• FITNA : JUSTE UN CLIP CON ?

    Un bref commentaire du "papier" de Caroline FOUREST "Fitna : con comme un clip islamiste" paru dans Charlie hebdo le 2 avril 2008 .

     

    1 - Rebond sur le papier de Caroline FOURREST

    Caroline FOUREST commence par caractériser Fitna comme un clip émotionnel faisant appel à l'instinct et non à la réflexion . C'est exact . Le désaccord vient ensuite . Elle écrit : "Il se contente d'aligner les images d'horreur commises au nom de l'islam ces dernières années". Ce qui n'est pas exact. Il prolonge son descriptif . D'ailleurs elle le reconnaît en ajoutant "C'est le commentaire qui, bien que minimal, est problématique" Effectivement c'est ce commentaire sur l'islamisation qui fait toute la différence. Mais elle nie l'unité du clip, elle nie le rapport entre les images et le "trop de musulmans". Or d'une part il y a bel et bien à la fin du clip un propos de Geert Wilders appelant à combattre "l'idéologie islamique" (traduction à vérifier) et d'autre part ce "trop de musulman" est incompréhensible tel quel, il ne se conçoit pas sans message associé préalable et négatif . D'autant qu'ici le message n'est pas implicite comme chez Nicolas Sarkozy , car il s'agit bien de l'islam tel qu'il le voit et film sur une grande partie du film.

    Faute de lien, voici l'extrait du texte cité dans sa continuité : "Il se contente d'aligner les images d'horreur commises au nom de l'islam ces dernières années. Sans les djihadistes et les intégristes, ce film n'existerait donc pas, puisque Wilders n'aurait aucune image à montrer. C'est le commentaire qui, bien que minimal, est problématique. Vers la dixième minute, Wilders fait le lien entre ces images de haine et le nombre grandissant de musulmans aux Pays-Bas, pour finir par dénoncer "l'islamisation". Son film ne dénonce ni l'islamisme, ni même l'islam mais le fait qu'il y a trop de musulmans en Europe.

    2 - Fitna : plus qu'un clip "con" et blasphématoire.

    Mais posons la question autrement : Il n'y aurait pas la partie finale on aurait pu penser à un clip "con" mais de type blasphématoire, qui ne mérite nullement la censure... et la publicité associée au débat sur la censure.

    Un blasphème par définition désacralise les textes sacrés et les symboles sacrés car conçus comme au-dessus des humains, de tous les humains. En somme le blasphème - employé par des individus qui valorisent la raison critique - est un geste de dévalorisation de tous les fétiches. Si l'on accepte ce rattachement philosophique alors le blasphème vise à rétablir un ordre des choses inversé . Mais il peut être ambigu (1) . Par ailleurs, un tel geste étant souvent assez cru, le procédé n'est guère prisé par tous, notamment par celles et ceux qui lui préfèrent la critique argumentée. En ce sens le blasphème ne dégénère pas en diffamation contre les personnes (3). Il est une injure à la religion mais pas aux croyants. Le blasphème inséré dans une telle perspective anti-fétichiste (pas au sens freudien) témoigne d'un respect des hommes et des femmes mais pas de leur croyances.

    Mais ce clip quoique " con " et " émotionnel " s'appuie quand même longuement sur un contenu qui est bien celui de l'islamisme radical ou – plus près de l'auteur - de l'islam comme idéologie politico-religieuse. Car effectivement – nous sommes ici d'accord - "ans les djihadistes et les intégristes, ce film n'existerait donc pas, puisque Wilders n'aurait aucune image à montrer". Ce qui fait problème c'est la globalisation de l'islam et l'affectation de la menace islamique radicale à tous les musulmans. Je renvoie à FITNA : UN FILM ISLAMOPHOBIQUE, ANTIMUSULMAN (2).

    Christian DELARUE

    1) texte sur ce point précis sur les sites ATTAC et ESSF

    Les blasphèmes du mécréant : Christian Delarue
    Blasphème, démocratie et émancipation : un sujet délicat.

    http://www.france.attac.org/spip.php?article7299

    2) FITNA, un film islamophobe, anti-musulmans*
    http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article64146

    3 ) On voit ci-dessous un enjeux de la différence d'analyse du film : le blasphème n'est pas la diffamation ni l'injure.

    Le sécrétaire général de l'OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu, a ajouté que le film a diffamé et a dénigré « le saint Coran (1).

