• Maurice WINNYKAMEN vient de publier

    GRANDEUR ET MISERE DE L ANTIRACISME : Le MRAP est-il dépassé ?

    aux Editions Tribord

    L'auteur né en 1933 est un ancien militant du MRAP . Il a quitté le MRAP avant 1977, avant que le MRAP deviennent Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples. Il a donc connu et fait vivre un MRAP que beaucoup n'ont pas connu, en tout cas que je n'ai pas connu (1) celui qui va de 1941 - le MNCR - et 1949 - MRAP - alors que le MRAP signifiait « Mouvement contre le Racisme et l'Antisémitisme et pour la Paix » à 1977 date du changement de nom. C'est donc avec intérêt et respect et même admiration que j'ai lu la première partie de l'ouvrage qui porte sur les années antérieures à 1977.
     

    Avenir du MRAP : Réponse à Maurice WINNYKAMEN 1*
    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=53901

    *Avenir du MRAP : Réponse à Maurice WINNYKAMEN 2*
    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=53936

    Christian DELARUE

    Secrétaire national du MRAP 

     


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  • à gauche Christian DELARUE, à droite Yves LORIETTE  

    MRAP : Tenir tous les bouts.

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    Reprise pour l'AG de janvier 2007 d'un texte présenté au BE du 3 mars 2006

    Christian DELARUE secrétaire national

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    I - Ou va le MRAP ?

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    De nombreux conflits internes ont émaillé la vie du MRAP et certains ont suscité des refus de ré-adhésion. Malgré tout notre mouvement perdure et continue d'accomplir sa mission, de remplir son objet. Il faudrait se garder cependant de persévérer dans un affrontement incompris et destructeur.

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    Depuis l'intégration difficile (entrée puis mise en suspend puis réintégrée) de la notion d'islamophobie dans notre outillage d'analyse du racisme, les débats au sein de la direction du MRAP se sont d'une part durcis surtout avec l'entrée en scène des pro «indigènes de <st1:PersonName productid="la R←publique" w:st="on">la République</st1:PersonName>» ( ) et des pro-Respublica, durcissement qui a effacé les positions intermédiaires entre ces deux extrêmes et d'autre part de plus en plus décentrés par rapport aux préoccupations des comités locaux et des luttes qu'ils mènent .

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    L'année <st1:metricconverter productid="2006 a" w:st="on">2006 a</st1:metricconverter> vu apparaître une nouvelle division avec l'affaire des « caricatures » : Mouloud Aounit et son groupe ami au BE et CA, a une nouvelle fois, selon ses détracteurs, « manifesté sa fascination pour les médias et sa démagogie communautariste » au détriment d'une politique d'animation d'un mouvement de masse. En réponse Paul Muzard (le 20/2) s'est indigné et a fustigé « les attaques et les menaces dont il est régulièrement l‘objet ». Ce dont tout le MRAP reconnaît et se montre solidaire. Cette crise a d'autre part confirmé « l'autonomie brouillonne » de Mouloud Aounit, voire son côté "aventurier". Il cherche pour certains à s'affirmer comme « porte parole auto-proclamé d'une partie de la population d'origine maghrébine et à négocier, sur cette base, une certaine reconnaissance à des fins électorales » ( ).

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    Plusieurs débats se sont télescopé : S'agit-là de la critique du seul comportement de Mouloud ? S'agit-il d'un refus total de l'islamophobie ? refus du terme seul ? Refus d'un certain contenu (débat sur la définition toujours renouvelé) ?

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    En tout cas, cette "politique", de crise et en crise, a exacerbé les tensions existantes au sein du MRAP ; au point de provoquer aujourd'hui, quatre mois après l'accord de fusion (de deux listes en une seule en vue de l'AG du 3 déc. 2005), la création de deux fractions durablement opposées au sein du Conseil d'administration et au-delà sans toutefois toucher l'ensemble des comités. Cette division est dangereuse mais n'a sans doute pas une portée dramatique. Car de chaque bord chacun a conscience qu'une scission du MRAP serait dommageable à l'ensemble de la lutte antiraciste. Reste que ce souci se borne à au seul évitement de la scission mais pas à la modération dans le conflit .

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    Pour ma part, je prends acte de la division du MRAP mais je pense qu'il faut néanmoins travailler à l'empêchement de l'éclatement et au maintien de l'unité du MRAP. Ce qui suppose d'être encore en capacité de parler, échanger et négocier avec les parties aujourd'hui en voie de séparation. Les effets de « l'affaire Tévanian » se dissipant cela devient possible.

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    II - De quelques questions actuelles qui divisent l'antiracisme.

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    Les questions qui divisent le MRAP se font sur fond de politique de ségrégation et d‘inégalités, d'attaque des droits des salariés et des peuples et notamment des couches qui cumulent tous les désavantages. Le racisme sous toutes ses formes est prégnant. <st1:PersonName productid="La CNCDH" w:st="on">La CNCDH</st1:PersonName> le confirme encore.

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    1. Juifs et arabes. Le racisme anti-arabe connaît lui une évolution inquiétante que le MRAP a analysé en 2003 (cf. site, le document de 30 pages intitulé Racisme anti-arabe - nouvelle évolution). Les divers rapports officiels de ces dernières années - commentés par le MRAP - montrent aussi que le racisme contre les juifs augmente. Le danger pour le MRAP mouvement laïque qui lutte contre tous les racismes serait alors de faire le jeu de l'affrontement des communautés et de laisser s‘implanter un tel affrontement ou la préférence communautaire des uns répondrait la défense communautaire des autres. Le groupe animé par Catherine BALLESTERO a permis d'avancer sur ce point.

