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    NEO-FROMM :

    POUR UNE ETHIQUE BIOPHILE LIBEREE

     

     

     

    Une lecture « marcusienne » de l'éthique biophile d'Erich Fromm

    chrismondial blogg

     

    Tout d'abord « qui parle ? » d'ou cette brève accroche sur un parcours : « Le cœur de l'homme » est le premier livre d'Erich FROMM que j'ai lu (1) avant de fréquenter pendant trente ans toute la littérature du psychanalyste proche de l'Ecole de Francfort. Eric FROMM comme Herbert MARCUSE n'ont pas été simplement pour moi des « passeurs » du christianisme vers le marxisme. Car la lecture de ces auteurs ouvre d'autres perspectives que de mener à Marx. J'ai donc continué de fréquenter longtemps Fromm malgré des réserves sur certaines de ces positions, malgré la lecture d'autres auteurs : BADIOU (les éthiques de situation), COMTE-SPONVILLE (aimer désespérément), etc...

    N'ayant pas voulu être trop long, je préviens que chaque paragraphe mériterait des nuances, des précisions. Voilà qui laisse place à des commentaires.

     

     

    1- L'éthique biophile d'Erich Fromm.

     

    La nécrophilie se déploie avec des intensités variables. Elle désigne au sens strict le goût prononcé pour la mort mais aussi de façon plus "douce" un goût pour ce qui est froid et mécanique. Préférer, sous l'influence de Thanatos, la « bagnole » aux fleurs n'est évidemment pas aussi morbide et dangereux que l'esprit et la pratique de destruction d'une fraction de l'humanité que Fromm décrit longuement chez Hitler . A un niveau intermédiaire, la nécrophilie manifeste une tendance à l'avilissement de soi et des autres. La sexualité placée sous le signe de thanatos cherchera à faire l'économie de la réciprocité, du consentement de l'autre, de sa participation, de son plaisir. Le prototype en est l'homme qui ne trouve son plaisir qu'avec une femme inconsciente (le nécrophile viole des femmes saoules comme si elles étaient mortes).<o:p> </o:p>

    Par opposition, la biophilie et le bien ce sont le respect pour la vie et la recherche de tout ce qui favorise la croissance et l'épanouissement de soi et de l'autre, le tout sans remords et sans culpabilité. Le mal vise à brider l'existence humaine, à la rétrécir, à l'atrophier. Il empêche de grandir, de s'épanouir. <o:p> </o:p>

    Le lien avec Spinoza est constamment réalisé chez Fromm : être et non avoir, vivre et non posséder c'est connaître la joie. Des philosophes contemporains comme Comte-Sponville ou Mishari ont vulgarisé cette opposition spinozienne joie / tristesse. J'y renvoie. Une lecture inspirée de Marcuse (2) et Reich incline à dire sensiblement la même chose mais en moins "conformiste", en moins austère de par l'introduction du plaisir, ce qui donne le propos suivant : Mener une existence misérable incline à la tristesse alors que le mouvement vers la vie et le plaisir est source de joie. En fait l'intégration du plaisir pour aller vers la joie est plus explicite chez Alexander Lowen disciple de W Reich. Ce même W Reich a aussi conservé une référence plus forte au marxisme.

     

     

    2 - Contre l'intensification du travail et le familialisme.

    La restriction du moi sur du quotidien répétitif, ennuyeux et aliénant est source de tristesse. Cette misère est triple, elle concerne la vie au travail, la vie de couple et notre façon d'utiliser le temps libre (la fréquentation de la télévision ou des temples de la consommation marchande). Je souligne deux champs ou le choix d'une éthique biophile se pose.

    a) Dans le champ du travail salarié: Pour FROMM l'individu libre et épanoui est créatif et productif mais à la suite de Spinoza il ne confond pas actif et activisme . Par ailleurs, il s'agit d'une productivité non contrainte, loin des subordinations du monde du travail salarié, en tout cas, loin du travail à la chaîne ou sous la pression des statistiques, . Le prototype de l'individu productif pourrait être soit l'artisan (en voie de disparition face à la généralisation du salariat et à l'extension du capital) soit (ainsi que le répète Bernard FRIOT) le « jeune » retraité de 55 ans qui poursuit ou qui s'engage dans des activités citoyennes et solidaires pour la construction d'un "autre monde".

    b) Au sein de la famille patriarcale : Au sein du couple la restriction appauvrissante de la vie et du moi serait la situation de simples cohabitants froidement "ensemble" pour gérer les biens patrimoniaux et l'éducation des enfants le tout sans tendresse. A la suite d'Yves Prigent (Vivre la séparation) j'ai évoqué les "couples simplement cohabitants sans passion et peu d'amour". Sans passion au sens de vie affective et libidinale au sein du couple éteinte. Pour Fromm, qui suit ici Spinoza, la passion est de l'ordre du négatif. La passion relève de la passivité et non activité. Il convient de se souvenir de cela mais sans dogmatisme rigide . Pour relativiser une position par trop rigide la lecture d'Alexander LOWEN, (celui de ses premières oeuvres pas celui d'aujourd'hui) est des plus utiles. Un trop fort ressentiment contre la passion ne permet pas, par exemple, de comprendre positivement le « tomber amoureux ». C'est bien un usage tranché de Spinoza donne une teinte rigide et conventionnel « l'art d'aimer » de Fromm notamment avec l'importance donnée à l'entraînement et à la discipline. A tel point que, si Fromm avait moins cité dans ses ouvrages des auteurs athées - comme Freud, Marx et Spinoza - les grandes religions monothéistes auraient pu s'approprier Fromm aisément. Car « l'art d'aimer » peut être lu comme une charte du mariage bourgeois ou du couple chrétien fidèle ad vitam aeternam!

    - L'éthique biophile n'est pas mobilisable de façon absolue contre l'avortement . Se déclarer au nom de FROMM ou de l'éthique biophile contre l'avortement, tout simplement parce-que l'on n'a aucun droit de vie ou de mort sur une personne, un bébé, ou un embryon humain c'est oublier rapidement au moins deux choses : - d'une part que l'avortement n'élimine qu'un embryon ( passé un certain nombre de mois variable selon les pays l'avortement n'est plus autorisé car l'embryon devient réellement être vivant) ; - d'autre part l'embryon n'est pas dans une éprouvette mais dans un ventre, dans un corps vivant, un corps de femme. C'est donc fondamentalement à la mère de se déterminer librement car c'est elle qui porte l'embryon puis l'enfant en gestation, car c'est elle encore qui devra éduquer l'enfant (avec le père biologique éventuellement).

     

     

    3 - L'amour source de vie

    Si l'amour est tant recherché, si l'on a tant de peine à l'oublier quand on l'a rencontré, c'est probablement, dit Patrick De Neuter, parce qu'il apporte tout à la fois la reconnaissance de soi comme être aimable et, lorsque la sexualité s'y conjoint, la reconnaissance de soi comme être désirable. Dans « reconnaissance » il y a « naissance » et les amoureux décrivent fréquemment leur amour naissant comme une naissance, du moins une nouvelle jeunesse. Il est le surgissement miraculeux d'un nouvel élan vital, une découverte d'une partie de soi méconnue ou encore l'ouverture à de nouvelles possibilités créatrices.
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    Dire à quelqu'un « je t'aime », sauf en cas de clivage du mouvement tendre et du mouvement sensuel, signifie souvent « je te désire ». Pour Jacqueline SCHAEFFERT (1) : la rencontre d'un amant amoureux effracteur est nécessaire à la femme pour accéder à sa féminité. Et l'homme ajoute Patrick De Neuter ne deviens vraiment homme que s'il rencontre une femme qui peut ainsi l'ouvrir à la plénitude de sa virilité.