    Eh bien sans la partie finale qui donne effet d'attribution raciste de sa charge à tous les musulmans, il n'y aurait pas diffamation mais blasphème car la diffamation s'applique aux humains pas aux choses . Le "saint Coran" comme la Bible ne sont que des choses qui ne valent pas plus qu'une crotte ! Par confort, il faut juste éviter de marcher dessus !

    in "L'OCI condamne le film anti musulman « Fitna » « dans termes les plus vigoureux»

    http://www.alterinfo.net/index.php ?action=article&numero=18266

     



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  • FITNA , RFI A TORT
    Fitna a dépassé les bornes de la simple critique de l'islam


    RFI fait une présentation réductrice du film Fitna car Geert Wilders ne se contente pas d'une critique de l'islam via la lecture de certaines sourates symbolisées par des pages tournées du Coran.

    Certes cette critique de l'islam idéologique prend beaucoup de place mais le film n'est pas qu'une exégèse outrancière du Coran. Résumer le Coran à un livre d'appel au meurtre des mécréants - les athées, les homosexuels, les juifs - serait sans doute critiquable par des spécialistes des religions mais pas condamnable au titre de l'islamophobie.

    Pour qu'il y ait islamophobie il faut aussi que la dévalorisation de l'islam soit rapportée aux musulmans dans leur globalité. Dans une seconde partie du film on voit des imams, des responsables politiques appeler à tuer tous les mécréants mais pas le peuple. Plus tard, on voit des femmes en burka - qui symbolise l'islam dur - entrer dans les ministères mais pas vraiment une attribution à l'ensemble des musulmans. Puis vient la description de l'envahissement. En quelques instants la caméra quitte les pages du Coran, quitte les leaders pétris de la morbidité du Dieu Thanatos pour montrer des graphiques avec des colonnes de musulmans envahissant l'Europe... Ici s'opère le passage l'islamophobie condamnable : tous les musulmans arrivant en France sont des barbares. RFI a tort le film va plus loin que la critique de l'islam qui n'est qu'un prétexte pour stigmatiser les musulmans, tous les musulmans installés en Europe et tous ceux qui y sont supposés y entrer. Il y a incitation à la haine raciste.

    Ce que dit le film n'est pas totalement faux. Des responsables politiques de pays musulmans et de nombreux imams militent activement à interdire les libertés et la démocratie au profit de la loi islamique partout dans le monde . Nous sommes bien dans le cadre du Choc des civilisations . Ce militantisme politico-religieux est réel et évidement il doit être fermement combattu comme une barbarie . Mais un tel combat n'a nul besoin de se placer du côté du gouvernement nord-américain . Pour cela il faut aborder le problème de cette "vérité" : A aucun moment dans le film on ne dit que la critique porte sur l'islamisme, sur une expression particulière ou spécifique d'une partie de l'islam. A aucun moment on voit une réserve indiquant sinon l'existence d'un autre islam du moins la réalité de millions de musulmans progressistes... et plus intelligents et moins fascistes que Geert Wilders. Pourtant, pour cela, nul besoin d'être expert en religion !

    Christian DELARUE

    Secrétaire.national. du MRAP

    Fitna - Version française - Geert Wilders sur dailymotion http://www.dailymotion.com/search/fitna/video/x4vfdf_fitna-version-francaise-geert-wilde_news

    RFI - Fitna, le film anti-islam de Geert Wilders

    Dans le film de Geert Wilders, différents versets du Coran sont illustrés par des images sanglantes, sur fond de musique dramatique. On peut y revoir les attentats du 11-Septembre, de Madrid et de Londres, ainsi que les photos du cinéaste Theo van Gogh, après son assassinat dans une rue d'Amsterdam. Suivent des images de prêches radicaux, de pendaisons d'homosexuels en Iran et d'excision en Somalie. Le film, qui dure 17 minutes, se termine sur la plus célèbre des caricatures danoises du prophète Mahomet, avec un turban en forme de bombe. En fond sonore, on entend une déflagration, qui s'avère n'être qu'un bruit de page déchirée – mais pas du Coran lui-même, comme Geert Wilders en avait sans doute l'intention, initialement.

    suite sur 

    http://www.rfi.fr/actufr/articles/099/article_64410.asp


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  • UN COMBLE,
     
    POLEMIA CONTRE Emmanuelle MIGNON
     
    jugèe trop antiraciste ! Rien moins !