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    2. La question "religieuse", le sacré et le blasphème. Le mouvement ouvrier s'est toujours refusé à distinguer entre les exploités selon leur confession religieuse, leur croyance à une religion ou non. Le MRAP aussi. La bataille pour l'athéisme n'a pas ainsi été au coeur de l'activité de l‘un et l‘autre, laissant cette action à des associations et syndicats. Soit. Mais de ce fait, comme l'a écrit le 10/2 Pierre STAMBUL, il y a un évitement chez certains courants du mouvement ouvrier de la dimension « réenchantement du monde » dans l'actuel « retour du religieux ». Ce réenchantement lorsqu'il pousse aux manifestations religieuses ostensibles ou lorsqu'il vise à interdire la critique et le blasphème transforme la victime en persécuteur. Soyons clairvoyant ! Si le MRAP ne défend pas principalement le droit de critique des religions et droit au blasphème il ne peut aller contre pour peu évidemment que ce pseudo droit de critique ne soit pas simplement qu'un moyen de diffusion d'un nouveau racisme. Je pense ici aux propos raciste de Redeker.

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    3. La laïcité et l'égalité. La laïcité n'est pas la défense de l'athéisme. Le MRAP ne milite pas principalement pour la laïcité mais cette dernière constitue le fond commun d'une société égalitaire et pacifique au sein duquel les différences identitaires ne sont pas reniées mais relativisées afin de pouvoir se rencontrer et vivre ensemble. A ce propos l'introduction de la tolérance au lieu et place d'un ordre public d'égalité et de laïcité est à critiquer ( ). Si la laïcité fait partie des projets du mouvement ouvrier, la question de son contenu a varié dans le temps et selon les courants. En suivant le versant d'émancipation de la laïcité, tout un pan du MRAP ne peut s'accommoder à raison du "deux poids, deux mesures". Toutes les religions doivent être à la même enseigne. A cet égard les interventions publiques concernant la mort du pape en France rapprochée du vote de la loi sur les signes religieux ostensibles est évocateur d'un traitement différencié totalement inacceptable ( ).

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    4 . La question religieuse réapparaît aujourd'hui au travers de la religion musulmane. On parle d'un « retour du religieux » qui concerne surtout cette religion. L'attaque frontale de cette religion est-elle à proscrire au nom de la solidarité avec les peuples dominés du Sud ( ) ou pour éviter l'accusation d'islamophobie? Oui et non, tout dépend des modalités concrètes de la critique et de son contexte .On s'est déjà laissé surprendre par l'évolution internationale rapide d'un conflit d'interprétation (cf caricatures). Certes à la suite de Marx on peut faire valoir une certaine compréhension de la religion comme « protestation et âme d'un monde sans cœur » (Marx) mais elle n'est pas sans limite même si la défense de l'athéisme n'est la vocation ni du MRAP, ni du mouvement ouvrier. Cependant il ne s'agit pas pour autant d'être opportuniste et a-critique, notamment en matière de féminisme et de laïcité. On retrouve pour partie le débat sur ethnocentrisme et relativisme culturel. Le premier impératif à suivre semble bien de ne pas essentialiser cette religion, ce qu'a fait le sieur Redeker.

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    5. Toutes ces questions ont une dimension internationale et même mondiale.

    Le MRAP, via ses recherches et son militantisme sur l'immigration et les migrants, a toujours eu une dimension internationale notamment nord-sud, une dimension européenne. Désormais peu de domaines échappent à la mondialisation des phénomènes. L'accroche altermondialiste ne saurait n'être qu'un supplément d'âme du mouvement antiraciste. Accentuer nos références à l'altermondialisme serait donc un premier pas positif mais insuffisant. Notre absence lors des forum sociaux régionaux ou mondiaux est dommageable.

    Concernant l'aspect international de l'affaire des caricatures sur Mahomet, ces dernières ont provoqué la réaction violente des secteurs intégristes des pays musulmans du Sud et de certaines communautés au Nord. Face à cette montée de violence des extrémistes qui instrumentalisent le sacré de la religion la défense de la liberté d'expression a connu ici un regain d'expression. Défendre la liberté d'expression ne signifie pas absence de combat sur le contenu et encore moins justifier ce contenu. L'affaire Redeker en est la preuve. L'aspect international est évoqué au regard des solidarités à envisager. Qu'en est-il donc des positions chez les musulmans laïques ? Certains ont défendu la liberté d'expression tout en dénonçant un amalgame qui stigmatise tous les musulmans et qui du coup fait le jeu des intégristes. D'autres soucieux de liberté et combattant ordinairement l'intolérance religieuse ont mis en avant le racisme des caricatures et le racisme de son contexte.

