• BALI 2007 : CLIMAT ET COMBATS ALTERMONDIALISTES

    sur Bellaciao sous le titre :

    BALI 2007 : DU MAUVAIS CLIMAT A UNE AUTRE PRODUCTION ?

    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=58456


    La question climatique a été posée une nouvelle fois à Bali ce mois de décembre 2007. A-t-on repéré l'origine de la production des émissions de gaz à effet de serre au-delà de sa localisation géographique? Non. "On aura même remarqué que, à Bali, et pour la première fois, la Conférence s'adresse aussi bien aux pays développés qu'à tous les autres". Or tous les Etats ne portent pas la même responsabilité. Celle des USA est très importante. Et derrière l'Etat c'est surtout le capital transnational nord-américain qu'il importe de viser comme responsable premier de la dégradation écologique. Or actuellement la pente idéologique et médiatique va à la stigmatisation des individus-consommateurs (qui ont certes leur part de responsabilité au "Nord") et la convocation indistincte de tous les Etats et, bien que ce ne soit pas dit explicitement, de tous les peuples comme responsables des dégâts écologiques du capitalisme débridé.

    La solution, quelque soit les moyens techniques préconisés (cf doc attac 1), ne peut être que sociale et écologique, autrement dit de blocage de l'exploitation salariale avant renversement de tendance comme de la prise en compte d'un alterdéveloppement économe et solidaire (2 ). Une étude de Michel HUSSON (à paraitre prochainement) montre qu'à l'échelle de la planète que capital poursuit l'augmentation des son profit et corrélativement la baisse de la part salariale. C'est là une "injustice" que l'on pourrait qualifier de "structurelle" ou de "systèmique", en tout cas de "première" (car il y en a d'autres). Et la France ne fait pas exception. La part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises n'est que de 65,8 % en 2006 alors qu'elle était de 74, 2 % en 1982, soit un recul de 8,4 points.

    Inverser partout et ensemble cette tendance lourde et mondiale est une nécessité. Il convient aussi d'orienter autrement le mode de production de biens et service. Ce qui revient à introduire de nouveaux critères (3) fort différents que ceux de la rentabilité et l'obsolescence des biens dès la fabrication. Des critères plus compatibles avec la logique de service public (4).

    Christian DELARUE Membre du CA d'ATTAC France

    1) CONFÉRENCE DE BALI SUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE, IL Y A LOIN DE LA COUPE AUX LÈVRES

    http://www.france.attac.org/spip.php?article7984

    2) « Altercroissance/alterdéveloppement : de la critique du mal-développement aux pistes alternatives » Conférence-débat Muzillac du 25 sept 2005 avec Jean AUBIN et Christian DELARUE

    http://rennes-info.org/Altercroissance-alterdeveloppement.html

    3) critères d'une autre production : Cf. « Une autre économie orientée vers le développement humain »

    http://rennes-info.org/Une-autre-economie-orientee-vers.html

    et : « Pour une pleine intégration de la dimension écologique dans l'orientation d'ATTAC »

    http://rennes-info.org/Pour-une-pleine-integration-de-la.html

    4) Réorienter les services publics pour satisfaire les besoins popûlaires dans les quartiers délaissés

    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=57185


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  • DEUX CRITIQUES DE LA "SOCIETE DE MARCHE"

    Avec le temps les terminologies qui caractérisent les sociétés et les économies changent : On n'oppose plus guère capitalisme (son mode de production) et socialisme . De même « l'économie mixte » (combinant secteur privé marchand et secteur public étatique) a laissé place à « l'économie plurielle » (qui a ajouté un "troisième secteur" dit « économie solidaire » à "l'économie mixte"). Plus récemment les socio-libéraux et les socio-démocrates ont distingué « économie de marché » et « société de marché ».

    Ils le font pour défendre l'économie de marché mais pas la société de marché. Ils le font aussi par un double souci tactique de positionnement d'une part contre la droite accusée de défendre la société de marché et d'autre part contre le reste de la gauche qui critique le capitalisme. Mais laissons ces aspects pour s'intéresser au fond. Car le fond pose le problème d'aller jusqu'au bout de la démarche et de ne pas se satisfaire de critiques sur les marges qui in fine laisse advenir la société de marche. C'est sans doute la raison qui a fait dire à Isabelle RICHET (1) : "Contrairement au slogan concocté en son temps par Lionel JOSPIN, économie de marché et société de marché sont bien indissociables"

    I - ALTERMONDIALISATION OU LA CRITIQUE QUI LAISSE PLACE A UNE ECONOMIE DE MARCHE ENVAHISSANTE


    Partons de la distinction de Bernard PERRET (2) : "D'un côté, le marché – c'est à dire l'initiative économique privée, la concurrence et le droit à l'enrichissement personnel – est reconnu comme le mécanisme de base d'une économie dynamique susceptible d'assurer l'accroissement continu de la richesse économique. D'un autre côté, il est affirmé tout aussi nettement que le marché ne doit pas englober la vie sociale dans sa totalité, et que tous les aspects du développement social ne se réduisent pas à l'accroissement de la richesse monétaire".

