• BOUNTY INVERSE : REPONSE DE CHRISTIAN DELARUE A PIERRE TEVANIAN auteur du « Mal être blanc»



    L'animateur du site LMSI a trouvé le moyen de reprendre un vieux message interne d'une liste du MRAP qui me fait dire le contraire de ce que je pense à propos des bounties. Le tout pour le mettre en début d'introduction de son texte le MAL ETRE BLANC.

    Je cite: « Un responsable national du MRAP a aussi jugé pertinent et spirituel d'écrire que j'étais « un bounty à l'envers : blanc à l'extérieur, noir ou arabe à l'intérieur, ou du moins se rêvant noir ou arabe, avec en prime un voile sur la tête. »

    Ce que j'en pense:

    1) La référence est incomplète.

    Il n' y a même pas l'année d'indiquée et encore moins le mois. Il est vrai que l'auteur n'est pas resté longtemps au MRAP ! Je ne peux donc vérifier le contenu exact de ce mail ni son contexte immédiat

    2) Que penser de la méthode : pas glorieuse !

    Que penser du fait d'exporter sur le web un désaccord se déroulant dans un cadre circonscrit et réduit (et daté) ? Mettre un tel contenu de mail sur un texte « scientifique » m'apparaît mesquin et guère plus digne et « spirituel » que le propos rapporté. L'auteur n'est est pas à son premier coup ! J'étais déjà mentionné - avec des propos non tenus nul part - sur son texte mémorable mis sur la toile à la suite de son conflit interne (avec une partie du MRAP).

    3) Le cadre est limite diffamatoire

    Mon propos rapporté est raccroché par proximité textuelle à ce qui constitue le fond du racisme ordinaire. C'est habile pour le discrédit mais heureusement il met des citations qui concernent d'autres individus.

    4) Venons-en au fond, ce message rapporté est faux et non sincère sur l'esprit.

    a) Je me souviens très bien de mon désaccord : Ce que j'ai alors contesté c'est l'usage stigmatisant de "bounty" comme injure méprisante adressée aux étrangers assimilés. Le "bounty" est bronzé à l'extérieur et blanc à l'intérieur (assimilé) . Les anti-boonty sont alors ceux qui n'approuvent pas les assimilés voir et qui les culpabilisent.

    Mais me faire dire aujourd'hui autre chose que ce que j'ai dit est une manipulation, une manipulation qui joue sur le fait que les lecteurs ignorent les faits, y compris d'ailleurs la plupart des membres du MRAP s'agissant de ce point précis.

    b) Par rapport à sa version, eh bien disons qu'il n'est pas le seul à se montrer sympathique (philie) envers les « autres ». J'ai d'ailleurs écrit cela à l'égard de la théologie de la libération sur Bellaciao y compris sur un islam de libération.

    c) Le "avec en prime un voile sur la tête" ne me ressemble pas. Je n'éprouve pas le besoin d'écrire des choses pareilles sur quelqu'un qui ne partage pas mes idées. Quel besoin de rapporter cela sur un texte "scientifique" . Mesquin!

    Christian DELARUE

    L' article en question est paru dans le numéro 10 de notre journal “L'Indigène de la République”

    http://www.indigenes-republique.org/spip.php?article1230

    Les limites de la métaphore du bounty

     


    votre commentaire
  • LE RACISME POST-COLONIAL EN FRANCE AVANT 1972

     

    Sur Bellaciao le dimanche 2 mars 2008 (17h36) : 
    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article62421

     
    Extrait de "Les minorisés de la République" Ed La Dispute.p 143 (cf note de lecture de J Trémintin)
     
     
    Avant l'adoption de la loi antiraciste de 1972, une forme d'apartheidisation des étrangers avait cours dans le pays. Les refus de servir un étranger dans les cafés ou restaurants étaient fréquents comme à la brasserie Paris-Londres à Paris, en 1963, au café La Puce à Paris, en 1965, au restaurant Orion à Mulhouse, en mais 1965, ou au café des Deux-Hémisphères à Nancy, en 1970. Des salles réservées aux travailleurs étrangers existaient dans certaines gares parisiennes. Les offres d'annonces d'emploi des grands quotidiens invitant Noirs et Arabes à s'abstenir étaient ordinaires, de même qu'à l'entrée d'un établissement privéla mention "Etranger s'abstenir" ou " Pas de gerns de couleur". En fin les offres d'emploi diffusées dans les grands quotidiens ou par l'ANPE comportaient la mention "Nord-africain ou Africain s'abstenir" ou "Nationalité française seulement" étaient courantes.
     
