• ATTAC : l'altermondialisme et l' Afrique

    1) Nestor BIONADANURE

    2) Jean NANGA

    3 ) De Aimée CESAIRE à Thomas SANKARA pour l'Afrique (et non Ben Laden)

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    Nestor Bionadanure (Afrique), journaliste chercheur :


    Les raisons d'espérer, en parlant de l'Afrique sub-saharienne, cela paraît un peu paradoxale car quand on voit ce qu'il se passe au Kenya et que l'on dit que c'est un des pays les plus stables du continent, voilà un pays intéressant mais le problème est le même, problème ethnique et diversité. Il y a une diversité oui, donc il y a antagonisme. Mais il est important de dire que le problème n'est pas la diversité, ce n'est pas ceux qui peuvent avoir des cultures différentes dans une nation, mais la politique d'instrumentalisation, le refus de voir les citoyens au delà des ethnies. La même politique de « diviser pour régner » qui était la politique coloniale a été intériorisée par une partie des élites post-coloniales. Il est important – on a précédemment parlé des médias – de dire que les États ne sont pas que cela, ce ne sont pas tous ses acteurs qui instrumentalisent l'identitaire, c'est le mouvement fascisant et les partisans de l'identitaire et de l'instrumentalisation des différences pour la conservation du pouvoir et contre lequel les résistances combattent.


    La situation économique actuelle de l'Afrique sub-saharienne est complexe, l'espérance de vie entre 45 et 47 ans est presque la moitié de celle d'un pays comme le Canada ou l'Europe (80 ans) . Cela veut dire qu'il y a une majorité de la population qui vit déjà très mal, un véritable calvaire causé par la violence structurelle. C'est à dire, l'impossibilité aujourd'hui, à cause des politiques de la Banque Mondiale et du FMI des années 80, de satisfaire les besoins fondamentaux de la population. En 2006, il y a eu 80 milliards de dollars qui ont été injectés en Afrique. Et la même année, 500 milliards de dollars qui ont quitté le Sud. On estime aujourd'hui en Afrique à 30 milliards de dollars ce qui sort du continent notamment par l'évasion fiscale. Bien sûr, on peut parler sans peur de complicité des banques et de certaines structures du Nord puisque ce n'est pas très difficile d'investiguer pour identifier ces capitaux qui quittent le continent.


    L'espérance, oui. Le mouvement alter mondialiste n'est pas né spontanément. Il vient de la longue tradition de luttes de libération nationale, la lutte anti-coloniale mais aussi toutes les luttes du mouvement ouvrier qui a repris. Une des conséquences de la situation actuelle évoquée de l'Afrique est une crise sociale qui prend une forme identitaire mais aussi des résistances de la société civile. On a vu au Burundi une grève générale qui a duré quatre jours alors que précédemment la crise avait des formes ethniques, et en Guinée, une grève générale suivie par près de 98% de la population. On voit donc que la question sociale revient au galop. La situation économique et sociale de l'Afrique est devenue intenable quant on regarde les salaires. La question sociale revient mais la question n'est plus la résistance – contre l'esclavage, contre le colonialisme... - mais les alternatives. Que peut-on faire aujourd'hui dans un pays comme le Burkina Fasso, le Burundi ? Quel est ce programme minimal que l'on pourrait mettre en place si on arrivait à fédérer toutes ces résistances ?


    Je ne suis pas pessimiste et il y a des raisons d'espérer que de dire que dans un pays comme Cuba, sous l'embargo depuis tant d'années, non seulement l'espérance de vie y est estimée entre 74 et 76 ans, mais en plus, c'est un pays qui exporte des médecins, vers le Monde. C'est un défi important. L'Afrique, dont on disait qu'elle n'avait plus d'importance stratégique après la guerre froide, le redevient. Donc quand on dit que l'Afrique n'est pas importante, c'est aussi un discours idéologique. Par exemple, 30% du pétrole chinois vient actuellement du continent africain, 20% du pétrole français, 60% de l'uranium viennent de l'Afrique. D'ici 2015, 25% du pétrole américain viendra du continent. Actuellement, on a découvert beaucoup plus de matières premières que dans les années 60 où les guerres étaient aussi des guerres de matières premières. Ce ne sont ni la richesse ni les résistances qui manquent mais les alternatives. A cela, je voudrai remercier ceux qui organisent des rencontres comme celle-ci car toutes les révolutions ont été précédées de mouvement culturel de réflexion.