     

    L'importance psychique immense de l'objet d'amour. Ces expériences d'amour et de désir amoureux sont d'une importance psychique considérable pour chacun de ceux qui les vivent et l'on comprend que la pulsion d'emprise se développe inévitablement à l'égard de celui ou celle qui en est l'occasion ou la cause. On peut aussi comprendre l'angoisse du déclin et de la fin de l'amour ainsi que celle de l'abandon. La jalousie à l'égard de qui pourrait détourner l'aimé€ prend ici tout son sens, ainsi que l'extrême dépendance de l'amoureux(se) à l'égard de l'aimé(e).
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    1) in « Clinique du couple » ouvrage collectif ERES 2007 actualité de la psychanalyse

    2) in « Le refus du féminin » PUF 1997

     

    4 - Ouverture : Le projet d'amour libre de Jean ZIN !


    « La question de la liberté en amour est ce qui nous passionne vraiment et reste notre actualité, l'exigence de s'engager dans un amour libre ». dit Jean ZIN (3)

    Il précise car l'amour libre ce n'est pas n'importe quoi avec n'importe qui : "Contrairement à ce qu'on a pu croire, dans l'enthousiasme de Mai 68, il ne s'agit pas de multiplier les partenaires sans rien partager ni construire, sans compagnon pour vivre ensemble, de plus en plus seul et détaché de tous, mais il ne suffit pas d'en dresser un constat d'échec comme s'il suffisait de revenir en arrière et renoncer à ces folies de jeunesse, car nos pratiques amoureuses ont réellement changé, elles ont gagné en authenticité et chacun éprouve dans sa vie les contradictions des exigences d'un amour libre, sans arrêter de le pratiquer (mal). Il faudrait donc bien reprendre le projet d'une libération de l'amour qui ne s'épuise pas dans la dispersion et la solitude mais permette la continuité et la profondeur de fidélités multiples.

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    Eros ou la force des sentiments tendres.

     

    Trois phases de la vie amoureuse sont déterminantes :

    - les débuts (le « tomber amoureux »),

    - le passage à l'amour relativement durable,

    - la fin : la rupture amoureuse.

     

    1) LA RENCONTRE AMOUREUSE

    (10/07/1998)

     

    A) LE « TOMBER AMOUREUX »

    Une "chute" certes mais qui peut être, plus qu'une aventure, le point de départ d'une élévation, d'un amour véritable, sublime.

    Contre la solitude, solitude réelle ou solitude dans le couple ou la famille, certains ou certaines cherchent
    activement un(e) partenaire. D'autres non . Ils ou elles préfèrent la surprise de la rencontre amoureuse. Cela laisse encore à penser qu'ils attendent "la surprise", ce qui sans doute modifie l'effet de surprise. Mais peu importe ici. Mon propos est le "tomber amoureux" (et secondairement sa transformation en amour).

    Je vais l'aborder positivement car le « tomber amoureux » a été critiqué notamment par E Fromm au nom du concept spinozien de la passivité. Il est des individus, hommes ou femmes, hétéro ou homo, jeunes ou vieux, qui ne sont jamais vraiement «tombés amoureux » conjointement, ensemble . Il n'ont donc jamais connu cette expérience partagée de transcendance, cette surabondance de joie et de bonheur, ce surcroit de vie autant que de « plus-jouir » (Lacan). Et celles et ceux qui l'ont connu n'ont pas toujours pu ou su le faire vivre, ce qui est autre chose. L'amour n'est pas un long fleuve tranquille.

    Cela va peut-être étonner mais c'est à Freud et non à Misrahi que je recours pour expliquer cette avantageuse émotion fusionnelle qui, si elle perdure, va se métamorphoser en amour En effet la référence à la tendresse est présente dans toute l'œuvre freudienne.

    Mais la tendresse n'est qu'un élément de la « love map » (ou « sexual-maps » selon Money) traduit en « carte du tendre » par Jean-Didier Vincent. Un texte de Freud, en 1912, « Deuxième contribution à la psychologie de la vie amoureuse. » distingue à ce propos nettement deux courants dans la psycho-sexualité, le courant tendre et le courant sensuel et érotique . Si l'amour ne se réduit pas à la sensualité, il ne peut pas non plus totalement l'éliminer. On ne peut tout sublimer.

    Le temps opère passage de la passivité du "tomber amoureux" à l'amour actif ("se tenir dans l'amour" selon Fromm). Si l'émotion relève de formes explosives de l'affectivité , les sentiments participent eux de phénomènes affectifs plus tempérés, plus stables (J Maisonneuve) . Mais les premiers états affectifs perdurent, et la passion s'inscrit alors dans la durée . L'émoi initial est entretenu, par des rites notamment (Neuburger), portant sur les deux désirs amoureux (R Barthes) le pothos, désir de l'amant absent et l'himeros désir plus ardent pour l'amant présent.

    Revenons alors à l'émoi initial . "Par quels indices ténus, subliminaux, les deux partenaires sentent-ils la correspondance ?" La magique rencontre amoureuse se traduit par la rencontre de deux « cartes du tendre ». C Chiliand précise que «la sexualité de chacun a des particularités idiosyncrasiques, que nous appelons « cartes du tendre » . Elles incluent les particularités de l'excitation sexuelle, de sa montée et de sa résolution finale, le choix du partenaire et la formation du couple »

    La rencontre amoureuse opère l'ajustement, si difficile bien souvent, des deux ordres de la psycho-sexualité de chacun(e), homo ou hétéro, celui du désir érotique et celui de la tendresse. Car, comme l'écrit Pasini "pour certains la tendresse est la "rampe de lancement de l'érotisme" pour d'autres elle ressemble à un doux somnifère. Elle entre alors en conflit avec l'érotisme qui implique non seulement jeu et communication, mais aussi surprise et transgression".

    La rencontre amoureuse favorise donc au travers du plaisir sexuel "une synthèse du corps et de l'esprit" (R Misrahi) d'une part par une confluence paradoxale tendresse/animalité et d'autre part par fusion réconciliatrice ou même parfois régénératrice . Une confluence paradoxale car la sensualité ne peut se manifester qu'à l'égard de personnes rabaissées dit Freud et les cliniciens qui le suivirent . Ainsi tel homme est puissant avec des prostituées et impuissant avec des femmes estimées . Fusion réconciliatrice de "la mère et de la putain", de l'estime et de la vulgarité et même relativement régénératrice car les problèmes «sexuels » éventuels liés à la dissociation de la tendresse et de la
    sensualité peuvent disparaitre.