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    6. Le fondamentalisme et l'intégrisme : L'emploi de ces notions font problème. Faut-il alors maintenir une longue dispute sur les définitions ? Les échanges entre certains protagonistes n'ont pas été inutiles mais n'ont pas débouché sur un accord. Faut-il alors en conclure que la division du MRAP est inéluctable sur cette question ? Non, pas en tout point. Lorsque des institutions religieuses musulmanes ou juives veulent imposer dans leurs sociétés ou dans certains quartiers l'intolérance, l'apologie d'ordres sociaux fondés sur l'asservissement des uns par les autres, discriminations sexistes, elles ne peuvent que rencontrer l'opposition la plus irréductible de ceux et celles attachés à l'émancipation humaine. Cela ne devrait pas poser de divergences ici. Mais la manifestation de cette opposition irréductible n'a de sens politique que si elle est compréhensible et susceptible de contribuer concrètement à un mouvement social capable de mettre en cause les errements dénoncés. C'est pourquoi, en la matière, un principe d'action devrait nous guider : pas de dénonciation de l'essence de la religion, mais mise en cause systématique de toute atteinte aux droits démocratiques à caractère universel. Cela impose une pré condition : ne pas mêler notre voix aux crocodiles qui déversent des larmes sur ces malheurs tout en étant complaisants sur les crimes de l'impérialisme.

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    7. Le Hamas et le FIS : points communs et différences. Le Hamas est une organisation islamiste dont le programme – la charte – ne peut que rencontrer notre sévère critique. Malgré ce jugement négatif sur ce programme, on ne saurait oublier que le Hamas réel nous est moins connu mais aussi qu'il est une organisation enracinée dans la résistance du peuple contre l'occupation israélienne de type sioniste-coloniale. Et nous ne pouvons rester neutres ou silencieux devant les mesures récentes du gouvernement israélien refusant, en tout cas pour aujourd'hui, de reconnaître un gouvernement sans lequel participerait le Hamas. Il n'y a d'ailleurs pas au MRAP de texte qui justifie l'affirmation selon laquelle il y aurait eu bienveillance devant l'arrivée du Hamas : les positions écrites votées par le dernier CA sont cohérentes avec les positions du collectif " Palestine " dont font partie LCR, LDH , PC, etc...

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    Ce même critère de place dans les rapports sociaux devrait conduire à formuler une tout autre appréciation sur l'organisation islamiste du FIS en Algérie qui a certes pu capter l'espoir d'opprimés mais qui est tout orienté contre les courants réellement existant se revendiquant d'un avenir d'émancipation. C'est bien l'appréciation politique sur le rôle concret de telle organisation politique ou religieuse qui doit nous guider (JCV).

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    III - Sur quels points pouvons-nous collaborer et travailler ensemble ?

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    1 La lutte contre le CESEDA de SARKOZY mais aussi proposer un programme alternatif aux dispositions restrictives antérieures du CESEDA (cf. exposé à l'université d'été d'attac 2006)

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    2 Lutter contre le « tout sécuritaire » hard ou soft (de droite ou de gauche).

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    3 Lutter contre l'égalité des chances pour l'égalité des droits et des conditions

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    4 Réfléchir à un dispositif progressiste d'intégration et d'insertion économique et social des immigrés (cf. texte débat à Clamart).

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    5 Proposer la citoyenneté de résidence.

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    6 Lutter contre l'apologie du colonialisme (dans les textes -loi du 23 février 2005) et dans les faits DOM-TOM), de l‘impérialisme là-bas (pays ACP) (cf mon texte : fait colonial/fait impérial : les trois France).

    Promouvoir l'amitié entre les peuples, ce qui doit aujourd'hui passer par un ancrage fort à l'altermondialisme.


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  • EDUC POP ET LANGAGE :

    DE LA PROBLEMATIQUE NOTION DE "DISCRIMINATION RACIALE " A CELLE DE DISCRIMINATION RACISTE.



    La législation nationale sur les discriminations et la plupart des textes internationaux évoquent la "race" y compris quand il s'agit de combattre les discriminations. Les sociologues qui cherchent à comprendre les processus discriminatoires existants parlent de discriminations racistes tout comme les associations de lutte contre le racisme qui combattent les discriminations racistes et non les discriminations "raciales" comme le font les juristes. Pourquoi ?

    Il s'agit pour l'essentiel et pour le dire rapidement de combattre l'effet de reconnaissance du langage. Un effet faux et nuisible.

    - Les effets du langage ordinaire.

    Parler de "discrimination raciale" serait reconnaître l'existence des races au sein de l'espèce humaine, ce que le science contemporaine refuse d'admettre car aucune recherche scientifique n'a pu aboutir à une distinction valide des "races" au sein des humains. Les humains n'appartiennent pas à une race comme ils appartiennent nécessairement à un sexe . Déjà la notion d'appartenance religieuse doit être distinguée de l'appartenance à un sexe car les humains peuvent changer de religion ou, ce qui arrive plus souvent, ne plus embrasser aucune religion..

    - Les effets du langage juridique

    Inscrire la "discrimination raciale" dans le droit n'est pas neutre . Cela emporte des effets de reconnaissance dommageables, effets renforcés par le fait que les textes ne mettent pas le terme entre guillemet pour marquer une distance critique avec le terme employé. C'est la législation coloniale et la législation antisémite de Vichy qui a généralisé cette terminologie que les juristes ont repris. Mais aucun des textes juridiques ne s'aventure à définir le contenu des termes utilisés qu'il s'agisse de race ou d'ethnie.

