• Eric Fromm, athée habermassien ?

    Athée habermassien en deux mots.

    Il n'est pas rare de rencontrer des athées fiers de se déclarer tel pour dans un second temps prendre fait et cause non pas pour tel ou tel Dieu mais pour telle ou telle religion. On pourrait les appeler des "athées habermassiens". Cela pourrait surprendre de voir Habermas en soutien de la religion . Cela semble mieux aller à Eric Fromm. Détrompez-vous et prenez connaissance d'un de ses derniers ouvrages ( 1) et d'une étude de Jean-Claude Monod intitulée "Habermas et la dialectique de la sécularisation" [08-12-2008]

    http://www.laviedesidees.fr/Habermas-et-la-dialectique-de-la.html

     

    Quid d'Erich Fromm ?

    Habermassien en ce sens ? Eric Fromm est connu pour sa prise en compte du meilleur des religions en plus des philosophies critiques athées Marx, Freud, Spinoza. Ce qui a fait dire de lui qu'il défendait une philosophie critique culturaliste. A-t-il laissé entendre que les grandes religions monothéistes étaient en soi positives, source de paix ou les voyait-il comme ambivalentes, contradictoires ? Ma lecture de ses oeuvres tend à soutenir l'idée qu'il y prenait le meilleur sans survaloriser les religions. Sans les mythifier.

    Le christiannisme, le judaisme, l'islam ne sont pas en soi des religions de paix et d'amour. Chacune a sa façon a aussi été porteuse de haine de guerre, de violence et de sexisme. Et les textes sacrés qui en sont la base théologique ne sont pas indemnes et purs ! Ils sont objet d'interprétations par divers courants doctrinaux qui s'appuient plus sur certaines parties que sur d'autres. Quant à la pratique des croyants de chacun des trois grands monothéisme, elle est encore plus diverses et pas toujours attribuables à un courant bien déterminé.

    L'idée de la non communauté est avérée pour le christianisme alors que le judaisme ou l'islam tendent eux à être unifié et globalisé malgré la diversité c'est ce que l'on nomme procès de communautarisation. Le communautarisme juif ou musulman entreprend d'amalgamer les extrêmes de chaque religion : les va-t-en guerre avec les plus spiritualistes. Ainsi pour l'islam deux courants idéologiques procèdent à un communautarisme à signification inverse. On a par exemple Riposte laïque qui globalise l'islam et les musulmans pour les stigmatiser et le Parti des Indigènes de la Rpublique qui fait la même chose mais pour défendre les musulmans y compris donc les barbares qui usent de la Charia comme outil de refus de la démocratie et de la laicité au plan politique et outil d'enfermement et de soumission des femmes au plan des moeurs.

    La pensée campiste est une pensée rabougrie de guerre qui colle bien à la thèse du "Choc des civilisation". Pour être plus près de la vérité il faut voir l'islam comme étant tout à la fois selon les périodes ou les continents une théologie de paix et une théologie de guerre ainsi qu'une théologie sexiste et sexoséparatiste. La pensée campiste aboutie soit au racisme anti-musulman soit à une bienveillance "bisounours" naive incapable de voir les méfaits de l'islam radical tant au plan des moeurs qu'au plan politique. Il en va de même du judaisme et des branches du christianisme.

    Christian Delarue


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  • Brûler le Coran :

    Débat typiquement biaisé entre deux nord-américains.

    A propos de :

    Urgent: Ils vont bruler le coran ce 11 septembre 2010

    http://christinetasin.over-blog.fr/ext/http://www.youtube.com/watch?v=BKRxiRvFFOE

    1) Deux positions non sastifaisantes.

    Un pasteur américain veut brûler le Coran et l'autre se montre grand protecteur du sacré religieux et en outre confondant de stupidité !
    Ils sont à mon avis aussi mauvais l'un que l'autre.

    L'un veut brûler le Coran mais pas la Bible ou la Thora. Il le fait pour dire stop à l'islam et non pour simplement rabaisser les prétentions sacrées des religions. Il ne s'agit pas pour lui d'un simple blasphème mais d'une offensive de type "choc des civilisations".

    L'autre compare le fait de brûler le Coran à brûler la maison d'un musulman. Stupide de comparer une maison au Coran ! Surtout, il s'agit manifestement de brûler un Coran, le sien, et non tous les Corans et ceux des autres. C'est un geste symbolique mais tourné contre les musulmans.