     

     

    Le site POLEMIA avec un Manifeste bien à droite (1) n'aime pas du tout que Mme MIGNON (bien à droite aussi) veuille combattre toutes les formes de racisme. Mais alors pas du tout !
    #663333
    Voici le paragraphe avec les propos rapportés de la directrice de Cabinet de Nicolas Sarkosy: "Dans le souci (compréhensible) de défendre le président de la République (et le discours qu'elle lui avait préparé), Emmanuelle Mignon, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, a d'ailleurs clairement reconnu que la transmission de la « Shoah » était bien un instrument de combat politique. Elle a déclaré le 17 février : « Enseigner la Shoah c'est combattre toutes les formes de racisme. Les discriminations dont sont victimes aujourd'hui les personnes issues de l'immigration ont la même origine que les crimes dont les juifs ont été
    victimes : la bête immonde du racisme. Je n'ai aucun doute sur le fait que les enseignants sauront expliquer cela aux enfants (...) »"

    LA CHARGE ACCUSATRICE EN 4 FLECHES.


    L'auteur (article non signé) émet quatre critiques réactionnaires à l'encontre d' Emmanuelle Mignon : "la démarche totalitaire est patente : il s'agit d'imposer des comportements politiques dès l'âge de 10 ans" . Les propos "ont le mérite de la clarté" mais ils "sont graves". Enfin, ils "sont assez largement en contradiction avec les paroles du candidat Sarkozy déclarant en avril 2007 : « Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi et qui nourrit la haine des autres. »"

    1 - TOTALITARISME PARTOUT, EDUCATION CITOYENNE ABSENTE !

    Le jugement porté sur la démarche - totalitaire - me parait excessif et non étayé dans la mesure ou en matière de pédagogie il s'agit plus, me semble-t-il (je ne suis pas expert en pédagogie !), de juger une démarche formelle plus qu'un contenu. Aucun sujet n'est à priori interdit au moins de 10 ans pour peu que le propos soit pédagogique, clair et adapté à l'absence de pré requis des intéressés. On ne saurait attendre un âge supérieur à 10 ans pour entreprendre une démarche éducative et citoyenne dans une société de communication de masse ou les jeunes ne sont guère épargnés des propos racistes, sexistes, homophobes

    2 - LA CLARTE ACCUSATRICE ET ACRITIQUE !

    La réalité factuelle des "trois évolutions parallèles" rapportés est problématique : "la montée de la transmission de la Shoah (notamment à partir de la projection mondiale du film « Holocauste » en 1978/79), l'instrumentalisation croissante de l'antiracisme au début des années 1980 avec la création de SOS-Racisme par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et le développement d'une immigration de peuplement s'intégrant de moins en moins bien mais de plus en plus difficile à
    contester." La "marche des beurs" de 1983 posait et allait poser de nouvelles questions à l'antiracisme. 25 ans plus tard nous sommes toujours en charge de réponses pertinentes.

    Reste que la stratégie accusatrice de "l'autre qui s'intègre de moins en moins bien " est dès plus misérable et contreproductive. Elle ne fait que masquer au moins deux faiblesses majeures celle d'une part de la politique sociale d'insertion sociale par l'emploi, le logement et le droit de vote des résidents extracommunautaires et celle d'autre part du racisme réellement existant de la population d'accueil effectivement différent selon qu'il s'agit "des populations européennes, des populations asiatiques, des populations arabo-musulmanes et des populations noires" puisque l'histoire des rapports de la nation française avec ces peuples a laissé des séquelles différentes.

    3 - LA DEFENSE DE LA XENOPHOBIE D'ETAT


    - Une erreur pitoyable : La "reductio ad trotskum" !


    Il est curieux écrit l'auteur "de voir la représentante de la plus haute autorité de l'Etat faire sienne la reductio ad hitlerum en parlant des politiques d'immigration. Agir ainsi revient à légitimer la thématique utilisée par les groupes trotskistes pour condamner certains aspects de la politique sarkozyste tels que le recours aux tests génétiques (pour contrôler le regroupement familial) ou la fixation d'objectifs chiffrés d'expulsions d'immigrés clandestins."

    En réalité, les aspects cités de la politique de Sarkozy ont fait l'objet d'une large critique non seulement à gauche mais aussi à droite. Dire que les test ADN n'ont été contesté que par "les groupes trostkistes" c'est non seulement user d'une image subversive qui ne fait peur qu'aux nigauds mais surtout mettre en oeuvre une logique de bouc émissaire qui vise à masquer l'ampleur de la critique, critique qui pourrait être partagée par Emmanuelle Mignon. C'est assez dire !

    - Une certaine lucidité : La "reductio ad Papum" !


    Polémia : "Consciemment ou non, en associant « Shoah » et « immigration » Emmanuelle Mignon fait planer sur les préfets qui prennent des arrêtés de reconduite à la frontière et les policiers qui les appliquent l'ombre du préfet Papon, condamné pour crime contre l'humanité. Ce n'est pas aider le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, à remplir les objectifs que lui fixe le président de la République"."