    Christian DELARUE MRAP

    Je me suis inspiré de l'étude bien documentée de Danièle Lochak : La *race* : une catégorie juridique ?
    http://www.anti-rev.org/textes/Lochak92a/

    1. LA *RACE* OBJET DE REGLEMENTATION POSITIVE

    A. La *race*, référent implicite des catégories du droit positif : la
    législation coloniale
    1. Le code noir
    2. De la législation coloniale au régime des territoires d'outre-mer
    B. La *race* érigée en catégorie juridique explicite : la législation
    antisémite de Vichy

    2. LA *RACE*, REFERENCE AMBIGUE DE LA LEGISLATION ANTI-RACISTE
    1. La mise hors la loi des discriminations raciales
    2. La pénalisation des actes et propos racistes
    3. La *race*, donnée "sensible"

    Il semble d'après Danièle Lochak (1) que l'on puisse faire remonter la première apparition du terme race dans la législation française au décret-loi Marchandeau, du 21 avril 1939, qui réprimait la diffamation commise par voie de presse envers "un groupe de personnes appartenant par leur origine à une /race/ ou à une religion déterminée" dans le but d'exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants.

    En toute rigueur, prohiber et punir les discriminations fondées sur la /race/ revient logiquement à postuler que de telles discriminations sont concevables, et donc, par voie de conséquence, que les races existent reconnait D Loschak.
    Le Code Noir, promulgué en 1685, a pour objet de "régler ce qui concerne l'état et la qualité des esclaves" dans les Antilles françaises et en Guyane. Malgré son nom et malgré son objet, on y chercherait en vain le mot
    /race/. Il est vrai que ce mot, appliqué aux groupes humains, n'est pas encore d'usage courant, puisque, selon le /Robert/, il ne serait apparu dans cet emploi qu'en 1684. Une autre distinction apparaît en fonction de la
    couleur de peau entre Blancs et Noirs : "Défendons à nos sujets blancs de contracter mariage avec les Noirs",
    Le droit d'outre-mer ne peut ignorer le pluralisme ethnique des sociétés locales, de sorte que de fréquentes références à l'origine ou à l'appartenance ethnique par exemple pour "tenir compte des coutumes et genres de vie des divers groupements /ethniques/"

    L'ambiguïté de la référence aux "origines raciales" est surtout apparue en pleine lumière lors de la publication au /Journal Officiel/ de deux décrets : le premier, en date du 2 février 1990, autorisant les juridictions à mettre en mémoire les données nominatives nécessaires à l'accomplissement de leur mission et faisant notamment apparaître les origines raciales des parties au litige ; le second, en date du 27 février 1990, autorisant le service des renseignements généraux à collecter des informations nominatives faisant apparaître "l'origine ethnique [des personnes fichées] en tant qu'élément de signalement"


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  • LE MRAP 1977- 2007 :

    CONTRE LE RACISME SOUS TOUTES SES FORMES




    Christian DELARUE

    Secrétaire national

    Membre du BE et du CA du MRAP



    Le MRAP que je défends et pour lequel j'appelle à l'unité au-delà des clivages existants est celui qui a pris nom en 1977 . Le MRAP luttait contre le racisme et l'antisémitisme et donc principalement contre l'antisémitisme.
    Les militants de l'époque ont pris acte de la diversité des formes du racisme et ont changé le nom du MRAP qui se nomme Mouvement contre le racisme et l'Amitié entre les peuples.

    Je défends l'unité du MRAP parce que le MRAP a besoin de tous ses militant(e)s qui disposent d'énormes qualités mais qui divergent sur de nombreux points. Un vrai maelstrom !

    Je défends aussi l'unité du MRAP du fait que je suis " sur la frontière " interne sur plusieurs dossiers.

    Ce document correspond à une introduction à une débat, donc en principe adressé à tous, y compris aux personnes non avertis mais au-delà de ce cadre de base il ouvre des lignes de débats et montrent ici ou là que l'unité difficile est possible.

    En guise d'introduction, quelques appréciations contenues dans le rapport de la CNCDH.
    Pour connaître sommairement l'état du racisme en France il convient de consulter l'épais rapport de la CNCDH - année 2005 - Documentation française 2006 .

    Il porte sur l'analyse des différentes formes de racisme et sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie.


    Eléments " qualitatifs " : Voici un propos de Michael Warschawski de 2004 :
    "Le racisme relève la tête en France, c'est un fait. Ou plutôt, il sort du placard. Personne ne me fera croire que le vieil antisémitisme d'origine chrétien- ne, qui a déferlé sur la France de Vichy, a soudain disparu, une fois les forces alliées débarquées en Normandie et en Provence ; il s'est
    simplement caché. De même qu'on ne me fera pas croire que le racisme anti-arabe qui a permis le massacre des Algériens à Paris en 1961 s'est évaporé une fois l'Algérie indépendante ; il s'est juste fait plus discret".
    http://www.humanite.presse.fr/journal/2004-11-10/2004-11-10-449609
    Eh bien cette discrétion ne semble plus de mise, le racisme sort du placard.
    Le rapport 2005 pointe "la levée d'un tabou" (p 81) à propos du racisme déclaré : Une personne interrogée sur trois dirait qu'elle est raciste (24% un peu raciste). La xénophobie est en augmentation face aux inquiétudes économiques : la logique du "bouc émissaire" fonctionne pleinement.

    Autres éléments qualitatifs
    :

    Le Rapport du MRAP (introduit p277) évoque "la permanence des représentations du passé" mais aussi l'élaboration et la diffusion de nouvelles formes de représentations.

    Le racisme antimaghrébin va se coupler par amalgame avec "terrorisme"; "voyou", paresseux", "musulman" (avec connotation négative) Le racisme anti-Tsiganes, Rom, Manouches est très répandu.

    En 2005 la population issue des pays colonisés (et Dom-Tom) ou ex-colonisés a subi plus de stigmatisation. Le nom et la couleur de peau sert de référence au racisme.