    Cet auteur propose "de valoriser l'échange social non monétarisé (économie familiale et de voisinage, activités philanthropiques, sportives ou artistiques exercées à titre amateur, etc.) pour ne pas sombre dans la société de marché". C'est bien maigre ! Il ajoute : "Les politiques et interventions publiques que l'on associe spontanément à l'endiguement du marché font référence à des objectifs plus traditionnels de régulation économique (encadrement juridique de la concurrence et des activités financières, stabilisation des fluctuations économiques), de lutte contre la pauvreté, l'exclusion et les inégalités ou encore de protection des libertés individuelles dans le travail, sans oublier, bien sûr, la protection de l'environnement. Objectifs essentiels, cela va sans dire, mais la question de la monétarisation de la vie sociale n'est pas posée en tant que telle". Non cet objectif est loin de suffire. Sa faiblesse témoigne de l'évolution de la société française et notamment de la pente idéologique et programmatique du principal parti qui a assumé le pouvoir en France depuis 1981.

    Finalement, ou se situe la différence ? Bernard PERRET (qui défend une position restrictive de « l'économie solidaire ») dit in fine : "Concrètement, cette orientation pourrait se traduire par l'encouragement et le soutien de ce que l'on appelle parfois " l'économie solidaire ", à savoir les modes de production des services collectifs qui reposent sur l'entraide sociale, les solidarités communautaires et l'initiative citoyenne". Le coopérativisme sous ses diverses variantes, lui-même parti prenante de l'économie de marché, viendrait donc circonscrire le marché des firmes. C'est de l'altermondialisation pas de l'altermondialisme!(3) Avec cette logique, nous n'allons pas vers un autre monde, nous aménageons ce monde aux marges! Le capital règne, l'économie de marché règne, mais une place aux marges est laissé à "l'économie solidaire"


    II - ALTERMONDIALISME OU LA CRITIQUE QUI CIRCONSCRIT LE MARCHE ENVAHISSANT ET DOMINANT


    - SUR LE MARCHE DES BIENS ET SERVICES :

    Si l'on accepte l'économie de marché mais pas la société de marché cela semble signifier non seulement une "critique de l'argent" mais un refus de la généralisation de la marchandisation donc de l'échange marchand . L'échange de valeur marchande passe par la monnaie mais l'échange de valeur d'usage aussi. Dans un cas il s'agira de prix (de marché), de clientèles (solvables voire fortunées), dans l'autre il s'agira de services publics ou des entreprises publiques avec des tarifs (réglementés) et d'usagers qui peuvent aussi être des citoyens. Pour ne pas en rester à des banalités il faut dire clairement que l'économie de marché a sa place mais pas toute la place . Autrement dit elle doit laisser place à une autre logique que la sienne sans chercher à la dominer ou la subvertir. Pour être plus précis encore, la logique de service public fondée sur d'autres critères que la logique marchande peut elle aussi trouver sa place dans une "société mixte" non marchandisée ni privatisée à outrance. C'est que défendaient le PS de Mitterrand avant 1986 . De même les entreprises nationalisées peuvent le rester. L'appropriation privée de tous les grands moyens de production n'est pas un dogme libéral à suivre.

    - SUR LE MARCHE DE LA FORCE DE TRAVAIL :

    Défendre l'économie de marché et la concurrence sans généralisation donc sans passer à la "société de marché" devrait permettre de ne pas soumettre les humains, la force de travail salariée à la marchandisation ce qui suppose l'existence d'un code du travail digne de ce nom pour les salariés du privé et un statut de la fonction public non démantelé et calé sur les principes du privé et de la marchandisation totale et absolue. Dans ce cas c'est l'économique qui domine les humains agenouillés devant un Dieu Economie avec son bréviaire : concurrence, flexibilité, se valoriser, se vendre, travailler plus, se soumettre. Les marxiste nomme de double processus contradictoire le fétichisme. Le travailleur perd sa majuscule d'humain (chute, perte, agenouillement) devant les fétiches qui gagne une majuscule en surplombant les humain : Entreprise, Economie, Rentabilité, Retour sur investissement, Concurrence des marchés, Contrôle hiérarchique, Technologie, Compétence (et non qualification) etc.

    Derrière "l'économie plurielle" (comme auparavant derrière "l'économie mixte") se cache la domination de l'économie capitaliste, une économie  historiquement fondé sur l'exploitation du salariat et sur le profit et en phase néolibérale sur l'extension mondiale de la finance.

