• Changer les banques : L’argent s’y accumule massivement.

    Promouvoir ici et ailleurs des changements en rupture avec le système.

    La monnaie fiduciaire ou scripturale ("l’argent") ne fait pas défaut contrairement à ce que dit parfois le sens commun qui abonde dans le sens de l’austérité à l’encontre des travailleurs salariés et plus largement encore parfois à l’encontre des peuples-classe. L’argent s’accumule dans les banques comme s’accumulent les marchandises sur les marchés des biens et services. Les banques des paradis fiscaux en accumulent beaucoup et pour des usages illégaux et illégitimes.

    1 - ACCUMULATION MASSIVE

    On a vu les sommes impressionnantes dégagées par les Etats pour sauver les banques privées il y a deux ans. On sait encore les sommes récemment accumulées par le CAC 40.

    Cet argent accumulé vient des profits dégagés par la production et de la vente des biens produits sur les marchés. Ce sont les travailleurs des entreprises capitalistes qui produisent ces montagnes d’argents comme ils produisent beaucoup de marchandises. Le profit financier est pompé sur la force de travail et va sur les comptes des grands actionnaires et assez peu "dans la poche" de celles et ceux qui en sont à l’origine.

    Les travailleurs ne créent pas de la monnaie à proprement parler, mais sans production pas d’argent. Le problème est que cet argent s’accumule surtout sur les comptes bancaires des capitalistes et sur les comptes des grands cadres des firmes multinationales. Ils servent alors à l’appropriation des biens marchands de luxe et secondairement à l’investissement dans la sphère de la production.

    2 - BANQUES A CHANGER partout y compris ici.

    Les banques sont des organes capitalistes de la société civile qui, outre leur pouvoir de création monétaire, collectent l’épargne et distribuent du crédit. Mais à qui ? Les banques privatisées n’ont pas de mission de service public ni de cahier des charges et donc n’agissent pas dans le sens de l’intérêt de tous car elles sont tournées vers la rentabilité financière et la spéculation. Même les banques coopératives n’échappent pas totalement à l’emprise des marchés financiers. Elles servent alors les possédants du plus possédant au moins possédant . Être insolvable revient à en être exclu.

    Le changement à promouvoir porte au plan national, continental et mondial. Au plan mondial il importe de lutter contre les paradis fiscaux et bancaires. Au plan européen il importe de changer la BCE ainsi que les institutions politiques (1)

    3 - "CASSER LES REINS" DE LA FINANCE (P Khalfa)

    Pour empêcher les dérives de la finance et mettre leur pouvoir au service de l’intérêt général il importe non seulement de ne plus vouloir "rassurer les marchés financiers" mais au contraire d’ôter aux financiers les mécanismes d’accumulation et d’investissement de la finance . Pour ce faire, outre l’institution des taxes sur les transactions financières (TTF) proposées par ATTAC un certain nombre de réformes de rupture avec l’existant sont à introduire :

    - Séparer les banques de dépôts et les banques d’affaires. Proposer d’en faire un principe fondateur contre la "république bananière" tant en France qu’en Europe.

    - Nationaliser les principales banques pour introduire la décision politique (mais pas pour socialiser les pertes). Il s’agit d’une démarche contraire à celle du gouvernement à l’encontre de La Poste.

    - Créer un pôle public bancaire autour de la Caisse des Dépôts et Consignations (2). La CDC est selon Jean-Philippe Gasparotto (CGT CDC) "la dernière grande institution financière publique française". Elle mérite mieux que son démantèlement néolibéral.

    - Refonder l’épargne populaire (Livret A)

    4 - QUELLE SOCIALISATION ?

    Par la société ? Les mesures d’appropriation publique doivent être accompagnées de mesures d’appropriation sociale au profit des représentants des personnels et de ceux des usagers. Sur ce point on peut renvoyer aux propositions de Yves Salesse (3)

    Pour la société ? Une réforme de rupture avec l’existant permettrait de sécuriser et développer l’épargne afin de l’orienter vers le financement de "l’économie réelle" - la sphère productive - et parmi elle de l’économie publique celle des services publics. Une telle orientation va à contresens de celle actuelle qui voit cet argent aller vers la spéculation et vers les acteurs de la finance. Satisfaire les besoins sociaux et non le "parasitisme" prédateur des financiers sur la production tel est l’enjeu.