    En fait ces deux américain protègent chacun à leur manière leur religion avec leur sacré associé. L'un d'eux est islamophobe.

    2) Mon point de vue de mécréant.

    Pour le mécréant "Dieu est mort" et même parfois le "Sujet humain aussi" mais pour autant l'émancipation humaine reste pensable et possible. Le mécréant n'est donc pas sans idéal et ne fait pas n'importe quoi. Mais il ne lit pas son action dans un livre de dogmes.

    De Nietzsche à Spinoza, de Freud à Marx, il ne manque pas de ressources philosophiques à mobiliser.

    Le blasphème n'a qu'une porté défétichisante et désacralisante qui n'a d'ailleurs pas nécessairement besoin d'acte réel.

    Le fétichisme est un double mouvement qui d'une part élève un objet ou un dispositif abstrait et d'autre part rabaisse les humains.

    Le fétichisme du sacré religieux est une partie du fétichisme global.

    La religion survalorise des objets qui ne sont qui des objets pour abaisser les humains. L'humain est en-bas et soumis alors que l'objet et tout le dispositif de croyance est lui au-dessus en surplomb des humains. Ce processus pèse surtout sur les croyants mais pas seulement il tend à s'imposer aux non croyants. C'est assez pénible!

    cd


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  • Deux mots sur l'islam et les musulmans.

    Mohammed Arkhoun a écrit un ABC de l'islam qui est bien plus qu'un abcedaire . Il ne reste donc plus qu'a dire juste "deux mots" sur le sujet en refusant ici le tous méchants ou le tous gentils . Refuser tout dogmatisme est nécessaire à une entreprise scientifique mais cela n'empêche pas les classements car ils surgissent dans la vie réelle . Sans doute l'entreprise de classement n'est pas neutre. Le lecteur est donc prévenu . Il doit effectivement retenir que l'islam est divers ( Sunna, Hadith, Sunnites Hannefites, Malekites, Alaouites etc) et qu'il en est de même des musulmans . Cela est d'ailleurs l'objectif de ce court texte qui incite fortement à l'approfondissement.

    I - La division de l'islam.

    Nous voici arrivé au point délicat. Au lieu d'égrener historiquement ou par ordre alphabétique les divers courants de l'islam nous proposons, outre le cas de l'islam terroriste mis à part, de diviser l'islam contemporain en deux camps qui soulignant le fait d'une frontière parfois poreuse. L'islam est certes pluriel, variable mais il a aussi son camp moderne et son camp traditionnel et ce depuis l'époque coloniale qui a marqué un souci d'auto-critique.

    A) Dans le camp de la modernité

    on trouve une subdivision entre l'islam laïc et l'islam de raison:

    - L'islam laïque est celui de Kemal Ataturk en Turquie et le Baasisme en Syrie, en Irak et en Egypte. Kemal Ataturk a tout à la fois assuré la primauté de l'islam comme religion nationale et sécularisé la société turque en laicisant l'islam . La laïcité imposée en Turquie n'a rien à voir avec celle de la France mais elle a permis de conforter un islam sécularisé contre un islam fondamentaliste. La doctrine baassiste combine le socialisme arabe (assez spécifique) et le nationalisme panarabe. La laïcité est un autre pilier du Baas

    - L'islam de raison pense que le bon islam est celui qui est fécondé par la raison. Le Coran doit être compatible avec la raison. C'est la raison qui lui assure sa meilleure interprétation. La doctrine varie suivant les auteurs et les époques notamment quant à ce qui est préconisé par rapport à l'Occident impérial mais souvent il reste un recentrage sur les cinq piliers de l'islam comme base obligée de l'islam.

    B) Dans le camp de la tradition

    on trouve aussi deux branches:

    - Le Mouvement des Frères musulmans est créé par Hassan El Bannâ en 1929 avec une branche "femme" en 1933. Le contenu est à la fois politique et culturel . Politique car il s'engage pour la Palestine, puis contre la Grande Bretagne. Culturel car ce mouvement réclame un retour à la charia . Il est anti-laique et porte un grande réforme des mœurs notamment dans les rapports homme-femme.

    - Le Wahhabisme en Arabie saoudite est aussi un courant fondamentaliste islamique.

    II - Les musulmans en France.