    Alors rédemption de la rencontre amoureuse ? Si "la passion amoureuse implique un investissement corporel et fantasmatique total dans un sensualité libéré de la peur, de la posséssivité, desscrupules perfectionnistes et de la volonté de dominer" alors il ne faut pas attendre de la rencontre amoureuse un miracle. Mais G Tordjman met-il peut-être la barre un peu haut ? Reste que la rencontre amoureuse n'efface pas tout le passé et ne peint pas nécessairement "en rose" l'avenir . Ce que les psychanalistes entendent trop souvent, notamment P Babin, c'est la blessure "de femmes bafouées, de femmes violées, de violences sexuelles faite par les hommes sur les femmes" Mais il ne s'agit plus là d'amour, mais d'invitation au combat pour l'égalité des sexes.

    Erich Fromm "L'art d'aimer"

    Colette Chiliand "Le sexe mène le monde" Calman Lévy

    Robert Neuburger "Nouveaux couples" O Jacob

    Robert Misrahi "Qui est l'autre ?" A Colin

    Docteur Gilbert Tordjman "Le couple: réalités et problèmes" Hachette

    "Eloge de l'intimité" Willy Pasini Payot

    "La fabrique du sexe" Pierre Babin Textuel

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    B - LA GRACE AMOUREUSE ELEVE l'être humain

    Il ne s'agit pas ici de l'expérience d'une grâce divine qui vient d'en haut. Non il s'agit d'une grâce humaine ordinaire qui part d'en-bas, du corps et de l'âme humaine. Car derrière le regard et le timbre d'une voix c'est l'âme humaine que l'on rencontre et c'est la grâce humaine qui nous frappe.

    a) - EXPERIENCE DE GRÂCE : LA VOIX ET LE REGARD comme point de départ d'une transcendance ou plutôt d'une ascendance.

    Au-delà d'un éventuel effet physique, qui peut toujours survenir, ce qui importe de comprendre c'est l'effet de grâce global généré par la rencontre amoureuse première. La voix et le regard de l'autre ont un effet de grâce qui va au-delà de la séduction ordinaire. La voix et le regard reflète l'âme et s'adresse au cœur et à l'âme de l'autre.

    Cet effet a une double dimension : une dimension corporelle car inscrite profondément et durablement dans le corps comme attachement (donc bien au-delà d'un effet sexuel) et une dimension de valeur sacrée et transcendante qui place la relation au-delà du présent et du vulgaire.

    Le fait que cet effet ait été réciproque mais aussi et surtout durable légitime le fait que cette relation relève indéniablement de l'amour et non du coup de foudre "sans travail" ou de l'aventure sans lendemain ou du "prendre soin" dans le cadre un peu froid des cohabitants "familialement correctes".

    b)- COMPREHENSION COMPAREE : Théologie et philosophie matérialiste de la grâce.

    D'abord que disent les chrétiens sur la grâce : "La grâce ne s'éprouve pas seulement passivement. Accueillie comme un don, la grâce nous invite à la faire rayonner à travers notre esprit et notre corps ; à l'exprimer par nos attitudes et nos pratiques, et pas seulement par la parole. L'expérience de la grâce ne se limite pas à des émotions ou à des états d'âme. C'est quelque chose de profond qui transforme et renouvelle la conscience, le corps et le mode de vie de ceux qui l'accueillent".

    Je serais assez d'accord pour reprendre ce passage à condition de préciser que pour un athée matérialiste (1) le "haut" ne préexiste pas pour descendre ensuite sur les humains. C'est le processus inverse qui se produit. Les humains, comme Icare, produisent leur propre élévation et transcendance. "Icare fabrique ses ailes, monte, puis tombe ; l'âme de Platon perd ses ailes, tombe puis remonte"(2).

    Christian DELARUE (signé alors sous le pseudonyme de Leo Jogiches le compagnon de Rosa Luxembourg)
    * (p 60 et suiv.) PUF- Quadrige

    1) Je m'inspire ici de la philosophie du matérialisme d'André COMTE-SPONVILLE notamment son "Traité du désespoir et de la béatitude" T1 Le mythe d'Icare, T2 Vivre. "Grâce" à André Comte-Sponville je peux relier deux penseurs que je fréquente en amateur Erich FROMM et son rigoriste ouvrage « L'art d'aimer » et R. MISRAHI, plus précisément celui qui s'est fait le philosophe de la rencontre amoureuse.

    Cf. « Libres extraits de "Qui est l'autre ?" » (de Robert MISRAHI), par Christian Delarue http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=47492

    http://rennes-info.org/Libres-extraits-de-Qui-est-l-autre.html

    2) "Traité du désespoir et de la béatitude" p85 dans la version PUF Quadrige

    3) : Mon appréciation mériterait étude mais il me semble que le premier André Comte-Sponvile du Traite du Désespoir... publié en 1984 est plus rigoureusement matérialiste que l'A.Comte-Sponvile qui écrit aujourd'hui des billets dans Psychologies et autres revues contemporaines et qui se dit « fidèle » à la tradition chrétienne . Il a avancé que « la présence ou non d'une foi religieuse [il est question essentiellement ici du catholicisme] ne change « presque » rien à la morale » (a). Comme Nadine de Vos (b) je ne partage pas ce point de vue.

    a) André Comte-Sponville, /L'esprit de l'athéisme – Introduction à une spiritualité sans Dieu/, Albin Michel, 2006, page 55.

    b) Nadine de Vos : L'esprit de mon athéisme http://prolib.net/chroniques/201.061230.athee.ndv.htm

    Sur la nécessaire mécréance lire « Fragments mécréants » de Daniel Bensaïd et "A rebrousse-poil de l'idéologie dominante" http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article1274

     

    2) L'ENGAGEMENT AUTHENTIQUE ET DURABLE de l'individu moderne


    Je renvoie ici à :
    - « AUTHENTICITE DE LA PASSION », un extrait de l'ouvrage de Valérie DAOUST « De la sexualité en démocratie – L'individu libre et ses espaces identitaires. » PUF 2005 posté sur bellaciao sous le titre
    S'engager pleinement, sans retenue...

    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=52684

    - « La rencontre et l'amour » (de Robert MISRAHI), » lire : « Libres extraits de "Qui est l'autre ?" » de Christian Delarue
    >http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=47492
    >http://rennes-info.org/Libres-extraits-de-Qui-est-l-autre.html

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    3) LA RUPTURE AU TEMPS DE LA MODERNITE :

    Plus on s'engage, plus on partage et plus la séparation est difficile voire traumatisante. Une agressivité surgit, pas nécessairement ouverte, car le masochisme versus dépression ou versus mélancolie peut remplacer l'agression ouverte. Chez les femmes cette agressivité, cette haine ne sont pas plus absents que chez l'homme : elles se réalisent dans certains abandons "durs" de l'homme aimant dit Patrick de Neuter.

    Le durcissement du coeur, mélange de masochisme et de sadisme, manifeste le retour de Thanatos.

    a) (sa) dépression ou (ma) mélancolie.

    Outre l'effet d'un même évènement traumatisant, il y a d'après Alain EHRENBERG in « La fatigue d'être soi » (4) « un rapport entre la mélancolie et la dépression, elles sont toutes deux le malheur d'une conscience de soi aiguisée à l'extrême, une conscience de n'être que soi-même. Si la mélancolie était le propre de l'homme exceptionnel, la dépression est la manifestation de la démocratisation de l'exception (p 235).