    5 - S’UNIR, FAIRE FRONT.

    Pour réaliser cela un vaste mouvement populaire est nécessaire. On ne saurait imaginer une réussite de la mobilisation sans alliance des syndicats, des associations d’usagers, des associations citoyennes altermondialistes. Cela suppose aussi un compromis gagnant entre les "coopérativistes" pro-NEF (4) et les syndicats de fonctionnaires.

    Une transcroissance des luttes au-delà de chaque cadre national est aussi nécessaire. Elle passe par la coordination des luttes en cours contre les politiques d’austérité en Europe.

    Christian Delarue

    Membre d’ATTAC France et de la CGT Finances publiques 35.

    1) Europe, sortir de l’emprise des marchés Pierre Khalfa in Les Temps Nouveaux n°1

    2) Le rôle du secteur bancaire et financier Jean-Claude Branchereau et Jean-Marie Roux in LTN n°1

    ainsi que Pour un pôle financier public -J Cossart, JM Harribey, D Plihon

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php ?article418

    Crise : des altermondialistes veulent une nationalisation générale du crédit (AFP)

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php ?article432

    *Refonte et socialisation de la finance

    Exrait d’un texte paru sur contretemps.eu

    http://www.contretemps.eu/interventions/il-existe-alternative

    Une refonte du secteur financier est urgente. Mais une réglementation, si elle est importante, ne suffira pas : les institutions financières ont fait la preuve de leur extraordinaire capacité d’innovation pour contourner les règlements. La finance est un secteur essentiel qui ne peut être laissé aux préoccupations à court terme du profit privé. De fait, ce secteur a déjà été très largement nationalisé, mais de manière absurde, en étouffant toute voix publique, et les prises de participation publiques vont être privatisées à nouveau dès qu’il y aura des repreneurs. La crise a démontré que les grandes banques privées usent et abusent de l’avantage que leur procure le fait d’être « trop grands pour faire faillite » (/too big to fail/).

    Pourtant, financer les nouveaux investissements socialement utiles, par exemple dans le secteur de l’énergie est un défi majeur. Cela implique de bâtir un secteur financier public, ce qui ne peut se limiter à la propriété étatique, mais passe par une propriété collective avec la participation des travailleurs et des autres acteurs concernés par les décisions. Un tel secteur financier socialisé doit garantir la transparence des comptes. C’est seulement en se fondant sur une telle structure que les réglementations financières pourront aboutir à des résultats socialement souhaitables : un contrôle effectif de toutes les institutions financières, la responsabilité réelle de ceux qui prennent les décisions, des capitaux pour les besoins anticycliques et l’élimination des opérations hors bilan, comme le suggère par exemple ATTAC2

    Sur la CDC : Ce que propose la CGT de la CDC.

    http://www.uscd.cgt.fr/spip.php ?article124

    Voir aussi CGT Finances de sept 2008 ou

    http://www.finances.cgt.fr/spip.php ?article878

    3) "Réforme et révolution , proposition pour une gauche de gauche" d’Yves Salesse.

    4) Depuis la réforme de La Poste, la NEF est très valorisée dans ATTAC bien que pas vraiment une banque et non présente localement.

     


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  • MANAGEMENT

    Cliniques privées gérées à flux tendu. Hôpitaux publics itou !
    Partout dans le monde une même logique détruit la santé de qualité pour tous et toutes !

    C'est surtout en écoutant des discussions de cadres supérieurs de santé que j'ai pris ces notes. Plus quelques appréciations personnelles qui d'emblée donne le ton.


