• Laïcité d’équilibration en France : Entre liberté de croyance et liberté de religion.

    Texte repris le 31 janvier 2010

    Nous avons deux concepts en opposition qui ne sont pas pleinement satisfaisants : l’un la liberté de croyance peut apparaitre comme minimaliste, insuffisante, alors que l’autre, la liberté de religion peut apparaitre comme maximaliste, ouvrant droit à des excès. Si cette hypothèse se vérifie cela signifie que la première liberté parait un infra-droit humain alors que l’autre serait un droit-privilège, un droit qui excède les droits proprement humain.

    Ce texte centré sur la distinction liberté de croyance - liberté de religion ne fait aucun développement sur la liberté de conscience plus générale qui pourtant figure dans les grands textes juridiques des droits humains et en bonne place. C’est d’ailleurs heureux pour les agnostiques et les athées. La liberté de conscience englobe croyance religieuse et convictions athées, non religieuses. La liberté de conscience est une liberté individuelle, la liberté des cultes est une liberté collective. Mutatis mutandis, la liberté de croyance est de même une liberté individuelle et la liberté de religion une liberté collective.

    On connait un certain nombre de droits qui peuvent connaitre une dérive "dominatrice". Le droit d’entreprendre peut aboutir à défendre l’entreprise comme entité globale abstraite au-dessus des humains qui la constituent. Le droit de propriété peut aboutir à préférer la défense de la chose plus que la défense de l’humain. C’est pourquoi nombre de droits humains posés comme absolu aux XIX ème siècle ont connu des limitations par la suite.

    **

    I - Du droit international au droit national

    Un premier examen des grands textes montre une contradiction relative qui tombe avec un second.

    A) Trois grands textes juridiques posent des droits différents.

    La liberté de croyance est défendu dans la Constitution française de 1958 alors que la liberté de religion est défendue par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 et la Convention européenne des Droits de l’homme de 1950 ;

    - La DUDH défend la liberté de religion en son article 18. "Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion (1) ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites."

    La CEDH - Convention européenne des Droits de l’homme - de 1950, dit en son article 9 : " Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Elle reprend donc le même début de phrase que la DUDH art 18. L’art 9 poursuit : Ce droit implique… la liberté de manifester sa religion individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites ".

    - Dans l’article 1 de la Constitution française de 1958, il est stipulé que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

    B) Comment se fait-il que la Constitution française ait posé une règle inférieure à la DUDH et moindrement à la CEDH ?

    La Constitution parle de croyance et non de religion, une notion plus extensive.

    * Arguments de fond : La DUDH fait apparaitre une conception extensive, maximale, de la liberté de conscience en défendant aussi la liberté de religion. Mais la laïcité n’est pas évoquée dans ce texte. Au plan international, de nombreux Etats non seulement ne veulent pas entendre parler de laïcité mais de plus veulent interdire le blasphème dans la société civile.

    Cette conception extensive laisse libre toutes les formes d’expression organisée de la croyance religieuse (2) tant dans la société civile que dans la société politique, à savoir l’Etat et ses appareils administratifs. Dans les Etats laïques "la bataille des libertés" est circonscrite à la société civile qui permet le blasphème mais interdit le racisme.

    * Argument de droit : La DUDH, dans son article 29 alinéa 2. Ce dernier autorise les Etats à voter, dans un cadre démocratique, des restrictions aux droits donnés par la DUDH "exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique."

    S’agissant de la CEDH, Jean Boussinesq dans Union Rationaliste précise que "cette convention, qui a force de loi en France, n’ajoute rien à ce que disaient les lois françaises, mais elle est explicite".

    Il précise encore que les débats au Parlement et la jurisprudence ultérieure montrent que par " cultes " il ne faut pas entendre seulement les cérémonies cultuelles, mais que ce terme est pratiquement équivalent de ceux de " religion ", de " confession ". Cet auteur reconnait donc que le terme culte est trop étroit. Le terme religion outre le coté religare - être relié à un divin, surnaturel - comporte aussi et surtout un volet organisationnel et matériel et même une activité.