    Dans le chapitre « Mélancolie : de la grandeur d'âme au sentiment d'impuissance » l'auteur rappelle la définition de la mélancolie d'Esquirol (1819) « comme une monomanie : tristesse, abattement ou dégoût de vivre s'accompagne souvent d'un délire sur un seul thème, la raison étant conservée par ailleurs. Le mélancolique est poursuivie par une idée fixe, différente du délire général qui caractérise la manie ». La modernité a fait apparaître l'idée d'une mélancolie sans délire : « une passion triste et dépressive » sans signe de déraison. L'état mélancolique est entre le normal et le pathologique, il est une « douleur morale ».

    Pour résorber ces états « mélancoliques » issus de ruptures amoureuses les psychanalystes ne sont pas sans repères. Ils ont écrit EHRENBERG (p 139) « un outil pour compenser la fragilité narcissique c'est l'idéal du moi. L'idéal du moi est lié au narcissisme comme le surmoi est lié à l'interdiction. Le sentiment d'infériorité est au premier ce que le sentiment de culpabilité est au second. Si le surmoi invite à ne pas faire, l'idéal du moi, à l'inverse, convie à faire. »


    b) Rester humain dans la rupture : contre le durcissement du coeur!

    Si le mélancolique doit en faire moins (ne pas agir constamment pour résoudre une situation, ou conjurer une angoisse), la dépressive doit en faire plus.

    - Respect humain : Saluer l'autre, ne pas changer de trottoir reste le SMIC de la non violence.

    - La responsabilisation selon SALOME : se quitter en reconnaissant aussi auprès du partenaire tout le bon de la relation passée.

    - Envisager l'amitié . L'amitié après la rupture me parait être à la fois le moyen et le but, comme processus et comme état "conquis" . Dans un premier temps il s'agira de transformer de puissants affects amoureux en amitié, dans un second temps il s'agira de rejouir de l'autre comme ami, comme ami libre vivant avec un autre une relation importante.

    L'amitié comme processus de "sortie de crise" fait débat : les "mélancoliques" seront volontaristes en engageant d'emblée une relation qui met l'amitié au coeur de la transformation (sans confondre relation et sentiments). Les "déprimés" seront dans le "lâcher prise" et demanderont une forte baisse de l'intensité des affects et donc une période variable de sevrage avant d'envisager l'amitié.

    Christian DELARUE

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    Notes :

    1 : Ce sont des difficultés récentes qui m'ont amené à relire Eric FROMM. J'ai connu vers 23 ans une conversion spirituelle et idéologique qui me faisait abandonner dans un même mouvement l'enrôlement militaire et le christianisme familial. C'est par la lecture et les discussions que j'ai peu à peu remplacé ma conscience dogmatique d'autrefois par une conscience athée et critique.

    nb : On trouve sur le web un résumé rédigé par Yvon PESQUEUX de "Le coeur de l'homme" d'Eric Fromm

    2 Marcuse use des catégories marxistes de façon dialectique mais en demeurant dans l'abstrait. Il est cependant moins un sociologue de la domination tel Bourdieu et plus un penseur de la contradiction et de la libération. Mais les forces sociales sont très souvent absentes de son discours car la conflictualité ne met pas aux prises pas des classes sociales. Dans "Eros et civilisation" il fait appel à Freud en plus de Marx pour penser la liberté. Marcuse s'est surtout adressé à la jeunesse pour sortir de l'aliénation. Erich Fromm quand à lui cite Marx, Spinoza et Freud plus qu'il ne met en application sa méthode.

    – L'invitation à relire Marcuse n'est pas nouvelle. 

    Marcuse s'est engagé "à combattre la psychanalyse révisionniste néofreudienne à l'américaine qui visait à effacer tout ce que Freud pouvait avoir de révolutionnaire et à promouvoir une thérapeutique de fabrique d'individus « adaptés » à leur environnement en optimisant leur réseau « d'interactions humaines ». Avec plus de quarante ans d'avance, Marcuse avait bien vu tout l'enjeu de cette « adaptation » socio-culturelle : « Cet exploit intellectuel s'accomplit en édulcorant la dynamique des instincts et en réduisant la portée de la vie mentale. Ainsi purifiée, » l'âme « peut à nouveau être sauvée par une éthique et par la religion ; ainsi la théorie freudienne peut être réécrite par une philosophie de l'âme"



    L'introduction en France d'Herbert MARCUSE a pour origine la rencontre en Suisse de trois marxistes Boris FRAENKEL, Lucien GOLDMAN et Kostas AXELOS qui s'installent en France. Lucien GOLDMAN invitera Marcuse en France. Kostas AXELOS marxo-heddeguerien fonde avec Edgar MORIN la revue Argument qui intégrera les apports de Marcuse dans leurs analyses. AXELOS publiera des ouvrages de Marcuse. Boris FRAENKEL non universitaire, membre de l'OCI et connaisseur de Wilhem Reich, puis plus tard Jean-Marie BROHM, déploieront la pensée freudo-marxiste avec des recours à Luckacs et Marcuse pour une critique du sport. Emile COPFERMANN et Boris FRAENKEL produiront chez Partisans une théorie critique de la sexualité : "Sexualité et répression".

    cf. Une perspective "argumentativiste" en sociologie de la connaissance philosophique.
    Le cas de la réception française d'Herbert Marcuse.
    par Manuel QUINON
    tmquinon.pdf (Objet application/pdf)
    http://www.cess.paris4.sorbonne.fr/dossierpdf/tmquinon.pdf

     

    3 In « Amour libre » de Jean ZIN

    http://jeanzin.fr/ecorevo/psy/amourlib.htm

    4 « La fatigue d'être soi » d' Alain EHRENBERG Ed Odile Jacob 1998

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    En deux mots

     

    La philosophie résumée d'Eric FROMM :

     

    a - La critique des insuffisances de la philosophie classique :

    Est-il possible de parler d'essence humaine, de nature humaine? La question se pose sérieusement car pour E Fromm, la conception classique de l'homme pose un dilemme :

    • soit l'homme est une substance . Alors soit l'homme porte le mal en lui , soit inversement il est "homme de bien", mais il ne peut évoluer.
    • soit l'homme est en perpétuel devenir mais il n'a plus de définition.

    b - Erich FROMM propose de sortir du dilemme par une conception dialectique et matérialiste particulière:

    - Sa définition de l'humain : Ce dernier vit en permanence dans une contradiction qui prend racine dans les conditions de l'existence humaine . La contradiction est inhérente à l'espèce humaine.
    L'homme est :

    • à la fois animal et intelligent
    • à la fois dans la nature et transcendant celle-ci.

    L'homme est donc en proie à un conflit :

    - Choisir la solution positive : Ce n'est pas tout de dire que l'homme est dans le conflit, il convient d'indiquer une solution:

    - la solution régressive consiste à rejeter sa part humaine, sa conscience

    - la solution progressiste vise à développer son humanité.

    L'homme doit donc lutter contre les tendances régressives. C'est un art, une discipline. Et constamment à chaque étape de sa vie il doit faire des choix de développement humain.
    Toute personne, ou presque, est susceptible de régresser dans un état archaïque (p 173 Le cœur de l'homme)

     


    1 commentaire
  • AUTHENTICITE DE <st1:PersonName productid="LA PASSION" w:st="on">LA PASSION</st1:PersonName>

    publié sur Bellaciao sous le titre
    S'engager pleinement, sans retenue...

    avec des commentaires non reproduits ici:

    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=52684


    J'évoque ici l'engagement amoureux non pas l'engagement politique. Je passe sur ce que ce type d'engagement - s'il est donné d'emblée - suppose comme contexte favorisant.