    L'amélioration de l'offre de soin et de l'état de santé d'une population donnée est un objectif louable qui nécessite des politiques publiques fortes s'attachant  plus à la satisfaction pleine et entière de ces besoins sociaux spécifiques qu'à une couverture minimale compatible avec une réduction obsessionnelle des coûts. Or, aujourd'hui les politiques publiques de santé fonctionnent à "l'économie" en personnel bien loin de la négligence, de l'opulence et du laxisme souvent stigmatisé par les libéraux. Les gestionnaires privilégient la performance, l'efficacité, l'efficience et donc les divers paramètres du rendement comme catégorie générale . Cette priorité gestionnaire est nuisible aux humains, aux travailleuses, aux conditions de travail et de vie des infirmières et des aides soignantes mais aussi aux malades qui sont soignés très rapidement avec de nombreux risques voire qui ne trouvent ni lit ni personnel de soin.

    Ces politiques gestionnaires aboutissent à réduire l'offre de soin tant quantitativement que qualitativement face à la demande. Non seulement on ne trouve pas des structures de soin avec du personnel en nombre pour la réception des patients attendus et potentiels (urgences) mais en plus on pousse  les patients dehors pour faire des économies. Au moindre indice de baisse d'activité on ferme  des unités de soins, des lits et on mute le personnel soignant en fonction de ces baisses supposées d'entrées de malades ou d'accidentés. En cas d'erreur, notamment du fait des urgences, c'est le cadre d'astreinte qui doit sollciter à la va-vite, par téléphone, le personnel mis en congé ou embaucher des infirmières. Il est plus difficile de faire réouvrir les services de soins.

    Pourquoi les gestionnaires ont-ils cette obsession anti-humaniste contre les patients et les personnels ?

    Avec la configuration néolibérale contemporaine des politiques menées depuis 20 ans, les macro-dirigeants ont poussé à soumettre les activités de soin aux logiques marchandes (non seulement au sein des cliniques privées ordinaires mais aussi dans les hôptaux publics soumis à des règles pourtant différentes de celles du marché) et aux logiques financières (cliniques côtées en bourse). Logiques technocratiques et logiques économiques se combinent sur le dos de la démocratie et du social.

    Au niveau global (mondial) ce sont les statistiques et des modèles économétriques complexes qui servent à comparer les inputs (moyens mis en entrée) et les outputs ("sortie" attendue ou constatée).
    - INPUTS sanitaire : le facteur travail (de soin) mesuré par le nombre de médecins pour 1000 habitants, le facteur matériel représenté par le nombre de lits pour 1000 habitants et le total des dépenses de santé en pourcentage du  PIB
    - OUTPUTS de santé : l'espérance de vie à la naissance, l'espérance de vie en bonne santé, le taux de mortalité des moins de cinq ans.

    Sur ces bases sont dressés des comparatifs entre Etats à propos de la performance de soin et de santé.  Mais le type de structure n'est souvent pas évoqué alors que les règles de gestion en usage sont déterminantes sur la qualité des soins et sur les conditions de travail des infirmières et aide-soignantes. Un hopital public se distingue fortement d'une clinique privée . Ce n'est qu'une première distinction car au sein des établissements privés ceux ouverts aux marchés boursiers et à l'actionnariat sont soumis à des logiques financières parasitaires absentes des établissements privés ne recherchant de dividendes pour leurs actionnaires. Il est à noter que les actionnaires des établissements privés ne sont pas les salariés (infirmières et aides soignantes pour qui l'intensification de l'activité n'a pas  pour contre partie l'augmentation de leur rémunération) mais les professionnels libéraux (médecins, chirurgiens et spécialistes, kinésithérapeuthes).


    Christian Delarue


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  • Une critique (concentrée) de la HFP (Ens Sup Rech)


    La logique de privatisation, de marchandisation et d'autonomie décisionnelle et budgétaire ne va pas vers la socialisation et encore moins l'autogestion c'est évident . Les mesures de décentralisation et d'autonomie fonctionnelle visent au contraire a faire reculer la démocratisation et la citoyenneté au profit d'une logique d'obéissance aux normes du libéralisme: plus de concurrence moins de solidarité, plus de diktat moins de concertation, plus d'austérité et moins de moyens . La logique des réformes de l'enseignement public supérieur pousse vers l'installation d'un chef adoubé pour sa loyauté (avec augmentation des primes à l'appui- c'est l'aspect caché et à dévoiler) et pour sa fermeté dans l'exercice du "sale boulot" (reconnaissance d'appartenance à l'élite sur la base de la domination) . On va donc globalement vers un autoritarisme accru comparable à celui que l'on connait chez certains patrons d'entreprises privées très enclins à imposer leur ordres mais peu disposé à écouter leur salariés. L'Enseignement public supérieur n'est plus vraiment public mais réservé tant à l'égard des usagers qu'au regard des gestionnaires. La réforme assure la mainmise et l'appropriation par la haute bureaucratie parasitaire acquise au néolibéralisme par le jeu des primes et du pantouflage.