    A partir de cette disposition, la France a institué un régime original qui a pour thème : laïcité et voie moyenne entre liberté de croyance et liberté de religion.

    * *

    II - La conception française tend vers l’équilibration des droits et libertés entre croyance et expression de la croyance.

    Equilibration car cette conception protège d’une trop forte emprise du religieux par "en-haut" ou par "en-bas" mais donne néanmoins des droits réels d’expression aux religions.

    A ) La Constitution française défend, outre la liberté de croyance, la laïcité.

    La constitution défend la liberté de croyance, pas plus. Elle défend aussi la laicité. En conséquence, la liberté de religion ne s’applique pas dans la fonction publique même avec des signes discrets. Ici la neutralité totale est de rigueur du bas de la hiérarchie à son sommet.

    La République française applique ici une orientation qui a ses racines depuis 1880 mais surtout depuis la loi du 9 décembre 1905. La liberté de religion se déploie par contre dans la société civile. L’emprise du religieux par "en-bas" reste possible, ce qui est source de conflits, les religions étant naturellement prosélytes.

    B) Les lois du 9 décembre 1905 et du 15 mars 2004 forment un compromis qui va plus loin que la Constitution de 1958.

    * Article 1 loi de 1905 : "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public". Le libre exercice des cultes est donc reconnu mais n’est pas absolu. La liberté de conscience - croyance ou non croyance - est elle assurée absolument, y compris dans l’appareil d’Etat.

    * La protection de la « croyance » mais non de « religion » a aussi permis à la France de légiférer, par la loi du 15 mars 2004, interdisant les signes religieux ostensibles à l’école. L’école a pour particularité d’être fréquenté par des jeunes qui doivent être protégés de la "bataille des convictions" qui animent la société civile. Cette disposition permet de diminuer l’usage du blasphème face à l’affichage ostensible.

    Aspect philosophique : Cette loi montre implicitement une philosophie de l’équilibration, de la "tolérance réciproque", dans la mesure ou les signes religieux discrets sont autorisés à l’école mais pas les signes ostensibles. On a la un modèle de tolérance réciproque.

    Aspect juridique : C’est une loi de complément de la Constitution de 1958 et de sa seule liberté de croyance . Elle s’inscrit à la suite de la conception de la laïcité de 1905 telle que formalisée en son article 1 précité qui pose un droit de culte non absolu.

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    La liberté de croyance (partie de la liberté de conscience) possède son prolongement sous forme de signes extérieurs autorisés (ceux discrets). La liberté de croyance possède donc bien un droit d’expression. Il y a donc bien reconnaissance d’une certaine liberté de religion mais une liberté mesurée, non excessive, pacificatrice et pacifiée. Cela évite l’emprise du religieux à l’école. Ailleurs la bataille règne. Le blasphème est alors le complément de la laïcité. Le blasphème remplace la loi d’équilibration telle que posée pour l’école.

    Christian Delarue

    1) “Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion... Les tous premiers mots de l’article 18 DUDH indique une progressivité mais avec un saut qualitatif. La liberté de pensée et de conscience porte sur la liberté de conviction en général alors que la liberté de religion indique une liaison au divin.

    Avec le troisième terme il y a un double saut qualitatif.

    D’une part il s’agit d’une conscience particulière, à savoir une croyance divine, surnaturelle, transcendante puisque le mot “religion” vient de religare, verbe latin qui signifie relier et d’autre part une croyance particulière organisée. L’aspect matériel - l’activité religieuse organisée - est très important .

    Il distingue la religion de la simple dimension spirituelle qui relie l’individu à une transcendance . Un matérialiste n’est pas nécessairement dépourvu de toute conscience spirituelle ne serait-ce qu’à travers l’expérience amoureuse pour autant il ne s’agit pas de religion. Il n’est pas accroché à un Dieu mais à du sens. Et il ne participe pas à une machine de promotion d’un surnaturel.