    <o:p> </o:p>

    Voici un extrait de l'ouvrage de Valérie DAOUST « De la sexualité en démocratie – L'individu libre et ses espaces identitaires. » PUF 2005. J'ai cru bon de faire lire ce passage – issu du chapitre « Idéologie romantique ou amour authentique ? - à mon fils. Il exprime à mon sens, de façon fort différente, le souci du philosophe Rober MISRAHI (1) à propos de « la rencontre et l'amour » (1)

    <o:p> </o:p>

    Christian Delarue

    1) Sur « La rencontre et l'amour » lire : « Libres extraits de "Qui est l'autre ?" » (de Robert MISRAHI), par Christian Delarue
    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=47492

    http://rennes-info.org/Libres-extraits-de-Qui-est-l-autre.html

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    L'amour devient une chance d'être authentique dans un monde ne général gouverné par des solutions pragmatiques et des mensonges opportunistes : c'est en quelque sorte une nouvelle religion, qui à la fois promet le bonheur, permet d'échapper à la quotidienneté et donne un sens à la vie. (V DAOUST cite ici un auteur qui montre que l'amour possède aussi des caractéristiques qui le différentient fondamentalement de la religion.).

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    L'individu romantique, dans ce contexte, doit respecter une règle fondamentale : l'obligation de l'honnêteté. Au risque même de briser ses engagements et l'amour, dès lors, n'est plus le lieu d'une affection partagée, mais celui des peines et des douleurs de l'intimité. L'obligation de l'honnêteté constitue l'authenticité des sentiments exprimés à l'autre et participe à cultiver un rapport à soi-même qui soit véridique.

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    Ce n'est pas, comme l'interprète Claude Habib, que nous connaissions aujourd'hui le chacun pour soi, sous le signe d'un individualisme égoïste, qui ne permettrait pas de relations à long terme. C'est la recherche d'une grande loyauté dans l'amour, qui devient un lieu où l'homme et la femme déterminent leur existence et ont l'impression d'agir librement. C'est la référence à soi et jusqu'à un certain point à l'autre, qui rend l'action amoureuse légitime.

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    De la même manière, on ne se marie plus pour d'autres raisons que celles qui renvoient à l'amour – les institutions et la tradition, la sécurité économique et la famille sont désormais des facteurs secondaires -, et l'amour qui trahit les engagements et les espérances devient insoutenable.

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    Ce n'est pas le fait que l'individu soit devenu un être égoîste qui rend les relations difficiles, mais que l'amour soit investi d'une telle puissance libératrice et transcendante : il est associé à un idéal de liberté, de vérité et d'accomplissement.

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    Autrement dit, l'individu est à ce point romantique, qu'il préfère souvent être seul plutôt que de s'engager dans une relation qui ne correspond pas à son idéal.

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    Cet idéal de la relation amoureuse sous le signe de l'authenticité doit satisfaire à plusieurs impératifs. Elle réclame l'attirance sexuelle, la complicité, qui ressemble à une profonde amitié mais aussi le partage de projets communs, constituant l'histoire romantique du couple, et ou l'enfant peut devenir la preuve de l'authenticité et de la profondeur des sentiments partagés.

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    Mais il y a plusieurs manières d'élaborer les scénarios amoureux : les expériences dans la vie de chacun l'amène à adhérer de différentes manières aux principes de l'amour romantique. L'âge de l'individu a son rôle à jouer dans les mises en scènes de l'amour ; les projets et les attentes ne seront pas les mêmes pour l'individu de vingt ans et pour celui de soixante.

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    Quoique les projets et engagements puissent varier, l'amour romantique conservera le caractère de l' « amour confluent », comme réciprocité, et le caractère de l'amour passionnel comme désir à consumer.

     

     

    - NB : Valérie DAOUST précisait dans ses pages sur « la réciprocité » ce que signifiait "l'amour confluent" au regard de trois types de sexualité :

    « L'amour confluent » met l'érotisme au centre de la vie conjugale et devient un idéal dans une société, pense-t-on, où chacun peut s'accomplir sexuellement : ainsi, parallèlement à la sexualité pensée comme une multiplication d'expériences permettant une découverte de soi et une sexualité-spectacle qui n'implique pas de relation à l'autre, il existe une sexualité qui prend la forme d'un accomplissement personnel à travers l'expression des sentiments, et qui exige aussi une reconnaissance subjective réciproque. Cette reconnaissance réciproque n'est pas exclusivement hétérosexuelle et monogame.

     

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  • CE QUI S'APPREND ICI C'EST LA MISERICORDE :

    LECONS DE TOLERANCE ET DE PARDON.

     

    in Traité du désespoir et de la béatitude (p 60 et suiv.) PUF- Quadrige
    par André COMTE-SPONVILLE

     

    - TOLERANCE VIS-A-VIS DES AUTRES, bien sûr;

    puisqu'il n'y a pas d'âme, puisqu'il n'y a pas de moi-substance, puisqu'il y a que des corps - que des corps et leur histoire -, chacun n'est que l'effet des circonstances. Voyez les nouveaux-nés : de quoi sont-ils responsables? Et nous qui en sommes issus? Tout se joue là, où rien ne se choisit, et tous les choix ultérieurs.

    Il n'y a que l'histoire, disait Marx, et cela vaut aussi pour les individus ; tout s'explique alors, et tout se comprend.

    Il n'y a que la nature, disait Spinoza, laquelle inclut l'histoire et les individus; qui la comprend inévitablement lui pardonne.

    Il n'y a que des atomes et du vide, disait Epicure; à qui allez-vous en vouloir? Les atomes sont innocents, et le vide n'est rien.

    Le matérialisme apaise les rancœurs.

    Nul méchant qui se soit voulu tel, nul imbécile qui l'ait mérité, nul lâche qui l'ait choisi.

    Tout enfant est innocent, donc aussi tout adulte: il n'a pas choisi son enfance, il n'a pas choisi d'être ce qu'il est. A chacun son histoire, dont nous sommes nés, à chacun le jeu sans fin des causes. Il n'y a pas d'âme ; il
    n'y a pas de moi ; et nul volonté qui ne soit déterminée. Désespoir et sérénité.

    Il n'y a que l'histoire : à quoi bon haïr ses ennemis?

    Il n'y a que la nature : paix à tous !

    Il n'y a que des atomes et du vide : miséricorde !

     

    - Mais tolérance aussi, TOLERANCE surtout, VIS A VIS DE SOI.

    S'il n'y a pas de Dieu, s'il n'y a pas d'âme, à quoi bon la honte ou le remords, à quoi bon la tristesse? Pourquoi torturer ce qui n'existe pas? Il y a des crimes sans doute, mais pas de criminels. Des fautes, mais pas de coupables. Et pas même de norme indiscutable : dans un univers sans juge suprême, le bien et le mal cesse des références absolues. Il n'y a pas de commandements, et le péché n'existe pas. L'esprit humain est seul, et juge comme il peut. Dieu ne reconnaîtra pas les siens. La morale disparaît alors, qui n'était que le discours des prêtres et des censeurs.