    Il ne s'agit pas là d'une critique unilatérale et dogmatique de la haute fonction publique. L'autre Etat souhaité (car l'Etat ne disparait pas soudainement) pour enclencher la socialisation des entreprises nationalisées aura besoin d'une haute fonction publique mais orientée vers une autre compréhension de ses missions. Cette critique est donc plus particulièrement concentrée vers une évolution marquée par le pantouflage avec les organes de direction des grandes entreprises privées . Et au-delà par une logique de mimétisme ambiant renforcée par la logique de rentabilité les diverses réformes de l'Etat dont la LOLF (qui est un succédané de marchandisation introduit artificiellement dans des institutions fonctionnant sur une autre logique ; la valeur d'usage, la généralisation du service gratuit pour tous) Ces directoires ou gouvernances du privé sous l'effet de la financiarisation et du nécessaire taux de rentabilité pour les actionnaires ont connu une dérive parasitaire marquée par l'abandon de l'investissement productif industriel et la surexploitation salariale. Voilà, en résumé, "l'école de la vie" d'un certain nombre de hauts cadres de la fonction publique : ils reproduisent dans le public la logique de domination du privé. Cette perversion des règles du public est méprisable mais n'atteint pas toute fonction publique supérieure. La seule fonction proprement noble d'une administration non parasitaire est de servir l'intérêt général au sens de satisfaction des besoins de l'ensemble des usagers. Elle devient parasitaire lorsqu'elle travaille pour un intérêt réduit, celui de la reproduction d'une couche sociale privilégiée sur la base d'une sélection toujours plus forte. Tout cadre supérieur qui annonce vouloir s'inscrire dans une ligne de satisfaction la plus élargie des besoins d'éducation suscite admiration et respect . Car la compétence des cadres ne suffit pas à leur assurer le respect réel puisque leur mission est d'imprimer une direction, une orientation.

    Christian Delarue

    Pas de notes alors que bourré de présupposés mais ce texte était simplement destiné à une liste spécialisée enssuprech d'attac



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  • Vers un néosocialisme vert : Etendre le marché ou le circonscrire ?

    Libérer l'entreprise de la tutelle de la propriété capitaliste ne signifie pas abolir le marché (1) . La chose est entendue même par ceux qui entendent le circonscrire par la démarchandisation, la promotion des services publics, de la sécurité sociale et d'un volet de planification démocratique. Mais dans l'altermondialisation certains veulent le réguler et même l'étendre.

    I - Contre les pollutions, l'écologie de marché et un altercapitalisme vert?

    Dans l'altermondialisation entendue comme mouvance large (qui comprend en son sein un fort courant altermondialiste antisystémique) il y a l'espoir de forger un "bon" capitalisme à la fois social et vert. Cela suppose d'oublier que le fonctionnement du capitalisme au plus près de sa logique intrinsèque suppose à la fois un taux de profit suffisant et des débouchés sur les marchés. Le capital marchand a partie liée avec le capital productif. A la différence de Ricardo Marx a montré l'articulation entre la loi de la valeur et la loi de l'offre et de la demande (2 ). De même que l'on ne peut lutter seulement contre le capital financier jugé pervers en pensant que les autres formes de capital sont saines et ajustables.

