• De Guillebaud et Chouraqui à Morin et Bihr.



    "Il est vulgaire de claironner des dogmes au milieu des âges des exténués" Cioran, Précis de décomposition, Gallimard, 1949. Pour autant, on ne saurait abonder dans la "montée de l'insignifiance" (Cornélius Castoriadis.  Seuil 1996) c'est pourquoi il y a lieu de remercier et admirer le travail de perspective civilisationnelle offert, par exemple,  par Edgar Morin (1) ou Alain Bhir (2) qui lui s'est interrogé sur la crise du sens en s'appuyant sur Marx. L'appel à l'indignation de Stéphane Hessel se limite à la nécessaire résistance plus en prise avec la situation actuelle mais qui, au dire même de l'auteur, n'avait pas l'ambition d'aller au-delà comme dans l'ouvrage d' Edgar Morin.

    On voudrait nous remettre le "ciel" des religions unifiées comme perspective alternative au culte du marché - rien moins - mais les religions monothéistes n'ont jamais su s'unir mais de plus elles se sont toujours bien accomodées du marché et du capitalisme, le protestantisme a même été théorisé comme matrice du capitalisme (Weber). La pensée athée n'est pas constemment en prise avec le marché et aux désirs qu'il réactive constamment, il est aussi porteur d'alternative, de transcendance du social. C'est ce que ce bref comparatif tend à soutenir.


    1) Jean-C
    laude Guillebaud et André Chouraqui ou le discours qui nous parle du ciel monothéiste unifié.

    La perspective de civilisation est absente dans "La refondation du monde" de Jean-Claude Guillebaud (3) qui est susrtout une longue défense d'une réforme et reformulation du judéo-christianisme dans la perspective d'alliance avec l'islam. Le volume de 370 pages débouche sur une défense difficile d'un droit mondial assez flou et posé hors toute référence aux mouvements sociaux ou aux groupes politiques favorables à une nouvelle internationale. A l'évidence, aucun projet visant à combattre les dominations, aliénations et oppressions du système capitaliste dominant dès lors que ce dernier n'est pas étudié.

    On trouve l'alter-égo d'un Guillebaud venant du monde juif avec André Chouraki. Ce dernier s'est aussi employé à rapprocher les trois monothéismes. Il s'agit d'une entreprise difficile qui sollicite les compétence de toute une vie. L'ampleur de la tâche ne doit cacher ni l'échec de l'entreprise panreligieuse à ce jour, ni l'incapacité à formuler une perspective politique qui tienne compte des rapports sociaux, et des apirations sociales et démocratiques des peuples.



    2) Pour une politique de civilisation
    d'Edgar Morin (ed Arléa 2008)

    Il n'est qu'un chapitre d'un livre plus important écrit en 1997 avec Sami Naïr et intitulé Politique de civilisation.  Cette politique "permet de ressusciter une espérance concrète. Cette politique de résistance à la nouvelle barbarie porte en elle le principe d'une espérance. L'ingrédient vital dont nous avons besoin - et la politique aussi -, c'est l'espoir. La résurrection de l'espoir n'est pas ici la résurrection d'une Grande Promesse, c'est la résurrection d'une possibilité. Ni l'incertitude, ni l'angoisse ne sont supprimées, mais comme on ne peut supporter l'incertitude et l'angoisse que dans la participation, dans l'amour et dans la fraternité, dans l'action, la politique de civilisation porte en elle l'élan, la participation, l'espérance". Ainsi se termine l'ouvrage page 79.



    3) La triple aliénation
    au sein des sociétés capitalistes développées d’après Alain BIHR

    Les différents processus précédents se conjuguent donc pour plonger les sociétés capitalistes développées dans une crise chronique du sens : pour les priver d’un habitat imaginaire commun, d’un ensemble repérable, structuré et crédible de référentiels donnant sens à l’existence. On devine tout de suite qu’une pareille crise du sens ne va pas sans retentir profondément sur l’organisation psychique (affective et imaginaire autant qu’intellectuelle) des individus qui la vivent. Plus précisément, le défaut d’ordre symbolique collectif perturbe simultanément le rapport à soi, le rapport aux autres, enfin le rapport au monde. (suite  en note 2)


    Christian Delarue

    1) Edgar Morin : "La politique de civilisation ne doit pas être hypnotisée par la croissance"
    http://www.lemonde.fr/politique/chat/2008/01/02/edgar-morin-la-politique-de-civilisation-ne-doit-pas-etre-hypnotisee-par-la-croissance_995373_823448.html

    2) La triple aliénation d’ A BIHR
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article813

    3) Jean-Claude GUILLEBAUD, Darwin et le principe d’humanité. D Delarue
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1193

     

     

     


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  • Monde commun, écart de revenus , méritocratie, égalité des chances.