    Évoquer le monde musulman c'est noter sa diversité dans le temps et dans l'espace. Cette diversité est plus visible au sein des Etats démocratiques et laïcs. Mais si les pays musulmans prennent des dispositions pour l'application de la charia à leurs sujets, les pays non musulmans prennent eux aussi des mesures plus ou moins critiquée pour casser l'influence de l'islam radical.

    A) Diversité des musulmans

    On ne sera pas étonné de trouver eu égard à ce qui vient d'être dit une diversité de pratiques chez les musulmans. Mais il n'y a pas un décalque même approximatif entre les courants d'interprétation de l'islam et les pratiques musulmanes. Au sein d'une palette de pratiques on peut distinguer des musulmans modérés et d'autres plus radicaux.

    Nombreux sont les musulmans pacifiques, laiques, pro-égalité entre hommes et femmes et qui vivent ici sans professer un islam radical mais il existe aussi des islamistes dangereux qui diffusent une logique guerrière dans les quartiers populaires. Il existe ainsi une minorité de jeunes islamistes en herbe qui pratique le racisme anti-blanc et la délinquance de groupe.

    B) Ou vivent les musulmans ?

    Les lieux de l'implantation des musulmans et des islamistes sont pour la France la région parisienne, Lyon et environs, Marseille et environs, plus le Nord et l'Est de la France.

    Lire la carte des mosquées est utile mais il s'agit d'un reflet imparfait. Les français de religion musulmane sont largement disséminés sur le territoire national mais l'islam radical est lui plus concentré sur les villes disposant d'une mosquée.

    http://stehly.perso.infonie.fr/france.htm

    NB : Tout musulman qui fréquente une mosquée n'est évidemment pas un islamiste défendant en France l'application de la charia. La Charia n'est pas le Coran et ne contient d'ailleurs pas que des châtiment mais c'est en son sein que l'on trouve les impératifs contraire aux droits humains, notamment ceux de la femme et de l'enfant.


    CD

    1) Les cinq piliers de l'Islam traduisent les obligations assumées par le musulman pratiquant. Les "français de culture musulmane" ne respectent pas nécessairement ces cinq piliers. Il y a, sous l'effet de l'individualisme contemporain, et comme dans d'autres religions, la montée d' une croyance "soft" avec "obligations à la carte".
    http://islamfrance.free.fr/pilier.html

  • Témoigner que nul autre que Dieu ne peut être adoré et que Mahomet (Mouhammad) est le prophète de Dieu,
  • Effectuer le prière obligatoire,
  • Jeûner pendant le mois de Ramadan,
  • Payer la Zakatt obligatoire (aumône),
  • Effectuer le Hajj (Pèlerinage à la Mècque)."
  •  

     

     


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  • Burka, spéciale intervention médicale

    burka spéciale intervention médicale.

    Il suffisait d'y penser !

    Attention ! On y voit un bout de sein... mais nous sommes rassuré :  il ressemble au sein d'une blanche !
    Ici, rien de pornographique...  mais de l'humour que des imams jugeront blasphématoire... voire islamophobique !

    J'ai classé cela en rubrique "mécréant - blasphème" : rien de grave même pour les jeunes mais assez salvateur !


    http://video.google.fr/videoplay?docid=4043053300971124955&hl=fr


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  • Des religions aux croyants : le grand mélange de la protection contre la diffamation et le mépris.

    DES RELIGIONS AUX CROYANTS :

    LE GRAND MELANGE DE LA PROTECTION CONTRE LA DIFFAMATION ET LE MEPRIS !

    A propos de la résolution (A/HRC/7/L.15) a été adoptée par 21 voix pour, 10 contre et 14 abstentions (1)

    http://www.aidh.org/ONU_GE/conseilddh/08/7-resol-diff-rel.htm

     

     

     

     

    La résolution en question porte contre la lutte contre la diffamation des religions - ce qui est problématique - et indirectement sur la diffamation des croyants. Mépriser la religion serait mépriser le croyants. C'est faux ! Et pourtant c'est parfois vrai !

    Avant d'aborder la question de la diffamation et du mépris évoquons d'abord celle de la survalorisation des " précieuses contributions religieuses à la civilisation ".

     

     

    I - PAS DE DISCRIMINATION A PRIORI DANS " LES CONTRIBUTIONS A LA CIVILISATION " !