    Car c’est le point important : pas de véritable religion sans appareil avec ses cadres, ses croyants de base, un budget, des bâtiments, une doctrine partagée qui décline sa "différence dogmatique"

    2) La religion au sens de manifestation organisée de la croyance signifie :

    * Le droit de pratiquer un culte et de tenir des réunions se rapportant à une religion ou à une conviction et d’établir et d’entretenir des lieux à ces fins ; * Le droit de fonder et d’entretenir des institutions charitables ou humanitaires appropriées ; * Le droit de confectionner, d’acquérir et d’utiliser, les objets et le matériel requis par les rites ou les usages d’une religion ou d’une conviction ; * Le droit d’écrire, d’imprimer et de diffuser des publications sur ces sujets ; * Le droit d’enseigner une religion ou une conviction dans les lieux convenant à cette fin ; * Le droit de solliciter et de recevoir des contributions volontaires, financières et autres, de particuliers et d’institutions ; * Le droit de former, de nommer, d’élire ou de désigner par succession les dirigeants appropriés, conformément aux besoins et aux normes de toute religion ou conviction ; * Le droit d’observer les jours de repos et de célébrer les fêtes et cérémonies conformément aux préceptes de sa religion ou de sa conviction ; * Le droit d’établir et de maintenir des communications avec des individus et des communautés en matière de religion ou de conviction aux niveaux national et international.


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  • Sur islam et laicité :

    Cinq ans après, retour sur le rapport de 2003 de la CNCDH (Islam en France)
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article300

     



    A propos de l'Avis de la CNCDH du 12 juin 2008
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article304


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  • LA LAICISATION DU MONDE :

    UNE PERSPECTIVE POUR LE XXI ème SIECLE.

    par Christian DELARUE

     

    vendredi 18 juillet 2008

    sur Amitié entre les peuples

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article222 


    Dans certains cercles de gauche ou altermondialistes on évoque de plus en plus l'idée d'un socialisme du XXI ème siècle. Un socialisme nécessairement mondialisé et nécessairement porteur d'un alterdéveloppement remède aux dégâts écologique d'un capitalisme incapable de s'autolimiter. Parallèlement à cette perspective l'idée de promouvoir laïcité et droits des femmes se renforce. Une telle promotion doit s'effectuer de la façon la plus pacifique mais en répondant fermement à la fois la vision conquérante de la nation musulmane à étendre (point 2) et à son opposé venu des USA et nommé "choc des civilisations".

    1) La laïcité, comme processus et rapport de force.

    En effet, face au "retour du religieux" pas nécessairement problématique mais parfois par trop excessif il importe d'enclencher au niveau mondial un processus de laïcisation (1) et de promouvoir la laïcité comme valeur universelle comme cadre de cohabitation pacifique donc souhaitable partout dans le monde, comme espace commun pour tous et toutes. En effet "la laïcité permet à tous les individus d'un pays, qu'ils croient au ciel ou qu'ils n'y croient pas, qu'ils fassent partie d'une institution religieuse ou pas, qu'ils pratiquent ou non une religion ou qu'ils se réfèrent à une spiritualité ou une philosophie particulière ou à aucune, de participer en citoyens à la vie publique, à égalité de droits et de devoirs. Elle se caractérise par un double refus : celui d'un athéisme (ou d'une autre philosophie) d'État et celui de toute religion officielle et/ou exclusive. Ainsi comprise, la laïcité n'est l'apanage d'aucun groupe, d'aucun état, d'aucune culture."(2) Le principe de laïcité est en corrélation avec un exercice des droits civils et politiques totalement déconnectés de toute appartenance religieuse, philosophique et culturelle

    Pour enclencher cette laïcisation, il ne s'agit pas d'imposer la laïcité aux pays dominés par l'impérialisme mais d'avancer progressivement partout ou c'est possible et en fonction des situations "régionales". Ce n'est pas chose simple. Il convient sans doute de mieux intégrer les principes de laïcité dans les grandes déclaration des droits de niveau mondial ou sa place est dès plus restreinte . Certes ce ne sera pas un texte fondamental mondial sur la laïcité qui fera une application garantie dans tous les pays de la planète, mais ce serait un point d'appui qui manque de nos jours. Par ailleurs, le mieux semble encore de renforcer la laïcité là ou elle existe. A cet égard il convient de suivre particulièrement ce qui se passe au niveau européen. Améliorer le niveau de laïcité - si l'on accepte la formule qui sous-entant qu'il y a toujours des conquêtes à mener en matière de laïcité et qu'il ne faut pas se fier uniquement aux textes constitutionnels ou aux dispositifs juridiques complexes- en Europe est un gage de son extension pacifique dans le reste du monde.

