• Affront national : Le sarkozysme malmène les deux triptyques constitutionnels.

    N Sarkozy le Président des riches et des beaufs !

    Ce faisant, N Sarkozy et son gouvernement ouvrent la voie aux solutions d'extrême-droite.

    NB : Il ne s'agit pas ici d'approuver le contenu de la Constitution française.


    Deux triptyques constitutionnels importants fondent la République en France.

    La République française est fondée au plan de la philosophie politique sur le fameux grand trio "Liberté, Egalité, Fraternité" et au plan de son régime politique ou de ses institutions sur une construction « laïque, démocratique et sociale ». Tout un courant social et politique souvent évoqué comme "l'exception française" a favorisé dans la rue et dans les urnes l'émergence de cette République
    « laïque, démocratique et sociale » et contre sa définition dégénérée, colonialiste, élitiste et "bourgeoise"

    I - La pente réactionnaire de la République est toujours menaçante.

    Le premier tryptique
    "Liberté, Egalité, Fraternité" a donné lieu à interprétation ; certains appuyant plus que d'autres sur une des trois qualités : les libéraux plus sur la liberté d'entreprendre, le mouvement ouvrier sur l'égalité, les chrétiens sur la fraternité. Mais d'autres à droite ont essayé de le rabattre dangereusement sur un autre plus funeste : "travail, famille, patrie" .

    Il en est de même du second qui veut que la République soit « laïque, démocratique et sociale » . Le néolibéralisme, dont l'oligarchie qui en est son bras agissant, tend très fortement à  réduire le volet démocratique comme le volet social à la portion congrue. Cela ne peut que heurter le mouvement altermondialiste et syndical tout comme les citoyens avisés. Au lieu de construire une République sociale voire socialiste (en modifiant la Constitution) et d'entretenir à cette fin des rapports démocratiques riches, réguliers et authentiques entre les citoyens et les élus c'est au contraire à à une entreprise de dépossession citoyenne au profit de la caste politiquement dirigeante et derrière de l'oligarchie financière et bancaire que l'on assiste. Une solution véritable à la crise passe par la construction d'un Etat social fort et un Etat démocratique actif.

    Quand à la laicité elle est avec le sarkozysme un outil de stigmatisation de l'islam et des musulmans au profit du rétablissement d'une France chrétienne alors que le pays est largement athée et surtout laique. Une laicité authentique qui ne privilégie aucune croyance aucune religion par rapport à une autre. Une laïcité fondée sur la séparation de l'Etat et des différentes religions organisées.


    II - Le sarkozysme de l'été 2010 a marqué les consciences comme étant un véritable "affront national".


    On se souvient encore de l'incroyable montée du discours de division et de stigmatisation de N Sarkozy contre les Roms et les jeunes des banlieues lors de l'été 2010. On se souvient aussi des affaires Woerth- Bettancourt. On se souvient du combat de classe menée contre la retraite par répartition au profit des fonds de pension. La droite a poursuivie la casse de "l'Etat social" et de ses services publics. C'est la satisfaction des besoins sociaux hors logique de solvabilité et de profit qui est abandonnée et cela débouche sur la prolétarisation et l'appauvrissement d'une large fraction de la population.

    Sur ces différents fronts, ce sont les deux tryptiques républicains qui se trouvent malmenés et dévoyés au profit d'une République bananière, affairiste et sécuritaire qui déploie la xénophobie d' Etat et laisse le racisme infester la société civile comme la société politique.

    - Alternative républicaine et socialiste.

    Retrouver la République suppose un mouvement collectif qui dise "Dégage" à N Sarkozy et qui affiche un réel projet politique et démocratique d'émancipation sociale et écologique. Plusieurs appels collectifs sont allés en ce sens à l'automne 2010. Il faut continuer et rien lâcher ! Une autre France est possible. Cela nécessite d'aller vers le socialisme. A défaut c'est la barbarie qui avance.

    Christian DELARUE



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  • La gauche et la diversité

    La diversité et la gauche.

    La gauche, ce serait le camp politique des partis qui incitent à penser (Lire Isabelle Stengers dans Mouvement).

    La diversité a plusieurs contenus. Ici sous ce nom on évoquera trois types de "diversité", celle culturelle, celle "colorée", celle religieuse.

