racisme. Les textes juridiques français, européens et internationaux sont venus valider ces conceptions. On ne saurait dire que l'antiracisme contemporain a un contenu modeste. C'est au contraire un champ vaste et complexe de lutte contre de multiples formes de racisme.

    Dans les extraits qui suivent, il faut donc bien noter que ce n'est pas n'importe quel "blanc" qui est visé mais l'antiraciste blanc, celui qui, à priori, est engagé contre le racisme, le militant, celui qui est censé être le plus proche de leurs adhérents. Ces textes ne sont guère connus mais ils sont clairs.

    Examen.

    1 - Les principes

    Pour Sadri  Khiari et Houria Bouteldja cela va jusqu'à distinguer deux antiracismes évidemment hiérarchisés : celui des "blancs" qui protège les privilèges des "blancs" et celui des autres nommés "indigènes".

    la plupart des militants antiracistes blancs sont convaincus que le racisme n’est qu’un archaïsme idéologique propre à la droite ou rechignent à reconnaître qu’ils sont eux-mêmes partie prenante du racisme institutionnel. Ils n’ont guère conscience des privilèges matériels et symboliques dont ils bénéficient en tant que blancs et de la suprématie sociale que leur confèrent les inégalités raciales. Ils sont incapables, par conséquent, de distinguer leur antiracisme de l’antiracisme indigène - et nous ne pouvons que regretter que la seule évocation de cette différence suffise à les mettre en rogne.

     A quoi sert l’antiracisme universel ?



    par Houria Bouteldja et Sadri Khiari
    http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1359

    S Khiari et H Bouteldja défendent une sorte apartheid ethnique puisque les blancs et les indigènes ne saurait faire un "nous", former une communauté humaine. Il insiste sur ce point dans l'article cité à propos d'un appel large.
    Ainsi, par exemple, un prolétaire noir et un prolétaire blanc ne saurait se prévaloire d'une condition commune . Systématiquement et à tous les niveaux de la société le blanc est dans une position sociale supérieure et "l'indigène" est en position subordonnée. Aucun "nous" n'est possible avec quiconque pas même au titre de la citoyenneté et du peuple souverain et démocratique. On sait pourtant que la citoyenneté a des vertus inter-culturelles fortes y compris dans les sociétés ou la diversité culturelle est reconnue.

    Il faut donc comprendre que la racialisation - "nous" racial - de S Khiari va jusqu'à concevoir un nous qui agrège l'éboueur noir et le patron de PME de descendance arabe et un nous qui agrège le blanc qui dort dans sa bagnole et Lagardère qui exploite les travailleurs. Disons le sans plus tourner autour du pot ce "communautarisme racial" est une forme de racisme.

    2 - Voyons ce que cela donne comme application.

    On trouve chez S Khari et H Bouteldja une caricature raciste de l'engagement des militants "blancs" qui ne s'intéresseraient qu'au sans papiers  :
    Même article, lisons :

    Il faut en effet s’interroger sur la propension des antiracistes blancs à se mobiliser en priorité et souvent avec célérité en faveur des sans-papiers tandis que sur d’autres causes antiracistes tout aussi importantes comme les violences policières, l’islamophobie, les inégalités raciales au logement, au travail, etc., seule une toute petite minorité d’entre eux sont mobilisables.

    Autre conclusion quand à une éventuelle lutte commune . Là la formule montre assez que deux mondes séparent les antiracistes blancs des "antiracistes indigènes"
    "On peut se faire un cinoche ensemble sans passer devant le maire"

    On dirait du Zemmour ou du Riposte Laïque ; pas de métissage même dans le militantisme.
    Il convient de rayer la formule "antiraciste indigène". Elle est radicalement fausse.

    N’est-il pas plus opportun de s’organiser séparément et de se retrouver ponctuellement pour agir, négocier, débattre ? A cette dernière question, nous répondrons, on s’en doute, par la positive : les indigènes doivent s’organiser de manière autonome, tout en cherchant les convergences, quand cela s’avère l’intérêt commun


     Pour Khiari les blancs et non-blancs font partie de deux camps opposés, et le "bon" blanc est quelqu'un qui lutte contre  SONcamp. On en concluera donc qu'une Rachida Dati ou une Rama Yade sont des "mauvaises" indigènes  là où nous voyons simplement des femmes de droite . Tout cela est odieux en plus d'être raciste.

    3 Quelle est la vocation de l'antiracisme universel selon S Khiari ?


    "Quant à l’antiracisme universel, sa principale raison d’être devrait résider, d’une part, dans le soutien aux luttes et aux espaces autonomes dont se dotent les indigènes et, d’autre part, dans la lutte contre son propre camp"

    En conclusion une observation d'un camarade du MRAP ( Gérard Kerforn du MRAP) qui fait réfléchir à l'ineptie de ces théorisations racistes.

    "J'ai un copain qui a deux  petits-enfants issus d'un couple mixte; le petit-fils a la peau très basanée; la petite-fille a la peau blanche et les cheveux blonds". Il ajoute : "Doit-on faire  un apartheid familial et considérer l'un comme l'indigène confronté à l'autre , la blanche aux privilèges de blanche (une souchienne qu'il faut éduquer comme dirait Houria Bouteldja) alors que lui sera peut-être, on se sait ce que la vie réserve,  gérant d'une PME et elle "technicienne de surface"

    Christian DELARUE
    Militant antiraciste

    1)Les antiracistes ne sont ni négrophiles ni négrophobes C Delarue
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1790


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