    Le Conseil commence par faire briller les vieux cuivres en évoquant "les précieuses contributions apportées par toutes les religions à la civilisation moderne" . Qui dirait qu'il n'y en a pas ! C'est bien là un poncif ! Mais n'y a-t-il pas aussi des contributions à la barbarie ! En vérité, les religions ne produisent pas un sens unique entièrement positif et de plus hors du temps et des continents.

    Les contributions des religions - qui sont en fait celles des religieux ou des "fidèles " - ne valent pas mieux à priori que les contributions des non croyants. Les "précieuses contributions" des athées objet de la sélection de l'histoire des sciences ou de la communauté des philosophes ne bénéficient pas d'un régime de protection si particulier. Il peut s'agir de protéger l'authenticité de l'œuvre mais pas la protéger de la critique même virulente . En tout cas elles ne sont pas sacralisées.

    Mais là n'est pas encore l'essentiel car les 21 n'hésitent pas à dire que la diffamation des religions constitue une des causes de la discorde sociale et de l'instabilité aux niveaux national et international et qu'elle entraîne des violations des droits de l'homme. Il faut oser écrire une chose pareille ! Certains vont ici péter un blasphème ! La "faute" vient des autres et pas de soi ! Evidemment les religions ne sont absolument pour rien dans la production "d'images stéréotypées négatives de toutes les religions".

    Je m'en tiens là sur ce sujet - car je suis militant et non spécialiste de la question - mais il y aurait évidemment beaucoup à en dire. Je ne voudrais pas laisser passer une vision simpliste et béate de la contribution des religions.

     

     

    II - LA QUESTION DE LA DIFFAMATION DE LA RELIGION ET DE SES EFFETS

     

    "Il (le Conseil) engage instamment les Etats à prendre des mesures pour interdire la diffusion, y compris par des institutions et organisations politiques, d'idées et de documents racistes et xénophobes visant toute religion ou ses fidèles, qui constituent une incitation à la haine, à l'hostilité ou à la violence raciale ou religieuse". On trouve tout dans cette phrase ! que penser du concentré suivant " visant toute religion ou ses fidèles, qui constituent une incitation à la haine " ?

    Quand le passage s'opère de la critique de la religion à la stigmatisation de ses " fidèles " c'est que ces derniers ont été explicitement rapprochés de la critique de la religion. En dehors de cette hypothèse le procédé d'identification religion-croyants constitue une confusion irrecevable. C'est pourtant sur ce raccourci que les dirigeants des religions s'appuient pour faire passer la notion de " diffamation de la religion " pour condamner les propos critiques méprisants ou blasphématoires à l'encontre d'une religion.

    Il arrive que les situations soient plus complexes et que le rapprochement religion - croyants ne soient pas toujours explicite mais qu'il " fonctionne " néanmoins dans le sens de la haine, de la discrimination et de l'exclusion des croyants. Dans ces hypothèses, le terme d'incitation sert parfois d'outil qui permet de caractériser le passage de la simple critique à la haine. Autrement dit critiquer ou blasphémer la religion aboutit de fait dans certaines situations à critiquer de façon haineuse les croyants de ladite religion. Généraliser ou théoriser ce raccourci est très contestable et dangereux . Mais pour autant tant au plan sociologique (au niveau d'une société donnée) qu'au plan inter-individuel on peut observer qu'une critique sévère d'une religion peut aboutir à un climat de haine anti-croyants (juifs ou musulmans) ou à des discriminations contre tel ou tel individu fidèle ou réputé fidèle à une religion.

    Voilà qui est déroutant pour qui aiment les distinctions claires. En fait il faut prendre en compte le fait qu'en société il y a des réactions irrationnelles et haineuses ! Pour le dire à la façon Charlie Hebdo, " il y des cons ! " Une chose est dite dans un certain sens (qui se veut respectueux des croyants tout en critiquant la religion), mais elle sera répétée avec un autre sens et la logique collective du mépris va fonctionner par la contagion émotionnelle. C'est ainsi qu'une peste brune s'installe.