    A propos de la diversité religieuse. Un nouveau discriminant est apparu ces dernières années pour clarifier la situation concernant les rapports entre les musulmans et les autres. En effet, la première critique qui portait sur le voile islamique pouvait être porté tout à la fois par l’extrême-droite, la droite et par la gauche et au sein de l’extrême-gauche. Cela signifiait que les critiques pouvaient être différentes et s’inscrire dans une configuration idéologique différente. Il est évident que certaines critiques du voile n’entendaient pas stigmatiser l’ensemble des musulmans alors que pour d’autres ce n’était là que la première pierre lancée et que la charge critique était plus globale. A vrai dire il y a un continuum critique entre ces deux positions extrêmes. Ce qui est apparu ces dernières années comme discriminants nouveaux ce sont d’une part la critique anti-minarets venu de Suisse mais assez bien rediffusée en France et d’autre part la critique du commerce viande hallal et enfin la critique de la prière dans la rue.

    Il est assez net que la critique anti-minarets et celle anti-hallal n’a guère eu d’écho à gauche. Autrement dit ceux et celles qui à gauche critiquaient le voile islamique ne se sont pas ou peu investis dans une critique anti-minarets ou anti-hallal. S’agissant de la prière dans la rue la chose est moins tranchée. Pour le dire franchement, la gauche française habituée à une certaine sécularisation (ou laïcisation) de la vie religieuse (1) qui autorisait certes de rares processions était gênée par ces prières massives et régulières dans quelques grandes villes (2). Mais la gêne ne signifiait pas pour autant intolérance généralisée, les faits étant encore limités. Avant que l’habitude des prières dans la rue ne s’instaure ailleurs, l’idée est apparu de trouver une solution. Pour la gauche c’est plutôt sortir de "l’islam des caves" et de "l’islam de la rue". Le problème est alors le comment ? (3) Pour l’extrême-droite c’est le refoulement hors de France et pour la droite c’est l’intégration avec la fameuse distinction" Islam de France" ou Islam en France" avec l’intervention malheureuse de Sarkozy.

    Sur la diversité culturelle. La gauche gouvernementale au pouvoir depuis 1981 (avec les écologistes par moment) a procédé à un certain nombre de réformes pour que soit reconnu les cultures locales, les écrivains régionalistes, les manifestations artistiques locales. Elle est intervenue pour faciliter l’apprentissage des langues régionales et pour intégrer l’expression linguistique régionale dans un cadre public notamment sur les panneaux de circulation. Le bilan ne semble pas mauvais sur ces points. Des améliorations sont certes concevables sur certains points.

    Par rapport à la diversité "colorée" (la couleur de peau et celle du nom), il importe d’être plus offensif contre les discriminations à l’emploi, au logement et dans d’autres secteurs, y compris pour les jeunes à l’accès aux discothèques. Ce dernier point n’est pas un détail car il touche les jeunes qui font tôt l’expérience du racisme. La gauche est plus offensive que la droite sur ce créneau. Il reste des tâches à accomplir. Cependant, il est assez surprenant de trouver à gauche des gens pour soutenir E Zemmour. Il parait difficile d’avoir un positionnement raciste et de vouloir mener une politique offensive contre les discriminations racistes. Bien sûr, il y a eu soutien et soutien. Entre dire simplement comme un certain nombre de gens de gauche "il dit une bêtise et ferait mieux de le reconnaitre" et participer à une solidarité organisée avant le procès il y a un fossé (4). Le pire étant le second fossé. Pointons avec cette image ceux qui comme Thierry Mariani ont trouvé le moyen de persévérer dans l’erreur et l’illégalité en soutenant Zemmour. Cet individu devrait quitter ses fonctions politiques dans la République.

    Christian Delarue

    26 février 2011 sur AELP.

    Addendum (1 mars 2011)

    A propos de ce texte divers commentaires ont porté sur tel ou tel point particulier. Ces points outrepassent l’objet fixé. Je ne l’ai donc pas modifié mais j’ai ajouté les notes ci-dessous.

    1) J Bauberot historien de la laïcité distingue le processus de la sécularisation de la laicisation. Il écrit : "L’étude du cas français (et le fait que les sociologues se plaignent régulièrement de l’extension trop vaste donnée à la notion de sécularisation) conduit à distinguer plus structurellement deux notions, celle de sécularisation et celle de laïcisation. Plus circonscrite, la sécularisation concernerait avant tout le rôle de la dynamique sociale et impliquerait une relative perte de pertinence sociale, culturelle (et, en conséquence, individuelle) des univers religieux par rapport à la culture commune (ce qui n’est pas, d’ailleurs, sans impact sur les institutions). Ceux-ci sont moins (ou ne sont plus) des cadres normatifs orientant les conduites sociales dans de nombreux secteurs. La laïcisation, en revanche, concerne avant tout la place et le rôle social de la religion dans le champ institutionnel, la diversification et les mutations sociale de ce champ en relation avec l’Etat et le politique (et aussi la société civile)." Aujourd’hui les termes sont de plus en plus confondus mais l’emploi de laicisation semble plus courant bien qu’employé à tort. En fait, au-delà des types de processus historiques observés, cette problématique renvoie à la forte déprivatisation de l’espace public par la religion catholique en France. Lire ici Henri Pena-Ruiz.