    Ou la cohésion sociale comme slogan creux !

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1007

    Les deux premiers rapports renvoient aux deux seconds : méritocratie et égalité des chances. Trop d’écart de revenus crée des mondes sociaux séparés. Deux France sont non seulement séparées mais opposées. Cinq ans après la révolte des banlieues délaissées de la République ces dernières demeurent éloignées de l’emploi et des richesses alors qu’ailleurs les riches sont encore plus riches, très riches, trop riches. Trop signifie que l’égalité des chances ne saurait légitimer une tellle situation.

    1) Monde commun et écart de revenus maxi : 1 à 5, 1 à 10, 1 à 40.

    Trois grandes propositions d’écart de revenu sont repérables. Proposer le 1 à 40 signifie ne pas vouloir aller vers un monde commun. Le 1 à 10 qui admet encore de fortes dominations de classe ne produit pas un tel "effet de monde différent".

    Ici la base est le SMIC revendiqué à 1500 euros perçus (net) ce qui modifie les calculs.

    Si le SMIC revendiqué est de 1500 euros (1)

    *l’écart souhaitable des revenus allant de 1 à 5 passe sur cette base à 7500 euros . Cette somme constitue la base de départ des revenus des 21 catégories de dirigeants. L’écart de 1 à 5 est clairement anticapitaliste.

    * L’écart de 1 à 40 ( 60 000 euros par mois !!!) évoqué il y a peu par Marianne ne touche que l’hyperclasse mondialisée et protège la bourgeoisie nationale tant sa composante rentière que capitaliste. Cette formule légitime ce qu’elle veut combattre. Vouloir un monde commun ne saurait s’accomoder d’un tel écart.

    * Un écart de 1 à 10 (1500 à 15 000 euros par mois) parfois proposé frappe l’hyper-classe et une partie de la bourgeoisie mais protège les "grands élus", les professions libérales et les capitalistes entre 7500 et 15000 euros. Il s’agit là d’une formule intermédiaire de type social-démocrate fondée sur une alliance de classe entre le gros du salariat (moins de 3000 euros) et les cadres supérieurs et une fraction de la bourgeoisie nationale. Elle est jugée " réalisable " car susceptible d’être soutenue démocratiquement au plan national.


    2) Méritocratie républicaine, néolibéralisme et égalité des chances.

    * La méritocratie comme son nom l’indique défend l’idée de placer sur les postes de la division hiérarchique du travail les individus compétents. Dans un régime républicain ces compétences sont d’une part validées au titre de la qualification (2) et d’autre part ne seront pas prétexte à sursalaire. Autrement dit la méritocratie républicaine attribue des fonctions et des postes dans la société mais pas une affectation aristocratique des revenus. S’ajoute un autre argument : le travail pénible pas nécessairement employeur de grandes compétences devrait lui être bien payé.

    * C’est le système capitaliste qui inverse l’ordre des choses, ce n’est ni la méritocratie, ni la logique républicaine. Le néolibéralisme a renforcé cette dynamique inégalitaire. Il a détruit ce que le régime républicain social avait pu construire contre le capital dans une période favorable. Cela ne signifie pas que la république sociale d’alors avait radicalement circonscrit et encore moins éliminé le capitalisme.

    * L’égalité des chances, discours apparu avec le néolibéralisme, vient casser l’ascenseur social et légitimer la prédation des riches. Les néolibéraux ont cassé les normes juridiques protectrices sous le terme de libéralisation et privatisation. Tous est soumis à la logique marchande, ce qui intégré au marché comme ce qui ne l’est pas. Les grandes firmes profitent de cette marchandisation néolibérale. Dans cette anarchie de marché le thème de l’égalité des chances vient autoriser les forts à devenir prédateurs et cupides et les faibles à ne recevoir que la charité et la comùpassion.

    * Confrontation avec François Dubet. Cet universitaire sympathique et fort compétent sur ces questions (3), n’a pas le même point de vue. Il écrit : "L’égalité des chances et la méritocratie qui lui ressemble comme une sœur sont les seules figures de la justice acceptables dans une société où nous sommes égaux tout en occupant des positions sociales inégales". Sont-elles vraiment si ressemblantes ?

    Il ajoute : "L’ensemble des recherches sociologiques conduites en France et ailleurs montre que ni l’école ni le marché du travail ne parviennent à effacer les effets des inégalités sociales". Surtout pas le marché ! L’école républicaine s’y emploieen vain face au marché.

    "L’égalité des chances ne vise pas à produire une société égalitaire, mais une société dans laquelle chacun peut concourir à égalité dans la compétition visant à occuper des positions inégales". "Le principe de l’égalité des chances n’est acceptable que si l’on prend soin de le situer dans un espace des inégalités sociales elles-mêmes acceptables. Sans cela, l’égalité des chances peut n’être qu’une idéologie de vainqueurs justifiant leur succès au nom de leur mérite". Certes.