    La loi de 1972 n'a pas éliminé les discriminations racistes qui perdurent sous des formes plus pernicieuses notamment dans l'emploi et le logement.
     

    Les minorisés de la République

     

    Auteur(s): Fatiha et Hacène Belmessous, Laure Chebbah-Malicet, Franck Chignier-Riboulon - éd. La Dispute, 2006 (180 p. ; 14 €)

    Si l'on s'en tient à notre modèle républicain d'intégration, l'insertion dans la société relève d'une bonne volonté individuelle facilitée en cela par une école qui socialise et favorise l'assimilation aux normes sociétales et culturelles collectives. Or, si l'on assiste effectivement à un processus de fusion sociologique qui voit se multiplier les mariages mixtes, s'accroître l'évolution anthroponymique des prénoms, se développer l'obsolescence de certains interdits religieux et se poursuivre l'appropriation matérielle et symbolique de la culture commune, un certain nombre de pratiques discriminatoires persiste. Il ne suffit pas d'adopter les règles du groupe dominant pour s'en faire accepter.

    On évoque facilement celles qui se déploient sur le marché du travail, moins souvent celles qui s'imposent sur celui du logement. Malgré les tensions de l'emploi et le déclassement de la valeur des diplômes dont elles sont les premières victimes, les jeunes générations issues de l'immigration ont réussi à percer au niveau socio-économique. Une couche moyenne a émergé, nommée « beurgeoisie », qui a manifesté une légitime aspiration à concrétiser cette réussite sociale par l'accession à une mobilité résidentielle. Cette demande d'installation sur des territoires jouissant d'un certain prestige s'est heurtée à la permanence des stéréotypes qui amalgament immigration, Maghreb, surpopulation, insécurité, délinquance et depuis peu terrorisme islamique. Le législateur a donné les moyens de combattre des pratiques qui jusqu'alors permettaient d'interdire un commerce ou un poste de travail à une catégorie de la population (loi de 1972 et de 1982). Mais le nombre d'affaires faisant l'objet d'un traitement judiciaire n'a guère décollé comparativement à la fréquence de ces infractions (elles sont passées de 3 en 1997 à... 29 en 2002). Découragées, les populations concernées ont fini par penser la discrimination comme inéluctable, la banalisant et utilisant des stratégies d'adaptation pour y faire face. Première réaction, l'évitement spatial : l'autocensure ainsi adoptée aboutit à ne pas poser de candidature de location dans les quartiers réputés peu accueillants. La seconde correspond à une justification de la discrimination (en évoquant d'emblée ce « handicap » face au bailleur). La dernière démarche consiste à utiliser d'autres biais (sous-location, achat, communautarisation des lieux des résidence).

    La persistance de cette discrimination raciale est un vrai défi lancé à notre modèle républicain. Mais tant que l'on continuera à l'attribuer aux seules réactions individuelles et qu'on ne s'attaquera pas à la construction différentialiste qui gît au cœur même de l'universalisme français, il n'y aura guère d'évolution. « La lutte contre les discriminations exige de travailler à changer la société française, pas ses moutons noirs » (p.173).

    Jacques Trémintin


    votre commentaire
  • COMMUNAUTARISME :

    ** 

    USAGE VULGAIRE / USAGE SCIENTIFIQUE.
     