    2) Comme me l’a fait remarquer un fort sympathique collègue c’est plus l’effet des photos, films diffusés (ne voir quasiment que des hommes) et propos rapportés (sexistes à l’encontre des passantes) avec plus ou moins de véracité que le simple souci du domaine public qui à joué. C’est sans doute vrai. Mais c’est ainsi.

    3) Par exemple le MRAP n’a pas de position officielle sur ce point. Grosso modo pour l’heure, dans la société, il se dessine trois positions (et des variantes) : modifier la loi de 1905 versus Sarkozy (intégration de l’islam), ne rien toucher à la loi (ce qui ne signifie pas position unique), modifier la loi pour financer des mosquées. On saura rapidement les positions des uns et des autres.

    4) Remarque faite à ce propos : la prudence à tenir dans l’emploi du terme raciste qui en cas d’erreur peut se retourner contre l’accusateur. Un cas récent en témoigne. Mais beaucoup sont moins "prudents" pour tenir des propos à la Zemmour !


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  • ISLAMISATION : La gauche incapable de répondre à l'extrême-droite.



    On peut tout à la fois combattre le racisme sans "couvrir" un radicalisme de moeurs ou politique. Une telle orientation, qui doit être bien ajustée, se montre même plus efficace car elle evite des amalgames à plus grande échelle. Peut-êtrre pas tous à grande échelle mais les plus importants.

    Gloser abstraitement sur le "rejet de l'Autre" a une portée restreinte. C'est sans efficacité à l' égard de tous ceux qui ne rejettent pas les autres mais n'acceptent pas tout pour autant. Et il y a bien des choses inacceptables. Certes Marine Le Pen recycle son fond de commerce anti-arabe sur un nouveau bouc émissaire mais elle le fait avec une différence par rapport au passé lepeniste : il existe bel et bien un islam radical qui agit au sein des musulmans notemment ceux non sécularisés. C'est une vérité à considérer.

    1) Des distinctions qui manquent !

    Il suffirait que de quelques mots dans un texte , du genre "ne pas transiger avec l'islam radical mais refuser sans concession l'islamophobie" ou "nous luttons contre l'islamophobie et contre l'islam radical car nous proposons des mesures contre les discriminations et le développement de l'Etat social". Ce ne sont que des exemples de formules qui me viennent à l'esprit.

    Cela permet de souligner que l'immense majorité des musulmans en France ne pose aucun problème, qu'ils vivent et travaillent en France et  qu'ils y sont largement acceptés bien qu'il existe des discriminations avèrées mais qui portent plus sur les origines (cf tableau des requêtes de la HALDE).


    2) Islamisation : de quoi parle-t-on ?

    A propos de l'islamisation on trouve d'un côté, la gauche qui laisse un phénomène marginal prendre de l'ampleur, de l'autre une Marine Le Pen qui décrit un processus et lui donne un nom "occupation" à partir d'un gonflement du phénomène qui pour l'heure n'est guère important . C'est ce gonflement qui l'autorise à assimiler islamisation à occupation ou colonisation pour Golnish. Voilà le tableau de la situation. Mais qui s'est employé à compter les "phénomènes d'islamisation" pour dénoncer un procédé de gonflement à des fins politiciennes ?

    3) Silences de la gauche...

    Le coup politique de MLP est donc permis par les silences de la gauche alors que tout cela est su depuis longtemps. Les vidéos ne manquent pas sur le web mais ce sont les mêmes rues qui sont montrés du doigt. On veut bien croire que cela pose des problèmes aux riverains mais cela devrait tdéboucher sur une solution et non sur un coupable, technique du bouc émissaire bien pratique pour ne rien changer. La rue n'est pas faite pour des prières massives et régulières même si le droit autorise des manifestations dans certaines circonstances. La comparaison avec les manifestations syndicales ne tient pas sauf à dire que les musulmans tiennent à protester par la prière plus que réellement prier !


    4) ... et le risque de racisme !


    Ce qui importe c'est de fournir des pistes pour résoudre le problème de l'occupation des rues pour la prière. Il faut arrêter de dire que c'est normal de bloquer très régulièrement des rues entières pour la prière que ce soit des musulmans, des juifs ou des chrétiens. Ne pas le faire c'est courrir un risque de montée de l'islamophobie.

    Par ailleurs, ces prières seraient largement sexo-séparatistes c'est à dire quasiment interdites aux femmes qui elles prient chez elles. Les rares musulmanes qui descendent prier sont "couvertes" et les femmes qui passent en jupe sont stigmatisées.