    * F Dubet semble ici placer le marché à la place de la logique méritocratique républicaine : Dans le monde du marché, la croyance est la même : la prise de risques, les responsabilités et le travail doivent être sanctionnés parce qu’ils mesurent le mérite de chacun. On croit d’autant plus à l’égalité des chances et au mérite que l’on pense souvent que cette forme de justice est efficace : les élites sont les meilleures possibles, chacun est à la place qui lui convient, chacun a intérêt à être efficace, ce qui contribue à l’efficience collective et à « la richesse des nations ».

    L’ambigüité tient au montant de la "sanction" : si très très élevée en terme de rémunération alors il s’agit du marché mais pas du mérite puisque la méritocratie ne pose que des affectations de postes mais pas des affectations financières. Certes il y a une hiérarchie des salaires et traitements mais cette dernière s’effectue de façon progressive sans grand saut qui soudainement place les "compétents" dans un autre monde, celui des grands possédants.

    Christian Delarue

    1) Des syndicats proposent 1600 euros mensuels pour le smic.

    On peut aussi plaider pour un revenu minimal de mi-carrière entre 40 et 45 ans autour de 2000 euros perçu. Une idée à creuser.

    2) Le fondement républicain de la qualification.

    3) Redoutable égalité des chances par François Dubet , Libération, 12 janvier 2006


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  • Promotion de deux alliances de couches sociales au sein du peuple-classe.  

    Le peuple-nation distingue la bourgeoisie nationale et internationale du peuple-classe qui lui en outre intègre les migrants (à l'exception des touristes). Toute pensée démocratique se doit aujourd'hui plus encore qu'au siècle passé d'intéger les résidents étrangers car les migrants sont devenus un phénomène mondial massif sans commune mesure avec le phénomène observé il y a 20 ans.

    La notion de peuple-classe pose un cadre d'alliance interne car il s'agit d'une proto-classe, d'une classe en puissance car hétérogène, très divisée. La bourgeoisie est très unie pas le peuple-classe. Penser la convergence des intérêts et l'unification sur un commun malgré les différences existantes procède donc d'une analyse et d'une stratégie.

    Quelles couches sociales? Quelles alliances? Comment ?


        I - Présentation d'une nouvelle vision stratificationniste de la société française.  

     

    Cette approche n'exclue pas une compréhension en terme de lutte de classe. Ces approches sont complémentaires.  

    A ) Quelques repères  

    D’après les chiffres donnés par le magazine L’expansion de sept 2009 « spécial cadre » on repère la grille des salaires de deux catégories distinctes celle des dirigeants et celle des cadres du secteur privé. Deux tranches de rémunération moyenne brute sont clairement perceptibles. On voit

    - toute la palette des directeurs (18 types recensés ) payés entre 85 000 euros et 150 000 euros par an .

    - les ingénieurs et cadres plus « modestement » payés entre 35 000 à 45 000 euros par an.


    B ) La hiérarchie sociale : par ordre décroissant nous trouvons 4 couches:  

    4 - LES NANTIS : Ils sont dans la zone entre peuple-classe et bourgeoisie ; ce sont les dirigeants de sociétés anonymes. Il gagnent de 8500 euros à des sommes exhorbitantes.  Ils sortent rapidement du peuple-classe pour passer dans la classe bourgeoise, celle la plus collectiviste qui est prêt à tout pour défendre ses intérêts, ses privilèges et ses pouvoirs.  

    3 - LES TRAVAILLEURS AISES : ils appartiennent au peuple-classe. Ce sont les cadres, les indépendants et le petit patronat. Ils gagnent entre 3200 et 5000 euros. Ils gagnent beaucoup moins que les riches, les nantis.

    2 - LES PROLETAIRES: Ils épuisent leur revenu mensuel en fin de mois ou pour les "plus aisés" arrive à épargner modestement. Ils gagnent tous moins de 3000 euros par mois. La zone frontière du prolétariat tourne entre 2800 et 3200 euros par mois selon les situations, les modes de vie et les lieux de vie.  

    1 - LE SOUS-PROLETARIAT: Ils gagnent moins que le smic.Ils peuvent travailler et être pauvre. C'est la honte des pays riches. Chaque matin en se levant il est bon d'y penser pour agir.


    II - Les deux alliances fondamentales.

    La première alliance est vitale, impérieuse mais il faut la seconde pour la réussite du projet émancipateur global (texte précédent)

    A) L'alliance impérieuse  

    Il s'agit d'améliorer le sort de ceux-d'en-bas disposant de quasiment rien à moins de 3000 euros par mois. Il faut alors travailler à l'union des sous-prolétaires et des prolétaires  Cela passe par des revendications concernant l'accès au travail, l'accès au revenu décent, une certaine fiscalité protectrice des moins de 3000 euros par mois, une possibilité de ne pas rester coller à vie au smic pour monter vers le double ou le triple dans la seconde partie de sa vie.