    Catherine Kintzler sur l'essai de Julien Landfried : Une ontologisation des différences, (blog Mezetulle)


    Face à la profusion des articles sur le communautarisme abondent, l'idée surgit de distinguer un usage vulgaire d'un usage "savant" disons scientifique. L'usage vulgaire n'est pas nécessairement sans contenu argumentatif mais son objet polémique tend à le réduire à de l'idéologie acritique, dogmatique. Comme le communautarisme fait un retour sur scène publique d'une part avec les usages qu'en a fait Nicolas SARKOZY pendant sa campagne et d'autre part avec la parution du livre de Julien Landfried Contre le communautarisme (Paris : Armand Colin, 2007) il n'est pas sans intérêt de reprendre une nouvelle fois la problématique.

    Catherine Kintzler dans sa note de lecture sur l'essai de Julien Landfried précité : Une ontologisation des différences, (blog Mezetulle, 16 nov. 2007) suscite déjà des questions. Pourtant on y lira des clarifications conceptuelles utiles. A l'instar de Patrick TORT j'essaie de lire un texte scientifique en distinguant le discours de la science du discours de l'idéologie. Est-il scientifique d'affirmer les deux thèses de son introduction : un anti-modèle et un mode de pensée. "Le communautarisme n'est pas un phénomène de mode importé des sociétés où le "lobbying" est une façon de peser sur les décisions politiques: c'est un véritable modèle anti-politique destiné à court-circuiter le modèle républicain et par lequel le clientélisme, supplantant l'assemblée des citoyens et de leurs représentants élus, se substitue à la volonté générale. Au-delà d'un modèle aux antipodes de l'association républicaine (qui ne connaît que des individus souverains) et ouvertement destiné à la détruire, c'est aussi un mode de pensée et une façon de vivre qui s'installent, avec une morale fondée sur le ressentiment dont le ressort principal est la culpabilité". La réponse vient en premier lieu de l'explicitation des concepts de communauté et de communautarisme.

    <?xml:namespace prefix = o />

    Qui parle ? Je ne suis nullement scientifique mais militant (*) donc largement idéologue mais favorable à la diffusion le plus possible d'un esprit critique, d'une pensée dialectique qui voie les mouvements contradictoires agissant derrière les apparences.

    Citons l'auteur:

    Communautés et communautarisme

    Situons d'abord les concepts. Nul ne songe à remettre en cause l'existence, partout répandue, de communautés - sauf lorsqu'elles s'inspirent explicitement de motifs prohibés comme le racisme, l'antisémitisme, etc. Présenter <?xml:namespace prefix = st1 /><st1:PersonName w:st="on" productid="la R←publique">la République</st1:PersonName> française comme un lieu d'uniformisation et de nivellement est profondément faux : toute communauté peut non seulement se former librement mais peut recevoir un statut juridique grâce notamment à la
    loi sur les associations.

    Dire que <st1:PersonName w:st="on" productid="la R←publique">la République</st1:PersonName> française a "persécuté" les langues régionales est également une contre information - on sait peu que ces langues ont largement prospéré sous <st1:PersonName w:st="on" productid="la IIIe R←publique">la IIIe République</st1:PersonName> par le biais d'associations et d'académies locales, et aujourd'hui elles sont enseignées. Cet exemple permet de construire le concept communautarisme : une langue,
    puisqu'elle peut s'enseigner et se transmettre, n'est pas "par nature" réservée à un groupe particulier sur critère d'origine ou de naissance. Si par exemple le corse est enseigné dans des établissements publics, je dois pouvoir, moi qui ne suis pas d'origine corse et qui n'habite pas en Corse, passer une licence de corse et, si mon niveau me le permet, passer un CAPES
    me permettant d'enseigner cette langue, en Corse ou ailleurs. M'interdire de le faire au prétexte que je n'ai pas de "racines", vouloir réserver ces emplois à un groupe particulier, proposer une "corsisation" de certaines fonctions, c'est du communautarisme.