    Eléments quantitatifs:

    Les faits pris en compte sont les atteintes à la dignité, les atteintes à la personne, les atteintes aux biens, les discriminations, les injures et diffamations.

    Les violences et menaces antisémites sont en baisse : 974 en 2004 contre 504 en 2005 et sont très concentrées sur la région parisienne.




    I - RACISME, CONNAITRE CE QUE L'ON COMBAT



    A - Commençons par le vieux racisme qui perdure.

    Il se fonde sur la subdivision de l'espèce humaine en plusieurs "races". Il a trouvé son expression française sous la plume de J A GOBINEAU (1846-1882) avec son "Essai sur l'inégalité des races humaines" (1855). Outre l'inégalité foncière entre les races, il y a chez Gobineau l'idée de
    l'hybridation nuisible des races car cela entraîne immanquablement un affaiblissement de la race "ariane" qui est la race parfaite. Si la race a effectivement été invalidé par la communauté scientifique il n'en reste pas moins qu'un racisme biologique perdure notamment sous l'effet des
    colonisations . Cette forme de racisme valorise le blanc et dévalorise le noir ou les "cafés au lait", les arabes. Ce qui bouge ces dernières années c'est la réponse à ce racisme avec la création du CRAN. Le Conseil représentatif des association noires ne lutte que contre le racisme qui frappe les noirs, la négrophobie.


    Passons à l'antisémitisme, un autre vieux racisme . Pour PA TAGUIEFF, la doctrine de Gobineau a apporté une contribution décisive au racisme biologique et aryaniste mais rien sur la stigmatisation des juifs.
    S'agissant des juifs il faut plutôt accuser un CHAMBERLAIN qui à partir d'une mauvaise lecture de Darwin et une prise en charge de l'eugénisme de Galton va élaborer un programme de sélection raciste qui sera repris par le nazisme. Avant comme après l'extermination des juifs l'extême droite
    porte toujours cet antisémitisme dans la société. Le MRAP, qui s'appelait Mouvement contre le racisme et l'antisémitisme a combattu cette forme de racisme dès 1949 ; Mais l'antisémitisme, dont l'Affaire Dreyfus est le triste symbole, a connu sa première intensification pendant
    les années du changement de siècle XIX -XX ième siècle. La "France juive" de Drumont connaitra un grand succès malgré la violence de son racisme antisémite.


    B - ... poursuivons par le "néoracisme".


    Il me faut mettre en débat d'une part ce que l'on a appelé "Les habits neufs de l'antisémitisme" (Marianne 2003) et d'autre part l'islamophobie.

    1 ) Y a-t-il un nouvel antisémitisme?


    Je passe rapidement sur l'aspect quantitatif : Certains ont crié à "l'année de cristal" (A Finkelkraut) face à la recrudescence du racisme antisémite. Le racisme antisémite existe mais la France n'est pas antisémite (cf intro).
    Ce nouvel antisémitisme aurait deux origines : il serait produit et diffusé dans un cas par l'extrême gauche dans l'autre cas par les arabes solidaires des palestiniens. Pour les défenseurs de cette thèse, sous prétexte de combattre l'impérialisme américain ou de combattre le sionisme ces
    combattants en viendraient à tenir consciemment ou inconsciemment (on parle alors "d'effet antisémite") un antisémitisme nouveau de type conjoncturel.
    Cukierman en 2003 évoque "un antisémitisme d'extrême-gauche antimondialiste, anticapitaliste, antiaméricain, antisioniste" . On se trouve face à une argumentation en chaîne du type : Les américains soutiennent Israêl, les américains soutiennent la mondialisation capitaliste comme Israël, Israël et sionisme sont une seule et même chose donc être antisioniste c'est vouloir la fin de l'Etat d'Israêl, ce qui ne peut signifier pour Cukierman que l'élimination de tous les israéliens.
    Rien moins!

    Outre le nécessaire combat contre l'antisémitisme d'ou qu'il vienne on trouve deux types de réaction qui pose problème:
    - Il importe d'en finir au plus tôt avec la guerre israelo-palestienne et avec la situation coloniale imposée sur les territoires palestinien.
    - Il faut serrer les coudes à tout prix face à l'agression d'Israël et utiliser systématiquement et abusivement l'antisémitisme qui n'est qu'une féroce judéophobie. Position qui s'exprime soit activement (cf Cukierman) soit passivement (Elie Wisel a choisi de se taire). Deux points à
    souligner ici.

    Il y a bien sûr des antisémites qui critiquent Israel et qui mélange les genres. La vigilance s'impose. L'attitude d'une certaine partie de la communauté juive constitue un "intolérable chantage" (ouvrage collectif) digne des pires pensées de camp. La liberté de critique est stipendiée surtout à l'encontre des "individus d'origine juive" (formule de TA Taguieff). Lanzeman a qualifié de traitre Rony Brauman. Les juifs critiques, "spinosants", sont objet d'une haine farouche.