    On définit traditionnellement la laïcité par trois grands principes (1) passibles d'une interprétation plus ou moins forte : 1°) la neutralité confessionnelle, spirituelle et philosophique du politique ce qui implique une autonomie de l'Etat par rapport aux religions. 2°) la reconnaissance de la liberté de croyance, de religion, de conviction philosophique et d'indifférence. 3°) la non-discrimination entre les citoyens qui implique l'égalité de traitement des personnes quelle que soit leur religion, leurs convictions, leur sexe, leurs conditions sociales et physiques et la dissociation de leurs droits et devoirs, notamment de citoyens, de toute appartenance ou de non appartenance à une religion, à une spiritualité ou à une philosophie.

    2) L'islam, sa nation et le nationalisme religieux offensif.

    L'islamophobie consiste surtout à constamment ramener l'islam à ce qui a de plus négatif dans cette religion aux fin de stigmatisation et d'exclusion de tous ses membres ou de n'importe quel de ses membres. Or l'islam comme d'autres religions est variées dans ses interprétations et ses pratiques géographiques et historiques. Il existe donc un islam progressiste ayant assimilé ce que l'on a coutume d'appeler la modernité c'est à dire l'égalité des sexes, la laïcité, le fait démocratique, etc.... Il existe aussi un islam réactionnaire à composante variable, plus ou moins offensif.

    - Deux obstacles épistémologiques et ethnocentriques à la compréhension du nationalisme musulman.

    Embrasser la religion musulmane c'est pour beaucoup ( combien ?) de ses membres appartenir à une nation mais une nation qui n'est pas celle que nous concevons ordinairement en France, autrement dit pas celle d'un Etat-nation . La nation de l'islam est de nature supra nationale. Plusieurs territoires ou pays en font donc partie intégrante . La référence matérielle à un territoire ne suffit pas à définir la nation de l'islam (cf ci-après) .

    Ce n'est pas tout : il faut encore retenir un autre élément complémentaire tout aussi oublié que le précédent alors qu'il donne, lui, la pleine signification à un islam de conquête, autrement dit à un nationalisme religieux offensif, pas nécessairement guerrier mais susceptible de le devenir.

    Les non-musulmans dans toutes leur diversité croyants ou athées ne forment eux aussi qu'une seule nation car ils sont tous des infidèles par rapport à l'islam. En somme, sur la planète il n'y a que deux nations : la nation des musulmans et la nation des non-musulmans, infidèles par définition. Le monde divisé en deux mondes non compatibles. L'islam de conquête ne signifie pas qu'il faille faire la guerre. Comme pour d'autres religions il peut suffire de simplement faire l'apologie des préceptes et des rituels traditionnels tant chez les jeunes que chez les adultes.

    - Débattre de cette dynamique en rapport avec son opposé.

    Comme l'islam possède une dimension politique du fait de la non séparation de la société civile et de l'Etat le risque de dégénérescence guerrière est aisé. Tout dépend en fait de l'équilibre des forces tant interne (dans le monde musulman lui-même) qu'externe (rapport de force entre les deux mondes). Une telle interprétation de l'islam ne valide cependant pas la théorie du "choc des civilisations" de Samuel Huttington reprise par les USA. Au contraire vouloir un monde de paix c'est refuser mais dans la plus grande lucidité possible l'affrontement de deux camps opposés l'Orient contre l'Occident. Par contre c'est lutter pour la réduction des inégalités de développement dans le monde économiquement hiérarchisé mais aussi ne pas céder à l'extension de la laïcité (même sous des définitions variables) et à l'égalité entre les hommes et les femmes.

    Le problème est encore plus complexe si on rapporte le nationalisme musulman avec le nationalisme arabe. Il y a là matière à une autre étude.