    De nombreux auteurs (2) ont dénoncé le mépris xénophobe et la logique réifiante et quantitativiste employée par les néolibéraux dont Nicolas SARKOZY et Brice HORTEFEUX sont des représentants patentés. Alors HORTEFEUX un Papon aux petits pieds ?

    4 - QUE VIENT FAIRE ICI LA REPENTANCE PAR AILLEURS DENIGREE ?


    Sarkozy a répété pendant sa campagne vouloir "en finir avec la repentance, qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires, qui nourrit la haine des autres" .

    On sait que Chirac avait tourmentée la droite à propos de "l'irréparable" commis par la France de Vichy. Les temps changent dans ce domaine et Sarkosy se démarque ici de Chirac et suit Christophe Barbier et Eric Mandonnet (3) auteur de l'article "Le mal de repentance" paru dans l'Express à la suite de la révolte des banlieues ou l'auteur de "Pour en finir avec la repentance coloniale" ouvrage de Daniel Lefeuvre sorti à l'automne 2006 (4).

    Pour quel motif ? D'après Christophe Barbier et Eric Mandonnet la leçon est claire "A chaque fois, la repentance atteint le but contraire à son intention: voulant réconcilier, elle déchire; recherchant le consensus, elle récolte la polémique" Mais qui a dit que la repentance devait déboucher sur le consensus. Si la repentance s'appuie sur une vérité niée par certains elle risque fort de déplaire !

    Autre question abordée par Polémia et Sarkozy : "La repentance est-elle vraiment une haine de soi ?" On peut se poser la question au plan individuel en évoquant la question du pardon. Ma réponse serait volontier négative. Une vision juste de soi, non gonflée de sa supériorité morale, admet ses torts et demande pardon à l'autre qu'il a blessé. Mais ce n'est pas en l'espèce la question qui se pose puisque la repentance s'applique à la Nation française.

    La Nation est une entité abstraite fort différente du peuple. A ce stade de la discussion on peut dire que chaque français n'a pas à faire sien les méfaits de l'Etat français ou de l'élite qui en a décidé à une époque au nom de la Nation. Ni faute, ni responsabilité. Juste un souci de vérité qui ne fait pas consensus, qui ne plait évidemment pas à tous. Cette façon de voir ne concerne pas que le lien à la Nation française. Ainsi par exemple, comme le dit Daniel Bensaïd, «De quoi devraient se
    repentir ceux qui sont restés communistes sans avoir célébré le petit père des peuples? »

    Ce point de vue n'est pas accepté de tous, notamment de ceux qui pensent que l'on ne choisit pas plus sa Nation que ses parents. En quelque sorte il faut « tout prendre » dans la Nation, le bon et le mauvais. En ce cas il importe plus que dans l'optique précédente que l'Etat français présente ses excuses aux peuples qu'il a agressé, dominé, massacré et
    colonisé. Il ne s'agit pas d'intervenir pour des injustices commises (cf MRAP déc 2007) mais de demander pardon lorsque « l'irréparable » a été commis ainsi que la proclamé Jacques Chirac (5) dans son discours du Vel d'Hiv, le 17 juillet 1995 ( par la rafle de 1942, « La France avait commis l'irréparable ») . C'est là une démarche contraire de celle initiée avec la loi du 23 février 2005 sur « le rôle positif » de la colonisation (6 ).

    Christian DELARUE à titre personnel

    Secrétaire.national. du MRAP
    Membre du CA d' ATTAC France


    1) in *Mémoire de la « Shoah », mémoire française et politique d'immigration

    http://www.polemia.com/edito.php?id=1617

    2) LES MIGRANTS ET LE FETICHISME DU NEO-LIBERALISME AU PLAN MONDIAL

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article62553

    Lire aussi d'Olivier LE COUR GRANDMAISON : Xénophobie d'Etat et politique de la peur

    3) Christophe Barbier, Eric Mandonnet "Le mal de repentance " souligne à l'appui de leur conclusion que "la France quitte brutalement l'omerta pour le grand déballage, et la repentance sert de sas de décompression. Vichy et la torture durant la guerre d'Algérie en ont été de récents exemples, Maurice Papon et le général Aussaresses les coupables expiatoires, Jacques Chirac un praticien malchanceux. Avec son discours sur les rafles du Vel' d'Hiv', le 16 juillet 1995, il ne clôt pas la polémique sur la responsabilité de la France dans la déportation des juifs, qui sera relancée lors du procès Papon; se repentant à Madagascar, en juillet dernier, pour les massacres de 1947, il reçoit un accueil glacé. De même, Lionel Jospin, en novembre 1998, réhabilitant les «fusillés pour l'exemple» des mutineries de 1917, échauffa les esprits plus qu'il n'apaisa les mémoires"

    http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/colonisation/dossier.asp?ida=436168