    2) L'islamophobie raciste.


    a) Genèse d'une notion :

    En novembre 2003, le MRAP organise une première rencontre de clarification sur ce que l'on va appeler l'islamophobie, terme qui s'apparente à un autre terme récent - la judéophobie qui est la haine des juifs. En fait la terminologie se veut proche de la xénophobie tout comme d'autres néologisme comme l'arabophobie ou la négrophobie mais aussi l'homophobie. Mais il y a
    eu contestation, sur le contenu et sur la forme du terme.
    Pour ma part j'ai parlé rapidement de l'ambiguité de la formule notamment au regard du terme religiophobie, pourtant emprunté à Vincent GEYSSER et qui signifie plus sobrement peur des religions, de toutes les religions dans ce qu'elles peuvent avoir d'excessif et de prosélyte et donc
    sans nécessairement que ce soit une peur irraisonnée. J'ai distingué alors une islamophobie raciste et une islamophobie partie prenante de la critique des religions. J'ai avancé depuis sur cette distinction, notamment avec l'affaire REDEKER.
    D'autres, dans et hors du MRAP, se sont attachés à la critique du contenu de la notion. A la suite de /Caroline Fourest et Fiammetta Venner des camarades comme Gérard KERFORN, Maurice CARREL et d'autres ont défendu l'idée que "//Le mot "islamophobie" a été pensé par les islamistes pour piéger le débat et détourner l'antiracisme au profit de leur lutte contre le blasphème. Il est urgent de ne plus l'employer pour combattre à nouveau le racisme et non la critique laïque de l'islam" .

    Le débat virulent a débouché sur une mise en suspend de la notion. Mais celle-ci a été reprise lors du congrès du MRAP en 2005 après intervention d'un de ses meilleur avocat - Me Ahcène TALEB - avec grosso modo la signification qui lui est donné par les tribunaux européens. Il ajoutait
    d'ailleurs : "Si vous prenez le livre d'Oriana Fallaci et vous mettez le mot juif à la place du mot musulman vous retrouvez la littérature des années 30".

    b) Ou en sommes-nous?


    1 - La notion demeure l'objet d'un débat toujours virulent tant en France qu'en Europe.


    2 - La critique de l'islam comme de toute autre religion est un fait acquis ; je dirais même qu'il s'agit d'une conquête de l'humanité tout comme la laïcité. D'ailleurs certains critiques exagèrent ou ignorent la position réelle du MRAP. Je pense notamment à Guy KONOPNICKI qui à la suite de
    l'affaire REDEKER à appelé le MRAP , Mouvement de Respect d'Allah et du Prophète. Il ignore que le MRAP ne respecte pas plus Allah, que Jésus ou Jéhovah . Pour être clair on s'en tape ! Que Mouloud AOUNIT ou d'autres camarades non athées soient plus respectueux que je ne le suis ne signifie nullement qu'ils entendent faire du MRAP un outil de protection des religions. Il y a là erreur, je crois, due à l'intensité de l'affrontement idéologique. De cette erreur, je tends par contre-poids en quelque sorte à être plus incisif sur la critique des religions et du religieux, de leurs composantes intégristes ou non intégristes, mais toujours sans globaliser.

    Pour autant, et c'est important, je crois qu'un racisme anti-arabe ou un racisme anti-musulman passe bel et bien par la stigmatisation de l'islam.
    Nous sommes bien en présence de ce que je nomme un "racisme islamophobique" (je met ici l'accent sur le vecteur qui permet le racisme plus que sur les humains racisés) en acte (pratique) et un racisme islamophobique issue d'un discours soutenu (théorique).


    c) Il faut combattre le racisme islamophobique.

    1 - Le racisme islamophobique en discours pseudo-théorique : avec "le cas Redeker"
    (voir site MRAP) nous somme en présence:
    - d'abord, d'une nécessaire généralisation totalement négative sur l'islam: la très mauvaise critique est acceptable mais ici elle n'est qu'un alibi pour faire passer un discours raciste.
    - ensuite une essentialisation-racialisation des musulmans avec attribution de la négativité de la critique de l'islam. Le mauvais tour est joué. Ce sont bien les musulmans dans leur ensemble qui sont racisés et infériorisés.
    La constitution du racisme est formé mais le prof de philo ne s'en tient pas là ; il lui faut enfoncer le clou en inscrivant son propos raciste dans le "choc des civilisations" afin de bien montrer que les européens chrétiens sont supérieurs.

    2 - Le racisme islamophobique en acte
    : Subir la menace et les invectives à cause de cette pratique religieuse en est une autre. Et que penser de l'assimilation effectuée lorsqu'un jeune élève ingénieur se voit interroger d'après son faciès sur "ce qu'il pense de Ben Laden" lors d'un entretien professionnel? Suis-je "islamo-gauchiste" ou "tiers-mondiste primaire" si je consteste ce type de recrutement comme étant de nature raciste? Ne faut-il pas combattre les vexations et les pressions subies des musulmans et présumés musulman travaillant à Roissy depuis les élucubrations haineuses et mensongères d'un certain de Villiers? S'en prendre aux mosquées à l'aide de graffitis haineux ou pire de bombes destructrices relève aussi d'une islamophobie aussi primaire que condamnable.

    Passons aux outils de la lutte contre le racisme sous toutes ses formes tel que posé par le MRAP de 1977 lors de son changement de nom.


    II - COMBATTRE LE RACISME



    Pour le MRAP ce combat ne saurait se mener en choisissant les victimes à défendre. D'ailleurs il faut penser à combattre le racisme sous toutes ses formes plutôt que de penser d'abord à " défendre des victimes " même si dans la pratique c'est la tâche antiraciste quasi quotidienne. Mais là j'engage une position. Il me faut donc les présenter toutes.

    A - Le choix d'une position : quel antiracisme ?


    Il y a plusieurs antiracismes, il s'agit de s'y retrouver dans le brouillage des mots.