    Ainsi le communautarisme consiste à ériger une "communauté" préalablement constituée comme un fait (et sur des critères souvent discutables) en force politique, en autorité politique dont la fin est d'établir des droits réservés aux membres de ladite "communauté" ou de les exempter de devoirs imposés au reste des citoyens. Avec le communautarisme, c'est bien la
    question de la reconnaissance politique et celle de la déclinaison des droits qui est posée, avec lui, c'est le régime commutatif de l'égalité qui est remis en cause au profit d'un régime distributif d'"équité" - autrement dit de droits différenciés. A l'horizon se profile l'obligation
    d'appartenance, donc l'abandon de celui qui souhaite se détacher de toute communauté et n'être qu'un citoyen, et, avec les appartenances, l'inévitable rivalité qui les met en concurrence. Le communautarisme, non content de river les individus à des groupes, non content de subordonner les droits de l'individu à ceux de la communauté plus ou moins puissante à laquelle il se doit d'appartenir, installe une mosaïque de revendications concurrentes dans laquelle l'intérêt général se perd. La collectivité ne tend plus vers
    l'universel, mais est rabattue vers une multiplicité de "minorités" jalouses qui la divisent et l'opposent à elle-même.

    Fin de citation

    Refuser l'ethnicisation du social n'oblige pas à tout ramener au national.

    Catherine Kintzler : "Quand les classes sociales passent à la trappe, les minorités visibles font leur apparition" - du reste le communautarisme, ici comme ailleurs, fait bon ménage avec les multinationales. Devant des inégalités, susbstituer l'explication ethnique à l'explication sociale (comme cela a été fait lors des émeutes de 2005) est une forme de diversion en même temps qu'une opération de subreption où les rapports structurels entre dominants et dominés sont convertis en rapports ontologiques: dès lors, les luttes sociales sont discréditées, il n'y a plus qu'à s'affronter entre "différences" irréductibles. Il en résulte un escamotage quasi-total des ouvriers et des employés de l'espace politique bien pensant.

    Le peuple n'est pas la nation, le peuple n'est pas non plus les couches sociales « smicardisées »

    Catherine Kintzler : On reconnaît là, avec l'invention de fausses divisions qu'on jette au peuple comme un opium autodestructeur, un archaïsme que l'ouvrage situe parfaitement - le comble est que l'accusation de ringardise vient désormais frapper perpétuellement les classes populaires (les "beaufs"). C'est la réintroduction des "corps intermédiaires" dont <st1:PersonName w:st="on" productid="la R←volution">la Révolution</st1:PersonName> française nous a délivrés. Encore que cette comparaison fasse bien de l'honneur au communautarisme contemporain qui, comme le montre l'auteur, est bien souvent fondé sur des projections fantasmatiques.


    Fin de l'usage scientifique passage à l'usage vulgaire :

    1 Le MRAP ne défend pas des identités fantasmées ou non.


    Le problème est que ces identités sont bien souvent fantasmées. On pense à l'exemple du mariage homosexuel pour ainsi dire jamais réclamé par les prétendus "intéressés", à la très
    grande faiblesse numérique des organisations "antiracistes", à celle des ethnonationalistes corses à peine capables de rassembler quelques centaines de personnes lors des "journées internationales" de Corte. On songe à l'UOIF - organisation islamique supposée la plus populaire - qui ne rassemble que 0,5% des musulmans pratiquants, ou au CRIF qui, dans
    l'hypothèse la plus favorable, ne rassemble qu'un sixième des Juifs de France...

    Réponse : Le MRAP s'est prononcé contre les statistiques ethniques car racistes ce qui montre implicitement mais l'avenir le confirmera qu'il s'engage contre les "discriminations positives" qui est d'après Catherine Kintzler « le chantier le plus fécond de la déconstruction républicaine, puisqu'il s'agit tout simplement de récuser l'égalité des droits au profit d'une stratégie statistique qui nie le corps politique pour lui substituer une représentation destinée à "refléter" une prétendue composition de la population, composition que celle-ci ne définit
    pas elle-même, mais qui lui est fournie par une expertise douteuse qui lui
    échappe.

    2 Le MRAP contre l'antiracisme tribal, contre toutes les formes de racisme

    - Population, peuple ethnique, peuple politique.

    Catherine Kintzler : La notion même de "population", pertinente en sciences humaines, ne l'est pas en politique, laquelle a pour fin de lutter contre les données et les pesanteurs sociales. Suffit-il de former un groupe pour constituer un peuple et n'y a-t-il pas un abîme entre un peuple ethnique et un peuple politique ? Il faudrait tout de même poser la question : en quoi
    puis-je faire confiance à un représentant sur le seul motif qu'il me ressemble ?