    Epicure et Spinoza sont d'accord là-dessus : toute tristesse est mauvaise, toute joie est bonne. Cela suffit à détruire la morale, qui n'est leçon que de tristesse. Epicure écrit : "Il faut estimer le beau, les vertus et autres choses semblables s'ils nous procurent du plaisir, autrement non". Et Spinoza : "Par bien, j'entends tout genre de joie et tout ce qui y mène... Par mal, j'entends tout genre de tristesse..."

    Le bien en soi n'existe pas, ni le mal. Il n'y a que du bon et du mauvais pour nous - que de la joie et de la tristesse. Le matérialisme est un amoralisme : il y a du vrai dans cette "calomnie" .

    Le matérialisme détruit la morale (comme théorie des devoirs), et la remplace par une éthique (comme théorie du bonheur). Les deux sont normatives, mais de l'une à l'autre, la norme change de statut.

    Le tout est de savoir comment vivre. Aucun commandement ne l'enseigne; aucun devoir ne l'impose. Il n'y a que des désirs - et nos désirs nous suffisent. Notre but n'est pas la sainteté mais la sagesse.

     

    Sur bellaciao le mercredi 27 juin 2007 (20h45) :
    LA MISERICORDE, LA GRACE ET L'ATHEE

    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=50128

    reprend le texte ci-dessus en I et ajoute en II : LA GRACE AMOUREUSE ELEVE L' ETRE HUMAIN 

    déjà sur ce blog le 12 oct 2006 

     

     


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  • LES SIMPLES COHABITANTS : AUCUNE PASSION, PEU D'AMOUR



    pris sous un texte - Les passions de l'amour - posté sur Bellaciao
    http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=47380



    Qu'est-ce qu'un couple de simples cohabitants ?

    Il est des couples, cohabitants ou non, qui s'aiment amoureusement plusieurs années durant. Ils entretiennent une vie amoureuse plus ou moins intense source de grand bonheur.

    Un couple simplement cohabitant partage un lieu d'habitation - partiellement ou totalement, comme couple marié ou comme couple compagnon – mais l'amour tendre a déserté le couple depuis longtemps, voire n'a quasiment jamais existé.

    Ces couples "familialement corrects" (1) ont pu s'être engagés par intérêt du moins sans être réellement amoureux de l'autre. Autre raison : le maintien en couple se justifiera « pour les enfants » (parfois pour la maison). Le motif "enfants" est souvent « un alibi pour préserver une coexistence pseudo-conjugale arrangeant le quant-à-soi de chacun ».

    « Les couples qui s'éloignent sans se séparer, qui cohabitent sans coexister amoureusement... se sont souvent unis sous les signe de l'amour du semblable plutôt que sous le signe de l'amour de l'autre ».

    Si l'absence de sexualité dans le couple est un signe de couple simplement cohabitant la présence d'une sexualité ne suffit pas pour autant à dire qu'il y a plus que de la simple cohabitation.

    Tout cela ne signifie pas que le couple de cohabitants ne connaît pas le bonheur, mais il s‘agira alors plus d'un bonheur de contentement que d'un bonheur sublime qui illumine la vie du couple aimant. De plus le couple de cohabitants risque fort de connaître des jalousies ou des infidélités. Car dans la vie un d'un tel couple les périodes moroses ne sont pas rares et génèrent une aspiration à « autre chose » qui forme une disponibilité à la rencontre amoureuse.

    Lak













    1) SCFC = "Simples cohabitants familialement corrects"


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  • Le Polyamour : Nouveau romantisme ou échangisme branché (suite)


    Moins de frustration, plus de liberté

    Par Laurence Dray

    http://1libertaire.free.fr/PolyAmour03.html


    http://www.femme.lycos.fr/couple/polyamour

    Accorder plus de liberté à l'autre, s'autoriser des moments d'indépendance paraît naturel et nécessaire pour l'équilibre d'un couple. Mais accepter l'intrusion d'un tiers demande un dépassement de soi extrêmement fort. Paule Salomon confirme que le polyamour n'est possible que si les personnes ont une estime, une confiance en soi très solide.

    Le polyamoureux serait-il un être à part, doté de pouvoirs surhumains ? Selon Paule Salomon, non. C'est une question de personne et de structure interne mais aussi de conditionnement social. On accorde beaucoup trop d'importance à la sexualité et on exerce une jalousie possessive sur le corps de l'autre. Il faut désacraliser l'infidélité et sortir du dualisme fidélité/infidélité. Pourtant, 80 % des femmes demandent le divorce pour adultère. L'infidélité est souvent le symptôme d'une mésentente dans le couple ou d'une crise personnelle. Le dialogue et la tolérance doivent permettre au couple de gagner en maturité. Pour Paule Salomon, « on n'explique pas assez l'infidélité à partir du besoin d'évolution de l'autre ». Dans le polyamour, celui qui « subit » va s'apercevoir que lui aussi peut exercer sa liberté. C'est plus facile d'accepter la liberté de l'autre quand on peut jouir de la sienne. La réciprocité et l'authenticité distinguent le polyamour de l'adultère.

    Françoise Simpère, elle, est mariée depuis trente ans, et polyamoureuse depuis le même temps. Onze mois après son mariage, elle a rencontré un homme avec qui elle entretient toujours des liens. Avec chaque homme de sa vie, elle tisse des liens uniques et forts. Parfois, ce sont des liens affectifs et amicaux, d'autres fois passionnels ou seulement sensuels. Pour Françoise, le sexe est essentiel mais pas primordial. « C'est un langage des sens qui permet aux hommes de s'ouvrir et de se confier. Ce qui m'importe, c'est de nouer des relations longues et explorer les hommes. Mon rapport avec le polyamour a évolué avec le temps. Jusqu'à 30 ans, je charmais pour me prouver que j'existais, pour me rassurer sur mon pouvoir de séduction. Après, j'étais plus dans la curiosité de l'autre. Je m'intéresse avant tout aux hommes. C'est pour ça que je leur plais. Je ne suis pas une collectionneuse.

    Je suis sincère. » A 14 ans, à l'occasion de sa première déception amoureuse, Françoise s'est aperçue que « l'amour unique est un mythe » et « le prince charmant, une grande blague ». Dès le début de son mariage, elle et son mari ont vécu des histoires d'amour parallèles. Ils ont deux enfants, une maison familiale et chacun leur espace purement privé. « Dans mon studio, je reçois mes copines, mes amis, mes amants, je me retrouve seule quand j'en ressens le besoin. C'est l'endroit de ma vie à moi. Jamais je n'inviterai un homme dans la maison familiale. Je reste discrète sur ma vie privée. Je n'ai pas une vie débridée, nous y avons réfléchi ensemble, depuis trente ans. » Le polyamour permet donc à l'individu d'exprimer ses désirs et d'exercer sa liberté individuelle à l'intérieur du couple. Le couple ne phagocyte plus l'individu. »

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    Le Polyamour : Nouveau romantisme ou échangisme branché (suite)

    *Polyamour ou polydésir ?
    Par Laurence Dray*

    Le sexologue Pierre-Guillaume Lasnier s'insurge contre cette tendance à vouloir tout normaliser. Sous de jolis noms comme « polyamour » ou « polyfidélité » se cachent de simples désirs sexuels. Pour lui, l'idée d'aimer plusieurs personnes à la fois est un fantasme. « L'amour demande un investissement de temps considérable, c'est aussi un miroir de soi-même. Se pose alors un problème de réalisation et d'identité. Lorsqu'on aime plusieurs personnes, on se reconnaît dans toutes. » Il y a absence de repères et un amalgame entre désir et amour.