    1 - Si la racisation de l'autre se coule dans le "choc des civilisations", faut-il alors procéder à une ethnicisation inversée en guise de riposte? La réponse positive constitue une première position en défense des indigènes de la République contre une République coloniale et postcoloniale.

    Le MRAP n'adhère pas à cette position tout en critiquant le colonialisme et ses avatars maintenus . Le MRAP pense que cette position prend le risque de "la concurrence des victimes" et le risque de la solution communautariste.


    Une position différente tend alors à agir contre la multiplication des catégories ethniques ou "raciales" constitutives d'altérité telles que Beur, black car cela amène le groupe majoritaire a s'autodéfinir explicitement aussi sur le même régistre. Autrement dit cela alimente une ethnicisation ou une racialisation des rapports sociaux : les gaulois contre les beurs, etc
    que le MRAP combat. Il faut aussi en principe contre l'ethnicisation du religieux (musulman = arabe ou l'inverse) opérer un "décrochage du religieux" (Olivier ROY).


    On trouve donc alors sur cette logique antiraciste deux autres positions repérables:

    2 - La défense des principes universels ou universalisables
    . Sur cette position, il me semble avoir repéré des variantes qui se combinent pas aisément : défense des principes républicains, défense de la laïcité, mais aussi sur la même base universaliste remise en cause de l'Etat-nation.

    3 - La réhabilitation de la communauté (au sens large aussi bien du petit groupe comme au sens communauté nationale) tend à cacher la conflictualité interne et à mettre en avant un " eux " menaçant un " nous ". Mettre la question sociale en avant fait reculer le racisme car la vérité des rapports sociaux apparaît et c'est le FN qui disparaît. Car les racistes usent et abusent de notions englobantes : la nation indivisible, la patrie unie, la famille unie, la société civile non clivée par les rapports capital/travail, etc... Les racistes, comme les libéraux mais plus qu'eux et à des fins
    différentes, cachent les injustices systémiques issues de la domination du capital. Mettre à jour les rapports sociaux antagoniques les empêchent de promouvoir l'apologie de la " race " blanche, de la " nation française " au sens de celle qui est au-dessus du peuple (pas celle de 1789 qui était
    contingente au peuple en lutte)

    Les positions 2 et 3 peuvent se combiner, par exemple lorsqu'il s'agit de critiquer le racisme dans un pays sous domination impériale. La complexité d'une situation ne saurait à mon sens ni absoudre le racisme des dominés ni masquer la domination.

    B - Combattre et mobiliser " en contre " et " en pour "


    La tâche des antiracistes s'effectue au sein d'une pratique répétée de solidarité et de rassemblement.


    1 - L'antiracisme contre les stéréotypes et les amalgames


    Les stéréotypes sexistes, racistes et autres sont un produit culturel . C'est pour cela qu'ils ont la vie dure . En effet, le sens commun fonctionne beaucoup sur le préjugé et le stéréotype. Ils sont "déjà là" plus tenaces et plus rigides que les concepts. D'ou l'importance de l'éducation. Le racisme se diffuse avec des clichés. Le propre des stéréotypes est de simplifier la réalité sociale. Il opère une standardisation à partir réduit d'éléments. Le stéréotype est aussi une généralisation du type "quand on en a vu un on les a tous vus". Le stéréotype est aussi normatif et génère des modèles à suivre ou à éviter. Ils servent de frontières.

    Dans la même veine, il faut combattre avec détermination tous les amalgames: entre antisionisme et antisémitisme, entre Arabes, Islam et islamisme, voire terrorisme.


    2 - L'antiracisme pour la dignité et l'égalité


    Il faut alors agir sur les conditions du développement du racisme.

    - Contre les logiques mises en place par les dirigeants économiques et politiques qui précarisent la situation des humains. Cela se justifie par le fait que le racisme pousse lors des changements sociaux sources de déceptions, de craintes et de déclassements sociaux. La lutte antiraciste se
    rattache à mon sens à la lutte contemporaine pour une autre mondialisation.

    - Contre les politiques étatiques qui redistribuent les richesses au profit de riches, tant en interne (en France) qu'au plan mondial.

    - Contre une conception frileuse de l'identité nationale qui s'enferme dans un différentialisme de repli sur une homogénéité à protéger.

    3 - Les autres tâches entreprises par le MRAP


    - Le travail de mémoire participe de la clarification de ce qui perdure du racisme colonial dans la conscience populaire, un racisme constamment alimenté par des élites irresponsables voire clairement partie prenante de cette oppression. Je pense ici aux propos de Monsieur FRECHE ( ) mais il y en a d'autres.

    - Un autre travail en cours ( ) porte contre les intégrismes et l'instrumentalisation politique des religions, et ce dans une perspective laïque, féministe et antifasciste

    - Un recul du racisme est aussi lié à lutte pour la liberté de circulation et d'installation des immigrés, un autre - on l'a dit - vise au règlement politique de la situation au Proche-Orient.

    Etc.



    * Face au racisme polymorphe, il y a donc urgence de continuer à construire un mouvement en capacité de riposte. Le MRAP tel qu'il s'est développé, notamment depuis trente ans, reste l'outil le mieux adapté à cette lutte. C'est pourquoi les divergences fortes qui sont apparues ces dernières années doivent pouvoir être clarifiées et résorbées. Il en va du succès de notre combat. Quand les antiracistes échouent c'est l'ensemble de la société qui penche vers la réaction et la régression. Nous avons un devoir pour empêcher cela et ouvrir avec d'autres la voie vers la libération humaine de cette tare sociale qui ne relève plus du seul FN..

