• Colloque du MRAP "Antisionisme et antisémitisme"

    Les actes du colloque "Antisionisme et antisémitisme" organisé le 13 mai 2006 par le MRAP viennent d'être publiées dans
    sa revue Différences n° 260 . Les militants du MRAP absents à ce colloque ont pu réagir aux contributions qu'en octobre 2006.

    Voici, sur Bellaciao, ma contribution :

    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=39649 


     


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  • Robert REDEKER : Distinguons son méfait de la menace qu'il subit !


    Mon souci tient en deux points: d'une part la forte montée du racisme contemporain qu'il faut combattre sous toutes ses formes et d'autre part la nécessité de maintenir l'esprit critique y compris contre les fétiches religieux et le droit d'expression qui le permet.


    Aujourd'hui la critique sévère à la limite du racisme de Robert REDEKER contre l'islam provoque des menaces de mise à mort. Comment prendre position?


    Avant de se poser la question de la solidarité (2) il faut savoir dire si les propos étaient racistes ou non. La critique de la religion ne peut-elle pas déboucher sur des propos racistes? Si oui à quel moment situé le dérapage raciste? (1)



    1 - Le moment du dérapage raciste :



    Ces affaires de racisme implicite ou explicite ayant pour point de départ la critique de la religion méritent de distinguer les champs d'expression. Ce n'est pas si aisé. Gerard KERFORN ne tranche pas nettement en faveur du racisme (cf site MRAP-Landes) alors que Pierre TEVANIAN a dit l'essentiel en "dix remarques sur un collègue" sur Bellaciao à propos du texte de Robert Radeker . Un second texte de Pierre TEVANIAN concernant la position de la FSU montre que les choses ne sont pas si claire pour tous. Je vais essayer de poser les élements de clarification.


    La critique des religions, même sévère, est une conquête de libération historique de l'homme contre les fétichisme qui veulent le rabaisser, le soumettre, l'agenouiller. Mais cette critique ne saurait sortir de son champ, sortir de sa route par dérapage racisant. Quand sort-on du champ licite?


    1 - Il est évident que l'on peut critiquer les religions toutes les religions.


    Il est d'ailleurs aisé de trouver de quoi le faire, qu'il s'agisse de la religion juive, catholique ou musulmane. La critique porte en général sur les textes sacrés ou sur les propos des maïtres religieux . Elle peut aussi porter sur des pratiques religieuses, celles mises en application des textes ou par coutume religieuse. Mais la critique de la religion doit rester la critique de la religion.


    2 - Or, le racisme n'en reste pas là.


    La critique n'est que le prétexte, le moyen. L'interprète dira que le texte de telle religion contient des éléments de violence. Soit. Ou il dira, en plus nuancé : "le texte de telle ou telle religion contient beaucoup plus d'éléments négatifs que positifs". Là encore, à mon avis, pas de problème. On a le droit d'opinion. Le propos peut être "scientifique" ou idéologique. Il est dicible et bien sûr criticable à son tour.




    3 - Mais, la pensée raciste va plus loin que de dire son "opinion" sur une religion donnée.



    Elle passe au réel, aux "gens" en globalisant. Autrement dit, elle affecte le "négatif" de sa critique à des personnes mais sans distinction. Là ce n'est plus la religion qui est concernée.Ce sont ses adeptes. Et pas des adeptes critiqués pour tel ou tel pratique, comme par exemple l'exhibition de signes hostensibles mais des adeptes critiqués globalement. Ils sont essentialisé sous une caractérisation globalisante. Ce n'est alors plus une opinion.


    Voici ce que dit la pensée raciste: Les gens de tel continent sont adeptes de telle religion dont j'ai dit tout le mal. Là ce sont bien les croyants eux-même qui sont qualifiés négativement. Cet essentialisation d'une religion combinée à l'essentialisation d'un peuple suffit pour dire ce n'est plus une critique de la religion, une opinion mais une insulte raciste. Robert Redeker relève de ce régistre


    4 - Mais bien souvent le racisme va plus loin encore.


    La critique de la religion n'est qu'un point de départ. Ils disent: Tel peuple croit en une mauvaise religion ; mais aussi tel autre peuple croit en une bonne religion. Nous sommes dans le cas d'une comparaison hiérarchisante classique du racisme.



    2 - La question de la réaction à la violence raciste


    En fait je vois trois questions sur cet aspect.


    A) - Ces menaces sont injustifiées.


    - Réponse ambigue : La réponse du MRAP laisse entendre que non tout en faisant le lien entre les propos et les menaces. Mouloud a parlé en quelque sorte de réponse disproportionnée. Ce qui donne lieu à une offensive de Respublica sur le net.


    - Réponses claires mais sur fondements différents:

    Cela constitue les points 1et 2 des "Dix remarques à un collègue" de Pierre Tévanian sur Bellaciao.

    C'est clair aussi dans la position de Gérard Kerforn publiée sur le site MRAP Landes


    B) - Qu'elles sont les motivations de ces menaces?


    Les mollahs lancent-ils la guerre contre ce racisme ou contre le blasphème de leur fétiche. Les maîtres spirituels ne s'adonnent pas en général à ce genre de riposte. Ils reconnaissent que dans leur camp il y a des tarés. Il y a des tarés dans toutes les grandes religions. Il y a aussi des personnalités plus réfléchies dans toutes les religions. La théologie de la libération promeut beaucoup plus l'égalité des sexes, la laïcité et appelle à participer auxluttes contre toutes les formes de domination, d'exploitation, d'oppression.


    C) - Que faire face aux menaces?


    Face aux menaces de mort contre Robert Redeker, il faut le protéger mais pas aux côtés des racistes .

    Faut-il s'accoquiner avec Respublica qui par dogmatisme aveugle sur la laicité ignore le moment du dérapage raciste. Je pense que non.



    Christian Delarue
    Membre du Bureau exécutif et du Conseil d'Administration du MRAP 


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