    B) L'alliance du succès  

    Il s'agit d'unir les prolétaires avec les "travailleurs aisés". Les revendications à poser vise à faire reporter au-dessus du "seuil hédonistique" (4500 euros par mois) le paiement de la redistribution primaire (salariale) et secondaire (fiscale)  

    Christian Delarue

    En défense des prolétaires à 3000 euros par mois et moins !
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article789

    Racisme anti-fonctionnaire(s). Des privilégiés, des fainéants et des improductifs !
    http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/racisme-anti-fonctionnaire-s-des-60108

    Sobriété pour les très riches de tous les pays.
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article717

    Eléments de critique de la compassion sociale
    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article704


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  • Photo église de Bouseul - La Bretagne respire la subculture chrétienne alors que d'autres régions sont passés au post-judéochristiannisme.

    Quand le peuple "demos" supplante difficilement le peuple "ethnos".

    Contre la "montée des identités", défendons le social (la rue) et la démocratie (les urnes)

    Christian Delarue

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article919

    Avec la crise globale monte les "nouveaux monstres et les vieux démons". *La crise démocratique* - issue de la montée de la gouvernance elle-même effet de la crise de la représentation (le tout se manifestant notamment par de forts taux d’abstention aux élections) - *et la crise sociale -* faite de précarité, de chômage et de déclassement social - *se combinent pour faire émerger un peuple /ethnos/, celui qui se focalise sur des racines lointaines et mythiques*, celles exhumées par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne de 2007.

    *

    I - *Retour sur une distinction majeure : Peuple "ethnos" et peuple "demos"*

    A ) *Le peuple ETHNOS* est celui qui partage une culture commune issue de l’histoire. Il a des variantes une éthnique, l’autre religieuse. Mais l’histoire avec ses évènements, ses bouleversements - guerres, migrations, révolutions, etc . - a introduit de la conflictualité dans la culture commune. Du moins en France. Autrement dit ce qui est partagé ne l’est pas nécessairement en toute harmonie.

    En France il est assez aisé de repérer, même pour un étranger, quelques conflits "identitaires" majeurs . Ainsi pourra-t-on voir un conflit entre la volonté forte d’unité et d’indivisibilité de la Nation et la survivance de quelques cultures "régionales" encore fortes. L’autre exemple à noter est celui de la survivance d’une subculture chrétienne face à une forte culture laïque. La France est un pays marqué tout à la fois - et contradictoirement - 1) par l’esprit de la Révolution de 1789 qui a donné lieu à la perspective d’une révolution non terminée et à tous les courants de transformation de la société (anarchistes, socialistes, communistes,etc.) et 2) par le maintien d’un fil historique pré-révolutionnaire que l’on retrouve dans l’appel à la terre de Méline ou dans le Travail, Famille, Patrie de Pétain ou dans le gout récurrent pour l’aventure coloniale et postcoloniale (discours de Dakar du Président Sarkozy) ou guerrière (Afghanistan) .

    ** Ethnos d’émancipation ?*

    Le peuple "ethnos" n’est pas uniquement celui ancré sur les structures autoritaires faisant tout à la fois appel à un /conducator/ et à la religion sous ses formes les plus réactionnaires. Mais avec la crise, la "montée de l’identité" peut prendre la forme réactionnaire déjà présente tant dans les espaces régionaux (extrême-droite en Bretagne) que dans les replis communautaires religieux ou pour la communauté nationale dans les tentatives de la droite sarkozienne d’instrumentaliser par en-haut l’identité nationale comme d’autres instrumentalisent les pratiques religieuses archaïques aux fins de critique de l’intégration républicaine. L’ethnos peut se marier à une logique émancipatrice, sociale et citoyenne comme le "demos", en revendiquant une France pluriculturelle voire plurinationale pour les cultures ou les peuples dominés - Bretons, Corses, Kanaks, Martiniquais, .... Une perspective sociale et même socialiste peut se couler dans une République faisant sienne le "carré républicain" Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité mais en aménageant le volet "une et indivisible" et en réalisant la formule démocratique quasiment utopique du "gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple". Hypothèse d’école pour l’heure... **

    ** Ethnos des dominés : victimes ethniques ou sociales et de genre ?*

    Il faudrait ici distinguer un ethnos dominant d’un ethnos dominé. Mais c’est là une problématique qui ne se règle pas en quelques lignes. Pour faire court, disons qu’un ethnos dominé mais actif subjectivement et sur un mode démocratique et social ("de gauche") tiendrait une légitimité à l’autodétermination de la dite communauté. Renvoyons ici au débat sur les minorités nationales.