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  • ENTRE RESPUBLICA ET LES INDIGENES DE LA REPUBLIQUE

    (à propos d'un débat résiduel mais récurrent au sein d' ATTAC)

    publié le 4 janvier 2007 sur Bellaciao

    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=40410

    Le débat antiraciste en France semble monopolisé par un affrontement des extrêmes avec d'une part les "indigènes de la République" et d'autre part les partisans de "Respublica" . Laisser croire qu'il n'y a aucune place pour penser l'antiracisme entre, par exemple, Pierre Tévanian animateur du site LMSI et Bernard Teper de "Respublica" est un mensonge dommageable pour la pensée libre et critique. De fait ces pensées organisées qui s'opposent si frontalement et parfois de façon caricaturale se trouvent souvent un point d'ancrage sur le thème de la République ; les uns pour l'encenser et en faire un étendard vertueux fournissant réponse à tout les problèmes de l'heure, les autres pour y voir un objet de haine (la République postcoloniale) et de combat libérateur.

    Ainsi pris dans cette opposition les antiracistes seraient sommés de choisir entre le camp des anti-républicains islamo-gauchistes (car ils font le jeu de l'intégrisme islamique en ne défendant pas la République) et des républicanistes dogmatiques haineux et sectaires pour qui la République est le cache sexe d'un discours essentialiste sur la religion musulmane et les musulmans ce qui les amènent tel Redeker à tenir un langage clairement raciste.

    Le MRAP ne se réclame d'aucun de ces courants . Certes des membres du MRAP se reconnaissent dans chacun de ces deux courants et ils en ont le droit bien évidemment. Mais d'une part l'immense majorité des adhérents du MRAP se positionnent clairement entre ces deux extrêmes et dans un spectre variable selon les thèmes abordés ; d'autre part le MRAP lui-même procède à des analyses qui ne sauraient le rattacher à l'un de ces deux courants extrêmes.

    Ainsi,on ne saurait accuser le MRAP d'être "le cheval de Troie de l'islamisme politique" (1) même si le MRAP a mis du temps à reconnaître l'existence de l'intégrisme religieux, lequel ne se réduit d'ailleurs pas à la version maximaliste de l'islamisme politique . La position du > MRAP contre les propos racistes de Redeker prend en compte cette dimension. De même les militants du MRAP ne sauraient faire "le lit des zélateurs d'une idéologie sexiste, homophobe, et antisémite". Le MRAP "ne cèdera pas à l'idée selon laquelle la spécificité des traditions culturelles, des conditions sociales,des convictions individuelles peuvent autoriser le sexisme, l'homophobie, ou l'antisémitisme".

    Ceci dit, l'avancée - ignorée par les partisans de Respublica - du combat contemporain du MRAP consiste à montrer que les musulmans ne relèvent pas d'un ensemble homogène tenté par le sexisme, l'homophobie et l'antisémitisme. La présence d'une minorité d'individus particulièrement réactionnaires ne sauraient frapper l'ensemble des croyants de cette religion qui ne sont ni plus ni moins sexistes que les autres (chrétiens,juifs, athées). Le MRAP n'ignorent pas non plus que de nombreux musulmans et musulmanes sont attachés à la laïcité. Ils n'ont pas non plus un sens de la communauté si intense qu'il empêcherait une participation citoyenne à l'identique des autres citoyens français. Le MRAP revendique à ce propos le droit de vote et d'éligibilité aux résidents étrangers extracommunautaires (d'origine non européenne).

    Pour ma part au lieu de me focaliser sur une République sans adjectif, une République-rempart incertaine je préfère articuler altermondialisme, antisexisme, antiracisme et laicité ; une laïcité qui ne saurait effectivement être confondue avec une tolérance aveugle et sans principes car " en affirmant le principe de séparation entre la sphère privée et la sphère publique, la laïcité fait cran d'arrêt à toutes les forces qui travaillent à communautariser le lien politique". La République à laquelle je me réfère dépasse son horizon borné couramment assigné : elle serait simplement "sociale et laïque" .

    La République est porteuse d'une dynamique forte qui va au-delà de sa version bourgeoise. Elle est potentiellement altermondialiste si l'on veut bien se souvenir que ce mouvement se fixe un but : un autre monde, une autre europe, une France non dominé par le capital et le marché. Elle peut s'ouvrir à l'éco-socialisme (2).

    Christian DELARUE

    Secrétaire national du MRAP

    Membre du CA d'ATTAC France

    1 in " Redonner son sens à la lutte contre tous les racismes" appel signé par : > Catherine Kinztler, Philosophe > Antoine Peillon, membre fondateur de "J'Accuse" > Marie Perret, Présidente du Conseil Scientifique de l'UFAL > Alain Policar, Professeur de Sciences Sociales > Pierre-André Taguieff, Philosophe et historien des idées > Bernard Teper, Président de l'Union des Familles Laïques

    2 Sur l'écosocialisme voir texte personnel sur Bellaciao

    - - - - - - - -  

    La réponse à ce texte s'intitule LE MRAP ATTAC Bien vu, Monsieur Delarue !

    Voici la réponse que j'ai rédigée pour ResPUBLICA.

    http://www.nouvel-islam.org/article.php3?id_article=87

     Delarue a bien évidemment un droit de réponse imprescriptible.

    Avec tous mes respects

    Mohamed Pascal Hilout

    Initiateur du nouvel islam en France

    Site : http://nouvel-islam.org


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