    NB : Nicolas Sarkozy, Faudel, Abdelkader et la "repentance"
    Le petit prince du raï évoque un résistant algérien en l'honneur du nouveau président français "Etrange sensation que d'entendre dans ce contexte démarrer la sublime chanson de Cheb Khaled, qui, sur des airs de violons, oud et darbouka,
    évoque avec emphase le chef de guerre et penseur musulman Abdelkader Nasser Din. L'émir a combattu l'armée française de 1832 à 1847, à la tête de tribus de l'ouest de l'Algérie, avant de se rendre. Après la guerre d'indépendance, Alger en a fait un symbole de la résistance à la France et le fondateur de l'Etat algérien, qui réclame aujourd'hui des excuses officielles de la France pour son passé colonial."

    http://www.afrik.com/article11702.html

    Par contre les colonialistes défendent Sarkozy et : « La période coloniale évoquée dans une pétition de personnalités algéro-françaises publiée le 4 décembre 2007 « La repentance est exclue. Quant à la reconnaissance de la responsabilité, nous disons ceci : en 1962, la France a laissé à l'Algérie un pays complètement opérationnel, avec ses routes, ses aéroports, son agriculture...les Algériens vont-ils le reconnaître aussi ? », s'interroge M. Nouvion qui entend rappelé cette position des rapatriés à Nicolas Sarkozy. Voilà la pensée coloniale dans toute sa splendeur : « Les routes » « positives » faces à une domination coloniale reconduite violemment pendant 150 ans ! Non, la colonisation ne saurait être « positive » !

    4) Un commentaire de "Pour en finir avec la repentance coloniale" in Les Clionautes

    Des « Repentants » ? Où et qui ? par Dominique Chathuant
    http://www.clionautes.org/spip.php?auteur248

    Pascal Blanchard et Nicolas Bancel, tous deux signataires de la pétition « Liberté pour l'histoire », avaient désapprouvé dans le /Monde/, l'appel des Indigènes. Dans un ouvrage qui dénonce à la fois le lynchage médiatique dont a été victime l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, le problème posé par la loi Taubira ou les anachronismes commis par Gilles Manceron, historien et cadre de la Ligue des droits de l'homme, on ne trouve pas mention d'une tribune du même Gilles Manceron condamnant l'exploitation raciste de la mémoire de l'esclavage et figurant à côté d'une tribune d'Olivier Pétré-Grenouilleau[32]
    C'est l'un des nombreux exemples de la construction artificielle du monolithe repentant. Il est significatif qu'à la lecture de ce livre, le Figaro magazine (dont un des journalistes s'est illustré dans un de ces ouvrages où l'on rouvre de nombreuses portes ouvertes pour prétendre ensuite qu'elles abritaient des vérités secrètes), s'interroge sur la cause de la vague de repentance sans même poser la question de la pertinence du concept. Le livre pose d'autres questions. « Comment critiquer les «repentants » sans faire de même pour les nostalgiques de la colonisation ? » interroge pertinemment Claude Liauzu qui n'est, ni le dernier des réactionnaires colonialistes, ni un thuriféraire de la démarche de l'ACHAC.
    http://www.clionautes.org/spip.php?article1178

    5) La critique des gaullistes contre la repentance de Chirac
    »Dans son discours du Vel d'Hiv, le 17 juillet 1995, à peine élu, Jacques Chirac affirma que, par la rafle de 1942, « La France avait commis l'irréparable » : non pas « Vichy », mais « la France », dont tout gaulliste, c'est sa raison d'être, jurait qu'elle était alors à Londres ! »
    http://www.gaullisme.net/chirac-antigaulliste.htm

    6) Certaines organisations voulaient l'abrogation totale de cette loi (MRAP) et d'autres de certains articles seulement.