    A propos de la burqa, il semble avéré que la constitution de la commission dite Gérin suffisait amplement pour s’interroger sur ce phénomène religieux mineur - soumission passive ou affirmation identitaire religieuse ? - et que le lancement d’un "grand débat" sur l’identité nationale avec le voile intégral pour toile de fond est démesuré et dangereux ; dangereux pour deux raisons : il vient d’en-haut (instrumentalisation forte) et il porte une forte logique d’exclusion. Si des mesures particulières sont à prendre, nul besoin de mobiliser la Marseillaise, la cocarde et encore moins "la terre" façon Méline.

    B) *Le peuple DEMOS* est celui qui a relativement lâché ses pesanteurs archaïques du passé au profit d’une double orientations : le démos social et le démos démocratique. Risquons une version sujective et militante en distinguant le demos des urnes (citoyen) et le démos de la rue (social) !

    * Le *démos social* n’est pas que "la rue" c’est à dire la mobilisation et la lutte de ceux-d’en-bas hors des procédures formelles de la démocratie représentative ou participative . Le demos social c’est aussi l’état des droits et des garanties protégeant les prolétaires, ceux qui épuisent leur salaire dans le mois ou qui n’épargnent que des sommes modestes en fin de mois (moins de 3000 euros par mois en Europe de l’Ouest). Le demos social existe enfin au titre de représentation du monde servant à l’action . A ce titre il pose une division verticale du peuple toute différente de la division horizontale et territoriale des ethnos et des communautarismes pour qui l’autre est "à côté"( l’autre département que le 93) ou "dehors" (l’autre communauté). Il se pense soit en terme de couches sociales (vision stratificationniste) soit en terme de lutte de classes sociales antagonistes. Ainsi, la subdivision du peuple entre un peuple-classe et une bourgeoisie nationale relève d’une appréhension du peuple comme démos versus social.

    En France la dynamique populaire s’est manifesté sur les deux derniers siècles en terme de conquêtes sociales et démocratiques, en terme de libération, d’égalité, de fraternité et de laicité, le tout constitutif du "carré républicain". Il a donné lieu peu à peu et dans le conflit à une compréhension particulière de la République comme chose commune ("res communis"), comme comme gestion publique du bien public . Un compréhension qui a gagné du terrain face à la propriété privée du Code civil de 1804 mais qui bute aujourd’hui à la reprivatisation du monde par le néolibéralisme.

    * *Le démos démocratique* est celui qui met l’accent sur la volonté de participer au débat et de décider.

    Le démos démocratique se comprend dans un cadre national mais aussi dans un cadre post-national (perspective européenne) bien que les réflexions sur ce cadre soient plus complexes. Lire ici Des appartenances aux identités : vers une citoyenneté politique européenne de Margarita Sanchez-Mazas et Raphaêl Gély. Voir aussi la table ronde Citoyenneté et institution européennes de Mouvements 2007 (texte payant sur internet)

    Le demos démocratique donne lieu à deux autres variantes, l’une citoyenne avec élection de représentants du peuple, l’autre autogestionnaire ou le peuple s’approprie les outils et la gestion des affaires soit dans l’entreprise, soit dans la société. Le demos democratique est en France le fait historique des forces sociales des différentes composantes de la gauches. C’est contre la vision restrictive des libéraux que la démocratisation s’est effectuée. Ce processus est aujourd’hui bloqué par le néolibéralisme.

    *

    II - *Crise et appel à l’ethnos : C’est le "démos" citoyen et social qui régresse.*

    Nul progrès n’est à attendre de cette régression. Pour Yves CUSSET (1) que nous allons ici citer longuement , "l’idéal démocratique serait de rendre effective et d’élargir la sphère de l’égalité selon les deux axes, axe vertical de l’exclusion sociale et axe horizontal de l’altérité de l’étranger".

    Il poursuit ainsi son propos :