    L'altercapitalisme vert croit aux vertus coordinatrices du marché ; Il voudrait faire même faire l'inverse que de circonscrire le marché puisqu'il imagine des procédés de réinsértion des "externalités " dans le marché. Voici, par exemple, ce qu'écrit Marc Fleurbaey dans "Capitalisme ou démocratie" (p153) : "Une autre condition pour que le marché aboutisse à l'efficacité est que toutes les interactions économiques entre individus soient médiés par les marchés. Lorsque ce n'est pas le cas, on dit qu'il y a des "externalités", c'est à dire des interactions extérieures aux marchés, et cela perturbe l'efficacité de l'allocation résultante. Un exemple classique est celui de la pollution. Lorsque je circule en ville avec ma voiture, je dérange quelques personnes en polluant l'air, en faisant du bruit, en encombrant le trafic routier. Or pour prendre ma décision d'aller en ville avec ma voiture, les seuls marchés qui contraignent mes possibilités sont le marché de l'automobile sur lequel j'ai acheté ma voiture, le marché de l'assurance automobile, et le marché des carburants. Il n'y a aucun marché où je doive payer pour le dérangement et la pollution que ma décision entraîne, et donc aucun moyen pour les personnes dérangées de m'informer des conséquences néfastes de ma décision".

    Les externalités étant fort nombreuses, peut-on vraiment les intégrer à "l'ordre marchand". Non répond Michel Husson ( 3) Et Daniel Tanuro d'enfoncer le clou : les mécanismes du marché pourrissent le climat ! (4)

    Changeons de logique sans plus tarder car faire reculer les marchés c'est ouvrir une autre perspective économique et sociale.

    II - La marchandise pour les profits contre les besoins sociaux

    - changer de dynamique

    L'une des tendances les plus frappantes du capitalisme contemporain est de chercher à transformer en marchandises ce qui ne l'est pas ou ne devrait pas l'être, et d'abord les services publics et la protection sociale. Un tel projet est doublement réactionnaire : il affirme à la fois la volonté du capitalisme de retourner à son état de nature en effaçant tout ce qui avait pu le civiliser ; il révèle en outre son incapacité profonde à prendre en charge les problèmes nouveaux qui se posent à l'humanité.
    La distinction établie par Marx entre valeur d'usage et valeur d'échange est ici une clé essentielle pour comprendre les exigences du capitalisme. Il veut bien répondre à des besoins rationnels et à des aspirations légitimes, comme soigner les malades du sida ou limiter les émissions de gaz à effet de serre ; mais c'est à condition que cela passe sous les fourches caudines de la marchandise et du profit.
    (Extrait p 183 de "Un pur capitalisme" de Michel Husson)

    - changer de paradigme théorique au sein du marxisme

    J-M HARRIBEY : CONSTRUIRE UNE ECONOMIE POLITIQUE DE LA DEMARCHANDISATION

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article152


    III - Le néosocialisme comme perspective de l'autre monde possible.


    Le néosocialisme combine un mouvement de nationalisations ou d'appropriation publique des grands moyens de productions, d'échange et de distribution notamment dans ce qui relève des piliers du systèmes énergétique et une dynamique d'abolition des rapports sociaux capitalistes de production dans les entreprises de niveau local qui vont être motrices non seulement en terme de relocalisation mais aussi pour aller vers l'autogestion mais qui ne peuvent assurer une coordination et une distribution égalitaire sur un territoire large. Ce n'est pas tout : le néosocialisme veut aussi faire reculer fortement la "marchandisation du monde" et "la dictature des marchés" (pas que celui de la finance).

    Globalement, il s'agit donc bien de passer à un autre monde radicalement différent et non de se satisfaire d'un monde meilleur à base d'un nouveau compromis keynésien et d'un néosolidarisme à "économie plurielle" (5 ). Pour autant, le néosocialisme ne méprise pas l'économie sociale et solidaire (ESS) ni les sociétés coopératives ( SCOP) car pour ce qui n'a pas besoin d'une centralisation permettant une meilleure redistribution égalitaire ou faisant intervenir une inégalité de péréquation (réfléchie et démocratiquement décidée) l'ESS et les SCOP peuvent se monter efficaces, en tout cas mieux que sous la domination du capital et sous le poids des logiques marchandes. Enfin tout cela ne signifie pas choisir entre réformes et révolution ni donc refuser de militer ensemble. Des réformes "à effet cliquet" permettent de faire reculer le néolibéralisme et d'avancer vers l'autre monde possible.