    Les premiers à intervenir furent l'association "Harkis et Droits de l'Homme" ainsi que le précise sa présidente Fatima BESNACI-LANCOU "dès le 28 février 2005, par un communiqué envoyé à l'AFP. Ce communiqué a été repris dans le livre "La Colonisation, la loi et l'histoire, Ed.Syllepse" de Gilles Manceron et Claude Liauzu"  [Liens]

    http://www.harkis.info/portail/article.php?sid=1092290

    http://www.mrap.fr/communiques/harkid

    Par la suite en juin 2005, diverses associations - dont la LDH, le MRAP, la FSU, le Collectif des historiens contre la loi du 23 février 2005 ... - ont mis en garde contre une réhabilitation insidieuse de l'OAS et plus globalement du colonialisme français en Algérie. La prochaine inauguration d'une stèle à la mémoire d'anciens membres de l'OAS et la loi du 23 février 2005 témoignent de cette entreprise.
    http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article701

     


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  • "Le Négre n'est pas. Pas plus que le blanc" Frantz Fanon, esclavage, race et racisme par Françoise VERGES (1)

    Sur Bellaciao sous le titre: Le nègre, le blanc et les DOM 

    Le titre forme la conclusion de l'étude de celle qui a écrit en 2004 avec Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et d'autres "La République colonial, essai sur une utopie". Mais cette conclusion n'arrive pas à la suite de développements que l'on trouve à droite mais aussi au sein d'une certaine gauche, celle qui comme Jean-Pierre Chevènement dans le Nouvel Obs s'en tenait à un "Cessons d'avoir honte" ou comme Jean-Pierre COT qui en 1984 écrivait "Je ne crois pas que la décolonisation ait démérité". Si toute colonisation est nécessairement mauvaise ( et à fortiori si elle a duré 130 ans) et ce malgré le nombre de "déserts transformés en jardins", si comme le souligne déjà Benjamin Stora avant la loi de février 2005 " la société française n'a manifesté ni regret, ni remords par rapport à l'Algérie, et plus généralement par rapport à son histoire coloniale. Il n'y a jamais eu de repentance. Jamais!" ; alors il importe de reprendre le trajet occulté de la colonisation et de ses séquelles. Ce que fait brièvement Françoise VERGES en soulignant la réalité d'une domination entre le Noir esclave et le maître Blanc.

    La notion de race qui en découle intègre alors le social historique, le culturel et le politique. Pour être plus précis la notion de race s'explique par la colonisation qui fait du Noir un esclave. La colonisation et l'esclavage ont racialisé les colonisés et les esclaves africains. L'expérience vécue de la racialisation et du racisme n'a pas disparue avec la fin de l'empire colonial français, empire qui se poursuit d'ailleurs sous des formes moins franches, plus économiques et culturelles, par delà l'affirmation de l'indépendance du politique et des gouvernements.

    Ces séquelles sont encore très réelles dans les DOM, inscrites dans les rapports sociaux postcoloniaux . Pour abandonner la mentalité victimaire d'un côté et la mentalité impériale de l'autre, donc pour aller vers l'égalité et un véritable universalisme un double mouvement doit être encouragé par les antiracistes. Il s'agit, pour reprendre la formule de Françoise Vergès, que non seulment que les Nègres désapprennent à être Négre mais aussi que les Blancs désapprennent à être Blancs.

    Ce "désapprentissage" ne recoupe pas une lecture raciste du blanc nécessairement raciste (2) car "Le Négre n'est pas. Pas plus que le blanc" ainsi que l'écrivait Frantz Fanon en 1952 dans "Peau noire, masques blancs", ouvrage qui certes "n'avait pas pour but d'être une condamnation du racisme" précise Françoise VERGES.

    Christian DELARUE

    1) Françoise VERGES in "Le racisme après les races" PUF Actuel Marx

    2) LES LIMITES DE LA METAPHORE DU BOUNTY sur chrismondial et

    Les bourgeoisies compradores sont-elles aussi "bountys"? sur chrismondial


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  • LES LIMITES DE LA METAPHORE DU BOUNTY

    Les jeux dangereux de Pierre TEVANIAN

     

    « A nos yeux, la pire forme du mal

    consiste à juger un homme d'après sa couleur de peau »

    Malcom X « Ultimes discours » Dagorno1993

     

    Pierre TEVANIAN nous y invite dans son dernier ouvrage : parlons franchement de races . Le propos est osé . On comprend que l'auteur de « La République du mépris » n'ai pu poursuivre son militantisme au sein du MRAP association universaliste qui considère qu'il n'y a pas de races au sein du genre humain .