    Mais la réalité moderne est tout autre ; comme n’a cessé d’y insister Etienne Balibar, l’histoire des démocraties modernes est plutôt celle d’une collusion entre citoyenneté et nationalité, plus encore d’une fondation de la citoyenneté sur la nationalité, du peuple-démos sur le peuple ethnos, de l’égalité des citoyens sur l’identité collective. C’est ce qui n’a cessé de rendre en partie inefficient les droits de l’homme (leçon de H. Arendt réitérée aujourd’hui par G. Agamben8), dans la mesure où celui qui n’est qu’homme, l’homme nu qui n’est d’aucune nation (réfugié, déplacé, apatride), celui qui devrait être par excellence le bénéficiaire des droits de l’homme, ne peut en aucun cas jouir de droits égaux à celui du national. Le plus humain dans les faits, celui qui n’apparaît à l’autre que dans l’éclat de son humanité nue, se retrouve considéré comme le moins humain du point de vue du droit : incivilité du droit jusque dans son expression la plus démocratique, celle des droits dits de l’homme. Et lorsque l’égalité du peuple-démos est en crise, du double fait de l’accroissement du peuple des exclus et de la désaffection de l’espace public, on assiste à un renforcement du peuple ethnos, du sentiment d’appartenance, qui traverse en particulier le discours politique sous la forme discrète d’un certain paternalisme républicain (« que les fils et filles de la République retrouvent les bras de leur mère ») ou moins discrète des divers populismes (que certains appelleront poliment souverainistes) de droite et de gauche. Derrière ces discours où se déploie une idéologie de l’égalité, la réalité des mesures de plus en plus inégalitaires : durcissement du code de la nationalité et des conditions de naturalisation, multiplication des expulsions et des dits renvois aux frontières, conditions d’exception du traitement des clandestins, durcissement des frontières et du contrôle de l’immigration ; il s’agit d’immuniser toujours plus la communauté face à son dehors plus ou moins menaçant, dehors des barbares et des étrangers, mais aussi dehors intérieur des exclus, des désaffiliés, des sauvageons, de la racaille. Politiques de la sécurité et de la répression comme camouflet du vide démocratique. Cohésion nationale et ordre républicain valent-ils une heure de peine si c’est pour justifier l’incivilité d’un déni de démocratie ?

    Ce déni c’est celui d’un autre scandale de la démocratie qui n’est que le prolongement du scandale de l’égalité - mais qui est peut-être plus scandaleux encore - dans le rapport horizontal aux étrangers : scandale cosmopolitique de l’accueil qui stipule que personne n’a plus qu’un autre un titre à occuper telle ou telle parcelle de la terre, que la citoyenneté n’est pas une immunité mais un co-partage, le partage, la responsabilité et la dette du cum, de l’être-avec9. On objectera bien sûr, parce qu’il faut quand même être raisonnable, et nous avons tous intériorisé qu’il est difficile d’être à la fois démocrate et raisonnable : « Soyons sérieux, tout ceci est très beau mais à toute communauté il faut des frontières et des principes, un gouvernement a la charge d’une politique de l’immigration et l’on ne peut raisonnablement accueillir tout le monde ». Mais la démocratie n’est pas réductible à un régime de gouvernement, c’est l’une des formes de son aporie inaugurale, elle n’est pas affaire de police, mais bien de politique, pour reprendre l’évocatrice dichotomie de Rancière10, et la politique n’est pas le monopole du gouvernement. La police, c’est le gouvernement et l’administration de la société selon des lois et des principes qui permettent d’en stabiliser et d’en reproduire l’ordre, la politique est visée de l’émancipation au nom de l’égalité, tentative de reconfigurer un ordre social producteur d’injustice que la police et le gouvernement ont pour but de légitimer et de stabiliser, ou plutôt tentative de montrer, d’exhiber une configuration que la reproduction de l’ordre existant doit nécessairement occulter, de s’auto-instituer en acteurs d’une parole dont l’ordre de la police a pourtant démontré l’inacceptabilité. On pourrait dire qu’il y a démocratie quand il y a place pour la politique en ce sens, ou comme dirait Rancière, place pour la rencontre des hétérogènes, de la police et de la politique, du gouvernement et de la question de l’égalité, heurt entre la demande d’élargissement de la sphère de l’égalité par en bas et le renforcement de l’ordre social par en haut, quand il y a place pour la subjectivation de ceux que l’ordre des lois et du gouvernement maintient dans un état d’irréductible inégalité au nom du juste partage des parts de la communauté : tiers-état au XVIIIe, prolétaires au XIXe, femmes au XXe, etc. Pour reprendre la jolie formule de Rancière : la démocratie est le régime de la mésentente (entre police et politique, entre ordre et égalité). La question démocratique de l’accueil n’est donc pas l’affaire du gouvernement qui se charge des lois sur l’immigration (et il est d’ailleurs assez incivil de dire qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde) mais beaucoup plus celle de ceux que de telles lois laissent hors de la possibilité de tout accueil et qui le font voir dans l’espace public : le mouvement des sans-papiers est démocratique, pas les lois sur l’immigration et le séjour des étrangers. Il donne même une leçon de civilité démocratique, dans sa capacité à saisir l’espace public par la question de l’égalité à travers celle du droit de séjour, contre ceux qui voudraient un espace public policé et immunisé contre toutes les interférences démocratiques, contre la mésentente. On peut s’accorder avec Balibar pour dire que tous ceux qui croient encore à la démocratie doivent retenir la leçon des sans-papiers : « Nous leur devons d’avoir forcé les barrières de la communication, de s’être fait voir et entendre pour ce qu’ils sont : non des fantasmes de délinquance et d’invasion, mais des travailleurs, des familles à la fois d’ici et d’ailleurs, avec leurs particularismes et l’universalité de leur condition de prolétaires modernes [...]. Ainsi nous comprenons mieux ce qu’est une démocratie : une institution du débat collectif, mais dont les conditions ne sont jamais données d’en haut. Toujours il faut que les intéressés conquièrent le droit à la parole, la visibilité, la crédibilité, courant le risque de la répression »11. Ces mots qui ont aujourd’hui quelques années demeurent roboratifs face à l’incivilité des néo-tocquevilliens et autres melons pas très mûrs ; ils nous rappellent qu’il existe une civilité du refus et de la résistance, une civilité du combat contre l’incivilité politique, contre la terrible absence de vergogne, pour reprendre la belle expression de Bernard Stiegler12, des dits responsables politiques.

    Faut-il haïr la démocratie ?

    http://www.sens-public.org/spip.php?article335

    *Libres réflexions autour de Jacques Rancière sur l’incivilité politique contemporaine* Yves Cusset | 30 janvier 2007 | COSMOPOLITIQUE |



     

     

     

     

     

     

     


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  • Un nouveau "consensus altermondialiste" pour répondre à la crise du néolibéralisme pourrissant.

    Commentaire au texte de Bernard CASSEN et Christophe VENTURA

    Quel altermondialisme après la fin du néolibéralisme ? par Bernard CASSEN et Christophe VENTURA

    http://blogbernardgensane.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/10/04/quel-altermondialisme-apres-la-fin-du-neoliberalisme.html

    et sur Centre tricontinental CETRI

    http://www.cetri.be/spip.php ?article833

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    - Que conclure de la "fin du néolibéralisme" ?

    Bernard Cassen et Christophe Ventura appuient le propos sur "la fin du néolibéralisme" de l'économiste et Prix Nobel américain Joseph Stiglitz, (publié le 7 juillet 2008) en affirmant qu'il "faut effectivement constater que la crise actuelle du capitalisme, dans sa phase néolibérale, prend des allures systémiques en cumulant des dimensions financière, monétaire, alimentaire et énergétique". Ces liens entre les crises a été mis en valeur lors de l'université d'été d'ATTAC à Toulouse . Mais plus particulièrement, pour nos deux camarades "post alter", la crise globale du capitalisme se manifeste par l'effritement d'une cohérence propre au néolibéralisme : "Alors qu'il incarnait une symbiose entre une dimension politique (les gouvernements, les institutions multilatérales et les « élites »), économique (les acteurs des marchés et les institutions bancaires et financières) et idéologique (les médias) dans les années 1990, il pâtit désormais de l'effritement de la cohérence capitaliste". Il ne faut donc pas s'étonner des nouvelles contradictions qui surgissent "dans le système et chez ses « élites ». Ils pointent successivement :
     remise en cause de l'hégémonie des Etats-Unis et du « Consensus de Washington », notamment en Amérique latine où des gouvernements progressistes sont arrivés au pouvoir ;
     recours aux nationalisations d'établissements financiers par des gouvernements aussi « libéraux » que ceux de Londres et Washington ;
     dépérissement des institutions financières internationales ;
     émergence d'un nouveau rapport de forces mondial multipolaire avec le poids économique et géopolitique grandissant des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) ;
     montée en puissance des fonds souverains ;
     guerres du Caucase en partie liées aux ambitions énergétiques concurrentes et aux velléités d'expansion de l'Otan ;
     enlisement en Irak, en Afghanistan ;
     tensions autour de l'Iran ;
     évolution de régimes politiques nationaux vers des formes d'autoritarisme en Europe, etc.

    A-t-il existé un « consensus altermondialiste » suffisamment fort qui oblige à parler de post-altermondialisme ?

    Certes, "au cours de la décennie passée, un grand nombre de mobilisations massives du mouvement altermondialiste se sont formées contre ces institutions multilatérales" représentatives du néolibéralisme que sont la Banque mondiale, le FMI et l'OMC . Mais l'altermondialisme a toujours critiqué aussi le rôle prédateur des grandes firmes multinationales - FMN - contre le social, l'environnemental et la démocratie partout mais aussi et surtout contre les pays de la périphérie (le Sud). Ce point - contre les FMN - est dans la Charte de Porto Alègre. Et ce n'est pas rien ! Rappelons avec Eddy Fougier (1) que " le « consensus altermondialiste » se caractérisait principalement par un accord des altermondialistes sur le rôle central des forums sociaux, sur les principes contenus dans la Charte des principes du Forum social mondial, texte fondamental pour eux, adopté après le premier FSM en 2001, et sur ce qui a été appelé l'« esprit de Porto Alegre ».

    Certes cette critique a été menée sans analyse des classes sociales en conflit mais à partir de la nécessaire promotion du citoyen à tous les niveaux :entreprise, local, national, continental et mondial . Certes du fait de l'existence d'une « forêt de rationalités politiques » en son sein, l es critiques furent plus ou moins radicales . Notamment, le rôle destructeur des Etats qui reproduisaient ces politiques néolibérales n'a pas toujours été dénoncé avec force par toutes les composantes du mouvement tant au nord qu'au sud . Le mérite de Bernard Cassen et ses amis qui ont eu les yeux rivés sur l'Amérique latine a été de voir que des gouvernements et des partis politiques pouvaient recevoir l'appui de l'altermondialisme quand d'autres alters restaient fermement positionné sur l'indépendance du mouvement par rapport aux gouvernements et sur la stricte solidarité entre les pauples. Nous sommes nombreux à penser que ces appuis possibles ont eu pour effet de déplacer la ligne des solidarités par la formation d'un nouveau consensus altermondialiste . L'ampleur du déplacement fait débat.

    Le post-altermondialisme se focalise sur le poids des USA et la montée en force contrastée de la révolution en Amérique latine mais laisse dans l'ombre d'autres secteurs géopolitiques.

    Les amis de B CASSEN et C VENTURA - j'en connais - ont été moins prolixes sur les rapports de l'Europe à l'Afrique ou à l'ensemble du pourtour méditerranéen. On pourrait en dire de même à propos des enjeux touchant la zone Iran-Irak- Afghanistan . Dans de nombreux débats certains voyaient surtout la domination des USA, de son gouvernement, de ses firmes et de son armée partout sur l'ensemble du reste du monde et négligeaient le fait que l'Uinion européenne comme les Etats européens se comportent à l'identique des USA sur des bases capitalistes propres, hors tout impérialisme nord-américain. Une telle politique de "second couteau" a d'ailleurs débouché un atlantisme renforcé et un élargissement de l'OTAN avec le nouveau Président Sarkozy. Nous voilà dans un "bourbier à l'algérienne" en Afghanistan sans que nous ayons comme au printemps 2003 une grande manifestation pour exiger le retrait des troupes de ce pays ! D'autres, dont je suis, plaidait pour une solidarité stricte entre les peuples. Un appui d'un quelconque gouvernement, fut-il progressiste ne pouvait qu'être conjoncturel et toujours passible de critiques, des critiques faites pour renforcer le poids du peuple-classe et notamment en son sein de sa principale composante : le salariat. En fait chacun dans ce débat est allé trop loin : trop national pour les uns, pas assez pour les autres.

    Le nouveau consensus altermondialiste en formation.

    Ce qui surgit - la crise de la finance provocant une grise globale et sévère du capitalisme - pose la question des solutions à proposer. Puisque nous entrons dit Gus Massiah (2) "dans un nouveau cycle des Forums sociaux mondiaux liant leur utilité à l'indispensable débat sur les débouchés de la transformation sociale" un nouveau consensus peut se former. Au plan européen, l'accord peut se faire sur le rejet de l'atlantisme (3), sur le refus de l'OTAN . Mais par ailleurs, veux-t-on sortir de l'Europe (au sens de n'être plus soumis aux règles de l'Union européenne) ou exige-t-on une autre Europe ? Débat inévitable ! Vouloir une "autre Europe" donne incontestablement un axe stratégique fort d'altermondialisation du monde . E Balibar parle d'Europe altermondialisatrice . Une telle position ne signifie pas - en tout cas pas pour moi - ne pas vouloir l'appropriation publique dans chaque Etat notamment par des nationalisations et pour l'heure par l'expropriations des capitalistes et la nationalisation des banques. On peut discuter de la pertinence de cette solution et surtout des modalités de sa mise en oeuvre. On peut lui préférer un pôle financier public. Reste que la dimension nationale n'est pas omise. Ce qui compte aussi c'est la transcroissance des luttes au-delà des frontières car le néo-socialisme démocratique et écologique sera continental ou ne sera pas.

    Christian Delarue ATTAC

    1) Où en est le mouvement altermondialiste ? Réflexions sur l'essoufflement - Eddy Fougier [03-03-2008] La vie des idées

    http://www.laviedesidees.fr/Ou-en-est-le-mouvement.html

    2) Évolution globale et altermondialisme - Gustave Massiah publié sur ATTAC France le 12/11/2007 Il y a un an Gus Massiah déclinait les grandes lignes d'un triple crise à laquelle est confrontée le monde de ce 21e siècle : celle de l'hégémonie des États-Unis en même temps que celle du néolibéralisme parallèlement à la crise écologique que l'on sait.

    http://www.france.attac.org/spip.php ?article7726

    3) Contre l'atlantisme

    http://www.local.attac.org/35/Contre-l-atlantisme.html


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