    Retour sur les marchés : Le marché des biens et services comme le marché de la force de travail institue des rapports sociaux très inégalitaires (à défaut d'être antagoniques comme les rapports de production capital/travail) . Il est mystificateur d'évoquer les choix libres du consommateur fût-il "éclairé" et "citoyen" car d'une part il lui faut être solvable et d'autre part les choix proposés sont restreints par le mode de production. De plus en plus le consommateur ne peut choisir que des enveloppes différentes de biens similaires à obsolescence plus ou moins rapide, ce qui est contraire au "développement durable" ou plutôt à l'alter-développement.

    Si le socialisme autoritaire s'appuyait déjà sur une économie de satisfaction des besoins sociaux contraire à une économie du profit et du marché alors le néosocialisme marquera lui son empreinte par un double souci : démocratique et écologique . C'est toute la tâche de l'altermondialisme. La crise écologique met à l'ordre du jour l'éco-socialisme et notamment un alter-développement qui préconise une dialectique croissance / décroissance fondée sur des choix démocratiques. La "pulsion démocratique" débridée par le néosocialisme va beaucoup plus loin que ce que peux accepter la démocratie libérale, qui est foncièrement très restreinte de par sa configuation idéologico-historique, et qui tend d'ailleurs à régresser sous la forme de la gouvernance et de la "démocratie des lobbies". Le néosocialisme intègre lui un stade supérieur nouveau de configuration démocratique : une "alterdémocratie" (6 ) car elle fait intervenir les citoyens-producteurs dans le champ économique aussi bien dans que hors l'entreprise. Il ne s'agit pas, il faut le répéter, d'abolir le marché mais pour autant évoquer simplement sa régulation (Marc Fleurbaey) ne suffit pas. Il importe d'empêcher son extension et même de le circonscrire notamment par la mise en place d'une planification démocratique (7) combinée à une extension des services publics. Les services publics ne répondent pas à une demande solvable mais à des usagers. Ils visent à satisfaire des besoins dès lors que dégagés de l'influence pernicieuse des logiques marchandes envahissantes. Soumis au politique et à la décision démocratique d'un peuple réellement citoyen (et non juste pour un vote de temps en temps) il peuvent se dégager du court terme économique des sociétés à dominante capitaliste.

    IV - Conserver l'expression altermondialiste de l'autre monde.


    Il est souhaitable que le mouvement altermondialiste conserve l'expression ouverte "autre monde" non seulement parce que c'est dans la Charte de Porto Alègre mais aussi parce que la formule permet de combiner librement et sans théorisation à priori plusieurs libérations d'oppression et de domination hors l'exploitation du travail par le capital et hors la domination productiviste de la nature par le capital . Ainsi les mouvements antiracistes militent pour un monde sans racisme et sans colonialisme ni impérialisme comme d'autres acteurs amis veulent un monde sans sexisme, un monde sans guerre (ce qui ne signifie pas totalement pacifié au plan relationnel). Ces dominations et oppressions se confortent et l'on peut penser que le capitalisme dans sa dynamique historique les a articulé y compris celles qui ne sont pas générées par lui (comme le sexisme et le racisme) mais l'histoire du mouvement ouvrier international montre qu'il convient de conserver l'autonomie de chaque lutte ce qui n'empêche nullement de penser leur articulation ni de penser le néo-socialisme.

    L'altermondialisme est une promesse, celle de renouveler la pensée et la pratique de l'émancipation et ce faisant tenir les promesses non tenues du passé.


    Christian DELARUE

    CA d'ATTAC Fce

    1) in Jacques Bidet et Gérard Duménil in Altermarxisme Un autre marxisme pour un autre monde p249

    2) Relire le capital de Tran Hai Hac volume II page 127

    3) Le capitalisme vert est-il possible ? Michel Husson
    http://hussonet.free.fr/capivert.pdf

    4) Comment les mécanismes du marché pourrissent le climat. TANURO Daniel

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article352

    5) Misère du solidarisme et du néosolidarisme - JJ Lakrival
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article320

    Lire aussi : L'économie sociale et solidaire n'existe pas - M. HELY

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article66291

    Deux critiques de la "société de marché"
    http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article58371

    6 ) Alterdémocratie / Autre démocratie : le trajet et le but.
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article115

    7) La planification à l'ordre du jour - Michel Husson
    http://hussonet.free.fr/sarkopla.pdf


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  • QUE FAUT-IL NATIONALISER ?