    « Le désir se multiplie car les images sont de plus en plus nombreuses. Mais il n'y a pas plus d'amour qu'avant. C'est un arrangement de l'esprit que de croire que tout le monde s'aime et que la relation est équilibrée. » Paule Salomon reconnaît que le polyamour n'est viable au sein du couple que si chacun conserve une place privilégiée. « L'autre ne doit pas se détourner du conjoint, il doit le rassurer sur son amour. Sinon l'absence est assimilée à un désamour. »

    Aujourd'hui, Léa, 31 ans, pense que le polyamour est un joli mythe. Pourtant, elle n'a pas toujours été de cet avis. A 25 ans, elle rencontre Michel, plus âgé, dont elle tombe amoureuse. « Il m'a permis de me révéler à moi-même, de prendre confiance en moi. C'était un peu comme un père. J'avais besoin de lui. Notre relation n'était pas fondée sur la sensualité mais plus sur l'intellect. Puis, je rencontre Thierry, l'amant dans toute sa splendeur. Il était beau, jeune. Notre relation était charnelle. Officiellement, je n'étais plus avec Michel. Mais j'habitais toujours en face de chez lui. Je n'ai jamais réussi à le quitter. Je l'ai imposé à Thierry car je ne voulais pas faire une croix sur mon passé. Pendant trois ans, j'ai vécu le polyamour sans le savoir. J'étais heureuse, comblée. Puis, Thierry a connu une autre femme. Mais là encore, nous n'avons pas réussi à nous quitter. Je rencontre alors Thibault, mon grain de folie, le piment de la vie. Je ne voulais pas couper mes liens avec Michel et Thierry. J'avais trop peur de les perdre. Thibault devait accepter ce qu'il appelait “ces deux fantômes”. Pendant deux ans, je vivais sur un nuage. J'avais trois hommes dans ma vie. »

    Dans la réalité, est-ce que c'est de l'amour ? Pas sûr. L'amour, ce n'est pas seulement admettre que l'autre ne nous appartienne pas. C'est aussi la capacité à surmonter les conflits et à accepter la frustration. Selon le docteur Lasnier, « les adolescents sont incapables de vivre une frustration. Il faut que la satisfaction soit immédiate. Un adulte qui a un projet peut accepter des sacrifices, des contraintes pour le réaliser. » »

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    *Le Polyamour : Nouveau romantisme ou échangisme branché (suite)
    Choisir de ne pas faire de choix *

    Martine Teillac, psychanalyste, souligne qu'avoir besoin de plusieurs amours indique un manque de maturité affective et de confiance en soi. C'est éviter de faire un choix, éviter la rupture et l'abandon. Mais cela peut aussi représenter un désir de toute-puissance. La démarche adulte, c'est concevoir que personne ne peut satisfaire tous les besoins de l'autre au sein du couple. Le couple ne doit plus être idéalisé comme un lieu de bonheur absolu. Léa admet que le polyamour est le meilleur moyen de ne pas s'engager. « Ne pas choisir, c'est ne pas prendre de risque. Chaque homme m'apportait quelque chose de différent. Finalement, j'ai pris dans chacun d'eux ce que j'avais envie de prendre. Inconsciemment, je les ai manipulés, car je faisais en sorte d'être l'élue de chacun. Je savais que Michel voulait construire sa vie avec moi, je l'imaginais père de mes enfants. Thibault entretenait des relations avec d'autres femmes. Là encore, je savais qu'il m'aimait plus qu'elles. Pendant deux ans, j'étais une reine pour ces trois hommes. C'est extrêmement jouissif pour l'ego. C'est terriblement narcissique. »

    Etre libre, c'est avoir la capacité de faire un choix pour construire un projet. Refuser de choisir entre plusieurs amours, c'est refuser de se responsabiliser et nier l'imperfection de la nature humaine. Lionel, 40 ans, a toujours enchaîné et multiplié les conquêtes amoureuses. Pour lui, le polyamour est le remède à la routine. « J'avais vraiment l'impression d'être en avance sur mon époque, jusqu'au jour où je me suis aperçu que ce mode de vie cachait un profond malaise. J'aimais deux femmes depuis quatre ans. Elles se connaissaient et avaient aussi d'autres aventures. Tout semblait équilibré. Du moins en apparence. Elsa était en fait malheureuse, elle souffrait de ce non-choix. Elle voulait avoir des enfants. Elle me quitta. Ce fut un choc pour moi. C'était la première fois que j'avais l'impression de ne pas maîtriser ma vie. Cette rupture m'a permis de comprendre qu'en ne choisissant pas j'avais peur d'aimer. J'ai fait, depuis, le ménage dans ma vie. »

    Pour ou contre le polyamour ?

    Le débat n'est pas de porter un jugement moral sur ce qui relève de la liberté de chacun. On peut considérer simplement le polyamour comme une façon non traditionnelle de vivre ses sentiments. Il est également une occasion de remettre en question le modèle dominant du couple monogame qui au vu des statistiques sur le divorce et l'adultère, bat de l'aile. C'est aussi peut-être un nouveau code amoureux à découvrir mieux adapté à notre époque où beaucoup de personnes souffrent de la solitude. Quoi qu'il en soit, l'amour a toujours le dernier mot... Comme le souligne Françoise : « C'est difficile d'admettre que l'on est pas l'unique. Mais aimer, c'est admettre que l'autre ne nous appartient pas. »

    Désir, plaisir et amour

    L'activité sexuelle d'un couple est d'en moyenne :
    • les deux premières années, de treize rapports par mois ;
    • au bout de cinq ans, de neuf rapports par mois.

    Pour 86 % des Français, la sexualité est indispensable pour la réussite du couple.
    4 % des hommes et 1 % des femmes pratiquent l'échange de partenaires entre couple.
    80 % des hommes et 87 % des femmes déclarent avoir besoin d'éprouver un sentiment amoureux pour avoir une relation sexuelle.
    41 % des Français estiment que l'on peut être amoureux de deux personnes à la fois. Source BVA/Francoscopie

    Le Polyamour : Nouveau romantisme ou échangisme branché (suite)
    Serge Chaumier , sociologue et auteur de la Déliaison amoureuse, éditions Armand Colin.
    Intérrogé par Diane Valembois


    Le polyamour est-il un nouveau phénomène ?