    Alors je voudrais tout simplement citer un proverbe africain: « Tant que les lions n'auront pas planté leur légende, la légende colonisera le chasseur ». Nous sommes, apparemment, les héritiers de longues luttes des peuples qui nous ont précédé, mais maintenant c'est complexe : quand on discute avec les vieux de la résistance, ou les vieux Sud Africains, je ne suis pas convaincu que la nouvelle génération ait bénéficié de leur mémoire. Chaque génération pense qu'elle est meilleure que celles qui l'ont précédée. Peut-être que parmi les réponses, nous devons retourner à ce qu'ont écrits (...) Marx, Thomas Sankara, Che Guevara, Marcos... Ce ne sont pas des Dieux mais des gens qui se battent, qui synthétisent, qui nous donnent des outils pour résister et trouver des options concrètes en dépit de notre état. En Swaali on dit, et je termine par là, « La liberté, qui la verra demain si aujourd'hui n'est pas suffisant ».
    Je vous remercie.

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    Bilan de Bamako par Jean NANGA

    Impressions sur l'altermondialisme en Afrique mardi 16 mai 2006

    http://alternatives-international.net/article200.html?lang=fr

    Altermondialisme

    Afrique à l'heure du Forum social

    Par Jean Nanga*

    http://www.inprecor.org/523_524/Afrique-Jean%20Nanga.html

     

    L'IMPERIALISME REPUBLICAIN

    L'impérialisme français est un impérialisme prétentieux et honteux. Prétentieux parce que l'idéologie dominante sur l'expansion française se pare de l'idéologie des Lumières qui apporterait la liberté, l'égalité et la fraternité en France même et s'exporterait pour éclairer et civiliser les peuples du monde. L'expansion territoriale française et, plus tard, la domination et les interventions militaires seraient celles de la conscience éclairée et de la liberté en progrès. Honteux parce que cette idéologie doit sans cesse masquer, oublier et faire oublier les traits les plus horribles de sa domination sur le monde, les aspects les plus triviaux, les plus universellement impérialistes des ses motivations pour l'expansion. Rien n'est plus éloigné qu'une telle idéologie de la réalité historique de l'impérialisme français.

    La conquête coloniale et l'expansion impérialiste, la domination sur les peuples, ne sont pas que des vestiges du passé, mais bien des traits et des rapports toujours actuels de la réalité impériale française. Si le colonialisme classique n'en est plus un élément aussi important, il reste d'actualité, et d'autres formes de domination sont venues se substituer ou s'ajouter aux anciennes. L'impérialisme n'est pas qu'un rapport aux autres peuples. Il est la poursuite de l'accumulation du capital dans ses différentes formes, économique politique et militaire à l'échelle mondiale. Il est le prolongement de la politique intérieure dans la sphère des relations internationales. L'impérialisme français trouve ses racines en France même et non à l'étranger.

    Cet article se veut une première tentative d'analyse de l'évolution de ce rapport de domination impérialiste français.

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    Mieux vaut une jeunesse qui apprécie Aimé CESAIRE et Thomas SANKARA que Ben Laden qui est aussi "présent" dans les manifestations en Afrique quoique moindrement.
    - Honnorer la mémoire d'Aimé CESAIRE qui vient de décéder
    Aimé Césaire : Discours de Dakar, 1966
    article publié le 19/04/2008 sur le site d' ATTAC France
    auteur-e(s) :
    Chloë Bénéteau

    Le discours prononcé par Césaire le 8 avril 1966 dans la cadre d'un colloque sur "l'Art nègre dans la vie" organisé à Dakar. Césaire y rend d'abord hommage au mouvement de la négritude qui a permis de modifier la perception de l'homme noir et de créer un "humanisme universel" ; puis il y revient longuement sur le sujet même du colloque : l'art africain, son "influence" supposée sur l'art occidental et les manières de le faire perdurer de façon vivante.