     

    III - LES PROPOSITIONS DU CONSEIL

    Ceci dit le Conseil a raison de se déclarer préoccupé par les points qui suivent. Mais là encore la description est trop globalisante pour être pleinement recevable. Ainsi le point 2 mélange un aspect juste – le profilage sécuritaire – avec la diffamation (conçue

    comme une campagne orchestrée)

    • les
    • tentatives ayant pour objet d'assimiler l'islam au terrorisme, à la violence et aux violations des droits de l'homme et souligne que le fait d'identifier toute religion au terrorisme doit être rejeté et combattu par tous à tous les niveaux;
    • par
    • l'intensification de la campagne de diffamation des religions et le profilage ethnique et religieux des minorités musulmanes depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001;
    • les récents exemples fâcheux de stéréotypes délibérés visant des religions, leurs adeptes et des personnes sacrées dans les médias et de la part de partis et groupes politiques dans certaines sociétés, et par les provocations connexes et l'exploitation politique qui en est faite;
    • les lois ou les mesures administratives qui ont été expressément conçues pour contrôler et surveiller les minorités musulmanes, les stigmatisant ainsi et légitimant la discrimination dont elles sont victimes.

    Par ailleurs, le Conseil déplore vivement tout comme le MRAP et à raison " les agressions matérielles et les attaques dont des commerces et entreprises, des centres culturels et des lieux de culte de toutes les religions sont la cible ainsi que les actes visant des symboles religieux ".

    De ce fait " Il engage de même instamment les Etats à offrir, dans le cadre de leurs systèmes juridiques et constitutionnels respectifs, une protection adéquate contre les actes de haine, de discrimination, d'intimidation et de coercition résultant de la diffamation de toute religion ". On remplace religion par croyants ou " fidèles " et c'est plus correcte. Encore que l'affaire du " voile islamique vosgien de Julienrupt " m'incite à ne pas en faire un absolu.

     

     

    POUR CONCLURE

    LA NOUVELLE RELIGIOPHOBIE EST AMBIVALENTE

     

     

    A partir d'une grave confusion entre critique de la religion et haine de tous les croyants, entre "diffamation" d'une religion et diffamation de ses croyants, le conseil des droits de l'homme de l'ONU tend à assimiler la religiophobie à du racisme.

    Ne s'agissait-il pas non seulement de protéger l'islam de toute critique mais aussi - ce faisant - d'empêcher la critique des usages politiques de l'islam par les Etats religieux et notamment des Etats islamiques,. Car ces propositions proviennent des états islamiques et ce au nom de la lutte contre l'islamophobie.


    Il y a là un enjeu crucial sur plusieurs points.

     

    D'abord l'islamophobie n'est pas raciste en soi.

    Il y a certains textes et surtout certaines pratiques de l'islam (comme d'ailleurs pour d'autres religions) qui donnent de quoi devenir sainement islamophobe . Sainement donc sans pour autant dénigrer l'ensemble des musulmans (ou des autres croyants). La "phobie" de l'islam qui se manifeste par des critiques ou du blasphème ne débouche pas nécessairement sur un dénigrement de l'ensemble des musulmans qui caractérise aujourd'hui légalement l'islamophobie raciste. Il faut donc se garder d'une généralisation théorique faite à partir d'un usage particulier de la critique de l'islam.

    Néanmoins, l'islamophobie raciste existe!

    De Redeker à Fitna le procédé commence à devenir classique : schématiquement on commence par une critique très sévère de l'islam et on attribue cette négativité totale à l'ensemble des musulmans. Mais pour clarifier cet enjeu il n'y a que l'analyse concrète du propos ou du fait en cause qui permet de d'affirmer (ou non) que le propos critique de la religion a finalement pour but de stigmatiser l'ensemble des croyants. Dans ce cas l'islamophobie n'est alors le moyen de développer un racisme anti-musulman.

    Pour autant, pas question de protéger la religion !

    Si ce n'est pas le cas, l'islamophobie se ramène à une simple critique de la religion, de ses textes ou de ses pratiques. Et ici il faut bien dire que les religions ne peuvent s'extraire du droit fondamental de la critique surtout au regard de ce qu'elle ont pu faire dans le passé ou le présent de l'interprétation de leur textes. Et puis au nom de quoi les valeurs religieuses seraient plus protégées que les valeurs ordinaires des humains non croyants. Au nom du sacré, du saint ? Mais ce sacré n'a pas à s'imposer à tous. Et les valeurs profanes des non croyants ne sont pas nécessairement moins respectables.

    Au vu de ces considérations il faut rappeler que l'on fait injure à une personne ou diffamation à un humain mais pas à une religion. Ou alors il faut mettre des guillemets. L'enjeu c'est que certains religieux mettent entre guillemet injure et diffamation pour les humains qui ne sont rien et mettent des Majuscules à tout ce qui touche leur Dieu.

    .

    Christian DELARUE

    Responsable national antiraciste


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