    Christian DELARUE
    Membre du CA d'ATTAC France

    1) Isabelle RICHET in Les dégâts du libéralisme - Etats-Unis: une société de marché Textuel

    2) Bernard PERRET in Refuser la société de marché, qu'est-ce à dire?
    http://pagesperso-orange.fr/bernard.perret/ONU.htm

    3) L'altermondialisme souligne les amiguités de l'économie sociale et solidaire :

    A titre d'exemple je reprends ici le propos de Gabriel MAISSIN (*): L'économie sociale et solidaire est marquée par une sorte d'ambiguïté que l'on retrouvera dans toutes ses composantes. Il n'est pas simple d'échapper aux logiques du système au sein duquel on agit. Que ce soit la logique de l'instrumentalisation par les pouvoirs publics (qu'ils soient locaux, nationaux ou européens...), celle de la mise en concurrence avec les firmes privées ou celle de la logique financière du capital.

    * dans son commentaire du livre de Thomas COUTROT "Démocratie contre capitalisme"
    http://politique.eu.org/archives/2006/02/12.html

     

    4) Critiques de "l'économie plurielle"

    L'altermondialisme n'est pas soluble dans le néosolidarisme.
    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=27288

     

    Vous critiquez l'Economie sociale et solidaire mais n'osez pas vous dire écosocialiste !
    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=23958

     

     


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  • L'UNIVERSALISATION DES CRITERES FRANÇAIS DU SERVICE PUBLIC EST-ELLE POSSIBLE?

    ELEMENTS DE DISCUSSION

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    On dit que les services publics sont une particularité française et qu'il est difficile en conséquence de vouloir étendre tel quel au reste du monde. Il me semble pourtant que les trois grands éléments définitionnels du service public peuvent être généralisés avec quelques adaptations afin de créer un système mondial hiérarchisé de service public permettant de garantir aux populations un accès de qualité aux biens et services essentiels pour vivre confortablement. Pris conjointement ces éléments heurtent frontalement la marchandisation généralisée des biens et services sur la planète ainsi que l'appropriation privée de leurs productions.


    1 - L'ELEMENT FONCTIONNEL caractérise le but poursuivi par les services public :

    Il s'agit d'une activité d'intérêt général et non d'une activité orientée vers le profit d'une personne privée. Il s'agit prioritairement de satisfaire les besoins ordinaires des usagers hors de la sphère marchande. Ces besoins sont certes variables dans le temps et dans l'espace mais les humains ont tous besoin de se loger, d'accéder à l'eau, de s'instruire, de se déplacer, de communiquer, d'accéder aux loisirs et à la culture, etc. Pour ce faire l'exigence de solvabilité sera en principe réduite par un système tarifaire - par nature différent du mécanisme aveugle des prix du marché - au point de rendre le cas échéant le service totalement gratuit.

    Le but de l'intérêt général justifie aussi des sujétions spécifiques de fonctionnement du service – service conçu alors non plus comme activité mais comme organisation. Ces sujétions se retrouvent dans l'élément matériel.

    2 - L'ELEMENT MATERIEL caractérise l'application d'exigences particulières inscrites dans le droit sous forme de normes.

    Je donne ici un autre sens à cet élément car le droit français évoque lui la référence à un régime juridique exorbitant du droit privé. Il y a là une particularité qui tient à l'existence d'un droit administratif différent du droit privé, du « droit du marché ». Sur le plan du fonctionnement un service public ne saurait fonctionner avec les mêmes règles qu'une entreprise privée ordinaire agissant pour accroître le profit et en concurrence avec les autres entreprises du marché. La question du fonctionnement du service concerne aussi le statut des personnels, lequel pose des règles et des garanties permettant de dégager plus ou moins la force de travail employée dans et pour le service public du statut ordinaire de simple marchandise qui demeure, à cause des insuffisances du droit du travail, la « vérité » du statut de la force de travail dans les entreprises privées.

    3 - L'ELEMENT ORGANIQUE indique que l'activité est prise en charge par une personne publique ou une entreprise publique.

    Cela découle nécessairement de la bonne application de l'ensemble des éléments précédents. Une personne privée gérant un service public contrôlé par la puissance publique ne saurait avoir les mêmes caractéristiques qu'une personne publique locale ou nationale. On y trouve des exigences de rentabilité qui rapproche de la recherche du profit et qui pervertissent la mission de service public. La valeur d'usage tend relativement à s'effacer devant la valeur d'échange. Autrement dit, l'usager tend à se transformer en client avec le regard « commercial » et intéressé vers le portefeuille... On y trouve aussi des règles de travail plus « souples » qui signifient que la vente de la force de travail se rapproche beaucoup plus du dur statut de marchandise comme dans les sociétés privées.


    Christian DELARUE


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