    3 ) La mentalité laïque contre la réislamisation par le voile islamique.

    Outre la question courante "De quoi le voile est-il le symbole ?" (affichage religieux, marquage sexuel) il faut aussi poser la question : A quelle dynamique sociale se rapporte le voile ? A lire les spécialistes de la question il y a tout lieu de penser d'un façon plus générale que le voile est le symbole d'une forte religiosité issue de la réislamisation qui à son tour génère une "mondanisation" problématique. "On observe un certain niveau d'individualisation à travers les pratiques religieuses, surtout dans les communautés musulmanes d'Europe, mais aussi dans certains pays musulmans. La foi s'individualise, et le conformisme communautaire perd de son influence face au libre choix de pratiquer ou non. Même la constitution des réseaux néo-fondamentalistes tend à se faire sur une base d'adhésion individuelle. Néanmoins, la religiosité demeure forte" cf A. Kazancýgil (document du CEMOTI en lien). Le divin est l'affaire de chacun sans cesser d'être aussi l'affaire de l'Etat. Mais sous la poussée de la réislamisation ce religieux s'est mondanisé au point d'envahir la sphère publique. Cet envahissement est parfois si fort et par ailleurs si clivé en terme de genre qu'il en devient étouffant, oppressant dans certains lieux.

    Il est important de noter, pour éviter de caricaturer négativement l'islam, qu'en Europe un très grand nombre de musulmanes ne portent pas le voile et ont une pratique moderne, discrète et pacifique de l'islam.

    http://cemoti.revues.org/document772.html


    Christian Delarue.
    Responsable national antiraciste

    Sur le fond je renvoie à un cadre interprétatif global

    LE CADRE DE NOTRE AMITIE ENTRE LES PEUPLES : CONTRE LE NOUVEAU CAMPISME MONDIAL<HTTP: article.php3%20?id_article="58125" fr bellaciao.org>


    NB : Cette division du monde porte des noms, une signification : Dar al-Islam, c'est la « Maison de la paix » celle de l'islam et Dar al-Harb, est la « Maison de la guerre », celle des non-musulmans en fait car Dar al-Kufr qui signifie domaine des infidèles" ou "domaine de l'incroyance" se rapporte au Dar al-Harb.

    D'après Wikipédia /Dar al-Islam/ et ses termes associés ne figurent pas dans les textes fondamentaux de l'Islam qui sont le Coran ou les Hadiths. Des disciples musulmans maintiennent que marquer un pays ou un lieu comme /Dar al-Islam/ ou /Dar al-Harb/ concerne la question de la sécurité religieuse sur le plan juridique. Cela signifie que si un musulman pratique l'islam librement, il peut alors être considéré comme vivant dans un espace dit Dar al-Islam, même s'il vit dans un pays non islamique. Cependant les théologiens musulmans affirment que les cinq appels à la prière quotidiens doivent être effectués pour qu'une zone soit considéré comme Dar al-Islam.

    (1) La laïcisation n'est pas la sécularisation même si ces processus vont de pair
    Un colloque a fait le point sous cet angle.
    Un point de vue assez largement répandu dans les opinions publiques et les médias occidentaux affirme l'incapacité des sociétés musulmanes d'entrer dans la modernité et, notamment, d'acclimater en leur sein la sécularité et la démocratie, qui en sont des caractéristiques majeures. La notion de sécularité et les processus de sécularisation ont été privilégiés ici par rapport au concept de laïcité. Il s'agit moins de discuter des manières dont les institutions et les acteurs politiques et étatiques ­ partis, gouvernements, appareils d'Etat ­ fonctionnent dans ces pays, mais plutôt d'y identifier, dans l'espace public et l'espace privé et aux plans individuel et collectif, les discours, les idées et les comportements, qui peuvent être interprétés comme des signes, des indicateurs de processus de sécularisation et de démocratisation et leur impact sur les institutions politiques et étatiques

    http://cemoti.revues.org/document772.html

    (2) Je reprends les principes dégagé dans "La Laïcité, Valeur universelle". par Yves HIVERT-MESSECA sans y mettre des conditions stricte qui dépendent du degré d'avancement de la laïcisation

    http://sog1.free.fr/Articles/ArtMesseca205Laicite.htm




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  • Message à Madame Christine TASIN, chevènementiste !
     