    Pourquoi une femme devrait-elle nécessairement mieux se reconnaître dans une femme, un Blanc dans un Blanc, un Noir dans un Noir ? Il y a là une accréditation des différences et une négation de toute circulation du débat politique, autrement dit une négation même de l'objet
    politique, réduit à des cristallisations intangibles, ramené à une tribalisation dont nous ont délivré les fondateurs de la pensée politique classique, Locke et Rousseau.

    - Réponse : Le MRAP pour la citoyenneté des résidents et favorable à plus de diversité

    Le peuple est plus concret que la nation qui elle est abstraite et unifie peuple et bourgeoisie. Le peuple c'est ceux-d'en bas, entendu largement, les dirigés (P TORT), les salariés et les paysans et autres indépendants.. J'ai le même soupçon quand je vois peu de femmes au sommet de la hiérarchie administrative ou de celle des grandes entreprises privées que quand je vois que des blancs parmi les élus.

    <o:p>Christian DELARUE</o:p>

    BE et CA du MRAP

    mercredi 19 décembre 2007 (14h57) :
    <st1:PersonName w:st="on" productid="LA DIVERSITE">LA DIVERSITE</st1:PersonName> : REFLEXIONS SUR UN COMBAT NECESSAIRE MAIS AMBIGU
    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=58112

    Lire la note sur le blog Mezetulle.


    votre commentaire
  •  




    votre commentaire
  • <?xml:namespace prefix = st1 /><st1:PersonName w:st="on" productid="LA DIVERSITE">LA DIVERSITE</st1:PersonName> :

    REFLEXION SUR UN COMBAT NECESSAIRE MAIS AMBIGU 

    <?xml:namespace prefix = o /><o:p> </o:p><o:p> </o:p>

    Contribution sur « communautarisme, discrimination, diversité » - orientation du MRAP pour 2008.

    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>

    Le MRAP a pour but d'agir contre les discriminations racistes ce qui l'amène agir pour la reconnaissance de la diversité. Or ce thème de la diversité est balisé d'écueils malgré une reconnaissance certaine quoique limitée de la diversité ethnico-culturelle.

    <o:p> </o:p>

    I - LES LIMITES DE <st1:PersonName w:st="on" productid="LA RECONNAISSANCE RECENTE">LA RECONNAISSANCE RECENTE</st1:PersonName> DE <st1:PersonName w:st="on" productid="LA DIVERSITE">LA DIVERSITE</st1:PersonName>

    <o:p> </o:p>

    Aujourd'hui le thème de la diversité est « porteur » car un des éléments de la politique d'intégration et de la politique de lutte contre les discriminations « raciales » (1)

    <o:p> </o:p>

    Le problème est de savoir d'après une rapide évocation de sources sur quelles bases, quels intérêts et dans quel domaine le thème de la diversité est mis en œuvre.

    <o:p> </o:p>

    La diversité dans l'égalité des chances est une approche issue des travaux du très libéral institut Montaigne (qui se présente comme un « think tank indépendant ») à l'attention des chefs d'entreprise. Début 2004, le rapport « Les oubliés de l'égalité des chances » (2) encourageait les entreprises à mieux refléter dans leur effectif la diversité de la population française, et à faire de la non discrimination et de la diversité un axe stratégique.

    <o:p> </o:p>

    Le rapport Dominique VERSINI (3) sur la « diversité sociale » dans <st1:PersonName w:st="on" productid="la Fonction">la Fonction</st1:PersonName> publique prévoit l'extension de la problématique pour les jeunes issus des milieux défavorisés dans un cadre fort différent, celui de <st1:PersonName w:st="on" productid="la Fonction">la Fonction</st1:PersonName> publique.