    Non, on en trouve des traces depuis longtemps, notamment avec Fourier et les sociétés utopistes du XIXe siècle, les mouvements communautaires ou les mouvements intellectuels des années 1920 et 1930. Le couple Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir est un bon exemple de couple polyamoureux. Leur couple n'était pas fusionnel, ils avaient chacun leur appartement, chacun leur vie sexuelle. Ce qui est nouveau, c'est que ce phénomène se démocratise. Le sida a mis un frein à ce qui se développait depuis une trentaine d'années. On est passé du mariage de convenance de la fin XIXe-début XXe au mariage d'amour des années 1950. Ce modèle traditionnel, dit « fusionnel », a des difficultés à perdurer car tout éloignement est synonyme de désamour. Avec le mouvement d'émancipation des femmes, le modèle romantique explose. Le couple connaît une crise de conjugalité. Apparaît alors l'amour fissionnel où l'autonomie de chacun est le garant de l'équilibre du couple. On est passé d'un modèle unique à une pluralité de modèles.

    En quoi le polyamour est-il différent de la liberté sexuelle des années 1970 ?
    Le contexte historique permet de comprendre ces différences. Dans les années 1970, il y avait une volonté radicale de rompre le modèle familial des années 1950. La rupture était trop brutale. Aujourd'hui, nous avons plus de recul, de maturité affective. L'évolution s'est faite en douceur. L'intégration de la contre-culture des années 70 permet de vivre le polyamour de façon plus équilibrée et sereine. Aussi, dans ces années-là, l'égalité entre les hommes et les femmes n'était pas encore acceptée. Aujourd'hui, on reconnaît pouvoir vivre sans l'autre. Les couples ont des moments d'autonomie, d'indépendance et admettent plus facilement une ouverture à l'altérité du tiers. Dans ce modèle fissionnel, l'autonomie peut s'exercer de différentes manières. Certains passent un week-end sans l'autre, d'autres vivent un amour parallèle. Tout est question de degrés.

    Peut-on dire alors que le polyamour est le couple du futur ?
    Le mouvement général semble se dessiner vers un couple fissionnel. À l'intérieur de ce modèle, il y a des degrés d'acceptation différents. Le polyamour est le stade ultime de l'autonomie de chacun. Les professions intellectuelles et artistiques affirment plus facilement un projet de vie autonome. On ne peut pourtant pas restreindre le polyamour aux classes privilégiées. Il concerne toutes les couches sociales mais de façon encore minoritaire.

    Selon vous, le couple est-il naturel ?

    Non, je ne le crois pas. Dans de multiples sociétés, la vision du couple est différente. Tellement différente que l'on ne peut pas parler de couple selon nos critères. Dans toutes les sociétés, il y a des rencontres entre hommes et femmes. Dans certaines sociétés, la polyandrie est le modèle dominant. En Chine, les femmes Na vivent avec plusieurs hommes. Dans certaines sociétés du Moyen-Orient, pourtant imprégnées par l'islam, le couple fixait une durée temporaire de mariage, par exemple de trois ans, trois mois ou trois semaines. La notion de couple est donc relative. C'est une notion modulée socialement et culturellement.

    Pourquoi les hommes et les femmes aspirent-ils à vivre à deux ?

    Dans nos sociétés, ceux qui sont seuls rêvent d'une vie à deux et ceux qui sont en couple rêvent bien souvent d'aventures... bref, chacun est insatisfait de sa condition ! En fait, nous sommes socialisés depuis l'enfance, nos rêves, nos désirs, nos fantasmes sont orientés vers le couple. « Pourquoi représente-t-on l'amour aux enfants dans les livres de jeunesse entre un petit garçon et une petite fille ? se demandait déjà le philosophe René Scherer il y a vingt ans, pourquoi pas en groupe, alors que les enfants vivent plutôt en bande ? » Pourquoi fait-on rêver les petites filles sur le prince charmant, les nourrissons et les poussettes ? Regardez un catalogue de jouets de Noël, c'est instructif ! Après, on comprend mieux pourquoi on éprouve le désir d'être en couple, quand tout discours asséné depuis l'enfance tend à présenter le modèle traditionnel comme le modèle normal. Il faut beaucoup de volonté pour prétendre vivre autre chose, inventer d'autres possibles.

    L'infidélité
    Il y a une augmentation du nombre des personnes vivant une double, voire une triple vie sentimentale. Ceci concerne surtout des hommes âgés de 40 à 55 ans. L'allongement de la durée de vie, le besoin de changement et la volonté de concilier la stabilité du mariage avec le piment de la vie extra-conjugale sont des explications à ces comportements.
    • 93 % des Français estiment qu'il est indispensable d'être fidèle pour réussir sa relation sentimentale.
    • 14 % des femmes de 25 à 49 ans déclarent avoir été infidèles (7 % une seule fois).
    • 20 % des femmes ont été tentées par une relation extra-conjugale. Source Francoscopie
    Epicure prodiguait ce conseil : « A propos de chaque désir, il faut se poser cette question : quel avantage résultera-t-il pour moi si je le satisfais et qu'arrivera-t-il si je ne le satisfais pas ? »

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    À lire
    • Paule Salomon, Bienheureuse infidélité, éd Albin Michel, 2003
    • Françoise Simpère, les Latitudes amoureuses, éd Blanche, 2003
    • Françoise Simpère, Il n'est jamais trop tard pour aimer plusieurs hommes, éd de la Martinière, 2002
    • Philippe Brenot, Inventer le couple, éd Odile Jacob, 2001
    • Michel Onfray, Théorie du corps amoureux, Le Livre de Poche, 2000
    • Serge Chaumier, La Déliaison amoureuse, éd Armand Colin ,1999
    ------------------------------------------------------------------------
    Sites :
    http://www.polyamour.net <HTTP: www.polyamour.net>

    http://www.polyamorysociety.org <HTTP: www.polyamorysociety.org>

    http://www.lovemore.com <HTTP: www.lovemore.com>

    Origine : http://www.femme.lycos.fr/couple/polyamour

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    Sexe librement consenti mais sans norme:<?xml:namespace prefix = o /><o:p> </o:p>Un texte de Monique AYOUN

    Qu'est-ce qu'une sexualité épanouie ?

    Les sexologues sont d'accord : il n'y a pas de norme. « Une sexualité réussie ne se mesure pas au nombre d'orgasmes » assure Xavier Boquet. Philippe Brenot renchérit : « Cela varie selon les individus. Certains s'épanouissent dans le couple monogame, d'autres dans des relations multiples. L'important réside dans la liberté d'exprimer ses désirs ou ses fantasmes sans qu'il soit forcément nécessaire de les réaliser. La non-contrainte de l'autre est essentielle à l'épanouissement sexuel. En clair, c'est très bien si tout est permis, mais à condition que les deux partenaires en aient autant envie » Selon Robert et Claire Gellman, une sexualité épanouie « est tout simplement une sexualité qui ne génère pas de frustration. Ce qui suppose de pouvoir établir avec le partenaire une bonne communication où chacun peut tenir compte des désirs et limites de l'autre en respectant ses propres désirs et limites. Cela suppose également de pouvoir se départir des a priori normatifs, et de s'intéresser plus à la qualité de la relation amoureuse qu'à la compétitivité, la réussite ou l'échec. »

    Autres références:

    - Aimer d'amitié. L'amour véritable commence avec l'amitié de Jacqueline KELEN - Robert LAFONT

    - "Libres extraits de "Qui est l'autre ?" (de Robert MISRAHI) par Christian Delarue*
    http://rennes-info.org/Libres-extraits-de-Qui-est-l-autre

    - La "mère" et la "putain"
    http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=29304


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