    - Autre grande figure très populaire en Afrique Thomas SANKARA
    04 octobre 1984, Thomas Sankara prend la parole à l'ONU : Historique
    30/10/2003


    Figure incomparable de la politique africaine et mondiale [1949-1987], radicalement insoumis à tous les paternalismes et docilisations pourtant plus sûrs placements en longévité politique post-coloniale, Thomas Sankara a légué aux générations futures la verve et l'énergie de l'espoir, l'emblème de la probité et la conscience historique de l'inaliénabilité de la lutte contre toutes oppressions

    http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=260


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  • En finir, avec l'Afrique comme continent sous domination impériale renforcée.
    Est-ce possible? 
     

    A la suite du communiqué d'ATTAC France sur "Les révoltes de la faim dans les pays du Sud" s'est tenu un débat du CA d'ATTAC du 19 avril 2006. Le débat n'a pas principalement porté sur l'urgence de répondre à une situation dramatique (voir communiqué 1) mais sur la situation de l'Afrique subsaharienne, l'Afrique du nord relevant de la commission Méditerranée.

    La vision d'un Sud subissant l'impérialisme du Nord est certes une image simplifiée mais dit toujours une partie de la vérité. Le schéma d'inégalité des richesses dit de "la coupe de champagne" : le haut de la coupe correspondant au Nord, le "pied" au Sud est toujours valide. Evidemment on ne saurait en rester là . Mais s'agissant des pays ACP l'écart richesses/ pauvreté est immense. Pourtant si les africains meurent de faim en grand nombre leur territoire est riche. Le pillage sous des formes diverses explique l'écart (voir les autres liens)

    Au sein du tiers-monde - que l'on nomme Sud depuis la chute du Mur de Berlin - l'Afrique et les pays ACP figurent parmi les pays les plus pauvres de la planète. Ils sont nommés différemment selon les intances internationales mais peu importe : PTTE ou PMA. Ce qui a été souligne c'est la différence dans le degré d'aboutissement de la domination subie entre l'Afrique et l'Amérique latine ou d'autres pays dominés par la Triade. Le développement inégal et combiné du capitalisme en Amérique latine produit de très fortes inégalités sociales et territoriales et de nombreuses personnes vivent dans la misère tant en campagne que dans les bidonvilles peri-urbains. On ne saurait oublier cela lorsque l'on veut mettre l'accent sur la grande pauvreté en Afrique. D'ailleurs, la pauvreté existe aussi au nord, en Europe comme aux USA. Elle est destinée à s'accroître avec le démantèlement des formes sociale-keynésienne de l'Etat . Par ailleurs il y a aussi des zones riches en Afrique. Mais il est vrai que le sous-développement est plus massif dans ce continent.

    L'histoire de l'Afrique francophone, anglophone et arabophone montre au-delà de la langue une diversité de colonisation et d'impérialisme. Les pays de la vieille Europe autrement dit les plus anciennes puissances colonisatrices (Grande Bretagne, Belgique, France, Allemagne) continuent d'agir pour maintenir la domination. Les indépendances ont accrues la place et le rôle des bourgeoisies locales compradores qui se sont formée ou consolidées (pour celles qui vivaient déjà avec les colons ) comme relai du capital impérial . Ces bourgeoisies compradores assurent durement la domination sur les peuples, plus composés en Afrique de paysans que de salariés, notemment en instrumentalisant les différences ethniques. Le fait de l'instrumentalisation plus que le conflit réel entre ethnies a bien été souligné par Nestor Bionadanure mais le temps a manqué pour aller plus loin dans les détails de ces dominations. L'accent a été mis sur les résistances qui émergent. Mais là aussi le temps a manqué sur le contenu et la portée de ces résistances. Pour en finir avec l'impérialisme en Afrique la solidarité des altermondialistes avec les résistances populaires est et sera essentiel.

    Christian Delarue

    Le communiqué ATTAC Confédération paysanne.
    Les révoltes de la faim dans les pays du Sud : l'aboutissement logique de choix économiques et politiques désastreux
    http://www.france.attac.org/spip.php?article8399

    Plateforme dette odieuse
    http://www.dette2000.org/

    Les accords bilatéraux entre l'Europe et le reste du monde : Attention, danger !
    http://www.france.attac.org/spip.php?article7103

    Comprendre et se mobiliser contre les APE
    http://www.france.attac.org/spip.php?article7421

    La finance contre-productive
    http://www.france.attac.org/spip.php?article8398

     

     


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  • Ni USA ni Chine ; contre le campisme, pour le soutien du peuple tibétain
     
    dimanche 30 mars 2008 (18h08) : 
     
    40 commentaires

    Ainsi, avant de se montrer solidaire d'un peuple écrasé par une puissance mondiale de second rang (face aux USA) il faudrait se poser à tout coup la question de l'ennemi principal (1) . Cette question n'est pas inutile. Au plan mondial la puissance impérialiste majeure reste les USA. On ne saurait l'oublier. Il importe de surveiller comment les USA peuvent instrumentaliser le conflit pour intervenir militairement (au nom des "droits de l'homme) . Il importe le cas échéant de soulever les peuples (comme en 2OO3) contre la principale puissance impérialiste de la planète.

    Mais nous n'en sommes pas là . Pour l'heure l'agression vient de la Chine. Dès lors on ne saurait reprendre la vision campiste (2) du monde qui dominait les positions prises "à gauche" avant la chute du mur . Autrement dit l'anti-impérialisme dirigé contre les USA ne doit pas empêcher de voir qu'aujourd'hui c'est un autre pays qui se comporte militairement, politiquement et économiquement en puissance impériale et de le critiquer en ce sens.

    Une telle critique, qui ne préjuge pas du débat sur la nature de la Chine (restauration capitaliste me semble-t-il), incline au soutien du peuple tibétin en lutte. Ce soutien doit-il aller jusqu'à défendre sa volonté d'autodétermination ainsi que le défend Pierre ROUSSET (3) ? Si le peuple tibétin entend sortir ainsi du joug chinois est-ce à nous de l'en empêcher? La défense du communisme comme mouvement d'émancipation ne devrait-il pas faire sien le droit à l'autodetermination des peuples durablement sous domination?

    Christian DELARUE

    Altermondialiste, responsable antiraciste.

    Notes :

    1) Chine ou USA, quel est l'ennemi principal ?

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article64042

    2) LE CADRE DE NOTRE AMITIE ENTRE LES PEUPLES : CONTRE LE NOUVEAU CAMPISME MONDIAL

    Christian DELARUE contribution de congrès du MRAP

    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=58125

    3) Pour le droit à l'autodetermination du peuple tibétain par Pierre ROUSSET spécialiste de la question asiatique : "Certains, à gauche, refusent de s'engager dans la solidarité, de peur de faire le jeu des États-Unis contre la Chine. D'autres, à droite, appellent à manifester contre 59 ans d'occupation chinoise et à dénoncer une dictature « communiste ». Ces deux positions, « miroir » l'une de l'autre, font peu de cas de l'histoire : la « question tibétaine » s'est posée dans des contextes très différents suivant les périodes."

    Voilà qui devrait inciter à lire la suite de l'article sur :

    http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?i=7761


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  • LES FORUMS ALTERMONDIALISTES
    ENTRE "LE TROP" IDEOLOGIQUE ET LE "PAS ASSEZ"
     
     
    Il s'agit d'une simple mise en forme d'une intervention sans grands développements, Jean-Michel COULOMB ayant longuement dressé le bilan (non encore publié à ce jour) pour le CA d'ATTAC du 15 mars 2008 . Je renvoie juste à quelques notes de références.
    La critique vient de deux bords ce qui permet de montrer plus qu'avant le positionnement des forums se réclamant de la Charte de Porto Alègre.
     
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    I - LA DOUBLE CRITIQUE DES FORUM PORTO ALEGRE
     
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    Tout ce qui est forum n'est pas altermondialiste. Il y a une double critique : trop militant, trop idéologique, trop doctrinal, trop programmatique trop politique ou au contraire pas assez et donc inefficace, et donc dépassé . Ce qui débouche sur : il faut aller plus loin et faire autre chose!
     
    A) EN TROP ! L'exemple du Forum de TINTENIAC.
     
    C'est l'exemple du Forum de Tinténiac en Ille-et-Vilaine qui ressemble un peu à un petit forum alter qui ne dure qu'une après-midi avec la présence d'associations diverses dont le MRAP mais pas ATTAC(sauf la première année) . Le forum de Tinténiac d'une part reçoit un fort volet promotionel d'activités marchandes artisanales qui ne manquent pas d'intérêts mais dont le contenu altermondialiste n'est pas évident . Par ailleurs ce forum n'organise pas des débats avec les individus et organisations voulant "un autre monde" possible . Les différentes associations présentent simplement leurs activités. Ce ne sont d'ailleurs pas elles qui décident de ce qui se fait. Ce forum n'est pas autogéré. Il est vrai que les organisateurs en lien avec la municipalité n'ont pas souhaité se conformer à la charte de Porto Alègre de 2OO1. En fait ce Forum est né en 2002 d'un refus - ne pas soutenir le FN - mais pas d'une volonté de lutter contre le néolibéralisme.
     
    B) EN PAS ASSEZ ! LE POST-ALTERMONDIALISME
     
    De puis que Bernard CASSEN à promu le post-altermondialisme, on sait que le format forum se limitant à des discussions sans débouché donc des discussions sans fin se reconduisant d'année en annèe ne suffit plus à ce qu'exige la période. Pour répondre au néolibéralisme, il faut y ajouter les partis qui y sont interdits mais aussi les gouvernements anti-impérialistes. Le regard porte évidemment sur l'Amérique latine, sur le Vénézuéla surtout. Ce afin de construire le socialisme du XXI siècle.
     
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    II - POUR UNE DEFENSE DES FORUM ALTER "PORTO ALEGRE"
     
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    A) LES FORUM ALTER "PORTO ALEGRE" EVITE DES TRAVERS PREVISIBLES
     
    Les FSM sous toutes leurs déclinaisons mais se conformant à la Charte de Porto Alègre de 2001 ont de l'avenir dans la mesure ou ils évitent deux écueils qui sont :
     
    1 - le vide de discussions sur ce que l'on combat franchement, ainsi que - cela va souvent de pair - l'absence de perspectives pour "un autre monde possible". En somme il s'agirait de dégénérescence social-libérale des forum qui ne viserait qu'une amélioration de l'existant, qui ne voudrait qu'un monde plus juste mais sans remettre en cause la logique profonde du capital. En général cela se fait sous couvert d'altermondialisation, terme qui évoque des processus mais qui ne dit rien sur les buts, les objectifs. L'altermondialisation à la différence de l'altermondialisme conséquent montre des pratiques sociales existantes différentes partiellement "alternatives" au sein et aux marge du mode de production capitaliste dominant.
     
    2) cela concerne plus le post-altermondialisme tel qu'il se présente aujourd'hui, le danger de récupération par les partis politiques (moindrement sans doute) mais surtout par les gouvernements fussent-ils révolutionaires. Les forum doivent rester critique et d'alternative mais indépendants, indépendants des mairies comme des gouvernements. Il a aussi plus sérieusement le refus d'une internationale structurée.
     
    B) POUR DES FORUM VRAIEMENT ALTERMONDIALISTES
     
    Il y des forum en toc, en plastique ! Ils ressemblent à des forum alter mais n'en sont pas. Il faut défendre les vrais forum!
     
    1 ) Défense en 4 points :
    - Les associations non partidaires ne sauraient y être interdites sous prétexte que trop hiérarchisées. L'apologie de l'horizontalité ne doit pas dériver en un sectarisme qui refuse les organisations et qui n'admet que les individus.
    - Les discussions ne sauraient y être limitées : soit en limitant la critique du capitalisme - puisque la charte l'évoque - à la surconsommation marchande. Cet aspect touche parfois le vocabulaire : capitalisme, impérialisme, bourgeoisie etc... seraient des "gros mots" marxistes. Il faudrait être marxiste avec des périphrase voire avec la novlangue néolibérale !
    - Un vrai forum intègre aussi les luttes sociales en cours au lieu de les exclure. Ce qui ne signifie pas absence de débats sur ces luttes bien évidemment.
    - Les partis politiques ont le droit d'intervenir en fin de Forum pour participer à des déclaration ou pour participer à des mnifestations. Ce point est aussi à défendre.
     
    2) ...plus un sur les collectifs
    cf L'ALTERMONDIALISME ET LES INTERNATIONALES COMMUNISTES ENSEMBLE
    Entre l'entre soi associatif et le post-altermondialisme il y a place pour les têches de convergences des luttes avec les forces politiques qui se réclament de la transformation sociale ou du communisme ou de l'écologie "rouge" notamment dans les collectifs qui apparaissent contre telle ou telle réforme (exemple : le traité constitutionnel européen). L'altermondialisme n'est pas réservé à ceux qui s'en réclament que ce soit José BOVE ou dans les milieux associatifs (comme ATTAC).
    Ceci dit il reste encore un débat interne à l'altermondialisme à poursuivre.
     
    CCL : DEBATTRE DE L'AVANCE DE 2005!
     
     
    Lors du FSM de 2005, dix-neuf personnalités altermondialistes éminentes dont Bernard CASSEN ont publié un Manifeste de Porto Alegre. L'ambition de ce texte qui contenait « Douze propositions pour un autre monde possible » qui ont été diffusées largement. Ces propositions ont le mérite de compléter la Charte de 2001. A l'époque, j'ai salué favorablement cette initiative que je ne concevais pas comme remplaçant celle de 2001. Ces propositions marque une étape; Elles montrent une avancée. Elles ne brident pas le débat. Elle indique aussi dans une certaine mesure "l'esprit de Porto Alègre" On aurait tort de les oublier comme on aurait tort de les survaloriser. Elles font partie de la mémoire de l'altermondialisme. Celles et ceux qui s'en réclament ne sauraient ni en faire un dogme ni les oublier totalement.
     
     
    Christian DELARUE
    Représentant le MRAP comme membre fondateur d'ATTAC
    Membre du CA d'ATTAC France
    Secrétaire national du MRAP
     
    Notes:
     
    - ALTERMONDIALISME et ALTERMONDIALISATION.
     
    Plus net : mardi 7 août 2007 (11h41) :
    L'ALTERMONDIALISATION N EST PAS L'ALTERMONDIALISME
     
    mardi 8 janvier 2008 (03h15) :
    L'ALTERMONDIALISME ET LES INTERNATIONALES COMMUNISTES ENSEMBLE
    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=58960
    ou

    - Où en est le mouvement altermondialiste ? Réflexions sur l'essoufflement par Eddy Fougier [03-03-2008]

    http://www.laviedesidees.fr/Ou-en-est-le-mouvement.html

    Une analyse de Bernard CASSEN

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  • LA CRITIQUE RADICALE DE L' ETATISME
    COMPLEMENT DE L'APOLOGIE BEATE DES COOPERATIVES
    UNE TENDANCE CONTEMPORAINE DE L'ALTERMONDIALISME ?
     
    La critique radicale de l'étatisme combinée à l'apologie des coopératives figure en de bonnes places parmis les thèmes de l'altermondialisme. Vu la fréquence des propos voire des slogans entendus, cette combinaison est en passe de constituer une quasi pensée unique de l'altermondialisme. Elle s'appuie sur tout un corpus de textes en défense des coopératives.
     
    I - ETATISME / COOPERATION : OPPOSITION OU COMPLEMENT ?
     
    On pourrait penser d'emblée par réflexe critique que poser ainsi la question étatisme ou coopérative en terme d'exclusion systèmatique d'un d'eux au profit de l'autre relève d'une pensée binaire et trop schématique. A considérer abstraitement l'Etat - donc sans adjectif - trois positions sont possibles : 1 - abolition de l'Etat et démocratisation-socialisation maximale de la vie locale (quartiers et entreprises notamment celles à statut de coopératives) 2 Renforcement de l'Etat social et marginalisation - ignorance des coopératives comme de la démocratie participative 3 Tenir ensemble Etat (lequel?) et coopération?
     