    A propos de deux façons d'aborder la question qui ne s'opposent plus !

     

    Au préalable la question n'est pas ici de débattre sur nationalisation- appropriation publique – appropriation sociale – on tiendra ces termes pour équivalent. Il s'agit d'aborder ce que je perçois très subjectivement au sein de la mouvance « alter » comme deux visions d'aborder la question « que faut-il nationaliser ? ». La nationalisation de SIDOR relance le débat (1).

    La problématique de la nationalisation semble abordé dans certains débats d'ATTAC pour les valeurs d'usage essentielles à la vie quotidienne et pour les biens communs et donc pour ce qui doit être dégagé de la marchandisation (valeur d'échange) et de l'appropriation privée mais pas – en tout cas pas pour les mêmes camarades - pour assurer la souveraineté d'un pays par rapport à une puissance impériale. Pour affirmer cela je n'ai guère d'études scientifiques mais plutôt une impression issue de multiples discussions.

    En fait, c'est le regard tourné vers les pays de l'Amérique latine qui peu à peu a fait émerger des différences de point de vue. Plus que la question des délocalisations (2). Certains pays d'Amérique latine – Bolivie, Brésil, Venezuela – sont en train d'engager difficilement une déconnexion relative (3) à l'encontre du marché mondial et des USA change les perceptions mais avec quelques résistances.

    Disons que l'on pouvait - dans le contexte idéologique altermondialiste antérieur à la prise de conscience collective des enjeux d'émancipation en Amérique latine - proposer l'appropriation publique nationale avec enclenchement d'une démarchandisation et d'une démocratisation radicale pour des secteurs tels que l'eau, la chimie médicamenteuse et la santé, l'énergie, le logement, les télécommunications, et quelques autres secteurs... mais être plus circonspect lorsqu'il s'agit de l'aviation ou l'automobile et plus largement de l'industrie.

    Etait-ce parce qu'il y avait un doute sur la possible et réelle définanciarisation - démarchandisation - démocratisation d'une nationalisation dans ces secteurs et donc sur le fait que le processus profite réellement aux travailleurs ? La nationalisation n'était peut être vu que comme un changement de patron sans autre enjeu ou comme un compromis perdant avec le capital (financier et industriel).

    Il y a un an la question se posait par rapport aux gâchis du capital industriel. (4) Et certains débats à l'université d'été 2007 de Toulouse tenus à la suite de l'intervention d'Hubert PREVAUD (5) ont provoqué un « bougé ». La question se pose aussi pour le secteur bancaire (6).

    Christian Delarue

     

    Des commentaires sur Bellaciao
    http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article64948

    1) Cf. « RIPOSTE » le Chavez nationalise SIDOR : une victoire pour les travailleurs
    http://www.lariposte.com/Chavez-nationalise-SIDOR-une-victoire-historique-1011.html

    La LCR aussi : Nationalisation de SIDOR au Venezuela, une victoire qui en appelle d'autres !
    http://www.jcr-red.1901.org/spip.php?article612

    2) lundi 26 septembre 2005 : De : Jérôme Métellus Comment lutter contre les délocalisations ?

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article19042 

    3) j'emprunte le mot à Samir AMIN avec réserve (non pour ce qu'en dit l'auteur mais pour l'application adéquate aux processus en cours).

    4) il y a un an le lundi 23 avril 2007 (22h29) : CONTRE LES GÄCHIS INDUSTRIELS DU CAPITAL Je pose ici un certain nombre de conditions pour la réussite de l'entreprise.
    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article46949

    5) jeudi 30 août 2007 (22h46) : Sortir Airbus de l'impasse. Hubert PREVAUD CGT Airbus

    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=51993 

    6) Renationaliser les banques cf. « Un spectre hante la finance » publié par Paul Jorion à propos de la nationalisation éventuelle de Northern Rock,
    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article59470



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