    Je reçois la lettre de Riposte laïque et j'ai donc eu le loisir de lire quelques unes de vos contributions dont la dernière qui me parait mélanger plusieurs choses.
     
    Tout d'abord, je me présente rapidement : je suis secrétaire national du MRAP, membre du bureau exécutif et du conseil d'administration, représentant-délégué du MRAP auprès d'ATTAC France au titre de membre fondateur. Mais je m'exprime ici à titre individuel . Mes multiples prises de position montrent un positionnement particulier sur la religiophobie qui peut surprendre car en même temps je défends l'islamophobie comme forme de racisme (comme le MRAP) mais je défends aussi une possible islamophobie non raciste issue d'un retour du religieux qui peut inquiéter légitimement.
     
    Je réagis aujourd'hui à votre texte publié sur le site Riposte laïque et intitulé: Introduire le délit de blasphème, rendre obligatoire le vote des étrangers, c'est la dernière du conseil de l'Europe ! qui commente un rapport européen sur les musulmans et l'intégrisme (1)

    Si je partage les premières paragraphes de votre texte, j'observe que vous en restez à une vision unilatérale des textes et des musulmans. On pourrait dire de beaucoup de religions qu'il n'y a "pas que foi mais mode de pensée et texte prescriptif". Si l'islam semble plus particulièrement porter "un modèle de société qui légitime l'inégalité homme-femme et la suprématie du religieux sur la loi républicaine" ce qui est source de méfiance légitime on ne peut non plus généraliser à ce point et prendre des portions de textes "au pied de la lettre", d'autant que l'on peut y trouver une chose et son contraire. Autrement dit, je pense aussi comme le texte que vous commentez que "le musulman ordinaire ne correspond pas à la déclinaison intégriste de sa religion". C'est pour moi une certitude issue de multiples fréquentations de musulmans. Le "musulman ordinaire", - si l'on veut bien accepter l'expression - est plus ou moins éloigné de sa version intégriste. Il y a donc des dégradés que l'on fait difficilement entrer dans des cases et des catégories.

    Pour ma part je parle d'abus du religieux à propos du voile islamique mais cela vaut pour toutes les autres religions qui fondamentalement cherchent à s'affirmer partout en public comme en privé. Cette affirmation intempestive n'est sans doute pas à strictement parler du prosélytisme mais s'en rapproche beaucoup, au point d'être parfaitement insupportable en cas de vie proximale, dans un bureau de travail par exemple . De plus étant donné l'implantation du religieux dans le monde et étant donné l'absence de règles laïques au plan mondial ces ports de signes ostensibles sont loin d'être neutres. Il relève bien de l'envahissement du religieux et, s'agissant du voile islamique, de l'islamisation des sociétés . J'estime donc le combat contre ces légitimes, d'autant que les signes discrets sont disponibles. D'ailleurs je défends le blasphème contre eux puisque je les conchie. Ceci dit, il importe de ramener ce phénomène à sa juste mesure : il s'agit d'une tendance très minoritaire chez les musulmanes de France et d' Europe !

    Mon différent avec vous, Mme TASIN, porte surtout sur votre appréciation des origines du terrorisme et plus encore sur votre non reconnaissance de la citoyenneté aux résidents étrangers non nationaux mais installés de longue durée sur le territoire français. Vous montrez là Mme TASIN que la laicïté et la République ne sont pour vous qu' un cache sexe de votre haine des étrangers, du moins de votre désir de les maintenir dans une situation inférieure. Avec vous, N.Sarkozy et B. Hortefeux la xénophobie avance à grands pas. La gauche a besoin de défendre d'autres principes, comme ceux du MRAP ou ceux de Paul ORIOL un militant spécialisé sur cette question. J'y renvoie.