    La ligne critique des « Indigènes de la République » ne manque pas d'intérêt puisqu'elle se propose de débusquer ce qu'il appel « le racisme métaphorique » partout y compris chez les antiracistes. On comprendra qu'il faille lire encore un auteur qui pousse si loin le combat antiracisme... Nous verrons que ce n'est pas sans danger : le racisme renversé. Que dit-il ? Quel est depuis plusieurs années la dynamique de son travail critique ? « Dans chacun de ces discours que je déconstruis (le discours pseudo-sécuritaire, pseudo-féministe, pseudo-laïque, pseudo-libertaire...), on prétend toujours parler d'autre chose que de race ou de groupes racisés : on prétend parler de la condition des femmes, de la laïcité, de « la question de la mémoire », de la « liberté d'expression »...(1)

    La métaphore du bounty objet de ce texte s'inscrit dans ce dispositif critique . Le terme Bounty (et non boonty) - le fameux chocolat bicolore noir à l'extérieur et blanc à l'intérieur a fait notamment l'objet d'un usage métaphorique pour critiquer les positions de Malek Boutih au sein du PS il y a quelques années. Des critiques largement pertinentes sur lesquelles je ne reviens pas car le différent est ailleurs .

    En fait l'expression s'est étendue à la critique des "intégrés" par les « indigènes de la République » dont le slogan du site est "va te faire intégrer". Or c'est une chose de critiquer l'intégration c'en est une autre de stigmatiser les non-blancs "intégrés". Car la formule souligne "une trahison" des individus de couleurs qui se comportent comme des blancs » (au-delà de leur positionnement strictement politique).

     

    I - Ecartons l'interprétation première : le racisme renversé est toujours un racisme !

     

    La métaphore du bounty prête aisément à croire que "tout ce qui est noir est bon et que tout ce qui est blanc est mauvais". On est là dans une interprétation similaire à celle d'une certaine gauche qui dit que tout ce qui vient du peuple ou du salariat ou des ouvriers est bon et tout ce qui vient des dirigeants est mauvais (ouvriérisme culturel) ou à celle, plus actuelle aujourd'hui, qui renverse la valorisation en disant que tout ce qui est issu de l'élite et bon et ce qui vient du peuple est mauvais (corrélé avec l'apparition du terme de populisme).

    - Cette première interprétation donne lieu à deux travers:

    - La valorisation du « blanc » et la promotion de l'effort nécessaire du non-blanc!".

    Un article de Pierre TEVANIAN critique cette sollicitation de l'effort de la part de NPNS (2). Or, le « vivre tous ensemble » et égaux selon la formule du MRAP implique un effort de tous mais n'implique pas de promouvoir un assimilationisme de compensation un assimilationisme suradapté et vouloir (comme je l'ai lu en commentaire) "que les enfants d'immigrés se comportent davantage en bons petits Français que les Français de souche" en somme pour rester dans la métaphore qu'ils soient plus blanc que le blanc!

    - La valorisation du non-blanc et la critique du bounty !

    Il s'agit alors à l'opposé du travers précédent d'un parti-pris systématique en faveur du non-blanc : "black is beautiful" (avec une possible logique communautariste différente du séparatisme des « black power » aux USA) . Ce fut en France, un temps la critique de la « beurette émancipée » (cf débat MRAP –NPNS sur chrismondial) reconduit plus tard en provenances de voilées sous le stigmate « les jeunes filles émancipées sont des putes ». Rien moins ! Une telle interprétation s'éloigne d'un positionnement universaliste et tend au mieux vers le communautarisme quand ce n'est pas, au pire, l'affrontement des « races » mais dans une situation très différente des USA du temps des « black power » (3).

     

    - En sortir suppose une critique de l'intégration mais aussi une conception de l'émancipation.

    L'intégration - telle que la pensait Durkheim - concerne l'ensemble de la société et non pas l'effort des seuls immigrés. La cohésion sociale ne devrait pas se concevoir comme une politique de répression sociale et policière mais comme une politique de répartition des richesses, de développement harmonieux du territoire, de luttes contre les discriminations racistes, le tout dans le cadre d'une société laïque. Prendre en charge la question sociale, celle de la laïcité , celle du droit des femmes et la question des discriminations racistes nous parait la voie la plus pertinente. A ce titre l'émancipation des non-blancs participe de l'émancipation sociale de tous et toutes à l'encontre de toutes les oppressions, dominations, exploitations, lesquelles ne sont pas le fait unique des blancs.

     

     

    II - Contestons vigoureusement l'autre interprétation qui voit " les blancs tous malades de racisme "

     

    L'autre interprétation de "bounty" relève plus de la sociologie de la domination que de la valeur identitaire posée à priori . « La remarque vaut aussi bien pour des hommes, des hétéros et des bourgeois » écrit P. TEVANIAN qui précise qu'il "ne s'agit pas de détester sa couleur ou de détester les siens, mais de détester son privilège, et le système social qui le fonde". D'accord .