    <o:p> </o:p>

    Les « chartes de la diversité » préconisées dans ce cadre ont certes permis de sensibiliser certains secteurs de la production à la lutte contre les discriminations racistes. Ces chartes sont non contraignantes, simplement incitatives. Il n'y a pas d'obligation de résultats et encore moins de quotas d'embauches prévus. D'après Claude BEBEAR président de l'Institut 1500 entreprises auraient signé ces chartes fin 2006 (Le Figaro 07.12.06 reproduit sur le site Diversitéplus.fr)

    <o:p> </o:p>

    La diversité en politique est dès plus misérable : Sur 370 000 communes de France, pas un seul maire est issu de l'immigration des ex colonies. A l'exception de George-Pau Langevin, ancienne Présidente du MRAP, seule députée de la diversité, il n'y a pas un seul député métropolitain issu de la diversité sur 477 élus.

    <o:p> </o:p>Sur la diversité des quartiers : Quel est le sens de cette diversité d'après Jean-Marie DELARUE spécialiste du droit de la ville et des quartiers en relégation ( ) : « Les sociétés urbaines ne sont pas des espaces de mixité sociale. Les quartiers sont fortement homogènes socialement et on observe des phénomènes de ségrégation et de relégation ». Le combat à mener d'après Christian DELARUE (4) : la mobilisation citoyenne combinée à une forte politique sociale pas seulement locale mais surtout nationale.<o:p>
    </o:p>
    <o:p> </o:p>

    II – <st1:PersonName w:st="on" productid="la R←publique.">LA RECHERCHE DE</st1:PersonName> « BALISES » POUR LES POSITIONS DU MRAP SUR <st1:PersonName w:st="on" productid="LA DIVERSITE">LA DIVERSITE</st1:PersonName>

    <o:p> </o:p>

    Il s'agira de promouvoir la diversité sans s'inscrire dans un processus de communautarisation, ni à fortiori de communautarisme. Il s'agira aussi, pour d'autres ou pour les mêmes, de promouvoir la diversité sans recourir à la discrimination positive à l'américaine. Comme le MRAP critique par ailleurs les insuffisances de la politique gouvernementale d'égalité des chances au regard du constat de sous représentation de la diversité ethnique on comprendra que les marges du positionnement politique du Mouvement soient étroites et que le débat soit vif.

    <o:p> </o:p>

    A) Le projet d'orientation du MRAP sur la diversité.

    <o:p> </o:p>

    Le MRAP pose son projet d'orientation sur ce thème entre les deux positions suivantes :

    « Au sujet de la diversité il faut rejeter sans ambiguïté ceux qui la prône au nom du communautarisme et ceux qui porte l'exigence d'égalité républicaine en s'appuyant sur un respect de la diversité fondé d'abord et exclusivement sur la compétence. »

    <o:p> </o:p>

    - La première balise - <st1:PersonName w:st="on" productid="LA COMMUNAUTARISATION">LA COMMUNAUTARISATION</st1:PersonName> - ne semble pas faire problème :

    <o:p> </o:p>

    Le MRAP n'est pas un mouvement communautaire défendant une minorité visible. Il lutte contre toutes les formes de racisme. Dans cette perspective la communautarisation est un redoutable poison pour le vivre ensemble. D'abord elle érige des murs, ensuite elle assigne des individus sur le plus petit dénominateur commun d'une société  fragmentée (1) en tribus, d'une société cloisonnée en clans. Elle favorise aussi les réponses racistes et ethniques au détriment des réponses sociales. Quand au communautarisme, il est l'idéologie et la politique qui défend ces processus d'assignation ethnico-culturelle. Le communautarisme se déploie sur les reculs et renoncements de la politique sociale de <st1:PersonName w:st="on" productid="la R←publique.">la République.</st1:PersonName>

    <o:p> </o:p>

    - La deuxième balise pose la question de la nouvelle « DISCRIMINATION POSITIVE A <st1:PersonName w:st="on" productid="LA FRANCAISE">LA FRANCAISE</st1:PersonName> » (5).

    <o:p> </o:p>

    Le recrutement de la diversité opère, d'après M DOYTCHEVA (5) en usant de deux vecteurs : d'une part l'informel via les associations, d'autre part l'aléatoire via les quartiers. Dans ce dernier cas il s'agit d'une territorialisation de la lutte antidiscriminatoire.