    Sur l'islamophobie je continue de distinguer une version clairement raciste donc condamnable d'une version simplement critique et blasphématoire, et ce sans me préoccuper de ce que dit le droit international qui est beaucoup trop influencé par les Etats islamiques pour être crédible en France. Là aussi je renvoie à de multiples commentaires.

    Christian DELARUE

    http://christinetasin.over-blog.fr

    (1) Rapport - Commission des questions politiques

    http://assembly.coe.int/Mainf.asp ?link=/Documents/WorkingDocs/Doc08/FDOC11540.htm

    Conseil de l'Europe, Les communautés musulmanes européennes face à l'extrémisme

    Rapporteur: M. João Bosco MOTA AMARAL, Portugal, Groupe du parti populaire européen

    (2) http://christinetasin.over-blog.fr/20-categorie-10030153.html

    http://www.uoif-online.com/webspip/spip.php ?article246

    http://www.ripostelaique.com/Introduire-le-delit-de-blaspheme.html

     

    Quelques passages de la charte des musulmans d'Europe

    Voir site de l'UOIF

    http://www.uoif-online.com/webspip/spip.php?article267


     
    Article 2. La compréhension qui exprime l'essence même de l'Islam est celle qui consiste à choisir le " juste milieu " dans le cadre des objectifs universels de cette religion. Un " juste milieu " qui bannit l'excès et le laxisme...
     
    Article 5. L'Islam honore l'Homme, un honneur qui englobe aussi bien l'homme que la femme sans distinction aucune. Cela exige sa protection contre tout ce qui peut porter atteinte à sa vie, à sa dignité, nuire à ses facultés mentales, attenter à sa santé ou exploiter sa vulnérabilité et sa faiblesse pour le priver de ses droits ou l'agresser.
     
    Article 13. L'Islam appelle l'Homme à l'exploitation responsable du patrimoine naturel qui lui a été donné, dans le respect de l'environnement et le devoir de le protéger de la pollution, de la dégradation et de tout ce qui pourrait rompre l'équilibre naturel...
     
    Article 17. Les musulmans d'Europe respectent les lois et les autorités compétentes chargées de les appliquer. Ceci ne les empêche pas, dans le cadre de ce qui est garanti à tous les citoyens, de défendre leurs droits et d'exprimer leur opinion et leur position, individuellement ou collectivement...
     
    Article 18. Les musulmans respectent le principe de sécularisation fondé sur la neutralité de l'Etat à l'égard du religieux...
     
    Article19. Les musulmans d'Europe en tant que citoyens européens considèrent qu'il est de leur devoir d'oeuvrer pour l'intérêt général...

     

     


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  • Ayaan Hirsi Ali : un texte de Patrice BARDET et un autre de Denis SIEFFERT

     

    1 - De Patice BARDET sur Bellaciao

    Ayaan Hirsi Ali, la nouvelle Voltaire noire de la France islamophobe

    2 - De D. SIEFFERT - PoLiTiS

    Manipulations antilaiques, par D. Sieffert - PoLiTiS

    http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article61391

    3 - Réponse  de Christian DELARUE sur:


    Monsieur Denis SIEFFERT a raison de donner un certain nombre d'informations pas ou peu connues sur le parcours de cette dame . Patrice BARDET l'a fait aussi ce 14 février . Je dois dire que bien que m'intéressant de près à ces questions j'ignorais les interventions à géométrie variable sur le plan politico-religieuses d' Ayann Hirsi Ali .

    - L'apologie du choc des civilisations telle que défendue par "la Rastignac somalienne" est contraire aux options de la gauche et du MRAP.

    « Les êtres humains sont égaux. Les cultures ne le sont pas », « Il n'y a pas de cohabitation possible entre l'islam et l'Occident », « L'islam est une religion et une culture arriérée »,

    -" il faut évidemment protéger cette jeune femme."

    C'est essentiel Monsieur SIEFFERT. C'est une exigence à mettre en premier plan et à surligner et non à cacher en coin d'un paragraphe !

    Le problème à mon avis est de quelle manière le fait-on et avec qui ? Faut-il nécessairement un meeting et un grand battage médiatique ?

    Christian DELARUE

     


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