    - Etatisme ou coopération
     
    La tendance montante écolo-sociale-solidaire prone la multiplication des coopératives lié au développement de la démocratie participative un socialisme par-en-bas, surtout sous l'angle de la critique de l'étatisme et de l'apologie des coopératives de production. La critique de l'étatisme provient majoritairement du courant libertaire . Une critique récente de Patrick MIGNARD figure sur le site PAG 69.
    La tendance inverse est perceptible chez d'autres auteurs. Dans "Réformes et révolution" Yves SALESSE (4) s'est interessé au socialisme et à la transformation de l'Etat mais pas aux coopératives. Denis COLLIN aussi (4bis ). Pour ma part j'ai aussi critiqué certaines positions apologétiques du néo-solidarisme et l'économie sociale et solidaire, celle qui emportaient critique de la voie vers le socialisme.
     
    - Etatisme et coopération
     
    Il s'agit de "tenir les deux bouts" : faire vivre le secteur coopératif tout en changeant l'Etat. La question "étatisme ou coopération" est sérieusement et explicitement posée par Thomas COUTROT membre du Conseil scientifique d'ATTAC dans son ouvrage "Démocratie contre capitalisme" mais pour y discuter des positions de Marx. Les chapîtres qui suivent portent sur "La démocratie directe des conseils ouvriers" puis sur l'expérience yougoslave et notamment "Du contrôle ouvrier au contrôle citoyen" puis sur l'intérrogation plus actuelle concernant "les coopératives de production : embryon ou avorton?" Cette dernière interrogation débouche sur l'idée que "les expérience coopératives ne sont pas forcément subversives mais demeurent précieuses". En son temps Jean-Marie HARRIBEY (6) avait déjà porté une analyse critique similaire concernant l'économie sociale et solidaire. A ces lectures qui ne débattent pas de la place de l'Etat il semble bien qu'il soit maintenu mais avec un rôle restreint.
     
    II - QUE FAIRE DE L'ETAT ?
     
    - Mais de quel étatisme parle-ton?
     
    Certes dans l'abstrait on peut dire que tout Etat de par sa rationalité, sa prise en compte du long terme, est en capacité d'assurer certaines missions de redistribution des richesses, de péréquation des sercices, de régulation économique. Mais en réalité l'Etat se soumet aux forces dominantes, celles du marché, des marchés et derrière du capital.
     
    - Etat "transformé" nécessaire : est-ce possible?
     
    Donc, pour le dire avec d'autres malgré quelques divergences (5) "nous ne défendons comme perspective immédiate ni la disparition de l'État - c'est évident - ni sa réduction. Ce que nous défendons, c'est sa transformation, qui doit être de plus en plus contrôlée par la population organisée et consciente, qui se constitue de plus en plus en véritable chose publique"
     
     
    - Etat capitaliste ou Etat socialiste : une rupture franche nécessaire !
     
    Passer de l'Etat capitaliste à l'Etat socialiste ne se fera pas sans douleur et sans crise car il y a un changement de nature. Nous sommes dans l'après révolution, dans le cadre d'un post capitalisme.
     
    UN POSTCAPITALISME ECOSOCIALISTE
     
    Christian DELARUE
     
    1) Thomas COUTROT Démocratie contre capitalisme page 149 La Dispute 2005
     
    2) LA TENTATION DE L'ÉTATISME de Patrick MIGNARD
     
    3) Contre le néo-solidarisme et l'économie sociale et solidaire:
     
    a) L'altermondialisme n'est pas soluble dans le néosolidarisme.
     
    b) Vous critiquez l'Economie sociale et solidaire mais n'osez pas vous dire écosocialiste!
     
    4) Yves Salesse, Réformes et révolution : propositions pour une gauche de gauhce, Contre-feux, Agone, 2001,

    Quelques commentaires du livres :

    - À propos de la « révolution nécessaire »

    http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=MOUV_017_0165

    - J Zin http://pagesperso-orange.fr/marxiens/egep/economie/livres/salesse

    - Catherine SAMARY : De l'émancipation de chacun/e à l'intérêt général- et réciproquement Quelle appropriation sociale ?
     
    - Un premier pas vers une discussion programmatique François Chesnais
     
    4 bis De la république au socialisme par Denis COLLIN mars 2002
     
    5) Le socialisme comme autogouvernement solidaire du peuple organisé
     
    6) De Jean-Marie HARRIBEY
    L'ESS, un appendice ou un faux fuyant?
     
    Du grain de sable au grain de sel

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