    Si le rapprochement avec le peuple par rapport à l'élite a une certaine pertinence c'est surtout pour montrer qu'un parti-pris est sans doute possible mais en se gardant de caricaturer, d'essentialiser . Il s'agit prudemment de ne pas oublier qu'en général les noirs comme le peuple ou le salariat sont en position dominée en France et dans les pays du nord. Mais tous les non-blancs ne sont pas racisés et en position d'opprimés. Ils subissent bien souvent la discrimination raciste mais pas toujours. Reste, il est vrai, que les non-blancs qui ne subissent pas le racisme peuvent à tout instant le subir! Nous sommes dans des sociétés ou le racisme n'est jamais réservé aux non-blancs d'en-bas ou aux non-blancs trop différents, non intégrés . Certes, le racisme ne demande qu'à s'étendre. Et les élites y poussent. Dont acte à ce stade. Avec néanmoins un risque de tendance à la victimisation non-blanc conforté par la stigmatisation du bounty intégré et l'insulte de celui qui y tend : « va te faire intégrer !. »

    Ici il importe de remarquer que Pierre TEVANIAN va nettement plus loin. Il écrit : « Les Blancs sont malades d'une maladie qui s'appelle le racisme et qui les affecte tous, sur des modes différents, même quand ils ne sont pas à proprement parler des racistes » D'ou chez Pierre TEVANIAN l'expression de « racisme vertueux » pour les blancs qui sont « racistes anti-racistes ». Ce n'est même plus une idéologie du soupçon mais bien du racisme, une accusation raciste du blanc intrinsèquement raciste . C'est ce qu'a bien relevé avant moi Gérard KERFORN et la fédération des Landes du MRAP . Autant on peut admettre que « ce racisme consiste en une oppression systémique » autant on ne peut généraliser sur le blanc nécessairement raciste. Ici P TEVANIAN fait ce qu'il critique par ailleurs chez Redeker notamment : il essentialise un racisme blanc, qui est donc le mal-être blanc.

    Mais le parallèle avec le salariat par rapport au patronat s'arrête là car pousser l'extrapolation plus loin tend à favoriser l'ethnicisation des problèmes sociaux et corrélativement à effacer la problématique issue de la dynamique des rapports sociaux contradictoires de classe entre les travailleurs salariés et le capital (ou plus largement entre le peuple et les dirigeants ou les élites). C'est une position qui tend aussi à transformer les discriminations racistes en discriminations raciales et à promouvoir la discrimination raciale positive comme aux USA. Cette racialisation est inadmissible et insupportable pour ceux qui fondent leur action sur l'universalisme qu'ils soient blancs ou non-blancs.

    Christian DELARUE
    Secrétaire national. du MRAP
    Membre du CA d' ATTAC France

    1 Propos recueillis par Fatiha Kaoues du site Oumma.com.
    http://www.geostrategie.com/113/un-racisme-metaphorique-entretien-avec-pierre-tevanian

    2 Ce qu'on a pu voir, par exemple, le 4 mars 2004 à Fontenay-sous-Bois, était édifiant sur Bellaciao le mercredi 20 juin 2007 (22h21) :
    Ni putes ni soumises, ou la parole confisquée , Fadela Amara, de Badinter à Sarkozy...

    3 Sur le black power

    http://www.jcr-red.1901.org/IMG/pdf/brochure_bp.pdf

    4 Le mal-être blanc

    http://libertesinternets.wordpress.com/2008/02/01/etre-blanc-en-france-aujourdhui/

     

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    A propos d' un sale mensuel très... "menstruel" !

    Déconstruction appliquée du féminisme.... Voici ce que l'on peut lire comme critique "indigène" et religieusement féministe d'une revue sans doute fort contestable - je ne la lis pas - qui " s'est donné comme pieuse mission de mettre tous les bougnoules, qui hésitent encore, sales mécréants qu'ils sont, à croire aux bienfaits de la République, sur la voie de l'intégration". Voici comment est qualifié ce mensuel . "Le menstruel (sic) - le courrier de l'atlas - doit se lire comme un filtre qui passe au tamis les arabes pour séparer les bons arabes de ceux qui ne se laissent pas dicter leur conduite".

     

    Sans doute, un faute de frappe évocatrice d'un inconscient travaillé par le mythe de la pureté des femmes !

    CD

    Le sale mensuel très "menstruel"

    http://www.indigenes-republique.org/spip.php?article1257

     


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