    5) Quelle islamophobie dans ce cas ?

    Là encore ne pas gonfler l'évènement n'empêche pas de le signaler mais de le voir comme des excès de certains. Car la haine en fonction de ces pratiques praticulières se comprend parfaitement mais il est important qu'elle puisse être canalisée sur des éléments réactionnaires. II n'y pas lieu de se priver de dire sa vive réprobation des islamistes sexo-séparatistes qui insultent les femmes en jupe et pratiquent une occupation exclusivement masculine de la  rue pour prier. Ce que certains communautaristes ne veulent pas entendre.

    6) Une réponse sans ambiguité est nécessaire.

    Une telle réponse ne saurait se contenter d'un procès juridique. Il faut un mouvement large donc éloigné de l'activisme des communautaristes. Cela oblige à l'évitement du PIR et des groupuscules radicaux qui mélangent dans une même communauté artificielle les musulmans ordinaires et les islamistes radicaux.

    Christian DELARUE

    A discuter :  il est temps que la République et ses élus permettent la construction de lieux de culte décents pour la communauté musulmane de façon à rendre effective l’égalité de traitement et de considération envers les fidèles de chaque religion, revendication qu’un Etat laïque se doit de prendre en compte pour permettre un vivre ensemble effectif.


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  • Contre les "barbus", l’antiracisme, le féminisme et la laïcité.

    "Il est dangereux de laisser à l’extrême droite la lutte contre les "barbus" !" Certes mais Marine Le PEN ne lutte pas contre les " barbus" (ne pas oublier les guillemets svp).

    Qu’est-ce qu’un "barbu" ?

    C’est un islamiste radical qui en général possède la barbe mais pas toujours. Tous les barbus ne sont pas réactionnaires. Ces précisions élémentaires faites, il se trouve que très largement les plus réactionnaires du monde juif et musulman portent la longue barbe. Signe de virilité patriarcale ? Peut-être.

    "Barbu" c’est donc le symbole de l’islamisme radical à bien distinguer du musulman ordinaire. Si on laisse de côté les barbus sionistes, l’islamisme radical se manifeste sous deux formes : l’une qui porte sur l’autoritarisme sexiste et ce que l’on nomme parfois le sexo-séparatisme et l’autre qui relève du politique en faisant prévaloir les lois de Dieu (la Charia) contre la démocratie et les droits démocratiques.

    Que faire ?

    Contre les intégristes issus de l’islam ou du judaisme il importe de porter une lutte contre l’autoritarisme et le sexisme dans un cadre antiraciste (pas d’islamophobie) et laïque. Le dispositif de laïcité en vigueur permet de repousser l’emprise du religieux. Les lois pour la protection contre les violences faites aux femmes a également beaucoup progressé. Ce qui importe est d’aller vers l’égalité des droits entre hommes et femmes et du lutter contre les discriminations racistes dans l’emploi et le logement .

    Ce dernier point montre l’importance de raccrocher le triple combat féministe, antiraciste et laïque au combat social global contre le chômage et la précarité. Militer pour un logement de qualité pour tous est également très important tout comme pour le prolongement de la citoyenneté aux résidents étrangers. Le combat social s’articule au combat démocratique.

    Nul besoin d’être long pour viser juste !

    Christian DELARUE


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  • Marche du 16 mai 2010. Contester certes mais séparément.
     
    Dans l'affaire relatée par le "Vieux Singe" (ci-dessous) le MRAP a procédé à un communiqué deux jours après son article au sein duquel il reconnait qu'au départ il n'était pas évident que ce soit un crime raciste.

    Par contre, il regrète que le MRAP ne se soit pas joint à "la marche contre l'islamophobie organisée à cette occasion le 16 mai à Paris avec l'appui de personnalités et organisations très diverses, certaines respectables, d'autres plus contestables". Outre un appel contestable, certaines des organisations présentes ne développent pas des thèses qui suscitent l'approbation du MRAP . Le mmessage du MRAP risquait d'être brouillé en confondant critique de l'islamophobie et critique de l'islamistophobie ou critique de l'intégrisme musulman.
     
    Le MRAP reste sur une orientation de lutte contre tous les racisme donc contre le racisme anti-musulman . Ici  aurait fallu que le MRAP puisse manifester seul ou avec d'autres. Mais ce ne fut pas possible..
     
    CD
     
    Meurtre du vigile de Bobigny : le silence du MRAP

    Le mercredi 31 mars, le corps d'un vigile, M. Saïd Bourarach, disparu la veille, est retrouvé dans le canal de l'Ourcq. La veille, une violente altercation avait opposé la victime à un groupe de personnes auxquelles il avait refusé l'accès à un magasin après l'heure de fermeture.


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