    <o:p> </o:p>

    B) Quid du « modèle » républicain ? "Ecart inévitable" ou « hypocrisie républicaine » ?

    <o:p> </o:p>Dans une société démocratique les statuts et positions sociales sont supposés ne pas se transmettre mais être acquis en fonction des compétences personnelles à la faveur d'un processus de compétition sociale qui ne l'oublions pas (6) débouche sur l'établissement d'un système de qualifications.
    <o:p> </o:p>
    L'égalité des chances, qui va au-delà de l'égalité juridique, (puisqu'elle admet la possibilité d'un traitement préférentiel) relève plus d'une logique redistributive (comme l'impôt sur le revenu) ou réparatrice que d'une stricte logique d'affirmative action qui déroge fondamentalement à l'idéologie méritocratique pour aller vers une égalité des résultats. La « discrimination positive à la française » n'interviendrait donc, à suivre les lignes de la préface de Dominique SCHNAPPER (6), que comme accommodements ou assouplissements au « modèle républicain ». Quid des exceptions au modèle ?
    <o:p> </o:p>

     «L'universel républicain » ne serait pas figé dans ses déclinaisons concrètes. Au-delà des grands principes fondateurs il évolue en confrontation avec la « subsidiarisation » car les fonctions traditionnelles de l'Etat national ont été rognées par le bas avec l'émergence du local (cf notamment mais pas seulement les deux vecteurs de diversité ci-dessus) et par le haut avec la construction très libérale de l'Europe.

    <o:p> </o:p>

    -

    Le MRAP me semble plus soucieux de promouvoir la diversité en évitant la communautarisation et l'ethnicisation du social que de trancher sur ces questions théoriques. En débattre n'est cependant pas inutile pour éviter des contradictions entre le dire et le faire car la voie me semble étroite. D'où cette contribution.

    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>

    Christian DELARUE

    Secrétaire national du MRAP

    <o:p> </o:p>

    1) Haut Conseil à l'Intégration 1998 :

    Lutte contre les discriminations : faire respecter le principe d'égalité : rapport au Premier ministre
    <o:p> </o:p>

    2) Yazid Sabeg et Laurence Méhaignerie « Les oubliés de l'égalité des chances » mais aussi Laurent BLIVET  « Ni quotas, ni indifférence : l'entreprise et l'égalité positive. » Claude BEBEAR  Minorités visibles : relever le défi de l'accès à l'emploi et de l'intégration dans l'entreprise.

    Sur les chartes et l'institut Montaigne :

    http://www.institutmontaigne.org/charte-de-la-diversite-dans-l-entreprise-2050.html
    <o:p> </o:p>

    3) Rapport VERSINI

    http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/054000049.shtml

    et l'appréciation d'un syndicat : le SNADGI-CGT (Impôts)

    http://www.snadgi.cgt.fr/spip/IMG/pdf/INFO-SNADGI-No100.pdf
    <o:p> </o:p>

    4) Réponse sociale dans les quartiers

    http://www.mrap.fr/interventions/confdebquartiers-1.pdf
    <o:p> </o:p>
    5) Michel WIEVIORKA (dir) Une société fragmentée, le multiculturalisme en débat. <st1:PersonName w:st="on" productid="La D←couverte">La Découverte</st1:PersonName> 1996.
    <o:p> </o:p>
    6) Cf. Une discrimination positive à la française ? Ethnicité et territoire dans les politiques de la ville par Miléna DOYTCHEVA in <st1:PersonName w:st="on" productid="La D←couverte">La Découverte</st1:PersonName> 2007 avec une préface de Dominique SCHNAPPER. Miléna DOYTCHEVA a également publié en 2005 « Le multiculturalisme » en collection Repères ed <st1:PersonName w:st="on" productid="La Découverte.">La Découverte.</st1:PersonName>
    <o:p> </o:p>

    7) Cf. sur ce point : La mise en concurrence des compétences ou les dévoiements de la reconnaissance libérale.
    http://www.france.attac.org/spip.php?article6574

     <st1:PersonName productid="act" outlook=""></st1:PersonName>


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique